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AVERTISSEMENT:




Nous vous proposons différentes photographies qui n'ont qu'un seul but: vous livrer des images du Pas-de-Calais. Ces photos ont été copiées sur le web et restent la propriété des gens de talent qui les ont faites.

ITINERAIRE...




1989

Election au Conseil Municipal de Guines
1992
Membre de la liste régionale
1994
Elu Conseiller Général
du Canton de Guines
1995
Elu Maire de Guines
1997
Elu Président de la
Communauté de Communes
des Trois-Pays (CCTP)

1997
Suppléant du député
Dominique Dupilet
1998
Vice-Président du
Conseil Général
1998
Président d'Eden 62
2000
Nommé élu référent
Pour l'Opération
Grands Sites des Caps


2001

Réélu
Maire de Guines
Conseiller Général
Président CCTP
2002
Suppléant du député
Jack Lang

2004
Membre de la liste régionale
2004
Elu président du
Comité de Bassin
de l'Agence de l'eau
Artois-Picardie

2004
Elu président du Pays
de Calais (--> 2006)

2005
Elu président de la
Conférence Sanitaire
du Littoral

2007

Suppléant du député
Jack Lang

2007
Démission du poste de maire
2008
Réélu 
Conseiller Général
Adjoint à Guines
Président de CCTP
Président Agence Eau

CERTAINES HUMEURS....




Il y a des jours avec et des jours sans... Personne n'est parfait !













Vous pouvez retrouver le texte de référence grace aux dates signalées
et d'autres réflexions antérieures à  2006 grace à la rubrique "Traits d'humeur"



27/01/2008... Aux voeux d'Eden

Je suis très attaché au cheptel d'Eden... Il me fait tellement penser au monde politique: Quelques poneys nerveux; beaucoup de moutons obéissants; quelques boeufs imposants mais porteurs d'énormes cornes... Et j'ai envie d'acheter des anes !

31/01/2008... Les Trois-Pays

Trois-Pays, trois symboles: un air de musique, le rire d'un enfant et une main tendue.

31/01/2008... Voeux à la CCTP

Je vous souhaite:
un bonheur sans virgule,
un tonus sans points de suspension,
une santé sans point d'exclamation,
de l'amour sans point d'interrogation;
Bref, une année sans ponctuation.

04/02/08... Au sujet de la santé

Nous avons la chance d'avoir, dans la région N/PdC un Président de région obsédé par le cancer, un président de CG du Nord qui ne supporte pas la cigarette et un Président du CG du PdC qui est allergique aux maladies. On ne pouvait pas faire plus pour s'impliquer dans la santé.











04/02/2008... A Monsieur Attali


On prouvera à Monsieur Attali, polytechnicien, énarque (et tenez-vous bien, énarque de la promotion Robespierre... Ici, à Arras, ça ne s'invente pas!), à ce fort en thème que toutes les têtes, en particulier celles des départements ne sont pas prétes à être coupées.

22/02/2008... En parlant d'un adversaire

C'est un Lucky Lucke de bistrot: Il vide son verre plus vite que son ombre.

24/03/2008... Les surprises de la démocratie

Il a été élu, lui ! Il a pourtant le charisme d'une limace en train de copuler avec une saucisse de Strasbourg !

05/04/2008... Le nez bouché

Excusez-moi, mais j'ai le nez bouché; c'est le retour des pollens... Certains diront, avec humour, que Poher n'est toujours pas habitué au " boulot".

14/05/2008... En parlant d'un collégue

C'est vraiment le Paganini de l'obscurantisme rural.










22/05/2008... Analyse post-électorale

Dans le calaisis,beaucoup de nouveaux responsables se prennent pour des champions olympiques... Ils veulent courir le 110 mètres haies avec un fauteuil roulant.

04/07/2008... Au sujet de la gouvernance

N'allez pas instaurer de combat quand il n'y a que liberté de parole, n'allez pas imaginer de complot quand il n'y a que besoin de
compréhension et n'allez pas voir de la polémique quand il n'y a qu'une volonté d'explication.

21/08/2008... A madame le Secrétaire d'Etat

Je vous emménerai en haut d'un terril... Vous serez étonnée... Je sais: comme déclaration d'amour, on fait mieux. Mais, c'est déjà ça !

29/09/2008... Au sujet de certaines remarques

Les méchancetés gratuites n'ont d'intérêt que si elles ne sont pas gratuites !

04/10/2008... Au sujet du Congrès de Reims

Ca va être du grand cirque... Je n'irai pas à Reims; Moi, quand je veux aller au théatre, je vais à Paris et je paye ma place !



17/10/2008... Au sujet du maire de Rinxent

Proverbe du Québec:
Sa femme me l'a dit: Bernard est roudoudou:
En période de rut, il fait le caribou.

27/10/2008... Proposition de la CAC

Calais développement, c'était de la fumisterie et une pompe à fric. Calais Promotion, c'est du grand guignol.

18/11/2008... Pour parler du PS

Rue de Solférino, on marche dans la sciure... Ils sont tellement nombreux à avoir rayé le parquet avec leurs dents !

17/12/2008... Du réalisme

L'énergie cérébrale est renouvelable, mais il ne faut pas en abuser.


17/12/2008... Chacun ses références

J'ai cherché des orientations philosophiques mais mes références philososphiques étant limitées à Pierre Dac, San Antonio et
Gaston Lagaffe, j'étais bien ennuyé.

17/12/2008... Et encore

Merde à Zola ! Il y en a marre de Germinal

14/01/2009... Pour taquiner

Vous avez voté pour Rose-Marie... Chacun sa croix !

16/01/2009... Au sujet de certains

J'ai inventé le mot de BARPAT: Bon  A  Rien, Prêt  A  Tout !

30/01/2009... Le vocabulaire

Se ressourcer, c'est le terme officiel pour dire qu'un élu est en vacances, fait du jardinage ou est parti faire les soldes.

30/01/2009... La commission Balladur

J'espère que Saint Balladur ne va pas venir terrasser Saint Farda !!

30/01/2009... Il faut le dire

C'est pratique de donner des titres pour acheter les silences.









30/01/2009... Du mépris de certains.


Ils ont voulu nous montrer que nous comptons pour du beurre !! Mais le beurre, ça glisse !!... et le beurre,ça devient rance !

30/01/2009... Au sujet des élus

Rêver et bâtir doivent être les 2 hémisphères du cerveau d'un élu. S'il manque un hémisphère, l'élu est hémiplégique.

07/02/2009... En reparlant de ma démission

On m'a demandé ce que je pensais de mon bilan... Quand ça sent le formol, c'est toujours la question que les journalistes vous posent ! 

11/02/2009... Tous les vices !

Quand il y a des fouilles archéologiques, je suspecte Eric Buy d'aller, la nuit, cacher des tessons de bouteilles pour faire croire
qu'il y a une histoire locale...



17/02/2009... Et pourquoi pas

Il n'est pas interdit d'avoir bonne conscience tout en étant efficace.

17/02/2009... Au sujet des chiffres

Si vous donnez des chiffres, c'est parlant politiquement; par contre quand vous parlez politique, on vous demande de chiffrer.

17/02/2009... La lâcheté

La tranquillité intellectuelle amène parfois à la lâcheté.

17/02/2009... De l'audace

Quand il n'y aura plus d'audace, on n'aura plus besoins des élus. L'administration suffira !

17/02/2009... De la philosophie

Les mathématiques, ça parle chiffres; la philosophie, ça parle éternité.



20/02/2009... Pour les connaisseurs.

Dans la région de Lillers, on déplore la fin de la culture du cresson... Au profit de la culture du flageolet

20/02/2009... Les politiques comprendront

Il est difficile de faire tenir 2 coqs sur un même tas de fumier.

12/03/2009... Mise au point

Alors Madame Bouchart,qui distribue les postes de président comme on distribue les sucettes, n'a pas de leçons à me donner.

08/04/2009... A monsieur Leroy de Boursin

Depuis tout à l'heure, vous me parlez de vos factures et de vos droits; moi je vous réponds en parlant de service public et de devoir... Nous n'avons vraiment pas les mêmes valeurs ! C'est comme les rillettes !

20/04/2009... Personnalité dédoublée

Le président d'Eden a forcément un dédoublement de la personnalité. La preuve: il y a 10 ans, les écolos écrivaient: "Poher vendu aux chasseurs !". Aujourd'hui, le président de la fédération de chasse écrit: "Poher vendu aux écolos !"

05/05/2009... Savoir s'adapter

Si on passe au scrutin par liste, au PS, on favorisera les courants, les disciplinés et les obéissants... Bref, pour 2014, mes chances sont très aléatoires...  d'autant que j'ai la souplesse d'une barre de fer !



05/06/2009... En réunion

"Un parc, ça doit être un territoire de singularité... C'est dur d'être singulier mais c'est tellement bon d'être différent !"
Et quelques minutes plus tard: "Hervé, dans ton parti, tu dois apprendre la discipline."
Réponse:  "Certainement pas ! C'est tellement bon d'être différent !"

12/06/2009... Colloque à Lille

Devoir venir ici, pour parler de la sobriété et tomber dans un embouteillage... C'est un paradoxe ... et c'est sâoulant !

02/07/2009... En réunion avec Delphine

HP: "En vieillissant, je devient sourd..."
DB:" Ne t'inquiète pas Hervé, moi j'entends bien mais je ne comprends rien !"

04/07/2009... Au sujet de la démarche politique

"Ce qui est pardonnable à un comptable ne l'est pas forçément à un philosophe !"

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04/07/2009... Une évidence

"Un précurseur qui n'est pas en avance n'est plus un précurseur !"

04/07/2009... Rôle du Parc ?

" Et dans toute religion, ne vaut-il pas mieux être l'apôtre reconnu que le curé qui dit la messe tous les jours ?"

08/09/2009... Au sujet de l'administration


"Les atouts, il faut savoir s'en servir; les freins, il faut savoir les dénoncer et les faire sauter."

08/09/2009... Et encore !

" Le mouvement est souvent critiqué parce que dérangeant, mais c'est l'inertie qui est sanctionnée."



08/09/2009... Le rôle d'un élu


"Un pionnier ne reste pionnier que s'il invente et anticipe."

08/09/2009... Le réalisme administratif


" Peut-on demander à un comptable d'être imaginatif ?... Les financiers sont physiologiquement et philosophiquement incapables d'imaginer à plus d'un an."

08/09/2009... L'action politique


"Depuis que le monde est monde, c'est avec des symboles qu'on a entamé des révolutions."

23/09/2009 ... Au sujet de Jack Lang

" Il ose dire que la suppression de la jungle, à Calais, est une mauvaise chose, mais que disparition de Sangatte était une bonne chose... Ce qui est une ineptie.  A force de faire le grand écart, il va souffrir d'une fracture du pubis !"

29/10/2009 ... En inaugurant une déchetterie

" Dans une société de consommation où tout est jetable, on a tendance à penser que les hommes, aussi, sont jetables."

30/11/2009... Au conseil municipal, en réponse à la déclaration d'un élu

"' Je suis content d'être venu ce soir... C'est la première fois que j'assiste à un meeting du Front National !"



















15/01/2010 Au sujet de certains compatriotes

"On va commander à Madame Bachelot des vaccins contre la connerie humaine... Quoique je suis sûr qu'il n'existe pas d'immunité contre la connerie."

15/10/2010 Au sujet de Copenhague...

"A FLOPENHAGUE, certains ont oublié d'être intelligents !

15/01/2010 Des voeux...

" Que votre avenir ne soit pas survolté,
Que vos espoirs ne soient pas surestimés,
Que votre santé ne soit pas surnaturelle,
Mais que vos amours soient, quand même, surréalistes... Pourquoi pas !"

29/01/2010  La peur se transmet...

"A force d'être entouré par des gens qui ont la diarrhée, on finit par croire qu'on a mal au ventre!"

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29/01/2010 Sur la langue de bois


" Les élus ressemblent à des coiffeurs pour chauves... Ils manient les ciseaux mais ne coupent rien."

29/01/2010 Notre société...

" Le comptable dira"Je veux diminuer les dépenses" quand le philosophe s'interrogera "A quoi servent ces dépenses?"
Le comptable dira "Je suis responsable des comptes" quand le philosophe répondra" Je me sens responsable des hommes."

29/01/2010 Sur les grincheuses

"Cela ne sert à rien de vouloir pousser une voiture qui a laissé son frein à main."

29/01/2010 La contractualisation

"La contractualisation avec le Conseil Général, ce n'est pas faire des fiches pour mettre de la mousse sur une bière un peu plate."

29/01/2010  La banalité

" En politique, la banalité peut vite se transformer en médiocrité."

29/01/2010 Au sujet du Parc

"Un Parc, ce n'est pas uniquement un bidule qui gère !"

29/01/2010 Sur les boites de messagerie

"Un blog, c'est la liberté d'expression si vous signez votre papier, sinon, c'est la liberté de vomir !"

29/01/2010  Les pétitions

"Pour un élu, la seule pétition valable, c'est le bulletin de vote !"
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30/01/2010 Les voeux à Bouquehault

" Le maire, ici, est écolo. Il nous offre des jus de fruit... Il faudra que je lui rappelle que la pastis et le whisky sont aussi faits à base de plantes !"

01/02/2010  Les Conseils Généraux face à l'Etat

"Avoir des projets, c'est le meilleur moyen de montrer à ceux qui veulent nous étouffer que nous sommes encore bien vivants."


Images ....

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CCTP (voeux)

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Depuis 20 ans que je suis impliqué dans la vie publique, j’ai appris à en connaitre le fonctionnement avec ses règles, ses interdits et ses obligations. Je peux même vous avouer que j’avais pensé, un moment,  écrire un manuel de vulgarisation qui se serait appelé : « Traditions, coutumes et rites  chez les indigènes de la tribu des élus. » Je ne l’ai pas fait car j’avais peur de me brouiller avec tout le monde.

   Et parmi les traditions classiques de la tribu des élus, il y a une, entre autre, qui s’appelle : la cérémonie des vœux et cette cérémonie des vœux présente toujours les mêmes constantes… incontournables,  immuables, presque génétiquement  obligatoires.

   Par exemple, chaque début d’année, dans toutes les collectivités de France et de Navarre, on a le même discours, basé sur des fondements rhétoriques très classiques… et que les maires ici présents osent me dire le contraire…

Et, en janvier, tous les élus déclament :

«  Primo : Ce que nous avons fait, l’an passé, c’était bien. »

«  Deusio : Ce que nous allons faire cette année, ce sera encore mieux. »

«  Tertio : Ce que nous avons fait est indéniablement mieux que ce qu’a fait notre voisin »

« Et enfin, ceux qui ne sont pas d’accord avec ces trois évidences sont des mauvais coucheurs, des râleurs patentés ou des opposants politiques. »

   Nous avons tous, nous membres de la tribu des élus et moi le premier, fonctionné comme cela.

  Mais, Mesdames et Messieurs, une fois n’est pas coutume, je ne vais pas respecter ce rituel.

   En effet, je me dois de vous avouer que l’année 2009 ne restera pas une grande année pour la CCTP… même si tout n’est pas négatif. J’ai le courage de le dire et en tant que président, je dois avoir le courage de l’assumer et d’en analyser les causes.

   Permettez que je vous livre cette analyse que je pense objective :

Pourquoi l’année 2010 ne restera pas, dans notre histoire, une grande année ? J’y vois 3 raisons essentielles:

1)      Première raison : notre collectivité qui vient d’avoir 13 ans, a été, depuis sa création, un laboratoire d’idées, un champ d’expérimentation et un territoire d’innovation. L’opération Ararat, le Taxi Vert, la politique enfance, le CIAS et j’en passe…

   Tout cela nous l’avons fait parce que nous pensions, tous ensemble, qu’il fallait toujours être créatif, qu’on ne pouvait pas faire autrement que d’être créatif.  En fait, nous n’avons pas beaucoup de mérite : nous avions imaginé notre collectivité comme cela, un laboratoire d’idées.

      Aussi, il n’y a pas de honte à avouer qu’avec un tel état d’esprit et avec un tel fonctionnement, au bout d’un moment, on a le droit d’être fatigué, il est possible qu’on soit essoufflé et qu’on ait besoin de respirer plus calmement. 2009 aura été pour nous tous une période de repos pour reprendre haleine.

 

2)      Seconde raison : Les incertitudes qui planent sur nos collectivités, sur notre place dans l’organigramme administratif et les incertitudes qui pèsent sur nos financements futurs.

   Vous le savez, j’ai toujours répété que dans le cadre de l’action publique, seule la chance sourit aux audacieux, seule l’action est importante et qu’une collectivité qui se veut un vrai service public  ne doit pas, ne peut pas avoir d’état d’âme.

   Et pourtant, 2009 a été pour nous une période d’interrogation ; nous nous sommes peut-être laissés gagnés par la frilosité… Comme dit un vieux proverbe chinois que je viens d’inventer : « A force d’être entouré par des gens qui ont la diarrhée, on finit par croire qu’on a mal au ventre. »

 

3)      Dernière raison à cette année de pose. Vous le savez et j’ose à peine  l’évoquer, nous avons perdu, en début d’année, un collaborateur essentiel à notre collectivité, un technicien qui était le passage obligé de beaucoup de nos dossiers et un ami des Trois-Pays. J’ai l’habitude de dire que le seul vrai pouvoir est aux mains des élus et non pas aux mains de la technostructure, mais quand vous avez un technicien qui fait corps intellectuellement et affectivement avec la collectivité, vous avez un attelage élu- technicien d’une efficacité redoutable. Or Jean-Marius nous a quitté et très naturellement, nous avons tous ensemble levé le pied.

 

   Et c’est pour toutes ces raisons que 2009 ne restera pas, dans nos souvenirs, une très grande année.

   Mais, Mesdames et messieurs, vous le savez, une année chasse l’autre et je peux affirmer qu’à partir d’aujourd’hui, la seule rumeur que nous souhaitons entendre, que nous voulons entendre et que nous imposerons, c’est « Attention, le Trois-Pays sont de retour !! »

   « Les Trois-Pays sont de retour… » Parce qu’après avoir repris son souffle, notre collectivité se sent capable, à nouveau, d’avancer.

   « Les Trois-Pays sont de retour… » Parce qu’après une année de regard sur soi, il est vital pour nous tous de montrer qu’on est toujours là et que nous avons encore quelques idées.

    « Les Trois-Pays sont de retour… » Parce qu’il est essentiel de montrer à nos concitoyens que notre notion du service public reste plus que jamais d’actualité d’autant plus que la notion de service public est gravement en danger.

   Et permettez-moi, Mesdames et Messieurs de vous expliquer sous quelle forme nous allons revenir, pour quels dossiers nous allons nous battre et en rappelant, avant tout, certaines règles du jeu. Cette année de pause et de réflexion nous a conduits à comprendre qu’il fallait remettre certaines choses au point.

   Et si vous le voulez bien, je vais, une fois de plus jouer à l’Indiana Jones. L’année passée, je vous avais livré certaines prédictions de Nostradamus et certaines sagesses de Confucius qui, tous les 2, avaient habité à Guînes.  Cette année, Mesdames et Messieurs, figurez-vous que nous avons retrouvé, par hasard, au fin fond du marais, les tables de la loi, avec les 10 commandements des Trois-Pays… Et croyez-moi, traverser le marais par période de grandes pluies est tout aussi difficile que le passage de la mer rouge.

   Alors je vais vous livrer ces 10 commandements de notre tribu et comme ils sont écrits en langue ancienne, je vais me permettre de vous les traduire.

1)      Loi 1 
« Tu ne parleras pas pour dire n’importe quoi.

Toute langue de bois a l’haleine d’un putois. »

   Vous le savez, Mesdames et Messieurs, les élus, les responsables et les politiques ont souvent tendance à attraper un même défaut : ils parlent pour ne rien dire, noient le poisson et ressemblent parfois à des coiffeurs pour chauves : ils manient les ciseaux mais ne coupent rien…

   Dans la communauté des Trois-Pays, ce défaut là, nous essayons de ne pas y succomber quitte à faire râler, quitte à créer des polémiques,  quitte à servir de cible permanente, quitte à catalyser les animosités… Mais, Mesdames et Messieurs, notre rôle, notre devoir, notre fonction, c’est avant tout de résoudre les problèmes, de dénoncer les incohérences et d’affronter certains « pisse 3 gouttes ». Et quand on est un élu digne de ce nom, il faut avoir le courage de dire certaines vérités et d’avouer certains manques. Alors pardonnez-moi si, au cours de mon intervention, je vais répéter inlassablement : « Que les choses soient bien claires ! »

2)      Loi 2 :
« Tu devras adhérer à toute discipline

Mais sans renier ta foi et sans courber l’échine. »

    Simplement, Mesdames et Messieurs. Nous sommes dans un pays, une région, un département et même dans un parc naturel. Chaque structure, chaque collectivité, chaque autorité a ses lois, ses règles et son fonctionnement.

  Ce n’est pas parce que nous sommes membres de tel ou tel ensemble que nous devons obéir sans penser, obéir sans confronter les idées, obéir sans oser émettre un avis différent.

  Adhérer à la discipline, c’est le respect des lois  et oser dire qu’on n’est pas tout à fait d’accord, c’est l’application de la démocratie. Que les choses soient bien claires !

3)      Loi 3 :
« Tu devras dénoncer certaines inepties

Imposées par des grands qui n’ont pas tout saisi. »

   Cette loi me permet de respecter une tradition au Trois-Pays : un fois par an, je dois taquiner amicalement l’état et ses prescriptions.

   Je suis comme vous tous, respectueux de la loi… Il y a la loi, l’esprit de la loi et l’application de la loi et, vous le savez, dans l’application de la loi, il y a toujours des cas d’espèce. 

   Exemple concret: L’autre jour, j’ai été invité à une réunion pour me faire signifier que je n’avais pas respecté la loi ; que la ville de Guînes était en infraction et que j’aurais dû, depuis longtemps, construire 20 places pour un accueil des gens du voyage, c'est-à-dire pour accueillir des caravanes.

  J’ai répondu que j’assumais totalement ma mauvaise volonté  mais que je ne voyais pas pourquoi j’allais dépenser 1,5 million pour faire un équipement où il n’y aura jamais personne. Les gens du voyage ne s’arrêtent jamais chez nous. Ces 1.5 million, c’est de l’argent public et notre premier ministre a demandé aux collectivités locales d’être moins dépensières… On ne va quand même pas me reprocher d’obéir au premier ministre.

   En tous cas, mesdames et Messieurs, nous serons peut-être obligés de la faire, cette fameuse aire des gens du voyage, mais sachez que j’aurai essayé de faire preuve de pédagogie, de logique et de raison. Que les choses soient bien claires !

4)      Loi 4 :
« Tu auras des audaces pour montrer tes colères

Rappelant aux voisins les gestes solidaires. »

  Cette phrase fait référence à 2 choses qui nous compliquent beaucoup la vie, à nous les élus : le corporatisme et l’intérêt privé et puisque j’ai dit que je ne parlerais pas la langue de bois, je veux bien entendu parler de certains milieux agricoles. Pas tous, heureusement !

    Défendre sa profession, sa tribu, son clan… C’est naturel et c’est légitime. Défendre ses biens, ses avoirs, son héritage… C’est naturel et c’est légitime. Mais tout cela n’empêche pas, de temps à autre, de penser intérêt public, service rendu pour le bien des autres et solidarité.

  Je l’ai dit à l’occasion du nouvel épisode d’inondation à la sortie de la vallée de la Hem, voyant l’angoisse de nos concitoyens et les catastrophes qui touchent, régulièrement, certaines communes : je ne peux tolérer que d’aucuns disent « Ya ka, Fau que » et refusent de faire. Et je ne peux tolérer que d’autres, c’est encore pire, refusent même de discuter. Si nous, élus, nous nous lançons dans ce type de dossier, ce n’est pas par masochisme intellectuel ou pour passer le temps… C’est bien parce que l’expression « l’intérêt public » a quand même une signification. Que les choses soient bien claires !

5)      Loi 5 :
« Tu devras ferrailler, avec force et passion

Pour être un philosophe au pays du pognon ».

  Ceci correspond à une grande interrogation, pour moi et pour d’autres et ceci nous pousse  à un combat que je pense juste et essentiel. Je vais tenter de vous expliquer le fondement de ce malaise.

   Depuis plusieurs décennies, notre société est basée sur une matrice purement mathématique, sur les chiffres et sur les comptes… Pour réussir dans la vie, 9 fois sur 10, il faut avoir une formation de matheux ; le référentiel des diplômes est basé sur les maths ; quand on vous parle dans les médias, ce n’est que données, chiffres et pourcentages ; dans nos collectivités, on ne parle que budget, économies et formules mathématiques… Et j’ai, personnellement, la fâcheuse impression que nous sommes tous devenus des comptables dans un monde de financiers.

   Or, Mesdames et Messieurs, ceux qui ont forgé notre histoire, nos règles et notre structure sociale, depuis 4000 ans,  ce n’était pas des comptables ; ils étaient avant tout philosophes.

   Et depuis 4000 ans, ils ont démontré en permanence que la société, ce n’était pas uniquement des logarithmes avec des équations ; la société, ce sont aussi des idées, des mots, des sentiments ; des choses immatérielles que, normalement, on ne pourrait pas mettre en chiffre…  Or dans notre société, tout est mis en chiffre… même la solidarité est transformée en chiffre : « Combien ça coûte à la nation ? Quel pourcentage cela représente ? Comment diminuer telle ou telle dépense ? »

   Le comptable dira « Je veux diminuer les dépenses » quand le philosophe s’interrogera « A quoi servent ces dépenses ? » ; Le comptable dira « je suis responsable des comptes. » quand le philosophe répondra : « Je me sens responsable des hommes. »

   Je sais que ce combat là est perdu d’avance. Je sais que les philosophes ne sont pas là de reprendre le pouvoir ou il faudrait que nos sociétés repartent à zéro. Je sais que tout ce que je viens de vous dire est inutile… mais comme disait un héros qui m’est très cher : « C’est bien plus beau lorsque c’est inutile. » mais rappelez-vous ce que je viens de vous dire et vous verrez que ce n’est pas insensé d’y réfléchir un peu. Que les choses soient bien claires !

6)      Loi 6 : 
« Tu devras t’éloigner de tous les faux semblants

Car souvent le salut arrive avec le temps. »

   Je crois que c’est une constante pour nous tous : c’est fatiguant de faire semblant, c’est usant d’avoir l’air de… Alors, quand vous ne faites plus semblant, vous passez pour un rustre, un mal agréable, un primate. Quand vous décidez de ne plus faire semblant et de ne pas parler la langue de bois, on dit que vous êtes un râleur maladif ou que vous avez pété les plombs… et bien non, Mesdames et Messieurs, j’assume. J’assume le fait de ne plus faire semblant.

   Par exemple, l’an passé j’avais annoncé, ici même, que nous entamions des discussions pour fusionner avec nos voisins de l’Ouest du Calaisis. Je pensais sincèrement pouvoir avancer rapidement.  Or, il s’avère que d’un coté comme de l’autre, certaines personnes n’étaient pas enthousiastes, certaines personnes se posaient des questions, certaines personnes se tortillaient sur leurs chaises… Alors, la vie étant trop courte pour se laisser enquiquiner par quelques grincheuses, nous n’avons même pas entamé les discussions et l’état prendra ses responsabilités en temps voulu… puisque, de toute façon,  c’est l’état qui veut la réunion des intercommunalités. Cela ne sert à rien de vouloir pousser une voiture qui a laissé son frein à main ! Voilà ! Que les choses soient bien claires !

7)      Loi 7 :
« Tu sauras innover car c’est là ton devoir

En voulant partager les trésors du terroir. »

 Loi  fondamentale pour nous…  avec 2 dossiers essentiels et symboliques :

   En ce moment, nous sommes en train d’élaborer une nouvelle contractualisation avec le Conseil Général et contrairement à ce que d’aucun imagine, l’élaboration d’un contrat avec l’assemblée départementale,

- ce n’est pas éditer un catalogue de la Redoute,

- ce n’est pas égrener une liste d’actions où le Conseil Général serait une boite à sou,

- ce n’est pas inventer des fiches qui serviraient à mettre de la mousse sur une bière un peu plate.

   Non, la contractualisation, c’est l’obligation d’innover, d’inventer et l’obligation d’être exemplaire. Je ne conçois pas la contractualisation sans amener de nouvelles idées, sans amener de nouvelles utopies, en particulier dans 2 domaines incontournables : l’aménagement du territoire et la solidarité, solidarité qui est le cœur de métier du Conseil Général. Nous devrons encore travailler car les Trois-Pays ne peuvent pas se permettre d’avoir un contrat banal… En politique, la banalité peut vite se transformer en médiocrité.

   Et second dossier, tout aussi important : la refondation de la charte du Parc Naturel. Nous devrons probablement nous prononcer sur un avant projet dans les mois à venir.

   Certains m’ont dit que j’étais un peu dur avec le Parc. Je ne suis pas le seul et de toute façon, qui aime bien châtie bien. Le Parc, par sa genèse, par son image, par son logo est porteur de symboliques fortes : l’environnement, les paysages, le bleu, le vert et l’opale… une qualité de vie et une qualité d’esprit.

   Et c’est justement parce que les symboles sont forts, que là aussi, nous n’avons pas le droit d’être médiocres. Le Parc doit être un laboratoire d’idées, un territoire d’expériences… Ce n’est pas seulement un bidule qui gère ! Créer des organismes de gestion, tout le monde sait le faire !

   Imaginer et inventer, seuls les audacieux en ont la démarche. Et un parc, ça doit être audacieux !

   Alors, dans ces 2 dossiers, contractualisation et refondation du parc, nous inculquerons et nous réclamerons de l’audace. Que les choses soient bien claires !

8)      Loi 8 : 
« Tu devras éviter la noirceur du corbeau ;

Le manque de courage ne fait pas un zorro. »

  Petite allusion à cette nouvelle pratique très désagréable qui se généralise : des blogs anonymes, des centres de dialogues, des sites internet. Désagréable parce que l’on voit, de plus en plus, sur internet des frustrés, des malheureux, des petits esprits qui se déchainent, qui médisent, qui calomnient… Et bien entendu, ils ne signent pas ! Ils n’osent surtout pas signer ! Ils n’ont pas le courage de signer et ils veulent surtout rester bien cachés…

  Et ils osent dire que c’est de la liberté d’expression ! C’est la liberté d’expression si vous signez votre papier, sinon, c’est de la liberté de vomir. Moi, quand j’ai quelque chose à dire, je le dis devant vous et je signe mes papiers. Mais on le sait bien, Mesdames et Messieurs, le courage n’est pas la qualité la plus partagée dans notre société mais nous continuerons à le dénoncer. Que les choses soient bien claires !

9)      Loi 9 : 
« Tu n’oublieras jamais de soigner ton clocher

Car au fond de ton cœur, il est toujours premier. »

   Petit clin d’œil à tous les élus de notre communauté de communes qui, comme tous les élus de France, quel que soit leur origine, souffre d’une maladie presque obsessionnelle : le poujadisme local, c'est-à-dire l’amour et la défense de sa commune avant tout.

   Oui, c’est vrai. On a beau faire partie d’une collectivité, on a beau être acteur d’une intercommunalité, on a beau savoir que la démarche doit et ne peut être que collective, on a toujours se réflexe de rattachement à son clocher, à son village. Alors, clin d’œil et pas fessée parce que ce défaut là n’est pas rédhibitoire et c’est totalement humain.

   De toute façon, le poujadisme, avec le temps, on en guéri… Ce n’est pas comme la lâcheté ou la bêtise. Que les choses soient bien claires !

10)   Loi 10 : 
« Tu sauras qu’être élu est toujours un honneur

Même si tu soulèves grognements et rancœur. »

  Sans doute la loi la plus importante. Vous savez, faisant le tour des communes pour des vœux, des inaugurations ou des séances de travail, j’entends les inquiétudes des élus, le stress des maires, la banalisation de la contestation permanente…

   Et je répète régulièrement : « Vous êtes des élus, élus avec un peu de droits mais élus avec beaucoup de devoirs. La contestation des gueux et des sots ne doit pas vous faire  oublier que la seule pétition recevable, c’est le bulletin de vote… Si les gens vous chahutent, vous contestent, vous critiquent, qu’ils prennent donc votre place… ou du moins qu’ils essayent. Vous élus, vous avez le devoir d’écouter les gens, mais les gens, eux, ont aussi le devoir d’écouter la démocratie. Et la démocratie, c’est le bulletin de vote. » Que les choses soient bien claires !

   Voilà, Mesdames et Messieurs, je vous ai livré nos 10 commandements.

   Parce qu’un ami nous a quitté, parce que les temps sont durs et que toutes les réformes qui nous tombent dessus nous mettent dans le doute, j’ai senti le besoin d’être moins glorieux, de parler vrai et de revenir à la philosophie.

   Pardonnez-moi si, une fois de plus, j’ai été un peu trop long mais les mathématiques, ça parle de chiffres et la philosophie, ça parle  d’éternité…

   Avant de vous délivrer, permettez-moi de donner un salut très amical à Patrick Vasseur, qui arrête ce soir et qui va prendre une retraite… Qu’il n’a pas méritée d’ailleurs.

   Merci Patrick de ce bout de chemin fait avec nous, avec tes qualités, ton sérieux et ta gentillesse. Merci d’avoir supporté de façon stoïque les périodes électriques qui pouvaient secouer la Communauté de Communes. Merci, tout simplement d’avoir été… Patrick.

  Salut à Francis Lespulier qui, lui aussi, a décidé de se reposer et qui depuis mai dernier, passe son temps à souffler dans sa trompette, pendant que sa femme lui souffle dans les bronches.

   Et bienvenue, enfin, à monsieur Christophe Dufy, notre nouveau DGS. J’espère que mon intervention ne vous a pas déjà dégouté d’être arrivé chez nous. Mais, au moins, depuis ce soir, vous avez compris que nous ne savons pas ce que veut dire «  tourner autour du pot. »

   Mesdames et Messieurs. Pour en terminer, permettez-moi de vous livrer un onzième commandement… qui était resté caché… au fond du marais. Et ce commandement est destiné, principalement aux élus… Pour cette nouvelle année.

«  Regarde avec espoir le matin qui se lève ;

    Ecoute avec douceur la journée qui s’achève ;

    Et surtout n’oublie pas que pour faire un futur,

    Tu devras inventer des milliers d’aventures. »

   Bonne année à vous tous… Et que la force soit avec vous.

                                                                                 star2

 

« Il en est des rituels, comme il en est des gens…

Certains sont des casse-pieds et d’autres sont stimulants »

    

   En disant cela, M,M, je veux simplement signifier que le rituel des vœux, ce passage obligatoire dans une introspection annuelle, cet exercice de renouvellement  logorrhéique  est parfois ressenti comme un moment pénible … Pénible à la fois pour les auditeurs… Et pénible aussi, parfois, pour les intervenants… Mais, comme je l’ai dit, c’est un passage obligatoire car c’est le seul moment de l’année où une collectivité peut envoyer des messages en dehors d’un cercle restreint ; c’est le seul moment où l’on parle urbi et orbi.

   Et pour nous, dans les Trois-Pays, vous vous en doutez, le problème n’est jamais simple. Permettez-moi d’énoncer les quelques règles qui s’imposent à l’orateur :

-          1ère règle : nous faisons toujours nos vœux le dernier jour du mois… mais, cette année,  le 31

 tombe un samedi… Et le samedi, on ne dérange pas un élu qui se ressource… Se ressourcer, c’est le terme officiel pour signifier qu’un élu est en vacances, fait du jardinage ou est parti faire les soldes.

-          2ème règle : Il ne faut pas tomber dans le banal et le déjà dit et il ne faut pas répéter la même

chose que les années précédentes.

-          3ème règle : les bougonnements et les coups de hache sont une tradition locale… Alors, comment

fendre harmonieusement et respectueusement des crânes sans irriter le représentant de l’Etat et sans contrarier nos collectivités partenaires ?

-          4ème règle : Comment ne pas être trop long car, quand après vous, vous avez des « langus » qui

parlent, les gens finissent par s’interroger sur le sens profond de l’éternité….

   Respectant ces 4 règles, j’avais décidé de prendre, comme fil directeur, une revue de presse, revue de presse basée sur les cérémonies de vœux qui se sont déroulées sur notre territoire. Cela m’aurait amené à survoler quelques moments de l’année passée, quelques inquiétudes du moment présent  et quelques projets en gestation. Mais, une fois écrit, le discours ressemblait  plus à un inventaire,  un catalogue, voire à un listing informatique. Bref, il ressemblait à tout sauf à un discours. En plus, il ne faisait que 22 pages… Or j’ai toujours rêvé de battre Fidel Castro !!

    Je vous l’avoue, j’étais bien en peine et la solution m’a été suggérée par un élu, lors de la réception des vœux en sous-préfecture.  En effet, mon collègue est venu me provoquer (parce que j’appelle ça, c’est de la provocation), en me disant :

 « J’ai été très étonné d’apprendre que Confucius était passé à Guînes et je ne savais pas qu’il avait un humour aussi acide ! »

Je lui ai répondu, tout de go :

·        « Premièrement : Si les gens voient de l’acidité là où il n’y a que de l’autodérision ou de la taquinerie au 2ème ou 3ème degré, c’est qu’ils ont bien atteint leur niveau maximum de compétence intellectuelle et qu’ils n’ont qu’à rester chez eux à lire leur horoscope et à rêver sur leur profil de carrière.

 

·        Deuxièmement, je confirme : Confucius est passé à Guînes…Et tu ne sais pas tout ! Même Nostradamus a vécu pas loin de chez nous…D’ailleurs, on a retrouvé un grimoire (grimoire, ça veut dire livre de magie ou discours obscur) et ce grimoire contenait des prédictions parlant uniquement des Trois-Pays…. »

   Et comme toutes les prédictions de Nostradamus : avant l’événement, elles semblent totalement hermétiques et on n’en comprend le sens qu’une fois l’événement passé… Même si certains, on le sait bien,  ne comprennent rien avant et ne comprendront rien après !

      Mesdames et Messieurs, faisant partie des initiés, je vais donc feuilleter avec vous le grimoire de Nostradamus, ancien touriste des Trois-Pays, et vous donner les interprétations de quelques prédictions essentielles. Interprétations qui sont en adéquation avec les différentes cérémonies de vœux qui se sont déroulées récemment.

   Pardonnez-moi d’avance si je suis casse-pieds… Mais l’étude de la Renaissance, ce n’est pas toujours très facile.

Prédiction Première   
« De l’avenir, tu chériras ;                                 

Tête blonde, tu caresseras,

Poussière de craie, tu essuieras                           
 Tout en priant le Saint Farda. »

 

    Ce quatrain est limpide, Mesdames et Messieurs. Surtout pour les maires de petite commune qui savent qui est Saint Farda.

   Son interprétation en est simple : Qu’ils ont raison les maires et les municipalités qui investissent dans l’enfance et dans l’école !! A Caffiers, à Alembon, à Licques, les écoles grandissent ; à Hermelinghen, l’école est  ressuscitée. Et ces événements ont une portée symbolique forte… Tellement forte que l’Etat et le CG sont souvent là pour aider financièrement les communes. Et sincèrement, pourvu que cela puisse durer… Que Saint Balladur ne vienne pas terrasser Saint Farda !

   On parle tellement de la disparition des départements… On nous menace de nous obliger à n’intervenir que sur nos compétences et rien que nos compétences… Serait-ce bien raisonnable ?  Le CG est omniprésent par ses compétences obligatoires mais aussi par ses politiques volontaristes. Le besoin de réformes nous oblige-t-il à toucher à ce qui marche bien ? Rien que de poser la question, on suggère la réponse…

   Pourquoi Nostradamus a-t-il éprouvé le besoin de parler de l’école ? Simplement parce qu’il savait que l’enfance, la culture et la solidarité sont les trois axes essentiels de la politique communautaire, donc de notre contractualisation, et que s’il y a bien un endroit où on peut retrouver ces trois axes intriqués les uns dans les autres, c’est bien à l’école ; c’est bien dans nos garderies ; c’est bien dans les politiques orientées sur l’enfance, l’éducation et la jeunesse. Je tourne la page.  

Prédiction deuxième
«  De l’avenir, tu feras tien ;

Usant la toise, tous les six ans,

Le roi nouveau garant de biens

Sera porteur pour tous les gens. »

 

 Allusion à peine voilée aux élections de mars dernier qui ont reconduit certains, vu partir d’autres et amené de petits nouveaux. Et personne n’a de commentaires à faire sur ces résultats : la démocratie a parlé et la démocratie est, quand même,  le moins mauvais des systèmes.

 

   Mais ce que veut nous rappeler Nostradamus, c’est que quelles que soient vos motivations, quelles que soient vos opinions, quelles que soient vos ambitions, dés que vous êtes élus, vous êtes au service des gens, vous êtes au service de vos populations. Il veut rappeler que vous êtes au service de tous et que la notion de service public est incontournable dés qu’on a des responsabilités.

   Nous venons tous d’horizons différents et nous avons souvent des parcours différents… Mais, c’est une constante : une fois que nous sommes élus, sur un même territoire, 

-          nos objectifs sont les mêmes,

-          nos ambitions sont les mêmes,

-          notre avenir est le même,  même si nos moyens ne sont pas toujours identiques.

   D’où cette notion devenue, elle aussi, incontournable, de coopération, de mutualisation et de dynamique collective. D’où cette notion de solidarité et ce devoir d’innovation et  d’efficacité intercommunale. 

   Pourquoi Nostradamus a-t-il voulu parler de la démocratie locale ? Simplement parce qu’il tenait à rappeler que le rôle d’élu est noble et difficile, que la tâche est parfois ingrate mais que la solution ou les solutions sont et seront collectives. Une commune qui se veut libre et indépendante sera, dans le cours de l’histoire, automatiquement marginalisée. Je tourne la page.

Prédiction troisième
«  De l’avenir, tu bâtiras ;

Sous l’œil de l’administration,

Construire sera un entrelacs,
Surtout au pays du dindon. »

  

   Oui, Mesdames et Messieurs, Nostradamus nous le confirme : Il faut être masochiste pour vouloir construire à Licques ! Voyez-vous ça ! Construire une maison de pays, une déchetterie, une caserne de pompiers… Tout ça dans une cité majestueusement dominée par l’Abbatiale…

   Mais, vous serez d’accord avec moi : pour qu’il y ait des maso, il faut aussi qu’il y ait des sado !

    Et là, Mesdames et Messieurs, honnêtement, je me suis autocensuré… Dans un premier temps, je m’étais permis de raconter la conception, la naissance, la vie tumultueuse et la mort prématurée, bref  « L’incroyable destin d’un permis de construire à Licques »…Mais l’histoire était trop triste et je ne voulais pas vous faire pleurer. Et de toute façon, Nostradamus l’a bien sous-entendu : Quand on ne veut pas être confronté à certains casse-têtes administratifs, on ne se présente pas à des élections ou on s’arrange pour ne pas avoir de projet… Je tourne la page.

Prédiction quatrième
« De l’avenir, te soucieras ;

Sous un ciel noirci de moutons,
De ton courage, tu useras

Pour verdoyer les horizons. »

     

    C’est vrai, Mesdames et Messieurs. Le climat change ; la pluviométrie a augmenté, chez nous,  de 30% en 6 ans et les inondations d’août 2006 nous ont rappelés à nos devoirs. Même si je l’avoue, en voyant ce qu’il vient d’arriver dans la région sud-ouest, il faut savoir relativiser. Et j’espère que certains donneurs de leçons regardent la télévision.

 

   Ararat II, c'est-à-dire, le second programme de lutte contre les inondations, est un programme difficile et ambitieux, mais nous n’avons pas le choix ! Ararat I, c’était bien, mais nous n’avons pas osé aller assez loin. C’est pourquoi il a fallu inventer Ararat II.

   Un premier ouvrage destiné à limiter les risques sur Hames-Boucres a été réalisé grâce à la coopération avec la CC du Sud-ouest du Calaisis. Permettez-moi de remercier les élus de la CCSOC, les propriétaires et les exploitants agricoles qui ont, très loyalement, joué le jeu.

   Maintenant, il nous faut intervenir entre Campagnes-les Guînes et Andres. J’ai eu l’occasion de m’exprimer à Andres à ce sujet et je peux réaffirmer, ce soir, notre détermination à aller jusqu’au bout… car nous ne nous faisons pas d’illusions : L’intérêt commun et l’intérêt public ne sont pas forcément des valeurs partagées par tout le monde.

 « L’abnégation de l’homme se limite souvent

 A la haie d’aubépines qui limite son champ. »

   Pourquoi Nostradamus a-t-il parlé de verdoyer l’horizon ?

·        Pour nous rappeler simplement, que les plantations sont encore le meilleur moyen de lutter contre l’érosion des sols ;

·        Pour nous rappeler que le département a inventé son Agenda 21 et que les collectivités doivent s’y inscrire  et aller dans le même sens;

·        que les trames vertes et bleues doivent être des réalités et qu’un plan climat territorial doit faire partie de nos ambitions.

·        Il nous rappelle aussi que nos horizons, nos paysages et nos espaces d’infini, cultivés ou non, font partie de notre capital et qu’il est légitime de vouloir les léguer…

·        En disant cela, il rappelle que tout le monde doit faire un effort mais que ce n’est pas pour cela qu’il faut faire tout et n’importe quoi. Je tourne la page.

Prédiction cinquième
« De l’avenir, tu rêveras;

Et pour bâtir un lendemain,
En oubliant les mauvais pas,

Tu parleras à ton voisin. »

  

   Oui, M et M, C’est maintenant un secret de polichinelle : nous allons discuter avec nos voisins pour savoir si l’heure d’une grande intercommunalité « périurbano-rurale » n’est pas enfin arrivée.

-          Peut-on imaginer la fusion de structures intercommunales ?

-          N’est-il pas temps de repenser notre organisation du grand calaisis ?

   Je ne vous donne pas de réponse. Nous allons discuter et après, on verra. Ca pendra le temps qu’il faudra !

 

   Vous savez, les hommes, les décideurs en général, les politiques en particulier ont toujours le même défaut : quand quelque chose ne va pas, c’est toujours à cause des autres ! En 1996, j’étais porteur d’un projet de grande intercommunalité. Ce projet n’a pas abouti. J’assume entièrement la responsabilité de cet échec.

è L’idée était probablement  bonne, mais moi, je n’ai sans doute pas été assez bon ;

è j’ai peut-être été maladroit et j’avais certainement besoin d’apprendre.

è Cet échec faisait, indéniablement, partie de mon parcours initiatique personnel. Et c’est souvent difficile de réussir un parcours quand on n’en connaît pas le tracé.

   Comprenez que dans ce nouveau dossier, je laisse l’initiative à nos voisins et amis : il serait impardonnable de faire 2 fois la même erreur. Et certains sont peut-être plus diplomates que moi.

    Les esprits ont évolué ; le contexte a changé ; maintenant, on doit et on peut parler. Dans le respect de chacun, sans engagement de quelque sorte ; En considérant ce qui a été fait et en étant volontariste pour ce qui sera fait ; En oubliant les ambitions personnelles et en se servant d’une ambition collective.  

   Mais en sachant aussi  une chose : certaines personnes , principalement extérieures, vont tout faire pour que cette démarche échoue ; certains sont des habitués du maquignonnage politique.  J’espère que l’Etat nous aidera à rester dans la logique et dans la sérénité. Sinon, permettez-moi de lancer un avertissement : En plus de la hache, avec les années, j’ai appris à manier le bazooka ! Je tourne la page.

Prédiction sixième
«  De l’avenir, tu fonderas,

Le respect sera le mortier,

Dans la confiance, te nicheras

Pour qu’il soit facile d’avancer. »

  

  Quand Nostradamus parle de respect et de confiance, je subodore, Mesdames et Messieurs qu’il veut évoquer 2 épisodes orageux de l’année passée. Qui sont peut-être passés, certes, mais qui sont inquiétants sur un certain état d’esprit et qui sont inquiétants pour l’avenir .Deux épisodes qui m’ont fait réagir vertement… D’autant qu’étant vice-président chargé de l’environnement, je sais manier le bois vert !!!

    Mettons les choses au point, tout de suite. Dominique Dupilet, mon vénéré président, a tendance à dire que j’ai mauvais caractère… C’est faux, mais je veux bien admettre

-          que je suis intransigeant sur certains principes et sur certaines valeurs,

-          que j’ai tendance  à être toujours à l’affût de ce que font les autres, surtout si c’est une erreur…

-          que je suis totalement imperméable au chantage et aux menaces, qui auraient plutôt tendance à m’exciter

-          et que je suis génétiquement et férocement  susceptible… Surtout depuis que j’ai arrêté de fumer.

    Alors, quand nous apprenons par le journal que les élus de la CAC, en petit comité et sans concertation, comme dans une arrière-boutique de la Cosa Nostra, se sont répartis les présidences d’organismes où ils ne sont même pas majoritaires, comprenez que je parle de Yalta du Calaisis et de mépris affiché pour les partenaires ruraux.

C’est vrai que distribuer des titres, c’est fort pratique pour acheter les silences.

     Et donnez-moi acte que j’avais et j’ai toujours une légitimité pour oser dire cela : j’ai été le premier président du Pays de Calais. A ce titre, j’ai fait modifier les statuts  du syndicat pour qu’il y ait une alternance dans les présidences et qu’il n’y ait plus d’indemnités pour les élus. On ne peut pas me suspecter d’ambition ou d’intérêts personnels !

    Alors, comprenez aussi  mon taux d’adrénaline quand, il y a 3 mois, nous avons reçu une proposition pour adhérer à Calais Promotion…

-          Alors que les Trois-Pays avaient claqué la porte de Calais Développement il y a 2 ans,

-          Alors que nous n’avions rien demandé,

-          Alors que nous avons réalisé que dans certains domaines, nous devrons nous débrouiller seuls… Très honnêtement, Calais a assez de problèmes comme cela !!

-          Et nous recevons une proposition pour que les 4 intercommunalités rurales siègent sur un seul strapontin… Et encore, ce strapontin semblait atrocement vermoulu ! Si on voulait nous faire comprendre que nous comptons pour du beurre, c’est réussi !

   En 2007, j’avais dit, de façon excessive sans doute,  que Calais Développement, c’était de la fumisterie et que c’était une pompe à fric… Avec la dernière proposition, j’ai fait amande honorable en disant  qu’on était tombé dans le grand guignol ! J’assume

  Et on peut offrir toutes les vice-présidences du monde pour essayer de réparer les dégâts… Quand on a reçu Sigfrid le Danois, Confucius, Henry VIII et Nostradamus, on commence à être blasé. Et vous savez, nous comptons peut-être pour du beurre, mais le beurre, ça glisse !

   Alors quand je dis ce que je pense, on me répond

·        que j’ai mal compris,

·        que je suis « soupe au lait »

·        et que ces décisions étaient faites pour jeter les bases d’une discussion…

Jusqu’à preuve du contraire, on m’a toujours appris qu’il fallait discuter avant et pas après !!

   En plus, en gestion publique et quand on est responsable, on ne joue pas au poker… On ne met pas « pour voir » ou alors, il ne faut pas s’étonner que, comme dans les westerns, le gars en face  dégaine son pistolet  et tire !! On nous prend pour du beurre mais le beurre , parfois, devient rance ! Je tourne la page.  

Prédiction septième
«De l’avenir, tu construiras ; 

Au sein de ton département,
Dans un parc libéré du vent,

Conjuguer l’utopie à trois ! »

   

  La CCTP va, cette année, avoir plus de travail que d’habitude : nous allons discuter avec nos voisins ; nous allons discuter avec le Département pour renouveler notre contractualisation et nous voulons participer à la refondation de la charte du Parc Naturel des Caps et Marais d’Opale.  

   Ces 3 démarches sont parfaitement complémentaires :

-          la CC active au sein du calaisis ;

-          une CC innovante au sein d’un grand département ;

-          une CC qui veut défendre la véritable image et la dynamique d’un parc, en lien étroit avec la région…

 

   Pourquoi Nostradamus a-t-il parlé de construction et d’utopie ?  Simplement parce que rêver et bâtir doivent être les 2 hémisphères du cerveau d’un élu. S’il manque un hémisphère, l’élu est hémiplégique…

   Voilà, Mesdames et Messieurs, j’en ai terminé de cet exercice obligatoire, peut-être un peu long pour vous mais stimulant intellectuellement pour nous. Et ça fait du bien, à partir d’un certain âge, de décrasser ses neurones de temps en temps. Heureusement, pour vous, Nostradamus n’est resté que quelques jours dans les Trois-Pays.

  Je vous ai parlé de progrès, d’utopie et d’avenir. Et je ne vous ai pas parlé d’argent.

    Parce que chez tout responsable, chez tout décideur, chez tout politique, le rêve, l’ambition et le projet doivent précéder la finance… C’est du moins ce que je pense… Tout en reconnaissant que ce que je viens de dire là est complètement idiot et est totalement déconnecté de la réalité… Car je le vois bien, dans le fonctionnement intellectuel des élus que je connais et dans le fonctionnement quotidien des collectivités que je fréquente, ce sont les argentiers qui font trop souvent la loi…. Les mots solidarité, dynamique et utopie s’effacent toujours  derrière le mot budget. Mais laissez-moi rêver… Je reste un indécrottable utopiste !

   Juste un dernier mot sur le fond et sur la forme de ce discours.

Sur le fond : il y a des années où on peut travailler le style et enrubanner les grandes idées. Et il y a d’autres années où il faut soigner son orthographe en mettant les points sur les I et les barres sur les T. Cette année, c’était une année à orthographe.

Sur la forme enfin : L’autre jour, à Lille, je participais à un colloque important sur l’environnement. Franchement, je dois vous  avouer que je n’ai pas tout compris ce qui se disait mais j’ai entendu beaucoup de références à Socrate, à Montesquieu et d’autres grands penseurs.  Quand je suis intervenu, j’ai commencé par leur dire que moi aussi, j’avais mes références… Mais que ce n’était pas les mêmes : Moi, mes références, c’est Pierre Dac, San Antonio et Gaston Lagaffe ! J’ai été remercié par beaucoup de gens simplement parce que j’ai su montrer, ce jour là,  que les responsables peuvent faire des choses sérieuses sans toujours se prendre au sérieux.

 Alors, Mesdames et Messieurs, pour ce début d’année :

Confucius vous aurait dit :

« Que l’amour envahisse les jachères de ton cœur

   En semant tes prairies d’un million de bonheurs. »

Nostradamus vous aurait dit :

« De l’avenir, tu souriras ;

 Toute senteur embaumera,

  Toute beauté éclairera

  Et tes enfants câlineras »

Et moi je vous dis, simplement et modestement, résumant mes illustres prédécesseurs dans les Trois-Pays: « De l’amour, du bonheur, des senteurs, des lumières, de la beauté et des câlins… » Et parodiant Georges Clooney dans  une fameuse publicité, je terminerai en vous disant…. «  Je vous souhaite tout cela… What else?

 

Mds et Mrs

     Dans le bréviaire des candidats aux responsabilités politiques ou dans l’abécédaire des élus locaux, (vous savez, ces petits livres comme « La gestion publique expliquée aux nuls. »), il est probablement écrit que pour faire un discours,

-         Il faut d’abord opter pour un thème si possible intéressant,

-         Ensuite, il faut trouver le ton le plus adapté à l’événement

-         et finalement, il faut choisir l’humeur que l’on veut laisser transparaitre.

   En relisant toutes mes interventions, à l’occasion des vœux, et cela depuis l’an 2000, je me suis rendu compte que les thèmes sont presque obligatoirement les mêmes ; que le ton peut évidemment subir quelques modifications, mais ce qui présente des variations assez notables, c’est bien l’humeur, très différente d’une année sur l’autre. Et je dois reconnaître  que je vous ai infligé :

-         Une humeur zen pour certaines années sereines où tout allait simplement bien…

-         Une humeur « à la Salvator Dali » pour certaines années où immodestement nous avions décrété que nous étions les meilleurs…

-          Une humeur de dogues pour certaines années belliqueuses où je me plaisais à en découdre avec tout le monde et en particulier avec certains services de l’Etat…Il faut bien, de temps en temps assumer sa réputation.

Et bien figurez-vous que cette année, je serais plutôt d’humeur mélancolique…

   Et si je suis d’humeur mélancolique, c’est pour une raison très simple : nous venons de clôturer notre dixième année d’existence et le hasard du calendrier fait que nous sommes arrivés à la fin d’un cycle. Dans 5 semaines, auront lieu des élections municipales et cantonales. Beaucoup d’entre nous vont passer à la toise !

-         Et nous savons que certains d’entre nous ont décidé, pour diverses raisons, d’arrêter la vie publique …

-         Et nous savons que certains d’entre nous ne seront peut-être pas réélus (La démocratie réserve parfois des surprises…)

-         Et nous savons que les délégués, désignés par les communes, ne seront peut-être plus les mêmes…

-         Bref, nous savons que le prochain conseil communautaire sera différent, avec des têtes différentes et peut-être, même,  des options différentes…  Et c’est en pensant à tous ceux qu’on ne verra plus dans nos réunions que je me sens pencher vers la mélancolie. Quand on est trop sentimental, on s’habitue à travailler avec certaines personnes.

   Alors, à toutes ces personnes, à ceux qui arrêtent, à ceux qui continuent et ceux qui reviendront ou ne reviendront pas, je dis simplement :

« Depuis 10 ans, nous avons… vous avez bien travaillé. »

    On pourrait rappeler tout ce que nous avons fait et tout ce que nous avons osé faire… Mais cela nous prendrait beaucoup d’heures et quelquefois, il vaut mieux ne garder que l’essentiel. Et si je devais vous offrir, pour décorer la boite aux souvenirs, que les choses importantes, moi, le Président, je vous offrirais 3 gestes, 3 instants, 3 moments… Mesdames et Messieurs, ces 3 moments là, prenez-les pour vous car ils sont vôtres et ils sont un résumé de votre investissement et de votre action. Et expliquez bien aux gens qui, quelquefois, sont un peu perdus devant la bêtise débilitante de certains roitelets,   expliquez bien que ces 3 moments là, c’est aussi, c’est avant tout, c’est surtout l’intercommunalité.

·        Premier moment fort à retenir, c’est quand nous avons su tendre l’oreille. Comme beaucoup d’entre vous, je suis allé à un concert au mois de décembre. Ce concert avait lieu en l’église de Guînes et, le lendemain, dans la salle omnisport de Licques.

   Vous le savez, certains élus se posent des questions sur l’enseignement musical, sur notre école de musique, sur notre démarche culturelle, sur le coût financier d’une telle ambition… Moi, qui ne pratique pas la musique, (même si on me traite parfois de maître chanteur) mais qui suis président de la CCTP, mon devoir c’est d’écouter les remarques, d’entendre les doléances, de trouver des réponses et de faire des propositions.

 

   Eh bien, figurez-vous que la réponse au questionnement légitime de certains, je l’ai trouvé en tendant l’oreille, à l’église de Guînes, un samedi soir de décembre 2007. Il y avait là réunis tous les musiciens des Trois-Pays, avec un chœur associant plusieurs chorales et avec plusieurs chefs plus talentueux les uns que les autres. Le concert a été d’une haute tenue et à la fin de ce concert, après que des enfants aient chanté « Petit papa Noël », j’ai demandé à un musicien quel était son âge : il m’a répondu « J’ai 80 ans ! ». 

   Mesdames et Messieurs, j’avais ma réponse.

   Et ma réponse au sein du Conseil Communautaire sera désormais celle-ci :

-         La musique est la seule discipline au monde où il existe un langage universel, connu et pratiqué par certains, mais compris et apprécié par tout le monde…

-         La musique est la seule discipline au monde où l’on oublie d’où l’on vient… on n’est plus du pays de Guînes ou du pays de licques… On n’est plus des Trois-Pays ou de  l’Ouest du Calaisis… On n’est plus d’Europe ou d’Afrique … On est du pays des musiciens.

-         La musique est la seule discipline au monde où vous pouvez faire jouer une petite fille de 10 ans à coté d’un pépé de 80 ans, et en plus, à 70 ans de différence, ils ont la même passion…

   Et c’est quand même formidable quand une collectivité peut, avec de l’argent public, favoriser le développement d’une telle activité… Même si ça coûte un peu…

   Alors, certains avaient des doutes sur notre engagement dans l’éducation musicale… Moi, un soir, j’ai bien tendu l’oreille et j’ai bien regardé…  Et je me suis dit : « Nous pouvons être très fiers de ce qu’a fait Eric Buy, Françis, Ludovic, Delphin et tous les autres, les grands Beethoven et les petits Mozart… » Et très sincèrement, nous n’avons pas de doute à avoir !

·        Deuxième moment fort à retenir, c’est quand nous avons su tendre le cœur. Et quand je dis cela, je pense naturellement aux enfants.

   Et c’est vrai, Mesdames et Messieurs, qu’on s’est fait plaisir quand nous avons décidé de créer des haltes garderies ; nous n’étions pas trop sûrs de notre coup…

-         Tout le monde nous prédisait l’échec… Maintenant, tout le monde nous a copiés!

-         On nous disait que ça ne pouvait pas marcher en milieu rural ou semi-rural … Nous sommes débordés !

-         On nous annonçait une guerre sanglante avec les nounous locales, nous faisant craindre un génocide… Tout le monde travaille main dans la main !

   Et quel bonheur que de visiter ces haltes garderies, de voir tout ce personnel qui s’agite autour des bambins, dans une atmosphère de gaité, atmosphère bien souvent troublée par un bébé râleur…Quel plaisir, de voir les parents ou les grands-parents, qui connaissent bien nos maisons de pays car c’est là qu’ils  viennent récupérer leurs petits trésors…

   Oui, Mesdames et Messieurs, quand nous avons décidé, en 1998, de lancer une politique de la petite enfance, nous avons bien fait. Et merci à Eric Maille et à Valérie, avec toute son équipe de gazelles, sans oublier le ou les boucs… merci pour ce résultat remarquable. Et merci à nos partenaires. Là aussi, ça coûte de l’argent ; là aussi, ça coûte de l’argent public, mais c’est devenu tellement évident, tellement utile et tellement indispensable que la CCTP peut être très fière de ce qui a été fait.

·        Troisième moment fort à retenir, c’est quand nous avons tendu la main. 

   Et ce ne fut pas le moment le plus facile… On peut bien l’avouer. Quand un jour, nous avons osé dire :

« Il faut que la solidarité s’exerce à l’échelle du territoire !

Il faut qu’on puisse aider les gens dans leurs moments de peine et dans leur recherche d’espoir, où qu’ils soient dans les Trois-Pays. 

 Il faut que l’Epicerie sociale soit accessible à tous ceux qui sont dans le besoin, quelle que soit leur commune de résidence parce que, des gens dans la difficulté, il y en a partout.

 

En fait, il faut aider et savoir tendre la main

-         Parce que c’est le rôle des collectivités

-         Parce que c’est le devoir des élus

-         Parce que c’est l’essence même, tout simplement, de l’action publique

-         et parce que le mot Solidarité est un des mots les plus nobles de la langue française. »

   Et nous avons créé le CIAS, le premier Centre Intercommunal D’Action Sociale, au nord de Paris. Bien sûr, je vous le concède, c’est plus facile et plus valorisant de construire une maison ou de faire de l’aménagement du territoire…  Mais est-on élu pour se glorifier ou pour être utile ? La question vous donne la réponse !

    Et là aussi, je me dois de remercier Yves Lefebvre, qui avec une obstination « bulldoguienne » nous a monté ce dossier… Merci aussi à Virginie et à toute son équipe ; vous faites un travail irremplaçable, un travail de terrain, un travail de patience et un travail bien souvent obscur. Merci aussi aux nombreux partenaires du CIAS. Là aussi, soyons honnêtes, cette démarche coûte des sous… Mais qui oserait nous dire que nous avons eu tort ?

-----------------------

   Voilà, Mesdames et Messieurs, j’en ai presque terminé. J’ai décidé cette année, sans doute touché plus par la fainéantise que par une fausse mélancolie, (parce que, en réalité, je ne suis pas mélancolique), j’ai décidé de faire plus court que d’habitude. D’habitude, je fais 10 pages… Là, il n’y en a que 6 ! Mais, avant de conclure, permettez-moi simplement d’évoquer la mémoire de Monsieur Jacques Lefebvre, maire de Licques et de notre ami Bernard Dewet, que même à la CC, nous appelions Zorro. Monsieur Lefebvre et Zorro ont fait partie, tous les 2, de cette belle aventure qu’est la CCTP. Qu’ils en soient très simplement remerciés.

   Mesdames et Messieurs. En tant que président de la CC, j’aurais pu ou j’aurais dû vous parler de plein de choses…

   Bien sûr, j’aurais pu ou j’aurais dû vous parler de la lutte contre les inondations, de notre partenariat avec OPUR, des perspectives économiques, des maisons de pays, des cyberpoints, des ludothèques, du taxi vert, de nos amis de Maréna Djoumbougou, du réseau des bibliothèques et de tout ce que l’on fait pour soulager la vie de vos communes et de nos concitoyens (les ordures ménagères, l’assainissement non collectif, la prise en charge des cotisations… j’en passe et des meilleurs…).

   Bien sûr, j’aurais pu ou j’aurais dû vous parler d’un territoire de projets et d’un territoire d’expérimentation qui veut être un laboratoire d’idées, avec comme grand frère et comme partenaire un département qui sait nous écouter, nous aider, voire nous protéger. Et contrairement à ce que disent certains intellectuels, imprégnés de parisianisme et de fatuité, les départements ne sont pas là de disparaître !

   Bien sûr, j’aurais pu ou j’aurais dû évoquer l’avenir, avec des bruits, des murmures ou des rumeurs quant à la réorganisation des intercommunalités. Dans ce dossier, vous comprendrez qu’étant donné l’histoire et mes antécédents, je reste discret… On verra bien!

   Mais je n’ai pas voulu vous parler de tout cela car je voudrais que de mon intervention de ce soir, vous ne reteniez qu’un slogan…  parce que c’est le plus important :

Trois-Pays, trois symboles : Un air de musique, le rire d’un enfant et une main tendue.

   Rien que ces trois symboles là peuvent nous rendre fiers de notre passé et nous donnent des espoirs de conquêtes pour l’avenir… parce que je suis sûr que nous aurons encore de drôles d’ idées !

   Et en plus de ces 3 symboles, Mesdames et Messieurs, permettez-moi, tout simplement, de vous offrir des vœux que je qualifierais « emprunts de syntaxe ».  A tous et à toutes, pour l’année 2008, je souhaite :

-         Un bonheur sans virgule

-         Un tonus sans point de suspension

-         Une santé sans point d’exclamation

-         De l’amour sans point d’interrogation…

-         Bref, Mesdames et Messieurs, je vous souhaite un avenir sans ponctuation.

 

 

Mesdames et Messieurs.

 

Une fois n’est pas coutume : étant donné, la projection du film et notre petite incursion dans le pays du tourisme, et ne voulant pas vous obliger à vous coucher tard, le sommeil étant devenu une priorité gouvernementale, j’ai décidé, cette année, de faire court… Du moins nettement plus court que d’habitude.

 

Comme vous avez pu le voir, nous avons voulu, pour cette cérémonie, mettre l’accent sur un anniversaire très symbolique, celui de nos 10 ans.

 

   10 ans… Qu’est-ce que 10 ans. Les forts en mathématiques souligneraient que cela fait 120 mois, 520 semaines, 3652 journées (puisqu’il y a eu 2 années bissextiles),  87648 heures et 5 millions 258 milles 880 minutes….Certains vous diront que c’est déjà beaucoup pour une vie commune, les divorces étant très à la mode… D’autres vous rétorqueront que c’est peu dans la vie d’une collectivité…  Et c’est vrai… C’est à la fois court et long. Court quand on voit tout ce qui reste à faire ; long, quand on se rappelle du chemin parcouru et de ce qui a été fait. Permettez-moi d’être un peu un grand-père qui se souvient de ses guerres, de ses espoirs et de ses rêves, et de m’adresser à ceux qui ont vécu cette petite épopée.

 

   Chers anciens combattants ; Rappelez-vous cette réunion, en 1996, dans cette même salle. Je vous proposais, alors, une rassemblement, une union, une mutualisation de nos forces et de nos compétences pour pouvoir créer ce que j’appelais une dynamique collective.

 

-         Pourquoi cette démarche ? Parce qu’il était évident que la modification du paysage administratif et politique ne laissait aucune place à l’isolationnisme et qu’on se devait d’être regroupé pour pouvoir avancer.

 

-         Pourquoi les communes rurales du canton de Guînes et une commune du canton de Desvres ? Parce que pour réussir une union, il faut, si possible, avoir les mêmes intérêts, les mêmes aspirations, les mêmes objectifs. Et l’attachement à une certaine image de la ruralité est, sans aucun doute, notre plus petit dénominateur commun, mais, probablement, le plus important.

 

   -   Pourquoi cette forme là ? Simplement parce qu’une Communauté de Communes peut et doit évoluer, s’adapter selon les désirs et changer selon les ambitions. Dans toute démarche collective, il faut s’obliger à donner du temps au temps, il faut apprendre à  regarder l’autre, à l’écouter, à le connaître. D’où des évolutions, des adaptations et une montée en charge progressive. Et les statuts d’une Communauté de Communes permettent de prendre le temps de faire connaissance

 

   C’est cette démarche là que je vous avais proposée en cette fin 1996.

 

   Chers anciens combattants ; Rappelez-vous cette réunion constitutive, à Fiennes, en 1997. Nous avons officiellement créé la communauté de Communes des Trois-Pays.  Trois-Pays, trois objectifs :

 

-         Etre un territoire de projets

-         Etre un territoire de solidarité

-         Etre un territoire d’expérimentation.

 

   Tout cela, c’était de bien belles phrases, mais, très sincèrement, nous ne savions pas exactement où nous allions. A part le tourisme, qui était déjà bien structuré, nous devions tout inventer.

 

Et pourtant…

 

  Territoire de projets, nous l’avons été. Dès 1997, nous avons adhéré à un Contrat de Développement Rural. Et cette démarche a été, pour nous, une formidable rampe de lancement, un merveilleux laboratoire d’idées. Permettez-moi de remercier l’Etat, la Région et le Conseil Général qui ont été des partenaires indéfectibles de notre collectivité.

 

   Nous venions d’être créé, il nous fallait avancer prudemment… Le Contrat de Développement Rural nous a permis de mettre le turbo… Et nous y avons été gagnants car, même si les contrats sont, maintenant, terminés, nous avons, malicieusement, subrepticement, gardé le turbo : La signalétique, l’aménagement du territoire, une zone d’activité économique, l’illumination des églises, le passage en TPU, les ordures ménagères, les documents d’urbanisme, le contrôle de l’assainissement non collectif, un tourisme structuré, un environnement préservé et j’en passe….

 

   Tout cela, il fallait le faire et nous l’avons fait ou mis en place, parce que c’était notre rôle, parce que c’était notre devoir. Mais il nous fallait aussi, monter des projets en ayant toujours à l’esprit que nous sommes un petit maillon de la chaîne du service public,

-         en amenant des manifestations culturelles en milieu rural,

-         en créant une école intercommunale de musique

-         et en étant au plus proche du citoyen. Et vous voyez que nous sommes un petit maillon, mais un maillon indispensable.

 

   Territoire de solidarité, nous l’avons été. Dés le début, nous nous sommes impliqués dans la politique de la petite enfance, en imaginant des haltes garderies et des ludothèques en milieu rural. Certains nous ont traités de casse-cou… L’histoire nous a donné raison. Merci à tous nos partenaires et en particulier à la CAF.

 

   Solidarité encore, quand, en réunion à Licques, nous avons décidé une Opération Programmée d’Amélioration de l’Habitat, qu’on pensait trop ambitieuse, mais dont les objectifs ont été largement atteints.

 

   Solidarité enfin, quand nous avons inventé l’Opération ARARAT. Devant les phénomènes itératifs d’inondation, nous ne pouvions pas rester inactifs. Et ce que nous avons fait, nous devions le faire, même si c’est incomplet.

 

   Territoire d’expérimentation, nous l’avons été. En créant le Taxi Vert, nous avons voulu être solidaires avec les plus démunis et gommer ce handicap commun à tous les pays ruraux que représente l’éloignement, sans moyen de locomotion.

 

   Expérimental, aussi, cette volonté de parsemer nos communes de tous ces cyberpoints et de nous transformer en territoire numérique.

 

   Expérimentale, cette volonté de s’impliquer dans les Programmes Régionaux de Santé. Notre petite collectivité est, dans la région Nord-Pas-de-Calais, celle qui a déposé le plus de dossiers prévention par tête d’habitant.

 

   Expérimental et courageux enfin, notre volonté de créer le premier Centre Intercommunal d’Action Sociale, premier de la région nord-Pas-de-Calais. Et pourtant, ce n’est pas un domaine très facile à appréhender. Il est bien plus facile de construire un bâtiment que d’élaborer toute une chaîne de solidarité. Nous sommes heureux d’avoir construit la Maison du Bien Etre, à Hardinghen, mais nous sommes fiers d’avoir mis en place un CIAS.

 

   Chers anciens combattants ; Rappelez-vous cette réunion, à Hardinghen, quand nous avons choisi notre logo : « Le vert, le vrai, la vie. » Et ces quelques mots, très simples, dans notre logo, résument bien notre état d’esprit et nos ambitions. Nous avons un environnement de verdure, d’eau et de grand vent… Même si cela nous pose, parfois des problèmes, nous savons que c’est un atout et que nous devons le préserver, sinon le protéger, voire le fortifier.

 

   Chers anciens combattants ; Rappelez-vous enfin, cette journée de 2004, où, tous ensemble, réunis à l’école Bertin Duquenoy, nous avons décidé de réviser nos statuts et nos compétences. Nous avions appris à travailler ensemble ; il nous a semblé naturel de revoir le contrat de mariage. En 1997, nos compétences étaient résumées en 2 chapitres et 5 articles. A la fin de notre travail de révision, en 2004, nous étions arrivés à 7 chapitres et 58 articles.

 

   Voilà le chemin parcouru. Et même si, en 1996, certaines communes étaient entrées dans ce processus à reculons, personne ne peut nier que tout le monde y a gagné. Nous pouvons être fiers du travail accompli durant ces 10 années d’existence. C’est un bon bilan et nos assises n’en sont que plus fortes.

 

   Et l’avenir ? De quoi sera-t-il fait ?

 

   Permettez que je donne quelques points forts de nos futurs projets :

 

·        Nous sommes engagés dans la construction de la troisième maison de pays, à Licques. Regroupant tout les services à l’enfance, elle sera à dominante culturelle. Chacun des 3 pays aura sa maison ; nous aurons ainsi rempli notre contrat et servi la population.

 

·        Nous devons, dés à présent, imaginer l’extension de notre zone d’activité, car il serait inconcevable que, nous, élus, soyons obligés de refuser une entreprise parce que nous n’avons plus de terrain. Dans le domaine économique, nous devons anticiper.

 

·        Nous devons élaborer un plan de reboisement ambitieux, pas parce que le développement durable est à la mode… Non, simplement parce que les espaces boisés, les forêts et la verdure sont l’image même de notre territoire et font le charme de nos paysages. N’oubliez pas : nous voulions être le poumon vert du Calaisis. Et dans ce cadre, nous ne pouvons pas faire autrement que d’élaborer notre plan de développement durable.

 

·        Nous devons, impérativement, relancer une opération ARARAT II parce que les pluies tropicales du mois d’août ont montré qu’il y avait encore des manques criants dans notre dispositif.

 

   On ne peut pas regarder, d’un air fataliste, la commune d’Andres envahie régulièrement par les eaux.

 

   Nous devrons, de même, être plus impliqués sur le pays de Licques, par devoir vis-à-vis de ses habitants et par solidarité avec tous les habitants de la vallée de la Hem. J’espère que le contrat de rivière de la Hem va, enfin, déboucher sur des actions concrètes.

 

   Et dans le cadre de la solidarité, nous ne pouvons pas ne pas intervenir sur le bassin versant de Caffiers, responsable d’une partie des inondations de Hames-Boucres. Il serait anormal, immoral et honteux que, sous prétextes de limites territoriales, nous continuions à inonder nos voisins, sans chercher des solutions. Merci d’avance à tous ceux qui, comprenant que nous sommes devant une responsabilité collective, accepteront de faire un bout de chemin avec nous.

 

·        Depuis juin de cette année, nous avons signé un contrat avec le département. Ce contrat, bien pensé, bien réfléchi est raisonnable et s’inscrit dans la droite file de nos compétences, pouvant ainsi aider ou compléter les compétences du département. Je l’ai dit, je l’ai souvent répété : pour faire bouger un territoire, il faut une dynamique collective impliquant les collectivités locales et territoriales, l’état et le citoyen. C’est pourquoi, depuis 10 ans, nous avons coopéré avec tout le monde, et c’est encore le cas aujourd’hui, dans le cadre du tourisme, avec nos voisins.

 

·        Cette année, nous devrons finaliser notre partenariat avec nos amis maliens de Maréna Djoumbougou. L’éloignement rend ce dossier compliqué ; les problèmes de communication rendent ce dossier compliqué ; les habitudes culturelles et sociales de ce pays rendent les choses compliquées… Car, comme dit un de nos partenaires : « Nous, on a des montres… Mais eux, ils ont le temps. »

 

·        Autre dossier auquel il faudra penser, même si nous avons un peu plus de temps : la fusion des intercommunalités. Cette démarche proposée, voire imposée par le préfet est une idée qui me semble judicieuse, pour ne pas dire intelligente… Vous vous doutez bien que ce n’est pas moi qui vais dire le contraire puisque c’est, à quelques points prés, le projet que j’avais proposé en 1996.

 

     Mais force est de reconnaître que nos structures ont pris leurs habitudes de vieilles filles et qu’elles étaient heureuses, chacune de leur cotés. Ma précipitation ayant été néfaste, en 1996, je pense, sincèrement, que, maintenant, il faut savoir prendre son temps et bien penser les choses. Certains diront que je me comporte un peu comme la mule du pape, qui n’oublie jamais…. Cela ne me gêne pas… On dit bien que je suis têtu comme un âne.

 

   Voilà quelques points que je voulais vous préciser :

 

   -   Un bilan dont nous pouvons être fiers, basé sur une bonne vision du territoire, un esprit coopératif tout azimut et une forte idée de la notion de service public.

 

  -    Des dossiers futurs qui seront basés sur le même triptyque. Si on ne change pas une équipe qui gagne, de même, on ne modifie pas une méthode qui réussit.

 

   Voilà, rapidement ce que je voulais vous dire. Mais sachez que ce qui fait avant tout notre force, c’est le plaisir que nous avons de nous retrouver, de discuter et de faire avancer nos projets. C’est la sérénité qui règne dans nos réunions et l’amitié qui  s’est forgée au fil de ces 10 années. Nous ne sommes pas d’accord sur tout, mais au moins, nous, nous avons l’intelligence d’écouter l’autre. Et cet atout là, ce n’est pas écrit dans nos statuts, ni dans nos compétences. C’est pragmatique, humain et affectif, mais c’est d’une efficacité redoutable.

 

   Et pour en terminer, Mesdames et Messieurs, chers anciens combattants : Pour ce début d’année 2007, je vous demande d’oublier les agitations électorales, d’oublier la CCTP, la région, le département et tout le reste… Ne pensez qu’à cette petite collectivité, bien plus importante que tout le reste, c'est-à-dire, à votre famille. Rappelez-vous, simplement les statuts bien spécifiques de la famille, statuts qui comportent 3 chapitres et 3 articles :

 

Article 1 : Nous avons décidé de vivre dans une collectivité qui prendra le nom de famille.

Article 2 : Le seul objectif de cette famille, c’est d’être heureuse.

Article 3 : Le seul moyen pour y arriver, c’est une santé de fer, un moral d’acier, et de l’amour solide comme du tungstène.

 

   Alors, mesdames et messieurs, suivez ces statuts à la lettre et gardez tout pour vous.  C’est peut-être égoïste, mais cet égoïsme là, nous vous le pardonnerons volontiers.

 

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" Le summum du raisonnable, c'est de faire des choses sérieuses, sans se prendre au sérieux! Voilà pourquoi, nous vous offrons quelques 
documents véridiques... totalement  inventés  pour la cause !!!"

Les dix commandements des Trois-Pays
(Voeux CCTP 2010)

(102)

Loi 1:

"Tu ne parleras pas pour dire n'importe quoi.
Toute langue de bois a l'haleine d'un putois."

(269)


Loi 2:

" Tu devras adhérer à toute discipline
Mais sans renier ta foi et sans courber l'échine."

Colere_rouge.jpg

Loi 3:

" Tu devra dénoncer certaines inepties
Imposées par des grands qui n'ont pas tout compris."

(39)


Loi 4:

" Tu auras des audaces pour montrer tes colères
Rappelant aux voisins les gestes solidaires."


protocol_international.jpg


Loi 5:

" Tu devras ferailler, avec force et passion
Pour rester philosophe au pays du pognon."

(290)

Loi 6:

" Tu devras t'éloigner de tous les faux-semblants
Car souvent le salut arrive avec le temps."

(124)

Loi 7:

" Tu sauras innover car c'est là ton devoir
En voulant partager les trésors du terroir."

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Loi 8:

" Tu devras éviter la noirceur du corbeau;
Le manque de courage ne fait pas un zorro."

(379)

loi 9:

" Tu n'oublieras jamais de soigner ton clocher
Car au fond de ton coeur, il est toujours premier."

(11)

Loi 10:

" Tu sauras qu'être élu est toujours un honneur
Même si tu souléves grognements et rancoeur."

(1)


Et un 11ème commandement...

" Regarde avec espoir le matin qui se lève;
Ecoute avec douceur la journée qui s'achève;
Et surtout, n'oublie pas que pour faire un futur,
Tu devras inventer des milliers d'aventures."


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