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AVERTISSEMENT:




Nous vous proposons différentes photographies qui n'ont qu'un seul but: vous livrer de belles images du Pas-de-Calais, quelques images du monde et quelques clins d'oeil humoristiques. Ces photos ont été copiées sur le web et restent la propriété des gens de talent qui les ont faites.

ITINERAIRE...

1989

- Election au Conseil Municipal de Guines

1992

- Membre de la liste régionale

1994

- Elu Conseiller Général du Canton de Guînes

1995

- Elu Maire de Guînes

1997

- Elu Président de la Communauté de Communes des Trois-Pays (CCTP)

 - Suppléant du député Dominique Dupilet

1998

- Vice-Président du Conseil Général

- Président d'Eden 62

2000

- Nommé élu référent pour l'Opération Grands Sites des Caps

2001 Réélu

- Maire de Guînes

- Conseiller Général

- Président CCTP

2002

- Suppléant du député Jack Lang

2004

- Membre de la liste régionale

- Elu président du Comité de Bassin de l'Agence de l'eau Artois-Picardie (--> 2014)

2004

- Elu président du Pays de Calais (-->2006)

2005

- Elu président de la Conférence Sanitaire du Littoral (-->2009)

2007

- Suppléant du député Jack Lang

- Démission du poste de maire

2008 Réélu

- Conseiller Général

- Adjoint à Guînes

- Président de CCTP

- Président Agence Eau

2011 Réélu

- VP du Conseil Général

- Président du Comité de Bassin de l’Agence de l’eau

- Membre de la liste sénatoriale

2012 :

- Candidat aux législatives

- Elu Président du Parc Naturel

2013

- Sénateur du Pas-de-Calais 

- Démission de la CCTP

- Démission du CM de Guînes

2014 Réélu

- VP du Conseil général

- Président du Parc

2015

- Arrêt du Conseil Général

- Arrêt  Eden

-Arrêt Parc Naturel

2017

- Arrêt du Sénat

 

PHOTOS

 

Poher (19)      

Poher (7)

Poher (18)     

Andre-et-Gilbert     

Contrat-avenir.jpg   

En-assembl-e.jpg

GB     

Inauguration-Petit-Prince.jpg      

Langelin-maire-honoraire.jpg

election 2007    

Ardres     

Conservatoire 2

Poher herve (6)     

2004 fete de la randonnee    

Bouquehault     

Kluisbergen     

Poher (14)     

tour     

99 Inauguration ADSL

MDR             

repas vieux      

jardin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 20:26
30/01/2015: Voeux de la CCTP / Hervé Poher

Bois-en-Ardres, le 30 janvier 2015

 

Je ne sais pas par quoi commencer… Alors je vais faire du Charlie Hebdo !

« Qu’est-ce-qu’il est long Médine ! Il a peut-être été opéré de la hanche mais il n’a pas été opéré de la langue !! »

Oui, un façon de dire tout simplement  qu’on est heureux de le revoir. Cela nous rassure. On commençait à être inquiets. Sa convalescence durait un peu trop et on se faisait des idées. Des mauvaises idées.

Et moi, en tant que médecin, j’étais aussi inquiet parce que je sais que l’activité physique, c’est ce qu’il y a de mieux pour lutter contre l’obésité… Il y a des calories dans le chocolat… En plus, il passait son temps à regarder la télé, allongé dans son canapé… C’était le début d’une involution cérébrale…

Non ! Plus sérieusement, je me permets de dire : Heureux que tu sois revenu Marc. Bienvenu ! Bienvenu dans ta maison.

Alors, maintenant, je ne vais pas vous parler de la Communauté de Communes. On vient d’en parler en long, en large et en travers. On vous en a parlé verticalement et horizontalement… C’est bien assez.

Je pourrais vous parler de mes gallinacées… Vous savez, ces petites choses avec des plumes et qui font Cot-Cot… Mais ça ne vous intéresserait pas… Savez-vous pourquoi je dis « gallinacées » ? Simplement parce que si j’avais dit « Je vais vous parler de mes poules. », je sais pertinemment que, demain, à Guînes, quelqu’un aurait dit : « Je te l’avais bien dit que Poher, il avait des poules ! »

Alors, je vais simplement vous parler de ma famille… Et si certains y voient des analogies ou des ressemblances avec ce qui nous réunit ce soir, ils n’auront pas entièrement tort.

J’ai 3 enfants et mon ainé, c’est une fille… C’est Ma fille ! Vous connaissez tous, les rapports très spéciaux qu’il y a entre un père et sa fille… On a une connivence, on se comprend avec le regard… Bref, c’est Ma fille.

J’ai assisté à sa naissance… On a eu un peu peur mais cela s’est bien passé. Ensuite, au début, comme Martine était fort prise à l’hôpital, c’est moi qui m’en suis occupé… beaucoup. Je la gardais, je la câlinais, je la soignais, je lui racontais des histoires… C’était Ma fille. D’autant que c’était la première et qu’en plus, c’est elle qui, du point de vue caractère, me ressemble le plus : toujours souriante et aimable.

Et puis, je l’ai surveillée pendant sa jeunesse et pendant son adolescence… Faisant tout pour qu’elle soit la meilleure. D’ailleurs, c’est la plus belle et la plus intelligente… Et dans son univers, il n’y avait un homme principal : moi.

Et puis un jour, elle nous a dit qu’elle voulait nous présenter un homme… Un autre homme !! Et qui, éventuellement, pourrait partager sa vie… On savait que c’était dans l’ordre logique des choses, mais imaginer un autre homme !!! Un homme qui pourrait prendre ma place !!!

Alors, bien entendu, on a dit « Oui, amène-le. » Il est venu et ce jour-là, ce garçon, il avait les jetons ; et Marie, elle aussi, avait les jetons ; et Martine et moi, on avait aussi les jetons… Ça s’est bien passé et, très naturellement, elle est partie faire sa vie avec lui… Mais on lui avait bien dit : « Si ça ne va pas, tu peux revenir; on est toujours là ! ».

Mais ça s’est bien passé. Elle a pris son envol ; elle a fait sa vie ; elle a même fait des petits… Tout ça loin de son père… Son père qui a compris qu’il n’était plus le premier homme de sa vie. Bien sûr, je serai toujours son père, mais je ne serai plus le premier homme de sa vie. C’est dur, vous savez, d’admettre ça … De ne plus être le premier homme ; c’est un moment difficile quand on sait qu’on doit s’éloigner. Mais on le fait plus facilement quand on voit qu’elle est heureuse et qu’elle est en train de construire ailleurs... Et sans vous.

Marc a dit que j’étais le père fondateur de la Communauté de Communes… Du coup je vous ai parlé de ma fille…

Alors mesdames et messieurs. Je vais terminer. Vous voyez : j’ai été beaucoup plus court que Marc.

Et c’est le dernier discours de la dernière cérémonie… Vous en avez, sans doute, marre et moi aussi ! Mais je vais en profiter pour vous parler, une dernière fois, de bisous et de câlins. En janvier, on peut le faire.

Parce que, il faut avouer une chose : placer les mots « bisous et câlins » dans un discours, ce n’est pas très facile !! Imaginez ! A partir de la semaine prochaine, nous devons, au Sénat, parler de la transition énergétique. Je ne vois pas comment je placerais les mots « Câlins et Bisous » dans mes interventions… Même si un gros câlin, c’est une forme de transition énergétique.

Dans 10 jours, je dois intervenir sur la bio méthanisation… Je ne me vois pas faire un discours sur la production de gaz, devant madame la ministre Ségolène Royal, et réussir à glisser « des bisous et des câlins »… Impossible !

En tous cas, ce soir, je vous souhaite et je souhaite à la Communauté de Communes une année 2015 pleine de joie, de santé, d’espoirs et d’avenir. N’oubliez pas ce que disait Pierre Dac : « Monsieur a son avenir devant lui mais il l’aura dans le dos chaque fois qu’il fera demi-tour. » Que l’année 2015 soit pour vous tous douce et merveilleuse.

 

Hervé Poher

30/01/2015: Voeux de la CCTP / Hervé Poher
30/01/2015: Voeux de la CCTP / Hervé Poher
30/01/2015: Voeux de la CCTP / Hervé Poher
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Published by popo - dans CCTP (voeux)
31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 20:16

Belle photo (9)   

Guines, le 31/01/2014

 Pour moi, cette soirée est un peu spéciale : c’est la première fois, depuis un an que je me retrouve face aux Trois-Pays. Et si, depuis plusieurs mois, je ne suis pas venu à l’hôtel communautaire ou dans des réunions de PLUI, parce que je pouvais être là en tant que représentant du Conseil Général, c’est volontairement… Peut- être parce que j’avais des choses à dire et que je ne savais pas comment les dire… Et comme je ne savais pas comment les dire, alors je les ai écrites… Et si vous me le permettez, je vais vous lire la lettre que j’ai envoyée à madame la Communauté de Communes des Trois-Pays.

Lettre à la Communauté de Communes des Trois-Pays

Ma vieille compagne, ma vieille maitresse.

   Oui, c’est vrai ! Je t’ai quittée un peu brusquement, en avril dernier, mais les événements le voulaient ainsi… Et je n’avais pas vraiment le choix.

   D’un autre côté, sans vouloir te culpabiliser, j’ai constaté que tu as trouvé très rapidement quelqu’un pour me remplacer. Bien sûr, il est plus jeune ; bien sûr, il est plus calme ; bien sûr, il bricole mieux que moi … Ce n’est pas de la jalousie mais, c’est humain, on a toujours tendance à se croire indispensable, voire irremplaçable. Et je crois savoir, en plus, que tu t’entends bien avec ton nouveau compagnon. Pourvu que ça dure !!

   Si j’ai eu besoin de t’écrire, c’est qu’il est important de dire certaines choses avant de se quitter, avant de s’oublier et avant de tourner la page… Et c’est bien plus facile de tourner la page avec du vrai papier que de tourner la page dans son cœur.

   Et de te rappeler, ma vieille amie, comment nous avons foncé, inventé, rêvé voulant simplement illustrer les idées de « dynamique collective », « de courage politique » et « d’utopie au pouvoir ».

  Oui, j’ai dit « dynamique collective » car si tu as  avancé, c’est bien parce que la très grande majorité d’entre nous a joué le jeu, a été positive et a su être conquérante.

   Bien sûr, tu le sais, nous avions nos différences ; bien sûr, nous avions parfois des états d’âme ; bien sûr, nous avions parfois des visages bougons ; bien sûr, nous avions de temps en temps des accès de « poujadisme local » faisant que certains d’entre nous défendaient leur clocher et uniquement leur clocher sans s’occuper de la détresse ou de l’avenir du voisin et sans s’occuper du bien-être collectif…

    Mais c’est logique et c’est le défaut immuable de quelques-uns qui ne voient pas plus loin que la haie au bout de leur jardin. Mais plus le terrain est petit, plus les taupes sont concentrées… Ça, c’est un très, très vieux proverbe chinois que je viens d’inventer !

   Mais dans ce domaine-là, tu l’as vu,  le président que j’étais n’a pas eu à se plaindre : Sur 16 années de présidence, les vrais grands problèmes, ceux qui empoisonnent les nuits et ceux qui font déraper  les réunions, je peux les compter sur les doigts d’une seule main.

   Et en plus, nous avions l’intelligence de ne pas faire l’étalage de nos doutes dans les médias ou en séance publique. Jamais nous n’avons fait la une des journaux avec des querelles idiotes. Et c’est une preuve d’intelligence de savoir, à certains moments, être discret. La publicité ne fait pas vendre quand elle est excessive  et une image positive, ça se construit et ça se préserve.     

   Mais pourquoi avons-nous eu cette force collective, force collective dans une certaine sérénité, sérénité qui nous différenciait d’ailleurs de beaucoup de nos voisins…  Je crois simplement que c’est à cause de ta naissance… Car tu es née, ma vieille amie, il faut l’avouer, dans la douleur.

   Rappelle-toi, mai 1996. Nous avions imaginé une grande intercommunalité rurale, au sud de Calais… Mais l’état, avec l’aide de quelques snipers politiques, nous a mis une magnifique gifle en disant que ce projet était irréalisable et que jamais on ne pourrait obliger une commune à intégrer, de force, une structure intercommunale. Jamais …

   Avoue franchement, qu’avec le temps, le discours a nettement évolué… Mais avec le temps, j’ai aussi acquis un peu de retenue…  Alors je ne ferai pas de commentaires… Commentaires qui seraient désobligeants pour l’Etat et pour certains politicards qui vivent avec des œillères… Seul commentaire que je me permets: c’est qu’on a toujours tort d’avoir raison trop tôt.  

   Mais tu es née le 1er janvier 1997, plus petite, plus resserrée, sans doute moins riche mais cette naissance difficile nous a donné deux ambitions : d’abord prouver que sur le fond, nous avions raison et ensuite prouver que nous pouvions, quand même, être parmi les meilleurs. Et cette ambition-là, c’était bien une ambition collective, partagée dans le petit village d’Hocquinghen et dans la grande ville de Guînes. 

   Oui, j’ai dit aussi « courage politique », et le courage politique, tu le sais bien, ce n’est pas une qualité partagée par  tout le monde…

   Parce qu’il faut du courage politique pour oser imaginer et défendre le premier SPANC du département…

   Parce qu’il faut du courage politique pour essayer de trouver des solutions dans le problème des ordures ménagères, sachant qu’il n’y a pas de vraies bonnes solutions…

   Parce qu’il faut du courage politique pour implanter des maisons de l’enfant en milieu rural …

   Parce qu’il faut du courage politique pour se lancer dans un PLU intercommunal avec des zones classées et sanctuarisées…

   Parce qu’il faut du courage politique pour réaffirmer que la solidarité est une priorité qui s’impose à nous tous qu’on le veuille ou non …

   Parce qu’il faut du courage politique pour obéir à la loi et changer l’ordre établi, sachant qu’on n’attrapera que des coups et qu’on attendra vainement les mercis …

   Et parce qu’il faut du courage politique pour accepter, à l’unanimité, un jour, de baisser fortement les dotations communales pour sauver l’intercommunalité, après une fermeture d’entreprise. Nous, on l’a fait !

   Oui, tu vois, ma vieille complice. On peut te reprocher beaucoup de choses… Mais ceux qui t’accompagnent depuis ta naissance n’ont jamais manqué de courage politique ou quand il y a eu des ratés, ils les ont vite rattrapés.

   Et enfin j’ai dit « L’utopie au pouvoir », je l’assume au nom de tous et je le revendique au nom de chacun d’entre nous…

Parce que nous avons été fiers d’imaginer  ce dont nous avions rêvé…

Parce que nous avons été fiers quand nous avons lancé : le Vert, le Vrai, la Vie… Et que nous avons voulu intégrer le Parc naturel…

Parce que nous avons été fiers d’être regardés, d’être jalousés et d’être copiés dans tout le département…

Parce que nous avons été fiers enfin d’inventer Ararat sous les applaudissements, rappelez-vous ! D’inventer le CIAS, d’inventer le transport à la demande, d’inventer le SPANC.

   Marc, ton nouveau compagnon, l’a dit : « Nous avons voulu être un territoire d’expérimentation et d’innovation… ». Et nous avons réussi parce que tout le monde a joué le jeu. 

   Voilà, ma vieille amie. Une autre tranche de vie vient de commencer pour toi, avec des compagnons supplémentaires, avec des élections dans quelques semaines et avec sans doute de nouvelles obligations…

   Mais je t’en prie, garde nos souvenirs : souvenir de nos combats, souvenirs de nos victoires, souvenirs de ceux qui ont créé notre légende qu’ils soient encore là ou qu’ils soient partis vers d’autres horizons plus reposants…

   Et je t’en supplie : reste comme tu étais… Belle, conquérante, dans la sérénité, dans l’entente, dans l’imagination, en dehors de la mesquinerie politique et en faisant la promotion des idées, que les idées, pas la promotion des intérêts.

   C’est ce qui a fait ta force et ce qui a fait que dans le grand charcutage intercommunal, malgré ta petite taille, personne n’a osé s’attaquer aux Trois-Pays.

   Pour terminer, je me dois d’être franc: je t’ai quittée mais je me suis déjà mis à la colle avec un autre territoire, le Parc Naturel… Normalement, c’est aussi un territoire d’expérimentation et d’excellence… On verra mais c’est un autre défi à relever et, dans tous les cas, ce sera une autre histoire…

   Alors, vieille compagne, madame La Communauté de Communes des Trois-Pays… Je vous salue bien bas, madame. Continuez votre chemin et laissez tourner les girouettes, elles n’ont jamais empêché le vent de souffler.

   On termine un chapitre mais d’autres écriront le suivant. J’espère simplement qu’ils l’écriront à la plume et non pas au crayon de bois.

   On dit souvent que lorsqu’on va voir sa maitresse, le moment le plus agréable, c’est quand on monte l’escalier… Mais je peux vous confirmer que le moment le plus difficile, c’est après, quand on referme la porte, en essayant de garder quelques images et qu’on s’en va sur la pointe des pieds pour ne pas réveiller sa compagne.

   Certains diront que cette lettre, ce n’est pas une lettre d’adieu, mais que c’est une lettre d’amour. Peut-être mais c’est la seule façon que j’ai trouvée pour tourner définitivement cette page…

  Alors, simplement, ma vieille complice, ma vieille compagne, ma vieille maitresse. Merci de ce que tu nous as apporté. Et à toi et à tous tes compagnons : bonne année, bon vent et bon courage pour tous les temps futurs.

Je vous remercie.

Hervé Poher

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Published by popo - dans CCTP (voeux)
31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 19:19

Belle photo (4)

Plus le temps passe, plus l’expérience se peaufine, plus les connaissances se précisent, et plus j’ai la certitude que rien ne se fait par hasard et qu’il y a toujours une raison à chaque chose.

   Je vous dis cela parce que je me suis posé la question récemment: En effet, j’ai opté pour une cérémonie des vœux à Campagne-les-Guînes… Dans une salle formidable, une salle rajeunie, superbe outil  pour une petite commune mais une salle un peu juste pour une cérémonie de vœux d’une intercommunalité, d’autant quand cette cérémonie est étendue aux voisins.  

    Et à cette question : « Est-ce un acte manqué ? Pourquoi dans cette salle ? », Je me suis répondu « Parce que ! »

·         Parce que j’avais peut-être l’impression qu’il fallait faire plus modeste et moins expansionniste que d’habitude.

·         Parce que j’avais peut-être le pressentiment qu’il y aurait moins de monde… Et pourtant, je ne suis pas responsable des virus !

·         Parce que j’avais peut-être le besoin qu’on se retrouve serrés, nous les élus des trois-Pays… serrés, plus serrés que d’habitude, comme dans un cocon, comme on peut l’être en famille, quand parfois on a le besoin instinctif de se retrouver en tribu.

   Tout cela pour dire que le choix de la salle de Campagne n’est pas, de ma part,  un acte raisonné mais ce n’est, sans doute pas, un acte innocent.

   Mais du coup, vous êtes debout et le discours sera moins long. D’habitude je fais systématiquement 10 pages en caractères 12 ; là vous n’aurez que 7 pages en caractères 14.

   Et  je remercie la commune de Campagne qui nous accueille si gentiment.

   Vous le savez, j’ai souvent comparé la CCTP à un être vivant qui est né, qui a grandi, qui éprouve des moments de joie et des moments de difficultés et qui passe par tous les stades d’évolution d’un être vivant.

   La CCTP vient de fêter, début janvier, ses 16 ans. C’est-à-dire qu’elle est, sociologiquement une adolescente et qu’elle se situe, médicalement, dans la seconde partie de sa puberté. Et c’est difficile la puberté !

·         La puberté, c’est « On n’est pas encore adulte ; on n’est plus tout à fait enfant ; on a appris plein de choses et on est sûr de conquérir le monde. » 

·         La puberté, c’est « On tente de maitriser son caractère, étant persuadé qu’on a toujours raison, coincé entre une génération des vieux cons et une cohorte de jeunes blancs-becs. »

·         La puberté, c’est : « On a parfois de l’acné ; le corps se transforme, la voix peut changer et les hormones vous travaillent sacrément... Et dans tous les sens… »

  Bref, ce n’est pas une période facile, pas facile pour l’adolescent et pas facile pour l’entourage… surtout pour l’entourage !

   Eh bien, mesdames et messieurs, la CCTP est en pleine puberté. Et son humeur 2012 s’en est ressentie ; et son relationnel 2012 en a été troublé; et il y avait, indéniablement, dans l’air, une ambiance un peu électrique…

  Mais, je le répète, c’est un passage obligatoire. La puberté est une étape nécessaire dans toute maturation. Et une puberté trop précoce, c’est parfois embêtant et une puberté trop tardive, c’est souvent inquiétant…

   Pourquoi vous dis-je cela ? Parce que cette année, nous avons été un peu secoués… Nous avons eu des états d’âme… Nous ne nous sommes pas  posé des questions existentielles mais nous nous sommes posé des questions. Bref, nous avons, comme tout adolescent passé un période de turbulences physiques et intellectuelles. 

   Certains pourraient me dire : « Mais c’est normal ! C’est très humain ; C’est un relâchement naturel après une épreuve… D’autant qu’on parle, en plus, de mariage…». Oui, nous avons passé une épreuve…

   En 2009/2010, nous avons passé un sale moment : impact de la fermeture de la SIDER, problème budgétaire, serrage de vis drastique dans nos politiques… Ce n’était pas évident. Mais devant cette difficulté conjoncturelle, nous avons tous été solidaires, tous été volontaristes et personne n’a manqué à l’appel. Nous avons serré les coudes, nous avons fait bloc ! Et je remercie, encore une fois, tous les élus des Trois-Pays.

   Et on peut l’avouer maintenant : le serrage de ceinture n’est pas un exercice facile à appliquer et ce n’est pas une ambition facile à expliquer. D’ailleurs, certains n’y arrivent pas…

   Et c’est, sans doute, parce que nous savons que nous sommes probablement sortis de la mauvaise passe, que nous savons que ça va mieux et que nous pouvons à nouveau imaginer des projets à long terme…  C’est pour toutes ces raisons là   que nos nerfs ont tendance à se relâcher. La tension étant tombée, notre cerveau peut s’attacher à d’autres préoccupations, notre humeur peut se polariser sur d’autres problèmes et notre corps est à nouveau disponible pour les agressions hormonales prénuptiales. 

   Mais je dois être franc avec vous… Le discours que je vous livre ce soir, n’a rien à voir avec celui que j’avais écrit la semaine dernière. Mais je m’en suis confié à quelques-uns d’entre vous : le premier jet de mon intervention ne me plaisais pas du tout car l’impression générale était morose, triste, un peu découragée… Je montrais une puberté désabusée. Or une puberté ne peut pas être désabusée. Une ménopause ou une andropause peuvent être désabusées ; mais pas une puberté !

   Par définition, la puberté est un nouveau commencement…

   Dans la première version de mon discours, je vous parlais longuement d’une première décharge hormonale qui s’appelle : la taxation des ordures ménagères. Mais à quoi bon vous parler de cela ce soir ? Beaucoup de convives ici présents sont extérieurs au territoire et ceux qui sont habitants ou élus du territoire savent que ce changement, décidé par le SMIRTOM, était inévitable, incontournable, inexorable. Mais c’est vrai que cette première décharge nous a procuré quelques insomnies…

   La deuxième décharge hormonale s’appelle : contrôle d’assainissement non collectif. Là aussi, à quoi bon vous en parler : Tout le monde sait que la loi, c’est la loi ; que nous sommes engagés dans cette démarche pour soulager les communes… On aurait mieux fait de glisser sur une plaque de verglas, ce jour-là… Mais maintenant, nous ne pouvons pas faire autrement que d’aller jusqu’au bout. Un Vice-Président du Conseil Général, président  de Parc et Président du comité de bassin de l’Agence de l’Eau ne peut pas dire aux gens: « Il ne faut pas respecter la loi. » Ce serait une ineptie et une incohérence politique majeure…

   Troisième décharge hormonale : la création de la grande intercommunalité. Et là, permettez-moi d’être un peu plus explicite sur la bouffée de chaleur que nous sommes en train d’éprouver. Et en plus, nous subissons une poussée de boutons…

    Il y a 2 ans, alors qu’on commençait à parler de réorganisation des  intercommunalités, j’ai dit à l’Etat, l’Etat qui seul voulait ce réaménagement « qu’il ne fallait pas me demander mon avis car j’avais, depuis 1996, un électroencéphalogramme plat. Et que, en l’occurrence, la CCTP ne pensait pas et n’avait rien à dire ». Comme cela, on ne pouvait rien nous reprocher…

   L’an passé, après la décision de la commission départementale de coopération intercommunale, j’ai dit que « s’il fallait une bonne volonté politique », je voulais bien, éventuellement, en être le garant même si on sentait que beaucoup de gens allaient vers ce mariage à reculons… Et rentrer dans une église à reculons, ce n’est pas très pratique…  mais au moins, on ne pourrait rien nous reprocher…  

   Les discussions ont donc commencé, avec un très bon état d’esprit mais très rapidement, nous nous sommes aperçus que dans ce mariage arrangé, puisque c’est de cela qu’il s’agit… dans ce mariage arrangé donc, la difficulté ne serait pas d’ordre politique mais la difficulté serait surtout fonctionnelle et financière. Nous avons donc alerté l’Etat… essayant de lui expliquer que pour se marier, il faut des bases saines et qu’il fallait faire très attention car il y a très peu de différences entre un mariage arrangé et un mariage forcé…

   Et que croyez-vous que l’Etat ait fait pendant un an : pas grand-chose. Il s’est contenté de nous réunir trois fois en nous disant : « Alors, où en sont vos discussions ? » Pour lui, le cas était réglé et il avait d’autres chats à fouetter dans le département. Et c’est un peu de notre faute : nous avons été trop coopératifs, trop calmes et les services de la Préfecture se sont polarisés sur les EPCI qui râlaient… Nous, nous n’avons pas râlé et ils nous ont oubliés royalement ! Et bien je suis désolé de le dire : Ici, il n’y avait rien de réglé et l’Etat aurait dû s’intéresser un peu plus à nous.

   Parce que les difficultés, elles sont là et nous sommes incapables, seuls,  de trouver la bonne solution :

·         Difficulté fonctionnelle parce que chacune des deux parties a pris des compétences et des habitudes et que légitimement, elles n’ont pas trop envie d’en changer. Ça existe les habitudes de vieux garçons !! Et on peut être vieux garçon même en étant jeune…

·         Difficulté financière surtout. Depuis l’antiquité, les mariages arrangés sont fait pour cumuler les richesses et fortifier la lignée. Dans le mariage qui nous est proposé, avec les conditions annoncées par l’Etat, conditions financières qui ne sont plus les mêmes qu’il y a un an… Elles ont sacrément changé ces conditions ! Avec ces nouvelles conditions, ceux qui ont déjà fait des gros efforts devraient en faire encore plus et la nouvelle structure intercommunale perdrait complétement ses capacités d’investissement. En théorie, quand on se marie, c’est quand même pour être plus heureux… Du moins au début !!! Et quand on se marie, on espère créer de la richesse, pas partager de la pauvreté…

   Voilà pourquoi il est idiot de créer avec un stabilo une nouvelle collectivité, sans avoir fait avant des simulations financières, des simulations réelles, pas virtuelles…

   Voilà pourquoi la CCTP a voté, en décembre dernier, une délibération disant qu’on ne pouvait pas continuer les discussions… tant que l’Etat ne nous aurait  pas donné les solutions.

   Voilà ce que je voulais vous dire sur les mariages forcés ou sur les mariages mal arrangés. Je vois, dans les cérémonies de vœux que certains maires s’impatientent… Principalement dans le pays d’Ardres. Permettez-moi d’être direct  avec nos amis d’Ardres: si nous recommençons les discussions en se basant sur les dernières prévisions données par l’Etat, on risque d’arriver à un refus unanime des communes des Trois-Pays ; et si on prend une démarche plus décapante, découlant des chiffres de l’état, on risque d’obtenir   un refus unanime des communes du Pays d’Ardres… Il vous est déjà arrivé de ne pas voter votre budget !

   Pour résumer et synthétiser : le seul scénario qui nous est actuellement proposé est inacceptable par les 2 futurs mariés. Alors, puisque les couloirs des préfectures regorgent de gens qui ont fait de grandes études, qu’ils planchent là-dessus et qu’ils nous trouvent une solution acceptable par Henry VIII et par François Premier.

   Et c’est ce que nous avons signifié aux services de l’Etat.

   Excusez ma franchise mais « Chat échaudé craint l’eau froide ». En 96, on ne nous a pas pris au sérieux. En 2010, nous avons subi un traitement de choc pour pouvoir encore exister. Alors, on n’a pas envie de passer 2 fois à l’essoreuse !!

  Alors, s’il faut mettre les points sur les I : la délibération prise à l’unanimité par la CCTP n’est pas une motion de défiance vis-à-vis de nos amis du Pays d’Ardres, c’est une motion de mise en demeure adressée à l’Etat pour qu’il nous aide à réussir ce qu’il a décidé, lui, en lui rappelant qu’il nous a menti sur les chiffres. Et il faut qu’il trouve les solutions avant le mois de juin.

   Je suis désolé de le dire mais cette fusion/absorption a été mal préparée. Et c’est mon devoir de Président de CC de défendre les intérêts de tous et de mettre l’état devant ses initiatives malvenues.

   Voilà, excusez-moi d’avoir été un peu long sur ce sujet, mais les bouffées de chaleur sont souvent des moments désagréables qui semblent s’éterniser…  

   Bouffées de chaleur, agression hormonale, acné… Vous pourriez penser : « Rien de bien encourageant pour ce début d’année… »… et encore, je ne vous ai pas parlé de la brutale poussée de poils provoquée par le  SCOT…

   Détrompez-vous ! Comme tout adolescent, nous avons des problèmes qui nous énervent mais nous avons aussi des certitudes et des projets, des tas de projets : Ararat 2 qui arrivera, cette année à un point de non-retour… Parce qu’il faut savoir conclure un dossier ; notre PLU intercommunal qui se veut être un laboratoire de réflexion, de concertation, de discussions et d’innovation ; la réhabilitation de la ferme Boutoille qui sera un projet à long terme mais qui pourra être fédérateur et sur lequel nous devons encore travailler ; notre positionnement dans le Parc, où nous servons de territoire d’expérimentation… Et nos certitudes : le fonctionnement exemplaire de nos structures d’accueil petite enfance, de notre office du tourisme ; le volontarisme et les innovations de notre CIAS… Excusez-moi si je ne cite pas tout le monde et si j’oublie certains acteurs de nos avancées.

   Bref, de la fierté pour ce qui a été fait et de l’ambition pour plein d’autres projets.

   Vous l’avez compris : le début d’année 2013 sera, sans doute, un peu Hard… Mais c’est normal : on n’est pas bien à l’aise quand la moustache se met à pousser et qu’en plus, on doit se marier. Alors, on a tendance à mordre !

   Si tout au long de mon discours sur la puberté, vous avez essayé de déterminer le sexe exact des Trois-Pays, vous en êtes pour vos frais. D’ailleurs, on dit UN EPCI et UNE intercommunalité.  En plus, j’ai mélangé les bouffées de chaleur et l’arrivée de la moustache. Alors disons que nous subissons les assauts d’une puberté hermaphrodite.

   Certains d’entre vous doivent être déçus : en effet, depuis des années, je profite des vœux de la CCTP pour vous asséner des vieux dictons ou prophéties totalement inventées. Cette année, il n’y en aura pas… Parce que parler des changements physiques amenés par la puberté peut toujours être mal interprété et, depuis quelques temps, on est vite politiquement incorrect… Et surtout, vous le savez bien, les adolescents en pleine puberté ont rarement le sens de l’humour… Et les échanges de mails récents, au sujet de la réorganisation intercommunale, montre que la préfecture n’est pas en période de franche rigolade. De fait, j’ai préféré m’abstenir.

Mais comme je l’ai dit récemment dans un journal : « Pour la  médecine, dans notre coin, on manque de spécialistes. » Surtout des endocrinologues…

   Alors pour cette année 2013, mesdames et messieurs, je vous souhaite le moins de bouffées de chaleur possible, le moins de comédons possible,  le moins de … je m’arrête là !  Bref, je vous souhaite un système glandulaire calme et serein ; des surrénales au repos, une thyroïde à l’équilibre… Pour les autres glandes, permettez-moi d’être plus discret. Et en plus de tout cela, de la santé, des rires et beaucoup de câlins.

   Bonne année à vous tous.

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Published by popo - dans CCTP (voeux)
31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 20:33

 

Waren (10)        

 

Hardinghen/31.01.2012/ Hervé Poher

Mesdames et messieurs, chers amis.

   En disant cela, je n’oublie personne… Comme ça, chacun d’entre vous peut croire qu’il fait partie de mes amis et puisque certains disent que les hommes politiques sont menteurs et hypocrites, autant être hypocrites jusqu’au bout !... Et je dis cela même pour ceux qui sont là et qui n'étaient pas invités....

   Donc chers amis. On dit que la sagesse arrive avec l’âge. Alors, pour être francs avec vous, ou ce dicton est complétement idiot ou j’ai pris un rude coup de vieux. Parce que cette année, j’ai décidé de faire très court, 5 pages maximum, et j’ai décidé d’être sage, je dirais même anormalement, sage.

   Je crois voir, dans l’œil affamé de certains d’entre vous, comme une ombre de déception, voire de désespoir : Comment ça ! Pas de critiques, pas décapitation, pas de gorille qui tambourine sur sa poitrine pour effrayer l’adversaire, pas de roquet qui mordille le mollet du Sous-Préfet !!... Au risque de lui procurer la gangrène…

   Et bien non, mesdames et messieurs, cette année vous n’aurez pas tout ça. Quoi que… Non, vous n’aurez pas de grands coups de hache ou de grands    coups de bulldozer.

   Et, pour être plus explicite avec vous, si je me sens d’humeur peu  belliqueuse, c’est que pour la CCTP, l’année 2011 s’est relativement bien passée et que l’année 2012 s’annonce sereine, studieuse et pleine de promesses.

   Alors, comme j’ai décidé d’être raisonnable, de faire soft pour ne pas  inquiéter nos voisins de l’Ardrésis, de faire court pour m’éviter de vous voir gigoter sur votre chaise ou de contempler vos bâillements, je vous propose de n’aborder qu’un seul sujet, mais quel sujet : je vous propose de parler de nous !

   Modification sur le fond avec un seul thème et modification sur la forme. D’habitude je vous fais don de mon incroyable érudition en vous citant des paroles de Moïse, Confucius, Erasme ou Nostradamus… Fini tout cela… D’ailleurs, certains malveillants osaient penser que ces citations n’étaient pas tout à fait vraies…

   Avez-vous remarqué cette chose très curieuse : Quand un orateur déclare  « Le général Dupont a dit … » ou affirme « 70% des nordistes ont les pieds plats » ou « 40% des directeurs de la DREAL adorent le harengs saur », jamais personne ne va vérifier si c’est vrai ! On peut donc, dans une intervention, se permettre de dire tout et n’importe quoi et d’asséner certaines fausses vérités… Qui, de toute façon, ne sont jamais contredites !

   Donc, cette année, pas de citations, ni de dictons… Juste quelques paroles philosophiques et profondes de Théodoric le Grand, qui fut roi des ostrogoths, au 5ème siècle.

   Et pour ceux qui n’ont pas l’habitude de nos cérémonies de vœux, sachez simplement qu’on y applique 2 principes :

·         Primo qu’on peut très bien faire des choses sérieuses en souriant et en ne prenant pas toujours au sérieux ;

·         deuxio, que les Trois-Pays font toujours des vœux le dernier jour du mois de janvier, que vous allez être enfin tranquilles et que rien que pour cela, on peut se permettre, chaque année, de plaisanter et de passer un moment de convivialité.

   Donc, dans les Trois-Pays, nous, nous faisons des vœux iconoclastes … Mais, vous le savez, en souriant, on fait passer beaucoup de messages.

   Et puisque j’ai décidé, cette année, de n’évoquer qu’un seul sujet, permettez-moi, de l’entamer de suite en disant simplement « Merci », « Merci à tous »

 

  Tout d’abord,  merci au personnel de la Communauté de Communes, au personnel des maisons de l’enfant, au personnel de l’école de musique, au personnel du CIAS… Bref, à tout le personnel…

   L’image de notre communauté de communes, c’est peut-être les politiques que nous mettons en place, mais c’est surtout les gens qui sont en face du public, les gens qui travaillent sur le terrain, les gens qui gardent nos bout-de-choux, les gens qui font tourner la machine ; c'est-à-dire que la véritable Communauté de Communes, c’est vous.

   Alors, merci à tout le monde et pardonnez-moi si je ne cite pas chacun d’entre vous. Les mercis ne coûtent pas chers et pourtant, nous en sommes parfois avare, moi le premier. Mais sachez que comme tous les hommes pressés, j’oublie souvent le geste ou la parole qui est porteur d’un signe de  reconnaissance.

   Ma plus grande des reconnaissances, vous le savez, c’est quand je ne dis rien et que vous ne m’entendez pas ronchonner. Quand les gens me demandent si ça va à la CCTP, je réponds : « Si je n’entends parler de rien, c’est que ça va ! ». De même, vous qui travaillez dans notre collectivité, je sais que vous dites souvent : « Si on n’entend pas la voix du  Président, c’est que ça va ! »

 

D’ailleurs, en 486 après JC, parlant des Trois-Pays, Théodoric le Grand disait déjà

« L’éléphant ne barrit, au fond de la savane,

Que lorsqu’il est chagrin ou qu’il recherche femme. »

 

     Merci à tous nos partenaires privés, entreprises ou autres. Notre société est ainsi faite : même quand on est un apôtre de la secte du service public, on ne peut pas tout faire et la dynamique « public-privé » est presque obligatoire. Tant mieux pour vous, tant mieux pour nous et tant mieux pour l’emploi…

   Mais moi, j’ai pris une habitude et c’est un rituel, rituel que l’on pourrait qualifier de très primaire, voire de primitif, mais qui a un intérêt, c’est qu’il est simple : pour moi, tout ce qui est privé, c’est le Grand Capital. Et le pire, c’est que je leur dis… Et quand je ne le dis pas… on se connait depuis 20 ans… figurez-vous qu’ils sont en manque ;

  • on travaille avec eux, mais je les traite de spéculateurs ;
  • on imagine avec eux, mais je les qualifie de boursicoteurs ; 
  • on avance avec eux mais je les caricature en profiteurs…

   Mais cela dit, cette façon de parler est plus un rituel tribal qu’une conviction philosophique profonde… Et je crois que tout le monde le sait… J’ai une formation médicale et j’ai l’habitude de dire : « Chacun son métier ! ». Certaines entreprises et sociétés font des choses que nous ne savons pas faire. Et de toute façon, une  bonne dynamique « public-privé » est un plus pour tout le monde…

   Pour nous, de la dynamique, de l’activité, des emplois et, pour les autres, tout cela mais pourquoi pas, en plus, des profits.

 

D’ailleurs, en 472, lors de création du Crédit arboricole, Théodoric le Grand disait déjà :

« Des profits, il en faut… Et je vais vous aider !

Mais après, je prends tout... Car vous êtes trucidés.»

 

     Merci à tous nos partenaires publics, Conseil Général, Conseil Régional, collectivités voisines et amies, merci aux multiples syndicats ; et merci aussi aux services de l’Etat avec qui, sur certains dossiers essentiels, on doit et on peut avoir une saine concertation… Profitez de cette gentillesse,  ça n’arrive pas souvent !  

Merci  donc à tous ceux qui nous accompagnent

  • dans cette belle aventure qu’est la gestion publique,
  • vers cette noble ambition qu’est le service public,
  • vers cette démarche visionnaire que représente un véritable aménagement du territoire,
  • et vers cette obligation intellectuellement excitante qu’est le façonnage  d’un futur pour nos concitoyens…
  •  

    Ce qui est passionnant dans nos fonctions, ce n’est pas les titres, ce n’est pas la gloire, ce n’est pas les honneurs, ce n’est pas  l’ivresse du pouvoir… quitte à avoir une ivresse, autant en avoir une vraie… Non, ce qui est passionnant, c’est l’action, le besoin d’action et le devoir d’action.

    Je vois parfois ou je découvre, comme vous, dans la presse des clashs ou des portes claquées par untel ou par un autre. Moi, je veux bien tout ce qu’on veut… Mais à condition que ce ne soit pas des postures préélectorales ou des règlements de compte politiciens. Postures préélectorales qui disparaitront le lendemain de l’élection, comme les promesses… ou règlement de comptes qui font plus penser à un mauvais western qu’à une position responsable. Tout le monde ne s’appelle  pas Sergio Léone !

    Et je vous dis cela en toute connaissance de cause : je suis un spécialiste du coup de hache… Et les haches, ce n’est pas trop dans les westerns…  Mais en 20 ans d’engagement public, je n’ai jamais fait trembler les murs par pinaillage politique de mauvais aloi ; j’ai  toujours gentiment asséné ma hache par conviction et avec honnêteté intellectuelle. Personne ne peut dire le contraire. Et pourtant, croyez-moi, l’honnêteté intellectuelle, en politique, ça ne vous amène pas que des amis!

   Bien sûr, l’engagement n’est pas toujours facile ; bien sûr, il y a des phantasmes, des cris, des crises de convulsions ; bien sûr, la mauvaise foi s’oppose parfois au mauvais caractère et quand la personne qui a mauvais caractère est, en plus, de mauvaise foi, c’est le summum !! Je ne donnerai pas  de nom… Ou seulement en privé… En plus, on les voit et on les entend  beaucoup s’agiter, ces gens-là…

 

     D’ailleurs, en 481, à la recherche de nouvelles énergies, Théodoric le Grand disait déjà:

«Les bras de ces barbares font tant de moulinets

Qu’ils pourraient nous donner de l’électricité. »

 

   Merci enfin aux élus de la CCTP. Merci de cette atmosphère, de cette ambiance, de cet état d’esprit qui règne au sein de notre collectivité. Et je dis cela en toute sincérité et personne ne m’y oblige. Je dis cela car beaucoup de membres fondateurs sont encore présents, ici, ce soir.

   Un bon état d’esprit… Et pourtant, à l’époque, en 1997, ce n’était pas une évidence. Nous venions d’horizons différents ; nous avions une histoire différente ; nous avions des options personnelles différentes… Mais en 1997, après un faux départ en 96, nous avons quand même décidé d’unir nos destins.

   L’accouchement s’est fait au forceps, il faut l’avouer… J’ai même dit que 2 ou 3 communes avaient accouché à reculons… Par le siège… Mais comme il y a eu une très bonne prise en charge du bébé, dés le début, il n’y a pas eu trop de séquelles ; l’enfant a bien grandi et nous pouvons être fiers de cette belle intercommunalité… Je vous rappelle que mon épouse est pédiatre réanimateur de nouveaux nés… Vous comprenez ma comparaison… Heureusement qu’elle n’est pas gastroentérologue…

   Entre 1997 et 2000, nous avons appris à vivre ensemble, nous avons appris à nous connaitre ; j’oserais dire que nous nous sommes mutuellement apprivoisés. Et quand, après quelques années, nous avons bien fixé notre cadre institutionnel et établi nos rites relationnels, nous avons osé lancer de belles politiques, de fortes politiques et de vraies politiques… Avec un mot d’ordre et une ambition que nous avons tous partagés: « Etre les premiers à  faire… ».

à Etre les premiers avec ARARAT pour lutter contre les inondations. Rappelez-vous ces applaudissements, à Fiennes, quand nous avons validé le programme

à Etre les premiers avec ces maisons de l’enfant en milieu rural. Il fallait le faire ;  nous avons osé et c’est, très modestement, une belle réussite.

à Etre les premiers à mettre en place un transport à la demande… Et notre expérience sera bientôt généralisée dans tout le département.

à Etre les premiers au nord de Paris à créer un CIAS pour plus d’attention, plus de partage et  plus de solidarité. Depuis, les CIAS fleurissent partout.

àEtre les premiers à créer un service public d’assainissement non collectif.

à Etre les premiers, enfin, à réaffirmer que nous croyons à notre devise, « le Vert, le Vrai, la Vie », que nous sommes fiers d’être des semi-ruraux et que l’agriculture et l’environnement sont des atouts irremplaçables pour nous… Atouts que nous serons les premiers à traduire dans nos documents  d’urbanisme, parce c’est notre atout et parce que nous sommes dans un Parc.

    Oui, nous sommes un territoire d’expérience… Et l’innovation est notre marque de fabrique. Et pourtant, Mesdames et Messieurs, nous n’avons presque jamais fait la une des journaux… Nous, nous inventons dans le calme et la sérénité ; nous, nous avançons dans la transparence et la concertation ; nous,nous nous disputons sous la couverture…

   Bien sûr, certains sujets sont plus épicés que d’autres, mais les membres de la CCTP ont une conception du droit, du devoir et de l’épice qui n’a jamais été mis à mal et la solidarité prévaut toujours. C’est surtout ça notre force. Et permettez-moi de vous rendre hommage et de dire merci à chacun d’entre vous.

   Il y a 2 ans, quand suite à la fermeture quelques  grosses entreprises, nous nous sommes retrouvés financièrement… pas très bien, je vous ai demandé, à tous, c’est-à-dire à toutes les communes, de laisser 10% de vos dotations. Ce n’était pas facile pour vous, ce n’était pas facile à expliquer à vos conseils municipaux et à vos populations et le seul argument que nous avions, c’était « Nous avons été solidaires dans nos périodes de richesses, nous devons être solidaires dans nos périodes de disette ». C’est facile à dire ; c’est plus difficile à faire admettre à la population.

   Et même si ce n’était pas facile, vous l’avez accepté sans esclandres publiques et sans invectives dévastatrices. On ne nous a pas vus dans les journaux… Si bien que 2010 a été une année de belle remise à flot et, vous le verrez lors des bilans, 2011 sera meilleure encore… Nous n’avons pas été mauvais.  Mais il faut garder le cap, garder une discipline et une certaine diète est encore de mise. En parlant de diète, il me revient une citation de Théodoric.

 

En 495 après JC, parlant d’Antoine Péraldi,  Théodoric le Grand disait déjà:

«Avec cette réserve qu’il a sur le bidon,

Il aurait bien du mal à faire de l’aviron. »

 

   Pourquoi ces mercis ; Pourquoi cette ode à l’union ; pourquoi cette mise en valeur de notre état d’esprit et de notre dynamique…

    Simplement, Mesdames et Messieurs, parce que nous avons, ce soir, dans la salle, beaucoup d’élus de la région d’Ardres. Ce ne sont pas des pique-assiettes, ils ont été invités… Et nos amis du pays de l’est sont là, simplement parce que, un jour, le Sous-Préfet de Calais a proposé que… Parce que, un jour, le Préfet du Pas-de-Calais a décidé que… Parce que, à ce jour, nous avons la possibilité de faire un pied-de-nez à l’histoire. Normalement, 8 communes de ce que j’appelle le Pays d’Ardres vont venir nous rejoindre. Et ne m’en veuillez pas si je ne les cite pas toutes : nous, depuis 1997, on raisonne en pays.

   Et du coup, depuis début janvier, il y a beaucoup d’échanges, beaucoup d’invitations, beaucoup de cérémonies et beaucoup de discours. Et malgré une surdité naissante, surdité sélective, je vous rassure, j’ai quand même entendu quelques inquiétudes…

   Inquiétude du coté des Trois-Pays, où les gens disaient : « On fait du bon boulot ensemble ; on ne s’engueule pas trop souvent et on a appris à avancer … Pourquoi se préoccuper de nos voisins ? ». Mais inquiétude aussi dans le pays d’Ardres qui dit : « Nous, on n’a rien demandé… On ne va pas se laisser manger… » Et j’ai même entendu un élu qui m’a dit, très gentiment : « Comprenez qu’on se méfie, Monsieur Poher. En dessous des Trois-Pays, c’est écrit Bienvenu à Poherland ! »

   Allons, soyez sereins, soyez zen, soyez cools… D’un côté comme de l’autre.

Et je peux dire à nos amis du pays de l’est : laissons tomber le mur, ce ne sera pas si difficile que cela : 

  • Vous êtes sensés être des gens intelligents ; nous, nous sommes sensés ne pas être complètement idiots ;
  • Vous voulez rebondir et vous refondre dans une dynamique collective ; nous, nous sommes partants pour toutes les aventures ; 
  • Vous vous posez des questions sur l’avenir ; nous, nous vous offrons notre passé, sans vous demander de renier le vôtre ;
  • Vous vous arrivez avec François 1er, son faste et sa magnificence. Nous, nous arrivons avec Henry VIII, ses nombreuses femmes et ses festins où le vin coulait à flots... Et dans cet échange là, vous êtes gagnants… Avouez que ça vous manquait, la luxure et l’alcoolisme!

   Bref, vous avez beaucoup à nous donner et nous, nous avons beaucoup à vous offrir. De toute façon, pour les gens de bonne volonté, il y a toujours un chemin… Il suffit de le vouloir. Nous ne savions pas que ce chemin était celui-là, mais pourquoi pas ! Refaisons l’histoire ensemble…

    J’avais prévu de terminer en m’adressant à Monsieur le Sous-Préfet, mais il n’est pas là. Mais il y a 1 an exactement, je lui avais lancé un message… Et il a su intégrer l’historique de la région, la spécificité des tribus locales et  la personnalité des indigènes … Et le résultat n’est pas trop mauvais. Deux gentillesses dans la même journée, ça fait beaucoup de ma part !

   J’avais dit 5 pages et je n’ai pas  tenu exactement mon engagement, je l’avoue. Mais c’est comme le grand capital : ils font 5 millions de bénéfices sur notre dos et ils disent qu’ils font 8 millions de déficit à cause de nous ! Je l’ai dit :" Tout crapule et compagnie…"

    Alors, pour terminer simplement, je vous souhaite à tous et à toutes, plein de trucs, de bidules de machins, inutiles et idiots, sachant que le plus important, vous l’avez déjà, chez vous, avec ceux que vous aimez et avec les êtres qui vous sont chers.

 

 D’ailleurs, en 475, parlant des réunions sur le SCOT, Théodoric le Grand disait déjà:

«Après un bon massacre, pour trouver le repos,

J’ai besoin d’une bière et de quelques bécots. »

 

   Mesdames et Messieurs. Certains vont à Bruxelles, d’autres vont au forum de Davos… Mais vous, vous pourrez dire que vous étiez à Hardinghen… Ceci est valable même pour ceux qui n’étaient pas invités… Campagne électorale oblige !!

Mais ce soir, ne retenez qu’une chose : Bonne année à vous tous.

Hervé Poher

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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 19:39

 

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31/01/2011: Salle de Fiennes/ Voeux de la Communauté de Communes des Trois-Pays 

Comme dit un vieux proverbe chinois que je viens d’inventer : « La langue de vipère qui persifle longtemps importune les gens… Même les malentendants ! ». Aussi, pour éviter de vous importuner, Mesdames et Messieurs, j’ai décidé, cette année, bien que je ne sois pas une vipère, de faire plus court qu’à l’accoutumé… J’ai essayé de faire plus court, mais je n’y suis pas arrivé.

   6 mots ; 6 pages à condition de mettre en calligraphie n° 11 sur le traitement de texte ; 6 préceptes du grand Erasme qui a séjourné dans la région (et en plus, on dit que c’est vrai)  et un discours d’une durée raisonnable : entre 6 minutes et 6 heures.

Premier mot : Les Réformes.   Je ne pouvais pas commencer autrement.

   C’est vrai que depuis un moment, entre les réformes et les lois, nous sommes gâtés : Suppression de la Taxe Professionnelle, réforme des finances locales, réforme des retraites, réformes des collectivités territoriales (Région et Départements) avec le problème et l’incertitude sur les compétences, réforme des intercommunalités, applications du Grenelle 1 et du Grenelle 2… Et tous les élus disent simplement « N’en jetez plus ! ».

   Nous ne contestons pas la nécessité de réformer parce que « Tout système vivant doit être, par définition, en réforme permanente et rien que le fait d’être vivant, c’est une réforme perpétuelle ». Et c’est aussi valable pour nos petites structures.

   De même, nous ne contestons pas le droit de réformer : c’est notre fonctionnement démocratique et républicain. Le Président veut, le gouvernement décide, le parlement valide et l’état applique. Et personne ne dira le contraire, tous ces responsables là ont acquis leur légitimité. 

   Mais accumuler trop de réformes peut nuire à l’efficacité de la réforme et, vous le savez, les élus sont de plus en plus inquiets.

   Inquiets quand, certaines de ces réformes ébranlent notre modèle social et nos acquis sociaux. Et notre modèle social, comparé à d’autres, n’était pas si mauvais que ça !

    En 2010, la question qui nous a été imposée était : « Les retraites vont couter de plus en plus cher à la nation: comment fait-on pour payer ? ». Je ne suis pas magicien et je me garderai bien de donner des leçons, mais si la question avait été posée différemment : « La retraite à 60 ans est un acquis social. Comment fait-on pour le garder ? », La réponse aurait peut-être été différente. La façon de poser la question vous oriente toujours vers un type de réponse. Mais en disant cela, j’oublie que nous vivons dans un monde libéral et qu’à DAVOS, là bas en Suisse, il y a beaucoup de financiers et bien peu de philosophes.

   Inquiets quand certaines de ces réformes nous imposent aujourd’hui des principes qui sont incompatibles avec les dogmes d’hier. Quand pendant des années, on nous rabâche que le seul moyen de s’en sortir, c’est de passer en Taxe Professionnelle Unique et quand, du jour au lendemain, on supprime la Taxe Professionnelle. Sachant qu’en finance, comme en chimie : « Rien ne se perd, tout se transforme. » Et que la TP disparaissant, un autre impôt arrive, sous une forme ou une autre. On ne peut pas faire autrement… Mais la finance, c’est plus élaboré que la chimie : En finance, les impôts se créent très facilement et quand, par bonheur, ils semblent disparaitre, c’est qu’ils se sont transformés…

   Inquiets quand le grand régisseur central nous dit qu’il veut réduire le mille-feuille administratif et politique, Région, Département…  Moi, j’adore un  mille-feuille bien épais et si nous avons fait autant de choses sur notre territoire, c’est bien parce que nous savions cuisiner le mille-feuille.

   C’est vrai que diminuer le nombre d’élus, c’est très tendance. C’est tellement à la mode de voir les élus servir de boucs émissaires à tout, même aux déficits… Quitte à diminuer quelque chose, ne pourrait-on pas plutôt diminuer le nombre de banquiers ? Ils vivent bien avec l’argent des autres, à ce que je sais ! Je dis cela pour vous montrer simplement qu’il est très facile de faire dans la démagogie.

   Inquiets quand on entend le ministre nous dire qu’on va supprimer 16 000 postes d’enseignants par an et le Nord-Pas-de-Calais est le plus touché, que l’état fait sa RGPP et que, comme l’a dit le Préfet, au Congrès des Maires du PDC, les collectivités dépensent trop et ont trop embauché.

   A la CCTP, c’est vrai que, depuis 15 ans, nous avons beaucoup embauché… Mais c’est normal et c’est un choix politique que nous avons fait pour faire du service public :

- Des haltes-garderies, ce n’est pas que des parpaings, c’est surtout du personnel ;

- Un CIAS, ce n’est pas que des paquets de victuaille, c’est essentiellement du personnel ;

- Une école de musique, ce n’est pas que des trombones à coulisses, c’est avant tout du personnel…

   Et c’est vrai que nous, avec de l’argent public, nous payons du service public!

  De toute façon, comme l’énonçait si bien Erasme, au début du 16ème siècle : 

« Dans un monde étourdi aux icones brisées,

   Qui trop veut réformer nous pousse à déformer. »

Deuxième mot : L’Urbanisme

  Une digression très rapide sur ce thème puisque le conseil communautaire doit en parler dans 5 jours.

   Qu’on le veuille ou non, la vision, l’ambition et l’anticipation pour un territoire se traduisent, un jour ou l’autre, par un document d’urbanisme : à notre échelle par un PLU, au niveau du pays par un SCOT.

   Et ce document, ce PLU intercommunal sur lequel nous allons devoir travailler, ce n’est pas que des contraintes, ce n’est pas que des interdictions, ce n’est pas que des refus. C’est aussi et surtout le moyen d’afficher notre imagination et notre vision du territoire à 15 ou 20 ans en pensant uniquement à l’intérêt commun. C’est bien notre devoir et c’est surtout notre rôle d’élu.

   Mais, je vous l’ai déjà dit : En 1997, quand nous avons choisi notre logo et notre slogan, nous n’avons pas fait n’importe quoi. Nous avons choisi le profil d’un oiseau en vol avec « Le Vert, le Vrai, la Vie. »… Et ce n’est pas n’importe quel slogan. Nous avons affiché, ce jour là, un choix d’aménagement, un choix d’environnement, un choix de vie. Et ce choix, qui en 1997 était probablement instinctif, nous devrons, maintenant prendre le temps de le mettre sur le papier, de la formaliser et de le décliner.

   Juste à coté de chez nous, certains élus nationaux ont eu cette audace et ce courage, il y a plus de 30 ans. Et aujourd’hui, le site des Caps fait partie des 9 plus beaux sites de France.

   Nous ne pourrons pas faire aussi bien mais c’est à nous, élus et responsables de minimiser nos handicaps et de préserver et valoriser nos atouts. Et des atouts, nous en avons beaucoup, vous le savez. A nous de les pérenniser.   

  Mais réfléchissez sur ce que disait Erasme, au début du 16ème siècle : 

« Même au Monopoly, on ne peut acheter

La case qui s’appelle « caisse de communauté » »

Troisième mot : La Contractualisation

  2 Ans ; nous avons 2 ans de retard dans le processus de contractualisation avec le Conseil Général. Mais ce retard, je l’assume et je le revendique. Pourquoi ?

  Parce faire un contrat banal, contrat qui n’est qu’une liste d’actions établissant des conventions financières et mettant en valeur chacun des partenaires… Ca, tout le monde sait le faire.

   Mais notre collectivité, Mesdames et Messieurs, en dehors de toute forfanterie, nos Trois-Pays, ce n’est pas une collectivité comme les autres.

* C’est nous qui avons inventé ARARAT ;

*  C’est nous qui avons importé, dans le département, le transport à la demande ;

*  C’est nous qui avons créé le premier CIAS au nord de Paris ;

* C’est nous qui avons créé le premier SPANC du département pour le contrôle de l’assainissement non collectif ;

*  C’est nous, les premiers, qui avons osé mettre des haltes-garderies en milieu rural…

   Bref, depuis 14 ans, nous n’avons eu de cesse d’inventer, d’innover et d’expérimenter… Et il est bon de le rappeler car la mémoire des gens est très courte !  Nous sommes une collectivité certes, mais nous sommes aussi un laboratoire d’idées au profit de nos populations.

   Et c’est parce que nous voulons garder cet état d’esprit que la nouvelle contractualisation doit être un champ d’expérience, expérience d’une politique innovante du CG qui pourrait être pour nous tous un outil formidable d’aménagement et de gestion du territoire.

   Mieux vaut prendre son temps mais si les Trois-Pays peuvent servir de territoire d’expérimentation pour le Conseil Général et même pour le Parc, nous sommes volontaires. Certes, nous allons au devant des problèmes, mais nous sommes assez fous pour vouloir essayer.

De toute façon, comme le constatait Erasme, au début du 16ème siècle : 

« Au pays des forêts, ils ont tout essayé,

Tout rêvé, tout tenté… C’est vrai qu’ils sont fêlés.»

Quatrième mot : Le Parc

   Là aussi, un mot très rapide mais tout aussi important que les autres pour réaffirmer notre attachement à l’idée Parc, à l’image Parc, à l’esprit Parc. Et ce d’autant plus que le parc est en train de réviser sa charte et que la fête du Parc aura lieu, cette année, chez nous.

  * Et c’est sans doute parce que nous sommes dans l’idée Parc que nos politiques sont en osmose avec les axes essentiels de la charte du Parc ; 

  * Et c’est sans doute parce que nous tenons à l’image Parc que nous mettons la barre très haut.

  * Et c’est sans doute parce que nous sommes très attachés à l’esprit Parc que nous sommes plus exigeants que certains autres.

   « Quand on est dans un Parc, on n’est pas pareils que les autres et on ne peut pas faire comme les autres! ». Grand n’importe quoi, banalité et Parc sont des mots incompatibles.

   Etre une intercommunalité de progrès nous oblige à toujours inventer et être dans un Parc, nous oblige à faire encore plus et encore mieux. Je sais que cette façon d’être et cette ambition contrarient un peu nos voisins qui n’ont pas les mêmes exigences que nous. Et je sais  que, pour nous, cela sera dur à assumer mais, croyez-moi, si nous en avons la volonté, nous en aurons les moyens.  

  De toute façon, comme le prédisait si bien Erasme, au début du 16ème siècle : 

« Au pays du marais, ce n’est pas une offense

Que d’oser s’obliger pour chercher l’excellence. »

  Cinquième mot : « Intercommunalité ou plutôt réorganisation des intercommunalités ».

   Tout doit être réglé pour cette année et on ne tardera pas à nous demander quelle est notre position.

   La réponse est, on ne peut plus simple : « Pour l’instant, pour une période indéterminée, les Trois-Pays ne demandent rien ; les Trois-Pays n’imaginent rien ; bref, les Trois-Pays ne pensent rien… Actuellement, l’électroencéphalogramme des Trois-Pays est volontairement plat… Mais attention, comme dans les films d’horreur, quand Frankenstein ouvre les yeux et se réveille, les Trois-Pays sauront être là quand il le faudra … parce que nous, dans ce dossier là, on sait de quoi on parle! »

   Pourquoi cette position ? 

   Simplement parce qu’en 1996, j’avais eu l’idée saugrenue de proposer la création d’une très grande intercommunalité rurale, allant de la mer jusque la vallée de la Hem. Cet ensemble logique, basé sur une communauté sociologique et sur un fonctionnement de bassin de vie rurale, pouvait être un interlocuteur valable pour équilibrer le grand calais qui allait se constituer.

   Une seule et unique structure pour tout le calaisis, c’était inenvisageable à l’époque  et c’est  encore peu réaliste, peu souhaitable et ce serait une grosse erreur stratégique. Une structure intercommunale n’a d’intérêt que si elle fonctionne sociologiquement, économiquement et politiquement. Donc créer 2 blocs pour installer une forme d’équilibre, c’était logique. 2 Blocs complémentaires et 2 blocs solidaires. 2 blocs respectant l’identité de chacun… Rappelez-vous pourquoi on s’appelle « Les Trois-Pays ».

   Et c’est comme cela, je vous le signale, que nous avons imaginé le SYMPAC, pays du calaisis, SYMPAC dont j’ai été le premier président et où, dans un souci d’équilibre, les ruraux ont une majorité absolue : lieu de discussion entre le bloc calaisien et le bloc rural. J’ai dit discussion ; je n’ai pas dit opposition…

   En 1996, l’état et les élus compétents, siégeant au sein de la commission départementale  m’ont affirmé que la grande intercommunalité n’était pas possible, que ma démarche était malvenue et que mon initiative n’était pas judicieuse. Bref, on m’a fait comprendre, sèchement d’ailleurs, que je devais me calmer. En plus, dans le calaisis, j’avais l’impression d’être devenu le renard qui était entré dans le poulailler… Ca caquetait de partout !

   Le Préfet a donc validé, sur le territoire du pays du calaisis, 5 intercommunalités

   10 ans plus tard, en 2006, Mr le Préfet du Pas-de-Calais nous confirme qu’il va falloir revoir les intercommunalités et si possible, les fusionner: Je réponds alors qu’en l’occurrence, ce n’était plus mon problème, que depuis 1996 j’avais fini de phosphorer sur le rôle de l’état,  mais que, comme je suis quelqu’un de respectueux, je voulais bien, à nouveau, discuter de ce dossier avec nos voisins. A peine avais-je dis cela que, dans le calaisis, nous avons commencé à réentendre les cris affolés de la basse-cour. Donc, forts de l’expérience précédente, nous avons stoppé toutes les initiatives.

   Aujourd’hui, on nous reparle, à nouveau, pour la troisième fois, de cette réorganisation. Alors, comme j’ai horreur de faire souffrir les bêtes, en particulier les gallinacés, je proposerai aux Trois-Pays, dans un premier temps, de laisser dire et de laisser faire. De faire l’EEG plat…

« Que l’état fasse son devoir, que certains s’agitent, que d’autres continuent leurs arrangements d’arrière-boutique parce qu’ils sont taraudés par un soupçon d’ambition ou, à contrario, parce qu’ils ont peur de l’avenir… Avenir qu’ils ont un peu préparé ! »  

   Nous, par contre, nous nous reposons, nous nous concentrons et nous nous taisons. Il sera toujours temps pour nous, après notre réveil, de donner, si besoin, une bonne ruade ou d’asséner un violent  coup de hache…

   Certains appellent cette façon de faire le syndrome de «  La mule du Pape » ou le syndrome  « du vase de Soisson ». Façon résumée de rappeler

1-      que nous avons une bonne mémoire,

2-      qu’il y a, quand même, des pilules amères à avaler, même après quelques années,

3-      que si nous en sommes arrivés là, c’est qu’il y a peut-être des responsables et qu’il est curieux, aujourd’hui, de les voir imaginer, s’interroger, voire de s’inquiéter …

   En 1996, voire en 2006, on m’avait reproché d’en avoir trop dit à certains et pas assez à d’autres. Aujourd’hui,  je ne dis rien… Et même en ne disant rien, on va me reprocher d’en dire de trop ! Remarquez que rien, c’est déjà quelque chose, puisque comme le confirmait  Raymond Devos, il existe des moins que rien.

   En tous cas, je suis sûr que nous allons assister, pendant les quelques mois à venir,  à l’agitation, aux trépignements, voire aux convulsions de certains ou de certaines… De plus, il est évident que l’état se fera un plaisir de nous démontrer que ce qui était impossible, il y a 15 ans, est devenu, avec des ajustements, indispensable aujourd’hui. Tous ces événements vont, vous vous en doutez, me procurer un petit moment de jouissance intellectuelle et un sentiment de plénitude vengeresse… De toute façon, en politique, depuis 1996, j’ai appris à manger froid !

  Et comme le distillait Erasme, au début du 16ème siècle :   

« Au pays du poulet, le moine trace sa route

Faisant bien peu de cas, de la dinde qui glougloute. »

   Sixième et dernier mot : Conclusion sur le mot Avenir.

   Vous avez pu le voir, Mesdames et Messieurs, tout se tient. Intercommunalité, urbanisme, contractualisation, le Parc, « Le Vert, le Vrai, la Vie ». La boucle est bouclée. Tout se conjugue, tout s’emboite, tout s’assemble pour que nous puissions, dès 2011, assumer notre rôle et préparer l’avenir. C’est ça, faire de la politique, au sens noble du terme ! Et dans cette démarche vertueuse, je vous prédis des moments difficiles, des périodes d’incertitude, des accès de doute et des angoisses nocturnes. Mais je vous prédis aussi la satisfaction finale du devoir accompli et du courage assumé.

   Monsieur le Sous-préfet. Tout en étant respectueux des choix, des droits et des prérogatives de l’état, je me devais, comme la plupart des élus de France de vous faire part de nos inquiétudes, de nos doutes et aussi de certaines de nos certitudes. Et je me devais de vous faire un petit résumé d’histoire locale et départementale… Pour que, dans le grand chantier à venir, vous compreniez bien tout ! En début de discours, je vous ai parlé des vipères… J’espère que vous vous êtes rendu compte que je fais plutôt partie de la race des boas.  

   Et dans votre nouvel arrondissement, je peux me permettre de le faire de façon très transparente car je suis le seul conseiller général du calaisis à ne pas être en campagne électorale. Donc on ne pourra pas m’accuser de faire de l’électoralisme et de vouloir surfer sur une vague de mécontentement… De plus, Monsieur le Sous-préfet, j’ai la décontraction de parler librement car ma carte de visite est tellement chargée que, depuis bien longtemps, contrairement à d’autres, je ne cours pas après une couronne ou un sceptre… De toute façon, chez les vikings, le sceptre, c’est une hache !  

   En tous cas, Monsieur le Sous-préfet, Mesdames et Messieurs, sachez que tout le mal que je vous souhaite pour 2011, c’est d’avoir un EEG bien actif, c’est d’être un peu fêlés sans être déformés, c’est d’oser rêver et de consommer du poulet et surtout, c’est le principal, d’être heureux avec vos enfants, vos petits enfants, vos proches et tous ceux qui vous sont chers.

Comme il était déjà au courant de nos interrogations, Erasme disait, au début du 16ème siècle :

« Au sein des Trois-Pays, on sait privilégier

Les parfums de bonheur et les petits baisers. »

 

Hervé Poher

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Published by popo - dans CCTP (voeux)
29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 23:15

 

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  Depuis 20 ans que je suis impliqué dans la vie publique, j’ai appris à en connaitre le fonctionnement avec ses règles, ses interdits et ses obligations. Je peux même vous avouer que j’avais pensé, un moment,  écrire un manuel de vulgarisation qui se serait appelé : « Traditions, coutumes et rites  chez les indigènes de la tribu des élus. » Je ne l’ai pas fait car j’avais peur de me brouiller avec tout le monde.

   Et parmi les traditions classiques de la tribu des élus, il y a une, entre autre, qui s’appelle : la cérémonie des vœux et cette cérémonie des vœux présente toujours les mêmes constantes… incontournables,  immuables, presque génétiquement  obligatoires.

   Par exemple, chaque début d’année, dans toutes les collectivités de France et de Navarre, on a le même discours, basé sur des fondements rhétoriques très classiques… et que les maires ici présents osent me dire le contraire…

Et, en janvier, tous les élus déclament :

«  Primo : Ce que nous avons fait, l’an passé, c’était bien. »

«  Deusio : Ce que nous allons faire cette année, ce sera encore mieux. »

«  Tertio : Ce que nous avons fait est indéniablement mieux que ce qu’a fait notre voisin »

« Et enfin, ceux qui ne sont pas d’accord avec ces trois évidences sont des mauvais coucheurs, des râleurs patentés ou des opposants politiques. »

   Nous avons tous, nous membres de la tribu des élus et moi le premier, fonctionné comme cela.

  Mais, Mesdames et Messieurs, une fois n’est pas coutume, je ne vais pas respecter ce rituel.

   En effet, je me dois de vous avouer que l’année 2009 ne restera pas une grande année pour la CCTP… même si tout n’est pas négatif. J’ai le courage de le dire et en tant que président, je dois avoir le courage de l’assumer et d’en analyser les causes.

   Permettez que je vous livre cette analyse que je pense objective :

Pourquoi l’année 2009 ne restera pas, dans notre histoire, une grande année ? J’y vois 3 raisons essentielles:

1)      Première raison : notre collectivité qui vient d’avoir 13 ans, a été, depuis sa création, un laboratoire d’idées, un champ d’expérimentation et un territoire d’innovation. L’opération Ararat, le Taxi Vert, la politique enfance, le CIAS et j’en passe…

   Tout cela nous l’avons fait parce que nous pensions, tous ensemble, qu’il fallait toujours être créatif, qu’on ne pouvait pas faire autrement que d’être créatif.  En fait, nous n’avons pas beaucoup de mérite : nous avions imaginé notre collectivité comme cela, un laboratoire d’idées.

      Aussi, il n’y a pas de honte à avouer qu’avec un tel état d’esprit et avec un tel fonctionnement, au bout d’un moment, on a le droit d’être fatigué, il est possible qu’on soit essoufflé et qu’on ait besoin de respirer plus calmement. 2009 aura été pour nous tous une période de repos pour reprendre haleine.

 

2)      Seconde raison : Les incertitudes qui planent sur nos collectivités, sur notre place dans l’organigramme administratif et les incertitudes qui pèsent sur nos financements futurs.

   Vous le savez, j’ai toujours répété que dans le cadre de l’action publique, seule la chance sourit aux audacieux, seule l’action est importante et qu’une collectivité qui se veut un vrai service public  ne doit pas, ne peut pas avoir d’état d’âme.

   Et pourtant, 2009 a été pour nous une période d’interrogation ; nous nous sommes peut-être laissés gagnés par la frilosité… Comme dit un vieux proverbe chinois que je viens d’inventer : « A force d’être entouré par des gens qui ont la diarrhée, on finit par croire qu’on a mal au ventre. »

 

3)      Dernière raison à cette année de pose. Vous le savez et j’ose à peine  l’évoquer, nous avons perdu, en début d’année, un collaborateur essentiel à notre collectivité, un technicien qui était le passage obligé de beaucoup de nos dossiers et un ami des Trois-Pays. J’ai l’habitude de dire que le seul vrai pouvoir est aux mains des élus et non pas aux mains de la technostructure, mais quand vous avez un technicien qui fait corps intellectuellement et affectivement avec la collectivité, vous avez un attelage élu- technicien d’une efficacité redoutable. Or Jean-Marius nous a quitté et très naturellement, nous avons tous ensemble levé le pied.

 

   Et c’est pour toutes ces raisons que 2009 ne restera pas, dans nos souvenirs, une très grande année.

   Mais, Mesdames et messieurs, vous le savez, une année chasse l’autre et je peux affirmer qu’à partir d’aujourd’hui, la seule rumeur que nous souhaitons entendre, que nous voulons entendre et que nous imposerons, c’est « Attention, le Trois-Pays sont de retour !! »

   « Les Trois-Pays sont de retour… » Parce qu’après avoir repris son souffle, notre collectivité se sent capable, à nouveau, d’avancer.

   « Les Trois-Pays sont de retour… » Parce qu’après une année de regard sur soi, il est vital pour nous tous de montrer qu’on est toujours là et que nous avons encore quelques idées.

    « Les Trois-Pays sont de retour… » Parce qu’il est essentiel de montrer à nos concitoyens que notre notion du service public reste plus que jamais d’actualité d’autant plus que la notion de service public est gravement en danger.

   Et permettez-moi, Mesdames et Messieurs de vous expliquer sous quelle forme nous allons revenir, pour quels dossiers nous allons nous battre et en rappelant, avant tout, certaines règles du jeu. Cette année de pause et de réflexion nous a conduits à comprendre qu’il fallait remettre certaines choses au point.

   Et si vous le voulez bien, je vais, une fois de plus jouer à l’Indiana Jones. L’année passée, je vous avais livré certaines prédictions de Nostradamus et certaines sagesses de Confucius qui, tous les 2, avaient habité à Guînes.  Cette année, Mesdames et Messieurs, figurez-vous que nous avons retrouvé, par hasard, au fin fond du marais, les tables de la loi, avec les 10 commandements des Trois-Pays… Et croyez-moi, traverser le marais par période de grandes pluies est tout aussi difficile que le passage de la mer rouge.

   Alors je vais vous livrer ces 10 commandements de notre tribu et comme ils sont écrits en langue ancienne, je vais me permettre de vous les traduire.

1)      Loi 1 
« Tu ne parleras pas pour dire n’importe quoi.

Toute langue de bois a l’haleine d’un putois. »

   Vous le savez, Mesdames et Messieurs, les élus, les responsables et les politiques ont souvent tendance à attraper un même défaut : ils parlent pour ne rien dire, noient le poisson et ressemblent parfois à des coiffeurs pour chauves : ils manient les ciseaux mais ne coupent rien…

   Dans la communauté des Trois-Pays, ce défaut là, nous essayons de ne pas y succomber quitte à faire râler, quitte à créer des polémiques,  quitte à servir de cible permanente, quitte à catalyser les animosités… Mais, Mesdames et Messieurs, notre rôle, notre devoir, notre fonction, c’est avant tout de résoudre les problèmes, de dénoncer les incohérences et d’affronter certains « pisse 3 gouttes ». Et quand on est un élu digne de ce nom, il faut avoir le courage de dire certaines vérités et d’avouer certains manques. Alors pardonnez-moi si, au cours de mon intervention, je vais répéter inlassablement : « Que les choses soient bien claires ! »

2)      Loi 2 :
« Tu devras adhérer à toute discipline

Mais sans renier ta foi et sans courber l’échine. »

    Simplement, Mesdames et Messieurs. Nous sommes dans un pays, une région, un département et même dans un parc naturel. Chaque structure, chaque collectivité, chaque autorité a ses lois, ses règles et son fonctionnement.

  Ce n’est pas parce que nous sommes membres de tel ou tel ensemble que nous devons obéir sans penser, obéir sans confronter les idées, obéir sans oser émettre un avis différent.

  Adhérer à la discipline, c’est le respect des lois  et oser dire qu’on n’est pas tout à fait d’accord, c’est l’application de la démocratie. Que les choses soient bien claires !

3)      Loi 3 :
« Tu devras dénoncer certaines inepties

Imposées par des grands qui n’ont pas tout saisi. »

   Cette loi me permet de respecter une tradition au Trois-Pays : un fois par an, je dois taquiner amicalement l’état et ses prescriptions.

   Je suis comme vous tous, respectueux de la loi… Il y a la loi, l’esprit de la loi et l’application de la loi et, vous le savez, dans l’application de la loi, il y a toujours des cas d’espèce. 

   Exemple concret: L’autre jour, j’ai été invité à une réunion pour me faire signifier que je n’avais pas respecté la loi ; que la ville de Guînes était en infraction et que j’aurais dû, depuis longtemps, construire 20 places pour un accueil des gens du voyage, c'est-à-dire pour accueillir des caravanes.

  J’ai répondu que j’assumais totalement ma mauvaise volonté  mais que je ne voyais pas pourquoi j’allais dépenser 1,5 million pour faire un équipement où il n’y aura jamais personne. Les gens du voyage ne s’arrêtent jamais chez nous. Ces 1.5 million, c’est de l’argent public et notre premier ministre a demandé aux collectivités locales d’être moins dépensières… On ne va quand même pas me reprocher d’obéir au premier ministre.

   En tous cas, mesdames et Messieurs, nous serons peut-être obligés de la faire, cette fameuse aire des gens du voyage, mais sachez que j’aurai essayé de faire preuve de pédagogie, de logique et de raison. Que les choses soient bien claires !

4)      Loi 4 :
« Tu auras des audaces pour montrer tes colères

Rappelant aux voisins les gestes solidaires. »

  Cette phrase fait référence à 2 choses qui nous compliquent beaucoup la vie, à nous les élus : le corporatisme et l’intérêt privé et puisque j’ai dit que je ne parlerais pas la langue de bois, je veux bien entendu parler de certains milieux agricoles. Pas tous, heureusement !

    Défendre sa profession, sa tribu, son clan… C’est naturel et c’est légitime. Défendre ses biens, ses avoirs, son héritage… C’est naturel et c’est légitime. Mais tout cela n’empêche pas, de temps à autre, de penser intérêt public, service rendu pour le bien des autres et solidarité.

  Je l’ai dit à l’occasion du nouvel épisode d’inondation à la sortie de la vallée de la Hem, voyant l’angoisse de nos concitoyens et les catastrophes qui touchent, régulièrement, certaines communes : je ne peux tolérer que d’aucuns disent « Ya ka, Fau que » et refusent de faire. Et je ne peux tolérer que d’autres, c’est encore pire, refusent même de discuter. Si nous, élus, nous nous lançons dans ce type de dossier, ce n’est pas par masochisme intellectuel ou pour passer le temps… C’est bien parce que l’expression « l’intérêt public » a quand même une signification. Que les choses soient bien claires !

5)      Loi 5 :
« Tu devras ferrailler, avec force et passion

Pour être un philosophe au pays du pognon ».

  Ceci correspond à une grande interrogation, pour moi et pour d’autres et ceci nous pousse  à un combat que je pense juste et essentiel. Je vais tenter de vous expliquer le fondement de ce malaise.

   Depuis plusieurs décennies, notre société est basée sur une matrice purement mathématique, sur les chiffres et sur les comptes… Pour réussir dans la vie, 9 fois sur 10, il faut avoir une formation de matheux ; le référentiel des diplômes est basé sur les maths ; quand on vous parle dans les médias, ce n’est que données, chiffres et pourcentages ; dans nos collectivités, on ne parle que budget, économies et formules mathématiques… Et j’ai, personnellement, la fâcheuse impression que nous sommes tous devenus des comptables dans un monde de financiers.

   Or, Mesdames et Messieurs, ceux qui ont forgé notre histoire, nos règles et notre structure sociale, depuis 4000 ans,  ce n’était pas des comptables ; ils étaient avant tout philosophes.

   Et depuis 4000 ans, ils ont démontré en permanence que la société, ce n’était pas uniquement des logarithmes avec des équations ; la société, ce sont aussi des idées, des mots, des sentiments ; des choses immatérielles que, normalement, on ne pourrait pas mettre en chiffre…  Or dans notre société, tout est mis en chiffre… même la solidarité est transformée en chiffre : « Combien ça coûte à la nation ? Quel pourcentage cela représente ? Comment diminuer telle ou telle dépense ? »

   Le comptable dira « Je veux diminuer les dépenses » quand le philosophe s’interrogera « A quoi servent ces dépenses ? » ; Le comptable dira « je suis responsable des comptes. » quand le philosophe répondra : « Je me sens responsable des hommes. »

   Je sais que ce combat là est perdu d’avance. Je sais que les philosophes ne sont pas là de reprendre le pouvoir ou il faudrait que nos sociétés repartent à zéro. Je sais que tout ce que je viens de vous dire est inutile… mais comme disait un héros qui m’est très cher : « C’est bien plus beau lorsque c’est inutile. » mais rappelez-vous ce que je viens de vous dire et vous verrez que ce n’est pas insensé d’y réfléchir un peu. Que les choses soient bien claires !

6)      Loi 6 : 
« Tu devras t’éloigner de tous les faux semblants

Car souvent le salut arrive avec le temps. »

   Je crois que c’est une constante pour nous tous : c’est fatiguant de faire semblant, c’est usant d’avoir l’air de… Alors, quand vous ne faites plus semblant, vous passez pour un rustre, un mal agréable, un primate. Quand vous décidez de ne plus faire semblant et de ne pas parler la langue de bois, on dit que vous êtes un râleur maladif ou que vous avez pété les plombs… et bien non, Mesdames et Messieurs, j’assume. J’assume le fait de ne plus faire semblant.

   Par exemple, l’an passé j’avais annoncé, ici même, que nous entamions des discussions pour fusionner avec nos voisins de l’Ouest du Calaisis. Je pensais sincèrement pouvoir avancer rapidement.  Or, il s’avère que d’un coté comme de l’autre, certaines personnes n’étaient pas enthousiastes, certaines personnes se posaient des questions, certaines personnes se tortillaient sur leurs chaises… Alors, la vie étant trop courte pour se laisser enquiquiner par quelques grincheuses, nous n’avons même pas entamé les discussions et l’état prendra ses responsabilités en temps voulu… puisque, de toute façon,  c’est l’état qui veut la réunion des intercommunalités. Cela ne sert à rien de vouloir pousser une voiture qui a laissé son frein à main ! Voilà ! Que les choses soient bien claires !

7)      Loi 7 :
« Tu sauras innover car c’est là ton devoir

En voulant partager les trésors du terroir. »

 Loi  fondamentale pour nous…  avec 2 dossiers essentiels et symboliques :

   En ce moment, nous sommes en train d’élaborer une nouvelle contractualisation avec le Conseil Général et contrairement à ce que d’aucun imagine, l’élaboration d’un contrat avec l’assemblée départementale,

- ce n’est pas éditer un catalogue de la Redoute,

- ce n’est pas égrener une liste d’actions où le Conseil Général serait une boite à sou,

- ce n’est pas inventer des fiches qui serviraient à mettre de la mousse sur une bière un peu plate.

   Non, la contractualisation, c’est l’obligation d’innover, d’inventer et l’obligation d’être exemplaire. Je ne conçois pas la contractualisation sans amener de nouvelles idées, sans amener de nouvelles utopies, en particulier dans 2 domaines incontournables : l’aménagement du territoire et la solidarité, solidarité qui est le cœur de métier du Conseil Général. Nous devrons encore travailler car les Trois-Pays ne peuvent pas se permettre d’avoir un contrat banal… En politique, la banalité peut vite se transformer en médiocrité.

   Et second dossier, tout aussi important : la refondation de la charte du Parc Naturel. Nous devrons probablement nous prononcer sur un avant projet dans les mois à venir.

   Certains m’ont dit que j’étais un peu dur avec le Parc. Je ne suis pas le seul et de toute façon, qui aime bien châtie bien. Le Parc, par sa genèse, par son image, par son logo est porteur de symboliques fortes : l’environnement, les paysages, le bleu, le vert et l’opale… une qualité de vie et une qualité d’esprit.

   Et c’est justement parce que les symboles sont forts, que là aussi, nous n’avons pas le droit d’être médiocres. Le Parc doit être un laboratoire d’idées, un territoire d’expériences… Ce n’est pas seulement un bidule qui gère ! Créer des organismes de gestion, tout le monde sait le faire !

   Imaginer et inventer, seuls les audacieux en ont la démarche. Et un parc, ça doit être audacieux !

   Alors, dans ces 2 dossiers, contractualisation et refondation du parc, nous inculquerons et nous réclamerons de l’audace. Que les choses soient bien claires !

8)      Loi 8 : 
« Tu devras éviter la noirceur du corbeau ;

Le manque de courage ne fait pas un zorro. »

  Petite allusion à cette nouvelle pratique très désagréable qui se généralise : des blogs anonymes, des centres de dialogues, des sites internet. Désagréable parce que l’on voit, de plus en plus, sur internet des frustrés, des malheureux, des petits esprits qui se déchainent, qui médisent, qui calomnient… Et bien entendu, ils ne signent pas ! Ils n’osent surtout pas signer ! Ils n’ont pas le courage de signer et ils veulent surtout rester bien cachés…

  Et ils osent dire que c’est de la liberté d’expression ! C’est la liberté d’expression si vous signez votre papier, sinon, c’est de la liberté de vomir. Moi, quand j’ai quelque chose à dire, je le dis devant vous et je signe mes papiers. Mais on le sait bien, Mesdames et Messieurs, le courage n’est pas la qualité la plus partagée dans notre société mais nous continuerons à le dénoncer. Que les choses soient bien claires !

9)      Loi 9 : 
« Tu n’oublieras jamais de soigner ton clocher

Car au fond de ton cœur, il est toujours premier. »

   Petit clin d’œil à tous les élus de notre communauté de communes qui, comme tous les élus de France, quelle que soit leur origine, souffrent d’une maladie presque obsessionnelle : le poujadisme local, c'est-à-dire l’amour et la défense de sa commune avant tout.

   Oui, c’est vrai. On a beau faire partie d’une collectivité, on a beau être acteur d’une intercommunalité, on a beau savoir que la démarche doit et ne peut être que collective, on a toujours se réflexe de rattachement à son clocher, à son village. Alors, clin d’œil et pas fessée parce que ce défaut là n’est pas rédhibitoire et c’est totalement humain.

   De toute façon, le poujadisme, avec le temps, on en guéri… Ce n’est pas comme la lâcheté ou la bêtise. Que les choses soient bien claires !

10)   Loi 10 : 
« Tu sauras qu’être élu est toujours un honneur

Même si tu soulèves grognements et rancœur. »

  Sans doute la loi la plus importante. Vous savez, faisant le tour des communes pour des vœux, des inaugurations ou des séances de travail, j’entends les inquiétudes des élus, le stress des maires, la banalisation de la contestation permanente…

   Et je répète régulièrement : « Vous êtes des élus, élus avec un peu de droits mais élus avec beaucoup de devoirs. La contestation des gueux et des sots ne doit pas vous faire  oublier que la seule pétition recevable, c’est le bulletin de vote… Si les gens vous chahutent, vous contestent, vous critiquent, qu’ils prennent donc votre place… ou du moins qu’ils essayent. Vous élus, vous avez le devoir d’écouter les gens, mais les gens, eux, ont aussi le devoir d’écouter la démocratie. Et la démocratie, c’est le bulletin de vote. » Que les choses soient bien claires !

   Voilà, Mesdames et Messieurs, je vous ai livré nos 10 commandements.

   Parce qu’un ami nous a quitté, parce que les temps sont durs et que toutes les réformes qui nous tombent dessus nous mettent dans le doute, j’ai senti le besoin d’être moins glorieux, de parler vrai et de revenir à la philosophie.

   Pardonnez-moi si, une fois de plus, j’ai été un peu trop long mais les mathématiques, ça parle de chiffres et la philosophie, ça parle  d’éternité…

   Avant de vous délivrer, permettez-moi de donner un salut très amical à Patrick Vasseur, qui arrête ce soir et qui va prendre une retraite… Qu’il n’a pas méritée d’ailleurs.

   Merci Patrick de ce bout de chemin fait avec nous, avec tes qualités, ton sérieux et ta gentillesse. Merci d’avoir supporté de façon stoïque les périodes électriques qui pouvaient secouer la Communauté de Communes. Merci, tout simplement d’avoir été… Patrick.

  Salut à Francis Lespulier qui, lui aussi, a décidé de se reposer et qui depuis mai dernier, passe son temps à souffler dans sa trompette, pendant que sa femme lui souffle dans les bronches.

   Et bienvenue, enfin, à monsieur Christophe Dufy, notre nouveau DGS. J’espère que mon intervention ne vous a pas déjà dégouté d’être arrivé chez nous. Mais, au moins, depuis ce soir, vous avez compris que nous ne savons pas ce que veut dire «  tourner autour du pot. »

   Mesdames et Messieurs. Pour en terminer, permettez-moi de vous livrer un onzième commandement… qui était resté caché… au fond du marais. Et ce commandement est destiné, principalement aux élus… Pour cette nouvelle année.

«  Regarde avec espoir le matin qui se lève ;

    Ecoute avec douceur la journée qui s’achève ;

    Et surtout n’oublie pas que pour faire un futur,

    Tu devras inventer des milliers d’aventures. »

   Bonne année à vous tous… Et que la force soit avec vous.

                                                                                 star2

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Published by popo - dans CCTP (voeux)
30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 00:00

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« Il en est des rituels, comme il en est des gens…

Certains sont des casse-pieds et d’autres sont stimulants »

    

   En disant cela, M,M, je veux simplement signifier que le rituel des vœux, ce passage obligatoire dans une introspection annuelle, cet exercice de renouvellement  logorrhéique  est parfois ressenti comme un moment pénible … Pénible à la fois pour les auditeurs… Et pénible aussi, parfois, pour les intervenants… Mais, comme je l’ai dit, c’est un passage obligatoire car c’est le seul moment de l’année où une collectivité peut envoyer des messages en dehors d’un cercle restreint ; c’est le seul moment où l’on parle urbi et orbi.

   Et pour nous, dans les Trois-Pays, vous vous en doutez, le problème n’est jamais simple. Permettez-moi d’énoncer les quelques règles qui s’imposent à l’orateur :

-          1ère règle : nous faisons toujours nos vœux le dernier jour du mois… mais, cette année,  le 31

 tombe un samedi… Et le samedi, on ne dérange pas un élu qui se ressource… Se ressourcer, c’est le terme officiel pour signifier qu’un élu est en vacances, fait du jardinage ou est parti faire les soldes.

-          2ème règle : Il ne faut pas tomber dans le banal et le déjà dit et il ne faut pas répéter la même

chose que les années précédentes.

-          3ème règle : les bougonnements et les coups de hache sont une tradition locale… Alors, comment

fendre harmonieusement et respectueusement des crânes sans irriter le représentant de l’Etat et sans contrarier nos collectivités partenaires ?

-          4ème règle : Comment ne pas être trop long car, quand après vous, vous avez des « langus » qui

parlent, les gens finissent par s’interroger sur le sens profond de l’éternité….

   Respectant ces 4 règles, j’avais décidé de prendre, comme fil directeur, une revue de presse, revue de presse basée sur les cérémonies de vœux qui se sont déroulées sur notre territoire. Cela m’aurait amené à survoler quelques moments de l’année passée, quelques inquiétudes du moment présent  et quelques projets en gestation. Mais, une fois écrit, le discours ressemblait  plus à un inventaire,  un catalogue, voire à un listing informatique. Bref, il ressemblait à tout sauf à un discours. En plus, il ne faisait que 22 pages… Or j’ai toujours rêvé de battre Fidel Castro !!

    Je vous l’avoue, j’étais bien en peine et la solution m’a été suggérée par un élu, lors de la réception des vœux en sous-préfecture.  En effet, mon collègue est venu me provoquer (parce que j’appelle ça, c’est de la provocation), en me disant :

 « J’ai été très étonné d’apprendre que Confucius était passé à Guînes et je ne savais pas qu’il avait un humour aussi acide ! »

Je lui ai répondu, tout de go :

·        « Premièrement : Si les gens voient de l’acidité là où il n’y a que de l’autodérision ou de la taquinerie au 2ème ou 3ème degré, c’est qu’ils ont bien atteint leur niveau maximum de compétence intellectuelle et qu’ils n’ont qu’à rester chez eux à lire leur horoscope et à rêver sur leur profil de carrière.

 

·        Deuxièmement, je confirme : Confucius est passé à Guînes…Et tu ne sais pas tout ! Même Nostradamus a vécu pas loin de chez nous…D’ailleurs, on a retrouvé un grimoire (grimoire, ça veut dire livre de magie ou discours obscur) et ce grimoire contenait des prédictions parlant uniquement des Trois-Pays…. »

   Et comme toutes les prédictions de Nostradamus : avant l’événement, elles semblent totalement hermétiques et on n’en comprend le sens qu’une fois l’événement passé… Même si certains, on le sait bien,  ne comprennent rien avant et ne comprendront rien après !

      Mesdames et Messieurs, faisant partie des initiés, je vais donc feuilleter avec vous le grimoire de Nostradamus, ancien touriste des Trois-Pays, et vous donner les interprétations de quelques prédictions essentielles. Interprétations qui sont en adéquation avec les différentes cérémonies de vœux qui se sont déroulées récemment.

   Pardonnez-moi d’avance si je suis casse-pieds… Mais l’étude de la Renaissance, ce n’est pas toujours très facile.

Prédiction Première   
« De l’avenir, tu chériras ;                                 

Tête blonde, tu caresseras,

Poussière de craie, tu essuieras                           
 Tout en priant le Saint Farda. »

 

    Ce quatrain est limpide, Mesdames et Messieurs. Surtout pour les maires de petite commune qui savent qui est Saint Farda.

   Son interprétation en est simple : Qu’ils ont raison les maires et les municipalités qui investissent dans l’enfance et dans l’école !! A Caffiers, à Alembon, à Licques, les écoles grandissent ; à Hermelinghen, l’école est  ressuscitée. Et ces événements ont une portée symbolique forte… Tellement forte que l’Etat et le CG sont souvent là pour aider financièrement les communes. Et sincèrement, pourvu que cela puisse durer… Que Saint Balladur ne vienne pas terrasser Saint Farda !

   On parle tellement de la disparition des départements… On nous menace de nous obliger à n’intervenir que sur nos compétences et rien que nos compétences… Serait-ce bien raisonnable ?  Le CG est omniprésent par ses compétences obligatoires mais aussi par ses politiques volontaristes. Le besoin de réformes nous oblige-t-il à toucher à ce qui marche bien ? Rien que de poser la question, on suggère la réponse…

   Pourquoi Nostradamus a-t-il éprouvé le besoin de parler de l’école ? Simplement parce qu’il savait que l’enfance, la culture et la solidarité sont les trois axes essentiels de la politique communautaire, donc de notre contractualisation, et que s’il y a bien un endroit où on peut retrouver ces trois axes intriqués les uns dans les autres, c’est bien à l’école ; c’est bien dans nos garderies ; c’est bien dans les politiques orientées sur l’enfance, l’éducation et la jeunesse. Je tourne la page.  

Prédiction deuxième
«  De l’avenir, tu feras tien ;

Usant la toise, tous les six ans,

Le roi nouveau garant de biens

Sera porteur pour tous les gens. »

 

 Allusion à peine voilée aux élections de mars dernier qui ont reconduit certains, vu partir d’autres et amené de petits nouveaux. Et personne n’a de commentaires à faire sur ces résultats : la démocratie a parlé et la démocratie est, quand même,  le moins mauvais des systèmes.

 

   Mais ce que veut nous rappeler Nostradamus, c’est que quelles que soient vos motivations, quelles que soient vos opinions, quelles que soient vos ambitions, dés que vous êtes élus, vous êtes au service des gens, vous êtes au service de vos populations. Il veut rappeler que vous êtes au service de tous et que la notion de service public est incontournable dés qu’on a des responsabilités.

   Nous venons tous d’horizons différents et nous avons souvent des parcours différents… Mais, c’est une constante : une fois que nous sommes élus, sur un même territoire, 

-          nos objectifs sont les mêmes,

-          nos ambitions sont les mêmes,

-          notre avenir est le même,  même si nos moyens ne sont pas toujours identiques.

   D’où cette notion devenue, elle aussi, incontournable, de coopération, de mutualisation et de dynamique collective. D’où cette notion de solidarité et ce devoir d’innovation et  d’efficacité intercommunale. 

   Pourquoi Nostradamus a-t-il voulu parler de la démocratie locale ? Simplement parce qu’il tenait à rappeler que le rôle d’élu est noble et difficile, que la tâche est parfois ingrate mais que la solution ou les solutions sont et seront collectives. Une commune qui se veut libre et indépendante sera, dans le cours de l’histoire, automatiquement marginalisée. Je tourne la page.

Prédiction troisième
«  De l’avenir, tu bâtiras ;

Sous l’œil de l’administration,

Construire sera un entrelacs,
Surtout au pays du dindon. »

  

   Oui, Mesdames et Messieurs, Nostradamus nous le confirme : Il faut être masochiste pour vouloir construire à Licques ! Voyez-vous ça ! Construire une maison de pays, une déchetterie, une caserne de pompiers… Tout ça dans une cité majestueusement dominée par l’Abbatiale…

   Mais, vous serez d’accord avec moi : pour qu’il y ait des maso, il faut aussi qu’il y ait des sado !

    Et là, Mesdames et Messieurs, honnêtement, je me suis autocensuré… Dans un premier temps, je m’étais permis de raconter la conception, la naissance, la vie tumultueuse et la mort prématurée, bref  « L’incroyable destin d’un permis de construire à Licques »…Mais l’histoire était trop triste et je ne voulais pas vous faire pleurer. Et de toute façon, Nostradamus l’a bien sous-entendu : Quand on ne veut pas être confronté à certains casse-têtes administratifs, on ne se présente pas à des élections ou on s’arrange pour ne pas avoir de projet… Je tourne la page.

Prédiction quatrième
« De l’avenir, te soucieras ;

Sous un ciel noirci de moutons,
De ton courage, tu useras

Pour verdoyer les horizons. »

     

    C’est vrai, Mesdames et Messieurs. Le climat change ; la pluviométrie a augmenté, chez nous,  de 30% en 6 ans et les inondations d’août 2006 nous ont rappelés à nos devoirs. Même si je l’avoue, en voyant ce qu’il vient d’arriver dans la région sud-ouest, il faut savoir relativiser. Et j’espère que certains donneurs de leçons regardent la télévision.

 

   Ararat II, c'est-à-dire, le second programme de lutte contre les inondations, est un programme difficile et ambitieux, mais nous n’avons pas le choix ! Ararat I, c’était bien, mais nous n’avons pas osé aller assez loin. C’est pourquoi il a fallu inventer Ararat II.

   Un premier ouvrage destiné à limiter les risques sur Hames-Boucres a été réalisé grâce à la coopération avec la CC du Sud-ouest du Calaisis. Permettez-moi de remercier les élus de la CCSOC, les propriétaires et les exploitants agricoles qui ont, très loyalement, joué le jeu.

   Maintenant, il nous faut intervenir entre Campagnes-les Guînes et Andres. J’ai eu l’occasion de m’exprimer à Andres à ce sujet et je peux réaffirmer, ce soir, notre détermination à aller jusqu’au bout… car nous ne nous faisons pas d’illusions : L’intérêt commun et l’intérêt public ne sont pas forcément des valeurs partagées par tout le monde.

 « L’abnégation de l’homme se limite souvent

 A la haie d’aubépines qui limite son champ. »

   Pourquoi Nostradamus a-t-il parlé de verdoyer l’horizon ?

·        Pour nous rappeler simplement, que les plantations sont encore le meilleur moyen de lutter contre l’érosion des sols ;

·        Pour nous rappeler que le département a inventé son Agenda 21 et que les collectivités doivent s’y inscrire  et aller dans le même sens;

·        que les trames vertes et bleues doivent être des réalités et qu’un plan climat territorial doit faire partie de nos ambitions.

·        Il nous rappelle aussi que nos horizons, nos paysages et nos espaces d’infini, cultivés ou non, font partie de notre capital et qu’il est légitime de vouloir les léguer…

·        En disant cela, il rappelle que tout le monde doit faire un effort mais que ce n’est pas pour cela qu’il faut faire tout et n’importe quoi. Je tourne la page.

Prédiction cinquième
« De l’avenir, tu rêveras;

Et pour bâtir un lendemain,
En oubliant les mauvais pas,

Tu parleras à ton voisin. »

  

   Oui, M et M, C’est maintenant un secret de polichinelle : nous allons discuter avec nos voisins pour savoir si l’heure d’une grande intercommunalité « périurbano-rurale » n’est pas enfin arrivée.

-          Peut-on imaginer la fusion de structures intercommunales ?

-          N’est-il pas temps de repenser notre organisation du grand calaisis ?

   Je ne vous donne pas de réponse. Nous allons discuter et après, on verra. Ca pendra le temps qu’il faudra !

 

   Vous savez, les hommes, les décideurs en général, les politiques en particulier ont toujours le même défaut : quand quelque chose ne va pas, c’est toujours à cause des autres ! En 1996, j’étais porteur d’un projet de grande intercommunalité. Ce projet n’a pas abouti. J’assume entièrement la responsabilité de cet échec.

è L’idée était probablement  bonne, mais moi, je n’ai sans doute pas été assez bon ;

è j’ai peut-être été maladroit et j’avais certainement besoin d’apprendre.

è Cet échec faisait, indéniablement, partie de mon parcours initiatique personnel. Et c’est souvent difficile de réussir un parcours quand on n’en connaît pas le tracé.

   Comprenez que dans ce nouveau dossier, je laisse l’initiative à nos voisins et amis : il serait impardonnable de faire 2 fois la même erreur. Et certains sont peut-être plus diplomates que moi.

    Les esprits ont évolué ; le contexte a changé ; maintenant, on doit et on peut parler. Dans le respect de chacun, sans engagement de quelque sorte ; En considérant ce qui a été fait et en étant volontariste pour ce qui sera fait ; En oubliant les ambitions personnelles et en se servant d’une ambition collective.  

   Mais en sachant aussi  une chose : certaines personnes , principalement extérieures, vont tout faire pour que cette démarche échoue ; certains sont des habitués du maquignonnage politique.  J’espère que l’Etat nous aidera à rester dans la logique et dans la sérénité. Sinon, permettez-moi de lancer un avertissement : En plus de la hache, avec les années, j’ai appris à manier le bazooka ! Je tourne la page.

Prédiction sixième
«  De l’avenir, tu fonderas,

Le respect sera le mortier,

Dans la confiance, te nicheras

Pour qu’il soit facile d’avancer. »

  

  Quand Nostradamus parle de respect et de confiance, je subodore, Mesdames et Messieurs qu’il veut évoquer 2 épisodes orageux de l’année passée. Qui sont peut-être passés, certes, mais qui sont inquiétants sur un certain état d’esprit et qui sont inquiétants pour l’avenir .Deux épisodes qui m’ont fait réagir vertement… D’autant qu’étant vice-président chargé de l’environnement, je sais manier le bois vert !!!

    Mettons les choses au point, tout de suite. Dominique Dupilet, mon vénéré président, a tendance à dire que j’ai mauvais caractère… C’est faux, mais je veux bien admettre

-          que je suis intransigeant sur certains principes et sur certaines valeurs,

-          que j’ai tendance  à être toujours à l’affût de ce que font les autres, surtout si c’est une erreur…

-          que je suis totalement imperméable au chantage et aux menaces, qui auraient plutôt tendance à m’exciter

-          et que je suis génétiquement et férocement  susceptible… Surtout depuis que j’ai arrêté de fumer.

    Alors, quand nous apprenons par le journal que les élus de la CAC, en petit comité et sans concertation, comme dans une arrière-boutique de la Cosa Nostra, se sont répartis les présidences d’organismes où ils ne sont même pas majoritaires, comprenez que je parle de Yalta du Calaisis et de mépris affiché pour les partenaires ruraux.

C’est vrai que distribuer des titres, c’est fort pratique pour acheter les silences.

     Et donnez-moi acte que j’avais et j’ai toujours une légitimité pour oser dire cela : j’ai été le premier président du Pays de Calais. A ce titre, j’ai fait modifier les statuts  du syndicat pour qu’il y ait une alternance dans les présidences et qu’il n’y ait plus d’indemnités pour les élus. On ne peut pas me suspecter d’ambition ou d’intérêts personnels !

    Alors, comprenez aussi  mon taux d’adrénaline quand, il y a 3 mois, nous avons reçu une proposition pour adhérer à Calais Promotion…

-          Alors que les Trois-Pays avaient claqué la porte de Calais Développement il y a 2 ans,

-          Alors que nous n’avions rien demandé,

-          Alors que nous avons réalisé que dans certains domaines, nous devrons nous débrouiller seuls… Très honnêtement, Calais a assez de problèmes comme cela !!

-          Et nous recevons une proposition pour que les 4 intercommunalités rurales siègent sur un seul strapontin… Et encore, ce strapontin semblait atrocement vermoulu ! Si on voulait nous faire comprendre que nous comptons pour du beurre, c’est réussi !

   En 2007, j’avais dit, de façon excessive sans doute,  que Calais Développement, c’était de la fumisterie et que c’était une pompe à fric… Avec la dernière proposition, j’ai fait amande honorable en disant  qu’on était tombé dans le grand guignol ! J’assume

  Et on peut offrir toutes les vice-présidences du monde pour essayer de réparer les dégâts… Quand on a reçu Sigfrid le Danois, Confucius, Henry VIII et Nostradamus, on commence à être blasé. Et vous savez, nous comptons peut-être pour du beurre, mais le beurre, ça glisse !

   Alors quand je dis ce que je pense, on me répond

·        que j’ai mal compris,

·        que je suis « soupe au lait »

·        et que ces décisions étaient faites pour jeter les bases d’une discussion…

Jusqu’à preuve du contraire, on m’a toujours appris qu’il fallait discuter avant et pas après !!

   En plus, en gestion publique et quand on est responsable, on ne joue pas au poker… On ne met pas « pour voir » ou alors, il ne faut pas s’étonner que, comme dans les westerns, le gars en face  dégaine son pistolet  et tire !! On nous prend pour du beurre mais le beurre , parfois, devient rance ! Je tourne la page.  

Prédiction septième
«De l’avenir, tu construiras ; 

Au sein de ton département,
Dans un parc libéré du vent,

Conjuguer l’utopie à trois ! »

   

  La CCTP va, cette année, avoir plus de travail que d’habitude : nous allons discuter avec nos voisins ; nous allons discuter avec le Département pour renouveler notre contractualisation et nous voulons participer à la refondation de la charte du Parc Naturel des Caps et Marais d’Opale.  

   Ces 3 démarches sont parfaitement complémentaires :

-          la CC active au sein du calaisis ;

-          une CC innovante au sein d’un grand département ;

-          une CC qui veut défendre la véritable image et la dynamique d’un parc, en lien étroit avec la région…

 

   Pourquoi Nostradamus a-t-il parlé de construction et d’utopie ?  Simplement parce que rêver et bâtir doivent être les 2 hémisphères du cerveau d’un élu. S’il manque un hémisphère, l’élu est hémiplégique…

   Voilà, Mesdames et Messieurs, j’en ai terminé de cet exercice obligatoire, peut-être un peu long pour vous mais stimulant intellectuellement pour nous. Et ça fait du bien, à partir d’un certain âge, de décrasser ses neurones de temps en temps. Heureusement, pour vous, Nostradamus n’est resté que quelques jours dans les Trois-Pays.

  Je vous ai parlé de progrès, d’utopie et d’avenir. Et je ne vous ai pas parlé d’argent.

    Parce que chez tout responsable, chez tout décideur, chez tout politique, le rêve, l’ambition et le projet doivent précéder la finance… C’est du moins ce que je pense… Tout en reconnaissant que ce que je viens de dire là est complètement idiot et est totalement déconnecté de la réalité… Car je le vois bien, dans le fonctionnement intellectuel des élus que je connais et dans le fonctionnement quotidien des collectivités que je fréquente, ce sont les argentiers qui font trop souvent la loi…. Les mots solidarité, dynamique et utopie s’effacent toujours  derrière le mot budget. Mais laissez-moi rêver… Je reste un indécrottable utopiste !

   Juste un dernier mot sur le fond et sur la forme de ce discours.

Sur le fond : il y a des années où on peut travailler le style et enrubanner les grandes idées. Et il y a d’autres années où il faut soigner son orthographe en mettant les points sur les I et les barres sur les T. Cette année, c’était une année à orthographe.

Sur la forme enfin : L’autre jour, à Lille, je participais à un colloque important sur l’environnement. Franchement, je dois vous  avouer que je n’ai pas tout compris ce qui se disait mais j’ai entendu beaucoup de références à Socrate, à Montesquieu et d’autres grands penseurs.  Quand je suis intervenu, j’ai commencé par leur dire que moi aussi, j’avais mes références… Mais que ce n’était pas les mêmes : Moi, mes références, c’est Pierre Dac, San Antonio et Gaston Lagaffe ! J’ai été remercié par beaucoup de gens simplement parce que j’ai su montrer, ce jour là,  que les responsables peuvent faire des choses sérieuses sans toujours se prendre au sérieux.

 Alors, Mesdames et Messieurs, pour ce début d’année :

Confucius vous aurait dit :

« Que l’amour envahisse les jachères de ton cœur

   En semant tes prairies d’un million de bonheurs. »

Nostradamus vous aurait dit :

« De l’avenir, tu souriras ;

 Toute senteur embaumera,

  Toute beauté éclairera

  Et tes enfants câlineras »

Et moi je vous dis, simplement et modestement, résumant mes illustres prédécesseurs dans les Trois-Pays: « De l’amour, du bonheur, des senteurs, des lumières, de la beauté et des câlins… » Et parodiant Georges Clooney dans  une fameuse publicité, je terminerai en vous disant…. «  Je vous souhaite tout cela… What else?

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Published by Hervé POHER - dans CCTP (voeux)
31 janvier 2008 4 31 /01 /janvier /2008 00:00

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     Dans le bréviaire des candidats aux responsabilités politiques ou dans l’abécédaire des élus locaux, (vous savez, ces petits livres comme « La gestion publique expliquée aux nuls. »), il est probablement écrit que pour faire un discours,

-         Il faut d’abord opter pour un thème si possible intéressant,

-         Ensuite, il faut trouver le ton le plus adapté à l’événement

-         et finalement, il faut choisir l’humeur que l’on veut laisser transparaitre.

   En relisant toutes mes interventions, à l’occasion des vœux, et cela depuis l’an 2000, je me suis rendu compte que les thèmes sont presque obligatoirement les mêmes ; que le ton peut évidemment subir quelques modifications, mais ce qui présente des variations assez notables, c’est bien l’humeur, très différente d’une année sur l’autre. Et je dois reconnaître  que je vous ai infligé :

-         Une humeur zen pour certaines années sereines où tout allait simplement bien…

-         Une humeur « à la Salvator Dali » pour certaines années où immodestement nous avions décrété que nous étions les meilleurs…

-          Une humeur de dogues pour certaines années belliqueuses où je me plaisais à en découdre avec tout le monde et en particulier avec certains services de l’Etat…Il faut bien, de temps en temps assumer sa réputation.

Et bien figurez-vous que cette année, je serais plutôt d’humeur mélancolique…

   Et si je suis d’humeur mélancolique, c’est pour une raison très simple : nous venons de clôturer notre dixième année d’existence et le hasard du calendrier fait que nous sommes arrivés à la fin d’un cycle. Dans 5 semaines, auront lieu des élections municipales et cantonales. Beaucoup d’entre nous vont passer à la toise !

-         Et nous savons que certains d’entre nous ont décidé, pour diverses raisons, d’arrêter la vie publique …

-         Et nous savons que certains d’entre nous ne seront peut-être pas réélus (La démocratie réserve parfois des surprises…)

-         Et nous savons que les délégués, désignés par les communes, ne seront peut-être plus les mêmes…

-         Bref, nous savons que le prochain conseil communautaire sera différent, avec des têtes différentes et peut-être, même,  des options différentes…  Et c’est en pensant à tous ceux qu’on ne verra plus dans nos réunions que je me sens pencher vers la mélancolie. Quand on est trop sentimental, on s’habitue à travailler avec certaines personnes.

   Alors, à toutes ces personnes, à ceux qui arrêtent, à ceux qui continuent et ceux qui reviendront ou ne reviendront pas, je dis simplement :

« Depuis 10 ans, nous avons… vous avez bien travaillé. »

    On pourrait rappeler tout ce que nous avons fait et tout ce que nous avons osé faire… Mais cela nous prendrait beaucoup d’heures et quelquefois, il vaut mieux ne garder que l’essentiel. Et si je devais vous offrir, pour décorer la boite aux souvenirs, que les choses importantes, moi, le Président, je vous offrirais 3 gestes, 3 instants, 3 moments… Mesdames et Messieurs, ces 3 moments là, prenez-les pour vous car ils sont vôtres et ils sont un résumé de votre investissement et de votre action. Et expliquez bien aux gens qui, quelquefois, sont un peu perdus devant la bêtise débilitante de certains roitelets,   expliquez bien que ces 3 moments là, c’est aussi, c’est avant tout, c’est surtout l’intercommunalité.

·        Premier moment fort à retenir, c’est quand nous avons su tendre l’oreille. Comme beaucoup d’entre vous, je suis allé à un concert au mois de décembre. Ce concert avait lieu en l’église de Guînes et, le lendemain, dans la salle omnisport de Licques.

   Vous le savez, certains élus se posent des questions sur l’enseignement musical, sur notre école de musique, sur notre démarche culturelle, sur le coût financier d’une telle ambition… Moi, qui ne pratique pas la musique, (même si on me traite parfois de maître chanteur) mais qui suis président de la CCTP, mon devoir c’est d’écouter les remarques, d’entendre les doléances, de trouver des réponses et de faire des propositions.

 

   Eh bien, figurez-vous que la réponse au questionnement légitime de certains, je l’ai trouvé en tendant l’oreille, à l’église de Guînes, un samedi soir de décembre 2007. Il y avait là réunis tous les musiciens des Trois-Pays, avec un chœur associant plusieurs chorales et avec plusieurs chefs plus talentueux les uns que les autres. Le concert a été d’une haute tenue et à la fin de ce concert, après que des enfants aient chanté « Petit papa Noël », j’ai demandé à un musicien quel était son âge : il m’a répondu « J’ai 80 ans ! ». 

   Mesdames et Messieurs, j’avais ma réponse.

   Et ma réponse au sein du Conseil Communautaire sera désormais celle-ci :

-         La musique est la seule discipline au monde où il existe un langage universel, connu et pratiqué par certains, mais compris et apprécié par tout le monde…

-         La musique est la seule discipline au monde où l’on oublie d’où l’on vient… on n’est plus du pays de Guînes ou du pays de licques… On n’est plus des Trois-Pays ou de  l’Ouest du Calaisis… On n’est plus d’Europe ou d’Afrique … On est du pays des musiciens.

-         La musique est la seule discipline au monde où vous pouvez faire jouer une petite fille de 10 ans à coté d’un pépé de 80 ans, et en plus, à 70 ans de différence, ils ont la même passion…

   Et c’est quand même formidable quand une collectivité peut, avec de l’argent public, favoriser le développement d’une telle activité… Même si ça coûte un peu…

   Alors, certains avaient des doutes sur notre engagement dans l’éducation musicale… Moi, un soir, j’ai bien tendu l’oreille et j’ai bien regardé…  Et je me suis dit : « Nous pouvons être très fiers de ce qu’a fait Eric Buy, Françis, Ludovic, Delphin et tous les autres, les grands Beethoven et les petits Mozart… » Et très sincèrement, nous n’avons pas de doute à avoir !

·        Deuxième moment fort à retenir, c’est quand nous avons su tendre le cœur. Et quand je dis cela, je pense naturellement aux enfants.

   Et c’est vrai, Mesdames et Messieurs, qu’on s’est fait plaisir quand nous avons décidé de créer des haltes garderies ; nous n’étions pas trop sûrs de notre coup…

-         Tout le monde nous prédisait l’échec… Maintenant, tout le monde nous a copiés!

-         On nous disait que ça ne pouvait pas marcher en milieu rural ou semi-rural … Nous sommes débordés !

-         On nous annonçait une guerre sanglante avec les nounous locales, nous faisant craindre un génocide… Tout le monde travaille main dans la main !

   Et quel bonheur que de visiter ces haltes garderies, de voir tout ce personnel qui s’agite autour des bambins, dans une atmosphère de gaité, atmosphère bien souvent troublée par un bébé râleur…Quel plaisir, de voir les parents ou les grands-parents, qui connaissent bien nos maisons de pays car c’est là qu’ils  viennent récupérer leurs petits trésors…

   Oui, Mesdames et Messieurs, quand nous avons décidé, en 1998, de lancer une politique de la petite enfance, nous avons bien fait. Et merci à Eric Maille et à Valérie, avec toute son équipe de gazelles, sans oublier le ou les boucs… merci pour ce résultat remarquable. Et merci à nos partenaires. Là aussi, ça coûte de l’argent ; là aussi, ça coûte de l’argent public, mais c’est devenu tellement évident, tellement utile et tellement indispensable que la CCTP peut être très fière de ce qui a été fait.

·        Troisième moment fort à retenir, c’est quand nous avons tendu la main. 

   Et ce ne fut pas le moment le plus facile… On peut bien l’avouer. Quand un jour, nous avons osé dire :

« Il faut que la solidarité s’exerce à l’échelle du territoire !

Il faut qu’on puisse aider les gens dans leurs moments de peine et dans leur recherche d’espoir, où qu’ils soient dans les Trois-Pays. 

 Il faut que l’Epicerie sociale soit accessible à tous ceux qui sont dans le besoin, quelle que soit leur commune de résidence parce que, des gens dans la difficulté, il y en a partout.

 

En fait, il faut aider et savoir tendre la main

-         Parce que c’est le rôle des collectivités

-         Parce que c’est le devoir des élus

-         Parce que c’est l’essence même, tout simplement, de l’action publique

-         et parce que le mot Solidarité est un des mots les plus nobles de la langue française. »

   Et nous avons créé le CIAS, le premier Centre Intercommunal D’Action Sociale, au nord de Paris. Bien sûr, je vous le concède, c’est plus facile et plus valorisant de construire une maison ou de faire de l’aménagement du territoire…  Mais est-on élu pour se glorifier ou pour être utile ? La question vous donne la réponse !

    Et là aussi, je me dois de remercier Yves Lefebvre, qui avec une obstination « bulldoguienne » nous a monté ce dossier… Merci aussi à Virginie et à toute son équipe ; vous faites un travail irremplaçable, un travail de terrain, un travail de patience et un travail bien souvent obscur. Merci aussi aux nombreux partenaires du CIAS. Là aussi, soyons honnêtes, cette démarche coûte des sous… Mais qui oserait nous dire que nous avons eu tort ?

-----------------------

   Voilà, Mesdames et Messieurs, j’en ai presque terminé. J’ai décidé cette année, sans doute touché plus par la fainéantise que par une fausse mélancolie, (parce que, en réalité, je ne suis pas mélancolique), j’ai décidé de faire plus court que d’habitude. D’habitude, je fais 10 pages… Là, il n’y en a que 6 ! Mais, avant de conclure, permettez-moi simplement d’évoquer la mémoire de Monsieur Jacques Lefebvre, maire de Licques et de notre ami Bernard Dewet, que même à la CC, nous appelions Zorro. Monsieur Lefebvre et Zorro ont fait partie, tous les 2, de cette belle aventure qu’est la CCTP. Qu’ils en soient très simplement remerciés.

   Mesdames et Messieurs. En tant que président de la CC, j’aurais pu ou j’aurais dû vous parler de plein de choses…

   Bien sûr, j’aurais pu ou j’aurais dû vous parler de la lutte contre les inondations, de notre partenariat avec OPUR, des perspectives économiques, des maisons de pays, des cyberpoints, des ludothèques, du taxi vert, de nos amis de Maréna Djoumbougou, du réseau des bibliothèques et de tout ce que l’on fait pour soulager la vie de vos communes et de nos concitoyens (les ordures ménagères, l’assainissement non collectif, la prise en charge des cotisations… j’en passe et des meilleurs…).

   Bien sûr, j’aurais pu ou j’aurais dû vous parler d’un territoire de projets et d’un territoire d’expérimentation qui veut être un laboratoire d’idées, avec comme grand frère et comme partenaire un département qui sait nous écouter, nous aider, voire nous protéger. Et contrairement à ce que disent certains intellectuels, imprégnés de parisianisme et de fatuité, les départements ne sont pas là de disparaître !

   Bien sûr, j’aurais pu ou j’aurais dû évoquer l’avenir, avec des bruits, des murmures ou des rumeurs quant à la réorganisation des intercommunalités. Dans ce dossier, vous comprendrez qu’étant donné l’histoire et mes antécédents, je reste discret… On verra bien!

   Mais je n’ai pas voulu vous parler de tout cela car je voudrais que de mon intervention de ce soir, vous ne reteniez qu’un slogan…  parce que c’est le plus important :

Trois-Pays, trois symboles : Un air de musique, le rire d’un enfant et une main tendue.

   Rien que ces trois symboles là peuvent nous rendre fiers de notre passé et nous donnent des espoirs de conquêtes pour l’avenir… parce que je suis sûr que nous aurons encore de drôles d’ idées !

   Et en plus de ces 3 symboles, Mesdames et Messieurs, permettez-moi, tout simplement, de vous offrir des vœux que je qualifierais « emprunts de syntaxe ».  A tous et à toutes, pour l’année 2008, je souhaite :

-         Un bonheur sans virgule

-         Un tonus sans point de suspension

-         Une santé sans point d’exclamation

-         De l’amour sans point d’interrogation…

-         Bref, Mesdames et Messieurs, je vous souhaite un avenir sans ponctuation.

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Published by Hervé POHER - dans CCTP (voeux)
31 janvier 2007 3 31 /01 /janvier /2007 00:00

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Mesdames et Messieurs.

 

Une fois n’est pas coutume : étant donné, la projection du film et notre petite incursion dans le pays du tourisme, et ne voulant pas vous obliger à vous coucher tard, le sommeil étant devenu une priorité gouvernementale, j’ai décidé, cette année, de faire court… Du moins nettement plus court que d’habitude.

 

Comme vous avez pu le voir, nous avons voulu, pour cette cérémonie, mettre l’accent sur un anniversaire très symbolique, celui de nos 10 ans.

 

   10 ans… Qu’est-ce que 10 ans. Les forts en mathématiques souligneraient que cela fait 120 mois, 520 semaines, 3652 journées (puisqu’il y a eu 2 années bissextiles),  87648 heures et 5 millions 258 milles 880 minutes….Certains vous diront que c’est déjà beaucoup pour une vie commune, les divorces étant très à la mode… D’autres vous rétorqueront que c’est peu dans la vie d’une collectivité…  Et c’est vrai… C’est à la fois court et long. Court quand on voit tout ce qui reste à faire ; long, quand on se rappelle du chemin parcouru et de ce qui a été fait. Permettez-moi d’être un peu un grand-père qui se souvient de ses guerres, de ses espoirs et de ses rêves, et de m’adresser à ceux qui ont vécu cette petite épopée.

 

   Chers anciens combattants ; Rappelez-vous cette réunion, en 1996, dans cette même salle. Je vous proposais, alors, une rassemblement, une union, une mutualisation de nos forces et de nos compétences pour pouvoir créer ce que j’appelais une dynamique collective.

 

-         Pourquoi cette démarche ? Parce qu’il était évident que la modification du paysage administratif et politique ne laissait aucune place à l’isolationnisme et qu’on se devait d’être regroupé pour pouvoir avancer.

 

-         Pourquoi les communes rurales du canton de Guînes et une commune du canton de Desvres ? Parce que pour réussir une union, il faut, si possible, avoir les mêmes intérêts, les mêmes aspirations, les mêmes objectifs. Et l’attachement à une certaine image de la ruralité est, sans aucun doute, notre plus petit dénominateur commun, mais, probablement, le plus important.

 

   -   Pourquoi cette forme là ? Simplement parce qu’une Communauté de Communes peut et doit évoluer, s’adapter selon les désirs et changer selon les ambitions. Dans toute démarche collective, il faut s’obliger à donner du temps au temps, il faut apprendre à  regarder l’autre, à l’écouter, à le connaître. D’où des évolutions, des adaptations et une montée en charge progressive. Et les statuts d’une Communauté de Communes permettent de prendre le temps de faire connaissance

 

   C’est cette démarche là que je vous avais proposée en cette fin 1996.

 

   Chers anciens combattants ; Rappelez-vous cette réunion constitutive, à Fiennes, en 1997. Nous avons officiellement créé la communauté de Communes des Trois-Pays.  Trois-Pays, trois objectifs :

 

-         Etre un territoire de projets

-         Etre un territoire de solidarité

-         Etre un territoire d’expérimentation.

 

   Tout cela, c’était de bien belles phrases, mais, très sincèrement, nous ne savions pas exactement où nous allions. A part le tourisme, qui était déjà bien structuré, nous devions tout inventer.

 

Et pourtant…

 

  Territoire de projets, nous l’avons été. Dès 1997, nous avons adhéré à un Contrat de Développement Rural. Et cette démarche a été, pour nous, une formidable rampe de lancement, un merveilleux laboratoire d’idées. Permettez-moi de remercier l’Etat, la Région et le Conseil Général qui ont été des partenaires indéfectibles de notre collectivité.

 

   Nous venions d’être créé, il nous fallait avancer prudemment… Le Contrat de Développement Rural nous a permis de mettre le turbo… Et nous y avons été gagnants car, même si les contrats sont, maintenant, terminés, nous avons, malicieusement, subrepticement, gardé le turbo : La signalétique, l’aménagement du territoire, une zone d’activité économique, l’illumination des églises, le passage en TPU, les ordures ménagères, les documents d’urbanisme, le contrôle de l’assainissement non collectif, un tourisme structuré, un environnement préservé et j’en passe….

 

   Tout cela, il fallait le faire et nous l’avons fait ou mis en place, parce que c’était notre rôle, parce que c’était notre devoir. Mais il nous fallait aussi, monter des projets en ayant toujours à l’esprit que nous sommes un petit maillon de la chaîne du service public,

-         en amenant des manifestations culturelles en milieu rural,

-         en créant une école intercommunale de musique

-         et en étant au plus proche du citoyen. Et vous voyez que nous sommes un petit maillon, mais un maillon indispensable.

 

   Territoire de solidarité, nous l’avons été. Dés le début, nous nous sommes impliqués dans la politique de la petite enfance, en imaginant des haltes garderies et des ludothèques en milieu rural. Certains nous ont traités de casse-cou… L’histoire nous a donné raison. Merci à tous nos partenaires et en particulier à la CAF.

 

   Solidarité encore, quand, en réunion à Licques, nous avons décidé une Opération Programmée d’Amélioration de l’Habitat, qu’on pensait trop ambitieuse, mais dont les objectifs ont été largement atteints.

 

   Solidarité enfin, quand nous avons inventé l’Opération ARARAT. Devant les phénomènes itératifs d’inondation, nous ne pouvions pas rester inactifs. Et ce que nous avons fait, nous devions le faire, même si c’est incomplet.

 

   Territoire d’expérimentation, nous l’avons été. En créant le Taxi Vert, nous avons voulu être solidaires avec les plus démunis et gommer ce handicap commun à tous les pays ruraux que représente l’éloignement, sans moyen de locomotion.

 

   Expérimental, aussi, cette volonté de parsemer nos communes de tous ces cyberpoints et de nous transformer en territoire numérique.

 

   Expérimentale, cette volonté de s’impliquer dans les Programmes Régionaux de Santé. Notre petite collectivité est, dans la région Nord-Pas-de-Calais, celle qui a déposé le plus de dossiers prévention par tête d’habitant.

 

   Expérimental et courageux enfin, notre volonté de créer le premier Centre Intercommunal d’Action Sociale, premier de la région nord-Pas-de-Calais. Et pourtant, ce n’est pas un domaine très facile à appréhender. Il est bien plus facile de construire un bâtiment que d’élaborer toute une chaîne de solidarité. Nous sommes heureux d’avoir construit la Maison du Bien Etre, à Hardinghen, mais nous sommes fiers d’avoir mis en place un CIAS.

 

   Chers anciens combattants ; Rappelez-vous cette réunion, à Hardinghen, quand nous avons choisi notre logo : « Le vert, le vrai, la vie. » Et ces quelques mots, très simples, dans notre logo, résument bien notre état d’esprit et nos ambitions. Nous avons un environnement de verdure, d’eau et de grand vent… Même si cela nous pose, parfois des problèmes, nous savons que c’est un atout et que nous devons le préserver, sinon le protéger, voire le fortifier.

 

   Chers anciens combattants ; Rappelez-vous enfin, cette journée de 2004, où, tous ensemble, réunis à l’école Bertin Duquenoy, nous avons décidé de réviser nos statuts et nos compétences. Nous avions appris à travailler ensemble ; il nous a semblé naturel de revoir le contrat de mariage. En 1997, nos compétences étaient résumées en 2 chapitres et 5 articles. A la fin de notre travail de révision, en 2004, nous étions arrivés à 7 chapitres et 58 articles.

 

   Voilà le chemin parcouru. Et même si, en 1996, certaines communes étaient entrées dans ce processus à reculons, personne ne peut nier que tout le monde y a gagné. Nous pouvons être fiers du travail accompli durant ces 10 années d’existence. C’est un bon bilan et nos assises n’en sont que plus fortes.

 

   Et l’avenir ? De quoi sera-t-il fait ?

 

   Permettez que je donne quelques points forts de nos futurs projets :

 

·        Nous sommes engagés dans la construction de la troisième maison de pays, à Licques. Regroupant tout les services à l’enfance, elle sera à dominante culturelle. Chacun des 3 pays aura sa maison ; nous aurons ainsi rempli notre contrat et servi la population.

 

·        Nous devons, dés à présent, imaginer l’extension de notre zone d’activité, car il serait inconcevable que, nous, élus, soyons obligés de refuser une entreprise parce que nous n’avons plus de terrain. Dans le domaine économique, nous devons anticiper.

 

·        Nous devons élaborer un plan de reboisement ambitieux, pas parce que le développement durable est à la mode… Non, simplement parce que les espaces boisés, les forêts et la verdure sont l’image même de notre territoire et font le charme de nos paysages. N’oubliez pas : nous voulions être le poumon vert du Calaisis. Et dans ce cadre, nous ne pouvons pas faire autrement que d’élaborer notre plan de développement durable.

 

·        Nous devons, impérativement, relancer une opération ARARAT II parce que les pluies tropicales du mois d’août ont montré qu’il y avait encore des manques criants dans notre dispositif.

 

   On ne peut pas regarder, d’un air fataliste, la commune d’Andres envahie régulièrement par les eaux.

 

   Nous devrons, de même, être plus impliqués sur le pays de Licques, par devoir vis-à-vis de ses habitants et par solidarité avec tous les habitants de la vallée de la Hem. J’espère que le contrat de rivière de la Hem va, enfin, déboucher sur des actions concrètes.

 

   Et dans le cadre de la solidarité, nous ne pouvons pas ne pas intervenir sur le bassin versant de Caffiers, responsable d’une partie des inondations de Hames-Boucres. Il serait anormal, immoral et honteux que, sous prétextes de limites territoriales, nous continuions à inonder nos voisins, sans chercher des solutions. Merci d’avance à tous ceux qui, comprenant que nous sommes devant une responsabilité collective, accepteront de faire un bout de chemin avec nous.

 

·        Depuis juin de cette année, nous avons signé un contrat avec le département. Ce contrat, bien pensé, bien réfléchi est raisonnable et s’inscrit dans la droite file de nos compétences, pouvant ainsi aider ou compléter les compétences du département. Je l’ai dit, je l’ai souvent répété : pour faire bouger un territoire, il faut une dynamique collective impliquant les collectivités locales et territoriales, l’état et le citoyen. C’est pourquoi, depuis 10 ans, nous avons coopéré avec tout le monde, et c’est encore le cas aujourd’hui, dans le cadre du tourisme, avec nos voisins.

 

·        Cette année, nous devrons finaliser notre partenariat avec nos amis maliens de Maréna Djoumbougou. L’éloignement rend ce dossier compliqué ; les problèmes de communication rendent ce dossier compliqué ; les habitudes culturelles et sociales de ce pays rendent les choses compliquées… Car, comme dit un de nos partenaires : « Nous, on a des montres… Mais eux, ils ont le temps. »

 

·        Autre dossier auquel il faudra penser, même si nous avons un peu plus de temps : la fusion des intercommunalités. Cette démarche proposée, voire imposée par le préfet est une idée qui me semble judicieuse, pour ne pas dire intelligente… Vous vous doutez bien que ce n’est pas moi qui vais dire le contraire puisque c’est, à quelques points prés, le projet que j’avais proposé en 1996.

 

     Mais force est de reconnaître que nos structures ont pris leurs habitudes de vieilles filles et qu’elles étaient heureuses, chacune de leur cotés. Ma précipitation ayant été néfaste, en 1996, je pense, sincèrement, que, maintenant, il faut savoir prendre son temps et bien penser les choses. Certains diront que je me comporte un peu comme la mule du pape, qui n’oublie jamais…. Cela ne me gêne pas… On dit bien que je suis têtu comme un âne.

 

   Voilà quelques points que je voulais vous préciser :

 

   -   Un bilan dont nous pouvons être fiers, basé sur une bonne vision du territoire, un esprit coopératif tout azimut et une forte idée de la notion de service public.

 

  -    Des dossiers futurs qui seront basés sur le même triptyque. Si on ne change pas une équipe qui gagne, de même, on ne modifie pas une méthode qui réussit.

 

   Voilà, rapidement ce que je voulais vous dire. Mais sachez que ce qui fait avant tout notre force, c’est le plaisir que nous avons de nous retrouver, de discuter et de faire avancer nos projets. C’est la sérénité qui règne dans nos réunions et l’amitié qui  s’est forgée au fil de ces 10 années. Nous ne sommes pas d’accord sur tout, mais au moins, nous, nous avons l’intelligence d’écouter l’autre. Et cet atout là, ce n’est pas écrit dans nos statuts, ni dans nos compétences. C’est pragmatique, humain et affectif, mais c’est d’une efficacité redoutable.

 

   Et pour en terminer, Mesdames et Messieurs, chers anciens combattants : Pour ce début d’année 2007, je vous demande d’oublier les agitations électorales, d’oublier la CCTP, la région, le département et tout le reste… Ne pensez qu’à cette petite collectivité, bien plus importante que tout le reste, c'est-à-dire, à votre famille. Rappelez-vous, simplement les statuts bien spécifiques de la famille, statuts qui comportent 3 chapitres et 3 articles :

 

Article 1 : Nous avons décidé de vivre dans une collectivité qui prendra le nom de famille.

Article 2 : Le seul objectif de cette famille, c’est d’être heureuse.

Article 3 : Le seul moyen pour y arriver, c’est une santé de fer, un moral d’acier, et de l’amour solide comme du tungstène.

 

   Alors, mesdames et messieurs, suivez ces statuts à la lettre et gardez tout pour vous.  C’est peut-être égoïste, mais cet égoïsme là, nous vous le pardonnerons volontiers.

 

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Published by Hervé POHER - dans CCTP (voeux)
31 janvier 2006 2 31 /01 /janvier /2006 00:00

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Mesdames, Messieurs

 

    Nous sommes réunis, aujourd’hui, pour fêter nos 9 années de vie commune//. Si nous étions mariés, nous appellerions cette cérémonie: nos noces de faïence//. Mais, vous le savez, même si nous avons signé un contrat en bon et due forme, nous gardons chacun nos domaines réservés, une part importante de nos compétences et certaines de nos priorités//. C'est-à-dire, qu’au lieu de dire que nous sommes mariés, permettez que je confirme, ici, ce soir, que nous sommes pacsés depuis 9 ans.//

 

   Et comme dans tout couple, même si notre couple est fait de quinze personnalités, il est utile, de temps en temps de faire le bilan,

           -De regarder ce qui va et ce qui ne va pas

           -Et de tirer les leçons de nos moments de satisfactions et parfois de nos échecs.//

 

   Mais, vous le savez, la vie en commun permet aussi de comprendre l’autre, de se connaître, d’imaginer ensemble et de créer cette dynamique collective qui est, avant tout au service de nos populations.//

 

   Permettez, ce soir, que je fasse un survol de notre action, de nos décisions et de nos orientations.// Mais je ne veux pas faire un listing de tout ce que nous avons fait ; cela ressemblerait à une liste à la Prévert.// Je ne veux pas, non plus, m’attacher plus à un point qu’à un autre, nos décisions étant multiples et variées.// Non, vous le savez, j’ai parmi mes nombreuses manies, une fâcheuse tendance à exalter la symbolique, symbolique des orientations, symbolique des actes, symbolique du geste.// Et Dieu sait, si notre action est porteuse de symboliques.

 

   Symbolique importante quand nous avons décidé de nous impliquer dans la politique petite enfance.

 

    Nous avons décidé de faire des haltes garderies, des ludothèques et d’être les porteurs d’un relais assistantes maternelles//. Et ce n’était pas évident.// Initier de telles démarches, en milieu rural, semblait trop novateur, trop coûteux, trop inadapté au fonctionnement de nos communes//….. Et pourtant, nous avons osé ; nous sommes devenus une référence et il n’y a pas de mois sans qu’une autre intercommunalité ne vienne, chez nous, pour voir, pour comprendre, pour nous copier.// Nous avons inauguré, cette année, la maison du Bien Etre, à Hardinghen, 2ème point fort de notre ossature.// La 3ème maison sera à Licques. Je souhaite que nous puissions, le plus rapidement possible, nous attaquer à ce dossier.//

  

   Mais outre le service rendu à la population et notre implication dans un véritable aménagement du territoire, ce qui est important, c’est la symbolique de cette politique : nous avons décidé, de façon volontariste de nous occuper de l’enfance, de la petite enfance//. Je l’ai souvent dit : « L’action d’un élu n’a de sens que si elle est dirigée vers l’avenir. Et l’avenir : c’est l’enfant ». Dés le début de notre Pacs, nous avons brandi ce symbole et nous avons eu raison.

 

   Symbole important quand nous avons décidé d’adhérer au Parc Naturel des Caps et Marais d’Opale.//

 

    Je l’ai dit, confirmé, asséné lors de la cérémonie des vœux du Parc, à Guînes : Faire partie d’un parc, ce n’est pas une doctrine politique, c’est une doctrine philosophique.//

 

  - Cela veut dire que l’environnement fait partie de notre raisonnement ;

  - Que le patrimoine humain, dont nous sommes légataires et le patrimoine

      naturel, dont nous sommes dépositaires, font partie de nos réflexions ;

  - Cela veut dire que le terroir et sa richesse font partie de nos préoccupations.

 

   Et nous, dans les 3 Pays, nous ne pouvions faire autrement : dans notre logo, n’y a-t-il pas « Le Vert, le Vrai, la Vie »……//

 

    Mais qui dit philosophie, dit  rigueur, honnêteté et idéal.// Cette démarche intellectuelle est, nous le savons, un investissement pour l’avenir et la notion de développement durable n’est pas uniquement un effet de mode ; c’est aussi un état d’esprit, un nouveau comportement et une nouvelle façon d’agir.// On ne peut pas dire qu’on s’occupe de l’enfance sans s’occuper de l’environnement que l’on prépare à nos enfants.// Et c’est à nous, élus et citoyens, de réparer les dégâts, de remettre notre développement sur le chemin du raisonnable et du respect de l’environnement.// Oui, c’est à nous de le faire parce nous sommes tous responsables et nous sommes tous coupables.// Il faut aussi savoir reconnaître ses erreurs, même si ces erreurs sont explicables, voire excusables//. C’est cela, le sens de notre adhésion au Parc//. Dés le début de notre Pacs, nous avons brandi ce symbole et nous avons eu raison.

 

  Symbole important, dans un même ordre d’idée, quand nous avons délibéré, à l’unanimité, pour l’implantation d’éolienne, à Fiennes.// Et là, je le dis, avec force, avec conviction et sans modération.// Notre prise de position est un acte symbolique.// Nous voulons montrer que nos collectivités, que notre intercommunalité, que nos élus ont décidé de réfléchir à l’avenir, d’essayer d’aider à la l’utilisation d’énergie alternative et que nous voulons montrer l’exemple.// Contrairement à d’autres, ce n’est pas l’aspect financier qui nous a guidé.//

 

       Certains de mes collègues, présidents d’autres EPCI, se vantent, dans des articles de presse, de multiplier leur TP par 10 ou 20, en implantant sur leur territoire, des dizaines et des dizaines d’éoliennes//….. Si l’aspect financier est leur motivation, je dis tant mieux pour eux//….. Mais tant pis pour leurs paysages, tant pis pour la poésie de la nature, tant pis pour leurs perspectives//. Tous les spécialistes le disent : on ne peut pas intégrer une éolienne à un paysage ; on créé un nouveau paysage.// Et nous, dans les 3 Pays, nous sommes trop attachés à la beauté de nos collines, à la verdure de nos coteaux et à richesse de nos marais pour laisser faire n’importe quoi.//

 

    Nous aurons, peut-être moins de sous que les autres, mais je préfère vivre chichement mais préserver nos paysages.// 5 éoliennes en haut du mont de Fiennes, qui se verront à partir de Dunkerque, cela montrera que notre collectivité a décidé de réfléchir à l’avenir//….. Mais uniquement 5, cela prouvera que nous sommes conscients de la richesse de notre environnement et que nous savons le sauvegarder.// Dans mes différentes fonctions, j’ai toujours été un défenseur des nouvelles énergies, mais pas n’importe où, pas n’importe comment et pas à n’importe quel prix.// En soutenant ce projet, nous avons brandi un symbole et nous avons raison.

 

   Symbole important quand nous avons inventé ARARAT ou que nous avons proposé à 3 autres intercommunalités de nous réunir pour essayer de régler le problème de la vallée de la Hem.// Les inondations de l’an 2000 nous ont amené à être imaginatifs, à mettre en pratique les principes du développement durable, à être de véritables aménageurs du territoire.// Beaucoup de monde pensait que ARARAT était un sigle et ils en cherchaient la signification.// Maintenant, je peux vous dire que tout le monde, dans le département, sait ce qu’est l’opération ARARAT. //

 

   Nos haies, nos bandes enherbées, nos diguettes sont de petites réalisations qui ne payent pas de mine, mais elles sont par elles-mêmes les symboles de notre investissement.// En inventant ces projets, nous avons brandi un symbole et nous avons eu raison.

 

   Symbole important quand nous avons intégré, dans nos politiques : les Programmes Régionaux de Santé.

 

  -Parce que ce n’était pas obligatoire,

  -Parce que  faire de la prévention n’était pas dans nos compétences,

  -Parce que faire de l’éducation à la santé ne fait pas partie de  notre arsenal politique….

 

   Mais nous l’avons fait, montrant ainsi que nous avions conscience de nos handicaps, de nos faiblesses et qu’aucun problème ne devait et ne pouvait nous être étranger.// Apprendre aux enfants à mieux manger, pousser les femmes à faire du dépistage, expliquer aux personnes âgées comment ne pas tomber dans la spirale de la maladie//… Bref, faire sur le terrain, de la vraie prévention.// Nous avons osé le faire.// Nous étions les premiers ruraux à oser le faire et, vous le savez, nous servons, actuellement comme territoire de référence pour l’évaluation des politiques de prévention sanitaire.//

 

   En s’impliquant dans les Politiques Régionales de Santé, la CCTP a brandi un symbole fort et nous avons eu raison.

 

   Symbole important que ce partenariat que nous avons établi avec la commune de Maréna-Dioumbougou, au Mali.

    Parce que la coopération décentralisée n’est pas une obligation pour les

     Communauté de Communes ;

    Parce qu’il est commode de se replier sur ses propres compétences ;

    Parce qu’il est difficile d’expliquer aux gens que nous investissons à des milliers de kilomètres, alors que localement, il nous est parfois difficile de résoudre certains problèmes.//

 

   Mais le repli sur soi-même, le poujadisme local et des œillères trop rigides n’ont jamais fait la grandeur d’une collectivité, de ses élus, de ses responsables politiques et de sa population.// Et ce que nous ferons avec le Mali, ce n’est pas un geste d’assistance, ce n’est pas une aumône…… ce n’est qu’un geste d’amitié. //

 

  Construire là-bas, une maison de la femme et de l’enfant, c’est leur montrer que nous sommes à coté d’eux,

- que nous voulons les aider à fortifier leur démocratie,

- que nous croyons à ce formidable mouvement qui tend à donner à la femme un vrai statut égalitaire,

- que nous voulons les aider à lutter contre l’intégrisme qui est latent,

- que nous voulons, tout simplement, continuer à voir le sourire si merveilleux  de ces enfants. //

 

   Construire une maison de la femme et de l’enfant, dans un pays africain, musulman de surcroît, c’est un symbole fort, et nous avons raison.

 

   Symbole important que cet engagement que nous avons pris, dans le domaine de la culture.// Et l’engagement financier n’est pas mince, nous poussant, parfois, vous le savez, à des interrogations.// Mais nous l’avons fait parce que le rural a autant le droit à la culture que l’urbain.// Et dans ce domaine, la symbolique est d’autant plus forte que, cette année, les enfants d’une autre intercommunalité viennent apprendre la musique, chez nous.// La musique a permis de franchir les frontières artificielles, résultats de l’histoire locale ou d’incompréhensions maladroites.//

  

    Et lorsque je parle culture, je ne pense pas uniquement au théâtre ou à la musique ; je pense à notre patrimoine, à tout ce qui fait notre histoire, à tout ce qui fait la rareté et la fierté d’une commune.// Oui, tout cela est pour nous un axe essentiel de notre action. Permettez-moi de le réaffirmer ici. //

 

    J’ai, en effet, une forte propension à taquiner les cultureux.// Qu’ils n’y voient pas le soupçon d’une défiance.// Mais cela résulte de la combinaison de 2 de mes nombreux défauts : je suis taquin et parfois trop direct.// Et comme tous les taquins, j’ai tendance à titiller les domaines que je connais le moins bien.// Mais, cela n’enlève rien à la certitude que j’ai que cet investissement culturel est une ligne de force de notre collectivité.//

 

   Nous avions brandi la culture en milieu rural comme un symbole, nous avons eu raison.

 

   Symbole important que cette signature, au bas d’un papier, signature apposée par Monsieur le Préfet, le 30 décembre 2005.// Signature qui validait les nouvelles compétences de la CCTP.

 

   En 1997, lorsque nous avons créé la CCTP, les statuts tenaient sur une page et comprenaient 5 articles.// Ce que nous avons tous voté et ce qui a été validé par Monsieur le préfet comprend maintenant sur 5 pages, 7 chapitres et 58 articles.

 

   Et pourquoi cet acte est-il hautement symbolique ? Parce qu’après 9 années de vie commune, qu’après 9 années de Pacs…. L’ensemble des communes a dit : « La CCTP est un partenaire indispensable de notre commune.// La CCTP peut faire ce qui est de plus en plus dur de faire pour nous, petites communes.// La CCTP a des moyens, des ouvertures et des ambitions qui peuvent servir la commune. »// Bref, la dynamique collective est utile à tous et autant en profiter.//

 

   Je ne passerai pas en revue toutes les nouvelles compétences, cela serait trop long, mais laissez-moi vous confirmer combien nous devons être fiers d’avoir osé créer un CIAS, le 1er du département.

 

   Et là aussi, le symbole est fort.// Parce que vous le savez, faire du social, c’est difficile, c’est parfois très frustrant et c’est rarement très valorisant//….  Mais créer un CIAS, c’est montrer que nous sommes au coté des populations en difficulté ; c’est réaffirmer que le rôle d’un élu, c’est d’appréhender les problèmes où qu’ils soient et quels qu’ils soient ; C’est de confirmer que l’élu local sait pertinemment où sont ses devoirs et où il doit être utile.// En prenant cette compétence, nous avons fait un grand pas//…. Ce domaine là ne sera pas le plus facile à gérer, mais si tout était facile, nous n’aurions plus besoin des élus.

 

   L’ensemble de nos nouvelles compétences est chargé de symboles//. Permettez que je n’en brandisse qu’un : le symbole de la solidarité sociale et là aussi, nous avons eu raison.

 

   Et parce que nous faisons un travail en profondeur, parce que nous assumons ce qui est ingrat, parce que la petite sœur intercommunale est devenue la grande sœur intercommunale, laissez-moi réaffirmer que notre intercommunalité est bien là pour aider les communes et servir les populations.//

 

    Et c’est parce que c’est comme cela qu’elle fonctionne, et c’est parce que toutes nos innovations, nos expériences et nos avancées ont été faites dans le consensus et l’amitié, que l’intercommunalité se veut discrète.// Si certains vous disent : «  A quoi ça sert, l’intercommunalité ? » Sortez sur la place du village et montrez-leur les plantations sur les coteaux de la vallée, montrez-leur l’église où nous avons payé des travaux, montrer-leur les travaux fait sur la place du village, parlez leur des cyberpoints, demandez-leur s’ils n’empruntent jamais les chemins de randonnée, s’ils ne vont pas au théâtre, s’ils n’utilisent pas les haltes garderies, s’ils n’ont pas de poubelles et j’en passe…// Montrez-leur, tout simplement que la CCTP s’est incrustée, tranquillement, dans la vie de tous les jours.// Tranquillement et discrètement.// Car je tiens à le réaffirmer aujourd’hui, la CCTP n’est là que pour aider la population et épauler les élus.// Elle n’est pas là pour jouer les gros bras.//

 

    Alors, si dans votre commune, l’intercommunalité a œuvré, n’ayez pas de réticence à vous approprier la réalisation, car vous en êtes un peu les acteurs// mais n’oubliez jamais de rappeler que la CCTP, même si elle se veut discrète, est devenue une structure incontournable au service de tous.//

 

   Dans la vie publique, chacun manie les armes qui lui plaisent.// Moi, c’est connu, je suis un drogué aux symboles, aux grands principes et même, bien souvent, à la beauté du geste…. Même quand il est inutile, surtout quand il est inutile.

 

   Et c’est pour cela, que je voulais vous rappeler que, sorti de notre gestion quotidienne, notre action, nos décisions, nos orientations étaient hautement respectables parce qu’elles sont porteuses de symboles, donc de messages : L’enfance, l’environnement, le développement durable, la culture, la solidarité avec les autres, qu’ils soient d’ici ou d’Afrique//….. Bref, tout ce qui fait la difficulté du métier d’élu mais aussi la grandeur de gens passionnés, de gens dévoués, de gens qui aiment ce qu’ils font.//

 

    Mais sortis des symboles, certains pourraient me dire que notre vie quotidienne est plus terre à terre, plus concrète, moins idéaliste//…. C’est sans doute vrai, aussi je me dois de vous fixer les grandes orientations et les axes de travail de l’année 2006.//

 

   1er axe : Il nous faudra stabiliser notre fiscalité//. L’année 2005 a été l’année du grand chambardement fiscal, avec passage en TPU, disparition de la taxe intercommunale sur les ménages et généralisation de la redevance sur les ordures ménagères. //

  

   C’est vrai que nous n’avons pas choisi la facilité.// Mais c’était un passage obligatoire//. Notre système un peu bancal est pourtant rattrapé par la loi et il nous faudra revoir, à nouveau certaines tarifications et certains mouvements financiers entre la CCTP et votre commune.// Cette année, encore, il nous faudra être très pédagogue avec nos concitoyens, en rappelant une chose et je vous demande d’avoir l’honnêteté de le dire : L’habitant ne paie plus d’impôts à l’intercommunalité ! Que les choses soient claires//…. L’impôt ménage revient entièrement à la commune.// Alors, la CCTP veut bien assumer certaines choses mais n’est pas responsable de toutes les causes de mécontentement//… Etre le fer de lance, oui ! Etre le bouc émissaire, non !//

 

   2ème axe : La définition des nouvelles politiques//. Dans la foulée de nos priorités, il faudra que nous élaborions, en plus de ce que nous faisons déjà, un plan ambitieux de reboisement et de maîtrise foncière.// Certains appellent cela la trame verte, d’autres intègrent cette démarche dans des plans paysagers.// Peu importe le qualificatif. Cela doit devenir, pour nous, une priorité.//

 

   Depuis notre création, nous nous sommes occupé de la vie ; nous faisons tout pour préserver le vrai ; il nous faut, maintenant, nous investir dans le vert….. Notre slogan nous l’ordonne.//

 

   3ème axe : Il nous faudra mettre en place l’ensemble des services communautaires liés à nos nouvelles compétences//… Et ce n’est pas une mince affaire//. L’élaboration des PLU, la mise en place des Systèmes d’Information Géographique, le contrôle de l’assainissement non collectif, la mise en place du CIAS…. Et j’en passe, seront des dossiers qui devraient occuper les 6 premiers mois de 2006.//

 

   4ème axe : La prise de nouvelles compétences par la CCTP, la fin des contrats de développement ruraux, l’émergence des pays et le nouveau processus de contractualisation avec le conseil général  vont nécessiter une mise au point, des explications et une communication accrue entre nos collectivités.

 

    C’est pourquoi, je commencerai, dés la semaine prochaine une tournée de toutes les communes de l’intercommunalité, avec ma triple casquette de VP du CG, de président de la CC et d’ancien président du pays.// Cette tournée des popotes me permettra de vous écouter, de recueillir vos souhaits et de vous rassurer sur la répartition des tâches.// Rassurez-vous, je n’ai rien à vendre et je n’ai rien à prendre.// La seule motivation de cette démarche est de garder, au sein de notre collectivité, cette ambiance studieuse, pragmatique, consensuelle et innovante qui fait que la CCTP est reconnue comme étant un territoire d’expérience et d’originalité.// Nous, nous ne sommes pas très riches, mais on a des idées à revendre. Et quand on les revend, on le fait gratuitement.//

 

  Voilà, brièvement ce que je voulais vous rappeler.// Voilà ce qu’est la vie de notre Pacs : La force des symboles qui s’incruste dans l’action de terrain.// C’est notre façon, à nous de défendre les notions de service public, de démocratie locale et de solidarité.// Bref, tout ce pourquoi nous avons été élus.

 

   Mesdames et Messieurs que l’année 2006 soit pour la CCTP une année pleine d’énergie, d’ambition et d’impossibles étoiles à atteindre, mais surtout, qu’elle soit pour vous tous et vous toutes, une année de sourires, de plaisir et d’amour//. Pour être franc avec vous, nous avions pensé mettre la compétence «  Amour » dans les nouveaux statuts de la CCTP, mais, renseignement pris, cela n’aurait pas été accepté par monsieur le Préfet….//

 

   Comme quoi, M et M, l’administration a du mal à évoluer et que nous avons encore beaucoup de travail à faire, de messages à faire passer et de symboles à brandir.// Mais ce symbole là, celui de l’amitié, de l’affection et de l’amour, je sais que nous serons très nombreux à le défendre….Et quand je dis cela, c’est en tout bien, tout honneur//…. Même si votre président a l’esprit carabin, je vous demande de ne pas avoir l’esprit mal tourné…. Du moins, devant les journalistes…. Bonne année à vous tous.

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Published by Hervé POHER - dans CCTP (voeux)
31 janvier 2005 1 31 /01 /janvier /2005 00:00

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   Permettez, tout d’abord, que je dise un petit mot concernant la catastrophe en Asie du sud. Je serai bref car, vous le savez, j’en ai déjà longuement parlé lors de la cérémonie des vœux de la ville de Guines.

   Je veux simplement vous rappeler qu’une action a été lancée. Cette action , intitulée « SOLIDAIRES POUR REBATIR – ASIE 2005 » étalée sur un an, ne sera pas une initiative spécifique de la ville de Guines, même si la commune a décidé de participer de façon importante, mais nous voulons que ce soit une dynamique collective associant

-         les particuliers qui le veulent

-         les associations qui le veulent

-         les collectivités qui le veulent

avec un objectif bien ciblé : l’aide aux enfants orphelins.

 

   Notre but est simple,sans ambitions démesurées,sans médiatisation inconvenante :

-         montrer que le mot solidarité n’est pas un mot vide de sens

-         montrer que nous savons pertinemment  que notre implication et notre dévouement à la chose publique n’ont qu’une valeur très relative face à des catastrophes qui peuvent toucher des millions de personnes.

 

   Tout le monde est bienvenu, dans cette démarche qui veut aussi montrer que nous, on ne s’empresse pas d’oublier.

 

   Je tenais à vous apporter cette précision car suite à mon intervention du 13 Janvier, nombreux ont été ceux qui m’ont contacté pour savoir s’ils pouvaient s’associer à cette initiative. Bien entendu ! Toutes les bonnes volontés seront appréciées. Nous voulons tout simplement tendre la main à des gens qui ont besoin d’un geste d’amitié, d’humanisme et de solidarité.

 

   Puissent ces 3 mots, après la catastrophe du 26 Décembre, s’incruster au plus profond de nous. 
                               

   Mais puisque la vie continue, parlons un peu de la CCTP.

 

   Nous entamons, aujourd’hui notre 9ème année d’existence et vous vous doutez bien que le Président que je suis, a de plus en plus de mal à imaginer une intervention qui ne soit pas une redite, à exposer des objectifs qui sont connus de tous et à vous expliquer des procédures devenues classiques pour beaucoup d’entre vous.

   Aussi, ayant sans doute gardé des réflexes de médecin, je me suis dit : » Je vais ausculter la CCTP ; je vais essayer d’en faire un bilan et je vais tenter d’en déduire les caractéristiques principales. Bref, je vais faire un diagnostic, diagnostic sur notre fonctionnement interne, diagnostic sur nos motivations et sur nos décisions. »

 

Sur le fonctionnement interne, permettez que je formule ce qui est pour moi une évidence : J’ai beaucoup de chance.

   J’ai la chance de présider une collectivité où tout se passe dans la transparence

, la concertation, la coopération et la convivialité.

 

   Notre passage en TPU était un sujet difficile ; la prise de compétence «  Ordures ménagères » était un sujet, on ne peut plus périlleux…….et pourtant après maintes réunions, maintes discussions, après parfois quelques éclats de voix tout à fait légitimes, les décisions ont été adoptées.

 

   Dans certaines intercommunalités, on a pris l’habitude de faire le décompte des délibérations, du % de présence, du % de votes positifs.

   A mes collègues, Présidents de structures intercommunales, je ne ferai pas l’affront d’entrer dans la même démarche car je me dois d’avouer que chez nous, le taux de présence frise les 100% et que le vote à l’unanimité est devenu, pour nous, une mauvaise habitude.

 

   Monsieur le Président du Conseil Général, mon ami Dominique DUPILET aurait tendance à dire, pour me taquiner que c’est parce que je suis un dictateur !

Eh bien non !! C’est simplement le résultat d’une gestion collective, basée sur 3 principes :

 

-         1er principe : « On ne passe jamais une délibération en force »

Si une décision communautaire ne peut pas recueillir, au minimum 90% des votes, c’est que le dossier doit être revu et qu’il peut être amélioré.

Créer des rancoeurs, implanter des aigreurs ou des sentiments d’injustice finit toujours par nuire à la dynamique collective.

  

-         2ème principe : « Autonomie complète et confiance absolue dans le travail des Vice-Présidents, des présidents de commissions et des membres du bureau. Quand on veut que des gens se dévouent pour le bien public, il faut qu’ils se sentent investis d’un devoir et d’un pouvoir. La confiance est, je le pense sincèrement , un des moteurs essentiels de nos structures.

 

-         3ème principe : Dés le départ, nos objectifs étaient clairs :

 

·        Nous avons défini notre image «  Le Vert, Le Vrai, La Vie » que je résume, bien souvent en disant : » Ruraux et fiers de l’être »

·        Nous avons défini nos ambitions, à notre taille et selon nos moyens, en étant réalistes et pragmatiques.

·        Nous avons défini notre philosophie d’action, en dehors de toute contingence politique et visant un seul objectif : LE SERVICE PUBLIC .

 

   Comment voulez vous, qu’en appliquant ces principes de gestion, nous n’ayons pas, presque à chaque fois, une unanimité au sein de notre assemblée. Et quand, par hasard il y a 1 ou 2 votes négatifs ou même une seule abstention, la, plupart des délégués disent : « Qu’est ce qu’il lui a pris ? »

   Et ce n’est pas une unanimité forcée ou de façade ; c’est une unanimité voulue résultat du principe de concertation.

 

   Mais cette façon de gérer a, je l’avoue, 2 inconvénients :

 

1.      1er inconvénient : L’évolution de notre structure et de ses compétences est parfois plus lente. Nous, on envisage, on discute, on négocie. Le bureau m’a souvent entendu dire : » On ne viole pas les gens ! ». Mais je suis persuadé que cette façon de faire correspond mieux au tempérament rural de beaucoup d’entre nous et j’ai la faiblesse de croire que, quand on a un minimum d’intelligence et de bonne volonté, et si on accepte de se mettre autour d’une table, on finit toujours par trouver des solutions consensuelles.

 

2.      2ème inconvénient : Nous faisons très rarement la une des journaux, parce que, dans nos réunions officielles, il n’y a pas de vociférations théâtrales, pas de claquements de portes, pas de déclarations intempestives. Mais, je l’avoue, c’est aussi bien comme cela. Comme dit le proverbe : « Vivons heureux, vivons cachés ».

   Voilà pour ce qui est du fonctionnement.

 

 

   Quant à nos ambitions et à nos décisions, en faisant le bilan de 8 années de travail, j’ai découvert un fil conducteur qui n’est pas affiché clairement, mais qui est omniprésent. Et ce fil conducteur qui nous a toujours guidés, au grés du temps et au grés des décisions, est relativement simple :

         « Nous avons toujours voulu que notre collectivité soit, consciemment ou inconsciemment, une terre d’originalité, un creuset d’expériences. Bref, qu’elle soit originale et novatrice. "

   Et si vous en doutez, laissez moi vous fournir quelques exemples :

 

*ORIGINALE ET NOVATRICE, cette idée de mettre en place une politique de la petite enfance, en milieu rural.

   Rappelez vous, en 99 et en 2000 ; beaucoup de gens étaient septiques et affirmaient de façon péremptoire ; » Ca ne peut pas marcher ! »

   Avec l’aide de tous nos partenaires ( Etat, Région, Conseil Général, CAF), nous venons d’ouvrir la seconde halte garderie, à Hardinghen et nos 2 structures marchent très bien.

   Et je ne compte plus le nombre d’élus d’autres intercommunalités, venus chez nous, pour voir nos bâtiments et comprendre notre fonctionnement, afin de pouvoir créer, chez eux, les mêmes centres pour la petite enfance.

 

*ORIGINALE ET NOVATRICE, cette idée, avant 2000,  d’installer des cybercentres en milieu rural. Nous sommes,  probablement les 1er  à l’avoir fait.

Maintenant, c’est presque dans tous les programmes des communautés de communes. Mais quand nous avons osé le faire, soyons honnêtes, nous avions quelques doutes.

 

*ORIGINALE ET NOVATRICE, cette Opération Programmée pour l’Amélioration de L’Habitat, que nous venons de terminer.

   Une OPAH, il n’y a rien de plus classique, de plus formatée, de plus réglementée. Mais quand nous, CCTP, décidons

·        De mettre la main au portefeuille afin d’attribuer des aides supplémentaires et d’entraîner l’ANAH dans une majoration des subventions.

·        Quand on décide d’y ajouter une opération » LES 3 PAYS EN COULEUR », opération récompensée au niveau national par l’Association des Maires de France

·        Quand nous décidons d’y inclure une opération Vieilles Enseignes, destinées aux artisans et aux commerçants.

·        Quand nous servons de territoire expérimental pour subventionner tous les travaux d’économie d’énergie.

·        Et quand, enfin, nous lançons l’OPAH  en éditant un guide de l’habitat, conçu en partenariat avec le Parc.

   Alors cette OPAH, qui aurait pu être une OPAH classique, devient, comme l’ont qualifiée les services de l’Etat une OPAH complexe. Et beaucoup de nos initiatives, inventées pour cette OPAH, sont reprises, actuellement dans d’autres territoires.

 

*ORIGINALE ET NOVATRICE, cette idée du TAXI VERT. Tout le monde le sait : Un des gros handicaps de la ruralité, c’est le problème de la circulation des biens et des personnes. Offrir pour 2 Euros, le transport à toute personne de notre territoire, quelles que soient la distance et la destination, sachant que la collectivité paye le différentiel, c’est quand même un geste fort. Bien sur, cela nous coûte de l’argent, mais l’argent public doit servir au service public.

 

*ORIGINALE ET VOLONTARISTE, quand nous avons imaginé cette fameuse opération ARARAT, déclarée exemplaire par tous nos partenaires. Il nous fallait lutter contre l’érosion des sols et les inondations, en revenant au B. A .BA de l’aménagement rural : des haies, des bandes enherbées, des fossés entretenus, des mares de rétention. Soyons francs ! Nous n’avons rien inventé ; nous n’avons, avec l’aide du Parc fait qu’appliquer des traitements de base connus de tous. Encore fallait-il le faire.

 

*ORIGINALE ET NOVATRICE, cette journée du bien être que nous avons, avec l’aide du CG, mis en place, dans le cadre des Programmes Régionaux de Santé. Journée d’information, de communication, d’échanges et le résultat est là : Dans la région N/PDC, le canton de Guines est celui qui a déposé le plus de dossiers par tête d’habitants.

   Certains esprits tortueux pourraient fantasmer et dire : »C’est normal car le Président de la CCTP est en même temps vice-président du CG, chargé de la santé ». Eh bien, très sincèrement, je n’y suis pour rien !!. Si nous pouvons être fiers d’une telle mobilisation, c’est simplement le fruit d’une manifestation bien pensée et du travail effectué par la CC, le monde associatif et le personnel de l’unité territoriale du CG.

   Et ce résultat a tellement impressionné les autorités départementales que la DASS a décidé d’inclure le canton de Guines dans les 3 cantons test pour l’évaluation de la campagne de dépistage du cancer du sein.

 

*ORIGINALE ET NOVATRICE, cette idée de faire signer une charte tripartite, de coopération entre des flamands, des français et des maliens. C’est une première dans son genre.

   Et à titre personnel, je suis très fier d’avoir réuni, dans une même manifestation, 3 peuples différents, 3 cultures différentes et des races différentes. Ce genre d’initiative est la meilleure réponse que l’on puisse faire aux mauvaises odeurs de certains discours racistes ou xénophobes.

 

*ORIGINALE ET NOVATRICE était, dés 1997, cette initiative que nous avons prise, en voulant collaborer, dans le cadre du tourisme, avec notre grand voisin calaisien. Et si aujourd’hui, il existe un Office de Tourisme de Pôle, nous y sommes un peu pour quelque chose.

   Et c’est parce que nous avons montré, depuis des années une volonté d’ouverture et de dialogue avec nos voisins, tous nos voisins, que, tout naturellement l’Etat nous a demandé d’être les porteurs du projet de pays du calaisis.

 

*ORIGINALE ET NOVATRICE, cette démarche que nous avons, avec le CG pour imaginer le développement de la culture en milieu rural. Il nous faut imaginer, coordonner, travailler pour finalement contractualiser avec    l’institution départementale. C’est notre intérêt et c’est l’intérêt du Département sachant que le mot d’ordre accepté par tous est : » Les ruraux ont autant le droit à la culture que les autres »

 

*ORIGINALE ET NOVATRICE, enfin, cette dernière décision que nous venons de prendre : La création d’un CIAS.

Parce que les problèmes sociaux sont de plus en plus évidents

Parce qu’on a pas le droit de laisser quelqu’un au bord de la route

Parce que la solidarité doit être inscrite génétiquement dans toute action politique

Nous ne pouvions pas faire autrement que de faire le pas en disant : »Vos problèmes, vos exclus, votre misère sont aussi les nôtres »

 

   Voilà quelques exemples de ce fil conducteur que nous avons suivi, depuis quelques années. Certains nous regardaient avec curiosité, quelquefois avec malice ; d’autres qualifiaient cela « d’expériences hasardeuses » ; D’autres encore nous prédisaient de cuisantes déceptions.

   L’histoire a montré que ces originalités nous ont fait avancer, avec ce paradoxe qui fait que nous étions peut être en retard sur l’évolution de nos statuts mais que nous étions toujours en avance dans l’innovation et la réalisation de nouveaux programmes.

   Nous avons voulu être une terre d’expériences. Après 8ans, je crois pouvoir affirmer que nous avons réussi.

 

Mais je me dois, M, M, d’être honnête avec vous : Nous ne sommes pas des magiciens ni des sorciers et si tout cela a été possible, c’est bien parce que, dans cette dynamique incontournable, nous étions associés à tous nos partenaires

 

·        Tout d’abord l’Etat qui a toujours joué le jeu par ses conseils et ses aides financières. Et si par le passé, il m’est arrivé de taquiner quelques sous-préfets ou de montrer mon mauvais caractère, ce n’est jamais contre l’Etat mais bien contre le carcan des procédures et le labyrinthe de l’administration.

·        La Région, ensuite, qui par l’intermédiaire du Contrat de Développement Rural nous a beaucoup aidés.

·        Le Conseil Général, enfin, présent dans presque tout nos dossiers, parce qu’il se veut proche des territoires, proche des communes, proche de la ruralité.

·        Permettez moi d’associer à ces remerciements, le Parc, la CAF, l’Union Nationale des Centres d’Action Sociale. Que ceux que j’oublie me pardonnent, mais nous avons tellement inventé

tellement monté de dossiers, qu’avec mon grand age, j’ai du mal a me rappeler tous les partenaires.

 

   ORIGINAUX ET NOVATEURS, je reprends ces termes et je les assume. Car voyez vous, M, M, si nous n’étions pas un peu utopistes, si nous ne mettions pas un peu de sel dans notre action, si nous n’étions pas, parfois, un peu farfelus, bref si nous nous limitions à la gestion stricto sensu de notre collectivité, la vie serait bien triste et notre travail d’élu serait bien morne…pour ne pas dire autre chose.

 

   Alors pour 2005, Md et Mr les élus et les techniciens de la CCTP, je vous souhaite d’être des bâtisseurs, des créateurs, des inventeurs, motivés par la solidarité, le progrès et bercés par l’utopie  

Et à vous tous, je ne peux que souhaiter :

·        Une santé de fer

·        Un moral d’acier

·        Un bonheur en béton

·        Et de l’amour à profusion

Et accessoirement  6 bons numéros au loto.

   Si vous avez tout ce que je vous ai souhaité, je suis sur de vous revoir l’année prochaine…..sauf si après avoir gagné au loto, vous partez dans les îles.

   Mais à l’extrême, c’est tout le malheur que je vous souhaite.

 

 

                              

 

 

 

 

 

 

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Published by Hervé POHER - dans CCTP (voeux)
31 janvier 2004 6 31 /01 /janvier /2004 00:00

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Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

 

Il y a 7 ans, presque jour pour jour, dans cette même salle, nous étions réunis pour la création de la Communauté de Communes des Trois-Pays.

 

            Pour nous tous, c'était une nouvelle démarche, voire une nouvelle aventure : apprendre à se connaître, à travailler ensemble, à imaginer ensemble.

 

*       Que de chemin parcouru dans la définition d'une dynamique collective !

 

*       Que de progrès effectués dans la notion de travail en commun.

 

*       Que d'amitiés nouées entre des gens qui étaient voisins mais qui, bien souvent ne se connaissaient même pas.

 

7 ans, c'est à la fois peu et c'est beaucoup.

 

Þ    c'est peu dans la vie d'une collectivité

 

Þ    mais c'est beaucoup quand on se rappelle l'ensemble des décisions que nous avons prises, l'audace de certaines de nos orientations et l'aspect novateur de quelques dossiers.

 

Je pourrais, aujourd'hui, simplement faire le bilan de nos politiques, la liste de nos réalisations et vous éclairer sur les projets en gestation.

 

Mais vous vous en doutez, cette énumération ressemblerait à une litanie ou à un exercice d'autosatisfaction collective.

 

Aussi, permettez-moi d'axer mon discours plus sur la motivation que sur le résultat, plus sur la philosophie que sur les décisions.

   

Depuis quelques années, on ne parle que de mondialisation, de libéralisation voire de libéralisme, de responsabilisation individuelle. Qu'on soit pour ou contre ces orientations, nous devons nous y adapter.

 

Et certains, inscrits pleinement dans cette démarche, voulant dénoncer certains freins à cette évolution, voire une certaine inertie, critiquent violemment le "service public".

 

Je pense, sincèrement, qu'ils font une double erreur :

 

Þ    erreur de terminologie, d'abord, parce qu'en critiquant et en voulant réformer la fonction publique, ils attaquent la notion de service public.

 

Þ    erreur, ensuite, d'appréciation car quelque soit notre niveau électif, nous, les élus, nous faisons quotidiennement du service public. Nous sommes tous des Monsieur Jourdain : "nous le faisons, bien souvent, sans nous en rendre compte".

 

En effet, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, c'est quoi un service public ? C'est une politique, c'est des décisions, c'est des réalisations qui n'ont pour seule motivation que de rendre service au public, sans notion de bénéfice, sans notion de rentabilité.

 

Et c'est normal ! Car si on se base uniquement sur la gestion comptable d'un service à la population, on ne fait plus rien ou on casse tout ce qui existe.

 

C'est vrai que c'est formidable quand un service est financièrement équilibré, voire excédentaire. Mais ce n'est pas la finalité de notre action, ce n'est pas le but de notre dynamique.

 

Et ça, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, nous le faisons tous les jours.

 

 

Laissez-moi prendre quelques exemples tirés de la vie de notre Communauté de Communes.

 

1.      Quand nous faisons une Maison de l'Enfant à Guînes, quand nous bâtissons une maison du bien-être à Hardinghen, avec sa halte-garderie, son RAM, avec sa ludothèque et avec son cyberpoint, nous savons pertinemment que ce service sera déficitaire parce que c'est beaucoup d'emplois, parce que c'est beaucoup de frais de fonctionnement et parce que c'est peu de rentrées financières.

Ces investissements nous les faisons, non pas pour qu'ils nous rapportent, mais parce que nous savons que c'est un service au public.

Et nous les avons voté à l'unanimité, sachant, dès le départ, que nous devrions équilibrer le budget avec des subventions, certes, mais aussi avec les impôts que nous réclamons à nos habitants.

Personne ne peut dire, aujourd'hui, que ce n'est pas utile… et c'est un service public.

 

2.      Quand nous avons mis en place, ce service original de transport à la demande, le taxi vert, qui permet à chaque habitant des Trois-Pays, en appelant un numéro unique, de circuler sur tout notre territoire pour la somme modique de 2.00€, nous savions pertinemment que cela nous coûterait de l'argent, puisque la Communauté de Communes des Trois-Pays paye le différentiel de la course. Et nous l'avons fait, parce que nous, élus de terrain, connaissons parfaitement les handicaps de notre territoire.

Personne ne peut dire aujourd'hui que ce n'est pas une idée intéressante…et c'est un service public.

 

3.      Personne ne nous obligeait à être si volontariste dans la mise en place de l'Opération Programmée d'Amélioration de l'Habitat ! Personne ne nous a obligé à majorer les primes de l'ANAH ! Personne ne nous a obligé à inventer l'opération "Les 3 Pays en couleur !"

Tout cela nous coûte cher, mais nous savions que c'était le moyen d'aider nos concitoyens et d'améliorer notre environnement.

Personne ne peut dire que ce n'était pas un pari ambitieux et tout le monde sait que ce sera une réussite exemplaire… et c'est un service public.

 

4.      Quand nous nous lançons dans l'opération "ARARAT", en plantant des haies, en installant de bandes enherbées, en recréant des mares, tout cela pour limiter le ruissellement des eaux et l'érosion des sols, nous savons tous que cette démarche coûtera cher en fonctionnement parce qu'il faudra entretenir les plantations, parce qu'il faudra louer des terres aux agriculteurs.

Que faisons-nous si ce n'est pas rendre service à notre population ? Ce n'est pas un service au public ?

 

5.      Et quand, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, nous décidons à l'unanimité de prendre la compétence culture… tout le monde sait que la culture, c'est déficitaire.

Mais parce que nous sommes des ruraux, nous n'aurions pas le droit d'apprendre la musique, d'accéder à l'art ou d'assister à des spectacles ? L'accès à la culture est un droit et nous l'avons affirmé, tout en sachant que cela coûterait cher… et en créant l'Ecole de Musique Intercommunale, nous avons mis en place un service public.

   

            Je pourrais continuer, ainsi longuement, de parler de réalisations passées et de projets à venir, comme le Centre Intercommunal d'Action Sociales, idée originale qui n'existe pas encore dans notre région.

 

            Ce que je veux vous rappeler, mes chers amis, c'est que nous élus, quelques soient nos opinions, quelques soient nos objectifs, quelques soient nos pôles d'intérêt, nous sommes tous comme Monsieur Jourdain "nous faisons quotidiennement du service public".

   

            Aussi, quand j'entends un élu vilipender, à mauvais escient, le service public, je lui réponds : "ne critiquez pas ce que vous faites vous-même et de façon journalière".

 

            Et quand un habitant proteste, parce qu'il paye des impôts, je lui demande : "dans votre entourage, personne n'utilise le taxi vert ? Personne ne suit des cours de musique ? Personne n'est inondé régulièrement ?". C'est à cela que servent vos impôts.

 

            Cette notion, trop souvent décriée, de service public est pourtant un moteur essentiel de l'action publique : parce qu'il est basé sur cette notion primordiale qu'on appelle solidarité collective et qu'il n'est pas parasité par l'idée de rentabilité ou de bénéfice.

 

            Loin de moi l'intention de critiquer les gens qui gagnent de l'argent ! Loin de moi, l'idée de jeter aux lions, les sociétés qui font du bénéfice. Non ! Je veux simplement rappeler que l'économie de marché, c'est fait par des sociétés et des hommes d'affaires, alors que le service public, c'est décidé par des collectivités et des élus. C'est deux métiers différents !

 

 

            Je tenais à remettre en avant cette notion essentielle :

 

       parce que les habitants ont trop souvent tendance à oublier ce que la collectivité fait pour eux

 

       et parce que nous, nous sommes élus, volontaristes et responsables, et que si nous voulons conforter une telle démarche, il faut, aussi, avoir le courage de s'en donner les moyens. J'espère que nos amis de la Communauté de Communes des Trois-Pays entendent le message.

 

 

            Je pourrais en terminer là, en vous parlant de nos futures réalisations, de nos projets, du Pays du Calaisis… Mais permettez que je termine par un sujet, qui me tient fort à cœur… depuis peu, je dois vous l'avouer.

 

            Il y a dans la vie d'une collectivité ou dans la vie d'un être humain des moments forts ou des événements qui modifient totalement votre façon de penser, votre façon d'appréhender les situations, bref votre façon d'être.

           

            Après ce moment fort, vous n'êtes plus pareil qu'avant.

           

            C'est ce qui s'est passé pour quelques uns d'entre nous, techniciens et élus de la Communauté de Communes des Trois-Pays.

 

 

            Après quatre ans de coopération, après deux ans de promesse et de préparation, une délégation de notre collectivité s'est rendue au Mali, dans la commune de Maréna-Diombougou.

 

            Nous sommes partis, là-bas, la tête pleine de curiosité ; nous sommes revenus le cœur plein de tendresse. Nous y avons vu le dénuement et la pauvreté. Mais nous y avons trouvé la gentillesse et le sourire.

 

"Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, nous ne pouvons pas ne pas les aider!". Et si je dis cela, mes chers amis, ce n'est pas pour nous donner bonne conscience… c'est simplement parce que nous avons été émerveillés par la joie de ce directeur de l'école tout heureux de nous montrer les feuilles de marronniers envoyés par l'école de Campagne-les-Guînes.

 

Þ    Nous avons été émus de voir l'affection et la communion qui unissaient Eric SCHOLLAERT et le Directeur de l'Ecole de Sabouciré. Ils correspondaient depuis 4 ans… ils ne s'étaient jamais vus… et ils ont un idéal commun : l'enfant.

 

Þ    Nous avons été ébranlés par ce geste simple que font tous les habitants : ils vous tendent la main. Et quand ils vous tendent la main, ce n'est pas pour quémander ; c'est pour vous toucher, vous saluer ou vous offrir un cadeau et ils vous offrent la chemise qu'ils n'ont pas.

 

Tout ce qu'ils demandent en retour, c'est un peu d'attention, un peu de considération et beaucoup d'amitié.

 

Mais permettez-moi que j'ajoute à cette image imprégnée d'émotions, une connotation politique.

 

Le Mali est une démocratie laïque. Et nous avons vu, dans ce pays musulman à 95 %, ces hommes, dont notre ami le député Moussa Cissé, défendre la démocratie, la laïcité et l'enseignement du français ; nous avons vu des jeunes filles défendre publiquement et sous les ovations de la foule, l'égalité de l'homme et de la femme… dans un pays peuplé de musulmans.

 

La nature a horreur du vide… La politique aussi. Si nous, occidentaux, n'aidons pas les maliens à fortifier cette démocratie laïque, d'autres viendront à notre place sereinement, insidieusement.… et ces barbus-là n'ont pas les mêmes valeurs que nous, et je ne suis pas sûr que leurs valeurs soient les bonnes.

 

Alors, aidons-les à notre petit niveau ; ajoutons une petite pierre dans la construction de ce pays, qui est, je vous le rappelle l'un des plus pauvres au monde. Pour défendre ces valeurs qui nous sont si chères, nous devons, nous, là-bas être des militants.

 

C'est le message que m'a chargé de vous transmettre Moussa Cissé, député de la province de Kayes.

 

La Communauté de Communes des Trois-Pays et la Commune de Maréna sont désormais amies. Donnons-leur notre expérience, nos idées, notre mobilisation.

 

Eux nous le rendront en gentillesse, en sourire et en amitié.

 

C'est peut-être du troc, mais dans ce troc, nous, nous serons les grands gagnants.

  

 

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

 

Certains d'entre vous sont, peut-être, déçus de mon discours… parce qu'ils attendaient quelque chose de plus musclé !! C'est vrai, qu'aujourd'hui mes propos étaient imprégnés de convictions, de militantisme et d'humanisme. Mais je ne peux pas manier la hache et le bâton à chaque fois que je prends la parole. Et je tenais, absolument, à vous parler des deux choses qui me tiennent à cœur : la notion de service public et l'aide à nos amis maliens.

 

Mais il y aussi une autre chose qui est essentielle ; c'est simplement que l'année 2004 soit pour vous tous :

 

                     une année de bonheur

                     une année de joie

                     une année de sérénité

                     et pourquoi pas, une année pleine d'amour.

 

Car même dans une société ultra-libérale, même dans une mondialisation à l'extrême, l'amour sera toujours une valeur sûre. Ce ne sera jamais côté en bourse, et pourtant, vous le savez tous, c'est ce qui rapporte le plus de dividendes !!!

 

Bonne année à tous.

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Published by Hervé POHER - dans CCTP (voeux)
31 janvier 2003 5 31 /01 /janvier /2003 23:16

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Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, 

 

            Depuis 1997, date de création de notre Intercommunalité, j’ai pris l’habitude de comparer notre collectivité à un enfant qui grandit, qui s’épanouit, qui traverse tous les stades de la jeunesse avec ses certitudes, avec ses interrogations et avec un vécu qui lui forge, petit à petit une personnalité.

 

            Mais aujourd’hui, afin de vous étonner, je ne jouerai pas les « papa poules » ; je vais me transformer en ancien combattant… Et en tant qu’ancien combattant, je me dois d’évoquer l’année 1996.

 

            Cette année là, le Conseiller Général que je suis, labourait le terrain, rencontrait les élus et avec l’aide de quelques techniciens et élus, essayait de préparer les esprits à une mini-révolution : la création d’une Intercommunalité. Fallait-il créer cette Intercommunalité ? moi et certains autres en étions persuadés… Mais vous le savez, ce n’était pas l’avis de tout le monde !!

 

            Et quotidiennement, j’entendais les mêmes réflexions :

 

-          « Encore une structure supplémentaire ! on en a déjà assez »

-          D’autres, encore, râlaient en disant « c’est des impôts en plus ; cela devient intolérable ! »

-          Et dans les yeux de certains, je pouvais lire « il est Maire de Guînes, c’est la grosse ville qui va tout rafler ! ».

 

 

            Et ce type de réflexions était naturel, compréhensible voire légitime.

 

            Aussi, lorsque le Préfet a décidé, début 1997 de créer la Communauté de Communes des Trois-Pays, je dois l’avouer, le plus dur restait à faire et nous le savions :

 

-          Il fallait rapidement rassurer tout le monde,

-          Il fallait rapidement imposer une dynamique,

-          Il fallait rapidement créer une image.

 

            Et pour réussir ce triple pari, nous devions, impérativement définir le plus petit dénominateur commun à toutes nos communes… Très naturellement, ce dénominateur commun s’est imposé à nous : le Vert, le Vrai, la Vie, c'est-à-dire la ruralité.

 

            Si aujourd’hui, on examine notre démarche, on peut dire que c’était une évidence, presque trop facile, car la ruralité était devenue, en une décennie un mode de vie, une mode de loisirs et une aspiration naturelle pour beaucoup de gens.

 

            En 1970, quand on vous traitait de ruraux, c’était presque péjoratif. En 2000, c’était devenu un atout. Parce que les esprits ont changé ; parce que les loisirs ont changé, parce qu’avec un aménagement du territoire intelligent, il était devenu facile de travailler en ville et d’habiter à la campagne.

 

            Bien sûr, nous avons triché un peu… Parce que Guînes n’est pas une vraie commune rurale. Mais vous le savez bien, le fonctionnement urbain et la mentalité des Guînois, se rapprochent plus des petites communes rurales de l’Arrière-Pays que de l’Agglomération Calaisienne. De plus, les Guînois l’ont parfaitement admis, car avec leur esprit de clocher exacerbé, ils ont vite compris qu’il vaut mieux être grand parmi des petits que petit à côté d’un grand.

 

            Et c’est avec cette notion fondamentale de « cultiver notre ruralité » que nous avons avancé.

 

-          Tout doucement pour ne pas effaroucher les uns,

-          Sereinement pour ne pas traumatiser les autres,

-          Mais avec ambition et détermination pour que nos partenaires et nos financeurs viennent naturellement conforter la dynamique locale.

 

 

            Un contrat rural sur l’eau, un contrat de développement rural, un contrat petite enfance, une maison de l’enfant, une OPAH, une multitude d’actions d’aménagement du territoire…et j’en passe, nous ont permis en cinq ans :

 

-          de rassurer les élus et répondre à certaines attentes de nos populations,

-          de fédérer les énergies diverses et variées qui font l’image et l’attrait de notre territoire,

-          de mutualiser les hommes, les idées et les moyens pour démontrer que l’union est un vrai facteur de développement local.

 

            Je crois, sans m’avancer trop, que tout le monde a compris que l’Intercommunalité peut bénéficier à tous, à condition que chacun y apporte un peu du sien, honnêtement, sans arrière-pensée et avec le sens aigu du collectif, ce qui n’est pas forcément une démarche naturelle. Dans le fonctionnement de notre structure, nous avons depuis six ans, toujours appliqué deux principes fondamentaux.

 

            1er principe : cibler les dossiers et ne jamais s’engager dans un projet sans avoir exploré toutes les sources de financement possible…en n’oubliant jamais que nous utilisons de l’argent public et qu’on ne doit pas faire n’importe quoi !

 

            2ème principe : être novateurs, originaux, voire exemplaires. Cela satisfait notre EGO et il faut, l’avouer, intéresse nos partenaires.

 

            Ces deux principes sont, bien évidemment les deux moteurs de nos projets 2003 :

 

            Novateur et exemplaire : cette OPAH qui vient d’être prolongée pour un an.

 

            Originale, parce que nous y avons inclus l’opération « Trois-Pays en couleur », où nous subventionnons les peintures de façades.

 

            Originale, aussi,  parce que nous y avons intégré le subventionnement des vieilles enseignes pour les collectivités, les artisans et les commerçants.

 

            Originale enfin, parce que nous avons mis en place, à titre expérimental, grâce au Conseil Régional, un fond de subventions pour les économies d’énergie.

 

            Novateur et exemplaire : ce transport à la demande que nous allons installer cette année. Ce service permettra à nos habitants de se déplacer quand ils veulent, où ils veulent et pour un prix modique puisque la collectivité participera aux frais de fonctionnement.

 

            Novateur et exemplaire : cette Maison de Pays que nous allons construire, à Hardinghen. Avec sa halte garderie, sa ludothèque, son cyberpoint, sa médiathèque et j’en passe…Ce sera l’exemple parfait de ce qu’une Intercommunalité peut offrir à des habitants alors qu’une commune ne peut le faire, faute de moyens.

 

 

            Novateur et exemplaire : ce programme d’entrées et de places de village. Dans chaque commune, nous allons réaménager, grâce principalement à des fonds européens, une entrée ou une place, en accord, bien entendu avec les municipalités.

 

            Il faut que les huit premiers dossiers soient prêts pour Septembre 2003.

 

            Novateur et exemplaire enfin, le programme ARARAT, c'est-à-dire la lutte contre l’érosion des sols et les inondations. Seize kilomètres de haies, douze kilomètres de bandes enherbées, onze mares ; avec l’appui de l’Etat, de la Région, du Département, du Parc ; avec l’accord de plus de 65% du monde agricole… C’est une opération exemplaire qui montre que chacun, élu et citoyen, a compris qu’il fallait réparer les erreurs du passé.

 

 

            Ces cinq grands dossiers vont occuper pleinement l’année qui commence. Mais, parallèlement à ces cinq grands axes, nous continuerons bien évidemment à développer les politiques touristiques, environnementales et autres que nous avons initiées depuis cinq ans. Et nous nous lancerons cette année dans le contrat temps libre, et nous mettrons enfin en place, cette politique culturelle dont nous venons de prendre la compétence. Mais pour être ambitieux, il faut avoir les moyens. Les moyens financiers, certes. Pour ça, nous nous débrouillons et j’en reparlerai, mais aussi les moyens humains qui aujourd’hui, il faut l’avouer, nous font défaut.

 

            Et c’est logique ! Depuis cinq ans, nous avons consacré une grande partie de nos budgets à de l’investissement, réduisant de fait, le fonctionnement au minimum.

 

            Avec un Secrétaire Général à mi-temps, avec des techniciens mis à disposition ou subventionnés à 50%, avec des emplois jeunes… C’est vrai que le fonctionnement de la Communauté de Communes ne coûtait pas cher. Mais le système a ses limites. Avec le départ de Claude JUNIQUE, avec le départ d’Isabelle vers des cieux plus Boulonnais nous risquons de tomber dans l’inertie et le sur place…Avec de belles idées et peu d’actions. Ceci m’est personnellement insupportable et pour vous, je le suppose, inconcevable.

 

            C’est pourquoi, nous avons demandé à Monsieur Francis LESPLULIER, de prendre le poste de Secrétaire Général des Services, à plein temps.

 

            C’est pourquoi, courant Février, au sein du bureau, nous redéfinirons l’organigramme communautaire et nous procéderons aux embauches nécessaires.

 

            Il ne sert à rien d’avoir des ambitions, si on a pas les moyens de satisfaire ces ambitions.

 

            C’est une nouvelle étape pour nous ; elle est indispensable et cela nous permettra d’aller encore plus loin. Aller plus loin, cela veut dire avoir un bon moteur pour son véhicule…Mais cela veut dire aussi avoir de l’essence. Et l’essence pour nous, c’est l’argent.

 

            Petit à petit nous augmentons nos compétences, petit à petit nous transférons des compétences et pour exercer pleinement ces compétences, nous fortifions et nous confortons notre fonctionnement. Cela veut dire plus de frais donc plus d’impôts. Un principe fondamental de notre système politique veut « qu’a transfert de compétence, il y ait transfert de moyens ».

 

            Depuis des années, la Communauté de Communes des Trois-Pays a pris en charge de nombreuses cotisations à la place des communes (c’est autant d’argent en plus pour elles) ; depuis des années, la Communauté de Communes travaille dans les communes sur du patrimoine communal (chemin, église, signalétique) ; c’est autant d’argent en plus pour elles.

 

            Je compte sur vous tous pour avoir l’honnêteté politique et intellectuelle, de dire à vos populations, de rappeler à vos concitoyens que ce que fait la Communauté de Communes, n’est pas fait, n’est plus fait par la commune.

 

            Cela veut dire, bien entendu, qu’il nous faut ce transfert de moyens : avec logiquement une augmentation des impôts communautaires et une stagnation, voire une baisse des impôts communaux.

 

            J’ai demandé aux services d’élaborer un document qui rappellera ce qui a été dépensé sur chaque commune depuis 1997, en travaux directs sur le territoire de la commune, en aide aux associations et manifestations, en aide aux particuliers. Lorsque vous verrez les sommes, hors subventions, vous serez, quand même, étonnés.

 

 

            Avant d’en terminer, permettez-moi de remercier nos partenaires :

 

-          l’Etat qui par l’intermédiaire du CDR ou de la DDR est un allié stimulant, précieux et compréhensif,

-          la Région qui dès le départ nous a accompagné. Officiellement, les CDR s’arrêtent en 2003, mais nous savons déjà qu’elle continuera à aider les structures qui bougent.

-          Le Département, partenaire incontournable qui a toute sa légitimité dans l’accompagnement des collectivités rurales, n’en déplaise à certaines personnes adeptes des « Lilloiseries » ou apôtre d’une « métropolisation - bonduellisation ».

-          Le Parc, enfin, qui outre ses moyens techniques et financiers, nous apporte quelque chose d’inestimable : une façon de penser, une façon de concevoir, une façon de réaliser…Ce que, personnellement, j’appelle « l’esprit Parc ».

 

 

                        Merci à tous. Nous savons ce que nous vous devons et nous espérons être dignes de votre confiance.

 

 

            Mon esprit carabin et moqueur fait que bien souvent, en Janvier, je souhaite aux gens « une bonne acnée, bonne santé »…Les gens sont étonnés alors, je rajoute « c’est normal ; l’acnée c’est un signe de jeunesse et d’adolescence ; cette période où on est plein d’énergie, d’illusions et où on a envie de refaire le monde.

 

            Alors je souhaite à notre Communauté de Communes une bonne poussée d’acnée et à chacun d’entre vous beaucoup de joie, de satisfactions et beaucoup d’amour… Sachant que même dans le cadre de la décentralisation, l’amour n’est pas une compétence qui peut être transférée à une collectivité.

 

            C’est aussi bien comme cela, car si la prise de compétence était possible, tous mes Vice-Présidents se battraient pour présider cette commission là et moi, pour calmer tout le monde, je me verrai obligé de la garder dans mes prérogatives personnelles.

 

            Mesdames et Messieurs, on peut toujours rêver.

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Published by popo - dans CCTP (voeux)
31 janvier 2002 4 31 /01 /janvier /2002 00:00

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Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

 

Aujourd'hui, cette petite réunion de famille revêt un caractère un peu spécial. En effet, nous avons voulu profiter de la cérémonie des vœux pour mettre à l'honneur et remercier un organisme qui nous accompagne pleinement dans notre démarche "service à la population". Je veux parler, bien évidemment de la Caisse d'Allocations Familiales, que nous tous nous appelons la CAF.

 

         Vous le savez, soit parce que vous êtes des élus, soit parce que vous avez des liens étroits avec les collectivités,

 

-         lorsqu'on imagine un projet

-         lorsqu'on monte un projet

-         lorsqu'on finalise un projet

 

Nous cherchons inlassablement des partenaires ; parce que nous avons besoin des compétences, parfois d'idées et souvent de financements.

 

Bien sûr, nous nous adressons, d'abord, aux institutionnels Etat, Région, Département, parfois Europe, mais bien souvent l'objet même de notre projet nous permet de trouver d'autres partenaires : ici une banque, là l'Agence de l'Eau, une autre fois le Parc, et aujourd'hui, c'est la CAF.

 

Et ce partenariat avec la CAF a été et reste complet et exemplaire.

 

La CAF nous a incité à imaginer cette maison, nous a assisté dans la conception de cette maison, nous a aidé dans la construction de cette maison et participera au fonctionnement de cette maison. C'est pour cela que je dis que le partenariat a été complet et exemplaire. 

Et si cette maison est une réussite, nous le devons :

 

-         à une volonté collective

-         à l'imagination d'un architecte

-         au travail du Vice-Président Eric MAILLE et de sa commission, avec le travail discret de Denis LANNOY pour le volet informatique

-         au professionnalisme de Madame EVRARD

-         et à nos partenaires financiers, avec un petit bonus à la CAF

 

C'est vrai que cette maison répond à un besoin local, mais elle s'intègre surtout dans une philosophie générale, qui est celle de la CAF.

 

C'est pourquoi, en dehors de toute manifestation institutionnelle, il était essentiel que nous puissions montrer que la CAF n'est pas seulement un organisme payeur de prestations, mais est aussi un organisme porteur de projets, accompagnateur de dynamique locale et initiateur de progrès.

 

Monsieur le Président, Monsieur le Directeur, bienvenue dans cette maison qui est un peu la vôtre et merci , très sincèrement de votre coopération.


Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

 

Les usages populaires disent qu'on peut présenter des vœux jusqu'au 31 janvier inclus. Dans moins de 4 heures,  nous serons en février…. Il y avait donc urgence.

 

Cette période des vœux est, pour chacun d'entre nous, un moment particulier où, tout en souhaitant de bonnes choses à notre entourage, nous faisons, bien souvent, inconsciemment, le bilan de l'année écoulée.

 

C'est comme ça pour les hommes ; c'est aussi comme cela pour les structures comme la nôtre. Car notre communauté est un être vivant qui bouge, qui vit, qui a ses humeurs, des périodes de joie ou même de déception.

 

Mais dans la vie de tout être, il y a des âges qui comptent, des âges qui sont porteurs d'une haute valeur symbolique.

 

Et aujourd'hui, notre Communauté de Communes a 5 ans.

 

5 ans, c'est pas beaucoup, mais c'est quand même 1826 jours (et j'ai compté une année bissextile).

 

5 ans ; pour la médecine, vous n'êtes plus tout à fait un bébé, mais pour les parents vous restez une petite merveille de la nature qu'il faut protéger, éduquer et amener tout simplement vers l'épanouissement.

 

Alors, puisque la CAF est aujourd'hui à nos côtés, permettez que je démontre que l'allocation familiale qui nous est attribuée est parfaitement méritée.

 

J'ai donc sorti le carnet de santé de ce beau bébé qu'on a baptisé communauté :

 

å Communauté est née en janvier 1997. Grossesse normale, à part un risque d'accouchement prématuré en juin 1996. L'accouchement a été un peu difficile et l'enfant se présentant, de façon non classique, le préfet accoucheur a du employer les forcepts. Mais heureusement, il n'y a pas eu de manque d'oxygène, même si depuis 5 ans, le Vice-Président Parenty, nous administre régulièrement une bonne bouffée d'Oxygène 62.

 

å Après la naissance de Communauté, beaucoup de gens ont défilé dans la maison commune pour nous féliciter de cet heureux événement. Ca venait de tout le département, du Nord ; même de Belgique ou d'Angleterre. Et comme ces gens venaient de loin, qu'il fallait les loger et les occuper ; nous avons donc installé, dans la chambre de communauté un petit bureau qu'on a appelé "office de tourisme".

 

å Comme tous les parents, dès le 1er jour, nous avons veillé à son bon équilibre physique et nous avons, surtout, surveillé son développement intellectuel. Communauté était curieuse de tout : voir des chevaux à campagne, des caudins à Licques, des courses à pied à Guînes. En fait, Communauté était fascinée par la vie interne de la maison.

 

å Les premiers mois passés, nous avons compris qu'elle serait rapidement autonome. Certains parents, dès la naissance, inscrivent leur progéniture, dans un grand lycée parisien. Nous, après une réunion du conseil de famille, nous avons dit, clairement, à notre bébé : "Communauté, tu seras une rurale" et plus tard, nous t'habillerons avec un T-Shirt ou il est écrit "Le Vert, le Vrai, la Vie".

 

å Par prudence, pour éviter que Communauté ne se sauve ou pire, que certains garnements des alentours ne rentrent dans la maison, nous avons marqué le territoire "bienvenue dans les Trois-Pays" et afin que notre enfant puisse circuler librement dans tout son espace vital, nous avons installé partout une vraie signalétique.

 

å Vers l'âge de 2 ans, comme cela arrive parfois, Communauté a eu des angoisses nocturnes. Nous avons donc décidé, pour la rassurer, de laisser, la nuit, toutes les églises illuminées.

 

å Vous le savez, de temps en temps, il arrive ce que l'on appelle pudiquement, un accident : le pipi dans la culotte qu'il faut dédramatiser. Communauté a eu un gros accident, fin 2000. Parce qu'elle avait bu beaucoup trop, elle nous a déversé des milliers de m³ d'eau sur Guînes, Andres et le pays de Licques. Un grand docteur, travaillant en cabinet, avec l'avis du professeur "chambre d'agriculture", nous a dit qu'il allait prescrire un traitement, qui serait d'autant plus efficace, si le parrain qui s'appelle "monde agricole" venait donner un coup de main.

 

å Vers 4 ans, comme tous les enfants, Communauté a voulu construire sa cabane. Le grand frère, d'origine guînoise, lui a dit "t"embêtes pas, Communauté, moi je vais construire la cabane et toi, tu pourras jouer dedans". Et puisqu'il fallait trouver un nom à cette cabane, nous l'avons appelé "Maison de l'Enfant".

 

å Les enfants aiment se promener ; nous lui avons fait 300 kms de chemins.

 

å Les enfants aiment la verdure ; nous lui avons planté plus de 10.000 arbres.

 

å Les enfants sont fascinés par l'écran ; dans un coin de sa cabane, nous lui avons mis un cyberpoint.

 

å Et puis, vers 4 ou 5 ans, voulant la rendre plus sociable et ouverte sur le monde extérieur, nous avons décidé de lui faire rencontrer des gens : d'abord Mr Syndicat Mixte de la Côte d'Opale ; ensuite Mr Parc Naturel. Ca a tellement bien marché que dernièrement, Communauté a dit qu'elle voulait faire un sport collectif. Nous l'avons donc inscrite dans une équipe qui s'appelle "pays du Calaisis".  

 

Bref, vous l'avez compris, l'enfant se porte bien. Il est presque autonome ; il parle sans bégayer, ni zozoter. Heureusement d'ailleurs, car ce genre de petit défaut fait souvent rigoler les voisins.

 

Et quel est l'avenir de Communauté ?

 

2002 sera une année importante. Communauté va devoir rentrer à la grande école. Mais pour pouvoir rentrer à l'école des grands, il va falloir lui acheter un nouveau cartable et peut être revoir sa garde robe. Les parents que nous sommes et qui ont les compétences là devront sérieusement se pencher sur le problème.  

 Et il faudra surtout lui expliquer que chez les grands, on peut se faire de nouveaux amis, mais qu'il faut se méfier de certains voyous qui pourraient vous faire du mal, dans la cour de l'école.

 

En résumé, Mesdames et Messieurs, à la lecture de ce carnet de santé, vous avez compris que Communauté, se développe bien, calmement, sereinement, qu'elle apprend tous les jours et que son avenir est plein de promesses.

 

Nous l'avons dorlotée, cajolée et petit à petit, nous lui avons appris la vie. Lorsqu'on présentait un danger, moi le premier, nous prenions toutes les mesures pour qu'il n'y ait pas d'accident.

 

Bien sûr, de temps en temps, elle avait une poussée dentaire, qui lui faisait du mal. Mais c'est toujours une dent à la fois et bien souvent la même.

 

Voilà, Mesdames et Messieurs, cette année, je n'ai pas voulu vous parler de Communauté en philosophant sur la notion de pays, de coopération, de dynamique ou d'ambition. Je vous ai décrit un petit enfant, qui comme tous les enfants n'est que le résultat d'un inné et d'un acquis.  

Et cet acquis, vous le savez bien, c'est nous qui le forgeons.  

Avant d'en terminer, je me dois de vous confirmer un bruit qui court dans les couloirs de la maison commune. Communauté va devoir subir sa première opération. Et bien souvent, la première opération, c'est l'ablation des amygdales. Mais je ne suis pas sûr que Claude et Dominique soient vraiment heureux d'être comparés à des amygdales…. Quoique les médecins vous expliqueront que les amygdales sont les premières défenses de l'organisme et qu'elles sont utiles.

 

Claude JUNIQUE et Dominique LANOY vont nous quitter. L'un pour s'occuper de ses canards au marais ; l'autre pour prendre en charge le fonctionnement d'une Communauté de Communes voisine, à Marquise.

 

La vie est ainsi faite ; les gens viennent, les gens partent. Mais je pense traduire le sentiment de chacun d'entre vous, en disant que si Communauté est, aujourd'hui, en bonne santé, ils y sont quand même pour beaucoup.

 

En mars, nous organiserons une belle fête, pour tous les deux et cela nous permettra de rappeler tout ce qu'ils nous ont apporté et surtout de les remercier.  

Mesdames et Messieurs, excusez-moi d'avoir été un peut long ; mais, je ne sais pas si vous êtes comme moi,… quand je suis avec mes enfants, je ne vois pas le temps passer.

 

Bonne année à vous tous ; bonne année à notre Communauté et rappelez vous que ce qui est vraiment important, c'est ce que l'on a aimé, ce qu'on aime et ce qu'on aimera.

 

Merci à tous.

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Hervé Poher             

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Les textes édités correspondent à des lettres, des interventions, des discours écrits ou à des retranscriptions d'enregistrements. Bien entendu, les opinions et options, éditées dans ce blog, n'engagent que l'auteur.   

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 Hervé Poher  

 

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-  DEVELOPPEMENT DURABLE


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-  LES  WATERINGUES


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-  LA VILLE DE GUINES


-  LE PAYS DE CALAIS

 

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 poher mai 2010

 

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petit prince

1er mai

Guines divers (3)