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AVERTISSEMENT:




Nous vous proposons différentes photographies qui n'ont qu'un seul but: vous livrer de belles images du Pas-de-Calais, quelques images du monde et quelques clins d'oeil humoristiques. Ces photos ont été copiées sur le web et restent la propriété des gens de talent qui les ont faites.

ITINERAIRE...

1989

- Election au Conseil Municipal de Guines

1992

- Membre de la liste régionale

1994

- Elu Conseiller Général du Canton de Guînes

1995

- Elu Maire de Guînes

1997

- Elu Président de la Communauté de Communes des Trois-Pays (CCTP)

 - Suppléant du député Dominique Dupilet

1998

- Vice-Président du Conseil Général

- Président d'Eden 62

2000

- Nommé élu référent pour l'Opération Grands Sites des Caps

2001 Réélu

- Maire de Guînes

- Conseiller Général

- Président CCTP

2002

- Suppléant du député Jack Lang

2004

- Membre de la liste régionale

- Elu président du Comité de Bassin de l'Agence de l'eau Artois-Picardie (--> 2014)

2004

- Elu président du Pays de Calais (-->2006)

2005

- Elu président de la Conférence Sanitaire du Littoral (-->2009)

2007

- Suppléant du député Jack Lang

- Démission du poste de maire

2008 Réélu

- Conseiller Général

- Adjoint à Guînes

- Président de CCTP

- Président Agence Eau

2011 Réélu

- VP du Conseil Général

- Président du Comité de Bassin de l’Agence de l’eau

- Membre de la liste sénatoriale

2012 :

- Candidat aux législatives

- Elu Président du Parc Naturel

2013

- Sénateur du Pas-de-Calais 

- Démission de la CCTP

- Démission du CM de Guînes

2014 Réélu

- VP du Conseil général

- Président du Parc

2015

- Arrêt du Conseil Général

- Arrêt  Eden

-Arrêt Parc Naturel

2017

- Arrêt du Sénat

 

PHOTOS

 

Poher (19)      

Poher (7)

Poher (18)     

Andre-et-Gilbert     

Contrat-avenir.jpg   

En-assembl-e.jpg

GB     

Inauguration-Petit-Prince.jpg      

Langelin-maire-honoraire.jpg

election 2007    

Ardres     

Conservatoire 2

Poher herve (6)     

2004 fete de la randonnee    

Bouquehault     

Kluisbergen     

Poher (14)     

tour     

99 Inauguration ADSL

MDR             

repas vieux      

jardin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

17 novembre 2014 1 17 /11 /novembre /2014 12:39

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Arras, le 17/11/2014 

 Situation du département en matière de développement durable.

   Exercice annuel obligatoire ; exercice imposé mais exercice qui a un intérêt évident : il nous oblige, en effet, à faire le point, de façon régulière sur nos besoins, sur notre  volonté et sur nos possibilités d’avoir une démarche vertueuse. Car qu’on soit pour ou contre, personne ne peut nier que la notion de développement durable fait bien partie d’une démarche vertueuse. C’est, comme vous le savez, une des rares notions, mais pas la seule, permettant de concilier l’environnemental, le social et l’économique, avec une certaine idée du raisonnable et une réelle préoccupation pour l’avenir. Le développement durable, c’est et ce doit être la preuve, convenez-en, de l’implication, du sérieux et de l’ambition d’une politique, et cela quelle que soit la collectivité qui pratique ce développement durable.

   Si vous avez bonne mémoire, vous vous rappelez que fin 2013, j’avais dit que notre engagement dans la démarche développement durable avait « un goût de trop peu » et qu’il était logique de mettre en marge de la copie : « Peut mieux faire. »

   Cette appréciation pouvait sembler un peu dure pour le Conseil général, pour ses élus et pour son administration.  Mais en essayant d’être le plus objectif possible, je vous avais expliqué ce que je pensais être les causes de cette « imperfection » si tant est qu’une politique puisse être parfaite… Et ces causes philosophiques, mentales, sociétales, économiques, financières,  administratives, conjoncturelles ou permanentes, nous en sommes tous collectivement responsables. L’imperfection et l’échec ne sont jamais la faute uniquement des autres !

   Cela dit, l’intérêt quand on avoue qu’on n’est pas très bon, c’est quand même de devenir meilleur… Ou moins mauvais, en tous cas !

   Les hasards du calendrier, avec la crise de septembre 2008, ont indéniablement freiné  notre pouvoir d’expérimentation, notre désir d’innovation et ont plombé notre Agenda 21, première version.

   Une version n°2 de cet Agenda 21, version que vous avez approuvée fin 2013, un débat national, encore en cours, sur la transition énergétique et une « Rifkinisation » de notre pensée… Tout cela peut nous permettre de repartir d’un nouveau pied, voire de rebondir.

   Vous avez, dans le document consacré au débat d’orientation budgétaire, un dossier rassemblant l’ensemble des actions cataloguées « développement durable » pour toutes les politiques et tous les services du Conseil Général.

   Je ne veux pas vous infliger l’écoute d’une liste à la Prévert car votre attention n’est pas forcément une qualité dite «  durable » et de plus, « n’est pas Prévert qui veut ».

   Non, laissez-moi simplement mettre l’accent sur quelques actions qui sont des exemples de ce qu’on pourrait appeler « une démarche cohérente preuve d’une intelligence collective ». Et puisque le grand dossier des mois à venir sera celui de la transition énergétique et de son frère jumeau, la lutte contre les gaz à effet de serre, permettez-moi de vous faire un focus sur quelques dossiers départementaux qui font directement appel à des problèmes d’énergie. Je laisserai à deux de mes collègues le soin de faire d’autres zooms sur certains aspects de nos politiques.

   Premier exemple : la télé-relève ou télérelevage des fluides, c’est-à-dire, eau gaz, électricité. En 2013, ce dispositif a été déployé dans 69 bâtiments,  51 collèges et 18 bâtiments départementaux. La mise en place de ce système nécessite, vous le savez, un certain investissement matériel et financier ainsi qu’une mise à jour de la technicité des agents départementaux.

     Le retour sur investissement était, au départ, estimé à 2 ans. Mais en fait, il sera beaucoup plus rapide que prévu car depuis la mise en place du système, on découvre : Ici, dans un collège par exemple, des consommations aberrantes d’électricité en période de vacances, alors le bâtiment est vide… Là, des consommations d’eau inexplicables qui mettent en évidence des fuites jusqu’alors méconnues… Là-bas, enfin, des consommations de gaz ou d’électricité anormalement hautes, témoignant simplement du besoin impérieux de travaux d’isolation sur le bâtiment.

   Bref, moins de 2 ans après le début de la démarche, on ne peut pas dire que le département va gagner de l’argent, mais on peut affirmer avec certitude  qu’il en dépensera beaucoup moins. Il suffisait simplement de le vouloir.

    69 bâtiments équipés fin 2013… On devrait arriver à 109 fin 2014. Et il faudra continuer.

   Deuxième exemple : Les bâtiments à énergie positive.

   Entrer dans cette démarche n’était pas forcément évident : Parce que c’est un peu plus cher ; parce qu’il faut modifier nos cahiers des charges et nos habitudes ; parce que tous les professionnels du bâtiment ne sont pas forcément à la pointe du progrès et des dernières techniques… Mais, un jour ou l’autre, il fallait oser. Et c’est ce que nous avons fait de façon très volontariste.

   Parmi plusieurs réalisations récentes, je ne prendrai en exemple qu’un seul bâtiment : le Centre Technique Environnemental d’Audinghen, là-bas, au Cap Gris-Nez. Pourquoi ce bâtiment ? Simplement parce que ce CTE, terminé, en service mais pas encore inauguré, a une valeur hautement symbolique :  Bâtiment situé sur le site des Caps (Agenda 21), bâtiment qui abrite les équipes d’Eden 62 (un des outils du Département pour l’Agenda 21), Eden 62, syndicat mixte chargé de la gestion des ENS, de l’environnement, du maintien de la biodiversité (Agenda 21)et sur ce Site des Deux Caps, des chantiers d’insertion (Agenda 21) menées par Eden ou découlant de l’Opération Grand Site.

   Et ce bâtiment, parce qu’il était justement porteur de symboles, a été imaginé, conçu et réalisé comme non consommateur d’énergie. Quand on abrite des symboles de développement durable, on se doit d’être soi-même développement durable.   

   Troisième exemple : Les véhicules du conseil Général

   Depuis des années, on nous parle des véhicules électriques ou hybrides. Les avancées innovantes, la lutte contre les gaz à effet de serre, le coût de revient au kilomètre… Tout cela était des arguments qui militaient Pour. Mais une autonomie limitée, un coût d’achat un peu haut et le scepticisme ambiant étaient des arguments qui nous poussaient à l’attente.

   Les progrès technologiques, une baisse des prix et un nouvel Agenda 21 nous ont amené à faire le pas. 22 véhicules électriques et 20 véhicules hybrides font maintenant partie de la flotte du Conseil Général. Sachant, bien entendu, que les bornes de recharge ont été ou sont en train d’être installées.

    Etant donné le prix du carburant, diesel ou essence, le retour sur investissement sera, là aussi, rapide. Tant mieux pour le budget du Conseil Général et tant mieux aussi pour la planète.  

     Voilà, je me limiterai à ces 3 exemples. Mais j’aurai pu vous parler du schéma des aires de covoiturage, de l’économie sociale et solidaire, du plan Climat Energie Départemental, de notre schéma de la mobilité et de toutes les initiatives que petit à petit, nous mettons en place. Mais je l’ai promis : « Pas de liste à la Prévert ». Mais autant l’acte I a eu du mal à démarrer, autant l’acte II semble plus parlant.

  Alors, en conclusion, Mesdames et Messieurs. En 2008, nous avions, à l’unanimité, approuvé un Agenda 21 très ambitieux, peut-être trop ambitieux. Mais en politique, viser haut n’a jamais été un défaut. C’est parfois une erreur de jugement sur soi-même ou sur les circonstances mais ce n’est pas un défaut.

   Et lorsque nous avons, volontairement, décidé d’entrer dans une démarche de Développement Durable, nous connaissions les règles du jeu. Et nous connaissions parfaitement les 5 piliers de ce Développement Durable.

Pilier 1 : L’épanouissement de tous les êtres humains.  Personne ne peut dire que les politiques obligatoires et volontaristes du département n’ont pas cette finalité.

Pilier 2 : La cohésion sociale et la solidarité entre les territoires et les générations.  Et ça, c’est l’essence même de toutes nos politiques dites sociales avec un surlignage, depuis quelques années, pour la politique jeunesse.

Pilier 3 : La préservation de la biodiversité et la protection des milieux. Domaine dans lequel nous sommes pris en exemple et fruit d’une politique très volontariste lancée il y a 30 ans. Quand nous faisons bien, autant le dire.

Pilier 4 : La lutte contre le changement climatique et le pilier 5 : une dynamique de développement suivant les modes de production et de consommation responsables. Là, dans ces 2 derniers piliers, nous avons eu, il faut l’avouer, un peu de retard à l’allumage. Les neurones, c’est comme les bougies : ça peut s’encrasser.

   Mais il est inutile de revenir sur les raisons de ce décalage entre la volonté et les effets.

   Le principal, Mesdames et Messieurs, c’est qu’en ayant fait sereinement le diagnostic, en ayant analysé finement les « pourquoi du comment », en ayant tiré les enseignements de certaines inerties et en ayant assimilé et assumé tout cela, nous ayons été capables de valider un Agenda 21 acte II ; Agenda 21 sans doute plus raisonnable, sans doute plus réaliste, sans doute plus réalisable.

   Et s’il est plus raisonnable, plus réaliste et plus réalisable, c’est aussi, sans doute parce que nous avons appris, que le temps a fait son œuvre et que, tout simplement, nos cerveaux se sont adaptés... adaptés aux idées et adaptées aux terrains.

  Car comme le disent certains : « Les idées sont comme les papillons. Ils peuvent  voler longtemps ; ils peuvent voler dans tous les sens, mais ils finissent toujours par se poser. »

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Published by popo - dans CG: Agenda 21
16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 11:30

a3

Arras, Plénière du Conseil Général du Pas-de-Calais, le 16/12/2013

         Je me dois de vous présenter l’acte n°2 de notre Agenda 21.          

        Autant vous le dire de suite, cette version repensée, remaniée et restructurée a été difficile à retranscrire. Comme on le dit parfois, « l’accouchement a été difficile ». Et pour diverses raisons que j’aurai l’occasion d’évoquer.

      Mais pour cette version II, je me permettrai de ne pas vous infliger l’énumération d’un catalogue de 30 mesures. Je suppose que vous avez lu et étudié ce dossier.

   Non, je pense qu’il est plus simple et plus important de vous expliquer la logique, la philosophie et l’utilité de ce document avec, parce qu’il en faut, quelques focus sur 3 ou 4 points qui nous semblent essentiels.

      Logique et philosophie en partant de 3 principes de base que je vais essayer de résumer :

1er principe : On doit faire le bilan de l’acte I :

    Bilan avec ses succès mais aussi avec ses ratés… Et les ratés sont essentiels dans ce type de démarche…Et les ratés sont bien souvent plus utiles que les réussites. Car vous le savez, l’important, c’est de savoir  pourquoi ça n’a pas marché ? Comment ça   n’a pas  marché et comment faire pour que, désormais, ça marche ?

   Parlons d’abord de ce qui a bien marché : quelques beaux dossiers : La confirmation d’une politique ENS cohérente, l’opération Grand Site des Caps, notre implication dans l’Économie Sociale et Solidaire, notre volontarisme dans la politique de l’eau, le lien insertion environnement, de nouvelles pratiques pour l’entretien des routes, de fortes avancées pour la protection des terres agricoles,

Et j’en passe… Quelques belles réussites ou initiatives où nous sommes considérés comme exemplaires. Sans forfanterie mais sans fausse modestie.

Quelques beaux succès mais aussi quelques beaux ratés ; le terme échec n’étant pas approprié car on ne peut parler d’échec que quand, au moins, on a essayé.

    Et sans être des pratiquants de l’autoflagellation, on se doit d’être lucide en admettant que notre version I  a souffert de 4 handicaps :

1er handicap : 62 actions, c’était trop haut, c’était trop fort, c’était trop ambitieux.

2ème handicap : 2008… La période est devenue, tout à coup, peu propice à l’audace. Rappelez-vous : vote de l’Agenda 21 en juin 2008 ; faillite de Lehmann Brother en septembre 2008.

3ème handicap : le sujet en lui-même… Comme le disait un grand quotidien, la semaine dernière, « Le monde » pour ne pas le citer, « L’environnement est toujours ce qui vient après tout le reste »

4ème et dernier handicap : Nous-même et notre culture de l’action publique. Dans une grande région industrielle et agricole, l’environnement ne fait pas partie de notre culture. Il n’y a pas de honte à le reconnaitre.

    Et j’avais dit, en 2008, « Il faut faire notre révolution culturelle ! ». Or tout le monde ne réussit pas une révolution du premier coup!

   Mais c’est vrai, chez nous, la démarche environnementale n’est pas innée… La seule chose que l’on puisse espérer, c’est que même en n’étant pas innée, elle puisse  devenir acquise.

   Et ces 4 handicaps ont fait que, dans certains dossiers, nous avons vu de l’inertie, du non-démarrage, voire carrément de l’oubli.

   C’est un fait. Il faut savoir en tirer les leçons quel que soit le niveau de responsabilité… Et les premiers responsables, ce sont sans doute nous, les élus.

2ème  principe : on doit faire un nouvel état des lieux.

    Vous le savez, nous assistons à une formidable accélération du temps. Les problèmes environnementaux et les urgences environnementales de 2013 ne se superposent pas  exactement à ceux de 2006 ou 2007…

   Nous avons maintenant des chiffres que nous n’avions pas à l’époque ; nous avons maintenant des prises de conscience que nous n’avions pas à l’époque ; nous ne pourrons plus dire que nous ne savions pas  et il n’est pas illogique ou illégitime d’adapter nos stratégies et nos urgences.

Quand, dans le cadre de la Dynamique Climat, on analyse le baromètre régional  des catastrophes naturelles et sa progression exponentielle, on se dit qu’on ne peut pas rester inerte.

Quand, dans le cadre du Schéma régional de la biodiversité, on met en évidence un net recul de cette biodiversité, qui est, qu’on le veuille ou non, un de nos trésors, on se dit qu’on ne peut pas rester inactif.

Quand nous validons, en commission permanente, un PPA, plan de prévention de l’atmosphère, plan mené par l’Etat, plan qui englobe toute la région Nord-Pas-de-Calais parce que les particules fines sont devenues un de nos principaux ennemis et sont responsables de 10% des cancers du poumon,… On se dit qu’on ne peut pas rester inconscient !

Quand, enfin, le Comité de Bassin de l’Agence de l’Eau valide, le 6 décembre dernier un état des lieux, dans le cadre de la directive cadre sur l’eau. Que cet  état des lieux montre que nous n’avons aucune chance d’atteindre le bon état écologique de nos masses d’eau pour 2015, très peu de chances pour 2021 et une chance que je qualifierais d’hypothétique et aléatoire pour 2027.

  Et que pour essayer d’avoir un peu de positif, on en arrive à retirer de nos mesures, certains produits embarrassants comme les HAP (Hydrocarbures aromatiques polycycliques) produits par la combustion du pétrole, du charbon et du bois. Là, on se dit aussi qu’on ne peut pas rester immobile…

      Et Face à toutes ces évidences, nous avons un devoir de réalisme et de correction à défaut d’avoir eu celui de prévention et d’anticipation.

3ème  principe : Nous devons faire une analyse de notre action,

    L’action  de notre département, par une estimation de ce qu’il peut faire et de ce qu’il doit faire,  par l’affichage de ce qu’il veut faire.

   C’est-à-dire que ce nouvel Agenda 21 doit être un peu le reflet de nos obligations légales, le reflet de nos ambitions légitimes et le reflet de nos engagements volontaristes.

   Car, mesdames et messieurs, on ne peut pas valider un SRCAE sans l’appliquer nous-même ; on ne peut pas aider les collectivités à faire de la trame verte et bleue sans l’appliquer nous-même ; on ne peut pas donner notre avis éclairé, parfois dur mais souvent objectif, avis sur des tas de processus réglementaires et administratifs sans en tenir compte pour nous-même. Et du coup, quand nous avons validé, on ne peut pas tenir un discours dans une assemblée et dire le contraire dans une autre assemblée.

   On ne peut pas, enfin, vouloir être les chevaliers du développement durable et s’apercevoir, au fil du temps, que des collectivités partenaires, aux pouvoirs et aux budgets moins importants que les nôtres, sont parfois bien plus exemplaires et bien plus volontaristes que nous.

    Il faut que les documents qui servent de bases à notre action politique soient en adéquation avec ce que l’on dit et ce que l’on fait. C’est une preuve d’honnêteté, c’est un gage de crédibilité et c’est un outil du succès.

   Alors à partir de ces 3 principes de logique et de philosophie, nous avons élaboré un : Document pragmato-pratique, c’est-à-dire qu’à part l’action 29, qui elle réclame le droit à l’expérimentation, donc à l’incertitude, tout le reste est faisable ou peut être entamé dès demain : il suffit d’un peu de réorganisation, d’un peu de concertation, un peu de courage politique et beaucoup de bonne volonté. Document épuré de tout ce que l’on fait déjà, de tout ce que l’on fait bien ou de choses qui font parties de notre corps de métier.Document simplifié, 30 fiches avec le : Formulaire du « quoi faire », L’identité du « qui fait »,Le mode d’emploi du « comment on fait », La garantie du « comment on surveille ce qu’on a fait »,et éventuellement et en dernier, l’affichage du prix de revient, c’est-à-dire « combien ça peut coûter ».

    Je précise avec « éventuellement et en dernier » car si vous mettez la variable financière avec « obligatoirement et en premier », on ne fera plus jamais rien ! On n’aurait jamais fait de la politique jeunesse, de l’ESS, du Grand Site… Et je l’ai dit dans d’autres lieux : « La comptabilité stérilise le cerveau. » Je m’excuse d’avance auprès des diplômés de comptabilité !

      Ce document est divisé en 4 parties mais en étant basé sur 5 grandes orientations :

Orientation 1 : Diagnostiquer, construire les outils et mettre en place un véritable moyen de surveillance. 

   D’abord, faire un bilan complet de tous nos bâtiments. Nous sommes propriétaire de 370 bâtiments ; ce qui représente 1,2 million de m² et nous devons, en plus, mettre en place les moyens de surveiller et de gérer, avec une autre optique, ce patrimoine.

    Ensuite faire un tableau de bord. Et nous n’avons pas voulu que le tableau de bord soit uniquement un moyen ; le tableau de bord doit être aussi un objectif et une action en elle-même. Et la bonne tenue d’un tableau de bord, c’est aussi une motivation pour tous les acteurs.

    Vous me direz que, dans une voiture, ce n’est pas  le tableau de bord qui fait avancer la voiture. C’est vrai mais sans le tableau de bord, vous ne savez pas si votre batterie est encore en charge,  si votre réservoir n’est pas vide ou si votre niveau d’huile est encore rassurant.

   Alors un moteur tout seul, c’est comme le chariot de Cugnot : ça  peut avancer, mais ça ne va pas loin.

Orientation 2 : Agir sur notre fonctionnement interne. Avec des choses simples et faisables. (e-administration, le papier, la visioconférence…)

    Bien sûr, cela va contrarier certaines habitudes ; bien sûr cela va écorner certains pouvoirs et certaines prérogatives ; bien sûr, il faudra acquérir certains nouveaux réflexes ; bien sûr, il faudra apprendre, réapprendre et s’adapter…

    Mais permettez-moi de vous dire que quand on est incapable de modifier ses habitudes et qu’on refuse de s’adapter à un nouvel environnement, c’est qu’on est déjà vieux dans sa tête… Et sincèrement, je ne pense pas que les départements soient vieux dans leurs têtes.

   Dans ce chapitre, nous avons inscrit une mesure concernant l’ingénierie : ingénierie proposée aux collectivités mais aussi ingénierie interne à notre maison.  Et une ingénierie qui soit généraliste, transversale et trans-service. Une ingénierie presque omniscience. Une ingénierie qui rappelle, qui insiste, qui formalise et qui aide à concrétiser les ambitions de cet Agenda 21.

   Cette ingénierie ou cette structure, puisque le CAUE a été évoqué, sera le garant de l’implication dans cette démarche,  implication de tous les services, de toutes les commissions et de toutes les politiques départementales. Cette ingénierie sera notre piqure de rappel régulière, répétitive, omniprésente. Et elle sera garante, non pas de la comptabilité, mais de notre état d’esprit et de la tenue de notre tableau de bord nous permettant, ainsi, de juger, de jauger, voire de rectifier notre démarche. 

Orientation 3 : Agir sur la mobilité (vélo, covoiturage, offre de transport, mutation de notre flotte de véhicules…). Passage obligatoire pour une collectivité responsable parce que le pétrole coûte cher, parce que les microparticules et les HAP viennent, en partie, de la combustion du pétrole, parce qu’il y a bien longtemps qu’on ne raisonne plus en KM mais en temps de déplacement, et parce que tout le monde n’a pas les possibilités ou les moyens de se déplacer…

Pour toutes ces raisons, la mobilité est restée un axe fort de notre Agenda 21.

Orientation 4 : Quelques actions très porteuses de symboles : l’abeille, les eaux de pluie, la trame verte et bleue, la route et les paysages…

   Certains diront : « Vous vous faites plaisir ! ». Oui et alors ? Un Agenda 21, ce n’est pas toujours le bagne avec les chaines aux pieds et agir et penser environnement, ce n’est pas une souffrance… 

Orientation 5 : Ce que j’appelle la Rifkinisation de notre Agenda 21.  Economiser, produire, stocker, voir échanger… Toute la théorie de Jérémy Rifkin est basée sur 2 axes qui semblent des évidences :

 1) Première évidence : Notre véritable et futur problème sociétal, c’est l’énergie et tout ce qui se rapporte à l’énergie.

 2) Seconde évidence : Nous sommes actuellement dans un  cercle vicieux qui nous pousse à créer du développement mais toujours au détriment de la nature. Et Jérémy Rifkin dit simplement que c’est par plus de recherche et plus de technologie que nous sortirons de ce cercle vicieux.

    Tout en admettant une chose : c’est que le génie humain est remarquable ; qu’il invente sans arrêt mais que toutes nos nouvelles technologies sont elles-mêmes des dévoreuses d’énergie.

   Vous l’avez sans doute entendu récemment et je tiens à vous le rappeler : le fonctionnement des téléphones portables, ordinateurs et tablettes consomme plus de 10% de l’énergie mondiale.  Et ces 10%, c’est ce que consommait, en 1985, la terre entière pour son éclairage. Nous avons pris 1985 comme référence parce qu’en 1985, il n’y avait pas de portables, pas de tablettes et le premier PC d’IBM ou le premier Mac Intosh d’Apple venaient tout juste de sortir. 

   Alors Rifkiniser, cela veut dire quoi ?

   Cela veut dire : Intervenir sur nos bâtiments pour qu’ils soient moins consommateurs d’énergie. Imaginer et construire à partir de maintenant des bâtiments sobres ou à énergie positive. Produire de l’énergie et expérimenter le stockage, c’est-à-dire entrer de façon volontariste dans la transition énergétique… Plus plein d’autres actions, en particulier sur la mobilité, actions déjà évoquées dans les autres chapitres de l’Agenda 21.

   Voilà, Mesdames et Messieurs. J’ai essayé de survoler la logique et la philosophie de l’acte II de notre Agenda 21.

   Nous avons voulu aller vers du simple, vers du concret, vers du réalisme. La seule touche qui pourrait vous faire lever un tant soit peu les sourcils, la seule avancée non-orthodoxe que nous nous sommes autorisée, c’est la touche Rifkin…

   Et je sais pertinemment qu’au sujet justement de la partie Rifkin, certains diront, en cachette évidemment… que c’est du grand n’importe quoi, qu’on ne vit pas avec du rêve,  que l’expérience est par définition hasardeuse et que l’utopie n’a jamais été une bonne gestionnaire.

   Alors pour ces gens qui par formation, par formalisme ou par conservatisme  sont déjà vieux dans leur tête, permettez-moi de rappeler 3 choses :

Tout d’abord que depuis toujours, l’homme et la société ont eu besoin qu’on leur raconte une histoire. Gai ou triste, dramatique ou joyeuse, fabuleuse ou réaliste… Peu importe, mais une histoire. Et quand une société n’a plus d’histoire à entendre, elle se la crée elle-même. Et le résultat n’est pas forcément positif. Et c’est aussi notre rôle, à nous élus, de créer, pour nos populations, une histoire, un chemin ou l’image d’une étoile.

Ensuite que nous sommes détenteurs d’un pouvoir, le pouvoir de modifier les choses, le pouvoir de démontrer que rien n’est inéluctable. Et il n’y a pas de honte à dire que l’environnement, la nature et le cycle de la vie sont des richesses qu’on doit préserver pour pouvoir les donner.

Sachez enfin et pour en terminer malheureusement sur un constat un peu triste,   sachez que lorsqu’on empêche un être vivant de rêver, il meurt très rapidement.

   Alors, par cette délibération, mesdames et messieurs, nous vous demandons simplement : d’essayer de réinventer très modestement une petite histoire, de recréer un peu de rêve et d’espoir et aussi, je peux bien l’avouer, de me donner quelques arguments pour je puisse justifier mon rôle et mon action face à mes petits-enfants.

   Certains diront, une fois de plus, que tout cela est un peu grandiloquent. Je veux bien le reconnaitre.

   Mais, excusez-moi d’avance, monsieur Petit, nous sommes plusieurs, ici, à avoir encore quelques faiblesses :

Faiblesse de croire que nous pouvons encore rester jeunes dans nos têtes, 

Faiblesse de croire encore à la force des mots,

Faiblesse de croire encore à la puissance du rêve et de la volonté.

              Et, vous le savez bien, mesdames et messieurs : "En politique comme dans la vie, ce sont les faiblesses qui font parfois la force d’un homme."

   Merci de votre attention.

HERVE POHER

Mots-clés: Agenda 21, mesures, succés, rateés, ENS, faillite, Economie Sociale et Solidaire, l'environnement, révolution culturelle, innée, acquise, état des lieux, Dynamique Climat, catastrophes naturelles, biodiversité, particules fines, Agence de l'Eau, HAP, obligations, engagements,ambitions, adéquation, crédibilité, SRCAE, honnêteté, trame verte et bleue, variable financière, diagnostiquer,tableau de bord, visioconférence, ingénierie, CAUE, piqûre, Jérémy Rifkin, énergie, mobilité, histoire,chemin, étoile, rêver, espoir, faiblesse, force. 

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Published by popo - dans CG: Agenda 21
12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 09:46

Rifkin

Lille, Palais de la bourse.

   Pour être franc avec vous, je suis sur un petit nuage. Petit nuage parce que j’ai vraiment l’impression qu’on est en train de franchir une étape…  Avec trois éléments : une prise de conscience, une mobilisation et, ce que j’appelle, une boite à sel. Je m’explique.

   Au début de la semaine, nous étions plusieurs, à Dunkerque, pour parler des wateringues… De la gestion des wateringues, des risques d’inondation, de submersion marine avec une montée du niveau de la mer de 60 centimètres d’ici la fin du siècle…

   Aujourd’hui, nous sommes réunis autour de la démarche Rifkin, la troisième révolution industrielle.

   Tout à l’heure, nous nous retrouvons pour une réunion concernant le climat et demain, lancement de la démarche « Débat sur la transition énergétique. »

   Tout cela pour dire qu’il y a une prise de conscience et une mobilisation de tous les acteurs. Et qu’on est en train de constituer une dynamique collective, sachant pertinemment que dans ce dossier, la dynamique sera collective ou ne sera pas !

   Et dans cette dynamique, il y a 3 démarches essentielles :

   Tout d’abord, c’est à nous, les décideurs d’imaginer, d’anticiper, de précéder et de provoquer cette troisième révolution. C’est notre rôle et c’est notre devoir.

   Deuxièmement, il faudra communiquer et expliquer aux citoyens… Et surtout, lui expliquer la différence entre « évolution » et « révolution »… Ce n’est pas qu’un problème d’orthographe. Et il faudra, comme l’a dit madame, former le citoyen.

   Enfin, on devra utiliser la boite à sel… Et surtout, ne parlez pas de rêve ; parlez d’utopie.

   Il y a plus de 10 ans, Jean-François Caron avait présenté une première mouture du SRADT. Je m’étais permis de dire que je trouvais cela un peu fade et qu’il manquait, dans ce document,  de l’utopie. Très justement, un grand élu de la région m’avait remis en place et Jean-François Caron avait tranché en parlant «  des pieds dans la boue ; la tête dans les étoiles… »

   Aujourd’hui, dans la démarche Rifkin, on sent qu’il peut y avoir de l’imagination et de l’utopie.

   Or, il faut rappeler que « le progrès n’est que l’accomplissement des utopies. »  Alors, laissons l’utopie s’installer… Même si ce n’est pas un réflexes pour les élus ; même si l’utopie n’est pas une habitude pour les entreprises… Laissez les idées venir ; mettons tout sur la table et, ensuite, nous ferons le tri des utopies. C’est comme cela que nous serons vraiment des acteurs de la révolution.

Hervé Poher  

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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 15:29

Belle photo (9)

Séance plénière/ Arras/ 23.10.2012

Comme l’article 255 de la loi dite Grenelle nous le demande, notre collectivité doit faire, à chaque débat d’orientation budgétaire un rapport annuel concernant nos orientations, nos actions ou nos démarches se rapportant ou pouvant illustrer notre engagement pour un développement durable.

   Rassurez-vous, je ne vous infligerai pas l’écoute d’une liste trop fouillée de l’ensemble de nos politiques, politiques départementales où la notion de développement durable a réussi à introduire sa philosophie ou à imprimer son empreinte. Le rapport qui est dans votre document de travail fait 18 pages et est  parfaitement détaillé.

   Juste quelques points forts.

   En vous rappelant, tout d’abord, les fondements de cette démarche : un Agenda 21, voté en 2008, issu de notre Plan Stratégique Départemental et décliné dans la territorialisation et dans la contractualisation. Cela ne veut pas dire qu’avant 2008, nous ne faisions pas de développement durable. Cela veut simplement confirmer que l’attitude écoresponsable, que certaines politiques exemplaires déjà anciennes et que certaines orientations nouvelles… Tout cela a été formalisé voire formaté par l’adoption de notre Agenda 21. Mais comme Monsieur Jourdain, depuis plus de 30 ans, notre assemblée faisait, dans certains domaines spécifiques du développement durable, sans le savoir, puisque cette notion n’existait pas vraiment et, qui plus est, sans le dire.

   Sur le fonctionnement interne de notre collectivité :

  Un point fort dans la conception et la construction de notre patrimoine bâti (collèges, bâtiments départementaux administratifs et/ou touristiques, Centres Techniques… bref toutes nos nouvelles réalisations bâties) où la norme Bâtiment Basse Consommation est systématiquement demandée avec pour but de diviser par 2 la consommation énergétique, division par 2 par rapport aux anciennes normes appliquées jusqu’alors.

   Dans ce même domaine de la consommation énergétique, nous avons commencé, en 2011, un audit de fonctionnement de nos bâtiments plus anciens et un diagnostic physique de ces mêmes bâtiments. Avec pour finalité d’analyser les comportements des membres de notre personnel, d’évaluer l’urgence de certains travaux et d’estimer les mesures nécessaires pour une économie énergétique significative. Permettez-moi de dire, en tant que Président du Comité d’Hygiène et de Sécurité, que nous avons encore, dans le département, quelques cas difficiles et un peu délicats. Mais l’important, c’est de le savoir et de chercher à y remédier.

   Pour ce qui est des infrastructures routières, nous continuons à adapter notre façon de faire pour moins de pollution, moins d’impact environnemental, moins de consommation énergétique mais avec autant de sécurité.

   Le fauchage raisonné  des accotements fait partie, désormais, de notre paysage routier mais il faudra, vraisemblablement, refaire une campagne d’information auprès des usagers car l’aspect sauvage de nos bords de route n’est pas forcément compris par tout le monde.

   Dans le fonctionnement interne du Conseil général, nous avons pu réunir un ensemble de données permettant d’établir un véritable tableau de bord : consommation d’eau, d’électricité, de papiers, tonnages des déchets… tout cela pour nos 380 bâtiments départementaux et pour nos 126 collèges. Et l’évolution des chiffres, d’une année sur l’autre, est plutôt encourageante.

   Même démarche pour notre flotte automobile où il y a une nouveauté importante, du moins au niveau du symbole, puisque nous venons d’acquérir notre premier véhicule 100% électrique.

   Et pour en terminer avec le fonctionnement interne du conseil général, je voudrais vous rappeler que :

-          Dans le cadre de nos procédures de marchés et d’achat, nous incluons, presque systématiquement la clause d’insertion et la clause environnementale.

-          Vous rappeler aussi que nous avons adopté un plan apprentissage

-          Et vous rappeler, enfin, que nous avons conventionné pour un plan handicap.

   Dans toutes ces procédures, nous respectons nos engagements.

   Voilà pour ce qui est du fonctionnement interne du Conseil Général.

   Pour ce qui est des politiques publiques et des actions sur les territoires.

   Je me dois de commencer par vous rappeler que nous avons validé, cette année le schéma de la mobilité avec pour objectif :

-          Développer au maximum l’intermodalité et encourager le covoiturage,

-          Permettre à tout à chacun d’utiliser les transports en commun, par des dessertes et des tarifs, on ne peut plus, attractifs,

-          Ne pas laisser un coin de notre territoire départemental sans possibilité d’accessibilité,

-          Penser différemment et favoriser les modes de déplacement doux.

   Ce schéma de la mobilité a été bien pensé et adapté aux exigences du terrain. Certes quelques petites retouches ou compléments seront nécessaires, mais la philosophie et les orientations générales de ce document ont apporté un plus dans le traitement de la mobilité sur notre territoire.

   Au niveau des politiques purement environnementales, nous continuons à être très interventionnistes et à porter une image très volontariste. Je tiens d’ailleurs à vous confirmer que le Pas-de-Calais est régulièrement cité comme collectivité exemplaire ou comme territoire témoin

·         pour ce qui est de la gestion des ENS(en gérant plus de 5000 hectares, Eden est l’une des plus grosses structures en France)

·         exemplaire pour ce qui est des modes de gouvernance locale mis en place (pour la gestion des ENS et pour la gestion du Grand site)

·         exemplaire enfin, pour ce lien transversal entre la politique de l’environnement et la politique d’insertion. Ce lien est pour nous une évidence, mais étonnement, c’est loin d’être le cas partout.

      Toujours dans le cadre des politiques que l’on peut rattacher à l’environnement, il est bon de rappeler que le département est associé aux collectivités, syndicats et groupements qui interviennent dans la lutte contre les inondations, les risques naturels et dans la gestion des cours d’eau.

   A ce stade, je ne peux pas faire autrement que de formuler des mentions spéciales pour 2 politiques départementales spécifiques se rapportant à la problématique de l’espace  rural, à la volonté de limiter la périurbanisation et à l’idée de participer à une trame verte et bleue. Tout ceci faisant partie intégrante de notre Agenda 21 et étant des axes majeurs du SRCAE (Schéma Régional Climat Air Energie)… Donc faisant partie du plan de lutte contre le réchauffement climatique.

   Première mention pour l’expérimentation de la compétence départementale PAENP (Protection Agricole et Espaces Naturels Périurbains), compétence offerte aux départements, après la loi de 2005, relative au développement des territoires ruraux. Cette démarche permet de définir, dans des PLU, des espaces sanctuarisés réservés à l’agriculture. Une démarche expérimentale est en cours avec une communauté de communes. Il est à signaler qu’en France, il n’y a que 5 ou 6 sites en PAEN et que, si notre démarche en collaboration avec la CC aboutit, nous aurions le premier site PAEN au nord de Paris.

   Seconde mention pour la réglementation boisement que notre collectivité devrait approuver incessamment. Cette démarche pouvait présenter 2 écueils majeurs : ou être trop incitatif ou être trop restrictif, chacune des attitudes pouvant satisfaire ou mécontenter des acteurs du territoire. La réglementation  qui vous sera proposée est un juste compromis et permettra aux collectivités locales d’avoir un choix.

   Un mot sur la gestion des déchets. Vous le savez, le département a en charge de l’élaboration du plan d’élimination des déchets ménagers et assimilés. Ce plan était presque terminé quand les lois Grenelle sont venues changer les règles du jeu. Nous sommes donc en train de revoir notre copie en intégrant de nouvelles donnes et de nouvelles obligations.

Hervé Poher 

   Dernier volet de ce rapport.

   Même si la notion de développement durable a une forte connotation environnementale, il ne faut pas oublier que le premier acteur et le premier bénéficiaire de cette démarche est avant tout l’homme, l’habitant de ce département et notre concitoyen.

   Et permettez-moi de citer pêle-mêle, pour illustrer la volonté départementale :

·         Les actions autour de la primo-parentalité, la périnatalité et les actions spécifiques vers les personnes âgées,

·         La généralisation des maisons de l’autonomie et la création des maisons des adolescents,

·         Toutes les actions en direction des allocataires du RSA que ce soit pour la participation, la médiation et l’insertion,

·         L’aide et le soutien à la pratique sportive et aux manifestations culturelles,

·         La mise en place des politiques « jeunesse » qui trouve entièrement sa place dans ce rapport d’autant que la notion et les fondements du développement durable sont facilement intégrés par les jeunes… Contrairement aux personnes moins jeunes…

·         Dernier point, mais point essentiel : l’économie sociale et solidaire qui est, très naturellement, un des compagnons de route du « développement durable ». L’un ne s’imagine pas sans l’autre ; l’autre ne s’imagine pas sans l’un…

   Voilà pour ce rapport sur le développement durable, dans notre département. En vous signalant, pour terminer, que nous sommes en train de finaliser un Agenda  21  version II qui vous sera proposé dans les mois à venir.

   Ce nouvel agenda sera plus réduit, plus condensé, plus ciblé. Simplement parce que certaines choses ont été réalisées et que, pour d’autres politiques volontaristes, les contingences économiques et financières nous obligent à être plus réalistes et plus raisonnables. Mais, dans ce document, nous essaierons, quand même, d’y laisser beaucoup d’espoir ou d'utopie à défaut d’y imposer du rêve.

  Voilà, M et M, ce qui pouvait être résumé sur notre ambition et sur notre pratique quotidienne du développement durable.

Hervé Poher

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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 23:51

mares

 

Séance plénière.

 

   Faisant suite au Grenelle de l’environnement, la loi de juillet 2010 oblige les collectivités territoriales et les EPCI à fiscalité propre à présenter, chaque année, un rapport sur le développement durable dans les politiques de la collectivité. Ce rapport doit, bien entendu, évoquer les initiatives, actions et réalisations des années passées, mais il doit, évidemment préciser les orientations et les principaux objectifs, étiquetés « développement durable », pour les mois et années à venir.

   Bien sûr, ce nouvel exercice annuel peut ressembler à une contrainte : contrainte supplémentaire en séance plénière, redite de certaines options départementales maintes fois répétées dans cette enceinte, réaffirmation de grands principes qui ne peuvent qu’entrainer votre accord, mais qui, vous le savez bien sont relativement difficiles à appliquer sur le terrain.

   Relativement difficiles à appliquer pour 2 raisons majeures :

         ·            La première, c’est la propension très naturelle et en disant cela, croyez bien que ce n’est pas une critique de ma part mais que ce n’est qu’une constatation compréhensive, propension très naturelle à un conservatisme rassurant, surtout pour une vieille et grande structure, comme la notre. Déjà, à titre personnel, nous avons, chacun d’entre nous, et l’âge aggrave cette tendance,  nous avons tendance, dis-je, à tomber dans un certain immobilisme… Personne ne peut dire le contraire : C’est naturel et c’est humain… Quand on ne veut pas être éclaboussé, on ne remue pas l’eau. Alors imaginez pour une structure qui a des milliers d’employés et des centaines de politiques… même si nous n’avons pas à avoir honte de ce que nous avons fait.

         ·            Seconde raison qui rend, cet exercice plus difficile : c’est cette fameuse crise. Rappelez-vous : nous avons approuvé notre agenda 21 en juin 2008 et le premier crack boursier est survenu en automne 2008. Alors, il est évident que quand on évoque de nouvelles politiques, de nouvelles attitudes et une nouvelle façon d’être, une question s’impose  systématiquement : « Combien ça va coûter ? » et naturellement on se dit qu’avant le développement durable, qui peut être considéré comme de l’accessoire, il vaut mieux s’occuper de l’essentiel et des choses obligatoires.

   Cette réalité étant réaffirmée, vous le savez, il y a 2 façons d’analyser le résultat de 3 années d’Agenda 21 : Ou être compréhensif de ce verre qu’on a réussi à remplir à moitié… Ou râler parce que nous n’avons pas réussi à le remplir totalement…

   Et pourtant l’urgence écologique est là ! Et pourtant, nous nous devons d’être exemplaires et nous ne le sommes pas tout à fait…. Mais malgré tout, et je vais vous étonner, je vais me satisfaire du verre à moitié plein…   En étant très honnête, je dois avouer, mes chers collègues, que malgré une légère tendance au surplace, à la prudence pour ne pas dire à la frilosité, nous n’avons pas à rougir de ce qui a été fait. Dans le cadre de l’Agenda 21, nous n’avons pas tout fait, loin s’en faut, mais nous avons fait, nous sommes en train de faire et nous nous sommes préparés à faire. Et j’ai l’habitude de dire qu’en juin 2008, nous n’avons pas voté un catalogue d’actions : nous avons voté un état d’esprit… Et c’est parfois plus important, dans le Nord-Pas-de-Calais peut-être plus qu’ailleurs. L’état d’esprit étant dans cette maison, reste à y peaufiner une vraie  prise de conscience, plus visible donc plus lisible.

   Permettez que je fasse un rapide survol de certains points importants de notre Agenda 21 version 2008, en rappelant quelques exemples de ce qui a été fait, ce qui est en court et ce que seront nos priorités pour 2012. .. Sachant que ceci pourra correspondre à un premier travail de toilettage pour élaborer notre Agenda 21 version II. Pour que les explications soient relativement claires, permettez-moi de réunir ces politiques en  4 groupes d’actions.

Premier Groupe, ce qu’on pourrait rattacher au Plan Climat Régional Nord-Pas-de-Calais.

   Depuis 4 ans, nous travaillons avec la Région, La Dreal, l’Adéme et le CG du Nord, sur un plan climat régional Nord-Pas-de-Calais. Cette démarche a pour but, vous le savez, d’aller vers les objectifs du protocole de Kyoto et, en limitant l’émission des gaz à effet de serre, de lutter contre le réchauffement climatique. Notre présence n’est pas totalement désintéressée puisque une remontée du niveau de la mer pourrait avoir chez nous, un certain impact pour ne pas dire un impact certain.

  Point 1 : Dans le cadre de cet objectif, pour nos travaux routiers, nous travaillons, depuis quelques années, et plus encore maintenant, avec des entreprises qui appliquent des techniques ou utilisent des matériaux économes en énergie (enrobés tièdes, matériaux recyclés, liant hydraulique…). Parfois même, nous demandons aux entreprises de n’utiliser que des matériaux novateurs et moins polluants, cette demande étant presque obligatoire sur la Site des Caps. Cette façon de faire sera maintenue.

   Point 2 : La 6ème commission et les services du CG sont en train de finaliser la démarche des Certificats d’Economie d’Energie, système analogue à celui des entreprises et qui permet, à terme, de récupérer des finances après des investissements pour économiser l’énergie.

   Point 3 : La moins coûteuse et la moins polluante des énergies, c’est celle qu’on ne consomme pas.  A partir de cette philosophie, le CG a entamé des audits pour les collèges et d’emblée, des travaux ont été effectués dans les 10 collèges les plus énergivores. Cette démarche doit rester une de nos priorités pour les années à venir. Parallèlement à cela, notre collectivité a développé son référentiel QEEB (Qualité Energétique et Environnementale du Bâtiment), référentiel appliqué désormais dans la construction des bâtiments départementaux. Et cette ambition aura une démonstration extrême et exemplaire, dans la construction du centre technique environnemental d’Audinghen, c'est-à-dire au Cap Gris-Nez. Tout cela en 2012. En plus, je vous signale que le référentiel QEEB intègre aussi le problème du handicap.

Point 4 : Bien entendu, dans toutes nos réalisations, nous essayons désormais d’intégrer des énergies renouvelables, solaires et photovoltaïques et je tiens à rappeler le travail de réflexion et de proposition que mène notre collègue Jean Wallon au sujet des énergies renouvelables.

Deuxième Groupe : Tout ce qui a rapport avec la biodiversité, maintien et préservation de la biodiversité.

   Point 1 : Je ne peux pas faire autrement que de parler, en premier, de la politique ENS du département et de l’intervention d’Eden 62 : plus de 5000 hectares gérés, propriétés du département, du Conservatoire du Littoral ou, pour une faible partie, propriétés privées. 5000 hectares où sont appliqués des plans de gestion favorisant, bien entendu, la biodiversité.

   Je vous rappelle aussi, qu’Eden étant un instrument du département, il a semblé judicieux qu’Eden imagine une vitrine départementale. C’est pourquoi, le syndicat mixte s’est engagé sur une démarche d’éco-certification EMAS (Eco- Management and Audit Scheme) qui sera principalement illustrée au Bois de Maroeuil où les aménagements seront, à petite échelle, un exemple de tout ce qui peut représenter le développement durable. Travaux courant 2012.

Point 2 : Qui peut sembler anecdotique mais qui est extrêmement positif pour l’image du département : le traitement différencié des routes.

  Moins de fauchage, techniques alternatives pour le désherbage, suppression complète en 3 ans de tous les pesticides…  Bref, après un bilan scientifique : 20% de biodiversité gagnée, une récompense nationale que nous avons reçue à Paris et, finalement, une certaine fierté du personnel de la voirie.

   Au niveau conception de nos routes, désormais, nous intégrons, bien entendu, certaines réalisations spécifiques pour la faune ou pour le respect des paysages.

Point 3 : Juste un mot rapide sur les abeilles : Nous nous sommes investis dans l’opération « Abeille sentinelle de l’environnement », et nous avons été critiqués car notre miel serait le plus cher de France. Effectivement, nous avons aidé l’apiculture mais nous n’avons pas voulu, uniquement produire du miel sur le toit du CG. Et si on veut être honnête, il faut calculer le prix de revient du miel du Pas-de-Calais, en y intégrant tout le miel produit par les centaines de ruches installés sur tous les terrains départementaux depuis 3 ans. Mais, pour éviter les critiques de ceux qui ne mangent que de la confiture, nous adapterons notre soutien à l’apiculture avec les conseils éclairés de notre collègue Robert Therry. Comme l’a suggéré le Président, ce n’est pas une histoire de sensiblerie vis-à-vis des petites bêtes, c’est un problème d’avenir pour l’humanité.

Point 4 : L’engagement dans une démarche trame verte et la notion de corridors biologiques.

   Vous le savez, mes chers collègues, nous avons essayé d’orienter la politique Oxygène 62 vers cette noble finalité, c'est-à-dire une démarche Trame verte. Mais il faut bien avouer que cette politique n’est pas tout à fait adaptée et que les collectivités tiennent à un Oxygéne 62 classique… C’est presqu’une institution comme le Farda. C’est pourquoi, parallèlement à nos politiques traditionnelles, il a semblé utile de s’intéresser à une compétence du Conseil Général : la réglementation boisement.  Le boisement a beaucoup d’atouts : lutte contre les inondations, protection des champs captants, alternance des paysages, biodiversité… La trame verte a donc beaucoup d’intérêts… mais à condition que nous puissions la réaliser en concertation complète avec le monde agricole. Or nous, Conseil Général, nous sommes les seuls à avoir véritablement les outils pour agir : le règlement boisement et la PAENP (Protection Agricole et Espaces Naturels Périurbains)… Cette volonté doit être concrétisée dés cette année ; nos partenaires comptent sur nous.

   Point 5 : Repenser les modes de déplacement… Ce sera un des grands enjeux du schéma de la mobilité qui vous sera proposé bientôt : Aménagements cyclables avec des vélo-routes voies vertes, transport interurbain accessible à tous, expérimentation plus large du transport à la demande, véritable inter modalité… Tout cela devra être finalisé cette année et même dans les semaines qui viennent.

Troisième Groupe : De l’exemplarité du Conseil Général :

   Tout d’abord dans son fonctionnement propre : charte de l’éco-agent, plan de déplacement entreprise, recyclage des déchets, dématérialisation au maximum… Autant de dossiers où nous avons avancé mais où certains progrès sont encore nécessaires, il faut bien l’avouer.

   Exemplarité dans les appels d’offres où des critères environnementaux et sociaux ont été introduits. Cotoyant ce sujet, permettez-moi de vous signaler la remarquable réussite de l’insertion au sein de l’équipe travaux d’Eden 62 et des remarquables chantiers d’insertion dans le cadre de l’opération Grand Site. Tout cela aussi, c’est du développement durable et de l’Agenda 21.

   Exemplarité encore dans l’adaptation de nos politiques touristiques pour façonner un tourisme éco-responsable.

   Exemplarité enfin quand il faut modifier les processus alimentaire dans les collèges, même si ce n’est pas toujours une évidence ; exemplarité quand il faut sensibiliser à l’importance de l’alimentation et du sport pour un bon état de santé et qu’il faut introduire la notion d’éco-responsabilité dans toutes les manifestations culturelles ou sportives. Là aussi, encore du travail sur la planche…

Quatrième Groupe: Et pour terminer, quelques grands dossiers qui vont rythmer la vie du Conseil Général pour les années à venir :

Point 1 : Une Opération Grand Site qui continue, sachant que le site des caps ayant obtenu le label, le niveau de qualité se devra d’être encore plus élevé. En cours.

Point 2 : l’implication du conseil Général dans la gestion du foncier pour le canal Seine-Nord-Europe et l’expérimentation de la politique PAENP, compétence du CG mais appliquée en dynamique avec les EPCI et le monde agricole. En cours.

Point 3 : Le schéma départemental pour le traitement des déchets ménagers, obligation et engagement du département : ce schéma était terminé et devait être validé. Le législateur est passé par là, a modifié les contours de cette compétence et du coup, nous devons prolonger notre étude pour 18 mois à 2 ans. Mais c’est en cours.

Point 4 : point essentiel pour notre département, nous avons terminé le schéma de ressource et de distribution de l’eau potable. Ce schéma vous sera bientôt présenté et montrera, si le besoin s’en faisait sentir, qu’une de nos véritables richesses, c’est maintenant l’eau. Et nous sommes responsables de ce schéma… Et nous nous impliquons dans les Sage… et nous veillons à la protection des champs captants. Bref, on n’a pas voulu nous donner la compétence eau mais nous montrons que nous sommes, dans ce domaine là, incontournables.

   Permettez-moi d’en arrêter là et d’énoncer 6 têtes de chapitre pour l’avenir :

           ·            Gestion des sols et trame verte

           ·            Adaptation et économie d’énergie

           ·            Transport et multimodalité

           ·            Education et communication

           ·             Insertion et solidarité

           ·            Eau et biodiversité

   Et de redéfinir les outils pour aller vers cette nouvelle ambition :

         ·            Exemplarité et contractualisation

         ·            Territorialisation

         ·            Accompagnement et expérimentation

   Nos engagements financiers dépendront de la déclinaison de ces 6 têtes de chapitres au sein de nos politiques départementales.

   Faisant le bilan, certains d’entre vous doivent se dire qu’on se contente de peu… Seulement d’un demi-verre et pourtant ce bâtiment résonne encore des colères homériques d’Alain Wacheux, de Raymond Gaquère, d’Alain Méquignon ou d’autres... Dont je fais partie. Mais ce demi-verre, Mesdames et Messieurs, ce n’est pas de la bibine, c’est un bon cru… Et c’est un buveur de bière qui vous dit cela.

  Mais permettez-moi de confirmer que, pour une fois, je serai indulgent car je dois vous faire deux  aveux :

1)      en juin 2008, nous avions passablement trituré les politiques départementales parce que nous voulions impérativement arriver à 62 actions… Si bien que tout n’est pas réalisé. C’est normal, c’était presque inéluctable et c’était prévisible.

2)      La révolution culturelle n’est pas, forcément, une époque facile à vivre, pour les techniciens, pour le personnel et même pour les élus. Mais on peut considérer que la période d’adaptation est maintenant terminée et nous avons, quand même, avancé sur certains grands dossiers.

Alors, je vous propose une démarche forgée à l’ambition mais teintée de réalisme

à En juin, présentation de l’Agenda 21 version II, version épurée et allégée de certaines actions non réalistes ou non réalisables. Mais une version II où le réalisme devra cohabiter avec le courage, comme l’a réclamé Monsieur le Président.

à Dans la foulée,  et en accompagnement : approbation d’un tableau de bord qui nous permettra à nous, élus, personnel et partenaires, de suivre nos efforts, de signaler nos points faibles et de mettre en valeur nos points forts.

   En conclusion, mes chers collègues, dans le cadre d’un débat d’orientation budgétaire, l’esprit développement durable ne devrait pas amener de mauvaises surprises pour 2012. L’année 2012 sera une année de confirmation de certaines options, une année de validation de certains schémas essentiels et une année de reformatage de notre Agenda 21, corrigeant ainsi certaines incohérences et certains oublis qu’il faudra bien avouer.

   Seul domaine qui pourrait amener des impacts budgétaires, mais plus en 2013 qu’en 2012, c’est notre schéma de la mobilité et des transports, que ce soit sur l’adaptation au handicap, la carte des lignes, le problème des RPI, le ramassage des collégiens, le transport à la demande… Autant de sujets, dont certains évoqués par notre collègue Cousein, où là, certains arbitrages seront nécessaires car l’impact financier ne sera pas anodin. Ce dossier sera d’ailleurs évoqué le 16 janvier dans une séance exceptionnelle spéciale mobilité.

   Voilà ce qui me semblait important de vous rappeler dans le cadre de cette obligation de faire un rapport sur le développement durable.

  Hervé POHER

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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 14:34

  Belle photo (108)

 

  C’est devenu, maintenant une obligation, une habitude … Je dirais presque un rituel quasi religieux : Tous les ans, au mois de juin, quelques grands sorciers  du Nord-Pas-de-Calais rappellent que le climat est en train de changer…

   Ces mêmes grands sorciers annoncent  à la tribu des homosapiens qu’il est possible que le ciel nous tombe sur la tête… Et les grands sorciers rappellent enfin, à la caste dirigeante, caste dont vous avez côtoyé une belle brochette aujourd’hui, les sorciers rappellent donc qu’il est plus que temps d’agir!

   Bref, le mois de juin est la période des grandes incantations pré-estivales…

   Vous devez vous demander pourquoi  je vous propose cette comparaison  socio-ethnologique, teintée d’un soupçon d’ironie.

   Comparaison ethnologique parce que l’idée, l’évocation et la représentation du grand cataclysme climatique refait surgir en nous, toute les vieilles peurs ancestrales, car depuis que l’homme est homme, on est persuadé qu’on ne peut rien faire contre le ciel. Or, depuis quelques décennies, on nous a démontré que l’homme ne peut pas faire contre le ciel mais qu’apparemment, il peut influer sur le type de ciel… Et c’est pour cela que nous sommes collectivement troublés et que nous nous sentons collectivement plus ou moins coupables.

   Et je me suis permis de manier un soupçon d’ironie car la caste dirigeante, je la connais bien… J’en fais un peu partie.

   Et, honnêtement, cette caste n’aime pas ne pas avoir prise directement sur un sujet ; elle redoute les incertitudes du lendemain autant qu’elle peut, pour des raisons purement politiciennes, passer en perte et profit certaines certitudes scientifiques.

   Et le ciel, le vent, les nuages ou la température sont bien des choses qu’il est difficile de façonner de manière politique ou  même administrative. L’environnement, d’ailleurs, dans son ensemble, ne peut pas s’adapter et se moduler en fonction d’un calendrier électoral… Et si je dis cela, ce n’est pas pour taquiner mes amis écologistes.

   Et cet état des lieux réaliste, que j’ose vous proposer, en admettant nos peurs, en reconnaissant nos insuffisances… Cet état des lieux, dis-je,  est fait  uniquement pour pouvoir vous justifier de l’utilité d’un pôle climat régional.

   Car pour rassurer la tribu, il faut savoir montrer que les décideurs savent ce qu’ils font, savent d’où ils viennent et décident où ils vont, qu’ils agissent et qu’en fonction des enseignements du passé, ils ont tout prévu… Même l’imprévisible ! Ca, c’est valable en climatologie comme en politique générale. De plus, il faut aussi persuader chaque membre de la tribu qu’il est acteur du devenir de la tribu.

   Et pour la caste dirigeante… Pour rassurer et conforter cette caste dirigeante, il faut organiser et partager ; il faut partager et communiquer ; il faut communiquer et afficher. Bref, il faut leur donner l’impression qu’à tout problème, il y a, au moins, une once de solution… et qu’ils peuvent être, eux les grands décideurs, les promoteurs ou les porteurs de cette solution.  

   Si je vous parle réaliste, donc un tantinet ironique, c'est-à-dire un tant soit peu désabusé, c’est que j’ai eu la chance d’aller, il y a 18 mois, à Copenhague et que, pour être honnête avec vous, j’ai eu la malchance d’avoir assisté à « Flopenhague ».  

·       Quelle distance énorme entre l’apport des scientifiques, les objectifs des décideurs et les moyens des utopistes !

·       Quelle distance gigantesque entre l’ambition officielle d’un tel sommet et la pratique des discussions de marchands de tapis. J’étais venu, à Copenhague, pour sauver le monde… Je me suis retrouvé dans un souk…

·        Quelle distance abyssale entre cette obligation de l’urgence dont nous sommes tous conscients et ce constat de l’inertie que nous déplorons tous.

   J’étais à Copenhague avec des gens impressionnants par leur savoir et par leur pouvoir. Mais j’ai été aussi impressionné par la pratique de ces gens qui passent leur vie à parcourir le monde pour négocier… c’est quoi votre métier : Négociateur. A quoi rêvez-vous : de négociation. De quoi parlez-vous : de négociation… Et ils sont tellement imbibés du processus de la négociation, qu’ils en perdent le sens de la révolte et en oublient le but initial… On négocie pour négocier à l’heure, à la minute et parfois même à la seconde...

   Et c’est en voyant cela que j’ai réalisé, à ma modeste place je l’avoue mais comme d’autres, que pour qu’il y ait changement, il faut commencer par le bas, voire la B A BA : former, informer, réformer, communiquer, sensibiliser, impliquer, assembler, animer, valoriser… Tout cela pour avancer !

        Et c’est le rôle d’un pôle climat. Tout le monde n’a pas les mêmes centres  d’intérêt ;  tout le monde n’a pas les mêmes illuminations géniales et tout le monde n’a pas les mêmes moyens d’action ou d’information. Mais, théoriquement, tout le monde peut se renseigner, tout le monde sait entendre et tout le monde peut écouter…  Je n’ai pas dit comprendre, j’ai simplement dit « entendre et écouter. » Et lorsque l’on n’a pas ou qu’on ne sait pas, c’est quand même rassurant de se dire qu’il y a un endroit où on a et où on sait.  

   J’aurais pu ou j’aurais du vous lire tout un laïus rappelant le rôle et les devoirs du Pôle Climat et en particulier de ceux qui l’animent, c'est-à-dire le CERDD. J’aurais du prononcer les mots « animation, observation, concertation » et encore, plein d’autres « Tion ». Mais les gens du CERDD me le pardonneront :

·       Car quand on veut avancer, il vaut mieux utiliser le verbe qui se termine en « er » plutôt que le nom qui se termine en « ion ».

·       Parce qu’il est 14h40, que les gens sont en train de digérer… Et qu’on ne peut pas se permettre d’endormir le public avant une table ronde.

·       Parce qu’enfin, il est plus important d’énoncer la philosophie de la chose plutôt que de fournir la liste des choses.

   Mais sachez que ce pôle climat existe depuis 1 an ;

·       Que le pôle est un outil au service des décideurs, des militants de l’avenir et des gens de bonne volonté ;

·       Que le pôle  est là parce que la connaissance, ça se donne… parce que les conseils, ça s’offre et parce que l’expérience, ça  se partage ;

·       Que le pôle est là parce que dans notre société, personne n’est omnipotent et personne n’a la science infuse. Et qu’il est bon d’avoir, à portée de main, un manuel, un lexique, un dictionnaire, voire une bibliothèque. Le pôle climat, c’est un peu tout cela.

·       Que l’existence même d’un pôle climat est un moyen très simple de donner mauvaise conscience aux élus que nous sommes et à la toute puissante technostructure qui nous entoure…. Car, soyons francs et réalistes, le conservatisme est bien la maladie qui touche, le plus couramment les personnes bien installées.

   Ce pôle climat existe, en tant que personne relais, personne ressource et personne accompagnante. Il a une adresse, un n° de téléphone et même un visage… Et je me permettrai de rajouter que son savoir et ses compétences ne sont pas anecdotiques.

   J’ai une formation médicale et, je dois l’avouer, rien ne m’insupporte plus que ces gens qui savent tout sur tout et qui jouent aux guérisseurs.  En médecine, il y a les bons docteurs, les mauvais médecins, les rebouteux et les charlatans. Et il vaut mieux, croyez-moi, aller voir les premiers parce qu’ils ont le savoir, l’expérience et, bien souvent, l’humilité de la personne honnête. Bien entendu, en disant cela, je ne parle pas des mandarins… Moi, je veux bien donner mon avis sur le cor aux pieds de Michel Pascal ou sur le rhume des foins de Jean Schaepman, mais je ne dirais jamais rien sur le vélo d’Emmanuel Cau… Chacun son métier  et comme je suis nul en mécanique!!

   Tout cela pour vous dire que tout ce qui concerte le climat… Le spécialiste, c’est le pôle climat ; la référence, c’est pôle climat et l’interlocuteur privilégié, c’est pôle climat…

   Comme me disait, hier, ma collaboratrice au CG, la façon dont je dis cela pourrait vous faire penser à une pièce célèbre… « Le père Noël est une ordure »… « Allo, ici Pôle Climat ; je vous écoute ! », « Vous avez un problème ?... C’est cela, oui ! »

   Plus sérieusement. On ne peut avancer qu’avec des références, des informations et des avis concrets. Pour beaucoup d’entre nous, les seules références climatiques que nous avons, ce sont les frayeurs gauloises d’Abraracourcix ou les prévisions météo du regretté Albert Simon. Avouez que c’est un peu léger ! C’est pourquoi il faut structurer notre pensée, ordonner nos connaissances et combler nos défaillances intellectuelles. Le pôle climat est là pour ça.

   Voilà, Mesdames et Messieurs. On m’avait demandé de faire le VRP et de vous rappeler qu’il existe un pôle climat. J’espère qu’à la fin de cette journée, vous repartirez chez vous en disant : « Comment a-t-on fait pour vivre jusque aujourd’hui sans avoir un pôle climat ? » Mais cette interrogation n’a rien d’exceptionnel car de tout temps, l’homme s’est dit, après avoir inventé un outil : « Comment ai-je fait pour vivre sans ? »

   Mesdames et Messieurs. Dans le Nord-Pas-de-Calais, nous ne sommes peut-être pas les meilleurs dans beaucoup de domaines, mais il y a bien un domaine où nous n’avons pas de leçons à recevoir : c’est celui de la bonne volonté et la bonne volonté est sans doute l’apanage des peuples qui ont un certain type d’histoire.

    Et avec cet apanage là, l’élève finira bien par devenir professeur !! Professeur de climatologie, vous l’aurez deviné ! 

 

Hervé Poher

 

 

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10 juin 2010 4 10 /06 /juin /2010 11:43

 

Eoliennes.jpg

 Mesdames et Messieurs. 

  Sachez que j’ai parfaitement conscience d’intervenir 5 heures trop tôt. En effet, vous allez avoir, cet après-midi, un atelier de travail intitulé : « Comment intégrer la problématique climat dans le domaine agricole » et cet atelier va permettre à d’éminents spécialistes, à des chercheurs et à des experts d’évoquer

-           la production des gaz à effet de serre,

-          le réchauffement de la planète,

-          ses effets sur les productions agricoles

-          et les moyens de lutter contre ce réchauffement. En partant d’un constat simple : en France, l’agriculture, c’est 12% de la production de dioxyde de carbone, 75% de protoxyde d’azote et 57% de la production de méthane.

   Mais dans ce domaine, comme dans d’autres, il faut savoir laisser l’expression à ceux qui  sont sensés ne pas dire de bêtises… Même si les constatations, les chiffres et les prévisions sont devenus, pour la gloire de certains, des objets de polémiques. Et, pour manier la polémique, ces gens là, le font de façon très habile et très allègre. Mais, malgré les polémiques, tout le monde s’accorde à admettre que, comme dans d’autres domaines, l’agriculture devra être politiquement et climatiquement responsable.

   Et puisque je laisse la science aux experts, permettez-moi simplement de vous expliquer les états d’âme, les dilemmes et les poussées d’adrénaline qu’un élu comme moi peut subir dans le cadre d’une réflexion « Plan Climat et Agriculture ». Je ne peux pas vous parler du coté scientifique des choses mais je commence à avoir assez d’expérience pour vous évoquer les difficultés politiques et pratiques que rencontre un élu, plein de bonnes intentions, dans un département comme le Pas-de-Calais. Mais c’est ce qui fait le charme de mes responsabilités et cela doit être commun à tous les grands départements agricoles.

    Certains d’entre vous doivent se demander : « Où est le problème ? Quel est le problème ? ». Laissez-moi vous le situer en vous rappelant certaines évidences.

  1ère évidence : Le Pas-de-Calais a, comme tout département, ses spécificités. Et, en particulier, il en a une, parfois oubliée: l’agriculture y est omniprésente. Quand nous faisons le constat que nous avons peu de surfaces boisées (7%), ce n’est pas à cause du gigantisme de nos communes, contrairement à ce que  disent certains, c’est bien parce que l’agriculture occupe plus de place qu’ailleurs. La SAU du Pas-de-Calais, est d’environ 65%, alors qu’elle n’est que de 50% pour toute la France.

  2ème évidence : Nos demandes sociétales et notre fonctionnement économique ont souvent amené à des attitudes productivistes et, dès lors, la contrainte environnementale passe au second plan.

  3ème évidence : Je me permettrai de dire, en toute amitié, que « le monde agricole est un peu chatouilleux » et, malheureusement, dans différents domaines et pour différentes raisons,  il a quelques motifs d’être inquiet et chatouilleux.

   Si vous cumulez ces 3 évidences, vous comprenez qu’il y a des sujets qui portent à discussions,  à malentendus, voire à affrontements.

   Preuve indirecte de désaccords potentiels  et, surtout, ne le répétez pas : Au sein même du Conseil Général du Pas-de-Calais, il n’est pas rare que la 5ème commission n’ait pas la même vision ou interprétation des choses que la 6ème commission ; la 5ème, c’est la commission agriculture et monde rural ; la 6ème, c’est la commission environnement, Agenda 21 et Plan climat. On règle toujours les problèmes mais ce n’est pas toujours simple.

   Je vais vous citer quelques cas concrets.

   Emmanuel Caux, qui est notre idole à tous, a l’habitude de rappeler qu’une nature respectée, voire restaurée est la meilleure des usines à dépollution et à préservation du climat. Quand il dit cela, c’est pour dénoncer, à juste titre,  la déforestation importante qui a été pratiquée dans notre région.

    Afin d’y remédier, on parle donc  de plantations ; qui dit plantation dit trame verte ; qui dit trame verte dit maitrise des sols ; qui dit maitrise des sols dit monde agricole… Ce sont les fiches 3,4,5 et 56 de notre Agenda 21 : plantations de voierie, oxygène 62, trame verte et bleue et maitrise des sols en périurbain pour le maintien des ENS et de l’agriculture.

   Mais dès que vous parlez de maitrise des sols, on vous rétorque outil de travail, expropriation abusive et intégrisme écologique. Et on nous demande de respecter, dans la maitrise des sols et dans l’idée d’une trame verte, une certaine modération voire une ostensible retenue. Et à un moment, on nous demande de signer une charte de bonne conduite. OK mais il faut quand même se rappeler qu’un arbre, ça ne se plante pas dans le goudron.

   De plus, le sujet devenant polémique, le conseil général a décidé d’élaborer un SCOB (schéma de cohérence boisement).  Mais déjà, certains prennent l’élaboration de ce schéma comme un moyen de limiter la démarche trame verte ; d’autres pensent, au contraire,  que ça pourrait la booster. Là, le monde agricole, nous même au sein du Conseil Général, bref tous ensemble avons besoin d’une mise au clair…

   Et inutile de vous dire que, dans la zone du « Parc naturel des Caps et Marais d’Opale », ce sujet est encore plus sensible.

   Autre problématique : la consommation de produits issus de l’agriculture biologique.

   Tout le monde sait qu’une démarche vertueuse dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique implique, entre autre, la consommation de produits de saison, dans un circuit court et sans utilisation d’éléments chimiques.

   2 fiches de notre Agenda 21 font référence au bio : introduction dans les collèges et soutien aux structures régionales impliquées dans l’agriculture biologique.

   Dés 2008, nous avons lancé une expérimentation dans 6 collèges, avec l’aide de l’association A.Pro.Bio. Mais très rapidement, 3 types de difficultés sont apparus.

 Tout d’abord, l’absence ou le manque de structure des filières. Certains établissements ont eu des difficultés importantes pour trouver des fournisseurs capables de répondre aux exigences de volume, ou des fournisseurs capables de respecter toutes les obligations sanitaires pour la restauration collective et dans un rayon d’intervention relativement petit. Faire venir du bio de trop loin, peut nous satisfaire philosophiquement, mais est une aberration quant au bilan carbone. La filière locale a du mal à s’organiser mais elle est en train de faire sa révolution. Actuellement, nous communiquons à nos collèges une liste de 117 fournisseurs potentiellement mobilisables. C’est déjà mieux… Ou c’est moins pire.

   Seconde difficulté liée à l’hétérogénéité des prix des denrées. Nous avons constaté des tarifs très variables d’un établissement à l’autre. Le surcoût pour des fruits et légumes bio peut être estimé de 5 à 10%. Pour d’autres produits, telle la viande, cela peut monter à 500%... Ce qui n’est pas sans poser quelques problèmes dans le cadre de la gestion financière des demi-pensions. Mais, dans le cadre de sa démarche, le Conseil Général à quand même voté un plus de 10 à 40 centimes d’euro par repas.

   Dernière difficulté administrative et technique : Cette démarche nous oblige à mettre en place des cahiers des charges spécifiques pour le bio et amène les collèges à imaginer des menus à partir de produits frais, bio, de saison et produit localement…

   Toutes ces difficultés ne sont pas insurmontables mais il nous faudra encore un peu de temps. Le département du Pas-de-Calais a beau être un grand département agricole… quand dans certain coin, on ne cultive que de la betterave, de la patate ou du maïs, faire un repas équilibré, bio, respectueux du climat et apprécié par les enfants, n’est pas forcément une évidence.

   Voilà 2 exemples qui vous démontrent que le fait d’être un grand département agricole nous oblige à assumer une certaine inertie et à accepter que les mutations soient un peu plus difficiles qu’ailleurs. Nous  vivons cette difficulté dans le cadre du changement climatique comme nous le vivons dans le cadre de la Directive Cadre sur l’Eau.

  Tous les spécialistes s’accordent à dire que la modification du climat va bouleverser l’agriculture, le type de cultures et d’élevage, donc la gestion de notre territoire.

Dans ce domaine là, comme dans d’autres, il y a le préventif et le curatif sachant que les 2 attitudes se rejoignent en une seule attitude : s’adapter et transformer ses pratiques pour répondre plus efficacement aux risques climatiques.

   Et nous avons confiance dans l’intelligence collective de  notre société pour trouver des solutions. L’important, c’est d’abord d’avoir conscience du problème. Une fois que la prise de conscience est faite… le plus dur reste à faire. Mais cela, c’est votre sujet pour cet après-midi.

Hervé Poher

 

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12 juin 2009 5 12 /06 /juin /2009 20:25

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Lille, journée Environord

On m’a demandé de discourir brièvement sur le bilan de la stratégie pour devenir une organisation sobre en carbone.

   Pour être franc avec vous, je me suis posé un problème sur la formulation de ce sujet de dissertation appliquée : Comment peut-on faire le bilan, qui par définition est un regard rétrograde, bilan d’une stratégie qui n’a pas encore été définie pour un changement de comportement qui sera futur en intervenant sur les facteurs du présent…  Alors, j’ai traduit en français et cela donne :

   «  Pourquoi nos structures doivent-t-elles devenir plus sobres en carbone ? Quel est l’intérêt de la sobriété ?  Comment se désintoxiquer, devenir sobre et ne pas rechuter ? ». Formulé comme cela, la démarche semble plus appréhendable et vulgarisable.

 Pourquoi nos structures, organisations ou organismes doivent-ils entrer dans cette démarche ?

   Parce que nos organismes (et permettez-moi d’utiliser plutôt ce terme… Organisation, cela fait un peu trop mafieux), parce que nos organismes sont à la fois des chaines de décisions, des chaines d’action, des chaines de relations et des chaines de communication.

   Je veux signifier par là que si les organismes comme les nôtres, décident d’une nouvelle façon de vivre et d’exister, l’effet démultiplicateur peut être énorme. Exemple : Quand le département du Pas-de-Calais dira : « Je veux qu’à l’interne, on fonctionne comme cela », ce sont 7000 personnes qui sont directement impliquées.

   Quand le département rajoute : « Je veux que tous les partenaires du Conseil Général intègrent les priorités départementales… », on impliquera de fait toutes les intercommunalités qui contractualisent avec le département.

    Quand des structures comme les nôtres, qui sont des donneurs d’ordre importants, affirment : « Il faut que nos maitres d’œuvre et que les entreprises qui travaillent pour nous, entrent dans cette démarche vertueuse », il est évident que là aussi, l’effet démultiplicateur peut être énorme.

   Mais outre l’effet d’entrainement et l’effet dynamique, ce changement d’attitude est obligatoire, ne serait-ce que pour une chose : l’exemplarité… Car, vous le savez, on ne peut prêcher la vertu que si on est soit même vertueux. C’est valable pour le citoyen, c’est valable pour les collectivités et c’est aussi valable pour l’Etat…

   Alors, pour aider cette mutation nécessaire à la fois dans le fonctionnement interne et  dans le relationnel externe, il faut se donner des outils. Certains sont sur le point d’être créés et d’autres seront à créer, à généraliser ou à améliorer. Et permettez-moi de ne pas séparer ce qui est du fonctionnement interne de ce qui est du relationnel externe : l’important, dans cette démarche, c’est l’état d’esprit !

  Et voici quelques points :

·        La création d’un réseau régional de l’éco-responsabilité car on sait que le fonctionnement en réseau est essentiel pour avoir une cohérence publique et surtout pour avoir une efficacité politique. C’est en bonne voie.

·        La mise en œuvre d’une charte de l’éco-agent… Et qui ne soit pas qu’un morceau de papier car certains s’inventent de bonne conscience grâce à des chartes comme d’autres jouent aux milliardaires avec des billets de monopoly.

·        Il faudra structurer et coordonner les formations concernant l’éco-responsabilité et il faudra surtout informer… Depuis l’avènement d’Internet, nous sommes dans un monde de communication instantanée, d’images avec une possibilité de connaissance universelle qui est presque sans limite. Mais, à contrario, il faut structurer l’information et la rendre accessible à tous. Si le message n’est pas bien structuré, le demandeur a un réflexe de rejet. Un portail spécifique serait un bon vecteur de communication et de sensibilisation.

·        Et puisqu’il faut sensibiliser, pourquoi pas imaginer, sur tout le territoire, des lieux d’exemplarité, des vitrines du savoir faire qui seraient aussi un moyen de faire savoir.

·        Bien entendu, il faut que nos organismes s’engagent dans le chemin de la vertu pour ce qui est de la gestion de leur patrimoine, de leur fonctionnement interne et de leur logistique.

·         Et parce que nous serons sur le chemin de la sobriété, nous pourrons, sans aucun état d’âme, introduire les notions d’éco-conditionnalité dans nos relations avec ce monde que j’appellerai marchand et avec nos partenaires du monde économique.

·        Enfin, dans cette démarche qui se veut globale, et afin de toucher le maximum de citoyens, pourquoi ne pas créer une trame… une trame humaine, de couleur indéterminée, trame basée sur le monde associatif, ( car le monde associatif est fortement lié aux collectivités) avec aussi , pourquoi pas, des chargés en communication, et tout ces gens pourraient éduquer, informer et faire la promotion d’éco-événements. Bref, je vous propose de noyauter la société avec des éco-espions, des éco-intoxicateurs  et des éco-terroristes…

   Voilà un objectif pour nos organismes, nos structures et nos organisations. Et, Mesdames et Messieurs, vous le savez, quand on se donne un but, on définit une stratégie et quand on se donne une stratégie, on essaye de deviner les freins et d’anticiper les problèmes. Et dans ce cadre là, on peut alors évoquer la multiplicité des problèmes, la multiplicité des intervenants, les conséquences financières et j’en passe.

   Permettez-moi de dire que tous ces soi-disant problèmes peuvent être et pourront être résolus. Il suffit de le vouloir. Par contre, notre plus grand handicap sera nous-mêmes… Nous, les structures habituées à un fonctionnement bien précis ; nous, les organismes ne supportant que difficilement l’inconnu ; nous les organisations où l’imagination peut être, éventuellement et politiquement tolérée mais où l’utopie est administrativement interdite…

   Pour  aller vers la vertu écologique et pour afficher la seule véritable ambition utile au 21ème siècle, il nous faudra violenter certains forts en thème qui ont oublié comment s’écrivait le mot « Rêver » ; il nous faudra forcer le passage face à des gens qui ont le formalisme comme costume de travail et qui ont oublié comment s’écrivait le mot « Avenir »; Et il nous faudra batailler dur contre 3 fléaux de notre société : l’habitude, la routine et l’inertie. Si la force d’inertie était vraiment une énergie, on n’aurait plus besoin de pétrole.

   Mesdames et Messieurs. Pour en terminer. Nous, les grands organismes, nous devons impulser, initier et inventer ; Mais nous devons, aussi et surtout, être exemplaires. Mais pour cela, nous devrons faire notre révolution culturelle et notre révolution mentale. Je l’avoue, ce n’est pas ce qui est le plus facile mais si la révolution était chose facile, j’en connais qui la feraient tous les jours… Et pas seulement dans les urnes !

   Merci de votre attention.

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Published by Hervé POHER - dans CG: Agenda 21
9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 11:00



                                                                                                                                                                                                                                 Commission permanente Arras

M,M

       Le 30 juin 2008, le CG adoptait  son AGENDA 21. Celui-ci, émanation directe du Plan Stratégique Départemental, résume, en 62 fiches, une volonté claire de notre assemblée.

         En autre,

 - Il rappelle les engagements moraux, philosophiques et sociaux que le département a, implicitement ou volontairement, vis-à-vis de notre environnement et, surtout, vis-à-vis de nos populations ;  

-  Il résume les orientations politiques que doit assumer notre assemblée pour s’adapter à certaines préoccupations sociétales ;

-  Et il fixe, enfin, les ambitions, les objectifs, les adaptations nécessaires quant à nos moyens et quant à nos politiques, adaptations que  notre assemblée a validées ou validera, au fil des délibérations futures.

   En prenant ce document comme une des bases de nos politiques, nous avons pu réaffirmer l’importance de la notion de transversalité, de territorialisation, de coopération, de mutualisation, le tout centré sur la notion de développement durable. 

        Ce nouvel engagement a été confirmé, le 17 décembre 2008, quand notre assemblée a signé, à Lille, avec d’autres partenaires le Plan Climat Régional.

        S’il fallait résumer, en 3 points, notre nouvel état d’esprit:

-         Je dirais que l’urgence, c’est d’appliquer cette nouvelle philosophie dans tout le fonctionnement propre du CG : il faut une vitrine au développement durable.

-         Je réaffirmerais que l’outil essentiel sera aussi et surtout la contractualisation afin que celle-ci serve de levier à cette démarche politique : il faut une implication dans le développement durable ;

-         Je confirmerais que le résultat ne sera probant que si nous savons participer ou créer une véritable dynamique collective. Nous ne sommes pas propriétaires de toutes les pièces du puzzle, mais les autres non plus.

Et il faut de l’efficacité dans le développement durable.

         Et c’est pour répondre à ces 3 objectifs, que nous vous proposons de signer une convention avec la Fédération Départementale de l’Energie. Pour les intégristes du référencement, cela correspond à la fiche 19 de notre agenda 21.

        Cette convention engage les 2 partenaires pour 3 ans. Et elle vous propose toute une série d’actions qui seront :

-         Soit spécifiques au CG ; soit 24 actions

-         Soit spécifique à la FDE ; soit 17 actions

-         Soit qui seront communes aux 2, CG et FDE ; soit 21 actions  

  Le nombre total de fiches est de 62… Mais je vous assure que là, contrairement à l’Agenda 21, nous ne l’avons pas fait exprès.

         Comme vous avez pu le voir dans le rapport du président, ces 62 fiches résultent de 3 grandes orientations, elles mêmes déclinées en 8 objectifs.

        Je résumerai ces 3 orientations en quelques mots très symboliques :

-         Orientation 1 : Connaître, s’informer et informer, sensibiliser, améliorer, optimiser, maîtriser et rationnaliser l’usage de l’énergie chez tous les acteurs du territoire, nous y compris ;

-         Orientation 2 : Anticiper les problèmes et protéger les populations en risque de précarité énergétique ;

-         Orientation 3 : Accompagner, dans leur démarche,  les décideurs territoriaux pour une meilleure lisibilité, une meilleure appréhension et une meilleure résolution des problèmes se rapportant à l’énergie.

       Je ne vous résumerai pas les 62 fiches que comporte cette convention, mais ce PACS que nous signons aujourd’hui avec la FDE, comme tout PACS, rappelle les principes fondateurs de notre démarche, fixe les devoirs financiers de chacun et énonce ce qui est propre à chacun.

         Mais, inutile de vous rappeler, M,M, mais je le ferai quand même, que  la signature de cette convention :

-         était implicite depuis juin dernier : on ne peut pas faire de l’Agenda 21 sans être partenaire de la FDE et dans cette convention, plus d’une quinzaine d’actions font référence directement à des fiches de l’Agenda 21.

-          La signature de cette convention était souhaitable avant la seconde démarche de contractualisation : on ne peut pas faire de l’Agenda 21 sans impliquer nos partenaires

-         La signature de cette convention était enfin, symboliquement, incontournable dans le cadre d’un engagement philosophique et politique fort de notre assemblée : on ne peut pas faire de l’Agenda 21 sans montrer que nous sommes volontaristes pour résoudre certains problèmes de nos populations. Comme vous avez pu le voir, dans ce document, le volet « prévention » pour nos concitoyens en situation de précarité n’est pas le moins important.


        
En résumé, l’autorisation de signature du Président que nous vous proposons de valider aujourd’hui, c’est simplement le rappel que pour réussir, il faut créer une dynamique collective et que la FDE est un des éléments incontournables de ce collectif. 


  

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Published by Hervé POHER - dans CG: Agenda 21
17 février 2009 2 17 /02 /février /2009 11:30

  



 

     J’aimerais vous livrer quelques commentaires sur l’Agenda 21 du CG, commentaires sur les orientations à tenir ou à prendre ; commentaires, enfin, sur les premiers mois de cette démarche.

    
   Si vous avez bien écouté les collègues qui vous ont exposé certaines initiatives, certaines politiques et certaines options prises par notre assemblée, vous pouvez vous dire que tout va bien dans le meilleur des mondes et que nous sommes sur la bonne voie…. Attention ! Tout en reconnaissant que mon avis est très subjectif, je voudrais mettre un bémol sur la portée de vos réflexions.

  
    
Parlons d’abord des orientations incontournables :

  
  Tout d’abord, première orientation
 : il faut conforter l’inscription de notre Agenda 21 dans le fonctionnement même du Conseil Général. Et cela pour une raison très simple : «  On ne peut donner des leçons que quand on est soi-même exempts de tout reproche. » Cela est valable pour les hommes comme pour les institutions.

 
    Et à tous ceux qui disent, en externe et même en interne « C’est comme cela qu’il aurait fallu faire… », nous répondons simplement : « Oui, sans doute, mais est-ce que vous faites comme cela, vous ? ». N’étant pas imbibé de certitudes, plutôt que de recevoir des leçons, je préfère toujours qu’on nous montre l’exemple en rappelant qu’en politique plus qu’ailleurs, «  L’homme n’est pas ce qu’il dit ; l’homme est ce qu’il fait. »

 
Deuxième point qui me semble essentiel.

  
   Faire de l’Agenda 21, uniquement au sein du Conseil Général et n’avoir que cela comme objectif politique serait une aberration et n’aurait qu’une seule signification : Celle qu’on veut se donner bonne conscience.

 
   
C’est tellement facile de faire ça et c’est, de nos jours,  tellement politiquement correct.

   
   Si je vous dis cela, c’est que « certaines pulsions minimalistes » auraient tendance à pointer le nez. Et, sincèrement, nous aurions tort…

    
  Car si nous voulons être efficients et efficaces, il faut impérativement instiller notre Agenda 21 dans toutes les strates de la vie départementale.

 
« Il n’est pas interdit d’avoir bonne conscience tout en étant efficace. »

    
   Et la contractualisation est un levier formidable pour aller dans ce sens. Et les quelques mesures expliquées par Jean-Claude Leroy, par Alain Wacheux et par les autres intervenants montrent qu’il faut amplifier cette démarche ; il faut que nous soyons la courroie d’entrainement :

   Quel est l’intérêt de faire du covoiturage au sein du CG, si nous n’incitons pas nos partenaires  à inventer une nouvelle conception de la mobilité ? Le but, c’est bien de démultiplier l’action… Pas de se donner bonne conscience !

 

     Quel est l’intérêt de poser des panneaux solaires sur nos collèges ou de chauffer avec du bois le Château d’Hardelot si ce n’est pas pour suggérer à nos partenaires qu’il faut être inventif dans le domaine de l’énergie ? Le but, c’est bien de démultiplier l’action… Pas de se donner bonne conscience !


   Quel est l’intérêt de vouloir protéger les abeilles si les collectivités locales ou les structures professionnelles ne vont pas dans le même sens que nous ? Et là aussi, le but c’est bien de démultiplier l’action… Pas de se donner bonne conscience !

  
   La contractualisation est un dialogue entre le CG et les collectivités. Et par ce dialogue, nous devons et nous pouvons démultiplier les ambitions, les objectifs et les résultats.

 
 
Certains seront contents quand le CG aura installé 1000 panneaux solaires ;  nous, nous serons contents quand nous apprendrons que, dans le même temps, parce que nous les y avons incitées, les collectivités locales auront installé 10, voire 20 000 panneaux solaires… Là, non seulement nous pourrons avoir bonne conscience, mais en plus, nous aurons été efficaces.

   Et si certaines collectivités ont anticipé cette démarche, si certains de nos partenaires ont déjà été inventifs et audacieux : tant mieux !! Personne ne détient une seule vérité et on ne va pas reprocher à quelqu’un d’être vertueux avant les autres. Et si leur démarche peut servir d’exemple : Tant mieux ! Tant mieux ! Tant mieux !

   
   Troisième point essentiel, mes chers collègues. Il faut que nous puissions, régulièrement, mesurer l’évolution de nos ambitions et l’impact concret de nos décisions. Et pour cela, il nous faut un tableau de bord. Et ce tableau de bord chiffré, illustré, concret,  nous permettra de mettre en évidence les progrès du concept Agenda 21, progrès directement liés au fonctionnement du CG ou aux politiques du CG.

  
    
Loin de moi l’idée que le CG s’approprie les bonnes actions des autres… Mais c’est avec un véritable tableau de bord que nous pourrons conforter notre démarche et l’impact de notre dynamique.

 
 
Notre système est ainsi fait et en particulier notre système politico-administratif :


  « Si vous donnez des chiffres, c’est parlant politiquement; par contre, si vous parlez politique, on vous demande de chiffrer »

   
   Alors, pour pouvoir vous persuader que l’Agenda 21 n’est pas uniquement une liste de bonnes intentions, il faut des moyens d’évaluation sur un tableau de bord.

   L’agenda 21 a été voté, dans cette enceinte, à l’unanimité… Un tableau de bord intelligent est bien le minimum légal que l’on puisse présenter aux élus du département.

  
   Dernière partie, enfin. Je voudrais faire un premier bilan de la mise en place de notre  Agenda 21. Et à ce titre, pardonnez-moi d’avance, mes chers collègues, si je suis un peu direct. Mais je l’ai déjà dit, dans cette enceinte : « Quand on parle trop la langue de bois, on finit par attraper des aphtes. »

  
    
Rappelez-vous, mes chers collègues, le 30 juin 2008, j’avais terminé mon intervention en vous faisant part de quelques inquiétudes qui me taraudaient…

Inquiétudes concernant l’inertie du système, le pragmatisme et l’absence de rêves de certains ;

Inquiétudes sur le carcan dictatorial des grands argentiers ; 

Inquiétudes, enfin, sur la perception de la démarche par la population et aussi, sur la perception de la démarche par vous, élus du département.

 
  
Et j’avais dit que le plus dur restait à faire :

Que nous allions être confrontés aux regards dubitatifs de certains.

Que nous allions être assourdis par le silence culpabilisateur des autres.

Que nous allions entendre « Y a plus qu’à » ou « Ce n’est pas comme cela qu’il faut faire ».

Que nous allions devoir nous confronter

Au formatage de circonstance de certains esprits grincheux,

Au formatage intellectuel de certains « forts en thème »,

Et, excusez-moi de le dire, au formatage institutionnel de notre vieille maison…

  
    
J’ai le regret de vous annoncer que mes inquiétudes étaient un peu fondées. Et dans ce que je viens de dire, je prends ma part de responsabilité. Je prends, comme Jean-Jacques, ma part de responsabilité parce que notre façon de raisonner est sans doute obsolète, décalée et présente un léger parfum suranné.

      
   
Je m’explique. Et vous allez voir le lien que je fais avec l’Agenda 21.
 

  Comme beaucoup de monde, et la crise économique nous amène de plus en plus à cette réflexion, j’ai tendance à penser que notre société s’est fourvoyée, il y a quelques décennies.

   Fourvoyée en prenant comme critères de sélection et de fonctionnement le scientisme,  les mathématiques, la logique et le cartésianisme économique. Nos règles de sélection et de gestion sont basées sur la science et les chiffres …

  
   Permettez-moi de prendre un seul exemple : Pour être médecin, il faut être scientifique… Or Hippocrate n’était pas un scientifique; Hippocrate était un philosophe et pour être médecin, mesdames et messieurs, vous le savez bien, il ne faut pas être matheux ; il faut être surtout humaniste… Ce n’est qu’un exemple dans notre société mais c’est typique des déviances de notre société.

   Notre président vous a parlé, hier, de l’esprit qui prévalait dans la gestion des maisons de retraite… Que la gestion écrase la simple reconnaissance de l’être… Rien à redire !

   Vous connaissez le débat qui agite le monde hospitalier… L’objectif financier a remplacé l’objectif médical… Rien à redire

   Et on pourrait discourir de la même façon sur l’école ou sur plein d’autres domaines.

  
   Et cette façon de fonctionner de notre société fait que quand vous osez parler de « rêve », quand on vous parlez « d’espoir », quand vous osez prononcer le mot « utopie » ou quand vos références ne sont pas comptables mais philosophiques, on vous regarde d’un air goguenard en disant : « Allez… Bon, maintenant,  soyons un peu sérieux… Revenons à l’essentiel. » Et pour ces gens là, l’essentiel, c’est toujours les chiffres.

  Or cet Agenda 21, Mesdames et Messieurs, celui que vous avez voté en juin dernier,

-          ce n’est pas une construction mathématique

-          ce n’est pas un échafaudage financier savamment calculé

-          ce  n’est pas point calculé avec une abscisse et une ordonnée.

  
Non, Mesdames et Messieurs. L’Agenda 21, c’est une option de vie ; c’est un choix d’évolution et c’est un choix politique ; c’est une belle utopie et c’est une philosophie pour toute une population… Et c’est un matheux qui vous dit cela.

 
 
Mais soyons francs… Je vais être franc :

-          Que peut peser une philosophie politique face au coût de l’urgence sociale dans ce département ?

-          Que peut peser une option de vie face aux contingences financières qui nous sont rappelées régulièrement par les grands argentiers… Et c’est leur rôle !

-          Quel poids fait l’utopie face à la réalité économique du terrain ?

-          Que pèse un choix d’évolution quand on n’est pas sûr de l’avenir des départements ?

  
   En disant cela, Mesdames et Messieurs, vous comprenez pourquoi je parlais de discours décalé et de parfum suranné… 

     
   Mais en vous disant tout cela, j’ai aussi, très immodestement, pardonnez-moi, 2 objectifs :

  
   Tout d’abord, nous rappeler, à nous élus, et je me mets dans le lot, parce que la tranquillité intellectuelle amène parfois à la lâcheté,  nous rappeler que l’imagination, l’invention et l’audace sont quand même, des attributs indispensables aux élus. N’ayons pas peur de les utiliser ; n’ayons pas peur d’en user ; n’ayons pas peur d’en abuser.


   Et ensuite, rappeler, à notre administration, que l’imagination, l’invention et l’audace ne font pas partie des maladies à déclaration obligatoire….

Et que le rôle de l’administration, c’est bien de faciliter l’imagination ;

Que le rôle de l’administration, c’est bien d’accompagner l’invention

Et que le rôle de l’administration, c’est d’avoir le courage de  nous rappeler que quand il n’y aura plus d’audace, on n’aura plus besoin des élus… L’administration suffira.

   Mais, c’est peut-être l’orientation inéluctable des choses !... Mais avouez que ce n’est pas très excitant !... Pour les élus du moins.

 

    Et, au passage, permettez-moi de rappeler, de façon anodine mais résolument ostentatoire, que la politique de l’environnement, stricto sensu,  ne représente qu’entre 0,5% et 1% du budget global du CG, mais que lors du dernier sondage, à la question : « Quelles sont les meilleures politiques du département », les habitants du Pas-de-Calais ont mis en numéro 1 : l’environnement et en numéro 2, le réaménagement du littoral. C’est sans doute injuste et disproportionné, mais c’est une réalité qui nous donne des marges de manœuvres et quelques objectifs relativement simples.

     
   En juin dernier, j’avais suggéré que chacun d’entre nous, élus et administratifs, fasse sa révolution culturelle. Pour que nous soyons fiers de nos décisions, je réitère ma demande. Et franchement, nous avons tout à gagner en adaptant notre système à cette évolution sociétale.

    
   Permettez-moi, mesdames et messieurs de terminer avec 2 anecdotes.

   
    Première anecdote : Il y a 3 semaines, les 7 présidents de comités de bassin étaient réunis avec Monsieur Borloo, ministre de l’environnement. L’objectif de cette réunion était de discuter de la Directive Cadre sur l’Eau, directive qui voudrait qu’en 2015, on obtienne un bon état écologique de toutes les masses d’eau.

   En France, nous savons que nous ne pourrons pas atteindre cet objectif et le gouvernement a déjà averti Bruxelles que nous allons essayer d’atteindre 66% au lieu des 100%  demandés.

   Et mon rôle de président de comité de bassin, ce jour là, c’était de demander, pour le bassin Artois-Picardie, une exception, un traitement de faveur: notre objectif ne sera pas 66%, mais de 50%. La France arrivera à 66% grâce à certains bassins qui font 75 ou 77%... Nous, dans le bassin Artois-Picardie, nous ne ferons que 50% …

-          Parce que notre bassin est plus pollué que les autres…

-          Parce que notre passé industriel et industrieux a fait que nous avons un handicap…

-          Parce que les pratiques agricoles n’évoluent pas assez vite…

   Je suis ressorti du ministère avec un accord pour 50%...  Mesdames et messieurs, j’avais rempli ma mission mais, franchement, je n’étais pas très fier d’avoir fait cette démarche devant les autres.

 
   
Seconde anecdote : L’autre jour, à Lille, je suis intervenu pour expliquer l’engagement du CG sur l’Agenda 21, sur le plan climat régional et sur tous les sujets qui touchent à l’environnement… Et j’ai résumé notre démarche, en disant : « Tout cela, c’est notre façon de dire Merde à Emile Zola… Ca en est fini de Germinal… On tourne enfin la page. » Et en disant cela, je sais que je choque certains élus, ici présents… Mais nous sommes tous pareils : nous aimons ce  département pour son passé, mais surtout pour son avenir. Et l’Agenda 21 est un geste d’avenir.

  
    Alors, mesdames et messieurs ; excusez-moi d’avoir été un peu long. Les mathématiques, ça parle de chiffres,  mais la philosophie, ça parle d’éternité.

  
    
Mais, parce que nous ressentons des doutes, des freins et des arrière-pensées,  je me devais d’assumer, dès aujourd’hui, les mauvais points de notre démarche et je me devais d’être explicatif et de  vous faire part de certaines de nos  interrogations…

   Interrogations qui sont simples :


   La philosophie a-t-elle sa place dans la politique ? Nous avons la naïveté de croire que Oui malgré le poids des contraintes.


   Le département du Pas-de-Calais peut-il et veut-il changer son image ? Nous avons la certitude de croire que Oui malgré le poids de l’histoire


   Peut-on changer le cours des choses… Nous avons la faiblesse de croire que Oui malgré l’ankylose due au grand âge de notre département.


   Dans une société formatée sur une matrice mathématique, un élu a-t-il le droit encore d’imaginer ? J’espère, à titre personnel,  simplement que OUI. Sinon, je me serais trompé sur toute la ligne.

    
   Mesdames et Messieurs, vous pourriez me reprocher d’être très exigeant avec ce qui n’a pas été fait et très sévère avec ce qui a déjà été fait. C’est sans doute un peu vrai mais on m’a toujours appris que pour atteindre un certain niveau, il fallait viser beaucoup  plus haut.

    Alors, mesdames et messieurs, les administratifs, simplement : aidez-nous à viser, à imaginer et à oser. Veuillez me pardonner si j’ai été, comme d’habitude, un peu rude, voire un peu rustre, mais je vous sais assez intelligents pour tirer de mes excès de langage quelques sujets de réflexions. 

    
   Mesdames et messieurs les élus, simplement : laissez-vous aller à imaginer et à oser… Comme pour l’Opération Grand Site ! L’imagination est, sans doute, le seul dividende qui reste à un élu et, je ne suis pas expert en finances, mais je sais que ce dividende là ne sera jamais touché par la crise.

  
   Je ne suis pas sûr de grand-chose, mais ça, au moins, je peux le certifier. 

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Published by Hervé POHER - dans CG: Agenda 21
17 février 2009 2 17 /02 /février /2009 11:00




Séance plénière Arras 

M,M

   Une explication et une précision.


  
Une démarche d’éco-certification, c’est simplement vouloir obtenir un label, une distinction et une mise à l’honneur pour une attitude remarquable, sinon exemplaire dans un domaine bien précis. Tout le monde connaît les normes ISO… Normes principalement mises en avant par les entreprises de services, entreprises de travaux ou autres.

   Dans le cadre de l’environnement, cette norme s’appelle EMAS et intègre d’ailleurs certaines règles de la norme ISO 14001. EMAS, cela veut dire : Eco-Management and Audit Scheme et ce label a été créé en 1995 par la commission européenne.

    Il implique, vous vous en doutez que le demandeur fasse régulièrement un audit (qu’on appelle un éco-audit) pour savoir si l’organisme, la structure ou la collectivité respecte bien des règles élémentaires de sauvegarde et de respect de l’environnement. Et cela, dans son fonctionnement, dans ses investissements et dans ces programmes.

  
  Actuellement, en France, une seule structure a ce label. C’est le marais de Viguerat, près de Arles, au bord de la Camargue. Et je tiens à vous signaler qu’on peut avoir des financements pour faire les études et entrer dans la démarche EMAS, mais que le label EMAS n’amène pas de financements spécifiques. C’est simplement une image de marque et un label, mais, en Europe, ce label est de plus en plus convoité.

  
Une précision maintenant. L’éco-certification fait partie de notre Agenda 21, à nous Conseil Général… Elle ne fait pas partie des obligations d’Eden 62. Mais, vous l’avez compris : une démarche EMAS implique que nous intervenions sur tous les champs d’action de notre collectivité et à vouloir intervenir partout, dans des domaines aussi différents que la protection de la biodiversité et les chantiers d’insertion, on risque de s’essouffler ou d’avoir un point de coté . C’est pourquoi, nous vous proposons de tester cette démarche dans un laboratoire.


Et quel est l’endroit :

-          Où on gère des espaces naturel avec des plans de gestions et un objectif de maintien de la bio-diversité

-          Où du personnel utilise des moyens de locomotion dans tout le département

-          Où on essaye de participer à l’insertion de publics que l’on dit défavorisés

-            on occupe des locaux, bâtiments ou autres qui sont adaptables et transformables

-          Où on doit se préoccuper, dans les travaux d’aménagement, de l’accès et de l’usage par les handicapés

-          Où on est en rapport, quotidiennement, avec les scolaires, avec le monde associatif ou avec les collectivités locales….

  
J’arrête là cette énumération. Mais vous l’avez compris et c’est comme cela que je l’ai présenté au comité syndical d’Eden 62 : Nous proposons qu’EDEN 62 soit le laboratoire du CG dans ce domaine précis, avec comme atouts :

-          Dans le fonctionnement d’Eden, vous avez tout le panel des fonctionnements du CG mais à une échelle beaucoup plus petite.

-          Au sein d’Eden 62, nous avons la chance d’avoir des techniciens et des employés qui adhérent intellectuellement et affectivement à ce type de démarche.

-          Troisièmement : Je vous rappelle qu’Eden n’est qu’un outil du CG ; si ça marche au sein d’Eden, nous pourrons envisager d’étendre progressivement cette éco-attitude au reste de la collectivité ; si cela s’avère trop contraignant et trop difficile, nous l’aurons limité qu’à un des outils du CG.

  
Et dans cette démarche, nous aurons besoin, de ci, de là, de la coopération du monde associatif ou de l’aide et de l’agrément des collectivités locales…

  
Exemple simple : EDEN 62 s’implique dans la démarche EMAS… Alors Eden 62 imagine utiliser des voitures au gaz… Alors EDEN 62 réalise qu’il faut des stations d’approvisionnement... Alors il faut trouver une collectivité qui accepte le principe, donne des autorisations ou nous accompagne dans cette démarche. D’où un implication directe ou indirecte des collectivités.

  
Je sens que le président va me dire : « Je ne sais toujours pas ce que ce que cela implique… ». Alors, un exemple concret : Au sein d’un espace naturel, riche en biodiversité et aménagé pour tout public, un garde utilise une voiture au gaz et occupe un bâtiment chauffé au bois, parfaitement isolé et où on récupère les eaux de pluie…. Ext, ext

  
Voilà, Mesdames et Messieurs, voilà ce que nous vous proposons tout simplement :

« Que pour cette démarche d’éco-certification, Eden 62 avec sa structure, avec ses moyens et avec ses hommes,  soit le laboratoire d’essais du CG. »

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Published by Hervé POHER - dans CG: Agenda 21
17 décembre 2008 3 17 /12 /décembre /2008 00:00

 


  Lille signature officielle  

Même si on m’a appris qu’il n’est pas beau de rapporter, j’ai été chargé d’être le rapporteur du groupe 1, de vous en esquisser la trame, qui est loin d’être verte et  de vous livrer un résumé des points d’appui de notre future réflexion. Ce groupe s’appelle : «  L’efficacité énergétique dans les domaines prioritaires que sont le bâtiment, les transports, l’urbanisme et l’aménagement du territoire. » Je vais essayer de faire court car l’énergie cérébrale est peut-être renouvelable, mais il ne faut pas en abuser.

   Permettez-moi, pour être pratique,  d’imager mon propos.

   Figurez-vous que j’avais envie de boire un coup avec Emmanuel Cau, de passer un moment de convivialité avec Delphine Bataille, de soutirer des sous à Hervé Pignon et de taquiner Michel Pascal sur le désengagement de l’état. J’ai donc décidé de venir à Lille, aujourd’hui.

   Je me suis donc levé à 6 heures du matin. J’habite dans une vielle maison datant du début du siècle dernier, maison avec une isolation quasi inexistante et qui, comme je suis un grand frileux, est toujours surchauffée.

   Après une toilette dévorante d’eau et d’énergie en tout genre, je me suis pris une collation à coup de grille pain, de presse orange et de cafetière électrique. Ensuite, j’ai pris ma vieille voiture bien polluante et j’ai fait 110 kms sur une autoroute, bien gondolée, autoroute qui, sur la cote,  est plus éclairée par les radars que par les luminaires. Bien entendu, comme d’habitude, en arrivant à Lille, je suis tombé dans les embouteillages et finalement, je suis arrivé au nouveau siècle, qui n’est pas forcément l’exemple d’un bâtiment sobre en énergie.

   Et tout à l’heure, bien entendu, je vais refaire  le trajet dans l’autre sens…. Très sincèrement, je n’ai pas l’impression que mon bilan carbone, pour aujourd’hui, soit très bon… Tout cela pour parler 9 minutes 47.  Ca fait beaucoup de carbone à la seconde. Et encore, vous avez de la chance, je ne suis pas venu en avion !

   Je vous ai illustré la problématique générée par notre mode de vie, par nos habitudes et par une certaine notion du confort auquel nous avons tous pris goût. Moi autant que les autres. Voire plus parce que j’en ai les moyens, je dois l’avouer.

   Alors, doit-on pour éviter une telle gabegie énergétique se laver à l’eau froide, supprimer le chauffage en ne mettant que des pulls et venir à Lille à bicyclette ?

   Vous savez bien que la réponse est non et c’est là qu’est l’intérêt d’une démarche collective, dans le cadre d’un Plan Climat Régional.

   D’autres auraient pu me dire : « Vous n’avez qu’à prendre le train, Monsieur Poher ! ». Je ne perdrai pas de temps à vous expliquer qu’il m’est facile de prendre un aller pour venir à Lille, mais que j’ai beaucoup de mal à retourner dans ma ruralité profonde. Et de toute façon, les conducteurs de TER-GV sont en grève aujourd’hui.

   Car le contexte régional est simple : nous sommes une grande région par la taille et la population ; nous sommes la région française la plus urbanisée, fruit de notre situation géographique et résultante de notre histoire et de ce fait, 15% de notre territoire a été artificialisé. Entre 1990 et 2005, la consommation d’énergie a augmenté de 15% avec, en 2005, une tendance à la baisse sauf dans le résidentiel.

   Nous savons qu’il faut inverser le phénomène et qu’il nous faut, nous décideurs et citoyens,  réfléchir à l’inscription, dans nos démarches, de cette notion essentielle qu’est l’efficacité énergétique.      

   Le principe en est simple : comment générer le même service, le même niveau de confort sans être automatiquement le même confort ; comment nous procurer  le même produit espéré en consommant moins d’énergie… Et comme l’énergie coûte de plus en plus cher, comment faire des économies ?

   Vous le savez, dans le bâtiment, résidentiel ou tertiaire, il est possible d’obtenir une diminution significative des dépenses énergétiques. En plus, une telle démarche présente 2 atouts non négligeables :

-         1) Cela pourrait créer ou maintenir de l’emploi

-         2) Construire avec de nouvelles normes est un acte qui a une certaine pérennité. Vous ne refaites pas un bâtiment tous les ans et le gain énergétique est durable, sans attenter à votre confort ou à votre mode de vie.

  Le problème des transports est le même : il nous faut changer nos habitudes et repenser l’aménagement du territoire. Je me plais à rappeler une étude qui a été faite récemment : lorsque le pétrole était à 150 dollars le baril,  le gouvernement américain a demandé à certains experts : « Jusqu’où cela peut-il aller et quelles en seront les conséquences. » Les experts ont joué, sérieusement à la science fiction en affirmant :

-         Il n’est pas inconcevable d’imaginer un baril à 800 dollars

-         Ce sera enfin l’occasion de révéler de nouvelles sources d’énergie

-         Ce sera alors la disparition de 95% des compagnies aériennes

-         Ce sera alors la fin des délocalisations et le retour du produit local

-         Ce sera la fin de la rurbanisation, c'est-à-dire que les gens, les commerces et les activités retourneront en centre ville… comme il y a 2 siècles…. Vous savez bien que ce scénario est fort possible !

   En résumé, dans ce groupe 1, l’objectif est de répondre à certaines questions :

·       Comment, tous ensemble, toutes les collectivités et tous les citoyens, inscrire la notion d’efficacité énergétique dans nos actions et dans nos décisions ?  Et quand je dis toutes les collectivités, cela sous-entend aussi,  que nous osons sortir du carcan des compétences.

·       Comment rendre l’obligation d’efficacité énergétique incontournable dans le bâtiment et les transports?

·       Comment faire pour que le sigle HQE ne soit plus un gros mot ?

·       Comment imaginer la ville de demain, plus économe, plus rationnelle et parfois plus humaine ?

·       Comment accompagner les entreprises, les gens, la société dans cette mutation obligatoire ?

·       Quels moyens financiers et humains les décideurs sont-ils prêts à mettre pour relever ce défi ?... Sachant que nous vivons dans une société comptable, où le chiffre a remplacé la volonté et où les mots utopie, rêve et progrès sont souvent considérés comme démodés.

·       Comment intégrer ces préoccupations et cette démarche dans les milieux précarisés qui sont bien souvent hermétiques.

 

   C’est un beau sujet de réflexions et une bataille qu’on sera obligé  de livrer tous ensemble. Et la victoire sera collective ou ne sera pas.

CONCLUSION

 

   En conclusion, je devais vous informer de ce que la collectivité auquel j’appartiens fait déjà dans le cadre d’une démarche développement durable.

  J’aurais dû vous expliquer qu’au travers de nos fiches 18,20,34,38, 57,58,59 ,60 …. de notre agenda 21, nous faisons déjà du développement durable, sans le savoir parfois, comme monsieur Jourdain, ou sans le dire et que si, dans certains domaines, nous ne le faisons pas, nous allons remédier à cela.  Je pourrai vous parler du canal Seine-Nord Europe, de notre nouvelle façon de faire des routes, des nos espaces naturels sensibles, dont nous sommes si fiers et qui servent d’exemples partout en France. Je pourrai vous expliquer comment, dans une opération appelée « Quand la cigale devient fourmi », dans le calaisis, plutôt que de payer bêtement les impayés d’électricité, nous avons mis en place tout un système d’éducation aux économies d’énergie et à la gestion du budget chauffage, pour les publics en grande précarité.

  Je pourrais vous dire plein de chose… Mais l’important n’est pas ce que l’on dit ; c’est ce que l’on fait. Aussi, permettez-moi de revenir sur le moteur de notre démarche. C’est beaucoup plus intéressant et c’est surtout porteur de plein de symboles. 

   La vie d’un élu a, parfois, des redondances ou des hasards qui sont bizarres, voire exceptionnels… Et qui nous poussent à réfléchir.

    Il y a 8 jours, je participais à un colloque, à Arras, pour parler des problèmes de santé, de prévention et pour évoquer l’état sanitaire de notre région. Les intervenants qui m’avaient précédé, avaient évoqué les énormes problèmes financiers du système de soins, l’impasse de la Sécurité Sociale et la future réorganisation de la gouvernance sanitaire.

   Quand je suis intervenu, je n’ai pas pu m’empêcher de leur livrer une certitude que j’ai depuis des années. J’ai dit : «  Depuis des décennies, dans notre pays, nous avons fait une monumentale erreur : pour faire du sanitaire ou du para-sanitaire, il faut avoir une formation scientifique. Or Hippocrate n’avait rien d’un scientifique. Chez les grecs, les médecins étaient avant tout des humanistes et des philosophes. » En médecine, on a sans doute oublié l’importance de l’homme et de la  pensée.

   Hier, j’étais, avec certains d’entre vous, à Cité-environnement, pour parler de la biodiversité. Je n’ai pas tout compris, j’étais largué  je l’avoue, mais, à un moment, j’ai entendu parler de Montesquieu et d’Aristote. Je me suis dit : « Tiens, on voit resurgir les philosophes dans la protection des «  garnouilles » et des petites fleurs. » Dans l’environnement, là aussi, pour des raisons de développement, pour des raisons financières, pour des raisons de profits ou pour des calculs de basse comptabilité, on a oublié l’essentiel : l’homme et ce qui fait l’homme, son environnement.

   On m’avait dit que je devais terminer cette matinée en disant pourquoi le CG du PDC voulait s’inscrire dans la démarche Plan Climat Régional. Alors, dans la lignée de ce que j’avais entendu depuis 8 jours, j’ai cherché une orientation philosophique ; je vous dois avouer que mes références philosophiques étant circonscrites à Pierre Dac, San Antonio et Gaston Lagaffe, j’étais bien ennuyé. Mais très honnêtement, je me suis posé la question : «  Pourquoi le CG du PDC a-t-il voulu faire un Agenda 21 ? Pourquoi est-il en train de mener l’OGS ? Pourquoi veut-il être partenaire du plan climat ? » La réponse est, en fait, très simple et tiens en une phrase ; phrase qui est une philosophie en soi ; excusez-moi d’avance, mais l’expression c’est : «  Merde à Zola car il y en a marre de Germinal ! »

   Oui, M et M, en participant à cette démarche, les élus et les habitants du PDC ont voulu, simplement signifier

·       Que le temps du misérabilisme est terminé ; on a enfin tourné la page. On ne veut plus entendre parler de notre taux d’alcoolisme, de notre taux de cancers, de notre climat, de notre taux e chômage…

·       Que nous sommes fiers de nos paysages, de nos terrils et de nos horizons

·       Que nous aimons notre ciel et la couleur opale de notre mer

·       Que nous assumons pleinement notre histoire et les stigmates qu’elle nous a laissés et que s’il faut réparer, nous réparerons.

·       Que nous arrêtons de subir et que nous voulons prendre notre destin en main.

   Mais que le Nord-Pas-de-Calais est un beau pays, est une belle région et parce que c’est joli, parce que c’est riche d’histoire et de diversité, parce que nous en sommes fiers et que nous voulons garder ces spécificités, parce que nous savons, peut-être inconsciemment, que notre trésor est autour de nous… Oui, c’est pour tout cela que nous avançons et que nous voulons être de tous les défis et de toutes les aventures. Cette signature, c’est aussi une partie de notre thérapie. Et cette signature, aujourd’hui, c’est aussi tout cela, même si je résume en disant de façon un peu triviale : « Merde à Zola. » Mais Emile Zola me le pardonnera, j'en suis sûr !

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Published by Hervé POHER - dans CG: Agenda 21
30 juin 2008 1 30 /06 /juin /2008 00:00






                                                                                                                                                              Séance plénière Arras

M,M,M

   Il me revient la lourde tâche de vous présenter et de vous proposer, pour validation un document qui, classiquement est appelé « L’Agenda du 21ème siècle », c'est-à-dire l’Agenda 21 de notre collectivité.

    Si j’ai utilisé l’expression « lourde tâche », ce n’est pas parce que l’exercice est physiquement éprouvant ou intellectuellement pénible… Non, si j’ai parlé de lourde tâche, c’est simplement parce que cet Agenda 21 a été élaboré, en même temps que le Plan Stratégique Départemental alors qu’il n’en est que le pur produit génétique, alors qu’il n’en est que le fils spirituel tout en étant une des déclinaisons pratiques de ce PSD. Or, vous le savez,  il n’est pas forcément évident de dessiner la branche, quand on n’a pas encore choisi, exactement, la racine.

    « Lourde tâche » aussi, car ce document, qui va nous engager pour l’avenir, est le résultat de réflexions, de cogitations et de propositions d’un nombre important de personnes … Et d’aucun pourront qualifier certaines propositions d’utopiques… Mais j’assume pleinement le terme « utopique ».

-         Réflexions et propositions de l’ensemble des élus de cette assemblée ;  

-         Réflexions et mobilisation de l’ensemble des techniciens de notre collectivité car un Agenda 21 est, par définition, un exercice de transversalité ;

-         Réflexions et concertation de l’ensemble des partenaires traditionnels et occasionnels de notre collectivité ;

-         Réflexions et avancées, enfin, et je tiens à les en remercier officiellement, des membres du personnel du Conseil Général. Je le répéterai tout à l’heure, une telle démarche ne peut se faire qu’avec une volonté d’exemplarité… Et l’exemplarité ne peut se concevoir qu’avec un engagement affirmé des élus et un engagement fort du personnel du Conseil Général.                                   

     Mesdames et Messieurs. Comme dans toute intervention, il y a le fond et il y a la forme. Lorsqu’on parle d’Agenda 21, de développement durable, d’éco-responsabilité, d’éducation et d’avenir, il est évident qu’il existe toujours, en filagramme,

-         des images d’un environnement propre,

-         d’un monde visuellement, auditivement et olfactivement sain,

-         d’un développement raisonné et maitrisé de façon intelligente.

  Bref, Mesdames et Messieurs, nous avons dans la démarche, l’espérance et le désir d’un monde meilleur et moins abimé qu’il ne l’est actuellement.

   Et sur ce fond, je sais que nous serons tous d’accord. Comment ne pas être d’accord avec un rêve d’autant plus si ce rêve risque malheureusement d’être légué… et quand je dis malheureusement légué, cela sous-entend, bien entendu, qu’il ne sera pas réalisé …par nous en tous cas ?

   Et puisque l’important, c’est le fond, Mesdames et Messieurs, Monsieur le Président,  je me suis permis de modifier la forme. En toute logique, le rapporteur d’une telle délibération devrait :

-          vous expliquer le pourquoi du comment,

-         vous resituer le contexte de la démarche,

-         vous expliciter chaque point de ce dossier pour que vous puissiez imaginer les conséquences à court, à moyen et à long terme…

   Bref, je devrais me lancer dans un exercice relativement pénible, composé d’un inventaire à la Prévert, mâtiné de phrases à la Proust. Je suis sûr que vous n’êtes pas demandeurs d’une telle démarche indigeste, surtout en période postprandiale et, de plus, soyons honnêtes, n’est pas Prévert ou Proust qui veut.

  Je n’ai donc pas trouvé judicieux de faire, au sein de cette assemblée, une simple liste des actions qui vous sont proposées. Je laisse le soin aux présidents de commission de choisir et de parler de ce qui leur semble essentiel.

   Pourquoi éviter de vous infliger un inventaire ? Pour 3 raisons très simples :

-         La 1ère, c’est que vous avez tous eu le document, qu’il est assez épais, que nous supposons que vous savez tous lire et que nous ne doutons pas que vous l’ayez tous lu.

-         La 2ème raison est que le développement durable, le réchauffement de la planète et ses conséquences, la crise énergétique et alimentaire… Toutes ces notions sont devenues les bases de notre information quotidienne et nous ne doutons pas, là aussi, que vous vous informiez tous les jours

-         La 3ème raison est une crainte que je partage avec d’autres. Je sais que lorsqu’on assène trop souvent ou trop longtemps certains messages ou certaines certitudes, le résultat est parfois contre productif et la lassitude des gens peut nuire à l’efficacité. La répétition est capable d’imprégner le circuit neuronal d’un enfant, mais il est prouvé qu’à partir d’un certain âge, il devient illusoire de vouloir, à tout prix, changer le fonctionnement cérébral de l’être humain. Et quand un organisme ne peut pas s’adapter, il fait parfois le contraire. Bref, j’ai peur d’entendre un jour : « on nous casse les pieds avec l’Agenda 21… »

   Aussi, plutôt que de vous énumérer 62 actions, je voudrais, simplement, vous en montrer les grandes orientations  et plutôt que de vous projeter un résumé de la délibération ou la transcription littérale de ce que je dis, j’ai demandé aux services de vous proposer un livre d’images, livre d’images que vous voyez défiler depuis le début de mon intervention. Notre département est assez grand, assez beau, assez innovant pour que nous puissions être originaux en toute liberté. Et plutôt que des textes, il vaut mieux, bien souvent, offrir des lumières, des couleurs, des impressions et des émotions. Surtout, ne voyez aucune corrélation entre ce que je dis et les images… Cela pourrait en offusquer quelques-uns. Surtout quand il s’agit de photos de chèvres, de vaches ou de moutons.  

  1 programme, 3 axes d’intervention, 7 orientations stratégiques et 62 actions. Voilà comment est formaté notre Agenda 21.

   Symboliquement, nous avons voulu qu’il y ait 62 actions. Bien entendu, l’exercice aurait été différent si nous étions des élus de l’Ain, de l’Aisne ou de l’Allier. Et bien entendu, nous aurions pu ne trouver que 52 actions ou en imaginer 70. Mais, le hasard nous a permis de  définir 62 actions… Mais rassurez-vous, comme je l’ai dit, je ne ferai pas l’inventaire. Juste quelques lignes de force à souligner :

-            Le Département a, dans ses compétences, entre autres,  les collèges, les personnes âgées, le handicap… Nous sommes, en plus, responsables de l’insertion. Et bien, le CG a clairement affirmé qu’il voulait de la transversalité en intégrant l’insertion dans le fonctionnement des collèges et dans les services à la personne, comme il l’a déjà fait dans l’environnement.

-          Justement, qui dit Agenda 21, pense, de façon très  réflexe, protection de l’environnement. L’étendue de notre espace rural, la richesse de nos paysages et la volonté affirmée des décideurs politiques font qu’on peut se targuer, très immodestement, d’avoir été et d’être exemplaires dans cette démarche. 

-         Et soyons honnêtes, nous avons la chance, dans ce département, de profiter d’espaces naturel offerts par la nature et d’espaces naturels ciselés par la main et par l’histoire de l’homme, et vous le savez, ces derniers  espaces ne sont pas les moins beaux.

-           Autre point essentiel : n’oublions pas, que si, par le passé, le charbon a été l’élément fédérateur et moteur pour toute une région, l’eau est et sera un de nos trésors naturels. A nous de savoir protéger et utiliser ce trésor à bon escients.

-           Bien entendu, Mesdames et Messieurs, il nous faudra aussi avoir le courage d’aborder, de s’attaquer, que dis-je, d’affronter le schéma de traitement des ordures ménagères. Une délibération, aujourd’hui, nous met déjà sur cette voie et vous savez que des choix et des options fondamentales seront obligatoires.

-         Le réchauffement de la planète, les gaz à effet de serre et la crise énergétique font qu’il est impossible de ne pas imaginer une mutation dans notre façon de construire et un  engagement différent pour trouver de nouvelles sources d’énergie.  Dans ce domaine là, nous pouvons aussi être des leaders… Mais attention de bien rester dans le raisonnable et le sensé…

-         Dans toute action, il faut un baromètre, une unité d’évaluation, un témoin d’efficacité.  Arbitrairement, nous avons choisi l’abeille qui est, avec les batraciens un bon indice de non pollution de l’environnement… Et en plus, le miel, c’est bon pour la santé !

Vous le savez, une telle démarche ne peut réussir

-         que si nous passons par l’éducation des plus jeunes, sans aucun doute plus réceptifs que les adultes,

-          que si nous passons par l’information et la formation de nos agents et de nos partenaires,

-         que si nous passons par la sensibilisation de nos publics                  

    Et Comme je vous l’ai déjà dit, on ne peut être donneur de conseils, voire de leçons que si nous-mêmes, nous nous appliquons et respectons certaines règles. Qui dit Agenda 21, dit inventivité, originalité, transversalité et exemplarité… Et ce message simple doit être transmis, évidemment,  à nos populations mais aussi aux gens qui ne font que passer dans le Pas-de-Calais. Les visiteurs de notre département peuvent être et doivent être les ambassadeurs de notre exemplarité.

   Dernier point essentiel de notre démarche : l’utilisation de notre espace de vie  avec une implication forte dans le monde rural que ce soit pour l’agriculture biologique, la lutte contre les inondations et dans l’appréhension des problèmes fonciers ; Avec une autre façon de créer et de gérer notre réseau routier, qui est devenu la première de nos vitrines ; avec une autre façon d’imaginer les lieux de vie, de créer la ville, bref, une autre façon d’inventer l’urbanisme. Et vous le savez, nous ne ferons pas l’économie d’une remise en cause de nos modes de déplacement et de notre fonctionnement interne…

  Et puisqu’il fallait un lieu symbolique pouvant illustrer ce fourmillement d’idées, nous vous proposons de prendre le Site des Caps, grand site national classé, lieu touristique où, avec une multitude de partenaires,  nous intervenons pour maintenir la biodiversité, pour protéger les paysages, pour rappeler notre histoire, pour valoriser les communes dans leur spécificité, pour faire un aménagement intelligent du territoire.  Bref, Mesdames et Messieurs, sur ce territoire là, nous avons décidé, un jour de 2004, de faire du développement…

Mais du développement durable… Et notre seule ambition, c’est bien d’étendre cette démarche là à  tout le Pas-de-Calais.

   Voilà dressé, sans entrer dans le détail, la silhouette de notre Agenda 21.

   Bien sûr, il n’est pas complet ; bien sûr, il n’est pas parfait ; bien sûr, il devra évoluer et bien sûr, il devra être, à la fois, l’ambition, l’instrument et le résultat d’une dynamique collective.

    Mais permettez-moi d’anticiper les critiques.

   Certains vous diront que nous cédons à un effet de mode … Soyez modestes et répondez tout d’abord que ce n’est pas désagréable, de temps en temps, de se mettre à la mode et ensuite, que notre Agenda 21 est porteur d’ambitions, mais qu’en élus responsables, nous avons su fixer des ambitions raisonnables et raisonnées, sans effet de mode.

   D’autres vous diront que nous sommes un peu en retard et que nous voulons acquérir une bonne conscience écologique …  Répondez qu’on ne peut pas être les premiers partout et que le département du Pas-de-Calais a parfaitement bonne conscience car notre Grenelles de l’environnement, nous l’avons commencé il y a plus de 25 ans… Rappelez aussi que :

-          le Conseil Général a été innovant quand il a décidé la création des zones de préemption et a mis en place sa politique des Espaces Naturels Sensibles ;

-         qu’il a été inventif quand il a imaginé EDEN 62 ;

-         qu’il a été pragmatique quand il s’est allié avec le Conservatoire du Littoral ;

-         qu’il a été courageux quand il a décidé de l’Opération Grand Site National des Caps

-         et que dans le cadre de la protection de l’environnement et le respect des paysages, le Pas-de-Calais n’a de leçon à recevoir de personne et que s’il faut assumer les stigmates du passé, nous saurons le faire mais en les valorisant. Car nous, nous sommes fiers de nos terrils.

   D’autres, enfin, vous affirmeront que l’impact de l’homme est minime dans les dérèglements naturels et climatiques que nous voyons arriver … Qu’on ne pourra jamais empêcher une vache de produire du méthane… Que la terre a déjà connu des réchauffements aussi importants, le dernier connu étant à cheval sur le 15ème et le 16ème siècle… La seule différence, c’est qu’à cette époque là, la mer allait jusque Saint-Omer et la plaine des Flandres n’était pas urbanisée… Alors, une montée du niveau de la mer n’aurait certainement pas les mêmes conséquences. Et même si l’activité humaine n’est responsable que d’une partie minime du dérèglement climatique, ne devons-nous pas remédier à cela ?  

  Et pour vous aider dans votre quête de vérité, Mesdames et Messieurs, permettez-moi de vous livrer 3 petites informations, mais ces 3 informations peuvent vous fixer la hauteur des enjeux.

   1ère information : L’Institution Interdépartementale des Wateringues vient de faire faire une étude sur la diminution de nos capacités d’évacuation de l’eau, diminution due à la montée du niveau de la mer. Seul chiffre à retenir, Mesdames et Messieurs. Au niveau des ouvrages qu’on appelle TIXIER, c'est-à-dire au niveau de Dunkerque, le niveau de la mer augmente de 0.2 à 0.4 cm par an. De façon inexorable et continue.

2ème information : Il est prouvé que si l’on compare la terre aujourd’hui à ce qu’elle était, il y a 600 millions d’années, nous avons perdu 99,9% des espèces végétales et animales. C'est-à-dire que lorsqu’on parle de sauvegarder la biodiversité, on ne raisonne que sur 0,1% de ce qui était notre patrimoine initial. Et nous savons que, dans les 50 ans qui viennent, au rythme que nous avons adopté, nous allons perdre encore 50% des espèces actuellement vivantes.

3ème information : Le baril de pétrole est actuellement entre 140 et 150 dollars. Certains parlent de bientôt 170 mais des économistes américains viennent de sortir une étude très sérieuse affirmant qu’un baril à 800 ou 1000 dollars n’était pas inconcevable. Avec pour conséquences : disparition de 95% des compagnies aériennes, fin de la rurbanisation et retour des gens en centre ville, coup d’arrêt à la mondialisation et avènement, enfin, de toutes les nouvelles énergies. Je vous laisse le soin d’imaginer l’avenir.

    En conclusion, Mesdames et Messieurs. Il est évident que, dès demain, nous allons être confrontés aux regards dubitatifs de certains. Aux regards de ceux qui, mis sous emballage par leurs milieux ou conditionnés par leur parcours intellectuel et professionnel, trouveront à redire ou pire… ne diront rien mais nous le ferons savoir. Et nous devrons affronter le regard de tous ces autres, imbibés de leurs certitudes,  tellement pragmatiques, tellement engoncés dans leur savoir, tellement formatés par les lois, les règles et les règlements qu’un jour, ils ont oublié de rêver, donc d’espérer. Tous ces gens là nous diront : « Messieurs les élus, Y’a plus qu’à… » sous-entendant par là, ostensiblement, que les bonnes intentions n’engagent à rien, que le plus dur reste à faire, que l’Agenda 21 n’est qu’un document parmi d’autres et que de toute façon, il faudra passer par les fourches caudines du formalisme officiel ou de la strangulation financière… Et bien, devant ces forts en thème, je peux affirmer deux choses :

-         Première remarque: C’est vrai que la majorité de notre population n’a pas fait de grandes études… Mais c’est pareil ailleurs; c’est vrai que la plupart des élus de ce département ne se vantent pas d’avoir la science infuse… Mais c’est pareil ailleurs; Mais c’est vrai aussi que certains peuples, comme le notre, ont cumulé, au fil du temps, des handicaps et des cicatrices. Tout cela, correspond à une  réalité de terrain, mais, malgré cela, l’histoire a montré que les habitants de ce département, élus ou non, peuvent être fiers de leur accent, de leurs paysages, de la couleur de leur ciel et de leur passé… Et ils peuvent être fiers d’être tout simplement  des gens du Pas-de-Calais. Et ça, Mesdames et Messieurs, c’est une noblesse comme une autre, qu’on se le dise. Et c’est la conscience de  toutes ces fiertés là qui fait la trame d’une politique et qui fait l’essence d’un Agenda 21. Un Agenda 21, ce n’est pas une philosophie imposée ou apprise ; c’est un ensemble de ressentis acceptés et brandis en étendard. Et ça, ce n’est pas le genre de chose qu’on apprend forcément dans les grandes écoles.

 

-        Seconde remarque: c’est qu’on va nous dire que le plus dur, c’est de commencer…. Mais il y a longtemps que c’est commencé et cette fameuse démarche d’écocitoyenneté, nous sommes déjà en plein dedans… Et chaque jour !                                                                               

   Ce n’est pas pour rien que le jeudi 19 juin, le Président du Conseil Général a inauguré, au collège de Billy-Montigny, un Espace Naturel Sensible, espace aménagé par des enfants de la SEGPA.

   Ce n’est pas pour rien que, le lendemain, le vendredi 20 juin, le Président du Conseil Général a eu le plaisir, avec quelques collègues,  de déguster un repas bio, au collège de Wimille.

   Ce n’est pas pour rien que, le lendemain, le samedi 21 juin, le Conseil Général et EDEN 62 ont été les parrains d’une école maternelle et élémentaire, à Racquinghem, école qui s’appellera désormais « Ecole des Landes. » et école placée sous le signe du développement durable.

 

   Oui, Mesdames et Messieurs.

-         La prise de conscience, nous sommes dedans ;

-         l’écocitoyenneté, nous sommes dedans ;

-         le devoir d’inventaire devant nos enfants et l’écoresponsabilité, nous sommes dedans. Il est important que tout le monde en prenne conscience.

             

   Et pour terminer, Mesdames et Messieurs, permettez-moi de revenir sur un moment fort de ces 10 derniers jours.

 

   C’était à Billy-Montigny.  Comme je vous l’ai dit, le Président a inauguré un ENS, à l’intérieur d’un collège, collège qui passe, en ce moment une période un peu difficile. Et pendant les discours, tous les enfants de la SEGPA étaient alignés, avec leur beau pull au logo des clubs EDEN ; fiers de ce qu’ils avaient fait, fiers d’être les héros du jour ; fiers d’avoir pu capter, dans le petit bois, des moments de silence et d’avoir pu saisir, pendant quelques secondes, le chant des oiseaux… Et conscients de l’importance du moment, ils écoutaient de façon quasi mystique le discours du Président Dupilet.

 

   Et j’ai imaginé un de ces enfants, allant trouver le Président, à la fin des discours, et lui disant, dans son langage de gosse du 21ème siècle : « Dis Monsieur. Mettre un nichoir à oiseaux à coté du terril de mon papy, c’est

 quand même vachement cool ! »

 

   Mesdames et Messieurs. Si vous avez une phrase à retenir, c’est celle-là : «  Mettre un nichoir à oiseaux à l’ombre d’un terril, c’est vachement cool. » Cette phrase résume notre espoir de citoyen, notre devoir d’élu et une partie de l’exigence de nos enfants. Et dites-vous bien que lorsque vous entendrez des gamins vous dire : « Ce que vous avez fait, c’est vachement cool. », vous pourrez avoir modestement le sentiment du devoir accompli … Mes chers collègues, c’est sans doute un peu  simpliste, mais c’est déjà pas mal.

   Mesdames et Messieurs, je vous remercie de votre attention.

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Published by Hervé POHER - dans CG: Agenda 21
26 novembre 2007 1 26 /11 /novembre /2007 00:00

   





Plénière du CG Arras



   Depuis quelques temps déjà, vous entendez parler, au sein de notre collectivité, d’écodéveloppement, de développement durable et d’Agenda 21, l’Agenda 21 étant la déclinaison à la fois administrative et politique de la notion de développement durable.

   Nous en avons beaucoup parlé depuis 2004 et le Président a lancé la réflexion et l’élaboration de cette démarche en début d’année 2007.

   N’étant pas les premiers à vouloir instiller du développement durable au sein de nos politiques et de notre fonctionnement, il aurait été très simple d’aller copier ce qu’on déjà fait certaines autres collectivités.

   Pour être franc avec vous, nous avons examiné, effectivement, les expériences, les réussites ou les échecs de collectivités Agenda 21. Il est, en effet, inutile de réinventer ce qui a déjà été inventé et qui marche bien. De même, il est inutile de perdre du temps avec des initiatives vouées à l’échec et qui l’ont prouvé.

    Mais, parallèlement à cette démarche extérieure,  nous avons voulu susciter, au sein même du Conseil Général, une réflexion et une dynamique que je dirais endogène, participative et collective.

   Dans un premier temps, nous avons proposé à toutes les commissions de débattre et de faire des propositions, pour élaborer un premier programme d’actions.

   Parallèlement à cette démarche, nous avons lancé un appel à tous les agents du CG pour qu’ils viennent participer à une « semaine Agenda 21 », semaine qui s’est déroulée entre le 5 et le 11 octobre. Plus de 120 personnes ont participé à cette semaine d’échanges, de réflexion et de construction de l’Agenda 21. 4 ateliers thématiques ont été mis en place :

-         La problématique du changement climatique

-         La préservation de la biodiversité et des ressources naturelles

-         L’épanouissement de chacun et la solidarité

-         Changer nos modes de production et de consommation.

Et dans chacune de ces thématiques, il fallait réfléchir à une déclinaison

-         Dans le fonctionnement propre du CG

-         Dans l’application de nos politiques

-         Et dans les relations avec les collectivités locales dont nous sommes partenaires.

 

   Ces ateliers ont fonctionné, grâce à l’animation d’un cabinet spécialisé et en faisant abstraction complète des secteurs d’activité des agents, de notre hiérarchie interne et des contingences politiques ou financières qui pouvaient parasiter la démarche.

 

   En lançant cette semaine, j’avais dit aux agents du département : « N’ayez pas peur d’être imaginatifs, d’être utopistes, voire d’être iconoclastes… Nous, après, nous ferons le tri. »

 

   Et bien, je dois vous avouer, que je fus très étonné du résultat. Les actions qui ont été proposées à l’issue de cette « semaine Agenda 21 »,  sont très raisonnables, très réalistes et facilement applicables.

 

   En additionnant le travail des commissions et celui des agents, c’est plus de 700 propositions qui ont été notifiées. Et de ces 700 propositions, nous avons tirés 62 grandes orientations pour notre département… Je n’ai pas dit 59 ou 63… j’ai bien dit 62. Ce premier schéma a été présenté, le 19 novembre en commission environnement et a été approuvé.

 

   D’ici le débat d’orientation budgétaire, nous aurons fixé, d’après ce document d’orientation, les responsabilités de chacun, le « Qui fait quoi », aussi bien au niveau des services que des commissions. Et nous espérons pouvoir officialiser  notre Agenda 21 et son calendrier d’application dans les premiers mois 2008… Je vous parle bien de calendrier d’application car il est évident que nos propositions ne pourront s’immiscer au sein des politiques départementales qu’au fil du temps et qu’au fil des budgets.

 

   Parallèlement à cette démarche essentielle pour notre collectivité, je tiens à vous rappeler que nous sommes en train de

-          Participer à l’élaboration du plan Climat Régional, avec l’état, le Conseil Régional et le CG du nord.

-         Nous sommes en train de formaliser notre présence incontournable dans la démarche « trame verte et trame bleue ».

-         Et enfin, je vous rappelle que, depuis quelques mois déjà, nous avons entamé une régularisation de nos relations avec certains partenaires, les CPIE en particulier et les grandes associations ou structure de l’environnement

Toutes ces initiatives allant dans le même sens : créer une dynamique collective autour de l’Agenda 21.

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Published by Hervé POHER - dans CG: Agenda 21
23 novembre 2007 5 23 /11 /novembre /2007 19:58

 



MEDEF, Calais. Conférence sur le développement durable

M,M


  
Il me revient la lourde responsabilité de terminer cette matinée et de vous confirmer, si tous les intervenants n’y sont pas arrivés, que la notion de développement durable, ce n’est pas un gadget et ce n’est plus un effet de mode.

   Je le dis d’autant plus sérieusement que je fais partie de ceux qui, il y a 15 ans,  ont entendu parler de « développement durable » et, franchement, à cette époque là, nous étions nombreux à être  très dubitatifs.

   Comme d’autres, je me disais : « Qu’est-ce qu’ils nous ont encore inventé ? Le développement durable !  Jusqu’à preuve du contraire, quand un élu s’implique dans le développement, quand un décideur décide… c’est pour que ce soit durable… Il n’y a que les commerçants et les vendeurs de barbe à papa  qui ont intérêt à ce que leurs marchandises soient éphémères… » Et je rajoutais même : « Vous allez voir, la mode s’imposant, ils vont nous mettre du durable à toutes les sauces : du développement durable, de l’économie durable, du tourisme durable… Et j’en passe. » Je ne me suis pas trompé de beaucoup, et cette méfiance était partagée par beaucoup de gens, il y a encore peu de temps.

   Mais je l’avoue humblement, j’ai évolué… Et si j’ai évolué, c’est simplement parce que, dans le cadre de mes différentes fonctions et responsabilités,

   -  je suis confronté, quotidiennement, à la réalité du terrain,

   - je suis effrayé, quotidiennement, par les effets désastreux du réchauffement climatique,  

  - je découvre, quotidiennement, les conséquences d’une exploitation inconsciente de notre environnement…

    Bref, tous les jours, moi et d’autres, nous sommes confrontés aux inepties du fonctionnement humain  et à ses  conséquences désastreuses…

  Oui, mesdames et messieurs, quand on vous parle de développement durable, de sauvetage de la  planète ou d’écodéveloppement,  ce n’est pas une philosophie fumeuse ou une utopie accidentelle, dérivée d’un grenelle de l’environnement ou d’un film de Mr Al Gore… C’est notre réalité, c’est votre environnement, c’est leur avenir, à eux, les jeunes.

   Quand je vous disais que nous sommes, la plupart des élus,  confronté quotidiennement à cette problématique, je minimise la réalité : Dans chacun de nos dossiers, dans chacune de nos décisions, nous devons prendre en compte la modification de notre environnement et intégrer la notion de développement durable.

   Laissez-moi vous donner trois exemples qui sont de mon quotidien.

   Notion de développement durable quand je suis élu de la ville de Guînes, ville connue pour sa forêt et son marais : l’un des problèmes majeurs de cette commune, depuis plus de 20 ans, et ça va en s’aggravant, c’est le problème des inondations. Inondations et coulées de boue

-         Parce que nous sommes en bas d’un bassin versant et que l’agriculture intensive a amené les cultivateurs à arracher les haies, à boucher les fossés et  exploiter la terre au-delà de ce qui est raisonnable. 

-         Inondations parce que le marais est situé au dessous du niveau de la mer et que la pluviométrie est en train de changer. Jusque l’an 2000, il tombait, sur Guînes  et sur le Calaisis, en moyenne, 700  à 800 mm d’eau par m2 et par an, c'est-à-dire 700 à 800 litres par m2. Actuellement et depuis 3 ans, il tombe entre 1000 et 1200 mm par m2… une augmentation de plus de 30% en l’espace de quelques années…  De plus, vous pouvez le constater, nous subissons un type de pluie que nous ne connaissions pas : des pluies tropicales qui sont brutales, très localisées et cataclysmiques. Normalement, il tombait 700 litres par an et par m2 ; Le 13 août 2006, il est tombé sur Guînes, 230 litres en 28 heures. Comment ne pas intégrer cette évolution  dans notre fonctionnement, dans l’aménagement du territoire et dans nos investissements, sachant que tous les élus et tous les citoyens sont obsédés par le goudron et que cela augmente l’imperméabilité des sols ?

   Notion de développement durable quand nous sommes à Dunkerque et que j’interpelle le Préfet de Région, pour lui prédire une catastrophe.

   Vous le savez, toute notre région, Du Cap Blanc-Nez à la Belgique en descendant vers Saint-Omer… tout cela  est une région de Wateringues, située sous le niveau de la mer et qui n’existe que parce que nous pompons de l’eau que nous rejetons à la mer. Or j’ai soumis au préfet un problème mathématique très simple ; c’est un calcul de probabilité :

-         Sachant que la pluviométrie a augmenté de 30% en 7 ans

-         Sachant que sur une année, il y a environ 25 grandes marrées avec un coefficient > 105, dont 12 avec un coefficient > à 110

-         Sachant que les grandes tempêtes se font de plus en plus fréquentes, que le 8 novembre dernier, rappelez-vous, une tempête a secoué la Grande-Bretagne, les Pays-Bas et le nord de la France. Et que ce jour là, on a observé, à la station Tixier, prés de Dunkerque, une surcote marine de

2, 10 mètres, c'est-à-dire que le niveau de la mer était 2 mètres au dessus de ce qui était prévu. Pour vous cela ne veut pas dire grand-chose, mais sachez, qu’en 1953, la surcote n’était que de 2,40 mètres et le cordon dunaire a claqué, entre Blériot et Sangatte et le Dunkerquois a été complètement inondé par la mer.  

-         Sachant que le niveau de la mer augmente inexorablement, ce qui réduit nos capacités d’évacuation.

-         Sachant que ce qui était centennal a tendance à devenir décennal et que ce qui était décennal devient annuel ou pluriannuel.

-         Sachant, enfin, que nous ne survivons ici que grâce au fonctionnement de grosses pompes qui envoient l’eau à la mer… qu’à certaines périodes, ces pompes fonctionnent 24h/24h et qu’il est mathématiquement certain qu’une des pompes peut  et va tomber en panne…

   Bref, si vous additionnez toutes ces données, quelle est la probabilité qu’il y ait une conjonction de tous ces éléments et qu’on ait une catastrophe majeure, comme dans la Somme, c'est-à-dire que nous soyons tous inondés…  Sans être professeur de mathématiques, je peux vous assurer que la probabilité est de plus en plus importante. Et sur les 6 éléments que je vous ai donnés, 1 seul dépend immédiatement de l’homme, les pompes. Tout le reste est fait d’éléments naturels… Les marées, la pluviométrie, les tempêtes…

   Dernier exemple, qui est un problème majeur pour l’ensemble des élus et qui sera, de plus en plus, prégnant pour notre société : le problème des déchets, et en particulier, les déchets ménagers.

   Nous sommes dans une société libérale qui fonctionne grâce à une économie marchande, c’est un fait… Qui dit économie marchande dit vente et achat… Qui dit vente dit achat et qui dit consommation dit production de déchets. Et c’est notre type de société qui est producteur de déchets… Au moyen âge, il y avait très peu de déchets et quand il y en avait, ils étaient recyclés tout de suite et naturellement.

  Alors, puisque nous produisons des déchets, il faut soit les réutiliser, en faisant du tri et du recyclage, soit les éliminer… Avec cette subtilité du langage administratif français qui parle « d’élimination des déchets ». Quand vous brulez dans un incinérateur, vous transformez le déchet et quand vous le mettez dans un centre d’enfouissement technique, c’est les termes nobles pour qualifier une décharge, vous n’éliminez pas les déchets ; vous les cachez.

   Et dans ce dossier très difficile pour tout le monde, il y a quelques constantes :

1)    La première c’est que plus on trie, plus la quantité de déchets par habitant augmente…

2)    La seconde, c’est qu’on essaye de mettre au point des processus de transformation de plus en plus sophistiqués… qui coutent de plus en plus chers… mais que les gens acceptent de moins en moins de payer.

3)    La dernière, enfin, c’est que les gens veulent que l’on fasse  des structures pour éliminer les déchets, mais à condition, surtout, que ce ne soit pas à coté de chez eux….

   Vous comprenez l’angoisse du Vice-président du CG qui va devoir superviser la révision du schéma d’élimination des ordures ménagères sur tout le département…

 

   Voilà, je vous ai cité 3 exemples qui ne sont pas choisis au hasard :

-         Le 1er pose la question de la responsabilité des élus et du monde agricole dans la survenue et la répétition de phénomènes non maitrisables.

-         Le second rappelle la responsabilité de tous dans le changement climatique et les catastrophes à venir.

-         Le troisième montre que notre société fabrique ses propres maux et que le consommateur demandeur est aussi coupable que le fabricant livreur.

   Bref, mesdames et messieurs, dans le domaine du changement climatique, de l’atteinte à la biodiversité et de ses conséquences sur l’homme, tout est lié et nous sommes tous responsables et tous coupables…

   Coupables et responsables quand l’Agence de l’Eau confirme que nous sommes dans un département déclaré sensible aux produits phytosanitaires agricoles, que le taux de nitrates ne cesse de grimper dans l’eau, que les poissons de certains cours d’eau deviennent stériles par intoxication hormonales, que nous serons incapables de respecter la DCE qui veut que pour 2015, on ait obtenu un bon état écologique de toutes nos masses d’eau…

   Coupables et responsables, nous le sommes quand nous voulons faire de la prévention santé, que nous savons que dans la région Nord-Pas-de-Calais, l’environnement est responsable de beaucoup de pathologies, mais que nous sommes incapables de fournir des chiffres sur l’utilisation et l’impact de certains produits… Pas parce qu’on ne sait pas calculer… Non, parce qu’on ne veut pas publier les chiffres… Les dossiers de l’amiante ou de la chlordécone, aux Antilles, ne sont que les premiers scandales qui vont être révélés au fil des années.…

   En disant, tous responsables et tous coupables, je réaffirme ici que la solution sera collective ou ne sera pas. Elus, agriculteurs, industriels et simples citoyens consommateurs, tout le monde doit changer sa philosophie, ses comportements et ses réflexes. Mais, vous le savez, nous ne sommes qu’au début d’une grande mutation. Parce que l’être humain est foncièrement conservateur et que, dans notre société, les lobbies sont encore très puissants.

   Depuis quelques décennies, il y a bien un domaine qui s’est développé de façon exponentielle, c’est la communication et les médias. Alors, continuons à les utiliser pour alerter nos concitoyens et leur incruster, au niveau cérébral, certains mots clés : solaire, tri sélectif, récupération d’eau pluviale, géothermie, nouveaux matériaux,…

  Merci aux chefs d’entreprises et au MEDEF qui ont montré, aujourd’hui que la solution n’était pas que politique ; elle est politique, sociale, peut-être financière   et  surement économique. Vous devez, vous devrez vous adapter. Les particuliers vont s’y mettre ; les collectivités sont en train de s’y mettre. Vous le savez, les collectivités ont validé ou sont sur le point de valider les agendas 21. Le CG du PDC va, pour sa part, instiller du développement durable dans toutes ses politiques, à partir de 2008… Et nous sommes des donneurs d’ordre importants : En ayant dans nos compétences les routes, les collèges, les espaces naturels sensibles… Nous favoriserons les nouvelles énergies, la récupération des eaux de pluie, les routes écologiques… Considérez que le développement durable fait, désormais, partie de nos politiques… Ce message n’est pas toujours évident à faire passer… Mais avec la nouvelle génération, on y arrivera peut-être.

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Published by Hervé POHER - dans CG: Agenda 21

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Hervé Poher             

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