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AVERTISSEMENT:




Nous vous proposons différentes photographies qui n'ont qu'un seul but: vous livrer de belles images du Pas-de-Calais, quelques images du monde et quelques clins d'oeil humoristiques. Ces photos ont été copiées sur le web et restent la propriété des gens de talent qui les ont faites.

ITINERAIRE...

1989

- Election au Conseil Municipal de Guines

1992

- Membre de la liste régionale

1994

- Elu Conseiller Général du Canton de Guînes

1995

- Elu Maire de Guînes

1997

- Elu Président de la Communauté de Communes des Trois-Pays (CCTP)

 - Suppléant du député Dominique Dupilet

1998

- Vice-Président du Conseil Général

- Président d'Eden 62

2000

- Nommé élu référent pour l'Opération Grands Sites des Caps

2001 Réélu

- Maire de Guînes

- Conseiller Général

- Président CCTP

2002

- Suppléant du député Jack Lang

2004

- Membre de la liste régionale

- Elu président du Comité de Bassin de l'Agence de l'eau Artois-Picardie (--> 2014)

2004

- Elu président du Pays de Calais (-->2006)

2005

- Elu président de la Conférence Sanitaire du Littoral (-->2009)

2007

- Suppléant du député Jack Lang

- Démission du poste de maire

2008 Réélu

- Conseiller Général

- Adjoint à Guînes

- Président de CCTP

- Président Agence Eau

2011 Réélu

- VP du Conseil Général

- Président du Comité de Bassin de l’Agence de l’eau

- Membre de la liste sénatoriale

2012 :

- Candidat aux législatives

- Elu Président du Parc Naturel

2013

- Sénateur du Pas-de-Calais 

- Démission de la CCTP

- Démission du CM de Guînes

2014 Réélu

- VP du Conseil général

- Président du Parc

2015

- Arrêt du Conseil Général

- Arrêt  Eden

-Arrêt Parc Naturel

 

PHOTOS

 

Poher (19)      

Poher (7)

Poher (18)     

Andre-et-Gilbert     

Contrat-avenir.jpg   

En-assembl-e.jpg

GB     

Inauguration-Petit-Prince.jpg      

Langelin-maire-honoraire.jpg

election 2007    

Ardres     

Conservatoire 2

Poher herve (6)     

2004 fete de la randonnee    

Bouquehault     

Kluisbergen     

Poher (14)     

tour     

99 Inauguration ADSL

MDR             

repas vieux      

jardin

 

 

 

 

 

 

 

 

21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 10:30

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ARRAS Séance plénière 

 

  Nous devons nous prononcer sur le PRS, Projet Régional de Santé, document transmis par l’ARS.

   Exceptionnellement, nous vous proposons de ne pas rendre un avis formel. D’ailleurs, dans le projet d’ordre du jour, il est noté : « Rapport informatif ». Dire oui, serait une façon d’adopter ce projet sans surligner certaines insuffisances ou certaines maladresses qui nous semblent pourtant évidentes. Dire non, serait bloquer le système en passant par pertes et profits tout le travail effectué par certains et surtout ce serait renier toutes nos prises de positions depuis 15 ans… Parce que des positions, nous en avons prises… Même si le sanitaire n’a jamais fait partie de nos compétences.

   Je vais essayer de vous expliquer pourquoi il semble judicieux de donner une réponse de normand, réponse qu’on pourrait formuler ainsi : « Pourquoi pas mais pas tout à fait comme cela ! ». Je sais bien que cette formule n’est pas habituelle dans une délibération, mais c’est la seule qui me semble adaptée à la situation.

   Je vous ai parlé de certaines insuffisances ou de certaines maladresses ; Disons-le franchement, je pense que les unes comme les autres ne sont pas volontaires…

   Maladresse de calendrier. En effet, jugez un peu :      

    Nous avons reçu le 3 novembre une lettre datée du 19 octobre, nous signifiant que nous avions 2 mois pour donner notre avis sur la deuxième partie du Programme Régional de Santé. C'est-à-dire que nous avons jusqu’au 19 décembre pour donner un avis sur un projet qui fixe, pour 5 ans, les objectifs et les priorités de toute une région dans le domaine de la prévention, des soins et de la prise en charge médico-sociale.

   Nous n’avons donc pas le choix et nous devons délibérer aujourd’hui. 

   Vous avez été informés tardivement ; les commissions n’ont pas eu véritablement le temps d’examiner ce document ; et le projet n’est même pas inclus dans les documents de travail que vous avez reçu ;  les services ont fait ce qu’ils ont pu, même si officiellement, ils ont été associés à la construction de ce PRS. A la construction, peut-être, mais quand on lit le texte, il semble  évident que les rédacteurs du document final n’étaient pas des employés des Conseils Généraux… Par contre, on peut assurer qu’ils sont des bons serviteurs de l’Etat…

   Maladresse aussi sur la forme, en vous faisant quelques rappels :

   Premier rappel : le PRS, c’est l’addition du PSRS, du SROMS, du SRP, du SROS et de programmes obligatoires donc le PRIAC, le PRAPS… Permettez-moi de remarquer qu’on dit souvent que le vocabulaire des médecins est hermétique. Dans le cas présent, je peux affirmer que le langage des technocrates est particulièrement abscond !... Pour ne pas dire moins !

  [ PRS ( Projet Régional de Santé) ; PSRS (Plan Stratégique Régional de Santé) ; SROMS ( Schéma Régional d’Organisation Médico-Social) ; SRP ( Schéma Régional de Prévention ; SROS (Schéma Régional d’Organisation des Soins)]

   Deuxième rappel : Le PSRS (Plan Stratégique Régional de Santé) a été discuté, ici même, le 30 mai dernier, en présence de Monsieur Lenoir, directeur de l’ARS. A cette occasion, certaines notions avaient été évoquées :

·       Notions de ces règles du jeu entièrement fixées par l’Etat

·       Notions de pseudo-démocratie sanitaire où l’important, ce n’est pas d’écouter tous les acteurs de la santé, l’important c’est d’appliquer toutes les directives ministérielles. Et ce n’est pas spécifique à notre région… Le sanitaire n’est pas et n’a jamais été un lieu de démocratie !

·       Notions de justice enfin… Justice qui est un concept, on ne peut plus phantasmé, car, on le sait bien, l’objectif de la technostructure sanitaire centrale actuelle, ce n’est pas de soigner les gens en essayant de les guérir… Si c’était cela, ça se saurait !! Tout le monde sait que, pour beaucoup de  technocomptables, l’important de nos jours, c’est d’avoir des budgets en équilibre, même en équilibre virtuel et, si possible, de faire des économies... En faisant, bien entendu, des restrictions.

   Tout ce qui a été dit lors du débat sur le projet stratégique, en mai dernier, s’applique, in extenso, aux documents suivants, c'est-à-dire ceux que nous devons évoquer aujourd’hui.

   En effet, comment voulez-vous s’informer, participer, proposer, délibérer sur un document aussi important pour toute une population, en quelques mois, voire en quelques semaines. Nous devons analyser, discuter et délibérer en 30 jours… Dimanches et fériés compris. Et le gouvernement ose appeler cela de la démocratie sanitaire !

   Comment voulez-vous adhérer à l’idée d’une prise de conscience et d’une dynamique collective, alors que la démarche, la stratégie et les grandes orientations ont été définies par l’Etat et uniquement l’Etat… Ou alors, c’est que nous n’avons pas la même définition des mots « concertation » et de « coordination ». Nous savons bien que les marges de manœuvres de l’ARS sont faibles, voire nulles. En effet, depuis fin 2010, l’ARS s’est engagée  par un contrat d’objectifs et de moyens… S’est engagée à quoi ? S’est engagée à être vertueuse, bien entendu… Et s’est engagé vis-à-vis de l’Etat… Pas vis-à-vis des habitants du Nord-Pas-de-Calais!  Attitude vertueuse… Et la vertu ayant, dans notre société actuelle, une forte connotation financière, il est évident que l’ARS n’a pas le choix et cherche des financeurs ou des opérateurs  plutôt que des partenaires. Et je vous signale qu’on appelle cela de la démocratie sanitaire !

   Comment voulez-vous cautionner entièrement un document où ne sont pas reprises, à leur juste place et à leur juste dimension, les notions de solidarité et de territorialisation adaptée à chaque spécificité de nos territoires. En plus, pour montrer notre bonne volonté, nous avions proposé d’assumer le pilotage de plein de commissions locales… Cette proposition a, sans doute, été reprise avec de l’encre sympathique car elle s’est volatilisée dans le document final. Mais nous l’avions compris depuis 2006 : L’Etat nous a souvent dit : « Allez jouer ailleurs, les enfants : la santé, c’est trop sérieux pour vous ! »

   Comment voulez-vous que le Conseil Général du Pas-de-Calais approuve, sans remarques, un document qui fait fi de la notion de solidarité nationale, de discrimination positive et de traitement inégalitaire… Toutes ces notions que nous défendons, régulièrement, depuis 15 ans... Et qui nous avaient été accordées pendant 4 ans. On nous répondra que la crise est passée par là…    Nous, ça fait 30 ans que nous sommes en crise sanitaire !

   De plus, ce document est, une fois de plus, l’illustration que le vocabulaire est, dans tout document programmatique, un élément essentiel de communication. Car maintenant, le mot « efficience » se mange à toutes les sauces. Dans ma logique personnelle de soignant, j’aurais tendance à dire : « Donnez moi plus pour que je sois plus efficace. » Le technocrate me répondra toujours: « On donnera moins mais vous serez plus efficients. » Mais ça, il n’y a pas que dans le domaine de la santé que l’efficience fait des ravages… 

   Et permettez-moi de vous livrer, sous forme d’interpellations, certaines véritables interrogations qui sont, en fait, quelques inquiétudes que l’ARS doit impérativement dissiper :

·       Quid du rôle de chef de file et de la priorité du Conseil Général dans l’action médico-sociale ? Nous revendiquons que ce soit correctement  écrit parce que c’est bien écrit dans la loi… Et cela depuis 2004 ! De plus, le Schéma Régional d’Organisation Médico-social (SROMS) n’a repris que très timidement certaines propositions du département… Quand il les a repris !!

·       Quid de la prime à l’initiateur ? Nous avons été des précurseurs dans le domaine de la prévention, avec les Programmes Régionaux de Santé et les Programmes Territoriaux de Santé, parfois même contre l’avis de l’Etat et de la Région. Et alors que nous étions des moteurs de ces politiques, nous voilà rabaissés au rang de pousse-pousse… Nous ne sommes pas uniquement des petits financeurs de projets soumis à l’autorité locale de l’ARS… C’est sans doute une maladresse d’écriture, mais, à cet endroit là,  nous sommes très chatouilleux !

·       Quid de nos spécificités, de nos problèmes et de nos urgences  quand nous sommes obligés de constater que le Schéma Régional de Prévention(SRP) n’est qu’une déclinaison des plans nationaux ? Nous n’avons pas les mêmes indicateurs sanitaires que la région parisienne et nous n’avons pas les mêmes problèmes!

·        Quid du rôle essentiel de la PMI pour la grossesse, la parentalité, la planification familiale, la protection de l’enfance, et j’en passe… Les gens sur le terrain savent le rôle parfois obscur mais essentiel de la PMI…

·       Quid, dans le Schéma Régional d’Organisation des Soins (SROS), du problème de la démographie médicale et de ses conséquences sur les retards de diagnostic, sur la surconsommation thérapeutique et sur les chiffres de la morbidité et la mortalité. On ne peut pas éluder le problème. Il est central et c’est à l’ARS de faire des propositions concrètes... Pas aux collectivités territoriales ou locales. Je sais, par expérience qu’il n’y a pas de solutions miracles mais c’est à l’ARS, donc à l’Etat, d’assumer, entre autre, les funestes conséquences du numérus clausus…

·       Quid de l’effet désastreux de la T2A, c'est-à-dire la tarification à l’activité qui a plombé les budgets de beaucoup de nos hôpitaux et qui amène le CHR de Lille à dire, ouvertement, en conseil de surveillance,

- que le CHR est en déficit ;

- que pour combler ce déficit, il doit augmenter son activité

- et que pour augmenter son activité, il doit aller piquer les malades dans toute la région Nord-Pas-de-Calais… Ce qui m’a fait réagir, bien entendu, parce que c’est exactement le contraire de ce que réclame le Conseil Général depuis plusieurs années. Puisque, je vous le rappelle, nous avions accepté qu’il n’y ait qu’un seul CHRU pour 4 millions d’habitants, mais à condition qu’il y ait une vraie décentralisation sanitaire et une déconcentration des moyens au niveau régional.

·       Quid, enfin, des liens obligatoires, naturels et incontournables qui existent entre le sanitaire, le médico-social et le social. Bien sûr, il faut décloisonner l’offre de soins et le type d’intervention (préventif, curatif, médico-social) mais en décloisonnant, on crée forcément des liens et les intervenants sont d’autant plus nombreux… et ils ont droit d’être pleinement reconnus, identifiés et aidés.

   Bref, mesdames et messieurs, permettez-moi d’arrêter là l’analyse de ce document.

   Vous avez compris que :

   Comme dans d’autres dossiers, un calendrier trop serré ne permet jamais la sérénité et la justesse du jugement

   Que comme dans d’autres dossiers, l’obsession de l’orthodoxie financière ne permet pas d’avoir des ambitions pourtant légitimes, surtout dans le domaine de la santé. Et vous irez l’expliquer aux gens… Je n’ai pas dit « malades », j’ai dit les gens…

   Que comme dans d’autres dossiers, les conseils généraux demandent à être reconnus à leur juste place et à leur juste valeur. Et je signale, pour information, que les Conseils Généraux sont encore bien vivants !

   Et parce que, dans le Pas-de-Calais plus qu’ailleurs, le social de nos populations, social dont nous sommes légalement responsables, ce social donc  est intimement lié à l’état de santé de nos populations… Je vous rappelle que la carte des cancers se superpose exactement avec la carte du chômage…

  Pour toutes ces raisons, nous prenons acte des documents transmis par l’ARS, documents qui ne sont que des documents d’information. Tout en vous signalant que nous avons transmis à l’ARS, toute une série d’amendements… Amendements qui seront, on nous l’a assuré, pris en compte dans la dernière mouture du PRS. Nous en prenons acte…

   Mesdames et Messieurs. En mai dernier, nous avions examiné le Programme Stratégique Régional de Santé, le PSRS. Et j’avais dit, textuellement, que le Conseil Général du Pas-de-Calais aurait probablement écrit la même chose, mais pas sous la même forme… Et en étant un peu plus inquisiteur… Nous avions déjà un problème de forme.

   Pour l’avis qu’on se doit de donner aujourd’hui, je vous propose

·       Sans nier le travail de fond qui a été fait,

·       Sans renier nos remarques, quant à la forme,

·       Sans dénier oublier certains fondamentaux de notre département,

   Je vous propose de prendre acte de ces documents, d’officialiser que l’ARS va essayer d’intégrer nos remarques et nos amendements et que ce qui n’est pas « administrativement inscriptible »  avec le PRS actuel, fera l’objet d’une convention spécifique entre l’ARS et le Conseil Général.

   La santé et le médico-social sont des domaines trop importants pour qu’on ose bloquer définitivement la démarche. De plus, avec la décentralisation et un avenir plein d’interrogations pour les collectivités locales et territoriales, on  peut comprendre certaines maladresses. Mais nous prenons acte et nous rappelons que nous sommes prêts à travailler encore un peu plus sur ce document pour l’amender sur la forme et l’enrichir sur le fond. 

    Hervé Poher

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Published by popo - dans CG: Santé
20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 07:13

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M. Poher,

Hier, vous étiez en charge de la santé, aujourd'hui des questions de l'environnement et de l'aménagement durable du territoire. On le constate notamment au travers des chantiers de réinsertion mis en place sur la côte, entre les
Deux Caps, le département peut agir sur la qualité de vie des habitants par différents biais, comme le travail, ou encore le logement. Le développement durable est-il synonyme de solidarité durable ?

 

HP : Si l’on veut… Mais je dirais plutôt que le développement durable comprend, par essence, la solidarité durable et qu’on n’imagine pas la solidarité en dehors d’une forte volonté de développement durable. Le développement durable est parfaitement codifié dans ce qu’on appelle un Agenda 21 et, même avec une forte connotation environnementale, ce document a une partie solidarité essentielle. Travail, social, environnement urbain ou naturel… Tout est important pour l’équilibre et la santé de l’homme. .

Vous êtes depuis suffisamment longtemps aux affaires pour juger des applications et implications de la loi HPST. Dans cette nouvelle configuration, quels sont les moyens à portée du département pour tenir son rôle dans l'action sociale
et la santé des habitants?

 

HP : Cela évoque les rôles obligatoires du département et, bien entendu, quand on parle d’action sociale, les gens en « difficulté ». Cette problématique spécifique ( santé et précarité) a été évoqué, déjà, il y a plusieurs années et le département du Pas-de-Calais avait été, à l’époque, un ardant défenseur de la création d’un programme régional de santé spécifique. Hélas, avec la crise économique, la précarisation de certains de nos concitoyens et la détresse morale et financière de beaucoup, on s’aperçoit que bien des maux et maladies peuvent être évités ou guéris par un conseil, un apprentissage, un accompagnement ou une action spécifique. Une action sociale intelligente vaut toutes les thérapeutiques.  

M. Patrick Kanner, dans le Nord, s'est engagé dans la voie d'un échange plus important avec les autres échelons territoriaux. Etes-vous de son avis ? Envisagez-vous plutôt un statu quo sur les compétences de chacun, en matière de santé s'entend ?

 

HP : Les échanges avec les territoires sont une vieille habitude du département du Pas-de-Calais : découpage en 9 territoires, contractualisation avec les structures intercommunales, investissement dans les PRS et PTS… Dans le domaine de la santé et de la prévention, les conférences territoriales  et les services départementaux de la santé ont été des bons promoteurs. Mais ces politiques étaient très volontaristes, aussi bien dans le cadre qu’en dehors de nos compétences légales. Hélas, et on ne peut que le regretter, les réformes financières et politiques vont nous obliger à nous recentrer sur nos compétences obligatoires et sur nos publics prioritaires : RSA, PMI, personnes âgées, collèges… mais cela représente déjà beaucoup de monde. 

Avec pragmatisme, vous avez affirmé que l'accent devait être mis sur les compétences du département, à savoir la prévention (PMI, personnes âgées, handicap et jeunesse) au travers d'actions concevables dans. n but d'éducation à la santé.
Existe-t-il dans le Pas-de-Calais des zones pour lesquelles, selon vous, l'urgence s'impose ?  Si oui, la priorité porte-t-elle sur l'offre de soins ou bien toujours sur la prévention ?

 

HP : Tout le département est prioritaire mais tous les diagnostics, premières étapes de la mise en place des PRS, ont montré qu’il existe des « poches » de pathologies… Et comme par hasard, on découvre que les territoires de pathologies correspondent aux territoires de chômage et de précarité. Il est donc évident que le meilleur traitement à beaucoup de nos maux, c’est, à la fois, du préventif social et  du préventif sanitaire. Je parle du préventif, mais il est évident, connu et reconnu que le curatif est quelque chose d’essentiel pour nous tous. Nous avons mis en place des actions de prévention, mais parallèlement, nous avons réclamé un rattrapage sanitaire. Mais là, le problème de la démographie médicale et des déficits budgétaires se heurtent à une véritable ambition sanitaire. Mais on fera avec ce qu’on a !  

 

Avez-vous des actions novatrices, effectives ou en projet, qui vont dans ce sens ?

HP : Nous sommes en train de revoir toutes nos politiques départementales. Mais sachez que la santé et le bien être sont un passage obligatoire à toutes nos actions. Le département intervient dans la vie de nos concitoyens, du matin au soir, de l’enfance à la vieillesse. Et s’il y a des messages à passer, de la prévention à instiller, des accompagnements à mettre en place,  des améliorations dans l’environnement des gens, nous sommes les mieux placés pour agir. A nous d’être imaginatifs… C’est aussi notre rôle et notre devoir.  

 

Hervé Poher

 

 

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Published by popo - dans CG: Santé
30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 17:38

fruges maison médicale

Arras, Assemblée plénière.

Question : « Intervention du CG en matière d’offre médicale et paramédicale dans le cadre d’une politique volontariste de prévention et de soins et plus particulièrement l’exemple des Maisons de santé »

Mon cher collègue.

   Votre question fait appel à plusieurs aspects de la politique de santé publique  qui se superposent. Permettez que je les sépare en 3 points.

   Point 1 :L’offre médicale et paramédicale. C’est ce qu’on appelle le sanitaire et cela ne fait pas partie et n’a jamais fait partie de nos compétences. Le sanitaire, la démographie médicale, les spécialités, le paramédical, tout cela, c’est de la compétence de l’Etat, de l’ARS et un peu de la région. Et vous savez, puisqu’on en a parlé ce matin, qu’il n’y a pas de solution idéale. Au sujet des bourses pour étudiant, nous avons contacté les départements qui appliquent ce principe et il faut avouer que le résultat n’est pas probant .En plus, pour le problème de la démographie médicale, depuis 15 ans nous discutons avec l’état, la région, les départements et l’URCAM…. S’il y avait un traitement miracle, on l’aurait appliqué !

   Point 2 : Les Maisons de la Santé. Souvent issues d’initiatives locales, elles dépendent depuis la circulaire du 27 juillet 2010, directement de l’ARS, dans le cadre du Projet Régional de Santé. A ce titre, l’ARS peut financer les études préalables, l’investissement et le fonctionnement. La Région peut participer aussi aux investissements. Quant à nous, nous avons longtemps réfléchi à notre engagement. Et nous n’avons rien décidé, rien engagé et rien affiché. Mais c’était bien avant la réforme des collectivités et l’arrivée de l’ARS et maintenant, la mode n’est plus aux politiques volontaristes.

   Point 3 : Les actions de prévention. Comme je l’ai dit ce matin, les actions de prévention sont concevables dans un but d’éducation à la santé et dans le cadre de nos domaines de compétence : PMI, personnes âgées, handicap et politique de la jeunesse. Si les EPCI, dans le cadre de la contractualisation, veulent que le département fasse des actions de prévention au sein des Maisons de Santé, il suffira d’en discuter territorialement avec nos services et d’en définir les conditions et les règles. Les obligations légales du département sont parfaitement complémentaires et peuvent être compatibles avec des initiatives des collectivités locales. Notre investissement pour la prévention, dans certains domaines, au coté des acteurs locaux serait, d’ailleurs, une attitude intelligente.

   Voilà les éléments de réponse que je peux vous fournir.

Hervé Poher

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Published by popo - dans CG: Santé
30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 11:33

ARS

 

Arras, Assemblée plénière.

Monsieur le Président, chers collègues.

       Monsieur le directeur de l’ARS. Pour être franc avec vous, je dois vous avouer qu’il règne dans cette enceinte, pour certains d’entre nous,  comme une atmosphère de nostalgie, atmosphère que je qualifierais « d’esprit des anciens combattants ».

·         Parce que c’est vrai qu’il y a bien longtemps que nous n’avons pas vraiment  parlé de santé au sein de ce Conseil Général.

·         Parce que c’est vrai qu’il y a bien longtemps qu’on n’a pas évoqué l’état sanitaire de nos populations.

·         Parce que c’est vrai qu’il y a bien longtemps que nous n’avons pas crié à l’injustice et au respect légitime de nos concitoyens.

   Il y a longtemps, mais je dirais que c’est presque logique. Franchement, nous étions arrivés à nous demander si une petite collectivité territoriale, comme la notre, avait encore le droit d’évoquer ces problèmes…

   C’est vrai que le sanitaire ne fait pas partie de nos compétences et aujourd’hui encore moins qu’hier.

   C’est vrai que l’Etat nous a signifié, à plusieurs reprises et parfois vertement, pour ne pas dire maladroitement, que c’était son domaine et que c’est lui qui définissait les règles du jeu… Pour être honnête, c’est lui qui fixe les règles ; c’est lui qui arbitre et c’est lui qui tient le chronomètre  !!! Dans ces conditions là, il ne faut pas s’étonner qu’on n’ait plus envie de jouer… Nous en particulier !

   Pour certains d’entre nous, ceux que j’appelle les anciens combattants, la situation n’en est que plus dure parce que, vous le savez, la frustration est un sentiment bien pénible. Car, franchement, nous étions un peu frustrés !

   Oui, frustrés… C’est normal… Imaginez ! Maintenant, quand nous voulons interpeler l’état sur ses prérogatives et sur ses manques, nous devons déposer nos questions plusieurs jours à l’avance en évitant, si possible, les sujets qui fâchent… Et la santé a souvent été, dans cette enceinte, un sujet qui fâche. Où est le temps où nous osions dire au représentant de l’état qu’il faisait preuve, dans le cadre de la santé, d’indifférence administrative, d’observatisme sanitaire et où on menaçait le Préfet de le dénoncer pour non-assistance à personne en danger.

   Oui, frustrés… C’est normal, réalisez ! Maintenant, quand nous voulons parler santé, souffrance, maladie, on nous répond presque systématiquement : bilan, budget, marge de manœuvre et déficit.

   Je sais que vous pourriez me répondre  et vous allez me répondre que « Le principal, c’est de faire fonctionner, en équilibre,  notre système de soins et que, de toutes façons, les grands médecins n’ont jamais été de bons gestionnaires »… Ce qui est sans doute vrai mais ce à quoi je vous répondrais facilement : «Qu’à contrario, les grands gestionnaires n’ont jamais été de bons médecins… Sinon, ça se saurait et notre société ne serait pas aussi malade ! »

   Oui, frustrés… C’est normal ! Maintenant, quand nous sentons le besoin de parler de ces problèmes majeurs pour le Nord-Pas-de-Calais, on a tendance à nous rétorquer qu’il y a désormais des instances habilitées, instances qui pratiquent « la démocratie sanitaire » et où nous sommes plus ou moins  représentés.

  Ayant été le premier président de la conférence sanitaire du Littoral, permettez-moi de confirmer que cette démocratie sanitaire ressemble quand même à une « pseudo-démocratie ». Vous pouvez réunir autant de professionnels de la santé, du monde associatif, du monde administratif et autant de politiques que vous voulez, c’était l’ARS, anciennement l’ARH, qui décide. Et les instances démocratiques ou de gouvernance partagée ne sont là que pour faire, permettez-moi de le dire un peu crument, un peu d’habillage. Tout se décide ailleurs… Ce ne sont pas les directeurs d’hôpitaux et les sociaux professionnels qui me diront le contraire.

      Tout cela pour vous confirmer, Monsieur le Directeur, qu’avant même d’arriver sur les bureaux du Conseil Général, vos propositions souffraient de quelques handicaps… Et le handicap, vous ne pouvez pas dire le contraire, c’est bien de notre compétence !

   Pourtant, je me dois d’être objectif et tout d’abord de vous remercier d’être venu, en personne, présenter le résultat des cogitations de l’ARS et de quelques membres associés. Nous en avions perdu l’habitude. 

   Ensuite, quelques mots sur le document en lui-même,

  • qui n’est, il faut le rappeler, qu’un document d’orientation, puisqu’il sera suivi par 3 schémas
  • et qui est, il faut le constater, imprégné à 80% de sanitaire, c'est-à-dire de médical et nous, c’est plus le médico-social…

   Aussi en m’obligeant à une démarche d’origine médicale mais qui est devenue un réflexe dans tous les dossiers quels qu’ils soient (Signes, Diagnostic, Traitement), je peux affirmer que, globalement, nous ne pouvons pas être contre les éléments structurels de ce dossier… On ne peut pas être contre car c’est ce que nous disons et dénonçons depuis 15 ans.

   Premièrement, les signes. Personne ne peut contester la liste des signes négatifs que vous énumérez : mortalité, morbidité, pathologies

   S’il y a un domaine où nous sommes bons, c’est bien celui là. Nous sommes les plus forts depuis 30 ans… Et quand nous ne sommes pas 1ers, nous sommes deuxièmes !  Et c’est bien parce que nous connaissions ces chiffres qu’entre 1997 et 2000, nous avons dénoncé l’inertie, voire l’apathie de l’état.

   Et pour la petite histoire, Monsieur le Directeur, je vous signale qu’à la fin des années 90, le Conseil Général du Pas-de-Calais a été peut-être très véhément… Mais, à l’époque, il se sentait bien seul dans sa véhémence. Et c’est d’ailleurs dans cette démarche là que nous avons réclamé un traitement inégalitaire et une discrimination positive. Ce qui nous fut accordé, pour quelques années et qui nous a bien aidés pour amorcer un rattrapage en équipements hospitaliers.

   Deuxièmement, le diagnostic. Personne ne peut nier la réalité de votre document et le poids des déterminants de santé: Impact du chômage, de l’environnement, des comportements, le poids des addictions, de la culture sociale de nos concitoyens. Le diagnostic étiologique, c'est-à-dire l’énoncé des causes est une évidence et la cartographie des pathologies est on ne peut plus parlante.

   Troisièmement, le traitement. Personne ne peut imaginer une autre ordonnance : 1) Mettre à niveau notre curatif 2) Poussez sur le préventif… Je ne connais pas de 3ème voie… Ou elle relève trop de l’utopie et je préfère la garder pour moi.

   Et dans votre document, on voit surtout les mots : prévenir, anticiper, lutter, dépister, informer, éduquer, organiser…. Je vous rappelle que c’est à partir de 2000 que nous avons décidé de nous impliquer dans la prévention, de nous investir, encore plus, dans l’éducation sanitaire et  d’inventer une implication territoriale des collectivités… Même si ce n’était pas totalement dans nos compétences… Et vous le savez, tout le monde reconnait que dans cette démarche là, nous avons été inventifs et volontaristes.

   Bref, on nous aurait demandé de résumer les états d’âme du département du Pas-de-Calais, depuis 15 ans, nous aurions peut-être produit le même document que vous… Mais en étant légèrement plus inquisiteurs !

   A une nuance près, monsieur le Directeur… Et elle est de taille. Mais elle est très logique.

   Nous, monsieur le Directeur, nous sommes des politiques. C'est-à-dire que nous avons le devoir de manier d’abord les idées et les symboles. Vous monsieur Lenoir, de par vos fonctions, on vous demande de manier, en priorité, voire en exclusivité, les chiffres, les bilans et les taux directeurs... C’est normal. Mais vous le savez bien, depuis que le monde est monde, la dictature du mauvais chiffre a toujours été néfaste à l’éclosion et à l’épanouissement des belles idées.

   Et votre document, comme la discussion qui a eu lieu à l’ARS, il y a quelques semaines, confirme cette omniprésence du chiffre. On évoque la maladie, la souffrance et la mort ; on vous répond consommation, PIB, déficit (textuellement dans votre document)… Avouez que c’est économiquement logique mais que c’est philosophiquement et humainement choquant.

 Quelques points très rapides pour terminer.

  Premier point. Vous évoquez le problème de la démographie médicale, le manque criant de spécialistes et la mauvaise répartition territoriale des médicaux et des paramédicaux.

  Vous l’évoquez sans donner, évidemment, de solution régionale… Nous savons, vous, moi et bien d’autres, que la solution sera nationale.

   Mais vous ne pourrez pas faire autrement que d’intégrer cette problématique dans l’élaboration de votre schéma pour l’organisation des soins.  Avec en corolaire, la création des maisons de santé, dans certains territoires qui deviennent des déserts médicaux. Vous ne pourrez pas faire autrement que d’avancer des idées, voire faire des propositions concrètes, car je vous rappelle, monsieur le Directeur, que tout cela est de la compétence pleine et entière de l’Etat et de l’ARS.  Et à une période où la réforme territoriale a tendance à nous recentrer sur nos compétences obligatoires, comprenez que nous fassions de même avec l’Etat, surtout dans un domaine aussi sensible que la santé.

   Deuxième point. Même s’il est fortement imprégné de sanitaire, votre document nous interpelle et nous intéresse au plus haut point. En effet, vous y parlez  promotion de la santé, d’éducation à la santé, de prévention, de dépistage… Et toutes ces initiatives recoupent automatiquement nos domaines de compétence.

·         Parce que la grossesse, la périnatalité et la petite enfance, sont en partie dans nos compétences. Et c’est, par excellence, le domaine de la prévention.

·         Parce que le handicap congénital ou acquis, c’est dans nos compétences. Et c’est par obligation, le domaine de la prévention, de l’éducation, du dépistage et d’environnement adapté.

·         Parce que la personne âgée est de notre compétence  et que l’augmentation de l’espérance de vie fait que la personne âgée est maintenant, bien souvent, un condensé de poly pathologies ; d’où l’intérêt de l’information, du dépistage de l’anticipation et de la prévention.

·         Parce que, enfin, nous avons fait, de la jeunesse, une de nos priorités et que  l’éducation à la santé, la lutte contre les addictions et l’accès aux soins sont des passages obligatoires pour une politique de la jeunesse.

   Dernier point que je me dois d’évoquer. Les derniers chiffres de l’ORS, parus dans la presse récemment, montrent que la Région Nord-Pas-de-Calais reste encore la championne de la mauvaise santé. Pourtant, étant habitué à ces états des lieux réguliers, j’y vois quelques lueurs d’espoir et je ressens quelques frémissements d’optimisme. Ce qui veut dire implicitement, monsieur le Directeur, qu’il ne faut pas baisser la garde et qu’il ne faut surtout pas relâcher l’effort.

   Nous ne sommes pas mieux ! Nous sommes un peu moins pires !! Et comme je vous l’ai déjà dit : « A force d’être moins pires, on sera, un jour, peut-être meilleurs ! »

    Voilà, monsieur le Directeur, succinctement quelques avis sur votre document d’orientation. Avis qu’on peut résumer ainsi :

  1.  Il faudra, encore et toujours, conforter nos acquis
  2. Il faudra s’attaquer, encore et toujours, à certains déterminants de santé qui sont la cause de tous nos malheurs.
  3. Il faudra lier et recouper vos programmes d’action avec certaines compétences détenues par d’autres et, en particulier, par nous.
  4. Et pour faire tout cela, il faudra, encore et toujours, réclamer un traitement inégalitaire de notre territoire. Le malheur sanitaire n’est pas programmé génétiquement, monsieur le Directeur et, tout à l’heure, sur une de vos diapos, il était noté : « Il n’y a pas de fatalité. ». Alors, il faut réclamer encore et toujours plus de moyens.     

     Vous avez écrit, dans ce document que « la maitrise de la croissance des dépenses est une nécessité ». Nécessité comptable peut-être, Monsieur le directeur, mais ce n’est pas une obligation morale… Surtout quand on veut changer l’ordre des choses et modifier non pas le parcours, mais les chemins de  vie.

  Monsieur le directeur de l’ARS. Vous êtes du coin. Aussi, nous ne doutons pas  que vous soyez comme nous : c'est-à-dire porteur d’un  véritable sentiment d’injustice, donc de rébellion, donc de revendication au profit d’une population qui le mérite.

   Et sachez que quand un organisme malade est, en plus, touché par le syndrome de la rigueur budgétaire, on peut le guérir en donnant  des doses massives de justice, d’équité, de solidarité et de bonheur.

   C’est un traitement qui peut coûter cher mais la  guérison et le bien-être, ca n’a pas de prix.

   Je vous remercie de votre attention.

 

Hervé Poher

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Published by popo - dans CG: Santé
17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 15:55

 poher mai 2010

  Séance plénière du Conseil Général

 Question de Alain Delannoy

« Depuis le 1er avril dernier, une nouvelle institution a vu le jour, l'ars. Cette instance a pour vocation principale d'assurer une meilleure coordination entre les deux champs du sanitaire et du médico-social.

L'un des premiers chantiers auxquels devra se consacrer l'ars est la rédaction du schéma régional d'organisation médico-social. Ce schéma régional d'organisation médico-social a une mission a celle du schéma régional d'organisation des soins : prévoir et susciter les évolutions de l'offre médico-sociale.

Voici une mission bien difficile, car la loi fait déjà obligation aux départements d'établir ce type de schéma. Les perspectives qui sont donc offertes a l'ars sont très limitées : rechercher un compromis entre les objectifs des schémas des 2 départements ou faire table rase de l'existant.

C'est donc tout naturellement que je m interroge sur l'avenir des schémas départementaux et sur les possibilités d'intervention du conseil général dans les choix de politiques de ses propres domaines de compétence. »

 

Réponse de Hervé Poher:

Mon cher collègue.

   Votre interrogation nous laisse entrevoir, de votre part  un soupçon de crainte et une certaine dose d’incompréhension. Mais tout cela, bien entendu, tous dans cette enceinte, nous le partageons. Car

- L’interrogation est légitime,

- La crainte peut sembler justifiée

- L’incompréhension ne demande qu’à être dissipée à condition, bien entendu que l’ARS et les départements parlent le même langage.

   Et permettez-moi de vous dire qu’étant donné l’environnement général de la réorganisation sanitaire et médico-sociale,  le langage commun entre l’ARS et les départements ne sera pas  génétiquement naturel et en disant cela, je suis très modéré…

   Et pour illustrer ce risque, je voudrais simplement vous rappeler 2 évidences :

   Première évidence : L’importance du PRIAC (PRogramme Interdépartemental d’ACcompagnement du handicap et de la perte d’autonomie) et la mise en place de la procédure d’appels à projets laissent de moins en moins de place aux départements et au libre choix de ceux-ci pour la création d’établissements pour personnes âgées ou handicapées. Et pourtant, jusqu’à preuve du contraire, nous sommes encore les chefs de file de l’action médico-sociale pour le handicap et pour la personne âgée. Nous sommes chef de file mais d’autres ont une fâcheuse tendance à nous imposer leurs priorités et leurs décisions.

    Seconde évidence : Dans le cadre de la mise en place d’une nouvelle gouvernance, on nous a accordé, royalement et généreusement, au sein des instances ad hoc, quelques demi-strapontins prouvant par là que, dans la tête de certains, les départements ne pèsent plus lourds parce qu’ils sont agonisants… Le projet de réforme des collectivités territoriales a déjà formaté certaines structures administratives. Mais même en n’occupant que des demis-strapontins, il est de notre devoir de rappeler que nous sommes, jusqu’à preuve du contraire, encore les chefs de file de certaines politiques.

   Etant donné l’augmentation de l’espérance de vie, étant donné les progrès observés en médecine et étant donné les évolutions sociétales qui en découlent, il semblait logique de lier un peu plus le médico-social et le sanitaire. Une adaptation semblait nécessaire. Elle a été entreprise… Mais cette adaptation a, probablement, voulu anticiper la mort des départements. Et ceci est, il faut bien l’avouer, une erreur stratégique en plus d’être une erreur diplomatique.

   Certains disent que le département ne pourra pas faire autrement que de s’entendre avec l’ARS… Mais pour pouvoir s’entendre, il faut d’abord dialoguer et pour dialoguer, il faut savoir s’écouter. J’espère que l’ARS n’oubliera pas cette règle fondamentale de la démocratie. Mais permettez-moi d’être très dubitatif.

   Quoi qu’il en soit, Mesdames et Messieurs. Le département est encore chef de file ; le département a fait l’effort d’élaborer des schémas avec ses besoins et ses priorités; le département est une collectivité qui sait être proche de ses habitants et le département reste ambitieux malgré un contexte financier difficile…  C’est ce que nos représentants devront sans doute rappeler assez souvent à nos nouveaux interlocuteurs… Et ils devront le faire très rapidement car être assis sur des demi-strapontins est très inconfortable et ne pousse pas à la bonne humeur… pour certaines raisons que vous pouvez comprendre.

   Bref, dans le domaine médico-social, il faudra rappeler que nous avons nos compétences, nos démarches, nos objectifs et nos schémas… et que nous n’avons pas à en rougir. Et que les choses soient bien claires ! 

 

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Published by popo - dans CG: Santé
9 juillet 2009 4 09 /07 /juillet /2009 11:41

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 Commission permanente du 09/07/2009

   Nous vous proposons que le Président du CG puisse apposer sa signature au bas d’un protocole pour l’expérimentation de maisons de la santé pluridisciplinaires dans le Nord-Pas-de-Calais et en particulier dans notre département.

   Je ne reviendrai pas sur le problème de la démographie médicale, de la désertification sanitaire qui menace certains territoires et des conséquences que cela peut engendrer, surtout quand on observe l’augmentation de l’espérance de vie et, par conséquence, le vieillissement de la population.

   Ce protocole permettrait de mettre, autour de la table, 7 partenaires : la Mission Régionale de Santé, émanation de l’ARH et de l’URCAM, la MSA, l’URMEL (union des médecins libéraux), La Région Nord-Pas-de-Calais, les 2 départements et l’Etat. Et le but de cette « union sacrée » serait d’aider les porteurs de projets dans le montage de dossier et dans la réalisation de Maison de Santé Pluridisciplinaires.

   Certains apporteraient des aides techniques ; d’autres des aides financières ; d’autres des participations dans le fonctionnement ou dans l’activité de la structure. Pour les départements, cela se ferait dans le cadre de nos missions ou de nos compétences obligatoires, voire dans le cadre d’actions volontaristes. Notre collectivité est, en particulier, parfaitement habilitée à participer au fonctionnement de ces maisons pluridisciplinaires par le biais de la PMI et des Services de Promotion de la Santé qui sont services référents pour les PRS et les PTS.

  Les territoires cibles seraient principalement, dans notre département, les cantons de Lumbres, Le Parcq, Auxi le Château et Avesnes le Comte. Ces cantons sont, en effet reconnus déficitaires, parce qu’ils ont moins de médecins qu’ailleurs et que ceux qui y sont installés travaillent beaucoup plus qu’ailleurs.

   Vous le savez, depuis plusieurs années, la réflexion a été lancée. Beaucoup de solutions ont été envisagées ; beaucoup d’expériences ont été analysées ; beaucoup d’échecs ont été auscultés… En définitive, le moyen qui semble le plus adéquat pour attirer des médicaux et des paramédicaux serait d’agir sur l’environnement et sur les conditions de travail. Et c’est, plus ou moins, la finalité de cette volonté collective, concrétisée par ce protocole.

   Concrètement, cette démarche et cette coopération entre tous les acteurs se traduirait par :

-          La mise en place d’un guichet unique avec un lien permanent entre les signataires

-          La création d’un Comité de Liaison Inter-Institutionnel

-          Et la création de Comité de pilotage pour chacun des dossiers.

   Comme vous avez pu le voir, dans votre dossier, chacun des partenaires s’engage de façon différentes, mais le but est bien d’apporter aux territoires des solutions à géométrie variable, l’approche des territoires n’étant pas toujours la même et les demandes des socio-professionnels n’étant pas toujours les mêmes.  

   Mais ce qui semble important, dans ce type de dossier,

-          C’est, tout d’abord,  le caractère pluridisciplinaire de la démarche. Et croyez bien que dans une profession profondément individualiste, cela n’est pas une habitude.

-          Cela permettrait d’essayer d’assumer la croissance des besoins médicaux et paramédicaux, de développer une coordination des acteurs du soin et de décloisonner le soin, la prévention, voire l’aspect social de la pathologie…. C'est-à-dire que le département, directement responsable de la PMI, de la personne âgée, du handicap serait un acteur incontournable de cette démarche globale.

   Voilà, M et M, ce que nous vous proposons. C’est une première étape ; l’avenir nous dira s’il est opportun et si nous avons le droit d’aller plus loin.

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Published by Hervé POHER - dans CG: Santé
9 décembre 2008 2 09 /12 /décembre /2008 00:00


                                                                                                                                                                      Représentant le CG Arras

M,M,M

   Vous le savez, on parle actuellement beaucoup de  « Réorganisation territoriale » et Edouard Balladur est chargé d’une réflexion sur ce thème. Disparition ou non des départements ? Fusion avec les régions ? Et ce qui revient souvent, c’est la modification de ce qu’on appelle  la « Clause générale des compétences ». Cette clause générale de compétences est une notion qui est apparue en 1884 et qui peut se résumer simplement : une collectivité peut et doit exercer ses compétences, mais elle peut aussi faire des actions en dehors de ses compétences, si elle pense que c’est intéressant, voire utile pour la population. Et dès que l’on fixe le cadre de cette réflexion, 2 options s’offrent à nous, les élus, les décideurs :

-          Soit une Attitude d’action : On fait ce qui est obligatoire  et  ce qui nous  semble  utile à notre population              

-          Soit une Attitude de rétraction  en disant : « On exerce  nos   compétences, toutes nos compétences, rien que nos compétences

 Et cela peut nous poser évidemment des problèmes  existentiels, métaphysiques  ou  philosophiques :

Je voudrais vous donner un  résumé des quelques interrogations qui s’imposent aux élus :

è  «  Quand on est averti d’un problème, d’une urgence ou d’un dysfonctionnement, et quand on est un décideur, doit-on s’en désintéresser sous prétexte que ce n’est pas légalement dans nos compétences ? »

è  «  Quand on peut être financeur, doit-on systématiquement, avoir peur du doigt dans l’engrenage ? »

è  « Doit-on être en retrait dés qu’on aborde le coût de certaines politiques ? Et tout ce qui touche à la santé est CHER» …..    Et dans le domaine de la santé, doit-on se donner bonne conscience en disant : « De toute façon, notre intervention  ne sera qu’une goutte d’eau dans un océan financier. »

è  «  Doit-on s‘abstenir en prétextant que La santé = domaine à part, réservé à une secte d’initiés qui parlent un langage abscons….» Et je suis médecin, je sais de quoi je parle.

è  «  Doit-on chercher un prétexte à notre désistement en disant « parler de santé, douleur, mort, ce n’est pas facile »   C’est vrai que c’est différent et plus facile de parler de pont, de route, de rond point, de culture, de ruralité…

 

Mais le fait même de poser la question, vous donne donne ma réponse.

Il y a 10 ans, j’avais  interpellé le préfet, sur  les  problèmes sanitaires  du  NPDC, en disant que :

«  L’attitude de l’état était

-          Moralement  indéfendable

-          Politiquement  inexplicable

-          Humainement  impardonnable

          Et j’avais terminé en disant que l’état faisait preuve d’indifférence administrative et que j’accusais le préfet de non-assistance à personne en danger.

Mais passé les effets de manche et la jouissance d’avoir titillé l’état, la question s’est posée :

           «  Nous sommes au courant de l’état de santé de notre population(espérance de vie/mortalité/morbidité/ pathologies) …. Or le sanitaire n’est pas, légalement, dans nos compétences…. A-t-on le droit de rien faire ? »

 

    Et la réponse fut l’engagement des 3 collectivités dans le CPER avec la création des PRS et des PTS.

  Pourquoi cette réponse ? Je vais essayer de vous l’expliquer en étant un peu provocateur et iconoclaste… comme d’habitude.

 

è  C’est vrai que le sanitaire, c’est compliqué ; et on a le sentiment que des gens prennent plaisir à compliquer le système. A tel point qu’on en arrive à se demander si tout ce qui touche la santé n’est pas  une affaire de spécialiste…

Permettez que je fasse une remarque : Tout cela est un peu logique car depuis des décennies, en France, pour faire du sanitaire, il faut avoir une formation scientifique alors qu’il est bon de rappeler que chez les grecs, les médecins étaient avant tout des humanistes. Hippocrate était un philosophe et n’était pas un scientifique.

 

è  C’est vrai que les gens qui gèrent politiquement le sanitaire ont, trop souvent, une démarche de financier ou de comptable… Mais dans toutes les politiques, c’est pareil. Le vrai gouvernement est à Bercy. Et les financiers et les comptables sont, par définition, rebelles à toute adaptation de la logique…. Cela dit, il en faut !

 

è  Et c’est vrai que le monde médical est un peu spécial et les médecins sont par essence imperméables à  toute démarche administrative et, de plus, ils sont génétiquement individualistes et  ont horreur qu’on se mêle de leurs affaires. Et croyez bien que si je m’autorise à dire cela, c’est que je les connais bien.

è  Et c’est vrai aussi qu’il y a une chose qu’on ne savait pas bien faire en France, c’est le dépistage ; c’est la prévention, c’est la sensibilisation.

  Et c’est bien le sens de l’engagement des collectivités dans les PRS, puis dans la charte santé. Et je peux résumer cet engagement  en  3 points :

-          1er : La santé, c’est historiquement, socialement et philosophiquement, la compétence de l’Etat, du moins, en France. Mais nous savons que l’Etat ne peut pas tout faire. La dynamique sera donc collective ou elle ne sera pas. Et une dynamique collective quand on est tout seul, ça n’a pas de sens. Pour faire du collectif, il faut être au moins 2… Et à armes égales.

 

-          2ème : La bonne santé de nos habitants, ce n’est pas uniquement le soin, même si c’est essentiel. C’est aussi la prévention  donc la sensibilisation donc l’éducation…

-          3ème : L’éducation et la prévention sont des domaines tellement vastes que personne ne peut être omniscience et s’occuper de tout. Alors, il faut aller chercher les compétences là où elles sont. En sachant, en plus, que le résultat sera à long terme…

    Et c’est là que nous nous rejoignons. Car la dynamique collective, ce n’est pas seulement l’état et les collectivités territoriales, c’est aussi une démarche associant les décideurs, les associations, les médicaux et paramédicaux, les usagers du système de soins et tous les gens de bonne volonté.

   Et quand je dis « de bonne volonté », c’est aussi valable pour les collectivités, car comment voulez-vous que nous réclamions un rattrapage sanitaire, si nous ne faisons pas, nous-mêmes,  un petit effort dans ce domaine là. C’est ce que nous avons voulu montrer.

      Une dynamique collective, c’est la conjonction de 4 facteurs :

- c’est quelqu’un vous dit : « Moi, j’ai des idées » ;

- le second répond « Moi, j’ai l’argent » ;

- le troisième ajoute « Moi, j’ai les hommes. »

-et le quatrième termine en disant : « Moi, j’ai la volonté. »

Et bien souvent, malheureusement, il suffit qu’il en manque un seul pour que le dossier n’aboutisse pas.

   Et je le répète, l’éducation à la santé est un des démarches qui permettra de « redevenir normaux », c'est-à-dire que nos indices sanitaires deviennent comme ceux de la moyenne française. Ni plus, ni moins. Ce n’est pas plaisant de dire que nous sommes les damnés de la terre ; nous ne voulons plus entendre parler de notre taux d’alcoolisme, de nos cancers… Nous voulons simplement être comme les autres.

Et cette éducation, cette prévention, cette imprégnation sera la résultante de toutes les volontés.

   Et c’est pourquoi, dans cette avancée, il n’y a pas de leader, il n’y a pas de petites mains. Vous êtes des petites mains ; et très honnêtement, dans ce domaine là, nous sommes des petites mains.… Bref, pour faire changer les choses, il faut des gens de bonne volonté. Et croyez moi, dans la société actuelle, c’est déjà pas mal.

 

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Published by Hervé POHER - dans CG: Santé
4 février 2008 1 04 /02 /février /2008 00:00




Séance plénière du CG Arras 

Mr Président, Chers collègues

  Au moment où nous devons discuter de notre budget 2008,  et alors que les sondages montrent que les français sont de plus en plus inquiets quant à l’avenir de notre système de soins, il me semble important de souligner, voire de rappeler l’engagement du Conseil Général du Pas-de-Calais dans un domaine bien spécifique : celui du dépistage et de la prévention sanitaire.

   Ce rappel semble d’autant plus nécessaire que nous avons tous entendu parler de cette proposition iconoclaste (et là, je parle au sens littéral et étymologique du terme), proposition qui voulait qu’on coupe la tête des départements…

   Cette proposition ayant fait long feu, certains  pseudo réformateurs ressortent le dogme de la stricte compétence, c'est-à-dire que chaque organisme, chaque collectivité devrait se limiter à ses compétences, toutes ses compétences et rien que ses compétences  Ce qui veut dire, mes chers collègues que nous devrions « suicider » quelques unes de nos politiques : ce serait la fin du FARDA ; celle des PRS  et ce serait  la fin de plein de politiques dont l’existence même a été décidée par cette assemblée et avait été assimilée par nos communes, nos association et nos habitants.

   Petite parenthèse en passant : si nous devions limiter nos interventions qu’à nos strictes compétences, le CG serait obligé de se retirer, entre autre,  de l’Institution Interdépartementale des Wateringues… L’Etat vient de décider que les wateringues n’avaient plus d’intérêts pour l’agriculture car ce système ne servirait qu’à protéger des zones maintenant urbanisées. Or, je vous rappelle que la sécurité des biens et des personnes est bien de la compétence de l’Etat. C'est-à-dire qu’en toute logique, nous devrions quitter les wateringues et laisser l’Etat assumer seul la catastrophe qui ne va pas tarder à arriver dans les zones poldérisées  de notre département. Je ferme la parenthèse et j’en reviens  aux politiques sanitaires.

   Le sanitaire n’est pas dans nos compétences et, pour ceux qui ont la mémoire courte, je voudrais rappeler que depuis plus de 20 ans, le CG du Pas-de-Calais réclame un rattrapage sanitaire et que depuis plus de 10 ans, nous affirmons que l’absence de CHRU du Pas-de-Calais est une injustice et que souffrons de discrimination ou pire, nous souffrons d’indifférence. Mon collègue Michel Vancaille me rappelle, régulièrement, qu’un jour, j’ai osé, dans le cadre des politiques sanitaires, j’ai osé accuser l’Etat  de « non-assistance à personne en danger. » Et pourtant,

-         Nous voulons bien reconnaître  que, dans le domaine sanitaire, la politique du « y’a qu’a, faut que.. » ne marche pas ;

-         Nous voulons bien admettre que la pénurie de médecins est un problème difficile à résoudre ;

-         Nous voulons concéder que devant le mauvais état de santé de notre population, il est impossible de ne trouver qu’un seul coupable, coupable que l’on chargerait de façon expiatoire.

   L’important, dans ce type de situation, ce n’est pas de chercher le ou les têtes de turc ; l’important, c’est bien d’essayer d‘améliorer l’état sanitaire de nos populations, par un ensemble de mesures adaptées au terrain, oserais-je dire «  territorialisées »,  et par la création d’une prise de conscience et d’une dynamique collective. Dans ce domaine, comme dans d’autres, la solution, si solution il y a, sera collective ou ne sera pas…

   Aussi, sans être partisan, il faut bien reconnaître, mes chers collègues, que la suppression de la péréquation  a été un mauvais coup fait à notre région… Même si les dotations pour nos hôpitaux ont été réexaminées après… le bilan est loin d’être positif.

    De même, sans être partisan, il faut bien reconnaître que, pour les hôpitaux,  le financement à l’activité a été une erreur monumentale, et tout le monde le reconnaît, puisque certains hôpitaux qui ont augmenté leur activité de façon importante, ont vu leur dotation diminuer.

  Enfin, sans être partisan, il faut bien reconnaître que la création du Groupement Régional de Santé Publique pour la mise en place du Plan Régional de Santé Publique, était, dans notre région du moins, très mal venue. L’Etat nous a fait comprendre que la santé publique, c’était son domaine, alors que dans notre région, et c’est assez exceptionnel, nous avions la chance d’avoir des collectivités territoriales qui veulent s’impliquer.

   Et permettez-moi une note d’humour : Nous avons la chance d’avoir, dans le Nord-Pas-de-Calais,

-         Un président de Région obsédé par le cancer

-         Un président du CG du nord qui ne supporte pas le tabac

-         Un président du CG du Pas-de-Calais qui est allergique aux maladies.

   On ne pouvait pas avoir plus pour s’impliquer dans la santé!

  Nous avions donc 2 solutions :

-         Soit nous replier sur nos politiques en abandonnant le sanitaire

-         Soit continuer à afficher notre volonté de participer à cette dynamique collective, même en restant en dehors de nos compétences.

    Bien entendu, c’est pour cette dernière solution que nous avons opté

-         parce que la santé ne peut pas et ne doit pas être uniquement un sujet de chamaillerie politique 

-         et parce que, vous le savez bien,  si nous avions décidé d’arrêter nos politiques de dépistage et de prévention, nous sortions complètement du champ de la santé et cela enlevait une partie de notre légitimité à revendiquer un rattrapage sanitaire et la création d’un CHRU.

      Seule la Région aurait pu parler microbes, globules rouges et intoxication en tous genres.  Et comme depuis des années, nous acceptons de mettre la main à la poche, nous revendiquons le droit d’être comme les autres, c'est-à-dire nous revendiquons le droit à la santé  et nous revendiquons le droit de parler de la santé. Et personne ne peut nous contester ce droit !

   En septembre 2006, nous avons donc signé une charte, avec la Région et le CG du nord, pérennisant ainsi notre participation à 7 Programmes Régionaux de Santé.

   De même, vous le savez, nous sommes cofondateur, avec l’URCAM, d’Opaline 62, association pour le dépistage du cancer du sein. Un bon fonctionnement de la structure, de très bonnes campagnes de sensibilisation et de communication nous ont permis d’atteindre des résultats exceptionnels : en 2007, 46% de taux de participation, c'est-à-dire de taux de réponse… 93000 femmes ont été invitées ; 42000 mammographies ont été effectuées. Dans certains départements, le dépistage existe depuis 20 ans… ils n’atteignent pas les 40%.

    Et je peux vous annoncer, aujourd’hui, que Opaline 62 vient d’être agréée, par les autorités sanitaires, pour lancer, dès cette année, le dépistage du cancer colorectal et, croyez-moi, ce n’est pas un dossier très simple.  Monsieur le Président, permettez-moi de réaffirmer que le CG peut être fier d’avoir su, avec l’URCAM, créer ce bel outil qu’est Opaline 62.

   Mais je me dois d’être franc ! Une question se pose depuis peu… Pourrons-nous rester à l’intérieur d’ Opaline 62 ?  La mise en place du PRSP et des priorités gouvernementales font qu’on est en droit de se poser la question…

    Permettez-moi de schématiser : Les grandes politiques sanitaires sont définies par masses financières… Le dépistage du cancer du sein ou du colorectal entre autre… Et en fonction de différents critères, une somme plafond a été déterminée… Et on arrive à ce paradoxe que quand le CG donne 10 Euros de subvention à Opaline, l’Etat diminue sa dotation de 10 Euros… C'est-à-dire que quand, en année normale, le CG du Pas-de-Calais donne 250.000 euros, l’Etat diminue sa participation de 250.000 Euros… Vous comprenez qu’étant donné les besoins de notre environnement sanitaire, nous soyons en droit d’être un peu interrogatif, voire dubitatif, quant à notre participation… On pourrait, peut-être mettre l’argent ailleurs ?... Et ce ne serait qu’un plus pour notre département.

   Tout ceci pour dire, Mesdames et Messieurs, que cette volonté du CG, que ce questionnement du CG, que les revendications du CG sont clairement exposées par des chiffres, de la page 178 à la page 183 du rapport du Président, concernant le budget.

   Il y est confirmé :

-         Que le CG continue à attribuer un peu plus d’un million d’ Euros pour les politiques de dépistage et de prévention, c'est-à-dire les PRS et Opaline, avec, cette année, le dépistage du cancer colorectal.

-         Et que, cette année, pour des raisons d’excédents budgétaires de l’association, la subvention à Opaline  est de 50.000 Euros au lieu des 250.000 habituels, mais que les 200.000 Euros, ainsi économisés, sont réinjectés dans les PRS.

   Mesdames et Messieurs. Par mon intervention, je voulais simplement  vous rappeler que, dans un domaine où nous n’avons pas le droit d’avoir des états d’âme,  le CG du Pas-de-Calais a su et continue à montrer que, même si ce n’est pas dans nos compétences, la santé, le bien-être et la sécurité sanitaire sont des droits génétiquement inaliénables du citoyen, que l’on soit du  7.8, c’est à dire du département des Yvelines, ou du  6.2, c'est-à-dire du Pdc.

   Certains diront, comme d’habitude,  que tout cela, ce n’est que des effets de manche… Mais si les effets de manche peuvent faire avancer les choses, je et nous n’aurons pas de regrets à avoir : nous aurons fait simplement notre travail  d’élus départementaux prouvant ainsi à Monsieur ATTALLI,  polytechnicien, énarque, et tenez –vous bien, énarque sorti de la promotion Robespierre… Ici, à Arras, ça ne s’invente pas !... prouvant ainsi, dis-je, à ce fort en thème que toutes les têtes  et en particulier celles des départements, ne sont pas prêtes à être coupées.

 

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Published by Hervé POHER - dans CG: Santé
8 novembre 2006 3 08 /11 /novembre /2006 00:00



Représentant le CG. Lille

Mesdames et messieurs.

 

Permettez-moi, tout d’abord, de souhaiter la bienvenue, à tous ceux qui n’ont pas la chance, voire le privilège, d’habiter dans la région Nord/Pas-de-Calais.

Contrairement à certaines idées reçues, cette région est belle ; elle est riche de ses hommes et elle est fière de son histoire.

   Vous êtes réunis pour un congrès de sénologie et de pathologie mammaire. Etant un élu du Pas-de-calais, je me dois d’évoquer les problèmes spécifiques de notre région. J’espère que dans toutes les régions de France, la prise de conscience est la même qu’ici.

 

 

   Il n’est pas très courant qu’un élu vienne parler dans un congrès de spécialistes, réservé à des spécialistes qui ont cette faculté très particulière et parfois très étonnante : c’est celle de parler avec des mots incompréhensibles pour le vulgus pécum et de discourir dans un dialecte abscons. J’oserai dire qu’avoir des élus, dans une telle réunion de famille, c’est une performance. Et je me permettrai d’ajouter que c’est d’autant plus une performance, que les élus, quels que soient leur rang ou leur responsabilité,

 

-         rechigne à parler de la maladie,

-         ont peur de parler de la souffrance,

-         et ne savent pas aborder, sereinement, tout ce qui touche à la médecine.

 

   Il ne faut pas leur en vouloir ! Ils ne sont pas formés à cela et, vous le savez, parler de la maladie, pour des non professionnels, touche souvent à des sentiments cachés, qu’il est difficile d’assumer. C’est valable pour les élus comme pour les autres. Mais si nous élus du Nord/Pas-de-Calais, sommes, aujourd’hui, parmi vous, c’est pour bien faire passer un message nouveau ; et ce message est simple :

 

     Il dit : « Même si la maladie, le diagnostic et le traitement sont des affaires de spécialistes, la société et les élus, qui en sont les représentants, ne peuvent pas, ne doivent pas rester autistes sous prétexte que c’est une affaire de spécialistes. »

 

   Les collectivités territoriales et l’état l’ont affirmé : La prévention, le dépistage et le traitement des cancers doivent être une priorité pour tous.

 

    Bien sûr, vous pourriez me rétorquer que ce sont de belles paroles et que chacun attend les actes forts montrant notre volonté et notre engagement. Mais, vous le savez, dans notre société, les actes dépendent souvent de la finance et, dans ce domaine là, nous ne faisons pas ce que nous voulons. Mais, dans le Nord/Pas-de-Calais, la machine est en marche, je peux vous l’assurer.

 

   La preuve : cet engagement des collectivités territoriales (Conseil Régional et Conseils généraux) dès 1999, pour leur implication dans les PRS (programmes Régionaux de santé). Nous n’étions pas obligés de le faire ; ce n’était pas dans nos compétences et, pourtant, nous avons voulu nous investir dans le domaine sanitaire, à notre mesure et avec nos moyens.

 

  La preuve : cette charte sanitaire qui vient d’être signée par les 3 collectivités pour continuer a œuvrer ensemble, dans cinq grands champs d’action sanitaire : le cancer en fait, bien entendu, partie.

 

   La preuve : cette volonté, hautement symbolique, du Conseil Régional qui voulait siéger au sein de l’ARH. Cela ne s’est pas fait pour des raisons obscures et j’en suis désolé…. A croire que pour certains, la santé est encore une chasse gardée.

 

La preuve enfin, c’est la mise en place, dans les 2 départements qui composent cette région, de structures pour inciter les femmes à se faire dépister. Permettez-moi de prendre en exemple Opaline 62, structure chargée du dépistage du cancer du sein, dans le département du Pas-de-Calais. Je prends cet exemple parce que c’est la structure que je connais le mieux.

 

  Lors des discussions pour la participation au contrat de plan 2000-2006, l’Observatoire Régional de la Santé nous a communiqué les chiffres de l’état sanitaire de notre région. Je pense utile de vous en faire une esquisse :

   - Nous avons l’espérance de vie la plus faible de France.

   - Nous sommes les premiers pour le taux de morbidité et pour le taux de

      mortalité prématuré. 

Nous avons le privilège d’être les champions de France pour

-         Le K des voies aérodigestives supérieures

-         Le K du poumon

-         Le K du sein

-         Le K de l’intestin

-         Le K de l’utérus

-         Les maladies cardiovasculaires

-         Les maladies dues à l’alcool

-         Les suicides…

 Et quand, dans d’autres pathologies, nous ne sommes pas premiers, nous sommes seconds.

 

Et paradoxalement, tout en étant plus malade que les autres, nous avons, proportionnellement à notre population, moins de moyens médicaux que les autres.

 

   Devant un tel bilan, les collectivités, les élus, les décideurs pouvaient-ils rester neutres, en disant : « Ce n’est pas de notre compétence ; c’est celle de l’état… Donc, nous, on ne bouge pas. » Certains nous poussaient à rester en dehors de ce champ d’action, mais nous avons osé franchir le pas.

 

   D’où l’engagement des collectivités dans les PRS, d’où la création, en 2003, d’Opaline 62. Opaline a été créée grâce à l’union de l’URCAM et du conseil général du PDC. Et cette structure a été imaginée et mise en place, avec le concours des professionnels, médecins libéraux, médecins hospitaliers et radiologues, les associations de lutte contre le cancer et les associations d’usagers et de malades. Je ne veux pas vous abreuver de chiffres, mais laissez-moi vous en citer seulement 3 : Pour 2006, c’est plus de 96.000 invitations qui seront envoyées ; c’est plus de 40% de démarches positives avec mammographies (le taux de réponse était de 31% en 2004) ; c’est, malheureusement, 6,6/ mille de cancers dépistés (ce taux était de près de 11/ mille en 2004). Les taux de réponses montrent que nous sommes sur la bonne voie et que nous devons continuer notre effort.

 

 Mesdames et messieurs. Notre région Nord/Pas-de-Calais a plusieurs handicaps :

 

-         Une histoire guerrière et industrielle qui a laissé des traces ;

-         Une image, à l’extérieur, qui n’est pas trop positive… Et cette image nous colle à la peau

-         Des indices sanitaires qui sont mauvais et eux, nous collent à l’affectif.

 

  Si nous voulons sortir de ce cercle infernal, il faut une dynamique collective associant

-         le savoir des hommes de l’art,

-         la volonté de la puissance publique

-         et une prise de conscience de nos populations.

 

   Dans le destin d’une population et d’une région, rien n’est inéluctable. J’en suis intimement persuadé.

Bien sûr, les collectivités seront parfois maladroites,

Bien sûr, nous ne pourrons pas toujours répondre à vos attentes ;

Bien sûr, nous ne sommes pas plus magiciens que d’autres…

Bien sûr, la santé est, avant tout, une compétence de l’état…

    Mais laissez-nous le crédit de la bonne volonté et le désir de bien faire. Désormais, rien de ce qui touche nos populations ne nous est étranger.

 

   Permettez-moi de terminer par une anecdote personnelle. Avant de m’égarer dans les sombres labyrinthes de la politique, j’ai exercé, pendant 20 ans, la coupable profession de médecin généraliste, en milieu semi rural. En 1998, accablé par trop de responsabilités politiques, j’ai dû arrêter mon métier de médecin et le jour de ma dernière consultation, j’ai vu arriver une cliente, presque une amie. Amie parce que pendant des années, j’avais soigné tous les membres de la famille et certaines épreuves communes nous avaient liés. Elle m’a dit : « Avant que vous arrêtiez, je voulais vous montrer quelque chose… J’ai quelque chose au sein… » Et elle m’a montré un placard énorme, infiltré, induré avec un chapelet de ganglions… Elle avait senti ce quelque chose depuis plus de 6 mois et n’avais pas osé en parler, par pudeur ou par peur de la vérité…

 

  Elle est morte l’année suivante à l’age de 57 ans.

  Et je dois vous avouer qu’en tant que médecin, j’étais révolté ; en tant qu’homme, j’avais de la peine et en tant qu’élu, je me sentais un peu coupable…

 

   Mesdames et Messieurs, soyez performants, soyez inventifs et soyez combatifs… Ce combat là mérite d’être livré et moi, qui ai vu l’évolution de la médecine depuis 30 ans, je suis sûr que ce combat là, on peut le gagner. J’espère que tous les décideurs de France, que tous les responsables, que tous les élus sauront être à vos cotés. Le combat pour la santé, le combat pour la vie est l’affaire de tous. Je sais que, dans ce domaine là, les professionnels et les élus seront d’accord.

 

    Merci de ce que vous ferez et merci de m’avoir écouté.

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Published by Hervé POHER - dans CG: Santé
24 octobre 2005 1 24 /10 /octobre /2005 20:09

geluck
 

Article publié dans le journal de Jack Lang

 

UN COMBAT À MENER……….


        Il n’y a pas une semaine, sans que vous ne soyez informés du mauvais état sanitaire de notre région, des vicissitudes de nos hôpitaux et des problèmes de financement de notre chère Sécurité Sociale.

    Et c’est vrai que notre système de santé n’est pas en forme et plus encore, dans la Région Nord/ Pas de Calais. Nous avons les plus mauvais indices sanitaires de France (mortalité la plus haute, morbidité la plus forte, espérance de vie la plus courte) et paradoxalement, nous avons moins de médecins qu’ailleurs, moins de moyens qu’ailleurs et moins d’espérance qu’ailleurs ! Alors, depuis des années, vos députés réclament, vos conseillers généraux et régionaux protestent, les associations se plaignent et le corps médical se désespère.

    On nous dit que la médecine coûte cher, que les malades ne sont pas raisonnables ou que les médecins exagèrent… Le vrai responsable, c’est la maladie elle-même. Les progrès de la médecine et de la technologie ont fait que faire un diagnostic et se soigner coûte bien plus cher qu’avant. Mais le résultat est évident : nous sommes mieux soignés. De plus, nous sommes dans une société où la médecine est devenue un secteur marchand dans un monde libéral, un secteur de business dans un monde d’affaires et où certains n’ont aucun scrupule à faire de magnifiques profits. Ce n’est pas pour rien que certains grands groupes financiers rachètent, à tour de bras des établissements de soin.

   C’est pourquoi, nous devons tous nous battre : Pour que notre Région obtienne, enfin, un rattrapage sanitaire, pour que le CHRU de Lille accepte de se déconcentrer et de travailler pour et avec tous les hôpitaux de la région, pour que nos hôpitaux soient équipés et performants, pour que nos étudiants en médecine restent chez nous et pour garder ce système de soin qui est, peut-être coûteux mais qui est original et performant.

    La côte d’Opale a des atouts : un bassin de vie bien défini, des hôpitaux de qualité, du personnel médical et paramédical performant, des réseaux qui se mettent en place…… Nous devons réclamer, auprès des décideurs régionaux et nationaux le droit à la santé, comme n’importe quel autre français.

    C’est un des grands combats des années futures, pour notre région. Elus, professionnels, citoyens : Tous mobilisés pour une même cause, et dans le domaine de la santé, de la souffrance et de la maladie, la cause est toujours noble.

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Published by Hervé POHER - dans CG: Santé
12 septembre 2005 1 12 /09 /septembre /2005 10:22

politique santé    

Arras, séance plénière    

 Monsieur le Préfet.

A la lecture du document que vous nous avez transmis, je dois vous avouer que je suis resté particulièrement dubitatif devant une phrase que certains estampilleraient de « très diplomatique », que d’autres rangeraient dans la catégorie des propos qui n’engagent à rien, et que moi je qualifierais de d’écrits à caractère sibyllin. 

En effet, page 50, il est noté : «  La démarche de rapprochement des établissements de santé publics et privés. Il s’agit d’une mission particulièrement complexe qui nécessite de la patience et de la disponibilité ».Point

Avouez, Monsieur le Préfet, que cette phrase n’amène aucuns renseignements sur les objectifs et la stratégie de l’Etat. Or il est noté le mot mission ! Et je me permettrai de dire que cette phrase est incomplète. Vous auriez dû écrire «  De la patience, de la disponibilité et de la transparence ».

Permettez que je rapproche cela de votre intervention lors de la Commission Permanente du 11 Juillet dernier. Le Président Dupilet vous avait demandé de faire le point sur le Plan HOPITAL 2007. Votre réponse, sans doute préparée par l’ARH, n’évoquait que le problème des relations tumultueuses entre l’Hôpital public d’Arras et un grand groupe financier, et quand je dis financier, soyez assuré, Monsieur le Préfet que c’est bien de façon volontaire que j’utilise ce mot.

Vous nous avez affirmé que :

Premièrement : Les subventions dans le cadre du plan Hôpital 2007 n’étaient pas assujetties à une coopération public-privé.

Deuxièmement : Que la COMEX, commission exécutive de l’ARH, avait voté, à l’unanimité, pour le projet de l’hôpital d’Arras, créant ainsi un campus sanitaire public–privé.

Je dois vous avouer, Monsieur le Préfet, que ces 2 affirmations sont, pour nous, très surprenantes et démontrent, soit un changement d’orientation évident, soit, de la part de l’ARH, une propension à la navigation à vue.

Je m’explique. Pour la première affirmation disant que les subventions ne sont pas assujetties à une démarche de coopération……..C’est un changement de cap qu’il est important de souligner. Nous participons à toutes les instances décisionnelles régionales et beaucoup de mes collègues font partie des conseils d’administration des hôpitaux. Nous avons donc une certaine pratique des stratégies de l’ARH. Et l’ARH ne faisait jamais de cadeaux. C’était toujours donnant/donnant.

Ici, je t’aide à combler le déficit, si tu raisonnes en bassin de vie. Là, je t’aide à t’équiper si tu remplies un contrat d’objectifs. Là-bas, je t’aide à construire un nouvel hôpital si tu entames une démarche de coopération public-privé.

Cette façon de faire a toujours été appliquée par l’ARH et n’est pas critiquable en soi. La pression financière étant, bien souvent, un argument pour faire évoluer les choses.

Or, vous nous annoncez que la règle du donnant/ donnant ne s’applique plus. C’est une évolution sensible qu’il faudra notifier à tous les hôpitaux…..Au sujet d’Arras, cela signifie que La Générale de Santé gardera sa subvention de 4 millions d’euros …. Même si elle a rompu les discussions avec l’hôpital, même si elle veut faire une OPA sur une clinique, même si elle prolonge cette OPA par une autre OPA sur le groupe Mercier. Quand on est fortement subventionné par l’Etat, ça aide pour faire une OPA….

Pour en terminer sur ce premier point, Monsieur le préfet, permettez-moi de dire que de ne plus conditionner les subventions à certaines obligations, est très louable en soi … Encore faudrait-il avoir le courage de l’afficher et je n’ose imaginer que les financements sans conditions ne soient réservés qu’aux structures privées .

Ensuite, vous nous avez annoncé que la COMEX avait donné un avis favorable au projet de l’hôpital d’Arras…. Là, Monsieur le Préfet, je ne comprends plus. Un avis favorable au mois de juin ne peut que nous satisfaire…Mais alors expliquez-nous pourquoi, lors du CROSS du 4 Mai, la DRASS, L’ARH, les représentants des Caisses d’Assurance Maladie….Bref, tous les services de l’état ont voté contre ce même projet !....Respectant ainsi les consignes de l’ARH et affichant ouvertement qu’elle soutenait la sécession et le coup le force de la Générale de Santé. Que s’est-il passé vers la fin du printemps ? Pourquoi l’ARH a-t-elle changé, complètement d’avis ?

Je n’ose croire, Monsieur le Préfet, que cette volte-face n’ait été provoquée par l’intervention de certains élus, par la mobilisation du Conseil Général et de la tempête médiatique qui en fut la conséquence.

Pour en terminer avec ce second point, permettez-moi de dire que favoriser l’hospitalisation privée est une philosophie en soi, parfaitement défendable, même si ce n’est pas la notre ; encore faudrait-il avoir le courage de l’afficher et je n’ose imaginer que l’ARH soit une alliée inconditionnelle et secrète des grands groupes financiers qui boursicotent avec la santé des gens.

En résumé, Monsieur le Préfet, l’offre de soins et le système de santé sont des dossiers majeurs pour la Région Nord/Pas de Calais. Et si nous voulons continuer à essayer de mettre en place ce rattrapage sanitaire indispensable, en y intégrant la notion de service public et en conservant une certaine éthique qui dit que la santé n’est pas uniquement un secteur marchand, il faut que l’Etat joue cartes sur table.

Tous les autres partenaires sont clairs :

Les élus et les collectivités demandent le maintien d’un service public fort et performant, qui peut et doit cohabiter et coopérer avec le secteur privé.

La Générale de Santé est claire, puisqu’ elle vient de révéler ses objectifs: être propriétaire de 25% des établissements de soins d’ici quelques temps. Et les moyens financiers, ils les ont et, en plus, on leur en donne !

Il faudrait que la position de l’Etat soit claire. Cela vous éviterait des phrases sibyllines ; cela ne nous ferait, sans doute pas plaisir mais, au moins, nous aurions une idée de ce qui nous attend.

Monsieur le Préfet, tout à l’heure, vous avez parlé de la qualité du dialogue entre l’état et les collectivités. Pour qu’il y ait dialogue, il faut être deux minimums et pour que ce dialogue soit de qualité, il faut que chacun soit honnête vis à vis de l’autre. Dans le N/PDC, la santé de nos concitoyens ne peut se permettre des non-dits….. La clarté des orientations des politiques publiques et la transparence des décisions ont été et seront toujours un devoir pour tout gouvernement.

Il serait sain, Monsieur le Préfet, l’appliquer dans le domaine de la santé

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Published by popo - dans CG: Santé
3 septembre 2005 6 03 /09 /septembre /2005 00:00






Réunion de la Fédération Ps 62, en présence de François Hollande

INTERVENTION WINGLES , le 03/09/05

                                                      
                         Mes chers camarades.

 

 On m’a demandé de rédiger une ordonnance concernant notre système de santé. Je l’ai donc fait ; elle ne coûte pas cher…..du moins pour l’instant.

Permettez-moi de rappeler quelques constantes :

-         La santé est une valeur importante de notre société

-         Lorsque l’on fait un sondage, les français répondent toujours que la santé est le système auquel ils sont le plus attachés.

-         Quand on vous parle de santé, on ne vous parle que d’équilibre budgétaire, de finances et, surtout, de déficit. On accuse les malades qui ne sont pas raisonnables ; on accuse les médecins qui ne font pas attention ; on accuse les cotisations qui ne rentrent pas. C’est vrai que c’est un peu tout ça…Mais le vrai responsable, c’est la médecine elle-même. Se soigner coûte de plus en plus cher mais le résultat est qu’on vit de plus en plus vieux.

 

Pourtant la santé est malade

-         Dans son fonctionnement

-         Dans ses finances

-         Par ses inégalités

 

Avant de rédiger l’ordonnance, nous avons, avec le groupe de travail, fait un diagnostic et nous avons relevé 4 types d’inégalité.

 

Tout d’abord l’inégalité sociale.

·        La médecine est devenue une activité rentable, commerciale et source de profits. Et on assiste de plus en plus à une privatisation de celle-ci avec ce terme horrible de « dépassements d’honoraires ». Soyons francs, mes chers camarades, les gens défavorisés n’ont pas les mêmes possibilités que les autres pour se soigner ! Et l’on voit de plus en plus la montée en puissance de grands groupe financiers qui s’impliquent dans le système de soins. Et ils osent dire qu’ils font du service public !! Non, ils font du pognon. Il faut avoir le courage de le dire. Si vous avez une cirrhose du foie, si vous avez une maladie de longue durée, si vous êtes un clochard, les cliniques ne vous prennent pas.

·        Et que faire pour les étrangers en situation irrégulière ? Les médecins ont prêté le serment d’Hippocrate qui nous oblige à soigner tout le monde, sans discrimination.

·        Inégalités pour les  personnes âgées qui bien souvent, ne peuvent plus se payer une mutuelle et n’ont plus accès au système de soins.

·        Inégalités, enfin, vis-à-vis des pathologies mentales, encore considérées comme de la sous-médecine.

 

Ensuite, nous avons relevé des inégalités géographiques.

Je prendrai un exemple….au hasard. Le Nord/Pas de Calais n’est pas premier partout. Mais il y a bien un domaine où nous sommes en tête.

Nous avons l’espérance de vie la plus faible de France.

Nous avons le taux de morbidité le plus haut de France.

Nous sommes les premiers pour : les cancers de la gorge, du poumon, cancer du sein, cancer de l’intestin et cancer de l’utérus. Nous sommes encore les premiers pour les maladies cardiovasculaires et les cirrhoses du foie. Et enfin, mes chers camarades, nous sommes les premiers pour les suicides….surtout chez les jeunes.

 

Et, paradoxalement, nous sommes plus malades et nous avons moins de moyens pour se soigner. Et lorsque l’on demande aux spécialistes pourquoi il y a des poches de pathologies, Calais, Boulogne, Lens, Liévin….ils vous répondent qu’ils ne savent pas, mais que lorsqu’on prend la carte du chômage et celle des pathologies, elles se superposent exactement ! Sans commentaires.

 

Inégalité de moyens. Un seul chiffre : Nord/pas de Calais, 4,5 millions d’habitants, 1 CHRU. La région parisienne, 11 millions d’habitants, 11 CHRU….Et pourtant, nous avons réclamé. Mais personne ne nous entend. Serait-on des bâtards d’anglais ; serait-on des bâtards de flamands ?

 

Inégalité financière, enfin. L’acte II de la décentralisation a permis aux Conseils Régionaux de participer à la politique de santé, en siégeant à l’ARH. Mais à condition de mettre de l’argent sur la table. Il semble évident que les régions riches pourront plus s’impliquer que les régions pauvres. Le Nord/Pas e Calais ne pourra pas mettre autant que la Région Ile de France, que la Région PACA, que la Région Rhône Alpes et le différentiel va donc s’accroître.

 

J’ai donc rédigé une ordonnance avec 10 commandements :

1er commandement : Sortir d’une logique entièrement financière. La médecine n’est pas uniquement un problème d’argent, c’est aussi un problème de volonté. Et il faut rappeler au corps médical que la médecine n’est pas uniquement une boite à sous.

Ensuite, il faut défendre le service public, quitte à le réformer ! Il faut le rendre aussi performant que le privé.

Il faut développer les actions de prévention et instituer la prévention comme un acte médical à part entière. Il faut même rendre certains dépistages obligatoires.

Il faut développer la médecine scolaire et la médecine du travail.

Il faut développer les actions d’accompagnement social et psychologique, par les médecins et par les associations. «  Parler, ça ne coûte pas cher, mais ça peut rapporter gros ».

Il faut réclamer cette péréquation qui est notre dû. C’est une question de justice. Martine Aubry nous l’avait donné ; Raffarin nous l’a reprise.

Il faut prendre des mesures pour inciter, voire obliger les médecins à s’installer dans les régions en manque de personnel médical.

Il faut développer les structures pour handicapés, pour les malades souffrant de la maladie d’alzeihmer ou de toutes les pathologies dues à la vieillesse. Et j’ajouterai, les structures d’aide psychologique et psychiatrique, surtout à destination des jeunes.

Il faut demander à l’Etat d’être logique. On ne peut pas lutter contre le tabac et l’alcool et empocher les taxes dans le budget général de l’Etat.

Il faut enfin, que le Parti Socialiste, affirme haut et fort que le travail, l’éducation, le logement et la lutte contre la pauvreté sont, quand même les meilleurs médicaments et qu’avec tout ça, on peut guérir presque tout.

 

Voilà l’ordonnance que nous avons rédigée. Bien sur, elle peut paraître utopique, mais je tiens à vous rappeler, mes chers camarades :

-         Que sans l’utopie, il n’y aurait pas de Parti Socialiste

-         Et pour la trois centième fois que le progrès n’est que l’accomplissement des utopies.

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Published by Hervé POHER - dans CG: Santé
20 juin 2005 1 20 /06 /juin /2005 10:19

Stéthoscope POHER

Arras Séance plénière 

La nouvelle loi de santé publiqueamène une recentralisation des politiques sanitaires. Le CG doit se positionner, dans le cadre de ses  compétences sur ce qu’il veut garder, introduire ou continuer  en contractualisant avec l’Etat. 

Depuis 1983, les Départements étaient responsables : de la lutte contre la tuberculose, de la politique vaccinale, de la lutte contre les MST, sauf  le SIDA, de la lutte contre la lèpre, de la lutte contre les cancers, prévention et dépistage.

Toutes ces compétences ont été exercées, sauf la lèpre qui est, quand même une pathologie très rare sur notre territoire. La dernière action phare a été la création d’OPALINE 62, association chargée du dépistage du cancer du sein, avant de s’intéresser, dans un deuxième temps à d’autres pathologies cancéreuses.

Parallèlement à ces politiques obligatoires, le CG s’est investi dans des politiques volontaristes par l’intermédiaire de la Promotion de la Santé et, depuis 2000, dans le cadre des PRS, faisant partie du volet sanitaire du contrat de plan.

Je tiens à signaler que l’investissement des 2 conseils généraux et la mise en place des PRS/PTS sont reconnus comme exemplaires au niveau national et international. C’est d’ailleurs, en se servant de l’exemple du N.PDC que le gouvernement a imaginé une partie de la nouvelle loi de santé publique.

Le Cg doit se déterminer avant Août 2005 sur son implication dans certaines compétences qui étaient des compétences obligatoires (tuberculose, vaccinations et dépistage du cancer.

Et devra définir, avant fin 2006, s’il continue ses politiques volontaristes.

Dans un souci de coordination et d’efficacité, nous avons consulté nos partenaires de la Région et du Conseil Général du Nord. D’un commun accord, nous avons constaté que l’état sanitaire de notre région et la persistance de mauvais indices sanitaires, obligeaient les collectivités territoriales à rester des acteurs de prévention.

Nous vous proposons donc, dans un premier temps : Comme cela est demandé dans la loi du 13 Août 2004, de conserver l’exercice de 3 compétences , c'est-à-dire la lutte contre la tuberculose, les vaccinations et le dépistage des cancers ; le maintien de ces 3 compétences devant se faire après la réalisation d’un état des lieux et une négociation avec l’Etat quant aux compensations financières.

De soutenir la demande de l’ADF qui veut faire reporter la date limite en fin d’année

Et dans un deuxième temps, avant fin 2006, nous vous proposerons le maintien de certaines politiques issues de notre action dans le cadre de la Promotion de la Santé et des PRS, politiques volontaristes, mais redéfinies pour être plus en phase avec nos compétences obligatoires.

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Published by popo - dans CG: Santé
20 juin 2005 1 20 /06 /juin /2005 10:15

médecin POHER     

  Arras, séance plénière.

   Le problème de la désertification médicale en milieu rural n’est pas spécifique du Nord Pas-de-Calais. D’autres régions sont plus durement touchées que nous, même si notre région a quelques particularités.

 Cette désertification résulte de la conjonction de plusieurs processus :

1er processus : L’instauration de l’idiotie appelée Numérus Clausus.

Partant du principe, pas totalement faux mais totalement absurde, que «  Plus il y a de médecins, plus on dépense »,  le gouvernement a instauré, dans les années 70, un numérus clausus, c'est-à-dire qu’on limitait de façon drastique le nombre d’étudiants en médecine. Etant donné la longueur des études de médecine et l’âge de la retraite des médecins étant fixé à 65 ans, nous sommes, depuis 2 à 3 ans en plein dans la vague de départ en retraite des premiers médecins « numéruclausés ». Ceci était prévisible : Pour pallier à ce départ, toutes les études ont montré qu’il fallait, au minimum former, 7500 médecins par an, pour toute la France. Entre 70 et 2000, le numérus clausus était fixé à 3000 par an. Donc dès le départ, il nous manque 135.000 médecins.

Je vous rappelle que dans cette enceinte, depuis plus de 10 ans, nous réclamons la suppression ou l’élargissement du numérus clausus. Mais notre revendication légitime n’a jamais atteint les oreilles des technico-financiers qui fixent les orientations.

Une augmentation du chiffre d’étudiants en médecine vient d’être, en plusieurs vagues, décrétée. Mais comme, il faut 8 ans minimum pour former un médecin, nous savons que la période 2000- 2020 sera très difficile pour tous. Permettez-moi de dire que ceci est le résultat de l’imprévoyance de certains et d’une gestion strictement financière de la santé.

2ème processus : A la fin des années 90, partant du même principe idiot que  «  plus il y a de médecins, plus on dépense », on a créé, pour un temps limité, le MICA, possibilité, pour les médecins de partir en retraite de façon anticipée, avant l’âge de 65 ans. Or, cette mesure qui n’aurait pu être qu’un gadget, a rencontré un succès inattendu, amenant beaucoup de praticiens à arrêter avant la fin.

3ème processus : Beaucoup de médecins, formés à Lille ou à Amiens, vont s’installer ailleurs que dans le Nord Pas-de-Calais . Les raisons en sont diverses et variées mais le phénomène est réel et malgré, tous nos efforts, a une fâcheuse tendance à s’accentuer.

4ème phénomène : Plus sociétal, celui-là. Les contingences liées au métier de médecin en milieu rural, c'est-à-dire, la disponibilité, les gardes et des horaires élastiques, font que les nouvelles générations de praticiens préfèrent s’installer en ville, où ils gagneront peut-être moins d’argent, mais où ils auront un confort de vie plus agréable. Permettez-moi de regretter, à titre personnel, cette nouvelle mentalité.

5ème phénomène : pour l’anecdote et parce que je sais que certains esprits pervers de cette assemblée se feront un plaisir de me le mettre dans le nez… Quand on voit que certains médecins, installés en milieu rural, abandonnent leur métier, pour faire de la politique…. Où va la France !

Bref, le constat est là : nous manquons et nous manquerons de plus en plus de médecins.

Le CG peut-il ou doit-il s’impliquer dans la mise en place de mesures essayant de lutter contre ce phénomène en milieu rural ?. Je pense que OUI. Et cela pour 2 raisons.

La première est que le maintien de la ruralité et le développement rural, sont des priorités pour le CG du PDC. La seconde est que dans toutes nos politiques, nous essayons de faire un maillage et un bon aménagement du territoire. Or, l’aménagement du territoire, ce n’est pas uniquement des bâtiments ou des routes, c’est aussi des hommes et des professions.

Comment peut-on s’impliquer ?

   Je pense que dans un premier temps, il serait intelligent de se concerter avec la Région, qui, de par la loi, est plus impliquée que nous, dans le domaine sanitaire. Ensuite, il serait possible, dans le cadre du FARDA, d’imaginer une aide financière uniquement sur les investissements, attribuée aux EPCI, dans le cadre de la création de cabinets de groupe, et en souhaitant certaines conditions d’exercice conformes à la notion de service au public et en conformité avec le code de déontologie. Dans ce domaine, tout est à imaginer.

Si vous m’en donnez le mandat, je vous propose, en concertation avec le président de la 5ème commission et le président du FARDA, et en liaison avec la Région, d’étudier les possibilités d’intervention du CG. Tout en étant bien conscient, mes chers collègues: que nous ne ferons pas de miracle et que le nombre de dossiers éventuels sera, de toute façon, limité.

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20 juin 2005 1 20 /06 /juin /2005 10:10

Hopital Arras

Arras séance plénière. 

Ce qui se passe, depuis quelques jours à ARRAS, est une caricature. 

Caricature d’une déviance ultralibérale tant redoutée et tant dénoncée, il y a quelques jours encore, lors de la campagne électorale.

Caricature de la déréglementation et de la dérégulation de notre système sociétal avec disparition de la notion de puissance publique, de service public et d’intérêt commun.

Caricature, enfin, du mépris hautain qu’ont certains grands groupes financiers, vis-à-vis des décisions collégiales visant un aménagement sanitaire intelligent du territoire.

Pour ceux qui ne sont pas au courant de ce qui se passe à ARRAS, permettez que je résume les faits.

   Depuis des années, l’Agence Régionale d’Hospitalisation, bras armé de l’état pour ce qui est des installations sanitaires, préconise la concertation et, si possible, une alliance et des projets communs, entre l’hospitalisation publique et l’hospitalisation privée. Cette démarche est compréhensible, louable et est basée sur le pragmatisme.

   Partout, dans la région, les hôpitaux et les cliniques privées ont entamé des discussions et ont essayé de créer une dynamique collective. Mais, le temps passant, il s’avère que les dés sont, dès le départ bien, souvent pipés. 9 fois sur 10, l’hospitalisation privée ne voit pas l’intérêt et ne veut pas se compromettre avec l’hôpital public.

   C’est ce qui s’est passé à ARRAS

   C’est ce qui s’est passé à CALAIS

   C’est ce qui se passera ailleurs.

   Et très sincèrement, les autorités de l’Etat jouent, dans ces dossiers, bien souvent, un double jeu.

   A Arras, la Générale de Santé est propriétaire d’une clinique, la Clinique BON SECOURS. Et les discussions, pour un projet commun, se faisaient à 3 : L’hôpital, la Générale de Santé et un troisième établissement, la clinique Sainte Catherine qui est indépendante.

   La Générale de Santé a rompu les discussions et a décidé de construire, seule, un nouvelle clinique sur le terrain des Bonnettes.

   Malgré cette défection prévisible, l’hôpital et la clinique Sainte Catherine ont élaboré, à 2, un projet de regroupement, les privés de la clinique acceptant de transférer leur matériel sur le campus de l’hôpital, où était créé un grand centre de diagnostic et de traitement du cancer.

   Ce centre est nécessaire à ARRAS.

   Ce centre est nécessaire à l’Artois.

   Ce centre peut correspondre à l’un des objectifs du SROSS III, en cours d’élaboration.

Mais, bien entendu, une telle entente était contraire aux ambitions et aux intérêts de la Générale de Santé.

La demande de transfert de matériel a été déposée au CROSS et a été examinée le 4 Mai dernier. Et figurez-vous que, paradoxalement, les 3 dossiers de transfert avaient reçu un avis négatif des services instructeurs de l’Etat : Alors que c’était des dossiers intelligents, alors qu’on avait enfin trouvé un consensus entre le public et le privé, alors que cela répondait exactement aux recommandations de l’ARH.

A cette réunion du 4 Mai, après quelques discussions et quelques interventions, et contre toute attente, la commission a donné un avis favorable au transfert sur le campus hospitalier. Mais, je tiens à préciser que tous les services de l’Etat ont voté contre, affichant ainsi, qu’ils voulaient privilégier les projets de la Générale de Santé.

   Nous pensions le dossier gagné ; nous pensions la notion de service public sauvegardée ; nous pensions la mécanique enclenchée.

   Hélas ! Nous étions, une fois de plus, très naïfs.

Pour éviter une alliance Hôpital- Clinique Sainte Catherine, la Générale de Santé a contacté les actionnaires de ST Catherine et leur a proposé de racheter l’établissement. Ce grand groupe, étant propriétaire des 2 cliniques, l’alliance public-privé deviendrait, ipso facto impossible.

La Générale de Santé, ayant été battue par la décision du CROSS, elle contre-attaque en mettant des millions d’Euros sur la table. Et de plus, si la Générale gagne cette bataille, elle pourra bénéficier, pour la construction de sa nouvelle clinique de 3 millions d’Euros donnés, généreusement par l’ARH, dans le cadre du plan HOPITAL 2007.

En résumé, dans le dossier arrageois, l’argent risque d’être plus fort que la défense des principes et que les décisions souveraines.

Alors, mes chers collègues, permettez-moi de donner mon avis personnel.

J’ai honte.

J’ai honte de vivre dans une société où la médecine, la santé, la douleur et la mort sont devenues des valeurs, uniquement, marchandes.

J’ai honte de vivre dans une société où les termes « Bien être et santé » ont été remplacés par les termes «  finances et profits ».

J’ai honte de vivre dans cette société où, sciemment, on procède au dépeçage de ce qui était l’un de nos fleurons sociétal : une médecine, certes coûteuse, mais accessible à tous, équitable et performante. Parce que tout le monde le sait, dans cette enceinte et ailleurs : le public et le privé ne font pas la même médecine. Pour les uns, c’est la santé des gens quels qu’ils soient ; pour les autres, c’est la rentabilité avant tout.

Ce qui se passe dans notre région, ne fait que refléter la philosophie générale qui tend à s’imposer partout dans le pays. Or c’est contraire à notre histoire ; c’est contraire à nos intérêts et c’est contraire à ce devoir de solidarité que nous avons tous, vis-à-vis de nos populations défavorisées.

Faut-il pour cela quitter les instances qui gèrent la politique sanitaire ?

Très sincèrement, je pense que NON :

Parce qu’il faut encore être présent pour rappeler ce qu’est l’égalité républicaine devant la santé.

Parce qu’il faut encore être actif pour essayer de préserver un véritable service public.

Parce qu’il faut pouvoir dénoncer les profiteurs qui, sans vergogne et avec la bienveillance de certains, essayent de faire main basse sur la santé.

Permettez, pour en terminer, que j’en appelle :

Aux autorités de l’ETAT. Vous ne pouvez pas laisser perpétrer un tel hold-up. La collaboration public-privé, OUI ! L’hégémonie d’un privé, uniquement motivé par la rentabilité, NON !

J’en appelle au centre Hospitalier d’Arras et à tous les gens qui y travaillent, médecins et employés : continuez votre combat ; vous êtes dans la vérité.

Et j’en appelle, enfin, aux actionnaires de ST Catherine, qui sont des médecins :

N’oubliez pas pourquoi vous avez fait médecine.

N’oubliez pas pourquoi vous êtes devenu médecins.

N’oubliez pas que vous avez prêté le serment d’Hippocrate.

N’oubliez pas que la médecine n’est pas uniquement une boite à sous.

Ce qui fait la grandeur du métier de médecin, c’est l’abnégation, le dévouement et la solidarité.

Je sais que tout à l’heure, certains me diront que mon appel est vain, dans un monde qui, inéluctablement, va vers le chacun pour soi ; que notre société est, ainsi devenue, plaçant l’argent avant l’honnêteté, la droiture et les principes ; qu’il est démodé de jouer les DON QUICHOTTE ou les CYRANO et que ma colère est sans doute inutile….Mais comme il est écrit dans une des plus belles pages de notre littérature :

      «  Mesdames et Messieurs, c’est bien plus beau, lorsque c’est inutile. »

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THEMES ABORDES

Hervé Poher             

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