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AVERTISSEMENT:




Nous vous proposons différentes photographies qui n'ont qu'un seul but: vous livrer de belles images du Pas-de-Calais, quelques images du monde et quelques clins d'oeil humoristiques. Ces photos ont été copiées sur le web et restent la propriété des gens de talent qui les ont faites.

ITINERAIRE...

1989

- Election au Conseil Municipal de Guines

1992

- Membre de la liste régionale

1994

- Elu Conseiller Général du Canton de Guînes

1995

- Elu Maire de Guînes

1997

- Elu Président de la Communauté de Communes des Trois-Pays (CCTP)

 - Suppléant du député Dominique Dupilet

1998

- Vice-Président du Conseil Général

- Président d'Eden 62

2000

- Nommé élu référent pour l'Opération Grands Sites des Caps

2001 Réélu

- Maire de Guînes

- Conseiller Général

- Président CCTP

2002

- Suppléant du député Jack Lang

2004

- Membre de la liste régionale

- Elu président du Comité de Bassin de l'Agence de l'eau Artois-Picardie (--> 2014)

2004

- Elu président du Pays de Calais (-->2006)

2005

- Elu président de la Conférence Sanitaire du Littoral (-->2009)

2007

- Suppléant du député Jack Lang

- Démission du poste de maire

2008 Réélu

- Conseiller Général

- Adjoint à Guînes

- Président de CCTP

- Président Agence Eau

2011 Réélu

- VP du Conseil Général

- Président du Comité de Bassin de l’Agence de l’eau

- Membre de la liste sénatoriale

2012 :

- Candidat aux législatives

- Elu Président du Parc Naturel

2013

- Sénateur du Pas-de-Calais 

- Démission de la CCTP

- Démission du CM de Guînes

2014 Réélu

- VP du Conseil général

- Président du Parc

2015

- Arrêt du Conseil Général

- Arrêt  Eden

-Arrêt Parc Naturel

 

PHOTOS

 

Poher (19)      

Poher (7)

Poher (18)     

Andre-et-Gilbert     

Contrat-avenir.jpg   

En-assembl-e.jpg

GB     

Inauguration-Petit-Prince.jpg      

Langelin-maire-honoraire.jpg

election 2007    

Ardres     

Conservatoire 2

Poher herve (6)     

2004 fete de la randonnee    

Bouquehault     

Kluisbergen     

Poher (14)     

tour     

99 Inauguration ADSL

MDR             

repas vieux      

jardin

 

 

 

 

 

 

 

 

19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 17:17
19/01/2017: Voeux de la ville de Guînes / Hervé POHER

Marais de Guînes, le 19 janvier 2017.

 

« Si je regarde derrière moi, il y a une période qui m’a beaucoup marqué… Et certains d’entre vous doivent s’en rappeler : c’est quand la Communauté de Communes était jumelée avec une commune du Mali… Maréna Diombougou. Les maliens sont venus ici ; ils sont venus à la fête du Parc ; ils ont dansé à l’entrée de la forêt…

Et j’ai eu la chance, en 2004, d’aller avec une délégation au Mali, dans la région de Kaye pour visiter les villages de Maréna Diombougou. Maréna Diombougou est une intercommunalité composée de 10 communes, 10 villages en plein désert, mais sous une seule administration. Evidemment, comme nous étions en délégation, nous avons dû visiter chacune des communes. Et dans chacune des communes, je devais, en tant que représentant des Trois-Pays aller saluer le marabout… Sorcier, guérisseur… D’ailleurs, on se parlait et on se faisait des ordonnances… J’ai manqué de mourir là-bas… On a voulu me transporter en hélicoptère…

Après le marabout, j’allais saluer le chef du village… Ensuite, je devais aller saluer la présidente de l’association des femmes… Et à chaque fois, on devait faire des cadeaux. Et puis, pour terminer, je devais surtout aller saluer le plus ancien du village, le vieux sage.

Alors ce soir, le marabout Rivenet a parlé ; le chef Médine a parlé ; la présidente des femmes Bourguignon a parlé et le vieux sage va parler… J’ai dit le vieux sage ; je n’ai pas dit le vieux singe !!!

 

C’est vrai, je vais parler et vous dire quelques trucs… Mais vous savez, avec l’âge, la mémoire baisse un peu. Alors j’ai pris quelques notes mais en vous écoutant, tout à l’heure, j’ai dit « qu’est-ce-que je vais bien pouvoir raconter ? ». Marc et Bernard ont parlé de la commune ; Ludovic a parlé de l’intercommunalité et du département ; Brigitte vous a parlé de la France… Et le Sous-Préfet va vous parler de l’Etat. De quoi vais-je pouvoir parler ?

Alors je vais vous parler de quelque chose qui est essentiel, incontournable, que je connais bien : je vais vous parler de moi… Je vais vous parler de moi parce que cela me permettra de parler un peu des guînois et de Guînes. Parce qu’on a quand même des choses en commun…

Mesdames et Messieurs. Cela fait la 18ème fois (nb : erreur dans le discours car 23 fois) que je prends la parole devant vous, à des vœux. 18 fois, mais probablement la dernière.

La dernière parce que le calendrier électoral est ainsi fait : normalement je suis sénateur jusqu’au mois de septembre et qu’un jour ou l’autre, il faut décider de se retirer… Laisser la place aux autres… Il faut savoir s’effacer… De toutes façons, si on ne s’efface pas, d’autres vous effacent.

 

La deuxième chose, c’est que je me suis rendu compte que j’attrapais une nouvelle façon de faire. Figurez-vous que je classe les photos… Ça, c’est un signe… C’est un signe et je vous assure, qu’avec la femme que j’ai, classer des photos, c’est un rude travail. Elle prend des photos avec son téléphone, avec sa tablette… Evidemment, il n’y a pas de date… Alors je passe des soirées, des journées à classer les photos…

Mais classer des photos, faire sa photothèque, ça veut dire que dans votre tête, vous êtes passé à un stade supérieur…

 

Et c’est aussi le fait que j’éprouve le sentiment du vieux jardinier : c’est-à-dire qu’après m’être occupé longtemps des racines, je préfère regarder les bourgeons.

Alors 18 fois, c’est beaucoup et la première fois que j’ai pris la parole à des vœux, c’est en 1995. Je venais d’être élu conseiller général et, rappelez-vous, j’étais dans l’opposition de monsieur Warnault. Et puisque c’est la dernière fois que je parle devant vous, je vais vous le dire : j’ai été un peu dur avec Monsieur Warnault. Je lui ai écrit ; je lui envoyé un petit mot en 2007 en disant que je regrettais ce que j’avais fait mais que quand on est un « jeune chien fou », on ne se rend pas compte.

Alors, permettez-moi, ce soir de lui adresser un salut très respectueux.

 

Ensuite, j’ai pris la parole 12 fois en tant que maire.

Pourquoi 12 fois ? 12 fois parce que j’avais dit, en 1995, que je n’allais faire que 12 ans. Et au bout de 12 ans, j’ai démissionné… C’est tellement rare les hommes politiques qui respectent leurs engagements. Je l’ai fait sachant en plus, que je mettais la commune dans de bonnes mains. Et je crois, avec le temps, que je ne me suis pas trop trompé… Même s’il est moins bon que moi… Je l’ai quand même un peu poussé.

Et les 12 fois où j’ai pris la parole pour donner mes vœux à la commune et aux guînois, il y avait une tradition : j’inventais des dictons, des proverbes… Et les gens venaient spécialement pour écouter mes proverbes… Alors j’inventais des proverbes au nom de Confusius, Erasme, Nostradamus…

Et du coup, j’en ai retrouvé quelques uns… Ceux que je trouve les meilleurs :

« Si l’homme descend du singe, je ne peux contester

Que certains ont tendance parfois à remonter. »

 

« Passer sous une échelle ne m’effraye jamais,

Sauf quand elle est à plat et que je suis bourré. »

 

Bien sûr, je me permettais de taquiner les employés de mairie en disant…

« Le seul médicament utile au fonctionnaire

C’est bien la caféine et pas le somnifère »

 

Je me moquais un peu de moi aussi… Excuse-moi Brigitte…

« Les politiques connaissent tout le kamasoutra :

Changer de position ne les dérange pas. »

 

Et enfin, je l’ai vue tout à l’heure… Maryse… Maryse, où es-tu… Maryse ancienne secrétaire de mairie… Et le jour du départ de Maryse, j’avais dit :

« Maryse ne peut pas faire plus d’une chose à la fois :

Quand elle mâche un chewing-gum, elle travaille déjà. »

 

C’est vrai que cela a émaillé nos cérémonies de vœux… Avec une seconde tradition : à la cérémonie de vœux, je tapais sur l’Etat. C’est une tradition que je partage avec beaucoup d’élus et je le faisais à la guînoise : c’est-à-dire que je mettais un grand coup de hache dans la tête et on discutait après.

 

Si je vous signale cela, monsieur le Sous-Préfet, c’est parce que c’est un des paradoxes de la vie. Il y a 8 jours, au Sénat, nous avons eu un débat, débat sur les rapports entre les collectivités et l’Etat déconcentré territorialisé… Et sur les 10 intervenants, je suis le seul à avoir dit du bien de l’Etat.

 

Reconnaitre que l’Etat sur le terrain… L’Etat doit être là ; qu’on ne peut pas faire, nous les collectivités, sans une présence de l’Etat très forte et j’ai simplement dit que j’étais un peu jacobin et que je croyais à la puissance de l’Etat et au bien de l’Etat.

 

Et plusieurs sénateurs sont venus, après, me remercier d’avoir osé dire cela car dire cela, ce n’est pas à la mode… D’autant que c’était dans le cadre de la remise d’un rapport sur une consultation des élus locaux… Il est évident que les élus locaux ont une fâcheuse tendance à taper sur l’Etat… Mais c’est tellement pratique ! C’est tellement pratique !

 

Cela dit, Monsieur le Sous-Préfet, il a fallu que j’arrive en fin de carrière pour dire que, globalement, j’ai bien travaillé avec l’Etat et que, cela a fait plaisir au ministre de l’intérieur, j’ai dit que nous avions un corps préfectoral de haute tenue.

 

Je vous signale que dans les cérémonies de vœux, il y en a une qui m’est restée marquée : au marais de Guînes ; c’était en 2004 juste après le tsunami. J’avais lancé un appel en disant qu’il faut que la mairie de Guînes se mobilise ; il faut que tout le monde fasse un effort ; il faut que les associations fassent un effort pour récolter des sous pour SOS Village d’Enfants. Cette année-là, nous avons récolté 24000 euros que nous avons donné à SOS Village d’Enfants et en récompense, nous avons eu, ce qui se trouve en vitrine, en mairie de Guînes, un petit papier signé Annie Duperey… Qui nous remercie d’avoir donné autant d’argent pour les enfants.

 

Après avoir démissionné, je me suis trouvé parmi vous en tant que président de la Communauté de Communes, vice-président du Conseil général, puis finalement en tant que sénateur… Ce n’est pas le même métier, vous savez !

 

Je vous ai dit que c’est la dernière fois parce qu’il faut un temps à tout… Et je tiens à dire, à tous mes amis des autres communes : ne m’en veuillez pas si, cette année, je ne suis pas allé à aucune cérémonie de vœux. C’est la première et c’est la seule à laquelle je viendrai. Parce que la politique, c’est un peu une drogue… Il faut se désintoxiquer. Donc j’ai dit « cette année, je n’irai pas à des cérémonies de vœux… Je vais venir à Guînes quand même pour dire du mal de Médine. Il faut se désintoxiquer et il faut partir… »

 

Je voudrais simplement vous remercier pour les années que j’ai passées à vos côtés ; quand on fera le bilan, il ne sera pas trop mauvais ; on aura fait bouger les choses ; on aura créé des choses. Et indéniablement, Guînes et la communauté de communes des Trois-Pays, maintenant Pays d’Opale… Tout cela, c’est intimement lié…

 

Et puis, je vous demande la permission de piquer un dernier coup de gueule… vous me la donnez… Je la prends !

 

Tout simplement pour dire que la bêtise humaine est omniprésente dans notre société. Je vais prendre 2 exemples.

 

Vous l’avez peut-être vu dans la presse puisque cela a fait la une des journaux pendant un moment : au mois de mars dernier, j’ai changé de groupe au sénat.

 

Je vais vous expliquer pourquoi.

Pour avoir un groupe, au sénat, il faut avoir 10 personnes. Les écologistes étaient 10 et un des écologistes, monsieur Jean-Vincent Placé est devenu ministre. Donc ils se sont retrouvés à 9 ; le groupe allait donc disparaitre. Et quand vous avez un groupe, vous avez des moyens, du secrétariat et du temps de parole. Et si vous n’avez plus de groupe, vous n’avez plus de temps de parole. Les choses allaient se faire comme cela, mais je pensais naïvement qu’ils allaient trouver quelqu’un…

Mais la veille de la disparition du groupe, je me suis dit « On ne peut pas laisser faire cela ! On ne peut pas, dans une société où on parle de transition énergétique, de biodiversité et de réchauffement climatique, on ne peut pas ne pas donner la parole aux écolos !! Même s’ils sont un peu « frappadingues », même s’ils sont un peu bizarres, ils ont le droit à la parole ; ils sont porteurs de certaines choses. J’ai donc demandé à être inscrit administrativement au groupe écolo… Comme cela, ils continuaient à exister.

 

Je l’ai fait très sincèrement parce que je suis en fin de carrière, parce que cela ne me coûte rien et qu’il m’était moralement insupportable que les écologistes n’aient plus le droit à la parole.

Je l’ai fait ; ils ont été sauvés ; ils ont gardé leur temps de parole ; ils ont gardé leur personnel…

8 jours après, j’ai l’occasion d’aller manger, dans un repas avec un ministre. Le ministre me dit : « Ah, c’est toi le mutant ? Qu’est-ce-que tu as eu en échange ? »

 

Franchement, j’ai eu la chair de poule… et j’ai répondu : « J’ai fait cela pour le geste… Dans votre monde, ça n’existe pas de faire pour le geste ? ». Et là, je me suis dit « Même en étant ministre, on peut être un peu imbécile ! »

 

Deuxième chose. L’imbécilité locale… Je l’ai dit : je suis en train de partir en douceur ; je me fais absent ; je me fais transparent …« Vla t’y pas », comme on dirait à Guînes, que l’autre jour, dans un tract, on parlait de moi… Et j’étais caricaturé en coq !! Vous l’avez vu cela ??? Poher le coq… Remarquez, ça fait plaisir : Cette année, l’année 2017, en chine, c’est l’année du coq ! Me caricaturer en coq…

 

Je me suis dit : je leur manque déjà ; ils veulent que je revienne ; ils veulent que je reste !! Qu’ils continuent comme cela et je reviens. Parce que pour embêter le monde, je sais encore le faire malgré mon grand âge.

 

Mesdames et messieurs. Je vais m’arrêter là ; J’ai été trop long, une fois de plus, mais c’est la dernière fois que je m’adresse à vous.

 

J’aurai sans doute l’occasion de recevoir encore des gens au Sénat avant que j’arrête. Et je vous signale simplement que le petit voyage au Sénat, cette année, a laissé des traces dans les mémoires. On n’a jamais vu des gens s’asseoir sur les marches au Sénat !!! Les guînois occupaient les marches et devaient s’écarter pour laisser passer les sénateurs !!

 

Je vais en arrêter là et comme d’habitude je vais terminer en vous souhaitant des vœux à ma manière.

 

« Mesdames et messieurs. Je vous souhaite une année 2017 pleine de tout, vide de rien, oubliant l’inutile, remplie d’indispensable. Mais surtout je vous souhaite tous ces petits riens qui rendent l’inutile indispensable. »

Bonne année à vous.

 

Hervé Poher

19/01/2017: Voeux de la ville de Guînes / Hervé POHER
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Published by popo - dans Guines (voeux)
14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 20:38
Voeux de la ville de Guines... Où on parle de l'invasion de plantes... indésirables....

Voeux de la ville de Guines... Où on parle de l'invasion de plantes... indésirables....

Mesdames et Messieurs.

 

Je vous prie d’excuser mon retard mais j’ai un vrai métier…. Moi. Remarquez, cela m’a permis d’éviter 2 discours.

 

J'ai compris que je dois être court... Ca m'arrange: on est jeudi et je dois sortir  les poubelles.

 

Que vous dire ? Un mot sur les attentats qui ont été perpétrés dernièrement.

 

Innommable, insupportable, injuste… Quand ces attentats se sont produits, j’ai écrit, je ne sais plus où… Sur mon blog probablement… « J’ai mal à la France. » en dessous d’une photo de Marianne qui pleurait avec des larmes de sang. Puis, quand nous avons appris les détails de ces attentats, j’ai rajouté « J’ai mal à l’homme ».  Comment des hommes peuvent-ils faire cela ?

 

Pour la petite histoire. Le congrès de Versailles a eu lieu le 16 novembre, 3 jours après les attentats. J’y étais tout comme madame la Députée Brigitte Bourguignon. Et figurez-vous que le soir même, au Sénat, nous devions nous réunir pour parler de la COP 21 et du changement climatique. Et j’ai commencé mon intervention en disant : « Difficile de parler de la lumière quand on vient d’être confronté à l’obscurantisme. Mais parler du climat, parler de l’avenir de l’homme et parler de l’avenir de la planète, n’est-ce pas la meilleure réponse, n’est-ce pas le meilleur moyen de prouver que les barbares ne peuvent pas gagner… Et ils ne gagneront pas.

 

Deuxième chose : Avez-vous remarqué le nombre de décès de personnes célèbres depuis le début de l’année ? Un chaque jour… Michel Delpech, Michel Galabru, David Bowie… Et surtout, avez-vous remarqué comme on a beaucoup de qualités une fois qu’on est mort…

 

Michel Delpech : moi, c’est ma génération et je connais toutes ses chansons… Maintenant qu’il est mort, il a créé des chefs d’œuvre… alors que depuis des années les milieux artistiques et intellectuels le dédaignaient franchement parce qu’il avait fait du « populaire » !

 

De même, Michel Galabru… On disait qu’il ne tournait que des « Nanars ». Maintenant, tout le monde dit qu’il a tourné dans des grands films.

 

Et David Bowie… Moi, je suis un fan. Dans les années 70, j’allais acheter ses disques en Angleterre. Et Dieu sait s’il était critiqué… Pour plein de raisons. Maintenant qu’il est mort, « il a été le plus grand révolutionnaire de la musique ! »

 

Alors, mesdames et messieurs, si j’ai quelques qualités, faites-moi plaisir : dites-le-moi avant que je ne meure.

 

Alors, que vous dire de plus ? Je ne vais pas vous parler de politique, certains l’ont déjà fait. Tiens, je vais vous parler d’environnement…

 

La semaine prochaine, nous devons discuter de la loi sur la biodiversité. Et je dois intervenir… Je suis en train d’imaginer mon discours qui commencera comme cela : « Madame la Ministre… » … Car devant moi, il y aura Madame Ségolène Royal, ministre de l’environnement.

 

Je dirai donc : « Madame la Ministre. Moi, je suis guînois ! » Je suis sûr qu’elle va être « sciée »… Je suis guînois et Guînes est un parfait exemple de biodiversité. C’est vrai, on a plein de milieux différents : on a la ville, le centre urbain, avec des maisons, le goudron… Bref, une ville. Puis on a le marais. Autour de la ville, on a des champs, cultivés en bio ou en culture productiviste… Mais on est entouré de champs. Enfin, on a une forêt domaniale, 800 hectares… 1 tiers de la commune…

 

On y trouve donc plein d’exemples de biodiversité… On y trouve des rats musqués… Au marais, on trouve des orchidées… Oh pas des orchidées comme vous trouvez chez le fleuriste… Non, de très petites orchidées, minuscules mais qui sont classées au niveau européen. On y trouve aussi des lièvres, des lapins, des chevreuils, des sangliers…

 

Tiens, je vais lui raconter l’histoire de nos sangliers. La ligne TGV sert de barrière et figurez-vous que les sangliers de la commune, comme ils ne peuvent plus remonter vers le nord, s’en vont sur la Côte d’Opale… Et pendant des années, dans des réunions pour la gestion des espaces, j’ai entendu « Y’en a marre des sangliers à Poher ! » Comme si c’était mes sangliers… Mais c’est un peu vrai. Les sangliers de la forêt de Guînes, à cause du TGV, vont se promener sur la côte.

 

Et puis, dans la forêt, on trouve toutes sortes d’arbres : les chênes, les hêtres, les sapins… Bref, A Guînes, on a un bel échantillon de biodiversité.

 

Dans les espèces d’oiseaux rares, on peut y trouver « le Marcus Médinus à trois pattes » ; dans la famille des oiseaux de nuit, le « Rivenet à longue Barbe » ; on y trouve même, dans la famille des rapaces vieillissants, le « Poher à tête blanche »… Je dis vieillissant, car avec le temps, cette bête-là devient moins vorace.

 

Mais savez-vous quel est le vrai problème pour la biodiversité ? C’est l’arrivée de plantes invasives, d’espèces invasives, d’espèces qui ne devraient pas être là. Dans les animaux, vous avez la célèbre tortue de Floride… C’est joli une tortue de Floride mais lâchée dans la nature, c’est une vraie saleté. Et dans les plantes, la plus connue, c’est la Renouée du Japon. Très belle plante mais quand vous en avez dans votre jardin, elle envahit tout…

 

 Et Guînes est aussi touché par le problème des plantes invasives.

(note de H.Poher  :comparaison avec les résultats électoraux en 2015)

 

Cette année, on a fait deux bilans : un en mars et le second en décembre… Eh bien, savez-vous que les plantes invasives occupent le terrain ! On l’avait senti, déjà, depuis quelques années… Les plantes autochtones ont tendance à disparaitre : on en a dénombré 18% du territoire pour l’une et 16% du territoire pour l’autre… Par contre, la plante invasive, celle qu’on n’a pas l’habitude de voir à Guînes occupe 54% du territoire… Comme la Renouée du Japon, elle est jolie et attrayante…

 

Alors, voyant cette invasion, certains ont dit : « On fait comme-ci ont ne l’avait pas vu… » Ce n’est pas une solution… Le phénomène risque de s’amplifier. D’autres disent : « Il faut utiliser les pesticides et tout détruire… » Là non plus, ce n’est pas une solution et ce n’est pas facile à faire… Ce n’est pas facile de tout détruire…

 

Alors moi j’ai dit : « Pour trouver un remède, il faut d’abord trouver la cause… »

 

Et honnêtement, je vois 2 causes.

Tout d’abord, il est évident que la nature a horreur du vide. Si un espace n’est pas occupé, la nature y met automatiquement quelque chose. Essayez dans votre jardin : vous nettoyez tout un espace, vous le videz et très rapidement, il sera rempli d’orties.

 

Deuxième raison : Si la plante invasive est arrivée, c’est que la gestion de l’espace n’a pas été bonne… Je parle en connaissance de cause. J’ai dirigé, pendant 18 ans, Eden 62 qui gérait les 5500 hectares d’espaces naturels du Département. Et quand on me disait que la Renouée du Japon avait envahi un espace, j’assumais ma responsabilité. Quand un espace est envahi par une plante invasive, ce n’est pas de la faute du garde qui gère l’espace, c’est bien de la faute du chef, en l’occurrence, c’était moi, chef qui prend les décisions. ...

 

Et dans plein de domaines, c’est pareil.

 

Alors, quand un endroit est mal géré, il faut changer de gestion à défaut de changer de chef.

 

Voilà ce que voulait vous dire. Vous voyez, je ne vous ai pas parlé de politique ; j’ai parlé d’environnement.

 

C’est vrai que j’aurai pu vous parler aussi de la réforme constitutionnelle et de la déchéance de la nationalité… Mais je ne suis pas encore fixé… Certains disent que ce n’est qu’un symbole… Mais depuis que la démocratie existe, les hommes, pour diriger, ont toujours eu besoin de symboles.

 

Bref, on arrête là.

Et pour vous présenter mes vœux, je vais vous redire ce que j’avais inventé, il y a quelques années, à la communauté de Communes… Ce n’était pas mal… Vous voyez, je me fais moi-même mes compliments.

Pour 2016, je vous souhaite :

Une santé sans point d’interrogation,

Une humeur sans point d’exclamation,

Une chance sans point de suspension …

Bref, une année sans ponctuation.

Hervé Poher

14/01/2014

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Published by popo - dans Guines (voeux)
15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 20:26
15/01/2015: Voeux de la ville de Guînes / Hervé Poher

Guînes, le 15 janvier 2015.

   Je serai bref… Oui, ne souriez pas ! Je serai bref pour trois raisons : la première, c’est que trop de discours tue les discours ; la seconde, c’est que les discours font plaisir à ceux qui les font et non à ceux qui les écoutent ; la troisième, c’est qu’aujourd’hui, comme l’a dit Eric, c’est une soirée un peu spéciale pour moi.

    Alors, des vœux sans Marc Médine, des vœux sans notre maire… Pas courant ; inhabituel… Mais c’est aussi de sa faute ! Rappelez-vous, l’an passé, il avait commencé son discours en disant qu’il avait des démangeaisons. Madame la député aussi, d’ailleurs, avait des démangeaisons. Et moi, de suite, j’avais fait le diagnostic : c’était des poux ou la gale… Et je leur avais proposé une consultation gratuite pour les soulager. Eh bien, ils ne sont pas venus me voir… Du coup, Médine s’est gratté, sans arrêt, a fait un faux mouvement, a été opéré… Et il est absent ce soir…

   Mais je vous rassure : il va bien. Je suis passé le voir, il y a trois jours… Il va bien. Il grossit beaucoup mais il va bien… Il faudrait peut-être arrêter le chocolat… Alors, Caroline, tu peux lui transmettre toute notre amitié. Tu n’es pas obligée de dire que son discours lu par Laurence était bien mieux que quand c’est lui qui le fait… Mais je sais que nous le reverrons bientôt.

    Alors… Que restera-t-il de 2014… Les élections municipales, bien entendu. Ce petit frisson démocratique que nous avons tous les 6 ans. Et le résultat des élections municipales est ce qu’il devait être. De toute façon, quel que soit le résultat d’un vote, vous ne m’entendrez jamais contester le résultat d’une élection. Il y a des résultats qui ne me font pas plaisir ; il y a des endroits où cela ne me plait pas, mais c’est l’électeur qui a choisi. J’ai l’habitude de dire : « On a les élus qu’on mérite ». C’est quand même les gens qui décident ; c’est ça la force de la démocratie ; c’est ça la force de notre système ; c’est ça la force de la république… Ce que certains pays n’ont pas ou ne veulent pas avoir.

   Alors, cette élection est passée : Marc et son équipe ont été réélus. Localement, le résultat correspond à un mélange d’ambiance locale et d’ambiance nationale… Vous avez vu que dans certains coins, il y a eu des chamboulements. Ici, il n’y a pas eu de chamboulements. Mais les élections se sont passées de façon sereine…

   Je dis sereine car j’ai entendu dire que ces élections avaient été un peu dures… Moi qui commence à avoir une certaine expérience de la vie politique locale, je peux vous dire que ce n’est pas étonnant : C’est toujours plus dur quand on fait un renouvellement parce que l’équipe sortante doit présenter un programme mais doit présenter aussi un bilan. Par contre, ceux qui sont en face n’ont qu’à présenter un programme, c’est-à-dire qu’ils peuvent dire tout et n’importe quoi … quand on n’a pas de bilan ! Mais pour les sortants, c’est difficile de présenter un programme car les gens disent : « Ils ont fait un programme, mais pourquoi ne l’ont-ils pas fait avant puisqu’ils étaient en place ? ». C’est vrai et c’est cela qui était plus difficile.

   C’était difficile pour l’équipe à Médine… Comme c’était difficile pour l’équipe à Poher, en 2001. En 2001, j’ai attrapé 5 tracts dans la même journée… Au début, on avait commencé à répondre et après j’ai dit : « On ne peut pas répondre à 5 tracts dans la même journée !! ».

   Comme ça a été dur pour monsieur Warnault en 1989… C’était moi en face. C’était un renouvellement et je l’ai attaqué sur son bilan.

    Et c’était dur aussi en 1983… C’était le renouvellement de monsieur Chevalier. Et figurez-vous que cela a été tellement dur qu’au dernier moment, monsieur Chevalier s’est retiré et a mis en place monsieur Warnault.

   C’est normal ; c’est la vie démocratique ; c’est le combat démocratique et c’est la forme d’une certaine liberté d’expression. Les élections sont passées ; c’est bien et maintenant, il faut que l’équipe travaille et très honnêtement, je lui souhaite beaucoup de courage parce que l’environnement et les conditions ne sont pas très positifs.

   Au Sénat, en ce moment, on est en train de discuter de la réforme des collectivités et la plus grande réforme, c’est bien « On se serre la ceinture ! ». Et je le dis très honnêtement, Mesdames et Messieurs : J’ai eu la chance d’être maire à une période qui était un peu plus joyeuse. Moi et mon équipe, on a fait plein de choses : on a refait tout l’assainissement à Guînes ; on a lancé l’assainissement au marais ; on a fait une maison de l’enfant ; on a refait la mairie ; on a fait des écoles ; on a refait une grande partie des rues de Guînes ; on a refait les entrées de la ville. On a refait tout cela… Pourquoi ? Parce que, à cette époque, il suffisait d’être bien introduit et on avait de l’argent de l’Europe, de la Région, du Département… On avait de l’argent d’un peu partout et c’est ainsi qu’on a fait plein de choses.

   Maintenant, on a fait comprendre qu’il fallait être plus « sérieux », un peu moins dépensiers… Et que l’argent devenait cher. Et je souhaite à l’équipe de Guînes, aux maires ici présents et à leurs équipes, je souhaite beaucoup de courage… Parce que gérer, en se disant qu’il faut faire attention à tout, c’est difficile ; ça empêche l’imagination ; ça empêche le rêve ; ça empêche d’avancer.

    Permettez-moi de dire juste un mot sur la zone d’éducation prioritaire. C’était moi qui étais maire quand a été installée la Zone d’Education Prioritaire ou Réseau d’Education Prioritaire ou Réseau Réussite., comme vous voulez. Pourquoi une ZEP ? Simplement parce qu’on s’était aperçu que localement, il y avait un problème dans l’apprentissage du langage, dans l’apprentissage de la lecture… et qu’il y avait moins de diplômes chez nous. Un problème qui était le résultat d’un contexte économique, d’un contexte social, d’un contexte historique… En disant cela, on ne cherche pas de coupable, on constate simplement : il y avait un problème et il était important d’essayer de résoudre ce problème. Il n’y a pas de honte à être en ZEP ou en REP ; c’est simplement reconnaitre qu’il existe un problème et qu’il faut trouver des solutions.

   Et en 97 ou 98, nous avons été déclarés en ZEP et les élus se sont mobilisés ; les enseignants se sont mobilisés ; les parents se sont mobilisés. Et tout le monde a dit : « Il faut qu’on sorte de ce cercle vicieux. »… Et on était en train d’en sortir et on commençait à avoir de bons signes… Patatras !! On nous retire le statut… uniquement pour des raisons financières. Parce que, Mesdames et Messieurs, ce ne sont pas des pédagogues qui ont décidé ; ce ne sont pas des élus qui ont décidé ; ce n’est même pas la ministre qui a décidé… Ce sont des ordinateurs qui ont décidé qu’il fallait trouver du « pognon » pour en mettre ailleurs et qu’il fallait travailler à moyens constants. Ils ne sont pas venus sur place.

   Alors, moi je suis intervenu et je reconnais que j’ai peut-être été un peu violent dans ma lettre à Madame la Ministre… Mais je lui ai expliqué que je suis aussi médecin et qu’il y a une chose fondamentale : ce n’est pas parce qu’on va mieux qu’il faut arrêter le traitement ! Quand on est convalescent, on n’est pas guéri !! En plus, être en ZEP ou en REP, c’est symboliquement fort : ça veut dire qu’on a fait une mobilisation de toute la société. Et je regrette  que le rectorat, l’inspection ou le ministère n’aient pas entendu notre message… Et je dirais simplement pour terminer que je suis un élu de la nation et que, quand j’écris à quelqu’un, j’aimerais qu’on me réponde. Je n’ai toujours pas de réponse depuis un mois…

   Autre point. Le mercredi 7 janvier, c’était l’ouverture des soldes. Et figurez-vous que ce jour-là, 2 abrutis sans cerveau ont soldé leur seul capital : c’est-à-dire qu’ils ont soldé leur connerie… Et ils l’ont soldé à coup de kalachnikov… Si je parle d’abrutis et de connerie, c’est simplement parce que j’utilise le langage de Charlie-Hebdo. Charlie-Hebdo, c’est ma jeunesse…

    Et j’ai vu sur internet : « 17 morts et 66 millions de blessés ». Je ne pense pas qu’il y ait 66 millions de blessés d’après ce que je vois mais une grande majorité de la France était blessée. Et je vous le dis : comme vous tous, dimanche dernier, j’étais fier d’être français ; j’étais fier de voir ce type embrasser un CRS ; j’étais fier de voir un juif embrasser un musulman ; j’étais fier de tout cela ; j’étais fier de dire : « J’appartiens moi aussi à cette nation où Liberté, Egalité, Fraternité… Ça veut dire quelque chose. »

   Et je veux être franc avec vous : j’étais un peu plus blessé que la plupart d’entre vous et je vais vous expliquer pourquoi. J’ai 62 ans, c’est-à-dire que si vous calculez, j’avais 10 ans lors de la création du journal Pilote… Où a commencé Cabu… Et j’ai été élevé avec Pilote. Et en 69, j’avais 17 ans lorsqu’a été créé Hara-Kiri Hebdo qui est devenu plus tard, Hara-Kiri et Charlie-Hebdo… Et c’était ma lecture. Quand certains lisaient Victor Hugo ou Voltaire, moi je lisais le Professeur Choron, Cavanna, les dessins de Reiser, de Wolinski ou de Cabu. C’est ma jeunesse et je peux vous avouer une chose : j’ai la plus belle collection de Hara-Kiri qui existe en France. Parce que, pendant des années, ma femme peut en témoigner, la première chose que je faisais le mercredi matin, c’était d’aller chercher mon Hara-Kiri… Avec des photos… dégueulasses… mais qui me faisaient rire… J’ai même des Hara-Kiri retirés de la circulation… Parce que comme j’allais le chercher à 9 heures et que Giscard l’interdisait à 10 heures… Moi, j’avais déjà mon Hara-Kiri.

   Et j’ai une collection de Hara-Kiri qui, quand elle tombe entre les mains de mes enfants… Pour l’instant, mes petits-enfants ne regardent pas… C’est inimaginable, les Hara-Kiri et Charlie-Hebdo de cette époque-là !

   Je vais même vous faire un dernier aveu. Quand on était à Lille, je m’étais fait une bibliothèque pour mettre tous mes Hara-Kiri et mes Charlie-Hebdo. Et cette bibliothèque, je l’avais faite… dans nos toilettes. Si bien que quand des amis venaient, ils passaient 2 heures aux toilettes… J’étais fort inquiet pour leur santé mais, en fait, ils restaient enfermés pour lire les Hara-Kiri. Alors, je vous ai avoué que j’avais un trésor : j’espère simplement que je ne vais pas être cambriolé dans les jours qui viennent.

   Tout cela pour dire, Mesdames et Messieurs, que des flics sont morts… Je dis des flics parce que dans Charlie, on dit « des flics »… Est-ce qu’il y a des enfants dans la salle ? Tant pis, je le dirai quand même devant eux. Mais franchement, quand on connait bien Charlie-Hebdo ou Hara-Kiri, le langage des gens, le langage de ceux qui écrivaient dans ces journaux… Wolinski, c’était « Bite, couilles, cul… » et Cabu, c’était « Mort aux vaches » en parlant des flics ou « Mort aux cons »… C’est pour cela que quand je vois la France unanime pour défendre la liberté d’expression, j’ai des doutes. Sur le fond, tout le monde veut défendre la liberté d’expression. Sur la forme, je ne suis pas sûr que tout le monde soit d’accord… Parce que le langage de Wolinski et de Cabu, vous ne pouvez pas l’utiliser partout. On est trop dans une société où il faut faire attention à ce que l’on dit, une société où on est formaté, une société où on est polissé…

   Et je vais terminer, Mesdames et Messieurs, en vous disant que c’est une journée un peu spéciale pour moi : Il y a 21 ans, j’ai été élu conseiller général du canton de Guînes. J’étais fier ; les guînois étaient fiers : pour la première fois de leur vie, ils avaient un conseiller général. Je succédais en cela à Maitre Henri Collette. J’y ai mis tout mon cœur, tout mon temps, toute ma passion… A ma façon. Et je vous avouerais, franchement, que la première des choses que j’ai faite en arrivant au Conseil Général, c’est de me créer une image. C’est important, en politique, de se créer une image. Ce n’était pas trop difficile, j’ai pris l’image du Guînois : râleur, jamais content et acceptant de discuter d’une certaine façon… C’est-à-dire que je mets un grand coup de hache dans la tête de la personne en face de moi et on discute après.

   Cela n’a pas trop mal réussi à la commune de Guînes ; Cela n’a pas trop mal réussi au canton; Cela n’a pas trop mal réussi à la communauté de communes. J’ai essayé de faire cela de façon honnête, sans poujadisme local, pas tout pour Guînes… Car je suis avant tout un élu départemental… Mais si je peux aider les gens que je connais, je les aide. Mais c’est vrai que la commune a eu beaucoup… Beaucoup… Parce que ma façon de faire n’était pas trop mauvaise. La meilleure preuve, c’est que je suis devenu vice-président du Conseil Général au bout de seulement 3 ans : ce n’est pas très courant.

   Nouveau découpage, nouvelle façon de voter parce que maintenant, vous allez devoir voter pour un couple… C’est peut-être cela qui me pousse à partir ? Là-dessus, je suis un peu Hara-Kiri : je suis un peu macho…

   Nouveau découpage, nouvelle façon de voter, plein de choses qui font que, vous le savez sans doute, je vais tourner la page. Je vais laisser la place, je vais arrêter d’être conseiller général, je vais arrêter de courir à Arras même si je continue à aller à Paris parce que je suis sénateur.

   Mais je voulais simplement vous dire, parce que vous êtes des guinois, ici présents, que je vous remercie de la confiance que vous m’avez faite. Je vous remercie de m’avoir soutenu depuis 1994… Puisqu’en 2001 je suis passé au premier tour… Et qu’en 2008, je suis passé au premier tour… Et qu’en 2012, lorsque j’ai voulu être dissident, que j’ai remué un peu trop, que j’ai fait le guinois, le vote de la ville de Guînes a été un plébiscite. S’il n’y avait eu que le vote de la ville de Guînes pour désigner un député, j’étais sûr d’être président de la république.

    Alors, Mesdames et Messieurs. C’est pour tout cela que ce soir, c’est un moment un peu spécial pour moi. Je voulais simplement vous dire que c’était un honneur d’être votre conseiller général, que j’étais fier de vous représenter à Arras. Merci pour ces 21 ans. Je pense vous avoir servi : 12 ans maire, 21 ans conseiller général… Bien sûr, je reste sénateur mais je sais que dans le cœur des gens, le sénat, ce n’est pas la même chose. J’ai été à votre service ; vous avez été mes concitoyens et je vous en remercie de tout mon cœur. Et je vous souhaite pour l’année 2015 un moral d’acier, une santé de fer et de l’optimisme à revendre. Et n’oubliez pas que le plus important, c’est quand même le bisou.

 

Hervé Poher

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Published by popo - dans Guines (voeux)
16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 20:10

2014 Guines Poher (22)

Guînes, salle des fêtes, le 16/01/2014

Mes chers amis

Oui, je dis « Mes chers amis »…  En effet, c’est beaucoup plus pratique : cela évite d’énoncer toutes les personnes et de rappeler tous les grades ! D’ailleurs, je n’ai toujours pas assimilé les grades dans la gendarmerie… Alors, je risquerais de dire des bêtises.

   En plus, en disant « Mes chers amis », tout le monde peut croire qu’il fait partie de mes amis… Même si certains ne veulent surtout pas faire partie de mes amis et que, moi, il y en a certains dont  je ne veux absolument pas être l’ami.

   Juste un mot avant de commencer. Monsieur le maire et madame la députée ont dit qu’ils avaient des démangeaisons. Alors c’est : ou de l’eczéma… Ou des poux… Ou la gale…  dans tous les cas, je veux bien vous faire une consultation à la fin de la cérémonie.

   Alors, si j’ai bien compris, on n’a pas le droit de parler des élections ? Alors… De quoi va-t-on parler ? Il faut trouver une chose originale, quelque chose  d’intéressant, d’essentiel, d’important… Alors, on va parler de moi ! C’est encore le sujet que je connais le mieux. Et on va faire, ce soir, un petit exercice d’égocentrisme.

   Tout d’abord, Marc vous l’a signalé, j’ai dû m’arrêter 10 jours pour un petit problème de santé. Mon épouse, vous le savez, est une vraie guînoise. D’ailleurs, elle le répète souvent : « Moi, je suis une vraie guînoise ! Je suis née sur la place de Guînes, sur la place Foch. » Et c’est vrai, elle est née sur la place Foch, à l’endroit où il y a une auto-école… C’est sans doute pour cela qu’elle conduit comme un pied !... Et encore, j’ai eu de la chance, elle aurait pu naitre dans un restaurant !

   Bref, mon épouse, qui est une vraie guînoise me dit : « Tu sais, ta voiture est devant la maison ; petit à petit, les gens vont savoir que tu es hospitalisé… A tous les coups, ils vont dire que tu es mort ! »

   Eh bien, figurez-vous que ça n’a pas loupé ! Avant-hier, je vais chercher du pain et une brave dame m’aborde en disant « Ah, Monsieur Poher, je suis contente de vous voir. On m’avait dit que vous étiez mort ! » Et j’ai répondu simplement : « Et alors : les morts n’ont pas le droit d’aller acheter du pain ? »

   Tout cela pour dire, mesdames et messieurs, que je suis bien vivant, debout sur mes deux jambes et figurez-vous… Je ne suis même pas malade !

   Qui a osé dire « Hélas » ?

   Deuxième remarque : L’autre jour, en rangeant des archives, articles et photos, j’ai réalisé qu’aujourd’hui, c’est la vingtième fois en suivant que je vous adresse des vœux. Une fois en tant que conseiller général, monsieur Warnault étant maire ; 12 fois en tant que maire ; 6 fois en tant que vice-président du conseil général puisque Marc était devenu le maire ; une fois en tant que sénateur et c’est aujourd’hui.

   Et bien savez-vous que je ne suis pas peu fier d’être sénateur… Le premier sénateur guînois. Des maires, vous en avez eu plein. Moi aussi, j’ai été maire mais je suis désormais, sur le tableau, dans le hall de la mairie, simplement sur une liste, entre Monsieur Paul Warnault et Monsieur Marc Médine.

   Mais les parlementaires, ce n’est pas la même chose. A Guînes, pour l’instant, il n’y en a que deux. Il y a eu Narcisse Boulanger qui a été député… J’ai voulu lui succéder mais ça a loupé ! Et puis, il y a Poher, qui est sénateur… Le seul sénateur guînois ! Et ce n’est pas rien !!

   Alors, 20 ans de vœux… Cela créé aussi une certaine intimité.  Vous avez connu mes colères, mes joies, mes révoltes… Je vous ai parlé de mes enfants et du plaisir d’avoir des petits-enfants… Oui, je sais, j’ai mélangé la vie publique et la vie privée… Gros sujet de discussion en ce moment… Mais moi, je n’ai pas de scooter ! Mais de toute façon, on n’est pas au même niveau ! Comment voulez-vous qu’il n’y ait pas une certaine intimité entre moi et la population : on est dans une commune de 6000 habitants ; ma femme est une vrais guînoise ; j’ai été médecin généraliste et j’ai travaillé avec le Docteur Fauquenois. On est obligé d’avoir une intimité avec les gens.

   Et cette intimité, je l’ai gardée. La preuve : quand on distribue des colis… Quand j’ai le temps de distribuer les colis avec mes amis, je sonne, je frappe et je rentre… Comme quand je faisais des visites… Marc, lui, sonne et attend devant la porte.

   Et quand je dis qu’il y a une certaine intimité, c’est vrai. C’est même à une cérémonie de vœux, au marais, que vous avez découvert mes premières lunettes. J’avais posé mon discours puis j’ai sorti mes lunettes. Il y a eu un brouhaha dans la salle et, évidemment, quelques réflexions désagréables sur les hommes qui commencent à porter des lunettes !!

   Et puis, en regardant ces photos, il m’est apparu quelque chose. Je me dois d’être franc : Qu’est-ce-que vous avez vieilli !! Vous avez pris un rude coup de vieux ! Sauf certains qui faisaient déjà vieux dès leur naissance… D’ailleurs, c’est amusant. Quand quelqu’un que nous n’avez pas vu depuis 15 ou 20 ans vous dit : « Mon Dieu ! Tu n’as pas changé ! ». Je réponds, à chaque fois : « Et bien merci ! Ça veut dire que je faisais déjà vieux, il y a 15 ans ! »

  Autre sujet. C’est une journée un peu spéciale pour Guînes, un peu spéciale pour moi et, je le sais, un peu spéciale pour elle : Aujourd’hui, nous recevons madame la Députée Brigitte Bourguignon.

   Et nous sommes à Guînes… Vous connaissez tous, dans cette salle, le différend qui nous a opposés. Mais il faut, à un moment tirer la leçon des choses et permettez-moi de dire, ce soir, à vous tous et devant elle, trois choses.

   La première, c’est qu’on ne refait pas l’histoire. Ce qui est fait est fait ; ce qui est inscrit est inscrit ; ce qui est écrit est écrit  et, que ça nous plaise ou non, l’histoire  a été écrite comme cela.

   Deuxièmement : Plus je vieillis et plus je crois que rien n’arrive par hasard. Si madame Bourguignon a été élue, c’est qu’elle devait être élue. Il y a rarement de hasard en politique.

   Troisièmement… Permettez-moi de vous rappeler que nous vivons dans un pays formidable, dans une démocratie. Et les élus sont choisis par le peuple. On a les élus qu’on a choisis… Parfois, on dit même: « On a les élus qu’on mérite ! ». Mais critiquables ou non, les élus sont choisis par vos voix et quand un candidat a gagné, il devient un élu !

   Dernière chose enfin !  Je veux vous rappeler, simplement, que « Dans un combat, ce qui fait mal, ce sont les blessures… Pas les cicatrices »

   Alors, madame la Députée, simplement, comme l’a dit Marc : « Bienvenue à Guînes. »

   Dernier point… On n’a pas le droit de parler des élections ! Avez-vous vu ? Marc a adopté une prudence de sioux… Mais moi, je ne suis pas un sioux : je suis un apache et je vais parler un peu des élections.

   Pour la première fois, depuis 25 ans, je ne serai pas sur la liste. A cause du non-cumul des mandats. On n’a pas le droit d’être dans plus de deux assemblées. Alors, je pourrais être sur la liste mais je devrais démissionner du Sénat ou du Conseil Général… Ce n’est pas le sens de l’histoire et il ne faut jamais revenir en arrière. J’ai dit l’autre jour : « Il faut de la constance pour écrire une page ; il faut du courage pour la tourner. » Et j’ai ce courage-là.

   Mais je n’ai pas encore l’habitude. Tout à l’heure, en arrivant, je cherchais ma place au sein du conseil municipal… Je me suis dit : « Ils m’ont oublié ! ». Mais non, j’avais tout bonnement moi-même oublié que je n’étais plus au conseil municipal.

   Mais en tournant cette page, je tourne une page de 25 ans de ma vie, de mon aventure avec certains. Des gens qui vont arrêter, pour une raison ou une autre… Des gens qui m’ont accompagné et qui m’ont aidé à bâtir… Des vieux complices… des gens à qui j’ai trop souvent oublié de dire merci…  Et la vie est ainsi faite : nos chemins vont se séparer.

   Alors, à ceux-là, je voudrais leur dire qu’ils s’en vont, certes, mais qu’ils partent avec une partie de mon cœur.   

   Alors, je n’ai pas le droit de parler d’élection !! Mais rien ne m’empêche de vous donner les critères de mon choix personnel… Sans citer de nom… Comme à la télé !

   Eh bien moi, je vais voter pour un homme… J’ai la réputation d’être macho, alors autant l’assumer.

   Je vais voter pour un homme honnête et irréprochable… Et il y en a beaucoup à Guînes… Je dis bien irréprochable !

  Je vais voter  pour un homme que je pense être le meilleur… Le meilleur, c’est moi ! Mais comme je ne suis pas candidat… Je suis aussi le plus modeste !

   Et enfin, j’aimerai bien que cet homme fasse partie de mes amis.

   Une confidence à ce sujet.

   Vous savez, le monde politique est dur, plus dur que vous ne le pensez. On dit classiquement que ce monde est fait de pervers narcissiques. Que les politiques soient narcissiques… C’est presque normal. Mais qu’ils soient pervers… Ça, je ne le supporte pas et moi, je ne veux surtout  pas devenir comme cela.

   Et dans ce domaine, j’ai une référence que vous connaissez peut-être : la guerre des étoiles,  film où l’on dit « qu’il ne faut pas tomber du côté obscur de la force… ». Je ne veux pas tomber du côté obscur.

   Tout cela pour vous dire, pour vous confirmer que dans le monde politique, on n’a pas d’amis, on n’a jamais de vrais amis…

   Et pourtant, moi, je peux vous avouer une chose : c’est qu’en faisant le bilan de 25 ans d’engagement, j’ai découvert que j’avais quelques vrais amis. Vous savez, de ceux que vous ne voyez qu’une fois par mois ou tous les 2 mois ; de ceux  que vous n‘avez pas besoin d’appeler ; de ceux qui au fil du temps sont devenus un peu de vous ; de ceux qui, quelles que soient les circonstances prendront toujours votre défense… Pour moi, c’était André, Gilbert… Et c’est Marc, Bernard, Yves, Joëlle et d’autres… Vous savez que c’est important de tels amis et quand vous êtes à l’hôpital avec le ventre ouvert, cela fait du bien de savoir que ces gens-là pensent à vous.

   Alors, mesdames et messieurs, je dois en terminer.

   Vous voyez, je n’ai pas parlé de politique. J’ai préféré faire de l’autodérision. Et en sortant, les guînois pourront dire : « Tu verrais ce que Poher a foutu ! » « A qui ? » « Mais à Poher ! »

   Je vais maintenant vous souhaiter des vœux. Vous le savez, sans doute, depuis 20 ou 25 ans, j’ai l’habitude de mettre sur ma carte de vœux des phrases que j’ai écrites moi-même et elles sont souvent le reflet de mes humeurs du moment.

   Cette phrase, je la mets sur ma carte de vœux et je l’envoie au maximum de personnes… Pas à tout le monde car, en vieillissant, on devient un peu radin !

   Je vais vous livrer simplement la phrase de cette année :

« Savoir comment changer l’image de demain,

Pouvoir ne pas plier aux ordres établis,

Savoir humer le vent qui porte cent parfums,

Pouvoir mettre un sourire dans les moments de vie…

Ce sont quatre aventures que nous vous souhaitons.

… Mais le bonheur se fait de cent mille façons… »

Mesdames et messieurs. Pour 2014, je vous souhaite des bonheurs par millions.

 Hervé Poher

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Published by popo - dans Guines (voeux)
17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 20:10

Voeux guines 2013 (19)

  L’intérêt de passer en dernier, dans ce genre de manifestation, c’est que, bien souvent tout a été dit, que les gens sont saoulés et qu’ils n’écoutent plus ; que les journalistes, quand ils sont là, sont fatigués et qu’ils n’écrivent plus. Alors, on peut se libérer…

   Trois mots, uniquement trois mots : information, inondation, élections.

    Information tout d’abord. Pas d’information nationale ou internationale car il faut être un expert ; mais permettez-moi de dire que ce qui se passe aujourd’hui, en Algérie,  est terrible et aussi d’avoir une pensée amicale pour nos amis maliens. La ville de Guînes et la Communauté de Communes sont très liés avec le Mali depuis plus de 10 ans.

   Information régionale en évoquant un article paru ce matin dans la Voix du Nord. Deux pages où on analyse les chiffres de la démographie dans la région Nord Pas-de-Calais; article où on signale que les grandes villes Dunkerque, Calais, Boulogne perdent des habitants et qu’on assiste à un phénomène de périurbanisation avec des petites communes qui grandissent très vite. On cite notamment,  dans le coin les communes de Nordausques et de Bayenghen-les-Eperlecques. On ne cite pas Guînes… Mais on aurait pu : sachez que la commune de Guînes a beaucoup construit depuis 10 ans et que la communauté de communes et probablement l’endroit où on a le plus construit, dans la région, depuis plusieurs années. C’est normal nous sommes juste au milieu d’un triangle Calais, Boulogne et Saint-Omer. Et les urbains viennent habiter chez nous.  Mais cela n’est pas sans poser quelques problèmes. Et c’est pour essayer de résoudre ces problèmes que nous devons travailler sur des SCOT, sur des PLU, sur des documents d’urbanisme pour essayer d’imaginer à 15 ou 20 ans ce que sera notre territoire. C’est un travail difficile mais un travail indispensable.

   Information départementale. Et je vous confirme que le département n’est toujours pas mort. Depuis que je suis élu, depuis 1994, on annonce régulièrement que les départements vont disparaitre. Ils sont toujours là et le gouvernement les a maintenus. Bien sûr, les élus ne seront plus des conseillers généraux mais des conseillers territoriaux… Et il faudra, en plus, voter pour un couple, un homme et une femme… En tous cas, il faudra veiller à ce qu’ils s’entendent bien. Et ainsi, en 2015, puisque les élections sont retardées d’un an, à l’assemblée départementale, il y aura autant d’hommes que de femmes. C’est comme cela qu’on instaure la parité… Je n’en dirai pas plus car vous comprendrez que je ne sois pas un ardant défenseur de la parité. J’ai quelques raisons personnelles de me méfier de ce processus.

   Information locale enfin. Pour revenir sur ce qui vous a été dit : la baisse des impôts locaux. Et je remercie le maire et le conseil municipal d’avoir écouté les sages conseils du président de la Communauté de Communes. En recréant la taxe sur les ordures ménagères, on ne pouvait pas accentuer la pression sur les ménages. La vie est dure pour beaucoup de gens. Quand je fais des courses, avec mon épouse ou même tout seul, que je regarde ce qu’il y a dans un caddy, je me demande bien souvent, « Comment les gens font-ils pour vivre ? ». Et le geste de la commune est un geste de solidarité et de soutien… C’est une bonne chose et il fallait le faire !

   Avec une telle baisse des impôts, si Gérard Depardieu ne vient pas habiter à Guînes… Je ne comprends plus rien !

   Deuxième mot : les inondations. Je ne peux pas faire autrement que d’en parler. J’ai été un peu traumatisé par les inondations que j’ai connues en étant maire et en particulier celle de 2000 qui a duré 3 semaines. Pour information, c’est  en 2000 que mon épouse m’a offert, pour Noël, une paire de bottes et que Roland Huguet m’a offert un parapluie. D’ailleurs, s’il y a un spécialiste des bottes dans cette salle, qu’il vienne me voir après… car mes bottes sont spéciales : je les mets très facilement et je n’arrive jamais à les retirer. Du coup, je les laisse. Il m’est déjà arrivé de rester toute la journée avec mes bottes : circuler, être à la maison, manger… C’est tout juste si je ne les garde pas pour dormir

   Et de ces inondations récentes on peut tirer  un point négatif et trois points positifs.

   Points négatif : 28 maisons sinistrées, c’est 28 maisons de trop et nous sommes tous solidaires des gens qui ont été touchés. Ensuite, il faut savoir qu’il est tombé entre 1600 et 1700 millimètres d’eau en 1 an. C’est-à-dire 1600 litres au mètre carré. D’habitude, il tombe 800 à 1000 millimètres par an. Il est tombé le double… preuve du changement climatique évident. Et si quelqu’un, dans cette salle, pense que le climat ne change pas, qu’il se lève et vienne me le dire. Et c’est pour cela qu’il faut continuer à se battre contre le changement climatique et contre les gaz à effet de serre.

   A ce sujet-là, une anecdote. Il y a un mois, j’étais à Cap Climat, une manifestation qui réunit tous les acteurs qui luttent contre le réchauffement climatique. Et à cette réunion, un organisme officiel nous a communiqué les mesures des gaz à effet de serre produits dans le Nord Pas-de-Calais. Ils ont mesuré la production de gaz à effet de serre et sur la masse globale, ils ont essayé de déterminer les responsables. Et bien savez-vous que sur la totalité des gaz à effet de serre dans le Nord Pas-de-Calais, la moitié est produite par l’industrie. Et que sur cette moitié, la moitié est produite par une seule usine. C’est-à-dire qu’une seule usine, dans le Nord Pas-de-Calais, produit un quart de la pollution régionale. Et cette usine, c’est Arcelor Mital, anciennement Usinor, à Dunkerque. Je vous dis cela pour relativiser les choses et pour vous montrer qu’on accuse la voiture et les déperditions de chaleur dans les maisons… Certes, c’est vrai mais ce n’est rien à côté de l’industrie. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : je ne dis pas qu’il faut fermer Arcelor Mital… Ce serait invivable pour toute une région. De même,  je confirme qu’il faut continuer à faire du covoiturage, du vélo, de la marche à pied. Mais il faut surtout que les responsables réfléchissent à la manière de diminuer les gaz à effet de serre produits par l’industrie.

   Mais les inondations ont montré aussi quelques points positifs.

   Tout d’abord sur le type d’inondation. D’habitude, les inondations se passent toujours de la même façon : Il pleut sur le bassin versant, les collines du boulonnais ; le marais de Guînes absorbe, éponge, gonfle petit à petit. Puis la rivière à Bouzats déborde, le 3ème banc est sous l’eau, puis le 2ème, puis le 1er ; et finalement la rivière neuve déborde.

   Cette année, il a plu beaucoup mais le 3ème banc n’a pas été sous l’eau. C’est la rivière neuve et uniquement la rivière neuve qui a débordé et qui est revenue sur le marais. Cela veut dire que tous les travaux que nous avons faits depuis 10 ans commencent à être efficaces : 10 kilomètres de haies, 12 kilomètres de bandes enherbées, la réfection des fossés… Tout cela pour ralentir l’eau. Et surtout, notre fameuse pompe qui a sauvé le marais. Cette pompe dont on avait décidé l’installation après les inondations de 2000. Et rappelez-vous, l’Etat voulait m’interdire d’installer cette pompe parce que « j’allais tuer des anguilles !!! »…

   Tout cela pour dire que le travail que nous avons fait est efficace et qu’il nous faut maintenant simplement réfléchir au problème d’évacuation de la rivière Neuve.

   Autre point positif : c’est la réaction des gens. Je les ai vus car je circulais aussi… Moins que Marc, mais je passais. Les gens étaient dignes, calmes et respectueux. Bien sûr, vous avez toujours des abrutis patentés, toujours les mêmes, ceux qui appellent la presse pour dénoncer… on ne sait quoi. Mais on a l’habitude. Déjà en 2009, j’avais dit que j’allais contacter madame Bachelot, ministre de la santé pour savoir si elle n’avait pas un vaccin contre la connerie humaine… Parce que des cons, des abrutis… Il y en a quelques-uns… Du genre : « il pleut sans arrêt ! Mais que fait le maire ? »

   Mais les abrutis représentent une minorité et la plupart des gens ont été corrects et il faut les en remercier.

   Point positif encore. C’est la réaction des ouvriers de la ville. Pas besoin qu’on leur demande ; ils ont l’habitude. Dès qu’il pleut, ils sont sur le terrain ; ils préparent les sacs de sable et vont où ils doivent être. On peut être fiers d’eux.

   De même, les élus ont été omniprésents. Marc, Bernard, Daniel et tous les autres… Toujours sur le terrain, faisant leur boulot d’élu.

   Alors, permettez-moi de vous dire… Et je n’ai aucun intérêt personnel en disant cela… Vous avez une bonne équipe à la mairie et vous avez un bon maire.

   Une anecdote pour terminer avec les inondations. Début novembre, c’était une période de vacances et toute ma famille était à la maison. Et un jour, le samedi ou le lundi, mon petit-fils, Alexandre, âgé de 2 ans, était… chiant, usant, barbant… Comme ils peuvent l’être à cet âge-là. Et mon épouse m’a dit : « Tu mets tes bottes ; tu prends le gamin et tu vas faire le tour des inondations. ». J’ai mis mes bottes ; j’ai pris le gamin ; je l’ai enfourné dans la voiture et on a fait le tour des inondations. Nous sommes allés à la Commandance, sur le 1er banc, au banc vert. Nous avons même rencontré Daniel qui débouchait un tuyau au 1er banc et j’ai parlé avec des journalistes. Tout cela pour dire que grâce aux inondations, mon épouse a eu 2 heures de tranquillité.

    Dernier mot enfin : élections. Je ne pouvais pas faire autrement que de vous en parler parce que, il y a un an, je vous annonçais que j’allais me présenter et que j’aurais besoin des guinois.

   Là aussi, un point négatif et 3 points positifs.

   Point négatif : cela ne s’est pas passé comme prévu. Et ça fait mal : ça fait mal à son égo ; ça fait mal à sa fierté ; ça fait mal d’autant qu’on est sûr d’être victime d’une injustice. Mais c’est comme cela : la politique est ainsi faite et on ne peut pas réécrire l’histoire.

   Mais point positif : ce fut une belle aventure et une belle chaine d’amitié. C’est là qu’on découvre les vrais amis. Et tous ces gens, que je connais de vue depuis longtemps mais que je ne connais pas plus que cela…  mais qui, du jour au lendemain, se sont mobilisés pour moi, ont fait campagne, se sont battus. Tout cela fait chaud au cœur

   Bien sûr, on a aussi découvert le vrai visage de certains. Il y en avait plusieurs types :

-           Les «  Dark Vador », comme dans la guerre des étoiles, qui sont du côté obscur de la force.  

-          Des « Quasimodo » qui sont bossus parce qu’ils courbent, sans arrêt, l’échine et qui, en plus, sont tordus car ils veulent toujours faire du billard à trois bandes. Ils sont bossus et tordus… Ils ont une cypho-scoliose !

-          Des « Lucky Lucke », qui retournent leur veste plus vite que leur ombre. Je n’avais pas terminé ma phrase annonçant mon retrait qu’ils étaient déjà partis de l’autre coté

   Mais je ne veux retenir que cette grande dynamique d’amitié qui m’a aidé.

   Autre point positif : le score que j’ai fait à Guînes. Le lendemain du premier tour, alors que je me posais des questions, quelqu’un m’a téléphoné et m’a dit : « Je comprends que tu sois déçu, mais tu ne dois pas : ce qui est important c’est le score que tu as fait chez toi et sur ton canton. »

   Et c’est vrai, mesdames et messieurs ; des scores comme cela, ce n’est pas courant. Près de 60% au premier tour avec 13 candidats… Du jamais vu ! Et au second tour, les guînois ont voulu montrer qu’ils n’étaient pas contents : 52% d’abstention et 16% de bulletins annulés… Là aussi, du jamais vu. Avec ce vote, les guinois ont voulu me montrer leur amitié, leur fidélité et leur confiance. Sachez que quel que soit l’avenir, mon avenir personnel et l’avenir de la ville, j’essayerai d’en être digne.

   Dernier point : J’étais pressé et heureux que l’année 2012 se termine. Parce que vous qui connaissez un peu ma famille et tout ce qui l’entoure et vous savez que l’année 2012 n’aura pas été une bonne année pour nous. Et les élections sont un petit problème par rapport au reste. Et j’aurais préféré que l’année se passe autrement… Mais pas à cause des élections… J’aurais préféré que d’autres choses n’arrivent pas… En tous cas, tout cela permet de relativiser les choses. Il y a des choses graves et d’autres qui le sont moins… Les élections, honnêtement, ce n’était pas vraiment grave !

   Alors, chers amis, permettez-moi de dire : « Pour les inondations, chapeau les guinois ; pour les élections, merci les guinois. »

    Et puisque l’année 2013 commence, je me dois de vous donner des vœux. Vœux que je résume en 3 chiffres : 2.04 ; 5 ; 4744…

-          2.04, c’est mon taux de cholestérol

-          5, c’est le nombre de petits enfants que j’aurai en mai prochain ;

-          4744, c’est le nombre de fou-rires que j’ai programmé d’avoir en 2013.

   C’est-à-dire qu’à partir de mes chiffres personnels, je vous souhaite la santé, le bonheur en famille et plein de moments de joie.

Bonne année à vous tous.

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Published by popo - dans Guines (voeux)
19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 20:16

    voeux 2012 (8)

 

Guines, salle des fêtes. Voeux de la commune 

 

  « Pouvez-vous baisser les spots, s’il vous plait ? Je n’ai pas besoin d’être éclairé… De toute façon, je suis déjà assez lumineux ! 

   Chers amis. Vous le savez bien, quand un élu doit faire un discours, il doit le préparer, trouver un fil conducteur, mettre en valeur un thème ou essayer de passer des messages dans un certain cadre. Même si on a l’impression que c’est facile et que ça coule de source, quand on parle, quand on doit intervenir, on se doit de faire cette démarche là.

   Mais vous vous en doutez, pour Bernard, Marc et moi-même, cette année, cela a été beaucoup plus difficile que d’habitude….

   L’an passé, je vous avais parlé d’une de mes journées… Aujourd’hui, je vais vous raconter une année, l’année passée, l’année 2011. Alors j’ai pris mon agenda et j’ai choisi des dates, 12 dates qui me permettront d’évoquer des dossiers et des sujets qui nous occupent, nous élus, décideurs et responsables, mais des sujets qui vous concernent, vous citoyens.

   Vous voyez, je suis moins coquet que Marc. Moi, j’ose sortir mes lunettes

 

   Jeudi 13 janvier. J’ai mis mon costume du dimanche, je suis tout propre sur moi, je sens bon… Tout cela parce que je dois aller à Paris, avec Dominique Dupilet et Daniel Percheron pour essayer d’obtenir le label Grand Site de France pour le site des caps. Et nous partons avec une armada d’élus et de techniciens à Paris, au ministère de l’environnement. C’est impressionnant, vous savez ! Des tas de personnes, inspecteurs de l’environnement et élus qui vous écoutent et qui vont vous dire, à la fin, si oui ou non nous méritons ce label. Et comme je devais faire l’intervention principale, puisque je suis depuis 1999 responsable de l’opération Grand Site, j’ai pensé que le meilleur moyen de toucher ces personnes là, c’est que je parle simplement avec mon cœur.

    Alors, je leur ai dit que j’étais un enfant de la plage ; j’ai parlé de la couleur opale de la mer, du cri des mouettes, de l’odeur de l’iode, du vent et du soleil couchant sur la baie de Wissant. Bref, j’ai fait comprendre que j’étais amoureux de mon pays et que le Pas-de-Calais n’était pas forcément ce que les gens imaginaient.

   Et nous avons finalement obtenu ce fameux label et ce n’est pas rien. En France, il y a 35 grands sites et sur 35 sites, seulement 10 ont le label… Nous faisons partie, dans ce domaine là, du nec plus ultra des meilleurs…

   Tout cela pour dire, Mesdames et Messieurs, que vous habitez une belle région, région qui n’est pas seulement un pays noir, sous un ciel noir avec des « gueules noires »… Même si nous sommes fiers de notre passé et de notre histoire… Non, le Pas-de-Calais, c’est aussi un pays de couleurs, de forêts et de grands espaces et personne ne doit avoir honte d’habiter le «  grand nord ». Et je vous rappelle, en passant, que les véritables ambassadeurs de la côte d’Opale, c’est vous. Alors, montrez que vous en êtes fiers.

 

Samedi 5 février : Eh oui, un samedi ! Ca nous arrive de travailler même le samedi. Nous sommes enfermés, à Campagne-les-Guînes, pour une journée de travail avec tous les membres de la Communauté de Communes : pour réfléchir, cogiter, parfois je dis « faire de la masturbation intellectuelle »… Rassurez-vous, le midi, on s’arrête pour manger et boire un coup.

   Et ce jour là, nous avons parlé de plein de choses : la contractualisation avec le Conseil Général, l’aménagement du territoire et l’urbanisme, les documents d’urbanisme sachant que nous sommes en train de travailler sur un PLU intercommunal. Et une notion s’impose à nous : Nous nous appelons les Trois-Pays et en dessous de notre logo, il est écrit « Le Vert, le Vrai, la Vie ».

Et je me suis rendu compte, comme d’autres, récemment, je l’avoue, que ce logo et ce slogan n’avaient pas été choisis par hasard : Le Vert, le Vrai, la Vie, c’est un choix de vie et un choix d’environnement ; en disant cela, nous avons affirmé que nous étions des ruraux ou semi-ruraux et que nous voulions le rester ; que nous voulions garder nos paysages, notre verdure, nos forêts et notre eau… Bref, nous avons choisi notre façon de vivre et nous avons confirmé que si nous sommes venus dans les Trois-Pays, c’est parce que nous savions que la ruralité est un plus. Si nous avions voulu être des urbains, nous serions allés habiter en ville, à Calais, à Boulogne ou à Saint-Omer. Non, nous sommes venus vivre ici.

   Et c’est cette volonté de préservation de notre environnement que nous devons traduire dans nos documents d’urbanisme. Ce ne sera pas facile mais nous devons, nous élus et décideurs, à certains moments, avoir un minimum de courage et, dans cette démarche, nous serons un territoire expérimental pour le Parc Naturel et pour le département.

   Léguer un environnement vivable et agréable, c’est ce que nous devons faire pour nos enfants.

 

Samedi 23 avril : Et oui, encore un samedi ! Je suis à Arras pour l’une des premières réunions pour la réorganisation des intercommunalités. Vous avez, sans doute, suivi les événements dans la presse. 

   Vous savez que le préfet avait reçu l’ordre de diminuer le nombre d’intercommunalités d’un tiers… Il a réussi d’ailleurs. Alors, Monsieur le Préfet a modelé, changé, fusionné, détricoté les intercommunalités. Il mariait et démariait les structures. Un jour, en réunion, j’ai même dit « Mettre ensemble 2 intercommunalités ou villes, c’était un mariage forcé ; en mettre plusieurs ensembles, c’était une partouze ! » Monsieur le Préfet, qui a beaucoup d’humour, a quand même ri.

   Et nous avons découvert que ce qui était impossible en 96, était faisable maintenant. Parce que je vous rappelle qu’en 1996, j’avais proposé la création d’une grande intercommunalité rurale pour faire le pendant de Calais et qu’on m’avait dit, à l’époque, que c’était impossible et qu’on ne forcerait jamais une commune à adhérer à une structure contre son gré… Maintenant, c’est possible. Et lorsque j’ai dit à Monsieur le Préfet que j’avais proposé une telle démarche, il y a 15 ans, il m’a répondu… Qu’on avait perdu 15 ans !

   Alors, on va nous marier avec le pays d’Ardres. Pourquoi pas ! C’est faire un pied de nez à l’histoire. Depuis 5 siècles, nous étions brouillés ; depuis 1520, depuis qu’Henry VIII est venu à Guînes et que François 1er est venu à Ardres. La frontière était à Campagne-les-Guînes où il y a encore une rue française et une rue anglaise.  Et depuis cette période là, les guînois ne regardent pas les ardrésiens et les ardrésiens ne regardent pas les guînois.

   On va donc effacer tout cela. C’est logique et c’est normal. Nous avons les mêmes préoccupations, les mêmes ambitions, le même bassin de vie et nous pouvons bâtir l’avenir ensemble.

   J’ai bien vu, dans la presse, que certains avaient des inquiétudes, du coté d’Ardres comme dans les Trois-Pays. Mais moi, je suis serein et rassurez-vous : quand on est entre gens de bonne volonté, on trouve toujours le moyen de s’arranger.

  

Jeudi 1er septembre : Je suis en vacances mais je dois téléphoner à Guînes ; je dois téléphoner à un ami… Je téléphone donc à Claude. Et il me dit : « Tu sais, je crois que c’est la fin. » Je lui dis alors : «  Claude, je ne suis pas là ! Attends au moins que je revienne. » Il m’a répondu : « Je vais essayer, Hervé, mais je ne suis pas sûr de réussir… » C’est bien la première fois que Claude Junique ne remplit pas un de ses engagements…

 

Dimanche 25 septembre : Les élections sénatoriales. Je sais que cela ne vous concerne pas directement puisque ceux qui sont allés voter, ce sont les grands électeurs, désignés par les conseils municipaux. Mais vous avez suivi l’actualité ; vous avez vu que le Sénat a changé de majorité ; il a basculé à gauche… Pour être franc avec vous, ce vote n’était pas un vrai vote politique ; c’était un vote de ras-le-bol des élus locaux. Les élus locaux sont, eux aussi 3A : Apeurés, angoissés et anxieux. Car ce n’est pas facile d’être élu ; c’est un métier ou une fonction difficile. Bien sûr, il y en a qui disent que la place doit « être bonne à prendre »  puisqu’on se bat pour y arriver ! Mais ceux qui disent cela, sont ceux qui ont toujours été battus et qui n’arrivent pas à être élus.

   Oui la fonction d’élu n’est pas facile : car ce n’est pas facile de faire de la solidarité ; ce n’est pas facile d’imaginer l’avenir ; ce n’est pas facile de toujours se faire engueuler… Mais pour pouvoir faire tout cela, pour accepter tout cela, il faut des cadres, des règles, des certitudes… Alors comment voulez-vous travailler sereinement quand on change, sans arrêt les règles et les certitudes : quand on vous supprime brutalement la Taxe professionnelle sans vous dire ce qui va la remplacer ; quand on fait une réforme de l’intercommunalité sans vous dire exactement ce qui va arriver : quand on nous annonce que le Conseil Général va être supprimé, Conseil Général partenaire de toutes les communes ; quand, enfin, les élus locaux sont montrés du doigt…. « C’est de leur faute si la France est en déficit ! » On embauche trop !! Soyons sérieux, Mesdames et Messieurs. Quand monsieur Médine embauche, ce n’est pas par plaisir ! C’est qu’il en a besoin ! Quand moi j’embauche, à la Communauté de Communes, c’est que j’ai besoin de monde dans les haltes-garderies, au CIAS ou à l’école de musique… Pour faire du service public, pour rendre service à ma population.

   Et c’est parce que nos certitudes et nos cadres sont ébranlés que les élus locaux ont voté un ras-le-bol !  

 

Dimanche 2 octobre : Monsieur André Flahaut nous quitte… On aimait ou on n’aimait pas André, mais personne ne peut nier que c’était un vrai guînois, qu’il aimait Guînes et les guînois, qu’il aimait, par-dessus tout le sport et le football en particulier. Et ce jour là, j’ai perdu une de mes racines. C’était dur… D’autant plus durque 7 jours après, Monsieur Gilbert Denez partait lui aussi. On aimait ou on n’aimait pas Gilbert mais personne ne peut nier qu’il était devenu un vrai guînois, qu’il aimait Guînes et qu’il était passionné par plein de choses, dont la politique. Et là, j’ai perdu une deuxième racine. Et je n’ai qu’un seul regret : c’est que c’est moi qui ai découvert que Gilbert  était malade…

   André et Gilbert, c’était important pour moi. Ils sont venus me chercher, en 1989, pour faire de la politique… Pour se lancer aux élections municipales. Nous n’avons pas gagné les élections… Mais je peux vous l’avouer maintenant, c’est aussi bien comme ça. C’est bien d’être dans l’opposition pour apprendre le métier et, franchement, Monsieur Warnault ne méritait pas de perdre dans les urnes. 

   Mais nous avons été au Conseil Municipal. J’étais assis en face du maire et André était à ma droite, Gilbert était à ma gauche. Ils étaient mes deux tuteurs, mes deux grands-pères. 

  Et c’est de cette période là que j’ai appris, avec eux, un langage très spécial, un langage qu’on a avec peu de personnes : le langage des yeux. Au fil du temps, j’ai appris à les connaitre et en réunion, réunion de groupe, de conseil ou politique, je les regardais, tous les deux et, rien qu’à leurs yeux, je savais si j’avais bien fait, si j’avais tapé juste ou si je m’étais trompé. Ils ne disaient jamais rien mais je sais que bien souvent, André est rentré rue Narcisse Boulanger et a dit à Yvonne : « Il a exagéré, le grand, aujourd’hui ! » et Gilbert retournait au marais et disait à Marcelle : « Hervé a été un peu fort aujourd’hui ! » Voilà, c’était André et Gilbert… Ils vont me manquer ; ils vont nous manquer.

 

Vendredi 14 octobre : J’annonce officiellement que je suis candidat aux prochaines législatives de juin 2012, Jack ou pas Jack, parité ou pas parité. Et je le confirme ici, ce soir.

Ce n’est pas mon habitude de parler politique avec vous et encore moins dans une cérémonie de vœux, mais aujourd’hui, je ne pouvais pas faire autrement. Et cela pour 2 raisons.

   La première raison, c’est que si j’ai fait tout ce que j’ai fait en politique… si je suis devenu conseiller général, maire et président de plein de structures, c’est parce que les guînois l’ont voulu un jour. C’est eux qui m’ont élu ; c’est eux qui m’ont porté. Alors, si j’ai des comptes à rendre, c’est aux guînois, à eux seuls et à personne d’autre ! 

   La seconde raison, c’est que la politique est un milieu dur, rude et que ce n’est pas facile de  toujours attraper des coups ; ce n’est pas facile de toujours faire le viking et ce n’est pas facile de toujours se méfier de son environnement. Aussi, permettez-moi d’être franc : je vais avoir besoin de vous, du petit monde de Guînes, de ceux qui m’ont toujours aidé. .. J’y associe, bien entendu, tous mes compagnons de la communauté de communes.  

   Mais, ce soir je suis chez moi, dans mon terroir, dans ma ville, au milieu de mes amis et si je vous parle ainsi, c’est que je vais avoir besoin d’aide… Et que, de toute façon, je vous devais bien ça !  Alors, je le redis : je suis candidat… Pour vous, pour Guînes, pour les Trois-Pays et pour tout un coin de notre département… et parce que André et Gilbert l’auraient voulu !

 

Samedi 5 novembre : Je suis à Calais pour la manifestation des poussettes… Oui, nous manifestons avec des enfants, dans des poussettes…. J’y suis pour raison familiale, pour aider mon épouse qui est médecin, pour le personnel, pour aider des parents, pour aider le CAMSP à avoir des financements… Mais je suis surtout là pour le symbole : symbole de l’enfance, des petits, de notre avenir. Symbole du rôle d’un élu… Pour vous rappeler simplement que, et je l’ai souvent dit que « L’action d’un élu n’a de sens que si elle est dirigée vers l’avenir : et l’avenir, c’est toujours l’enfant ! »

 

   Voilà, j’en ai terminé avec mon agenda. Mais si vous avez bien compté, je n’ai donné que 10 dates… J’en ai gardé 2 pour moi… Le 12 juin et le 29 septembre. Le 12 juin, c’est la naissance de Totor et le 29 septembre, c’est la naissance de Loulou… Victor et Louise, ce sont mes 2 nouveaux petits enfants…. Et ça, ça change tout pour moi, croyez-le… Mais je dois quand même vous avouer que j’ai un énorme problème et que c’est pour cela que je parle rarement de ma famille. Figurez-vous que mes petits-enfants naissent tous très beaux… Et suprêmement intelligents… Alors, ça pourrait vous rendre un peu jaloux ! 

 

   Alors, Mesdames et Messieurs, en pensant aux enfants et sans oublier ce qui s’est passé cette année, je vous souhaite tout plein de câlins sur le cœur, des bisous par milliers, du bonheur à revendre, des rêves à en être saturés… Bref, que du bonheur, sachant que c’est bien l’un des seuls domaines où les agences de notation ne peuvent pas enlever un A. Il en reste toujours 3 : Amour, Amour, Amour !!! »

 

                                                                                   Hervé Poher

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Published by popo - dans Guines (voeux)
14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 20:16

 

indignez-vous   Salle des fêtes du Marais de Guines

   Rassurez-vous, je serai beaucoup plus court que mes prédécesseurs. Bernard a parlé de la commune et Marc a envoyé des messages politiques qu’il n’est pas besoin de répéter. D’ailleurs, je ne prendrai qu’un 365ème de leur temps. En effet, ils ont résumé une année et moi, je vais vous résumer une journée… Pas n’importe qu’elle journée, celle du 26 décembre dernier, le dimanche 26 décembre.

   Ce jour là, je me suis levé de bonne humeur, souriant et agréable … Comme d’habitude. En buvant mon café, j’ai lu le journal. En première page, il était écrit : « Il neige ! ». En deuxième page : « Il neige beaucoup ! ». En troisième page, « Il neige et les gens sont ennuyés ! ». En quatrième page, «  Il neige et que fait le Conseil Général pour déblayer les routes ? »… Et je me suis dit : « Qu’est ce que c’est que cette société qui s’étonne qu’il neige en hiver ? Qu’est ce que c’est que cette société qui ne comprend pas qu’il ne neige pas au 15 août ? Qu’est que c’est que cette société où les gens râlent dés qu’ils sont embêtés ? Qu’est ce que c’est que cette société qui est incapable de s’adapter à la nature ? »

   Du coup, je m’étais levé de bonne humeur et je suis devenu de mauvaise humeur.

   Ce jour là, je devais aller à Lille pour chercher, à la gare, quelqu’un qui venait passer les fêtes à Guînes. En voiture, j’allume la radio et j’entends : « Il neige… Il neige sur Paris, sur l’Ile de France… Les avions ne décollent plus, les camions sont en portefeuilles, plus de circulation… Et c’est terrible ! C’est la fin du monde ! Le ministre dit que ce n’est pas la pagaille. D’autres disent que c’est la pagaille… » Et je me suis dit : « Depuis quand Paris est-il le centre du monde ? Depuis quand ce qui se passe à Paris est-il plus essentiel que le reste ? Je sais bien qu’on parle de Paris sans arrêt. Même à la radio, ils ne peuvent pas s’empêcher de parler du PSG… Même quand le PSG est mauvais. Ils feraient mieux de parler de Guînes ou du FC Campagne. »

   Du coup, j’étais encore plus de mauvaise humeur.

   Et je change de radio. Et là, je tombe sur l’interview d’un vieux monsieur de 93 ans. Monsieur Stéphane Hessel, 93 ans, compagnon de la résistance et corédacteur de la déclaration des droits de l’homme, qui vient de sortir un petit livre de 22 pages… Et ce livre s’appelle « Indignez-Vous ! ». Et il nous dit, indignez-vous ! Révoltez-vous ! Osez dire que ce n’est pas normal ! N’ayez pas peur de contester… Je ne vais pas vous lire ce livret, mais je vais vous en donner un extrait :

«  Certes, les raisons de s’indigner dans le monde complexe d’aujourd’hui, peuvent paraitre moins nettes qu’à d’autres périodes, mais cherchez et vous trouverez :

-         L’écart grandissant entre les très riches et les très pauvres

-         L’état de la planète

-         Le traitement fait aux sans-papiers, aux immigrés et aux roms

-         La course au toujours plus et à la compétition

-         La dictature des marchés financiers

-         Et jusqu’ aux acquis sociaux bradés…

   Indignez-vous et ne laissez pas faire ! »

   Voilà ce que j’ai entendu et du coup, cela m’a rassuré car je ne suis pas seul à m’indigner. Et j’étais alors de meilleure humeur !

   Arrivé en gare de Lille, j’étais en avance et je rentre au kiosque. Et là, je tombe en admiration, en pamoison sur une revue… La revue s’appelle GO et on y voyait une photo du Docteur House et en bas, il était écrit : « L’art de faire la gueule. La mauvaise humeur contre la tyrannie des gentils. »

   Je me suis dit : « C’est pour moi cela ! ». Je l’achète immédiatement et je vais vous en lire quelques extraits. Il y est noté :

-         La mauvaise humeur est une tradition bien française (Gabin, Ventura, Baccry, Poher…) Non, Poher, c’est moi qui l’ai ajouté. La mauvaise humeur fait partie de notre patrimoine affectif

-         Etre de mauvaise humeur, c’est être vivant. Passer sa vie à sourire et à faire semblant est insoutenable.

-         Ceux qui évitent les affrontements en faisant semblant d’être de bonne humeur, font 2 fois plus d’infarctus que les autres… Je vais vivre vieux, moi !

-         On est dans une société du bonheur obligatoire et ceux qui montrent qu’ils ne sont pas contents passent pour des anormaux.

-         Et enfin, écoutez bien : Le cerveau des grincheux marche mieux que les autres.

 Et j’en ai gardé un mais je l’ai mis en dernier car il va vous faire réagir : « Un homme qui fait la gueule, on dit qu’il a du caractère ; une femme qui fait la gueule, on dit qu’elle est hystérique. » Ce n’est pas moi qui le dis, c’est écrit !

   J’ai acheté cette revue et c’est devenu mon livre de chevet.

   Je suis donc revenu à Guînes et nous avons fêté Noël. Et comme dans chaque maison, il y avait un sapin de Noël avec devant ce sapin, un mont de cadeaux. Enorme ! Presque indécent ! Mais nous étions très nombreux…

    Mais, savez-vous, dans ce mont, presque la moitié des cadeaux, et j’en suis presque jaloux, était pour une seule personne : c’était pour Alexandre… Alexandre, c’est un petit bout de viande de bientôt 6 kilos, de 2 mois et c’est mon petit fils…

   Et là, je me suis dit : « C’est vrai que tout est relatif !

-         Il neige dehors mais il fait du soleil dans la maison grâce à Alexandre

-         Paris n’est pas le centre du monde parce que le centre du monde est à Guînes, chez moi, avec Alexandre.

-         C’est vrai qu’il faut s’indigner, protester, se révolter… mais celui qui s’indigne le plus facilement, c’est Alexandre quand il veut la gougoutte

-         Et être de mauvaise humeur, il sait bien le faire, lui, comme son grand-père, surtout quand il a les fesses mouillées… Pas le grand-père… Alexandre !

   Je ne veux pas vous parler de ma vie privée mais je veux, simplement, vous rappeler qu’il y a des choses importantes et d’autres qui le sont moins.

   Et ce qui est important, c’est bien l’amour et la joie que vous procurent vos enfants, vos petits enfants, et tous ceux qui vous sont proches. Tous ces gens que vous aimez et qui portent sur eux les parfums du bonheur.

   Pour 2011, je vous souhaite simplement de vous noyer dans des parfums de bonheur.

 

Dc House

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Published by popo - dans Guines (voeux)
15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 20:10

                       guines.gif
  voeux 2010

Rassurez-vous, je serai plus court que Marc et Bernard. Eux devaient être des messagers de la commune ; moi, je peux me permettre de faire l’imprécateur.

   Si on me demandait de qualifier l’année 2008, j’aurais choisi le qualificatif de « Surréaliste »… Parce que, durant cette année, j’ai vécu des moments et des instants surréalistes.

  Instant surréaliste, le 2 décembre dernier. Le 2 décembre, c’est normalement l’anniversaire d’Austerlitz, du couronnement de Napoléon 1er et du coup d’état de Napoléon 3. En fait, le 2 décembre dernier ce fut un Waterloo. En effet, j’étais à l’inauguration d’une agence bancaire et nous avons entendu un  monsieur important de cet organisme qui disait «  que dans la crise financière et économique mondiale, les banques n’avaient rien à se reprocher, qu’elles avaient sauvé la société et qu’heureusement, elles avaient été là… C’est à croire que ceux qui avaient spéculé, c’était vous et moi… Et que les bonus avaient été empochés par les RMIstes… Franchement, il y a quelque chose que je n’ai pas compris… Mais j’ai réalisé une chose : c’est que cette crise devait servir de leçon aux banquiers et aux spéculateurs et qu’ils n’ont rien compris ; ils recommenceront et recommencent déjà  les mêmes bêtises…

   Moments surréalistes quand nous avons eu confirmation de la suppression des départements. Car ce n’est pas uniquement la disparition de la clause générale des compétences, comme vous l’a dit Marc… c’est la disparition des départements.

   Soyons clairs. Le Président est président et il a toutes légitimités pour faire ce qu’il veut. Il a, en plus, une majorité au parlement. Si cela ne nous plait pas, il nous fallait d’abord gagner les élections.

   Non, ce qui est surréaliste, c’est l’indifférence de la population qui accompagne cette annonce. Les gens disent : « Oui, c’est normal de supprimer les départements… Il y a un étage de trop… Il y a trop de politiques… » Et ils disent cela, boulevard Delannoy, devant le collège où va leur enfant, collège construit par le département ; l’enfant y vient en bus (département), sur des routes (département). Et ces gens oublient que leurs parents sont rue de Guizelin, à la maison de retraite (département), qu’ils ont une allocation personnes âgées (département) avec des mesures de maintien à domicile (département) ; que leur voisin est un handicapé (département) ; que leurs amis sont au RSA, ancien RMI (département) et que comme vous l’a dit Marc, le département intervient aussi dans la culture, le sport, l’aide aux communes…. Et on va supprimer les départements ? Du moins, tout sera regroupé en une seule instance… Et on va créer des conseillers territoriaux… Je vous signale qu’ils n’ont pas fini d’être attaqués, ceux-là, car ils seront des professionnels de la politique… puisqu’ils n’auront pas le droit de faire autre chose… Là aussi, il y a quelque chose que je n’ai pas compris.

   Seconde surréaliste quand le Président a annoncé la suppression de la taxe professionnelle. Depuis que je suis engagé dans la vie publique, j’entends toujours le même discours : « Regroupez-vous, changez votre façon de fonctionner, ne prenez plus sur les impôts des gens (taxe d’habitation et taxes foncières) , passez en Taxe Professionnelle Unique… » c’est à dire que nous prenons la TP, nous la rendons aux communes, et quand il y a un différentiel, cela nous permet de payer nos haltes garderies, notre CIAS et notre école de musique… Et du jour au lendemain, on nous dit qu’on va supprimer la TP , qu’on va la remplacer par une somme équivalente sans augmenter les impositions des gens… A pression fiscale constante… J’ai fait un peu de mathématiques et là, franchement, je ne comprends pas…

   Semaines surréalistes quand on a vu ce qu’il est tombé du ciel en pluie et en neige… Mais que fait Médine ? C’est quand même lui le maire ! Il devrait empêcher de pleuvoir ! Mais je subodore un coup monté : A qui profite le crime ? Je vais m’expliquer : tout le monde sait que l’eau et la neige, en cette période, c’est ce qu’il y a de mieux pour recharger les nappes phréatiques… Et qui revend l’eau après ? Et où travaille Médine ? Si ça tombe, il a beaucoup plu et Médine l’a fait exprès… De toutes façons, je paye des impôts… il ne devrait plus pleuvoir !

  J’espère que les gens qui ont sorti ce genre d’âneries ont un peu honte maintenant, quand on voit ce qui se passe en Haïti. Ou s’ils ne l’ont pas, je me fais fort de commander à Madame Bachelot des vaccins contre la connerie humaine… Quoique je sois sûr qu’il n’existe pas d’immunité contre la connerie.

   Semaine surréaliste, enfin, quand on a la chance, comme moi, d’aller quelques jours à Copenhague.

   Savez-vous, qu’entre nous, on ne dit pas Copenhague, mais Flopenhague…

Parce que là-bas, ce fut un échec, que certains n’ont pas osé prendre leurs responsabilités, que les intérêts nationaux ont été supérieurs aux intérêts planétaires  et, permettez-moi d’être irrévérencieux, que certains ont oublié d’être intelligents.

   Rassurez-vous, je ne vous ferai pas un cours sur l’Agenda 21 et le développement durable. Yann Arthus Bertrand, All Gore, Nicolas Hulot et Jacques Perrin sont de meilleurs professeurs que moi.

   De même, je ne rentrerai pas dans la polémique sur le réchauffement de la terre. On dit qu’il y a une nouvelle phase solaire qui entraine ce réchauffement. C’est vrai mais l’homme est quand même un peu responsable. On dit que la part de l’homme dans ce réchauffement, ne serait pas de 80% mais seulement de 20 à 30 %. Mais si c’est vrai, c’est  quand même 20 ou 30% de trop !

   Mais permettez-moi, de vous rappeler certaines certitudes :

·        Depuis quelques années, certains organismes régionaux mesurent l’augmentation du niveau de la mer, à Calais. Il y a 5 ans, on parlait d’un millimètre par an… Maintenant, on mesure ½ centimètre par an et les experts assurent que pour 2050, nous aurons une montée de 40 centimètres… Pour ceux qui habitent au Marais, ou dans la plaine de Flandres, qui est sous le niveau de la mer, vous pouvez imaginer les conséquences.

·        On a, sur plusieurs années, une augmentation de la pluviométrie, plus 20 % en 10 ans et surtout, une modification du type de pluie. Le Nord-Pas-de-Calais était habitué au crachin breton. Maintenant, nous avons souvent des pluies tropicales. Et notre territoire, notre aménagement du territoire n’est pas préparé à cela.

·        La température moyenne augmente. Et on parle de 4 à 5 degrés sur un siècle… Mais savez-vous pourquoi on voudrait limiter à 2 degrés pour 2050 ? Parce que  jusque 2 degrés, les choses sont rattrapables. Au dessus de 2 degrés, il y aura un changement radical de type d’agriculture ; donc un changement économique et un changement de l’alimentation et du type de vie des habitants.

   Avec pour nous, un paradoxe. En effet, nous avons au large de la côte un courant marin qui s’appelle le Gulf Stream… Qui fait que notre climat est tempéré et qu’on peut trouver des palmiers au sud de l’Angleterre. Avec le réchauffement de la terre, ce courant risque de disparaitre et nos été seront beaucoup plus chauds et nos hivers beaucoup plus froids.

·        Savez-vous que les scientifiques ont prouvé que par rapport à il y a 600 millions d’années, et 600 millions, pour la terre, ce n’est rien, nous avons perdu 99,9% de nos espèces végétales, animales et insectes. C'est-à-dire que quand nous parlons de protéger la biodiversité, ce qu’il a dans votre jardin, ce qu’il y a dans nos forêts, tout notre environnement, nous ne raisonnons alors que sur 0.1% de ce qu’il y avait au départ. Et que nous allons en perdre encore 50% d’ici 2050. Cela représente, pour information, entre 50 000 et 100 000 espèces qui disparaissent chaque année.

·        Savez-vous, enfin, que les experts américains ont déjà fait une étude sur les conséquences d’un pétrole dont le prix serait multiplié par 10 ou 20. Vous voyez ce que cela peut donner…

   Alors, soyons francs, je sais qu’il y a beaucoup de scepticisme par rapport à tout ce que je viens de dire, scepticisme devant moi et même derrière moi.

   Quand on parle d’augmentation du niveau de la mer, certains répondent que ça ne les empêche pas de dormir… Mais moi, en tant qu’élu, je trouve cela gênant. J’ai peur qu’un jour je sois obligé de dire que je n’ai pas fait ce qu’il fallait.

   Quand on parle de pluviométrie, beaucoup répondent qu’ils s’en foutent, tant qu’ils ne sont pas inondés… Mais moi, en tant que citoyen, je trouve cela gênant. J’ai peur qu’un jour je sois obligé de dire que je n’ai pas fait ce qu’il fallait.

   Quand on parle de réchauffement climatique, certains répondent que ça va couter cher de prendre des mesures. Mais moi, en tant que décideur, je trouve cela gênant. J’ai peur qu’un jour je sois obligé de dire que je n’ai pas fait ce qu’il fallait.

   Et enfin, quand on parle de disparition de la biodiversité, certains répondent que ça ne sert à rien de se mobiliser. Mais pour moi, c’est gênant et j’ai peur qu’un jour, un petit bout de chou vienne me voir en disant : « Dis, Papy, c’et quoi cette grosse bête ? Pourquoi ça n’existe plus ? Qu’est-ce-que tu as fais pour le sauver ? »

   Tout cela, pour vous dire que je ne veux pas, que nous ne voulons pas avoir de remords.

   Et ce que nous voulons, c’est pouvoir assumer pleinement notre responsabilité de citoyen et d’élu, en disant « Un jour, j’ai pris conscience. »

C’est pouvoir assumer notre responsabilité de décideur, respectant des engagements, en disant « Un jour, j’ai décidé. »

   C’est pouvoir assumer une conception simple : c’est que l’intérêt public et planétaire est supérieur à l’intérêt privé et qu’à un moment, nous avons osé nous battre contre la timidité, l’immobilisme et certains blocages intellectuels.

   C’est pour cela qu’à Flopenhague, il y a quelque chose que je n’ai pas compris.

Alors, Mesdames et Messieurs, permettez-moi de vous rappeler que notre devoir à nous, élus et décideurs, c’est de tout faire pour que nous et vous n’ayez pas de remords… et votre devoir, c’est qu’à aucun moment, vous n’ayez, face à vos enfants, des remords.

   Alors, nous acceptons d’être utopistes, volontaristes et même rêveurs, pour vous et avec vous. Mais, je vous l’avoue, c’est très fatiguant de vouloir changer les choses.

Quelqu’un a dit : « Le pouvoir est une lutte permanente contre l’impuissance. Mais c’est parfois éreintant de vouloir changer les choses. » La personne qui a dit cela s’appelait Philippe SEGUIN.

   En conclusion, Mesdames et Messieurs : Je commence à être un vieil élu. Marc et Bernard doivent vous faire passer des messages ; moi, je peux me permettre de vous communiquer mes humeurs, mes états d’âme et même de créer des polémiques. Mais, vous le savez, j’ai le dos large et le cuir qui est dur.

Cela ne m’empêche pas de vous souhaiter des vœux.  Je vous ai parlé de surréalisme…. Alors, je vous dis :

    « Que votre avenir ne soit pas survolté ;

       Que vos espoirs ne soient pas surestimés ;

       Que votre santé ne soit pas surnaturelle ;

       Mais que vos amours soient quand même un peu surréalistes…

       Pourquoi pas ! »

 

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Published by Hervé POHER - dans Guines (voeux)
16 janvier 2009 5 16 /01 /janvier /2009 00:00

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    Bernard vous a parlé de l’année passée ; Marc vous a parlé, surtout de l’année à venir. Moi, je me limiterai parler de l’année écoulée mais pas du point de vue de la CCTP ou du CG,  mais simplement en tant que partenaire et observateur … et je vais essayer d’être bref.

      Une Cérémonie des vœux, c’est comme passer du landau à la poussette :

Théorie : Avec un landau, le bébé regarde vers l’arrière ; il est allongé et est donc passif ; il représente donc plus une image du passé. Dans une Poussette, le bébé tourne le dos à sa mère, est oblique donc actif et regarde par devant. C’est une attitude d’avenir

         Je vous propose donc de  regarder quelques caractéristiques du landau qu’on vient d’abandonner ; Marc vous a parlé de la poussette communale ; J’aurai l’occasion de parler du landau et de la poussette de la CCTP, plus tard et dans d’autres lieux.

 

Pour la commune et le canton : quels sont les événements qui ont agité notre microcosme de 2008 ? 

      Durant le 1er trimestre, en Mars, il y a eu des élections, municipales et cantonales. Pour les municipales,  Marc emmenait  la liste. Vous connaissez mon honnêteté, mon objectivité et ma modestie : C’était une bonne liste et la victoire était prévisible, voire annoncée.


    
La campagne ? Comme toutes les campagnes… Avec des périodes d’adrénaline, des moments de fièvre et quelques dérapages. Certaines personnes n’ont pas compris que tous les moyens ne sont pas bons pour arriver !!  Moi, je commence à avoir de la bouteille. Sur Guînes, ce doit être la 10ème fois que je tiens le haut de l’affiche (Régionales, Cantonales, Municipales, Députation…). Alors, sincèrement, je suis un peu blindé et je deviens comme un vieux sage…..

   
Alors quand il y avait des  énervements, des tracts mensongers ou des  médisances quelconques, je rassurais Marc et les autres en citant Confucius :

«  Si tous les médisants avaient les pieds palmés,

    Tous les maitres nageurs pourraient aller pointer. »

      Ce qui est une façon intellectuelle et élégante de dire : « Laisse pisser le mérinos, il pisse longtemps. »

      
Le résultat des courses : L’équipe emmenée par Marc a gagné très largement… Alors, moi qui suis un ancien maire et comme tous les anciens maires, j’ai tendance à avoir l’ œil critique… Je peux vous assurer : c’est une  bonne équipe ; les jeunes apprennent vite, encadrés par quelques vieux piliers et tout cela fera du bon boulot.

  
En mars, il y avait aussi des cantonales et c’est moi qui m’y collait.

·        Comme d’habitude, j’ai tout entendu…. J’avais tous les défauts de la terre, j’étais inefficace et que j’étais comme une éolienne : Il faut beaucoup de vent pour un peu d’énergie !!! La seule chose qu’on a pas dite, c’est que j’avais accouché et repris le travail au bout de 5 jours.

·        Les personnes qui utilisent ce type de méthode n’ont toujours pas compris une chose: Dans une société très people et très média : « Dites du bien, dites du mal, le principal c’est d’en parler. »

    
Voyez comment fonctionnent nos politiques nationaux !!! Et s’il n’existe pas de bruits, c’est très embêtant…. Et alors, il faut en inventer.

    IL faut pourtant avouer que les bruits et médisance font parfois, mal à l’entourage… Surtout quand ils se rapportent à des ragots de bistrot

 Alors je consolais tout le monde en citant  une phrase de Confucius :

« Si l’homme descend du singe, je ne peux contester

     Que certains ont tendance parfois à remonter. »

 

    La Conclusion de cette campagne cantonale : J’ai gagné très largement dans toute les communes du canton avec un score que je n’avais jamais fait…. Plus de 57% au premier tour…  Plus je me présente, plus  mes scores s’améliorent…. Ce sera terrible dans 30 ans !!!

    Et c’est au cours de cette campagne que j’ai  inventé un nouveau terme générique devenu très usuel à Guînes et dans la CC :  les BARPAT (Bon à rien, prêt à tout)

 

Le 2ème trimestre 2008 a été marqué par le changement de DGS.  Maryse Coffin est partie à la retraite. Juste quelques remarques :

-         Coffin, ça commence comme congédié et ça se termine comme enfin !

-         Depuis que je suis élu, je suis en guerre avec la technostructure. Je n’ai pas toujours de raisons valables, mais c’est un principe fondamental de mon fonctionnement ; Et pour attaquer Maryse, je citais souvent Confucius qui disait :

« Maryse ne peut pas faire plus d’une chose à la fois :

    Or quand elle mâche un chewing-gum, elle travaille déjà. »

Et elle osait me répondre : 

« Un fonctionnaire qui veut se mettre à travailler

    Est par définition un gars non syndiqué ! »

Ce à quoi, je rajoutais :

« Le seul médicament utile aux fonctionnaires,

   C’est bien la caféine et pas les somnifères ! »

    Bref, elle nous a quittés et a été remplacée par monsieur Thibault Claisse…..

C’est un vrai DGS….. D’ailleurs Confucius disait à son sujet :

  «  Avec ce Thibault là, tu sais ce qu’il t’attend

      Car ses doigts sont crochus… il dépense pas « granmint. » » 

   Tout ça pour dire  qu’il souffre d’arthrogrypose… Il a du mal à caresser son chien !!… Mais tous les DGS  sont pingres, pas dépensiers, radins et avares…. C’est génétique !! Ce n’est pas grave, il faut subir : depuis 6 mois, Marc prend des vitamines le matin et une verveine le soir.

 

Et la fin d’année fut marquée par quoi !!!

 

     Puisque je me suis permis de taquiner les autres, permettez que je me taquine moi-même dans mon statut d’élu et de membre d’un parti politique.

 

          Il y a eu un congrès à Reims…. Ca pas été du champagne…. Avec des convulsions, des spasmes et de l’agitation…. Des fois, on ne comprenait plus très bien…. D’ailleurs Confucius, passant à Reims,  disait, à ce sujet là:

« Les politiques connaissent tout le kamasoutra…

    Changer de positions, ne les dérange pas ! »

 

     Alors, le petit microcosme politisé de la ville de Guînes s’est fait traité de Gaulois, de rebelle, de tête de lard…. Simplement parce que par esprit de fronde, nous avons voté pour quand on nous demandait de voter contre et nous avons voté Dupond quand on nous demandait de voter Durand…. On est descendants de viking ou on ne l’est pas !!!

       De toute façon, Confucius disait, quand il est passé rue de Solférino :

 

« L’amitié se cultive dans un jardin charmant,

   Mais chez les politiques, on met du désherbant. »

 

Voilà M,M , j’en ai terminé… Surtout, sur tout ce que j’ai dit… Prenez-le au second degré (Maryse, nous sommes très attachés à toi ; Thibault, nous avons  confiance…. Ton calvaire ne fait que commencer !!!)

Vous vous dites : « Pourquoi Poher fait-il le clown, pourquoi ce type de discours ? »

   Simplement

·        Pour vous faire sourire 10 minutes dans une période morose et où tout nous pousse à la dépression.

·        Pour vous rappeler que les zygomatiques servent aussi à sourire, pas seulement à râler ou à crier

·        Pour vous signifier qu’à Guînes, il y a des gens qui savent se mettre en cause. Il n’y a rien de plus horrible que de voir certains personnages  qui sont imbus de leur grade, de leur rôle ou de leur fonction…On en voit beaucoup trop dans les journaux en ce moment. Quand on a un peu de bouteille, comme moi,  on devient beaucoup plus humble. Et le summum de l’efficacité, c’est quand on fait des choses sérieuses sans se prendre toujours au sérieux…

 

Alors, M et M, le plus important, je vous souhaite

·        Une bonne année …. Pour contrarier tous les oiseaux de mauvais augure

·        Une bonne santé pour contrarier tous ces médecins qui font partie comme les garagistes, les banquiers, les notaires et les politiques de la race des BARPAT

·        Et je vous souhaite surtout beaucoup d’amour. Car comme disait  Confucius, la dernière fois que je l’ai eu au téléphone :

«  L’amour, c’est comme le vin : si tu en bois un peu,

Tu n’es pas vraiment saoul, mais ça te rend heureux. ! »

    Confucius me pardonnera de lui avoir attribué pleins de proverbes….. Et encore, il a eu de la chance car, ce soir,  je n’ai pas été trop carabin !



 

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Published by Hervé POHER - dans Guines (voeux)
21 janvier 2007 7 21 /01 /janvier /2007 00:00

Mesdames et Messieurs.

 

Vous l’avez vu, pour cette cérémonie, Marc, premier adjoint de notre commune a décidé, non pas de
vous parler de 2006, mais bien de vous faire un survol des 2 mandats que nous avons accomplis.
 Si nous avons voulu vous proposer cette rétrospective, c’est que 12 ans, ce n’est pas rien dans la vie
d’une commune et de ses élus. C’est exactement 2 mandats et, normalement,
 nous aurions dû revoter cette année. Il semble que cette éventualité s’éloigne et que les prochaines élections
 municipales se dérouleront bien en Mars 2008. Mais il est bon de rappeler, de temps en temps,
ce qui a été fait durant une certaine période car, vous le savez bien, ce qui est avalé n’a plus de goût.
C'est-à-dire que des gens peuvent désirer quelques chose pendant des années, le réclamer, voire le
revendiquer,être contents quand ils assistent à sa réalisation et oublier, tout de suite pourquoi cela a été
fait, qui l’a fait et avec quels moyens. Je vous avais déjà parlé de ce phénomène, lors du lancement de la
campagne pour le Tsunami. J’avais dit, en parlant de l’information : « Vite avalé, vite digéré, vite oublié. »
Et c’est la même chose dansla vie d’une commune.

 

Permettez que je continue dans la lignée de Marc, mais avec une autre approche. Lorsqu’on entend ce bilan  de
12 années de travail, vous pourriez vous dire : « Certes, c’est bien mais tout cela, il fallait le faire ; tout cela est
très positif ; tout cela va dans le bon sens. » Et c’est vrai que ce que nous vous avons montré est un bilan
basé sur la solidarité, l’aménagement de la ville, le confort des citoyens et une certaine notion du service
public. Bilan dont nouspouvons être fiers.

 

Mais cela ne met pas en évidence la difficulté des dossiers, le labyrinthe administratif que nous devons
affronter tous les jours, les casse-tête financiers que nous devons appréhender…

 

Et pour mettre en valeur la face cachée de ce travail, j’ai cherché un point commun à toutes ces années,
 quelque chose qui a marqué de nombreuses réalisations, quelque chose qui a été noté par tous les
protagonistesde ces dossiers…Et figurez-vous que j’ai trouvé : L’élément commun à tous ces dossiers,
 depuis 12 ans, c’est le mauvais caractère du maire de Guînes et ses fameux coups de gueule. Et, je dois
l’avouer, cette image me colle, un peu trop, à la peau… En fait, je n’ai pas mauvais caractère…
Je refuse simplement de parler la langue de bois et que j’appelle un matou… un chat ; une bêtise…
une idiotie et un enquiquineur… un emmerdeur.

J’ai l’habitude de dire : « Elu à langue de bois, haleine de putois. » Si vous ajoutez à cela que les guinois,
descendants avérés des vikings, ont une fâcheuse tendance à manier la hache… Mais comme j’ai la
réputation d’avoir mauvais caractère… Alors, je l’assume… Mais au nom de toute l’équipe municipale.

 

Alors, pour résumer 12 années de gestion municipale, je vais vous faire une anthologie des coups de gueule,
faisant intégralement partie de la cérémonie des vœux. Cela permettra de vous souvenir ; cela permettra de
vous faire sourire et vous verrez que cela me permettra de passer en revue quelques grands méandres
administratifs, cachés au sein des dossiers communaux les plus importants. Et ces grands dossiers sont
directement branchés sur ce qui s’est passé en 2006 et sur ce qui se passera dans les années futures.

 

CEREMONIE DES VŒUX 1996

 

En juin 95, la nouvelle équipe venait juste de se mettre en place ; et elle s’est installée avec une logique
 politique claire : continuité de la gestion et respect des décisions dans le cadre de la démocratie. C'est-à-dire que tout ce qui avait été décidé, avant notre arrivée, par l’équipe précédente, devait être fait, quelles que soient nos opinions ou nos réticences.

 

C’est dans cette logique que nous avons lancé les travaux d’un cinquième terrain de football, qui, au départ,
devait être en synthétique. Les travaux étaient bien entamés et c’est alors que je reçus une lettre de la
sous-préfecture me demandant de tout arrêter.

 

Et pour quel motif ?? Le contrôle de légalité venait de s’apercevoir que, dans l’appel d’offre, déposé par la
municipalité précédente, une virgule avait été mal placée et que cela pouvait amener à une erreur
 d’interprétation de la part des entreprises. Et la sous-préfecture me demandait de recommencer
toute la procédure….

 

Grosse colère… Enorme colère… Et malgré des échanges épistolaires, exempts d’amabilité entre la mairie et
 la sous-préfecture, nous avons dû arrêter les travaux et recommencer toutes les procédures. Que de temps
perdu, que d’énergie dépensée ! Mais je dois vous avouer, pour être honnête, que cela n’a pas été plus mal,
car au lieu de faire un terrain synthétique, nous avons fait un terrain en schiste et qu’avec l’argent ainsi économisé,
nous avons pu créer une piste d’athlétisme.
Comme quoi, une simple virgule peut changer le cours de l’histoire.

 

Comme dit un vieux proverbe :

« Dans l’art de l’écriture, l’élite de la nation

Doit savoir se plier à la ponctuation. »

 

CEREMONIE DES VŒUX 1997

 

L’année 96 restera très sombre dans ma mémoire. En effet, début 96, j’avais imaginé la création d’une
grande intercommunalité rurale, allant de Herbinghen aux confins de Calais, allant du pays de Licques
 jusqu’à Escalles.
Bref, un énorme ensemble rural qui pourrait faire le pendant à une communauté calaisienne qui allait,
inéluctablement, se mettre en place. Il fallait que les ruraux puissent s’unir pour pouvoir discuter avec le
 grand calaisis.

 

Et cette idée me semblait tellement évidente, tellement naturelle, tellement géniale que je ne pouvais pas
 imaginer que quelqu’un soit contre. D’où une erreur de psychologie, d’où une erreur de pédagogie de ma part…
les esprits n’étaient pas prêts.

 

En juin 1996, je me suis retrouvé, à Arras, devant une commission d’élus, présidée par le Préfet,
mais les membres de cette commission n’étaient pas venus pour examiner la pertinence du dossier… Ils
étaient venus, dans une démarche politicienne, pour couper la tête à Poher. Et ils l’ont coupée…
 La grande intercommunalité ne s’est pas faite.

 

Mais même, si j’assume totalement la responsabilité de cet échec, je continue à dire que c’était une belle idée,
 aujourd’hui encore plus qu’hier. D’abord déçu, puis révolté, je devais accepter ce mauvais coup. Mais je dois
vous avouer que cet épisode m’a appris beaucoup.

 

Aussi, vous pouvez comprendre ma jouissance, quand en Mai 2006, nous fûmes tous convoqués par le
Préfet du Pas-de-Calais qui nous intima l’ordre de fusionner les intercommunalités. Et ma jouissance devint
extrême quand on nous proposa les nouvelles limites, résultant de cette fusion : c’était exactement le projet
que j’avais proposé en 1996. Et c’est vrai que, maintenant, on pouvait en parler : le contexte avait changé et les
esprits avaient évolué.

 

Et durant cette réunion, inquiet de me voir anormalement silencieux, le préfet me demanda mon avis.
Je lui répondis : « Moi, Monsieur le Préfet, je ne demande rien et je ne pense rien ! En 1996, j’ai
proposé exactement le même projet ; on m’a répondu que ce n’est pas un petit conseiller général qui allait
faire la loi et que ma proposition n’était pas valable. J’ai parfaitement compris la leçon et, depuis cette
époque, Monsieur le Préfet, je ne demande plus rien et j’évite de phosphorer pas à la place de l’état ».
Comme quoi, en politique, on a toujours tort d’avoir raison trop tôt.

 

Comme dit un vieux proverbe :

« Quand on veut faire bouger un âne trop têtu,

On risque, bien souvent, quelques déconvenues. »

 

CEREMONIE DES VŒUX 1998

 

La mairie est plongée dans le dossier du champ captant. Depuis 1995, on nous a démontré que nous devions
 impérativement protéger la nappe phréatique ; que nous devions faire de l’assainissement partout ; que
l’assainissement déjà en place avait été mal fait et que cette nouvelle démarche allait coûter 20,30,40 millions
de francs à la commune.

 

Et c’est alors que surgit une évidence flagrante : Pourquoi les 5000 habitants de la commune de Guînes
 devraient-ils assumer des travaux pour protéger un champ captant qui alimente plus de 100.000
personnes ? Parce que nous habitons au dessus de l’eau, nous devrions, nous seuls, endetter la commune
pour protéger une eau qui sert à tout le monde ? C’était franchement anormal, illogique et injuste.

 

A de nombreuses reprises, j’ai dénoncé cette injustice administrative et là, nous avons gagné. Nous avons
inventéle premier contrat de ressources du Nord-Pas-de-Calais : tous les consommateurs de l’eau
 venant de Guînes devraient payer une surtaxe de 3 cts de franc par m3. Et 3 centimes, ce n’est rien….
Sur une facture moyenne de 100m3, cela représente ½ Euro…

 

Et 3 cts de franc par m3, ce n’est rien, mais quand vous livrez 7,8 ou 10 millions de m3 par an, cela fait une
somme conséquente qui permet de rembourser une partie des emprunts. Merci aux maires de Calais,
Coulogne, Sangatte et Coquelles qui ont compris que la solidarité n’était pas qu’un mot. Comme quoi,
quand on dénonce  une injustice, on est parfois écouté.

 

Comme dit un vieux proverbe :

« Dans notre société, il faut de la malice

Pour amener le gueux, au seuil de la justice. »

 

CEREMONIE DES VŒUX 1999

 

Nous essayons, depuis 3 ans de nous sortir d’un dossier insupportable, compliqué, kafkaïen : le dossier de la
zone d’activité de Guînes. Ce dossier entamé par Mr Warnault et son équipe, en 1990, n’a toujours pas avancé.
Et pourquoi ? Simplement parce qu’une citoyenne de la commune ne veut pas de cette zone, dans son
environnement proche. Et elle nous met au tribunal, perd à chaque fois, mais contre-attaque. Cela a duré 11 ans,
 sans que l’on puisse avancer sur ce dossier pourtant primordial pour notre collectivité.

 

Comment peut-on imaginer qu’une commune avec un taux de chomage supérieur à la moyenne nationale,
une commune directement touchée par les fermetures d’entreprises dans le calaisis, une commune sinistrée
au niveau de l’emploi … Comment peut-on imaginer qu’une telle commune n’ait pas sa zone d’activités.
Cela, avouez-le, est impensable.

 

Et toutes mes colères et mes emportements n’y faisaient rien. Systématiquement, nous étions au tribunal.
A force de perdre et de guerre lasse, cette chère concitoyenne a cessé son harcèlement et vous pouvez voir
que notre zone, maintenant intercommunale,  se remplit à vue d’œil. Comme quoi, la notion d’intérêt collectif
n’est pas comprise par tout le monde.

 

Comme dit un vieux proverbe :

«  L’abnégation de l’homme se limite souvent

A la haie d’aubépines qui limite son champ. »

 

CEREMONIE DES VŒUX 2000

 

Une affaire qui a défrayé la chronique et fait les gros titres des journaux : Saint-Joseph village.

 

- C’est vrai, qu’un de nos concitoyens, passionné par les métiers d’art, a construit, dans son jardin,
un village complet, sans avoir les autorisations administratives !

 

- C’est vrai, que ce village était tellement bien fait que des gens venaient le visiter !

 

- C’est vrai que la mairie lui a dit : « Plutôt que de faire cela en cachette, faites donc un village ouvert au public ;
 ce sera un équipement touristique majeur pour le Calaisis. »

 

- C’est vrai que ce village a été inauguré officiellement, en Août 97, par Madame la Ministre du touriste et que le
Préfet de l’époque a félicité cet artisan, trop entreprenant, pour la dynamique qu’il avait implantée à Guînes
 et pour les emplois qu’il avait créés.

 

- Mais c’est aussi vrai, hélas, qu’un de nos concitoyens, pour des raisons absurdes, a porté plainte et que
nous n’avions pas eu le temps de tout régulariser.

 

Lorsqu’au tribunal de Boulogne, j’ai dû témoigner, j’ai dit : « Madame la présidente. Dans la Drôme, à Hauterives,
il y a eu le facteur Cheval ; Dans le Pas-de-Calais, à Guînes, il y a Monsieur Baclez ! En tant que maire, je ne peux
pas faire autrement que d’assumer.»

 

La justice, dans sa grande sagesse, a prescrit des amendes mais a permis que Saint-joseph ne soit pas
détruit, qu’on puisse régulariser les choses et que cet équipement devienne un outil touristique majeur
pour notre commune. Comme quoi, il faut savoir être à l’écoute de certains rêveurs passionnés.

 

Comme dit un vieux proverbe :

« L’utopiste a souvent des idées insensées

Mais c’est en l’écoutant qu’on se prend à rêver. »

   

CEREMONIE DES VŒUX 2001

 

Depuis quelques semaines, une rumeur court : Danone va fermer l’entreprise LU, à Calais, et notre commune
 va être fortement touchée par cette fermeture, car de nombreux Guinois y travaillent.

 

- Comment un élu responsable, un élu engagé, ne peut-il pas être révolté par cette société qui a pour leitmotiv : 
«  Du profit, encore du profit, toujours plus de profit. »

- Comment ne pas être révolté quand on voit les dividendes des actionnaires qui augmentent et que, de notre
coté, ous sommes obligés d’imaginer une épicerie sociale pour aider ceux qui en ont besoin.

- Comment ne pas se sentir mal à l’aise quand on voit la sérénité confiante d’un banquier et l’angoisse
quotidienne d’un demandeur d’emploi.

 

En 2001, j’ai dit que chacun de nous était un petit Lu et je rajoute, aujourd’hui, que chacun de nous, dans le
calaisis, a un morceau de dentelle accroché au cœur, car là aussi, ça ne va pas bien.

 

D’avoir dit cela, d’avoir exprimé ma révolte, d’avoir critiqué la mondialisation et les délocalisations, ça n’a pas
 changé les choses, certes, mais cela a montré, à tous ceux qui tombaient dans l’incertitude du lendemain, que nous
étions solidaires et que, même si notre pouvoir est limité, nous ferions tout pour essayer de trouver des solutions.
Comme quoi, même dans un pays où la devise est Liberté, Egalité, Fraternité, l’ultralibéralisme et la
mondialisation font peu de cas des hommes.

 

Comme dit un vieux proverbe :

« Quand une société méprise les humains,

C’est qu’elle oublie sa force et perd ses lendemains. »

 

CEREMONIE DES VOEUX 2002

 

Coup de gueule contre l’excès de réglementation, de contraintes et d’obligations/// Vous, qui n’êtes pas au fait
 des affaires de la commune de Guînes, vous ne pouvez pas imaginer !

 

Voyez un peu :

-         Il y a sur notre territoire une forêt domaniale, de 800 hectares, sur laquelle la mairie n’a aucun pouvoir,
car elle est gérée par un organisme d’état : l’ONF.

 

-         Il y a un canal, qui n’est pas notre propriété puisqu’il dépend de Voies Navigables de France, même s’il ne
l’intéresse plus car ce canal n’est plus navigable.

-          

-         Il y a un marais de 500 hectares qui est

·        En zone naturelle biotope

·        En zone natura 2000

·        En zone de préemption

·        En zone de prévention pour les inondations.        

-         La ville est située sur un champ captant irremplaçable et on doit dépenser des millions d’Euros pour
protéger l’eau et nous n’avons pas le droit de laisser bâtir où l’on veut et certaines activités ou
industries sont interdites.
Et figurez-vous, en plus, que notre commune est déclarée ville historique
et que, pour chaque projet de lotissement, on nous oblige à faire des fouilles archéologiques, qui
retardent les réalisations et coûtent un certain prix, pour ne pas dire un prix certain.

 
C’est tout juste si, à la mairie, nous ne brûlons pas des cierges en espérant que les services
archéologiques ne trouvent pas un tesson de bouteille.

 

Tout cela pour dire que : des lois, il en faut ; des réglementations, c’est nécessaire, mais que trop d’obligations légales freine la dynamique et a tendance à couper les envies de faire. Et encore, je ne
vous ai pas tout dit !

 

Et bien entendu, toutes ces obligations s’accumulent, s’additionnent et nous rendent la vie
intenable. Comme quoi, on peut rêver d’un gouvernement qui, quand il ferait une loi, en
supprimerait une autre

 

Comme dit un vieux proverbe :

« La loi et les décrets forgeront la nation,

Mais quand ils sont pléthore, ils cassent l’ambition. »

 

 

Fin de la 1ère partie

 

20/01/2007 Voeux mairie de Guines (2ème partie)

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Published by Hervé POHER - dans Guines (voeux)
20 janvier 2007 6 20 /01 /janvier /2007 00:00

Voeux 2007 (2ème partie) 

                                                                          .

CEREMONIE DES VŒUX 2003

 

Je ne peux m’empêcher de dénoncer

-         ceux qui critiquent sans arrêt et qui ne font rien

-         ceux qui n’ont qu’un mot à la bouche : Ya qu’à… Faut que

-         ceux qui sont incapables d’assumer des responsabilités et qui traînent dans la boue les autres qui ont eu
le courage de s’engager.

Et j’ai même ajouté : « L’ennui avec les imbéciles, c’est qu’ils ont tendance à le montrer. »

 

Et si j’ai dit cela, ce n’est pas parce que je me sentais attaqué… Moi, avec mes postes et mon expérience,
 je commence à être blindé. Non, c’était pour prendre la défense de ces élus, adjoints ou conseillers
municipaux qui,

 

-         Quotidiennement viennent défendre la notion de service public ;

-         Qui sont debout, la nuit, quand il y a des inondations  et qui se font engueuler ;

-         Qui ne comptent pas leur temps, leur sueur et leur peine pour aider leurs concitoyens.

-         Qui assument pleinement leurs rôles d’élus municipaux, sans intérêt personnel et sans arrière-pensée.

 

Marc vous a dit que j’avais amené une dynamique incontournable… C’est faux : j’ai donné un cap, j’ai prescrit
 une stratégie et nous avons élaboré, ensemble, une méthode. C’est l’équipe entière qui a créé la dynamique
 et qu’ils en soient remerciés.

Et permettez-moi d’y associer le personnel communal, avec ses grandes qualités et aussi ses petits défauts,
 mais qui a toujours œuvré pour que le service public soit rendu, bien rendu et que chacun y trouve son compte.

 

La dynamique incontournable est une belle idée mais elle n’est possible que si tout le monde avance dans le
même sens. Alors il faut faire fi des ragots ou des divagations de café… L’important ce n’est pas d’être
félicité, même si ça fait plaisir ; l’important c’est que chaque soir, on puisse se dire : « J’ai fait ce qu’il fallait. »
Et malheureusement, dans notre société, tout le monde ne peut pas le dire. Comme quoi, chez beaucoup
 de gens, la bassesse et l’égoïsme sont des tares génétiques, donc indélébiles.

 

Comme dit un vieux proverbe :

« La critique est facile, mais l’art est difficile ;

Mais le dénigrement est force d’imbécile. »

 

CEREMONIE DES VŒUX 2004

 

Depuis fin 2000, nous vivions dans la hantise des inondations. La CCTP s’était lancée dans l’opération ARARAT,
en plantant des haies, des bandes enherbées afin de ralentir et de retenir l’eau. Pour compléter ce dispositif,
nous avions pensé, dès la fin 2000, qu’il serait judicieux de mettre une pompe au marais, sur la rivière à Bouzats,
pour prendre l’eau du marais et la jeter dans le canal. Décision prise fin 2000 ; plan de financement bouclé en mai 2001…
 Et en 2004, toujours pas de pompe !

 

Renseignement pris, j’apprends qu’il y a un avis négatif des services de l’Etat. Je me procure le rapport de ces
services et que vois-je ! Un tissu d’arguments dignes de vidéogag.

 

1er Argument : nous allons faire déborder le canal de Guînes…. Notre pompe du marais fera 1 m3 seconde…
L’institution interdépartementale des wateringues est en train de construire une autre pompe, à la Batelerie, à Calais,
de 8 m3 seconde. Si les gens font correctement leur travail, il n’y aura jamais de problème.

 

2ème argument : Les services de l’état subodorent que le maire de Guînes veut rendre des terrains constructibles…
Comment voulez-vous que je rende constructible des terrains en zone biotope, en zone natura 2000, en zone de
 préemption et en zone de prévention des inondations…. C’est philosophiquement et administrativement impossible !

 

3ème argument : Le meilleur… Notre pompe risquait de tuer beaucoup d’anguilles…

 

J’espère que vous comprenez ma colère, mon énervement et mon coup de gueule. Un maire est responsable des
 biens et des personnes, mais un maire n’est pas responsable de la sécurité et du bien être  des anguilles.
Il ne faut pas pousser…

 

Suite à ma grosse colère, tout s’est arrangé. La pompe a été installée et les épisodes de cette année ont montré
que nous avions eu raison. Avec ce qu’il est tombé, durant les 5 derniers mois de cette année, le 2ème et le 3ème bancs
auraient dû être sous 10 centimètres d’eau, durant 2 mois. Et ce n’a pas été le cas. La pompe a marché et le marais
a été épargné !

 

S’il fallait faire un investissement judicieux, au marais, ce serait d’élever une statue à Sainte Pompe. Elle le mérite
bien. Comme quoi, quand on est sur le terrain, les pieds dans l’eau, on raisonne un peu mieux que certains autres.

 

Comme dit un vieux proverbe :

« Souvent les ronds de cuir n’ont pour seul horizon

Que la boucle dorée de leur beau ceinturon. »

 

CEREMONIE DES VŒUX  2005

 

En ce janvier 2005, je suis personnellement, comme beaucoup d’entre vous, traumatisé par l’effroyable catastrophe
 du tsunami. Et au-delà des images que nous voyons à la télé, ce qui me révolte le plus, c’est de savoir ce qui va
se passer.

 

-         On en parlera 15 jours, puis on mettra cela dans le coin des oubliettes pour s’intéresser à autre chose.

-         Dans cette société hyper médiatisée, il faut que l’information aille vite, change et soit la plus variée possible.

-         Nous sommes devenus des adeptes du zapping et tous les malheurs du monde ne restent, dans nos mémoires,
pas plus longtemps que le temps d’un reportage./// « Vite avalé, vite digéré, vite oublié. »

 

Et c’est pour éviter cela que je vous ai proposé l’opération : « Solidaires pour rebâtir ».

 

Presque toute la collectivité guinoise s’est mobilisée et même certains de la CCTP… Je dis presque, parce que,
bien entendu, dans ces cas là, les plus nantis refusent de donner. Mais heureusement, il fut unique en son genre.
 La dynamique collective guinoise nous a permis de donner, en janvier 2006, un chèque  de 24000 euros à
SOS village d’enfants.

 

Comme seul remerciement, j’ai demandé à avoir un autographe de Madame Anny Duperey, marraine de l’association. 
 Son petit mot est exposé dans une des vitrines de la mairie. Ce soir là, en 2006, je l’ai dit, j’étais fier d’être le
maire de cette commune. Comme quoi, on peut faire de belles choses avec un peu de volonté et avec beaucoup
de cœur.

 

Comme dit un vieux proverbe :

« Le malheur et la peine seront toujours vaincus

Par un simple regard et par la main tendue. »

 

CEREMONIE DES VŒUX 2006

 

Coup de gueule, mais très respectueux, sous la forme d’une lettre adressée au premier ministre. En effet,
notre premier ministre vient de faire une déclaration où il dit que les collectivités locales devraient être plus
raisonnables sur le plan financier. Mais nous sommes d’accord… sur le fond, nous approuvons cette
recommandation… Ce n’est jamais avec plaisir que nous augmentons les impôts… Encore faudrait-il que nous
 puissions être raisonnables !

 

- Quand la décentralisation donne aux conseils généraux la responsabilité du RMI, du handicap, de toutes les routes,
 du personnel dans les collèges et j’en passe, il faudrait, peut-être qu’on nous en donne les moyens….

 

- Quand la loi oblige une commune de 5000 habitants à protéger un champ captant, à avoir 20% de logements sociaux,
 à faire systématiquement des fouilles archéologiques, à construire une aire d’accueil pour les gens du voyage,
alors que les gens du voyage ne viennent pas et ne viendront jamais à Guînes… Comment voulez-vous qu’une
commune soit raisonnable !

 

A Guînes, nous ne faisons pas de constructions pharaoniques et nous n’organisons pas de fêtes dignes du
roi Louis XIV. De toute façon, nous, c’est Henry VIII. Nous faisons ce qui est nécessaire… Nous faisons ce qui est
désiré par la population… Nous faisons ce qui est obligatoire de par la loi. Et ce qui est obligatoire, c’est bien plus
coûteux que ce qui est désiré…

 

Comme quoi, il est vrai que les conseilleurs ne sont pas les payeurs.

 

Comme dit un vieux proverbe :

« Le maître des ballets prodigue des leçons

Mais oublie, bien souvent, de donner les chaussons. »

 

Voilà… J’ai fait le tour de 11 cérémonies de vœux… Avec des coups de gueule, des états d’âme et, vous l’avez
deviné, des vieux proverbes que j’ai entièrement inventés. Mais vous voyez qu’en évoquant le fonctionnement de
mes glandes surrénales et mes poussées d’adrénaline, j’ai pu survoler des sujets qui nous ont préoccupés et
des dossiers qui sont, encore, d’actualité : Le fonctionnement de la mairie, le champ captant, l’assainissement,
les inondations, la zone d’activité, la Communauté de Communes et les complexités administratives…

 

Certains pourraient croire que j’ai des têtes de turc, que je m’en prends toujours aux mêmes… Détrompez-vous…
Mais je ne peux m’empêcher de dénoncer, parce que c’est ma nature, parce c’est mon rôle, parce c’est mon pouvoir
 et que je suis le porte- parole de toute une population. Et je dénonce :

 

-         la technocratie tatillonne quand elle ralentit la dynamique,

-         l’égoïsme de nos concitoyens quand il dessert l’intérêt public ;

-         La puissance de l’argent quand elle oublie l’humain ;

-         Et les déclarations politiques qui sont, complètement, déconnectées du terrain.

 

Et pour 2007, me direz-vous : « Pas de coup de gueule ? » Pas vraiment, car je l’ai déjà poussé… Début décembre,
dans la presse locale, au sujet du débordement du canal.

Si nous avons échappé à la grande catastrophe, en Août dernier, c’est bien parce que notre stratégie pour lutter
contre les inondations repose sur une série d’équipements et sur une chaîne décisionnelle très réactive. Cela a
été très efficace en Août et je tiens à remercier tout le monde… Mais un maillon de cette chaîne a été légèrement
défaillant en Décembre… Et je l’ai dénoncé. Comme j’ai dit en réunion à la sous-préfecture : « En tant qu’élu
responsable, je veux bien assumer les conneries que je fais, mais je n’assume pas les conneries des autres. »
Qu’on se le dise.

 

Certains doivent être étonnés de voir que ni Marc, ni moi, n’ayons évoqué les projets 2007. Nous ne le ferons pas…
 Pas besoin de le dire… Il suffit de faire. Et ce qui sera fait, vous le verrez… Vous le voyez déjà : Des grues, des
bulldozers, des travaux dans les 4 coins de la commune… Sachez, simplement, que depuis 12 ans nous avons fait
un travail de fond ; maintenant nous allons nous occuper de la forme : Suppression des réseaux, réfection des
 trottoirs et des rues, aménagements routiers, embellissement de la commune…

 

 

Comme dit un vieux proverbe :

« Après avoir soigné une méchante varicelle,

La demoiselle guinoise fit tout pour être belle ; »

 

Voilà, j’en ai terminé. Excusez-nous si nous avons été un peu longs mais il faut avoir, de temps en temps, le
 courage de jeter un œil sur le passé et sur ce qui a été fait. Je dis bien le courage car un bilan n’est jamais
entièrement positif et ce qui n’a pas été fait ou ce qui n’a pas été réussi est, pour tous les élus,
source d’interrogations et d’ulcère à l’estomac.

 

L’année 2007 sera une année spéciale. Elections présidentielles, élections législatives… Beaucoup de remous,
beaucoup de discours, beaucoup de déclarations en perspective… Mais je vais vous étonner : la seule déclaration
importante de cette année 2007, c’est moi qui vais vous la faire, maintenant… Et pourtant, je ne suis pas candidat
à l’élection présidentielle. Et ce que j’ai  vous dire est simple :

 

-  Soyez heureux… Non pas à l’écoute des politiques, mais au sein, simplement, de votre famille !

 

-  Soyez heureux… Non pas à l’évolution du CAC 40, mais grâce, simplement, à quelque chose qui ne sera jamais
 coté en bourse, parce que c’est inestimable: l’amour de vos proches.

 

- Soyez heureux… Non pas à l’écoute des grandes intentions ou des promesses de telle ou telle personne, mais simplement
à la vue de ce merveilleux plaisir de vivre que peuvent vous montrer vos enfants ou vos petits enfants.

 

54 ans de vie, 20 ans de médecine et 13 ans de responsabilités politiques m’ont appris que le seul vrai bonheur,
 c’est toujours cet instant intime que l’on partage, pleinement, avec les siens. Et cet instant là restera, à tout jamais,
ancré au fond de votre coeur.

 

Comme dit un vieux proverbe :

« A la fin de sa vie, le roi fit le bilan

De ce qui fit sa gloire et forgea son bonheur.

Mais il ne trouvât que le sourire d’un enfant,

L’amour de sa compagne et un parfum de fleur. »

 

Bref, je vous souhaite à toutes et à tous, une pluie d’amour qui amènerait une inondation de bonheur… Et pour cette inondation là, j’en suis certain, on n’aura jamais besoin de mettre en route les pompes du marais.

 Fin de la 2ème partie

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Published by Hervé POHER - dans Guines (voeux)
19 janvier 2006 4 19 /01 /janvier /2006 00:00














VŒUX GUINES 2006
( 1ère partie)

                                                             M,M,M

 

   C’est toujours un plaisir de vous retrouver, en ces débuts d’année, afin de parler de notre commune, de la vie de ses habitants, de faire un bilan du passé et d’envisager l’avenir.// C’est aussi l’occasion de vous faire part de nos interrogations, de nos doutes et parfois de nos révoltes.// C’est enfin, pour un premier magistrat, le moment idéal pour lancer des messages et fixer des caps//. Les vœux 2006 ne failliront pas à la règle, même si, vous le verrez, je n’ai pas voulu m’attacher à des problèmes de gestion quotidienne.

 

   Vous le savez, lorsqu’on écrit un discours, on cherche un fil conducteur ou une façon originale de présenter les choses.// Cette année, j’ai plutôt décidé de vous faire une revue de presse, prenant 4 ou 5 titres de journaux parus ces dernières semaines.// Cela me permettra de vous donner quelques sujets de réflexion sur le fonctionnement de notre société et sur la vie de notre collectivité.

 

   Bien sûr, en faisant cela, je prend un risque : dire publiquement ce que je pense vraiment de certains dossiers et sortir de cette démarche très à la mode qu’on appelle : la pensée unique //; cette déviance qui veut que dans notre société, on n’ose pas dire ce que l’on pense sur telle ou telle personne ou, a contrario, on ne puisse dire que du bien de tel ou tel événement.// La pensée unique, c’est la stérilisation de l’opinion, c’est l’annihilation du droit à penser// ….. Alors, quitte à être iconoclaste, permettez que je dise ce que je pense. Quand on manie  trop la langue de bois, on finit par avoir des aphtes.

 

Septembre 2005 ; gros titre : « 80% des français n’ont plus confiance dans les politiques »

 

   Vous avez, sans doute vu, comme moi, le résultat de ce sondage qui mettait en évidence la méfiance des français vis-à-vis de leurs élus//. Pourquoi une telle méfiance ? Pourquoi un tel désaveu pour les édiles ? Pourquoi une telle déconnection entre le peuple et ses élus ?

 

   La 1ère des causes est un malentendu qui s’est incrusté dans l’esprit des citoyens//. Le mot politique vient d’un terme grec qui veut dire : « Qui concerne le citoyen ».// Or, de nos jours,quand on évoque la politique, les gens ne voient que ce qui se passe dans les hautes sphères parisiennes, le choc des ambitions, la bataille des petites phrases et les jeux olympiques de la peau de banane.// Bref, pour eux, la politique, c’est ce qu’on voit à la télévision et c’est ce qu’ils lisent comme grands titres dans les journaux.// Mais, soyons sérieux, la politique, ce n’est pas cela, ce n’est pas que cela ! Les milliers de députés, conseillers régionaux et conseillers généraux, les dizaines de milliers d’élus communaux dans les 36000 communes de France, les milliers de responsables de syndicats, de collectivités ou de groupements//… Bref, tous ceux qui font de la politique de terrain, qui labourent le terrain, qui connaissent le terrain…. Tous ces gens là font de la politique avec dévouement, honnêteté et rigueur.

 

Et s’occuper de la vie de la cité, c’est une noble tâche ;

 Essayer de trouver des solutions au désarroi des gens, c’est une noble tâche ;

 Tenter d’améliorer le quotidien de chacun est une noble tâche….. Personne, ici, ne peut dire le contraire.

 

   Parmi les raisons invoquées par les gens interrogés, on entend souvent dire que les élus sont des profiteurs malhonnêtes.// Soyons réalistes, Mesdames et Messieurs, les élus ne sont que la représentation de la société et si vous avez, dans la société, 3% de crapules, vous aurez 3% d’élus du même acabit. Et encore ! Mais ça vous laisse, quand même, 97% de gens honnêtes, 97% d’élus honnêtes et 97%, c’est beaucoup.

 

   Alors, quand on entend certains leaders nationaux faire campagne en disant « Tous pourris », on tombe dans la facilité mensongère, la démagogie de bas étage et le populisme électoraliste.// Et bien souvent, les gens qui disent cela, sont des gens qui cherchent des voix, même si ces voix ont une odeur nauséabonde //; ce sont des gens qui se valorisent en abaissant les autres //; ou même, ce sont certains frustrés qui s’en prennent aux élus parce qu’ils sont incapables, eux même, de se faire élire.//   En matière d’honnêteté, la plupart des élus locaux et nationaux n’a pas de leçons à recevoir de quiconque….. Personne, ici, ne peut dire le contraire.   

 

   On dit souvent que les élus ne respectent pas leur parole.// Dites-moi quel est l’intérêt d’un élu à ne pas respecter ses engagements ? //S’il ne le fait pas, c’est que les conditions financières ou légales ne le permettent pas !// Et je ne connais aucun élu ayant un plaisir sadique à faire des promesses, tout en se disant, en son for intérieur qu’il ne les tiendra pas.// Je sais, un proverbe dit que « Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent ». Moi, qui dans mes différents postes fréquente beaucoup de responsables, je peux vous affirmer que, pour la plupart d’entre eux, les promesses engagent ceux qui les font…… Personne, ici, ne peut dire le contraire. 

 

  Tout cela, pour vous rappeler qu’il ne faut pas mettre dans le même sac, la vedette politique qui fait la une des presse people et le petit élu de terrain qui, chaque jour fait son travail //; qu’il ne faut pas mélanger l’ambition légitime de certains grands leaders et l’ambition collective des élus locaux.// Certes, nous faisons le même métier, mais les lieux d’action, les objectifs et les moyens ne sont pas les mêmes.

 

   Et si je ramène cela au niveau de notre collectivité guinoise, permettez-moi de dire que les choses sont saines, claires et sans ambiguïtés.

 

  Quand on me dit « La politique, c’est du cinéma ! », je réponds : « Pas chez nous ! ».//C’est vrai, nous, nous faisons rarement la une des journaux.// Pas de phrases assassines, pas d’esclandres, pas de coups politiques.// La vie municipale se déroule comme doit se dérouler une vie locale démocratique.// Il y a une majorité, qui fait son travail et qui essaye de conduire la commune dans des chemins de progrès et de stabilité.// Et il y a une opposition, qui très logiquement, n’adhère pas à la gestion municipale mais sait, aussi, de temps en temps, voter avec la majorité, sur des dossiers essentiels.// La vie municipale de Guînes est, sans doute, médiatiquement peu intéressante.// Pas de grands coups de gueules, pas de phrases meurtrières, pas de tir aux pigeons. Nous, nous travaillons et tout le travail fait depuis 10 ans en est le témoin….. Personne, ici, ne peut dire le contraire.

 

   Quand on me dit : « Tous intéressés, tous pourris ! », je réponds : «  Croyez-vous que les élus ne seraient pas plus riches, plus tranquilles et plus heureux à rester chez eux ».// Au lieu de ça, ils travaillent tous les jours de la semaine, prennent des engagements, assument les nombreuses critiques et oublient les rares remerciements, et, en plus, ils endossent des responsabilités dont, parfois, ils n’ont même pas conscience.// Alors, vous pourriez me dire que s’ils font tout cela, c’est qu’ils sont masochistes.// Non, ils sont simplement motivés par le bien public et savent que leur petite participation peut servir la collectivité.// Et ils y mettent tout leur cœur et toute leur énergie….. Personne, ici, ne peut dire le contraire.

 

   Et si on me dit que les élus ne tiennent pas leurs paroles, je réponds : « Prouvez-le moi ! A Guînes, en particulier !»

 

   Dés 1995, nous nous étions engagés à protéger ce champ captant irremplaçable.// Nous avions promis de le faire en 5 ans, nous l’aurons fait en 12.// Nos finances ne nous permettaient pas de respecter le délai initial.// Mais avec les dernières tranches d’assainissement au marais, l’assainissement au batelage et la réparation de ce qui a été mal fait, rue du bassin, nous aurons tenu notre parole.// Et totalement notre parole.

 

   Nous avions promis de doter Guînes d’une zone d’activités, d’une vraie zone d’activités.// Les contentieux judiciaires formulés par un particulier nous ont fait perdre du temps.// Mais cette zone est faite, vendue au ¾ et vous verrez, dans les 6 mois qui viennent, s’élever de nombreuses constructions. Là aussi, nous avons tenu notre parole.

 

   Nous avions promis de mettre en place toutes les structures afin d’aider les plus défavorisés.// Les structures ont été créées ou sont venues s’implanter ; nous avons créé une épicerie sociale et nous avons accru les aides aux personnes défavorisées ou en difficulté. Là aussi, nous avons tenu notre parole.

 

  Nous avions promis de doter chaque association sportive de locaux et d’équipements dignes de ce nom.// Avec l’inauguration du boulodrome et les vestiaires pour la patriote cross, je peux dire, aujourd’hui, que là aussi, nous avons tenu parole.

 

   Nous avions promis d’être les leaders d’une dynamique loco-régionale.// En créant la CCTP, en demandant à intégrer le Parc Naturel, en participant à toutes les instances intercommunales, en étant les promoteurs d’un Pays du Calaisis, nous avons voulu montrer que la petite commune de Guînes savait être l’initiatrice ou savait se glisser dans une dynamique collective.// Rappelez-vous, il y a quelques années, j’avais choqué certains d’entre vous en disant : «  Guînes aux guinois, c’est fini ! » Là aussi, parole tenue.

 

   La pompe du marais, la révision du PLU, une nouvelle mairie, la tour de l’horloge, la maison de l’enfant, les travaux de réhabilitation des rues, l’extension des écoles… J’arrête là la liste des promesses tenues, cela pourrait nous entraîner, tard dans la soirée.// Tout cela pour vous prouver que les élus savent tenir leurs engagements.

 

   Moi, qui fréquente, un peu les leaders régionaux et nationaux, moi qui fréquente beaucoup les élus locaux, je peux vous affirmer que les gens investis d’une responsabilité publique, sont des gens honorables et qu’ils méritent de la considération….. Personne, ici, ne peut dire le contraire.

 

 

Novembre 2005 : gros titre : « Les communes qui ne respectent pas la loi SRU »

 

   Oui, vous le savez, ces communes qui n’ont pas 20% de logements sociaux.// Et Guînes est dans la liste des communes en infraction avec la loi.// Suite aux événements de banlieue, tous les médias ont fait haro sur le baudet et un député, dont j’ai oublié le nom, a même proposé que les maires qui ne respectent pas la loi, soient rendus inéligibles !

 

   L’autre jour, j’ai rencontré un de mes amis élu départemental qui m’a dit : «  Ben quoi, Hervé, comment ce fait-il que tu n’aies pas tes 20% de logements ? ». Je lui ai répondu que, jusqu’à preuve du contraire, c’était les bailleurs sociaux qui construisaient des logements, pas les mairies //et surtout, que pour construire, il faut avoir des terrains constructibles.// Et que dans le POS de Guînes, en 1997, il n’y avait plus de terrains.// Il m’a rétorqué qu’un POS ou un PLU, ça se change.// Ce à quoi, j’ai répondu que c’est ce que nous avions fait.// La révision de notre POS, qui s’est transformé en PLU, a débuté en 1998 et a été validée fin 2003.// Alors, vous pourriez me dire que 5 ans, c’est bien long pour faire un tel document. C’est vrai….., mais :

 

-         Vous croyez que c’est facile de faire un PLU dans une commune qui une emprise TGV, un forêt domaniale de 800 hectares, et un marais de 500 hectares, classé en zone biotope, en zone de préemption et en zone natura 2000 ?

 

-         Vous croyez que c’est facile de faire un PLU dans une commune située sur un champ captant irremplaçable, ce qui nous interdit de construire où l’on veut et comme l’on veut ?

 

-         Vous croyez que c’est facile de faire un PLU dans une commune déclarée cité historique et où, systématiquement, lorsqu’il y a un projet de lotissement, nous devons dépenser des sommes astronomiques pour que certains passionnés viennent trouver quelques tessons de bouteille ?

 

-         Vous croyez que c’est facile de faire un PLU dans une commune où un quart de la surface est une zone déclarée inondable ?

 

   Non, ce n’était pas facile, mais nous l’avons fait et nous avons mis 30 hectares en constructible, faisant, d’un coup de trait de crayon, un cadeau inestimable à certains propriétaires terriens.

 

   Alors, que l’on punisse les maires qui disent, ouvertement, qu’ils ne veulent pas de logements sociaux… D’accord. Mais nous, à Guînes, nous sommes demandeurs de logements sociaux ……. nous réclamons, depuis 10 ans des logements locatifs.// Et si nous avons cette volonté, ce n’est pas pour pouvoir accueillir de nouveaux arrivants, c’est, avant tout pour pouvoir loger notre propre population.// Le prix du terrain est devenu déraisonnable, les loyers ont monté en flèche et notre population a besoin de logement locatif aidé car, financièrement, elle ne peut plus suivre.

 

   A l’école, j’ai toujours eu l’impression qu’on punissait les mauvais élèves qui ne voulaient pas faire d’effort,// mais qu’on ne devait pas sanctionner ceux qui ont de mauvais résultats mais qui font des efforts pour s’améliorer.

 

   Et si je vous dis cela, ce n’est même pas pour protester contre l’amende qui nous est infligée.// Parce que cette amende, nous n’allons plus la payer….. En effet, les services de l’état ont revu leurs calculs avec de nouveaux critères.// Il nous manquait officiellement 95 logements ; maintenant, il ne nous en manque que 45.// Et comme nous avons acheté une maison, rue du Ml Joffre, pour pouvoir y construire des logements, nous n’aurons plus d’amende à payer.// De plus, si on ajoute à cette démarche, tous les projets dont vous a parlé Marc, l’an prochain, nous serons bien au dessus de ce que réclame la loi.// Et nous serons rassurés : nous serons en règle avec la loi, nous pourrons offrir des logements décents à notre population et je pourrai, a nouveau, autoriser certains locataires à acquérir leur logement.

 

  Le guinois est, peut-être râleur, vindicatif et remuant, mais il est, toujours, respectueux de la loi………. Personne, ici, ne peut dire le contraire.  

 

Janvier 2006 : gros titre : « Des caméras de surveillance à Hardinghen et à Guînes »

 

   Vous avez vu, sans doute, cet article qui s’étonnait de l’installation de caméras de surveillance à l’intérieur et à l’extérieur de la maison de pays, à Hardinghen et de la maison de l’enfant, à Guînes.

 

   Le journaliste m’avait contacté, après avoir rencontré le Maire d’Hardinghen, pour savoir qu’elles étaient les raisons d’une telle démarche.

 

Je lui ai expliqué que nous étions las de porter plainte pour des vols, des dégradations gratuites et pour des saccages perpétrés par quelques jeunes désoeuvrés et en mal de sensationnel. Et les plaintes, c’était toutes les semaines !

 

   Et le journaliste m’a dit : « Mais, Monsieur Poher, le droit à l’image ? ». J’ai répondu : « Le droit à l’image est-il plus important que le droit à la sécurité ? Le droit à l’image est-il plus important que le droit au calme, le droit d’avoir des services publics, le droit d’être solidaire par ses impôts, le droit d’être fier de sa commune ? » Parce que c’est là qu’est le vrai problème, Mesdames et Messieurs.// Mettre des caméras, c’est contre ma philosophie personnelle et jamais, je ne mettrai de caméra chez moi.

 

           Mais il m’est insupportable de savoir que certains cassent, pour s’amuser des bâtiments publics, abritant des services publics, payés par de l’argent public.// Autant je veux bien être conciliant dans des histoires privées, autant je serai intraitable, inflexible et intransigeant, quand on touchera au bien public.// Les bâtiments et les services publics sont l’œuvre et la fierté de toute une population et, parce que c’est de l’argent public, ils sont, à mes yeux, encore plus sacrés que le reste.

 

   On m’a toujours appris que « la liberté des uns s’arrête où commence celle des autres ».// Devant certains actes d’incivilité, qui ne sont pas graves, certes, mais qui nous pourrissent la vie et nous coûtent très chers, je considère que nous souffrons d’une atteinte à nos libertés et à celle des populations dont nous sommes responsables.// C’est pourquoi j’assume les caméras et je suis entièrement solidaire des élus d’Hardinghen. N’en déplaise à certains qui n’ont pas compris que l’art est difficile, même si la critique est facile.

 

 En étant citoyens de cette commune, en étant membres de l’intercommunalité, nous sommes tous responsables de notre bien commun. Et c’est notre devoir, élus et citoyens, de le protéger….. Personne, ici, ne peut dire le contraire. 

 

Janvier 2006, hier matin ; gros titre : « Selon l’INSEE, la France compte prés de 63 millions d’habitants »

 

   Oui, Mesdames et Messieurs, nous avons appris, hier, que nous étions pas loin de 63 millions, que nous étions un pays où l’on sait encore faire des enfants et un pays où on assiste à un véritable phénomène de rurbanisation…. C'est-à-dire que les urbains viennent habiter à la campagne.// C’est un phénomène qui touche de plein fouet la commune de Guînes et toutes les communes de la communauté de communes.

 

   Et c’est normal : les terrains sont moins chers qu’en ville ; les impôts sont moins élevés qu’en ville ; vous pouvez, plus facilement avoir un jardin et la ruralité garde, quand même une image de tranquillité, de nature et de verdure.// Un tel processus est bénéfique pour une ville.// C’est une ville qui bouge, qui attire, dont l’image est positive… Bref, une ville qui grandit, qui prend du poids…..

 

   Mais, vous le savez, cela nous amène, aussi, quelques obligations.// Nous devons adapter notre assainissement, envisager l’agrandissement de nos écoles, modifier notre réseau routier, imaginer de nouvelles politiques….. Parce que, et c’est un paradoxe, les rurbains veulent avoir, à la campagne, les mêmes services qu’à la ville.// Ce n’est pas une mauvaise chose en soi, mais il faut réaliser que nous n’avons pas les mêmes moyens que la grande ville, que nous avons des engagements, pris depuis longtemps et que nous devons les respecter, qu’une collectivité rurale ou semi-rurale a un mode de fonctionnement qui lui est propre et qu’il n’y a aucune raison de tout changer…. S’adapter, oui ! Tout changer, non !

 

   Alors, quand j’entends de nouveaux arrivants, ici ou dans les communes alentours, qui râlent parce que les impôts ont augmenté, même s’ils payent moitié moins de ce qu’ils payaient avant, je leur réponds : « Regardez les aménagements que la commune a fait pour vous ! Regardez ce que la Communauté de Communes a créé pour vous être utile et agréable ! Et les impôts ont augmenté pour vous mais aussi pour tous les autres habitants.» //L’autre jour, j’ai entendu, dans une commune pas loin d’ici, un nouvel arrivant qui râlait parce que le matin, il était ennuyé par le bruit causé par des enfants qui allaient au collège.// Va-t-on déplacer le collège ou obliger les enfants à prendre un autre chemin ?.//.... Et c’est vrai, j’ai dans mon jardin, un coq qui, de temps en temps chante à 3 heures du matin…. Eh oui, en pays rural, il y a aussi des coqs  complètement fous…. Et il n’a pas la grippe aviaire !

 

   Tout cela pour dire, Mesdames et Messieurs, que la vie, en collectivité, est un échange : on apporte quelque chose, certes, mais on doit, aussi, s’adapter au us et coutumes, à l’environnement et au fonctionnement de cette collectivité. J’ai souvent dit que nous étions ruraux et fiers de l’être. Si nous voulons garder ce plaisir et cette fierté, il faut que tout le monde y mette du sien.

 

     Et je dis à tous : «  Soyez les bienvenus ; nous sommes heureux de vous accueillir mais n’oubliez pas que nous avons notre vie et notre environnement, et que c’est notre droit de le préserver » …. Personne, ici, ne peut dire le contraire. 

Fin de la 1ère partie 


18/01/2006 Voeux mairie de Guines (2ème partie)

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Published by Hervé POHER - dans Guines (voeux)
18 janvier 2006 3 18 /01 /janvier /2006 00:00

 

Voeux 2006 (2ème partie)
Janvier 2006 : gros titre : « Le premier ministre demande aux collectivités locales d’être plus raisonnables »

 

   Comme vous, j’ai entendu Monsieur le Premier Ministre qui, dans le cadre d’un plan de diminution de la dette publique, demandait aux collectivités d’être plus raisonnables.// Cela, vous vous en doutez, m’a amené à avoir quelques réflexions que j’ai formalisées dans une lettre que je pourrais, éventuellement, envoyer à Matignon. // Je vous en fais la lecture.

                             ---------------------------------------------

 

                                       Monsieur le Premier Ministre.

 

   Dans le cadre d’une maîtrise nécessaire de la dette publique, vous avez annoncé que vous demanderiez aux collectivités d’être plus raisonnables.// Cela voudrait sous-entendre qu’elles sont déraisonnables. Ce qui n’est pas le cas de toutes. Cela voudrait sous-entendre qu’elles ont la folie des grandeurs ; ce qui n’est pas le cas de toutes. Cela voudrait dire qu’elles ont les possibilités de réduire la voilure ; ce qui n’est pas le cas de toutes.

 

   Permettez, Monsieur le Premier Ministre que je prenne 2 exemples.

 

   Le Département du Pas-de-Calais n’a pas beaucoup le choix.// Le taux de chômage y est plus important qu’ailleurs, le nombre de Rmistes plus important qu’ailleurs, le coût global de L’Allocation Personnalisée à l’Autonomie y est plus important qu’ailleurs, le coût du handicap y est plus important qu’ailleurs….. Bref, le social, c’est presque 70 % du budget du Conseil Général, en y incluant le coût de la petite enfance.

 

    Ne croyez surtout pas, Monsieur le Premier Ministre que je veuille faire un discours misérabiliste, mais cet état des lieux est le fruit de notre histoire sociale et industrielle. Et cet état des lieux, nous n’en avons pas honte et nous faisons tout pour que ça change. Mais vous devez comprendre que la marge de manœuvre est bien étroite.

 

   En plus, le gouvernement vient de procéder à un transfert des compétences qui fait, qu’aujourd’hui, nous devons assumer tout ce qui touche au RMI, toutes les routes et tout le personnel des collèges.// Et tout cela, c’est du fonctionnement, des investissements imposés ou des allocations obligatoires de par la loi.// Pas moyen de réduire la voilure, de ce coté là.// Si nous devons être moins ambitieux, c’est en réduisant nos investissements…. Mais nos investissements, c’est l’aide aux communes, c’est la construction des collèges, c’est la construction et l’entretien de 6200 kms de routes… Et là, non plus, nous ne pouvons pas et nous n’avons pas le droit de réduire la voilure//…. D’autant, Monsieur le Premier Ministre, que les investissements du Département, représentent, à eux seuls 3000 emplois par an. Devons-nous ne pas respecter nos engagements et, ainsi, aggraver le chômage ?

 

   Autre exemple, Monsieur le Premier Ministre.// La commune de Guînes. Commune volontariste mais qui est pauvre.// Le potentiel fiscal d’une commune, entre 5 et 10 000 habitants, c'est-à-dire la capacité financière et fiscale de ses habitants, est de 630 Euros par habitant.// A Guînes, ce potentiel fiscal est de 290 Euros.// Nous faisons avec et cela ne nous empêche pas d’être ambitieux…..

 

   Mais la ville de Guînes n’est pas déraisonnable dans ses projets.// Nous avons déposé des demandes de DGE, pour avoir des financements de l’état.// Cela concerne des bornes incendie, des travaux dans les écoles ou de l’éclairage public…. Ce qui est normal et obligatoire.

 

   Et si vous voulez que la ville de Guînes soit raisonnable et dépense moins en investissement, vous avez un moyen très simple, Monsieur le Premier Ministre :

 

-         N’obligez pas la ville de Guînes à faire un assainissement au batelage et au marais.// Mais, vous le savez, la directive cadre européenne, la loi et l’état nous ordonnent de protéger le champ captant et de faire de l’assainissement.

 

-         N’obligez pas la ville de Guînes à faire une aire d’accueil pour les gens du voyage, d’autant que nous savons, ici, que nous n’en avons pas besoin//. Mais vous le savez la loi et l’état nous ordonnent de la faire.

 

-         Ne demandez pas à la ville de Guînes de refaire une nouvelle perception, service public de l’état.// Avec ce paradoxe qu’on nous demande de dépenser moins en investissement, tout en dépensant plus pour héberger un service de l’état.

 

   Monsieur le Premier Ministre, comme vous le voyez, la commune de Guînes n’a pas de projets pharaoniques, pas de construction de palais des congrès, pas de piscine patinoire, pas de palais royal….. Non, nous ne faisons que ce qui est nécessaire pour nos populations et ce qui est obligatoire de par la loi.// Et croyez-moi, Monsieur le Premier Ministre, faire du tout à l’égout, ce n’est pas très excitant, ni très valorisant pour des élus.

 

   Voilà 2 exemples qui vous montrent que tout le monde veut être raisonnables, mais que même en le voulant, il nous sera bien difficile de réduire la voilure.

 

  Ah ! Si un gouvernement avait osé instaurer une vraie péréquation, c'est-à-dire qu’on prenait aux régions riches pour donner aux régions pauvres, qu’on prenait aux départements riches pour donner aux départements pauvres, qu’on prenait aux communes riches pour donner aux communes pauvres…. Les choses auraient été bien différentes.

 

   Voilà quelques réflexions, Monsieur le Premier Ministre.// Cette lettre n’a pour ambition que de vous signaler que, même avec beaucoup de bonne volonté, certaines collectivités n’ont pas beaucoup de choix, même si elles ont de l’ambition, même si elles veulent changer leur image, même si elles veulent aller plus haut tout en étant raisonnables.

 

   Recevez, Monsieur le Premier Ministre mes salutations les plus respectueuses.

                          ---------------------------------------------------

 

   Cette lettre n’a pas été envoyée et ne le sera pas.// Mais je voulais vous montrer que notre département est face à un dilemme terrible //; Je voulais vous rappeler que les travaux prévus par la ville de Guînes ne sont programmés que pour le confort des habitants ou pour répondre aux obligations de la loi.// Nous essayons d’être, à tous les niveaux, des élus responsables…. Personne, ici, ne peut dire le contraire.

 

   En vous parlant des élus, de la sécurité, du fonctionnement des collectivités, je m’écarte, bien évidemment, de certains dogmes de la pensée unique //; mais le rôle d’un élu ou le devoir d’un responsable est-il de se fondre, automatiquement, dans la mode médiatique de l’époque.// Ne sommes-nous pas là, justement, pour échapper à ces lieux communs, réaffirmer certaines évidences et lutter contre certaines déviances, parce que c’est notre rôle et que c’est l’intérêt commun. Moi, j’en suis intimement persuadé et.………. Personne, ici, ne peut dire le contraire.

 

   Voilà, Mesdames et Messieurs un petit tour d’horizon sur les préoccupations de notre collectivité. Vous le voyez, les problèmes sont difficiles, l’argent se fait rare, mais permettez-moi de terminer par un grand titre de décembre 2005 :       «  Le moral des français est morose »

 

   Eh bien, une fois n’est pas coutume, je vais oser aller dans le même sens que le Président de la République et que le Premier Ministre : Si les français n’ont pas le moral….. Ils ont bien tort.// Nous vivons dans un beau pays qui a beaucoup d’atouts //; qui a, de par son histoire, hérité de beaucoup de choses remarquables dans le domaine social, économique et culturel //; un pays qui a su être inventif et volontariste quand il le fallait. //Bref, un pays qui a un passé et qui saura trouver le chemin de l’avenir.

 

   C’est vrai que nous avons des états d’âme parce que le chômage a du mal à baisser, parce que nous assistons à une certaine paupérisation, parce que notre société hypermédiatique fait plus la promotion des mauvaises nouvelles que des bonnes….// Mais nous avons, nous français, des états d’âme, surtout parce que nous tenons à un certain modèle social, hérité de notre histoire, et que ce modèle est mis à mal par la mondialisation et par les excès du libéralisme forcené. Mais le monde a toujours été ainsi : il va d’un excès à l’autre et il finira bien par trouver un juste milieu, entre ce qui est souhaité et souhaitable, entre ce qui est obligatoire et ce qui est raisonnable. Ayez confiance….. Ayons confiance. C’est à nous de forger l’avenir, et je suis sûr que dans ce pays, il y a encore, quelques bons forgerons.

 

   Voilà, j’en ai terminé. Excusez-moi si le discours vous a paru long, mais, je tiens à vous signaler que j’aurais pu faire pire//….. Pour tout vous avouer, j’ai une ambition : être un jour, dans le livre des records….. En faisant un discours plus long que ceux du Président Fidel Castro.// Mais ce jour là, rassurez-vous, vous serez avertis car vous serez invités à la cérémonie des vœux, à partir de 8 heures du matin…..

 

   En conclusion, Mesdames et Messieurs, permettez-moi, au nom de tous vos élus, de vous souhaiter pour 2006, une année pleine de bonheur, de satisfaction et de joie.// Et je vous souhaite, surtout, quelque chose qui ne coûte pas cher, qui n’a pas besoin de subvention, qui ne coûte rien à l’état ou aux collectivités, quelque chose qu’il est impossible de décentraliser, quelque chose qui n’a pas de prix parce que c’est inestimable: je vous souhaite beaucoup d’amour….

      Parce que ça, c’est le plus important….. Personne, ici, ne peut dire le contraire.

 

                                                                                  Merci à vous tous.

    

                       -----------------------------------------------------------------

Mesdames et Messieurs, j’ai oublié un titre de journal :

 

Décembre 2004 : « Le tsunami tue 230 000 personnes ».

 

   Il y a un an, presque jour pour jour, je vous faisais part de mes états d’âme. Et vous l’avez compris, j’étais partagé entre un sentiment de tristesse et un sentiment de révolte. Tristesse parce que, comme le monde entier, j’étais traumatisé par les images de cette catastrophe ; révolte, car j’avais un peu honte de la société dans laquelle nous vivons car je savais, pertinemment, que nous serions abreuvés d’informations pendant un mois et qu’après, comme d’habitude, nous n’en parlerions plus. J’avais comparé la médiatisation dans notre société, au fonctionnement d’un fast-food : « Vite fabriqué, vite avalé, vite digéré et vite oublié ». Et face à tant de malheur, cela m’était insupportable.

 

   C’est pourquoi j’avais lancé un appel à la solidarité ; mais pas une solidarité du moment ! Une solidarité sur une année, une solidarité venant de toutes les forces vives de cette commune, une solidarité qui obligerait chacun de nous à avoir, durant l’année 2005, quelques moments de pensée pour des gens qui ont tout perdu, pour des parents qui ont perdu leurs enfants ou pour des enfants qui n’ont plus de parents.

 

   Mon appel a été entendu. Je vais, ce soir, faire le bilan de l’opération « Solidaires pour rebâtir ». Plutôt, que de donner à une ONG généraliste, nous avons décidé de lier un partenariat avec SOS Village d’Enfants, association qui construit, actuellement, un village pour des enfants, à Pondichéry, en Indes.

 

   Voici le bilan de notre action. Je vais, afin de les remercier, citer tous ceux qui ont participé. La somme importe peu, seul le geste est important.

 

 

Mention spéciale au club couture d’Hardinghen qui a voulu s’associer à nous.  

 

Mention spéciale à l’école Bertin Duquenoy. La CLISS, classe spécifique pour des enfants en très grande difficulté, a vendu sa photo de classe et a voulu, que tout le bénéfice soit donné à l’opération. Merci aux enfants, merci aux enseignants.  

 

Merci à toutes les associations qui ont compris qu’une petite partie des financements publics peut et doit revenir à une grande cause de solidarité.

 

   J’en termine avec les associations et les gens que l’on dit en difficulté. Comme vous pouvez le voir, tous nos concitoyens qui sont en emplois précaires, qui fréquentent l’épicerie sociale, bref, tous ces gens pour qui la vie n’est pas facile, se sont mobilisés. Merci à l’ES, à OPUR, à TS, à la Péniche et à Cide/lise. Vous avez simplement démontré que, contrairement à ce que disent certains, vous étiez parfaitement conscients de la valeur du geste et que vous saviez faire des gestes de valeur.

    

Mesdames et Messieurs, le total représente la coquette somme de 24070 Euros

Et je le dis, très humblement, je suis fier d’être le maire de cette commune.

 

   Nous allons donc remettre un chèque à Monsieur Barbieux, représentant SOS Villages d’enfants. Monsieur Barbieux, en vous remettant ce chèque, je vous demande 2 choses :

 

-         Tout d’abord, que la commune de Guînes soit régulièrement informée de l’évolution des choses et de la vie de ces enfants, dans le village construit à  Pondichéry.

 

-         Ensuite, que l’association nous fasse un cadeau qui ne coûte pas cher. Nous voudrions avoir juste un petit mot de remerciements de la marraine de votre association : Madame Anny Duperey. Cela permettra à la ville de Guînes de se rappeler de cette formidable mobilisation et cela permettra, au maire de Guînes, de rêver, voire de fantasmer un peu. Chacun a les étoiles qu’il veut ! Mais je vous rassure, mon épouse n’en est pas jalouse…


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Published by Hervé POHER - dans Guines (voeux)
16 janvier 2005 7 16 /01 /janvier /2005 00:00

Partie I - Propos préalables

 

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

 

Avant de commencer cette cérémonie des vœux, je me dois de vous faire une déclaration préalable.

 

En effet, plusieurs d'entre nous, au sein de la municipalité, se sont posés la question :

"peut-on et doit-on maintenir cette cérémonie, après les dramatiques évènements qui se sont déroulés en Asie du Sud ?".

 

Et c'est vrai ! Que peut signifier cette manifestation traditionnelle, face au déluge de malheur, de tristesse et d'horreur que touche des millions de personnes ? Que peut signifier cette réunion :

 

-         où classiquement, la municipalité, comme toutes les municipalités, montre qu'elle est fière et contente de ce qu'elle a fait,

 

-         où classiquement, l'opposition, comme toutes les oppositions, sortira en étant très critique sur ce qui a été fait,

 

-         et où classiquement, nous souhaitons des vœux sincères à ceux que l'on aime bien et des vœux hypocrites à ceux que l'on n'aime guère.

 

Après en avoir longuement discuté, nous avons décidé de maintenir cette cérémonie :

 

o   parce que comme dans tout microcosme local, il est sain de se réunir, de discuter et d'échanger,

 

o   parce qu'il est bien de profiter de ces réunions pour rappeler que les mots "fraternité, solidarité et même amitié", ne sont pas que des sentiments événementiels, mais doivent aussi être présents, quotidiennement, au sein de nos structures et de nos sociétés.

 

o   et parce que faire une réunion publique, c'est aussi le moyen de faire passer des messages et de témoigner, ouvertement, que l'on s'associe au malheur et à la désespérance des gens.

 

L'ordonnancement et la teneur des allocutions ont été modifiés.

 

Le fil conducteur de cette soirée devait être autosatisfaction. Le fil conducteur sera solidarité.

 

Et que chaque instant de cette soirée, soit dédié à tous ces gens de nations différentes, de races différentes, de religions différentes dont le passé est douloureux et dont le futur est incertain.

 

Et puisque nous ne pouvons pas modifier le passé, essayons de leur transmettre un message d'espoir. Que cette soirée soit humblement et simplement notre témoignage d'amitié.


Partie II

 

 

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

 

Permettez-moi tout d'abord de remercier, Marc, ce premier adjoint d'une efficacité redoutable. J'ai la chance, Mesdames et Messieurs, d'être entouré d'une équipe d'adjoints remarquables, dévoués, efficaces… solidaires. Je tiens, aujourd'hui, une fois de plus à le souligner ; sans eux, on n'avancerait pas et le deal établi entre l'équipe dirigeante et moi-même est clair : ....moi, je roule ; je vais par monts et par vaux pour promouvoir la Ville de Guînes, la Communauté de Communes des Trois-Pays et le Conseil Général ; je défends les institutions auxquelles j'appartiens ; je défends les dossiers dont je suis responsable.... et eux gèrent la Commune, et le quotidien, réglant des problèmes plus terre à terre. C'est sans doute moins valorisant, moins glorieux, mais c'est ce qui est vu par les habitants et c'est ce qu'on appelle la proximité.

 

Cette façon de gérer la Commune est le résultat à la fois, d'une doctrine gestionnaire que nous nous sommes imposés et d'une adaptation aux évènements et aux fonctions.

 

Doctrine gestionnaire, car dès le départ, nous avons voulu montrer que ce n'est pas un homme qui dirige c'est une équipe ; que les décisions étaient collégiales et solidaires ; et que de toute façon, il y en a plus dans 20 têtes que dans 1.

 

Adaptation aussi, car depuis 1995, je suis devenu un affreux cumulard : Maire, Président de la Communauté de Communes des Trois-Pays, Vice-Président du Conseil Général, et depuis peu, Président du Pays du Calaisis et Président du Comité de Bassin de l'Agence de l'Eau Artois Picardie. Certains d'entre vous doivent penser que c'est trop. Je répondrais "c'est beaucoup", mais toutes ces fonctions sont incroyablement complémentaires et utiles pour nos collectivités.

 

Si je suis devenu Président de l'Agence de l'Eau, c'est parce que dès 1996 nous avons signé un contrat pluriannuel ; c'est parce que dès 1998 nous avons inventé le contrat de ressources ; c'est parce que fin 2000, nous avons été confrontés aux problèmes d'inondations et c'est parce qu'en 2002, nous avons mis en place l'opération ARARAT.

 

Avec un tel passé et une telle expérience, les 60 membres du Comité de Bassin ont jugé qu'il était légitime que je préside cette instance si importante.

 

Et si je suis devenu le 1er président du Pays du Calaisis, c'est simplement parce que nous, petite commune de Guînes, avons montré, dès 1996 une volonté de coopération et de solidarité avec les autres.

 

Si tout cela a été réalisé, c'est simplement parce qu'il y a en Mairie un groupe motivé et efficace. Permettez-moi d'y associer le reste de l'équipe municipale, toujours présente quand il y a besoin de soutien, d'aide et toujours présente quand il faut prendre de grandes décisions.

    

Le regard porté au-delà des limites de la commune me permet de faire le point sur notre politique extérieure. Marc vous a parlé du fonctionnement interne ; moi, je vais faire le point sur nos relations externes.

 

Certains d'entre vous se souviennent, sans doute, d'une phrase que j'avais prononcée lors des vœux 1996. J'avais dit : "Guînes aux Guînois, c'est fini !!" et je sais que quelques personnes avaient été choquées ; mais 8 ans après, j'assume pleinement ce que j'avais dit et je vais vous montrer que nous avions raison.

 

"Guînes, au Guînois, c'est fini !" ; cela voulait simplement dire :

 

-         qu'avoir un esprit de clocher exacerbé, c'est bien mais ça ne suffit pas,

 

-         que fonctionner en autarcie, c'est plaisant, mais que ce n'est pas efficace,

 

-         qu'avoir une ambition cantonnée aux limites du territoire, c'est pratique, mais que ça ne permet pas de s'adapter à l'évolution de notre société,

 

-         et qu'enfin, cette fameuse "dynamique incontournable" dont je vous ai bassiné les oreilles depuis des années, ne peut exister qu'avec les autres, en osmose avec les autres et aussi pour les autres. C'était un nouvel état d'esprit.

 

Et cet état d'esprit, nous l'avions en 1996, quand nous avons été, dans le Calaisis, des promoteurs de l'intercommunalité. Nous sommes l'un des bourgs centre de l'arrière pays du Calaisis, nous devions être un des leaders de cette démarche.

 

Je l'ai dit et je l'ai avoué, faisant ainsi mon mea culpa : mes intentions étaient bonnes mais ma démarche a, sans doute, été maladroite. Certains voyaient dans mon initiative un besoin de pouvoir et une tendance à l'hégémonie.

 

Défaut de communication, erreur de jeunesse de ma part… mais je pensais, naïvement, que quand une idée était géniale, personne ne pouvait être contre. L'histoire a démontré le contraire. Et je le répète, j'en assume toute la responsabilité.

 

Mais, finalement, nous avons créé notre intercommunalité : la Communauté de Communes des Trois-Pays. Petite intercommunalité rurale qui doucement, calmement, sans jamais faire la une des journaux, fait son petit bonhomme de chemin, prenant année après année de plus en plus de compétences. Nous avons créé entre les 15 communes un vrai lien de solidarité.

 

 

Et cet état d'esprit, nous l'avions en 1998, quand nous avons été les premiers à vouloir faire de la promotion touristique avec la Ville de Calais.

 

Nous avions décidé de jouer la carte tourisme et nous étions fiers de notre office de tourisme, l'une des premières réalisations de la municipalité. Mais le réalisme et le souci d'efficacité ont rapidement mis en évidence que dans ce domaine là, nous avions tout intérêt à faire alliance avec notre grand voisin. En effet, Guînes, les Trois-Pays ou le Mont de Fiennes… que voulez-vous que cela représente pour quelqu'un qui n'habite pas dans le coin ??? Par contre, quand on dit le Cap Blanc Nez, Calais et le Tunnel sous la Manche, là, les gens savent, à peu près, où c'est.

 

Et cette démarche originale que nous avons initiée avec la Ville de Calais et la Chambre de Commerce s'est rapidement généralisée aux autres intercommunalités pour aboutir à la création de l'office de pôle, il y a un an. Dans le tourisme, aussi, nous avions tout intérêt à jouer solidaire. Nous l'avons fait.

 

Et cet état d'esprit, nous l'avions en 2004, quand nous avons décidé de participer à cette nouvelle aventure que sont les pays. Et j'ai moi-même pris mon bâton de pèlerin pour faire passer la bonne parole, pour expliquer aux élus, pour rassurer les gens :

   

"non, ce n'est pas une nouvelle structure,

non, ce n'est pas des impôts en plus,

non, ce n'est pas un enjeu de pouvoir".

 

C'est simplement un endroit où enfin, on se parle, où on oublie nos spécificités et nos engagements personnels, où on décide de ne pas faire de la petite politique et où, tous les élus du grand Calaisis, nous essayons, ensemble :

 

o   de faire un aménagement du territoire intelligent et concerté,

o   de trouver des solutions à nos problèmes qui sont communs,

o   d'envisager un développement solidaire profitable à tous.

 

Bref, maintenant, nous avons la structure adéquate pour se parler, se comprendre et faire finalement, ce pour quoi, nous avons été élus : servir un peu mieux nos populations.

 

Là aussi, dans cette nouvelle démarche, il faut parfois de l'abnégation, souvent de la tolérance, toujours de la solidarité.

 

 

Dans nos petits gestes quotidiens, comme dans nos grandes décisions de collectivités, la solidarité est souvent un moteur, même si elle n'est pas franchement affichée. Le discours de Marc, vous l'a montré ; j'espère, moi, l'avoir démontré.

 

Et ce mot de solidarité que nous martelons tous les trois, depuis le début de cette cérémonie m'amène, bien entendu à terminer par la catastrophe du 26 décembre.

 

J'ai été comme vous tous, choqué, effondré et traumatisé par toutes ces images de désolation, de malheur et de mort que nous voyons depuis plus de 15 jours.

 

Et puisque l'émotion est en train de se canaliser, que les premiers chocs dus à ces images d'horreur, sont en train d'être assimilés, permettez-moi de vous livrer quelques états d'âme, quelques sentiments.

   

Sentiment qu'il faut être humble et modeste.

 

Depuis que le monde est monde, on cherche toujours des coupables :

 

o   dans l'antiquité et le moyen âge, le coupable est les dieux et la punition était divine,

 

o   depuis quelques décennies, le coupable c'est l'homme, le développement de l'homme et l'inconscience de l'homme : réchauffement de la planète, pollution bientôt incontrôlable de l'environnement, disparition des espèces… c'est vrai, nous sommes responsables, tous responsables.

 

o   et le 26 décembre 2004, force est de reconnaître que la seule coupable, c'est la nature qui, on l'a trop souvent oublié, est omniprésente et reprend, de temps en temps, ses droits. Un tremblement de terre et un raz-de-marée, c'est simplement de la géophysique, de la physique et de la mécanique des fluides. Alors n'oublions pas que notre planète vit et nous, les humains, si imbus de notre savoir et de notre géni, sachons rester humbles.

 

Sentiment de doute et d'incompréhension devant cette société que nous avons créée

 

L'information du jour chasse celle d'hier ; les images d'aujourd'hui effacent celles d'il y a un mois et nos pôles d'intérêt changent vite, très vite, trop vite.

 

Cette société de l'information dans laquelle nous vivons est à l'image d'un fast food : "vite fabriqué, vite avalé, vite digéré et vite oublié".

 

Que reste-t-il dans vos journaux de la tempête de l'an 1999 ? (26 décembre) Vous parle-t-on encore des gens que sont morts, cette année-là ? NON.

 

Maintenant quand on parle de cette fameuse tempête, c'est pour faite le compte des hectares de forêts dévastées ou se désoler en signalant que le Parc du Petit Trianon à Versailles, n'est toujours pas replanté ! Et les morts de l'an 1999 ? : "vite avalé, vite oublié".

 

Tous les jours, l'information nous amène son lot de guerres, d'attentats et d'horreurs. A tel point que l'information que nous avons entendue aujourd'hui, nous ne sommes pas sur que ce ne soit pas la même qu'hier et elle est probablement pareille que celle de demain.

 

Et la banalisation de la mort est extrême. Qui peut nous dire, à ce jour, le nombre de morts américains en Irak ? Personne, car on ne compte plus, mais rassurez-vous, les médias se feront un plaisir de nous le rappeler quand on aura franchi la barre des 1 500.

 

Ils l'avaient déjà fait quand on a passé les 1 000, comme si cela était un record !

 

Et littéralement, je dois bien reconnaître que cette façon de faire est plutôt macabre. Mais de toute façon : "vite avalé, vite oublié".

 

Et pour en revenir au 26 décembre, soyons honnêtes, Mesdames et Messieurs, en parlera-t-on encore dans un an ? et même dans trois mois, je suis sûr que vous pourrez avoir des journaux télévisés, pendant une semaine, sans qu'on parle de l'Asie, de ses morts et de ses orphelins.

 

Vous le savez, notre société nous a conditionné à cela : dans quelques semaines, malgré les 150 ou 200 000 morts, cette tragédie glissera doucement dans les archives de l'Histoire : "vite avalé, vite oublié".

   

Mais, permettez-moi de terminer sur un sentiment d'espoir, même s'il est modeste et sans doute utopique.

 

Dans ce monde, qui est sous la dictature philosophique de la mondialisation, nous venons d'assister à la mondialisation de la catastrophe et à la mondialisation de la solidarité.

 

Pourvu que cet élan de solidarité, pourvu que cette conscience commune de notre fragilité, pourvu que cette prise de conscience ne soient pas qu'un feu de paille !!!

 

Je l'espère de tout cœur, mais j'en doute. Les bons sentiments n'ont jamais pesé lourds devant l'égoïsme, la finance et le réalisme économique.

 

N'ai-je pas entendu cette horreur, à la radio, où un spécialiste disait que cette catastrophe aurait un effet bénéfique sur les bourses asiatiques, car il fallait reconstruire ! C'est tout juste s'il n'était pas sur le point de nous conseiller d'investir dans les entreprises de pompes funèbres.

 

Nous savons que c'est vrai, mais a-t-on le droit de le dire ?

   Rappelez-vous, Mesdames, Messieurs, "vite avalé, vite oublié".
Fin de la première partie

 

15/01/2005 Voeux mairie de Guines (2ème partie)

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Published by Hervé POHER - dans Guines (voeux)
15 janvier 2005 6 15 /01 /janvier /2005 00:00

 Voeux mairie de Guines(2ème partie)

 

Et maintenant, Mesdames, Messieurs, c'est vrai, il faut reconstruire, il faut rebâtir.

 

C'est maintenant que nous devons les regarder et leur tendre la main. Et notre collectivité se doit d'être solidaire. Et cette solidarité doit s'imaginer en dehors de l'émotion d'un instant et en dehors d'un instant d'émotion.

 

Aussi, nous proposerons au Conseil Municipal et à tous les partenaires de la commune un plan d'aide financière étalée sur un an.

 

Le plan d'aide sera basé sur la participation de tous et de toutes, membres de notre collectivité, sachant qu'une démarche solidaire implique, pour chacun d'entre nous, un effort.

   

Cette action s'appellera "Solidaires pour rebâtir – Asie 2005".

 

Nous avons mis un S à solidaires pour bien affirmer que tous participent et Asie 2005 car 2004 restera l'année du malheur et 2005 sera, nous le voulons, l'année de l'espoir.

 

Sous ce label "Solidaires pour rebâtir", nous proposons de regrouper toutes les initiatives personnelles, associatives ou des collectivités.

 

La Commune de Guînes veut montrer l'exemple. C'est pourquoi nous proposerons quelques gestes forts :

 

1-   parce que c'est de l'argent public et que l'argent public doit servir la solidarité, nous proposerons à toutes les associations qui touchent des subventions de la Ville de Guînes de reverser 5 % de cette subvention sur le compte "Solidarités pour rebâtir".

 

2-   parce que c'est de l'argent public et que l'argent public doit servir la solidarité, la valeur des colis distribués aux personnes âgées, aux handicapés et aux Rmistes, sera diminuée, cette année, de 5€ par colis et ces 5€ seront versés au compte "Solidarités pour rebâtir".

 

3-   parce que c'est de l'argent public et que l'argent public doit servir la solidarité, nous proposerons, exceptionnellement, la suppression du feu d'artifice du 14 juillet et que l'argent soit affecté au compte "Solidarités pour rebâtir".

 

4-   parce que c'est de l'argent public et que l'argent public doit servir la solidarité, nous demandons à ce que tous les élus de la Commune de Guînes déposent un mois de leur indemnité sur le compte "Solidarités pour rebâtir".

 

5-   parce que c'est de l'argent public et que l'argent public doit servir la solidarité, nous proposerons à l'Amicale du Personnel des Trois-Pays de diminuer de 5€ la valeur du colis annuel.

 

6-   nous proposerons que toutes les manifestations 2005 soient placées sous le label "Solidarités pour rebâtir". En particulier, notre grande fête du 1er mai, avec une participation exceptionnelle demandée à tous les bradeurs.

 

Des urnes de la solidarité seront déposées, toute l'année, à la Mairie, à l'Office de Tourisme, à l'Epicerie Sociale et dans les établissements scolaires qui en feront la demande;

 

J'invite tous les Guînois qui savent se mobiliser (ils l'ont maintes fois prouvé), qui savent faire la fête, qui savent être solidaires (le Téléthon en est, chaque année, une preuve) à être imaginatifs et à s'intégrer dans cette démarche.

 

L'ensemble des actions sera coordonné par Monsieur Yves LEFEBVRE, Adjoint à la Ville de Guînes et le compte spécial "Solidarités pour rebâtir" sera géré par Madame Marie-Andrée FASQUEL, Présidente du Comité de jumelage et membre de l'Association de coopération avec le Mali.

 

Et puisque, chaque action de solidarité a besoin d'être parfaitement identifiée, nous proposerons que cette mobilisation générale puisse servir au parrainage d'un village d'enfants.

   

Mesdames et Messieurs, la collectivité de Guînes, ses élus, ses habitants veulent montrer que le mot "solidarité" n'est pas une vue de l'esprit, n'est un mot vide de sens. Ils veulent aussi montrer que la solidarité n'est pas un sentiment momentané ; elle doit être inscrite dans le temps. C'est le minimum que nous puissions faire pour tous ces enfants qui ne comprennent pas et qui n'auront pour nous remercier qu'un geste de la main, un regard ou un sourire. Ou qui n'auront rien du tout. Mais doit-on faire cela pour les remerciements ?

 

         Je sais que certains d'entre vous, au sein  de cette assemblée, pourraient penser que : "faut pas trop en faire ! faut pas exagérer !" J'ai même déjà entendu, comme vous sans doute, cette réflexion : "y en a marre des images de malheur !"

 

         Mais, voyez-vous, Mesdames et Messieurs, si nous sommes socialiste par conviction, si nous sommes humaniste par tempérament, si nous sommes chrétien de naissance, on se doit de ne pas oublier que, dans chacun de ces domaines, le mot solidarité veut dire quelque chose.

 

         Et comme nous sommes nombreux à croire cette doctrine philosophique qui affirme :"l'homme n'est pas ce qu'il dit, l'homme est ce qu'il fait". Alors nous, nous faisons et nous, nous ferons.

 

De plus, certains mauvais coucheurs nous critiqueront certainement en disant que cela est inutile. Alors, nous répondrons, comme le faisait Cyrano : "c'est bien plus beau lorsque c'est inutile".

 

Voilà, Mesdames et Messieurs, j'en ai terminé. J'ai été long ; je m'en excuse et pardonnez-moi, si en évoquant, si longuement cette manifestation, j'ai mis, certains d'entre vous mal à l'aise.

 

Mais, je ne pouvais imaginer parler normalement de nos petits problèmes d'assainissement, de nos petits problèmes relationnels, de nos petits problèmes d'inondation après ce que nous avons vu.

 

Je ne pouvais imaginer vous souhaiter une bonne année et une bonne santé avec ce que nous savons.

 

C'est sans doute une déformation de mon ancien métier ; c'est peut-être de la sensiblerie mais que voulez-vous, à mon âge, on ne se refait pas. Et moi, comme vous tous, je peux avaler vite, mais je digère lentement.

 

 

J'ai l'habitude, chaque année, de mettre sur ma carte de vœux une phrase, que j'invente et qui est conçue "à la manière de".

 

Cette année, j'avais écrit, avant le 26 décembre :

 

"si tu as dans le corps, force et volonté de vaincre,

si tu as dans le cœur, le désir de bien faire,

si tu as dans ton âme, la vision de l'espoir,

alors, tel un esclave devenu magicien, tu auras

entre tes mains le pouvoir de changer le monde."

 

Permettez, qu'aujourd'hui, je garde cette phrase et que je n'en change qu'un terme en disant : "alors, tel un esclave devenu magicien, tu auras entre tes les mains le pouvoir de rebâtir le monde".

 

Mesdames, Messieurs, pour 2005, je vous souhaite :

 

-         force et volonté,

-         le désir de bien faire,

-         une vision de l'espoir

                                et une année pleine de bonheur et d'amour.
FIN

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Published by Hervé POHER - dans Guines (voeux)

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