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AVERTISSEMENT:




Nous vous proposons différentes photographies qui n'ont qu'un seul but: vous livrer de belles images du Pas-de-Calais, quelques images du monde et quelques clins d'oeil humoristiques. Ces photos ont été copiées sur le web et restent la propriété des gens de talent qui les ont faites.

ITINERAIRE...

1989

- Election au Conseil Municipal de Guines

1992

- Membre de la liste régionale

1994

- Elu Conseiller Général du Canton de Guînes

1995

- Elu Maire de Guînes

1997

- Elu Président de la Communauté de Communes des Trois-Pays (CCTP)

 - Suppléant du député Dominique Dupilet

1998

- Vice-Président du Conseil Général

- Président d'Eden 62

2000

- Nommé élu référent pour l'Opération Grands Sites des Caps

2001 Réélu

- Maire de Guînes

- Conseiller Général

- Président CCTP

2002

- Suppléant du député Jack Lang

2004

- Membre de la liste régionale

- Elu président du Comité de Bassin de l'Agence de l'eau Artois-Picardie (--> 2014)

2004

- Elu président du Pays de Calais (-->2006)

2005

- Elu président de la Conférence Sanitaire du Littoral (-->2009)

2007

- Suppléant du député Jack Lang

- Démission du poste de maire

2008 Réélu

- Conseiller Général

- Adjoint à Guînes

- Président de CCTP

- Président Agence Eau

2011 Réélu

- VP du Conseil Général

- Président du Comité de Bassin de l’Agence de l’eau

- Membre de la liste sénatoriale

2012 :

- Candidat aux législatives

- Elu Président du Parc Naturel

2013

- Sénateur du Pas-de-Calais 

- Démission de la CCTP

- Démission du CM de Guînes

2014 Réélu

- VP du Conseil général

- Président du Parc

2015

- Arrêt du Conseil Général

- Arrêt  Eden

-Arrêt Parc Naturel

2017

- Arrêt du Sénat

 

PHOTOS

 

Poher (19)      

Poher (7)

Poher (18)     

Andre-et-Gilbert     

Contrat-avenir.jpg   

En-assembl-e.jpg

GB     

Inauguration-Petit-Prince.jpg      

Langelin-maire-honoraire.jpg

election 2007    

Ardres     

Conservatoire 2

Poher herve (6)     

2004 fete de la randonnee    

Bouquehault     

Kluisbergen     

Poher (14)     

tour     

99 Inauguration ADSL

MDR             

repas vieux      

jardin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

16 février 2015 1 16 /02 /février /2015 17:14
16/02/2015: 40 ans du Conservatoire du Littoral/ Hervé Poher

 Audinghen, le 16 février 2015.

 " Juste trois mots : Regrets, satisfaction et merci.

   Regret car nous étions dans le bus pour visiter la Côte d’Opale. Et je me disais , tout à l’heure, que ce n’est pas nous qui auraient dû être dans ce bus… On aurait dû le « bourrer » de parlementaires et de sénateurs en particulier… Comme cela, ils auraient vu la réalité et la vérité des choses.

   En effet, comme vous le savez, nous sommes en train de discuter, au Sénat de la transition énergétique. Et on parle de tout : des transports, de la nature, des travaux dans les bâtiments… Et il arrive que, de-ci de-là, on évoque la loi littorale… On a même parlé de la servitude du marchepied… Je suis sûr que vous ne savez même pas ce qu’est la servitude du marchepied. Et on entend parfois certaines bizarreries… Et notre promenade en bus aurait permis de réaffirmer quelques vérités.

   Tout d’abord, réaffirmer que la loi littorale est une bonne loi… Que ceux qui ont inventé cette loi, étaient sacrément intelligents. Qu’elle nous a permis de sauvegarder nos côtes, de garder notre identité, de garder nos spécificités… et qu’il ne faut pas toucher à la loi littorale. Qu’on l’adapte, oui ! Mais ne la cassons surtout  pas ; c’est une bonne loi.

   Deuxièmement, nous avons vu que la notion de paysage n’était pas qu’une lubie de bobo. Les paysages font partie de notre environnement, de notre patrimoine et des trésors que nous devons préserver.

   Ensuite, nos découvertes ont prouvé que le conservatoire du Littoral était un bel outil et que ceux qui l’ont inventé ont bien fait… C’est un bel outil et le conservatoire a fait du bon boulot.

   Et accessoirement, nous avons aussi prouvé que les Conseils Généraux servaient, quand même, à quelque chose : quand le département a décidé d’investir dans les politiques de l’environnement grâce à la TDENS, il a bien fait ; et quand, en 2004, le Président Dupilet a décidé que le Conseil Général serait maitre d’ouvrage pour l’Opération Grand Site… On en voit le résultat.

  Et que par ces actions, nous avons, nous aussi, participé au changement d’image du le Pas-de-Calais. Les gens savent maintenant que notre département, ce n’est pas uniquement un ciel gris derrière un terril avec une gueule noire… C’est aussi du bleu, du vert, des couleurs, des ambiances, des odeurs.

   Moi qui fréquente un peu plus Paris qu’avant, je dois bien avouer que notre image n’est pas aussi négative que ce qu’on pourrait le croire. Bien sûr, il y a encore des clichés, mais les gens savent aussi que nous ne sommes pas que ces caricatures si souvent affichées.

  Je vous dis cela, tout en reconnaissant que j’ai découvert ce site que très tardivement. Je suis natif du coin… Je suis calaisien ; Dominique Dupilet me le reproche souvent… « Tout sur le dos, rien dans l’assiette !! »… Et j’ai mis plus de 40 ans avant de découvrir que je vivais à côté d’un trésor. Il a fallu que le Parc me confie une mission sur la Grand Site… Alors que j’ai passé ma jeunesse ici… Sur la plage de Tardinghen… Et quand on revenait le soir, mes parents ralentissaient, en haut du Blanc-Nez et me disaient « Regarde Vévé. On dirait que la route tombe dans la mer… »

   Deuxième mot : satisfaction. Satisfaction parce que vous êtes dans un bâtiment qui n’est pas à énergie positive, certes… Surtout quand je vois que vous avez tous le manteau sur le dos… Mais au moins un bâtiment passif.

   Parce que le Conseil Général… Parce que le Grand Site… Parce que Eden 62…

   Parce que le Conseil général a décidé, il y a quelques années, de faire du développement durable… Et ce n’est pas évident d’imposer du développement durable dans de grandes structures comme le Conseil général. Il faut du temps, il faut de la persévérance, il faut changer des habitudes… Mais petit à petit, le développement durable s’inscrit dans les actions du Département. Ceci en est la preuve et c’est bien.

   Parce que le Grand Site… On ne pouvait pas imaginer un grand site qui ne soit pas exemplaire, avec des pistes cyclables, avec des bâtiments écologiquement exemplaires. Le Grand Site doit être la vitrine de la politique environnementale et ce bâtiment en fait partie.

   Et parce que Eden 62… Outil du département ; instrument de politiques ambitieuses ; gestionnaire de tous les terrains du conservatoire… Et superbe outil d’une politique volontariste. Outil que beaucoup sont venus copier. Comme le disait Dominique Dupilet, beaucoup de départements sont venus nous voir pour comprendre comment nous avions imaginé Eden et comment nous avions utilisé la taxe départementale. Nous sommes un exemple en France. 

   Merci enfin. Bon anniversaire et merci au Conservatoire du Littoral. Merci car vous m’avez bien soutenu.

   Cela fait 17 ans que je suis vice-président du conseil général, chargé de l’environnement. Et ce poste n’est pas toujours confortable et pas toujours facile. Il y a les zones de préemption, les expropriations, les conflits d’usage, les pressions des lobbys en tout genre… Vous voyez ce que je veux dire… Bref, ce n’est pas un poste de tout repos et cela vous forge, obligatoirement, une image de mauvais caractère…

   Mais durant toutes ces années, j’ai eu un allié remarquable qui est le Conservatoire. Même quand je prenais des positions un peu dures, le Conservatoire a toujours été à mes côtés. Aucune défaillance et quand, par hasard, nous n’étions pas tout à fait d’accord, on se réunissait ; on discutait et on trouvait une solution.

   D’un autre côté, pour moi, c’était bien pratique : quand une décision ne plaisait pas, je disais : « C’est pas moi … C’est le propriétaire… C’est le Conservatoire. »

   Franchement, avoir un allié comme le Conservatoire, c’est rassurant et c’est très efficace.

   Alors merci à vous tous. Merci au Département ; merci au Conservatoire. Continuez tous les deux votre route ; continuez à faire ce que vous faites et rappelez-vous surtout  que « les petites décisions locales sont souvent plus efficaces que les grandes envolées nationales. »

 

Hervé Poher

16/02/2015: 40 ans du Conservatoire du Littoral/ Hervé Poher
16/02/2015: 40 ans du Conservatoire du Littoral/ Hervé Poher
16/02/2015: 40 ans du Conservatoire du Littoral/ Hervé Poher
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Published by popo - dans CG: Environnement
17 novembre 2014 1 17 /11 /novembre /2014 13:02

CG-147.jpg  

 Arras, le 17/11/2014.

   Mesdames et messieurs. Puisque le classement des départements écologiques a été évoqué, permettez-moi de revenir sur celui-ci et de parler de la place du Pas-de-Calais.

   Ce classement a été publié, la semaine dernière, et le Pas-de-Calais est 62ème  sur 96… Oui, 62. On aurait voulu le faire exprès, on n’y serait pas arrivé.

   Cela peut être considéré comme un mauvais classement mais je l’assume. Je l’assume en tant que vice-président chargé de l’environnement ; je l’assume aussi en tant qu’ancien président du comité de bassin de l’Agence de l’Eau et je l’assume aussi en tant que citoyen de ce département. Et je l’assume même si beaucoup de choses ou d’actions ne sont pas dans les compétences du Conseil Général. Et vous le verrez, le département n’est pas responsable de tout !

   Ce classement est fait sur 8 critères. 4 sont bons pour nous et 4 nous plombent fortement.

   Ceux qui sont bons : la mobilisation Agenda 21, nous sommes 17 ème. La consommation dite durable où nous sommes 5ème. La protection de la biodiversité qui est un de nos points forts et résultat d’une politique volontariste de plus de 30 ans. Et là, nous sommes 19 ème. Et enfin, la présence d’énergies renouvelable… C’est un peu normal avec toutes les éoliennes qui sont chez nous. Pour les énergies renouvelables, nous sommes 14ème.

   Ces 4 analyses sont bonnes pour nous mais les 4 autres sont très mauvaises… Et ce n’est pas une surprise ; nous le savions et cela depuis longtemps.

   La gestion des déchets : nous sommes mauvais par le ratio quantité/recyclage/ valorisation contre la mise en décharge. Nous ne trions pas assez et nous mettons trop en décharge. Et dans ce critère-là, il y a en plus les sols pollués et les déchets dangereux… Sans commentaire ! Nous sommes 93ème sur 96…

   Autre mauvais chiffre : la qualité de l’eau. Nous le savons depuis des années et c’est le grand défi des collectivités et de l’agence de l’eau. Mais il faut assumer notre passé industriel, notre environnement agricole et notre passé de guerres. Et cela donne des nitrates, des phosphates, des perchlorates, des métaux lourds. C’est bien connu et il faudra des décennies pour réparer tout cela. Nous sommes 83ème sur 96. Et encore, je peux vous avouer que l’année passée nous étions 95ème  sur 96 !

   La qualité de l’air devient aussi mauvaise chez nous. Je vous rappelle que cette année, la région Nord/Pas-de-Calais a été la seule région, avec la région parisienne, à avoir été déclarée zone sensible à l’ozone et aux particules fines. Et c’est normal, quand on voit l’autoroute A1, quand on voit les embouteillages autour de Lille, quand on voit que notre région sert de lieu de transition pour tous les transports de marchandises.

   Et enfin, nous sommes mauvais pour la quantité d’agriculture bio… Tout le monde le sait : nos agriculteurs ne sont pas poussés sur le bio. Là aussi, il faudra du temps.

   Alors, 4 bons critères ; 4 mauvais. J’ai dit et je le redis : « Peut mieux faire ». Mais en voyant tous ces critères, il y a une évidence, mesdames et messieurs. Nous pourrons être meilleurs mais en travaillant tous ensemble !

17/11/2014: CG/ Sur le classement écologique des départements
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Published by popo - dans CG: Environnement
19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 10:39

Calais-254.jpg

Arras, le 19 mai 2014

  Un rapport scientifique remis la semaine dernière montre que la fonte de la banquise est arrivée à un point de non-retour. De plus, le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat, le célèbre GIEC, vient de confirmer ses prévision avec une augmentation du niveau de la mer  entre 1 et 2 mètres d’ici 2100. Pour rappel, cette augmentation était estimée à moins de 50 centimètres, il y a 10 ans. C’est-à-dire que quoi qu’ on-fasse,  les processus négatifs enclenchés par le réchauffement climatique sont, probablement, irrattrapables et inéluctables. Et le phénomène s’accélère. La seule chose raisonnable et possible, c’est bien d’essayer de limiter les dégâts.

   Et c’est dans cet état d’esprit qu’en France, tous les acteurs de la vie publique sont en train de se mobiliser. Je dis bien en France, car s’il est évident que certains font bien mieux que nous, il est aussi vrai que d’autres, et pas des moindres, font encore moins que nous.

  Mobilisation de tous à tous les niveaux : Loi sur la transition énergétique, plans d’urgence sur la qualité de l’air, Dynamique Climat Régionale, Troisième révolution Industrielle, Agenda 21, Plan Climat territoriaux… Bref, toute une série de mesures et d’initiatives qui convergent vers un seul but : essayer de limiter, un tant soit peu, la production de gaz à effet de serre.

   Comme vous le savez, le secteur des transports et de la circulation occupe une place importante dans le panel des productions de gaz à effet de serre tout en étant le premier consommateur d’énergie fossile.  

   En 2007, le ministère des transports et l’ADEME ont élaboré une charte appelée : « Objectif CO2, les transporteurs s’engagent », charte d’explication, d’incitation et d’accompagnement des transporteurs afin d’essayer de limiter la production routière de CO2.

   Quelques points forts de cette charte : Mise en commun des données, recensement des pratiques actuelles, identification et promotion des pratiques innovantes, aide et accompagnement des entreprises à la démarche, communication…. Et j’arrêterai là.

   Les initiateurs de cette démarche ont souhaité élargir leur partenariat avec les entreprises de transport de voyageurs et les départements qui sont les autorités organisatrices des transports scolaires et interurbains.

   C’est pourquoi nous vous proposons d’accepter cette demande et de signer la charte, sachant que cet engagement serait dans la droite ligne de notre Agenda 21.

   Et en vous signalant, pour terminer, que 2 entreprises de transport, dans le département, sont déjà dans la démarche.

   La 4ème commission a donné un avis positif sous l’œil bienveillant de la 6ème commission.

Hervé Poher

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Published by popo - dans CG: Environnement
19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 10:34

Bois-de-Maroeuil-45.jpg 

Arras, le 19 mai 2014

Comme la loi de 1983 nous en donnait la compétence, le département a élaboré un PDIPR (Plan Départemental d’Itinéraires de Promenade et de Randonnée), PDIPR qui a, au fil des années été créé, étendu ou modifié.

   8 tranches ont été ainsi validées par notre assemblée. Et ces 8 tranches officialisent des chemins de Grande Randonnée (GR) et des chemins de Grande Randonnée de Pays (GRP). Ce qui représente 2210 kms de chemins.

   Or il faut bien reconnaitre que ces GR et ces GRP sont destinés et utilisés surtout par les associations de randonneurs et par des randonneurs à la pratique un peu sportive. Il manquait, dans ce catalogue de chemins, des randonnées dites « Grand Public » ou familiales.

  C’est pourquoi, le Conseil Général s’est associé avec les EPCI qui se sont investis dans ce type de randonnée pour compléter notre PDIPR avec une liste de promenades plus courtes, plus faciles et accessibles à presque tous. Ces 300 chemins de petite randonnée (PR), répertoriés sur le département, représentent à eux-seuls presque 3500 kms.

   En accord avec l’ADRT, le CDRP, Eden 62 et les EPCI, une liste de 73 chemins PR a été définie, liste à laquelle vient s’ajouter 16 boucles gérées par EDEN 62 au sein des Espaces Naturels Sensibles. Tout cet ensemble faisant un ajout de 610 kms.

   Dans le cadre de la contractualisation, le département aiderait les EPCI pour certains investissements et pour l’entretien à hauteur de 30 euros du KM, tous ces crédits étant fléchés sur la taxe d’aménagement.

   La 6ème commission a donné un avis positif à l’inscription de cette 9ème tranche.

Hervé Poher

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Published by popo - dans CG: Environnement
6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 11:39

Belle photo (124)

Arras. Commission permanente. 06/01/2014

   La réalisation d’une trame verte et bleue est une idée relativement ancienne, dans la région Nord-Pas-de-Calais.

   Elle est issue de plusieurs constats : Une perte sensible et rapide de la biodiversité ; Des coupures importantes dans la continuité de corridors biologiques du fait de l’importance de l’occupation spatiale urbaine, des infrastructures autoroutières et ferroviaires ; Le résultat de notre histoire industrielle et agricole qui fait que le taux de boisement est très faible : dans la région, 9% de superficie boisée contre 29% au niveau national.

   Avec une exception notable, le territoire des caps et Marais d’Opale où on trouve 18% de surfaces boisées. Et tout le monde sait l’importance du végétal dans la lutte contre les gaz à effet de serre et le réchauffement climatique.

    Il n’est pas anodin, enfin, de noter que le végétal est encore un moyen de dépolluer certains sols et de protéger les champs captants.  

   Tout en rappelant que lorsqu’on évoque la Trame Verte, on ne parle pas uniquement de la forêt mais aussi des haies, des espaces non cultivés, des espaces Naturels sensibles et de toute forme d’espaces végétalisés pouvant favoriser la biodiversité.

   Tout ceci, a amené les 3 collectivités, Région et 2 départements, à imaginer une charte trame verte et bleue, charte qui doit être, pour nous tous, le document de référence pour élaborer une politique de maillage naturel ou semi-naturel  du territoire et un moyen de reconquête de la biodiversité.

   Un premier document a été validé par la Région en 2007 et je vous rappelle que notre engagement dans la Trame Verte et Bleue faisait partie de notre Agenda 21 Acte 1, validé en juin 2008. Les fiches 4, 5 et 6.

   Aujourd’hui, nous vous proposons simplement de réactualiser notre charte de coopération avec la Région et le département du Nord, charte disant que chacun des participants met ses compétences et ses moyens au service de cet objectif.

   Avec toutefois, certaines spécificités que nous avons signalées dès le départ, spécificités qui faut mettre en exergue :

   Première spécificité : L’agriculture tient, chez nous, une place prépondérante et toute volonté d’étendre la superficie boisée doit être imaginée en concertation avec le monde agricole. Mais c’est comme cela partout où il y a de l’agriculture.

   Deuxième spécificité : La révision des PLU, l’élaboration des SCOT et le respect du SRADT, tout cela sous l’optique du Grenelle de l’environnement, obligent les collectivités à être modérées dans la consommation de terres agricoles et à inclure la notion de trame verte et bleue et la notion de cœur de nature dans tous les documents d’urbanisme. Donc, là aussi, une démarche pro-aménagement et, à fortiori pro-boisement, doit être faite en concertation avec les collectivités locales.

 Troisième spécificité : Enfin, je vous rappelle que le département est cosignataire avec l’Etat, La Chambre d’Agriculture et l’Association des Maires de France d’un engagement à réduire sa consommation de terres agricoles, consommation, en particulier, dans le cadre de la mise en place d’infrastructures routières.

   Toutes ces spécificités font que, pour avancer dans ce dossier, notre département a validé une nouvelle procédure : la réglementation boisement, procédure qui permet à tous les acteurs de terrain de fixer les règles territoire par territoire. De plus, nous sommes en phase d’expérimentation du PPAENP (Périmètre de Protection Agricole et des Espaces Naturels Péri-urbains), compétence attribuée aux départements depuis 2006.

   Ces remarques étant énoncées, nous vous demandons de valider notre partenariat dans le cadre de la Trame Verte et Bleue.

   Dans le document qui vous a été distribué, vous pouvez trouver :

   un tableau rappelant le but, les objectifs et les finalités d’une telle démarche (finalité sociale, économique, écologique et culturelle) ;

   Les démarches utilisées : Reconquérir, restaurer, créer, protéger, aménager, gérer…  Les objectifs affichés : en particulier la mise en place d’une protection foncière, se rapportant soit à une démarche réglementaire, soit à une démarche amiable.

   Les moyens utilisés : Principalement, l’exercice des compétences de chacune des collectivités (locales et territoriales) avec ses spécificités et ses caractéristiques.

   Enfin, les partenaires de la démarche et la structure de gouvernance.

  Pour celles et ceux, élus départementaux, qui pourraient se poser encore quelques questions, je me permets de les rassurer en disant :

    Qu’une démarche trame verte et bleue est maintenant obligatoire pour toute collectivité locale et cela depuis les lois Grenelle et que ce sont les collectivités locales qui décident de leurs documents d’urbanisme.

   Que le département a posé ses propres garde-fous en ayant sa réglementation boisement et en finalisant le PPAENP.

   Que dans ce document, vous n’avez aucun objectif chiffré ; c’est-à-dire qu’on privilégie la volonté et la démarche plutôt que le rendement.

Pour terminer, un petit mot sur le SRCE et la TVB : certains d’entre vous ont, sans doute vu, dans la presse, que le 2 janvier, le monde agricole et certains élus ont manifesté, à Dunkerque, contre le SRCE et la TVB.

   Cela se passait le dernier jour de l’enquête publique concernant ce SRCE. Cette protestation visait une zone bien spécifique qui est la zone des Moëres au sud-est de Dunkerque, zone qui est classée, dans le document, comme zone humide.

   On peut entendre l’émoi des élus locaux et du monde agricole qui peut voir menacée la constructibilité de certains terrains, mais on peut aussi comprendre la logique des opérateurs du SRCE puisque la commune des Moëres est, de par nature, une zone humide et que c’est la commune dont l’altimétrie est la plus basse dans la zone des wateringues (l’altitude moyenne y est de 0 mètre mais avec une minima à -4 mètres). Cela dit, je tiens à rappeler que le SRCE n’est pas un document opposable et que la seule obligation qu’ont les faiseurs de PLU ou de SCOT, c’est simplement de le lire et d’y faire référence.

   Pour information, dans le reste du document, pour le Pas-de-Calais, rien de très choquant et lorsque certaines interventions notables étaient conseillées, les communautés d’agglomération ou les EPCI ont donné leurs avis.     

   Voilà résumé cette délibération concernant la coopération TVB ; délibération qui dit « Nous adhérons à la philosophie mais on utilise nos méthodes et nos moyens.»; délibération qui a reçu un avis positif de la 6ème commission.  

Hervé Poher

     

 

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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 11:05

carrieres

Arras Séance plénière du Consil Général du Pas-de-Calais, le 16/12/2013

   Délibération importante pour certains maitres d’ouvrages, pour certains syndicats ou pour certaines collectivités, délibération importante parce qu’on y parle de subvention .

Mais délibération tout aussi importante pour le Conseil Général car c’est, une fois de plus, le symbole de notre engagement volontariste dans le domaine de l’eau… Et je dis bien volontariste car rien ne nous oblige, dans la loi, à aller si loin.

  Permettez que je resitue notre démarche.

   Depuis plus de 3 décennies, le Conseil Général accompagne les collectivités pour tout ce qui touche à l’eau : eau potable, assainissement, défense incendie, les eaux de surface de toutes sortes et  les wateringues.

   Pourquoi avons-nous eu cette attitude ?

  • D’abord parce que l’eau est omniprésente chez nous et qu’avec le temps, ce qui était un simple élément de l’environnement est devenu un trésor.

  • Ensuite dire que l’eau est un élément indispensable à toute vie est presque une banalité mais affirmer que l’accès à l’eau, une eau saine et en quantité,  est pour notre société un droit fondamental de tout citoyen… Ça, c’est un engagement politique. Etant bien entendu que ce droit n’existe malheureusement pas dans tous les pays.

   Au fil du temps, au fil des actes de la décentralisation, au fil des volontés départementales, nous avons toujours accompagné plus ou moins les politiques liées à l’eau, politiques des collectivités et politique de l’Agence de l’Eau. Avec des variations et des adaptations en fonction des périodes de vaches maigres ou de vaches grasses. Mais toujours présents.

   Dans les années 2000, quand nous discutions de l’acte II de la décentralisation, nous avons même, dans cette enceinte, demandé à avoir la compétence eau.

   En 2006, au moment de la discussion sur la LEMA (loi sur l’eau et les milieux aquatiques), j’avais demandé, au nom du Conseil Général mais aussi en tant que Président du Comité de Bassin, la création de cette petite surtaxe départementale qui aurait pu changer bien des choses, en particulier notre participation à l’assainissement collectif.

   Et cette petite surtaxe, quelques centimes d’euro, presque indolore pour le consommateur, représentait pourtant pour nous des possibilités financières énormes car nous pompons largement plus de 100 millions de mètre-cube par an. Quelques centimes par des millions, cela fait quand même de grosses sommes.

   Et c’était une taxe affectée ; le Conseil Général devait donc réinjecter ces sommes pour les collectivités dans des projets concernant l’eau et l’assainissement, en association avec l’agence de l’eau. Imaginez l’effet levier ! Hélas, nous n’avons pas été entendus et pour des raisons sur lesquelles je ne reviendrai pas, le législateur n’a pas créé de surtaxe départementale. Permettez-moi de dire qu’à un moment où nous faisons l’état des lieux pour la directive cadre européenne, on ne peut que regretter cette attitude.

   Mais cela ne nous a pas découragés et le département a décidé de montrer qu’il continuait à s’occuper de ses richesses et un diagnostic de la ressource en eau a été effectué, suivi d’un schéma : élaboration, discussion et présentation territoire par territoire. Cette démarche a d’ailleurs été examinée par la Cour Régionale des comptes  qui, sur la forme, a émis quelques remarques mais qui, sur le fond, arrive aux mêmes conclusions que nous.

  Et quelles sont les conclusions de ce schéma ?

  1. Conclusion que nous avons de l’eau en quantité

  2. Qu’il y a… Qu’il y avait beaucoup trop de structures pour gérer cette eau,

  3. Et que, comme tous les gens nantis, personne ne s’intéressait vraiment à son voisin. C’est-à-dire qu’on trouve une multitude d’intervenants sur une multitude de réseaux, sans qu’il y ait de lien entre les réseaux… Et chacun vit sa petite vie tranquille sur son territoire.

       Dans le département du Nord, les choses sont tout à fait différentes : le Nord n’est pas riche en eau. La preuve, il nous en achète. Du coup, les interconnections intra départementales sont faites depuis longtemps. Quand on est pauvre, on est sans doute plus prévoyant et on a tendance à s’entraider un peu plus.

   Et la cartographie est très parlante : globalement, il y a de l’eau dans le Pas-de-Calais mais certains territoires peuvent être en danger au niveau qualitatif (personne  n’est à l’abri d’un accident) mais surtout au niveau quantitatif. Et il est essentiel de revoir ou de sécuriser l’alimentation en eau de certains coins de notre territoire.

   C’est pourquoi, avec la bénédiction des services de l’Etat et en accord avec l’Agence de l’Eau, nous vous proposons de participer financièrement à tout ce qui touche la sécurisation de notre réseau d’eau potable et en particulier les interconnexions entre les réseaux. Les conditions (contractualisation, taux, éligibilité) sont inscrites dans votre délibération page 117 du tome II du rapport du Président.

   Et nous vous demandons d’approuver cet engagement.

Hervé Poher

Mots-clés: subvention,l'eau, volontariste, eau potable, assainissement, défense incendie, wateringues, environnement, accès à l'eau, droit fondamental, décentralisation, Agence de l'Eau, compétence, LEMA, surtaxe, taxe affectée, interconnections, réseaux.

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Published by popo - dans CG: Environnement
4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 11:02

   ecologie      

Arras, le 04/11/2013. Séance plénière du Conseil Général du Pas-de-Calais.

      Pour la troisième fois, dans le cadre de la loi Grenelle, je me dois de vous présenter un rapport sur la situation du département, en matière de développement durable.

   Exercice imposé, exercice répétitif et exercice qui, je dois l’avouer, comme vous avez pu le voir, montre ses limites.

    En effet, mesdames et messieurs, le rapport qui a été inséré dans votre document peut ressembler à un inventaire à la Prévert, mais en moins poétique. On pourrait aussi l’assimiler à une simple compilation de contributions encyclopédiques mais en moins érudit. Mais c’est la règle de l’exercice et, je vous le rappelle, le développement durable, ce n’est pas que de l’environnement.      

     Alors, dans ce rapport, on parle de :

Notre engagement dans l’Economie Sociale et Solidaire, engagement qui a été affirmé et confirmé par notre assemblée. Notre engagement pour le handicap et les personnes âgées.

Notre engagement pour la jeunesse qui est devenu un axe fort des politiques départementales et notre engagement dans les collèges.

Notre engagement pour la solidarité, quelles que soient ses formes, parce que cela fait partie de nos compétences, que c’est notre corps de métier et que, c’est une volonté politique. Rappelant simplement par-là que le mot solidarité n’est pas un gros mot.

Notre engagement dans le cadre de la gestion environnementale, dans la gestion des ENS, où, permettez-moi de le répéter, nous sommes exemplaires et nous servons de première référence sur tout le territoire français.

Notre engagement pour une éco-responsabilité dans le cadre d’un Plan Climat, dans le cadre des transports, dans le cadre d’une rationalisation du fonctionnement des services et dans le cadre d’un Agenda 21.  

   Bref, dans ce rapport-listing, vous pouvez trouver tout un panel de mesures de gestion, de mesures sociales et environnementales qui peut satisfaire à l’esprit de la loi.

   Pourtant… Pourtant, permettez-moi de vous livrer une réflexion : il peut satisfaire à l’esprit de la loi mais pas à un œil exigeant et critique. Et vous seriez  en droit de dire que ce rapport à un goût de « trop peu », que ce rapport laisse un sentiment d’incomplétude et que ce rapport pousserait certains malveillants à dire : « Tout ça pour ça ! ». Mais je sais qu’il n’y a pas de malveillants dans cette assemblée…

   Et en parlant d’un goût de trop peu, mesdames et messieurs, je ne désigne personne à la vindicte départementale car j’assume pleinement, en tant qu’élu responsable et au nom de tous les élus, le résultat de notre démarche et le rapport n’est que le reflet indirect d’une ligne politique loin d’être achevée, très loin d’être achevée, trop loin d’être achevée.

   Mais l’important, une fois qu’on a assumé quelque chose d’insatisfaisant, c’est de comprendre pourquoi c’est insatisfaisant, même si l’autocritique n’est pas un exercice agréable à pratiquer.

    Mes chers collègues, dans cette incomplétude,  il faut y voir, probablement, plusieurs raisons.

Première raison :

   Il est difficile d’inventer et de créer tous les ans et en permanence. Même quand on veut être un territoire d’expérimentation ou d’innovation, le rythme, les idées et la dynamique ne peuvent pas être continus. Et on a besoin parfois de souffler parce que, à tort ou à raison, on se sent essoufflé.

Deuxième raison : Lorsqu’en 2008, nous avons voté un Agenda 21, qui est quand même le support de base pour le développement durable, je vous avais dit qu’il fallait faire notre révolution culturelle, parce que l’environnement n’était pas une priorité chez nous… parce que notre urgence permanente, c’était et c’est une urgence sociale… parce que nous n’étions pas formatés pour sauvegarder les sauterelles ou préserver les nuances de nos paysages.

          Nous n’avions pas cette culture-là. Et certains d’entre nous encore moins que les autres ! Certains pourraient même être diagnostiqués comme souffrant d’entomophobie !

   Certes, nous avons fait beaucoup de progrès, il faut le reconnaitre,  mais nous avons encore du chemin à faire.

   Bref, nous n’avons pas réussi notre révolution culturelle mais nous avons évolué. Or l’histoire l’a prouvé : « le temps pour une évolution est beaucoup plus long que le temps d’une révolution. »

Troisième raison, sans doute une des raisons principales : « une bête histoire de calendrier ».

   Je m’explique.

   Nous avons voté notre agenda 21 en juin 2008, Agenda 21 qui nous obligeait à une nouvelle dynamique, de nouvelles idées, de nouveaux investissements, une nouvelle appréhension de certaines facettes de la gestion publique…

   Voté en juin 2008…  Et en septembre 2008, faillite de Lehman-Brothers et début officiel de la crise. Ce qui veut dire qu’à partir de ce moment-là, tout le monde s’est replié sur ses bases et  que l’innovation passait au second plan. C’est humain, c’est logique, c’est naturel.

    Autant le dire : la force de conviction de certains élus n’a pas pesé lourd face à la rigueur mathématique de certains comptables.

   Cela dit, mesdames et messieurs, pas de regret à avoir car il ne faut pas jamais mélanger les genres. Quand des élus politiques s’amusent à ne faire que de la comptabilité et veulent jongler avec les chiffres, on ne sait plus trop quel est leur rôle et, du coup, ils font souvent des erreurs de calcul… erreurs de calcul politique, bien entendu.

   Tout cela pour confirmer que, comme partout ailleurs, la crise a gelé notre dynamique et un moteur gelé a parfois du mal à s’emballer.

   Voilà ce que je tenais à préciser quant à ce rapport. Mais la modestie de ce rapport va nous servir, mesdames et messieurs. Et beaucoup plus que vous ne pouviez l’imaginer.

   En effet, l’histoire politique et institutionnelle l’a voulu ainsi : Nous étions en panne de dynamique, on ne savait plus « par où prendre le bébé », il nous manquait la notice de montage…

   Sont arrivés en même temps un travail de refondation pour un nouvel Agenda 21, une participation au débat sur la transition énergétique, l’étude, le travail et le rendu d’un essayiste américain qui s’appelle Jérémy Rifkin.

   Trois événements qui ont et qui vont  influer sur notre vision des choses et surtout sur notre appréhension du problème « écoresponsabilité, développement économique, développement humain ».  L’agenda 21 va nous obliger à ressourcer nos politiques ; La transition énergétique va nous amener à anticiper pour une autre forme de développement ; Le Masterplan de Jérémy Rifkin va nous permettre de trouver une cohérence à tous ces  objectifs et permettra d’imaginer le cadre à toutes ces ambitions.

   L’étau financier est, cette année, un peu moins serré et nous avons un petit espace de respiration. Alors, nous serons plusieurs, sous l’autorité du président, à vous proposer, cet après-midi, en débat d’orientation budgétaire, une refondation de nos politiques « développement durable », au sens très large du terme et de façon très transversale.

   En ce qui concerne le rapport sur l’état du Développement Durable dans notre département, rapport qui vous est proposé aujourd’hui, je vous propose donc de l’adopter en écrivant dans la marge « Peut mieux faire »… Et ce peut mieux faire, nous pouvons l’assumer comme nous le faisions quand nous étions à l’école primaire.

   Tout en disant que les décisions que nous allons prendre d’ici la fin d’année  vont simplement prouver, si vous le voulez bien, que nous pensons avoir trouvé un nouveau trousseau de clés et que cela va nous permettre de réinventer, d’innover et finalement, de « mieux faire ».

Hervé Poher

Mots-clés: Grenelle, développement durable, Economie Sociale et Solidaire, handicap, jeunesse, solidarité, collége, Plan Climat, incomplétude, malveillants, Agenda 21, urgence, évolution, révolution, Rifkin, écoresponsabilité, développement technique, développement humain. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 19:51

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Arras. 07/10/2013. Commission permanente

   Si vous lisez un tant soit peu les journaux, le nom de Jérémy Rifkin ne vous est pas inconnu. Monsieur RIFKIN est un essayiste américain, spécialiste de la prospective, en particulier, dans le domaine économique.

   En fin d’année 2012 et début 2013, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Région Nord de France, associée au Conseil Régional, ont décidé de consulter Monsieur Rifkin afin d’imaginer comment, en prenant ses théories, nous pouvions devenir une région pionnière pour ce qui est appelé « La troisième révolution industrielle ».

   Les réflexions, hypothèses et scénarii de Rifkin et de son équipe sont basés sur un seul mot : Energie. Energie et tout ce qui peut s’y rattacher : la production, les économies et l’efficacité énergétique, les nouvelles énergies, le stockage et le transport de l’énergie, transport, logistique ainsi que le contrôle et les réseaux informatique.

   Je vous rappelle que cette démarche Rifkin arrive dans une période où une majorité des collectivités est impliquée dans des démarches Agenda 21. Si ce n’est pas officiellement fait, ça l’est dans l’esprit.  De plus, nous venons de sortir d’un débat national qui s’appelait : « La transition énergétique ». Enfin, je vous rappelle que nous vivons constamment avec des SRADTT, des SRCAE, des plans climat… Tous ces schémas qui s’imposent à nous et qui font directement ou indirectement référence à l’énergie par ses besoins, par sa production ou par les effets négatifs sur l’environnement.

   Dans beaucoup de nos dossiers, quand on parle d’environnement,  nous optons pour une attitude vertueuse : « Comment ne plus mal faire ? ». Rifkin propose une attitude plus offensive : « Comment faire autrement ».

   Avec un principe qu’on commence à entendre de plus en plus souvent. Principe qui est de dire : L’écologie est obligatoirement incluse dans tout programme politique d’avenir, qu’on le veuille ou non. Mais il ne faut plus appréhender l’écologie en passant principalement par l’environnement. Il faut passer par la science et la technique qui nous permettront, ensuite, d’atteindre des objectifs environnementaux. Dit comme cela, ce théorème semble évident ; encore faut-il savoir et vouloir l’appliquer.

   Le maitre d’ouvrage de cette démarche originale est la chambre de Commerce et d’industrie. Mais pour créer une dynamique, la chambre a souhaité avoir un maximum de partenaires et pour cela, elle a contacté: la Région, les 2 départements et les quelques grosses agglomérations. D’ailleurs Dunkerque, Arras et Lille se sont déjà engagés.

   Je tiens à signaler que cette démarche est une première :

Première parce que les avis Rifkin ont déjà été appliqués sur des grosses villes mais jamais sur une région entière.

Première et cas unique dans notre région, car dans la même démarche, on trouve des collectivités territoriales,  des collectivités locales et le monde des décideurs économiques.

Précision enfin : le partenariat n’est pas uniquement financier. Nous participons à la réflexion, aux débats et nous pourrons être, si nous le voulons, des expérimentateurs ou des démonstrateurs.

   La mission de l’équipe Rifkin se termine, normalement, le 25 octobre avec la présentation du Masterplan, c’est-à-dire la version finalisée.

   A cette occasion, il sera demandé que des partenaires soient des démonstrateurs : démonstrateurs de quoi ? Démonstrateurs de la volonté de changement  et démonstrateurs de la justesse des hypothèses et solutions apportées.

   Sachant qu’on sait déjà que le masterplan sera composé, grosso modo, de 5 chapitres :

L’efficacité énergétique et le problème de la déperdition énergétique

Le changement vers des énergies renouvelables

Les bâtiments producteurs d’énergie

Le stockage de l’énergie

La mobilité

   Tout cela avec une finalité : créer de la dynamique économique, donc créer de l’emploi pour faire des investissements qui, à terme, permettront de faire des économies et de préserver l’environnement.

   Dans votre document, il est noté que nous pourrions nous positionner comme démonstrateurs. Ce n’est pas l’objet de cette délibération mais vous savez très bien que nous avons tous les arguments pour pouvoir nous engager :

Nous sommes une grande collectivité, donc nous avons certaines notions de l’investissement, de la dynamique et de l’expérimentation.

Nous avons le matériel pour expérimenter :

nous sommes propriétaires de 370 bâtiments, ce qui représente 1,2 million de m²

Nous dépensons entre 9 et 10 millions d’euros d’énergie par an. Calcul 2011 car cela ne fait que croitre et embellir.

Nous sommes propriétaires de près de 600 véhicules qui parcourent 12 millions de kms par an … Et je ne vous dit pas ce que cela représente en consommation de carburant…

   Et je pourrais vous parler du FSL ou d’autres dossiers où l’intérêt économique, l’intérêt financier et surtout l’intérêt humain sont évidents et où on se doit de trouver autre chose, d’autres démarches, d’autres solutions.

   Mais nous aurons probablement l’occasion d’en reparler pour voir comment et jusqu’où nous voulons ou nous pouvons nous impliquer.

   En attendant, la délibération d’aujourd’hui vous propose de valider notre participation à l’étude Rifkin pour la somme de 32 490 Euros (5% du budget total). Ce dossier est passé en commission, le 8 juillet, qui a donné un avis favorable.

Hervé POHER

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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 21:49

clim

 

Arras, le 24/06/2013. Plénière du Conseil Général 62

   Pas besoin d’aller bien loin pour trouver certains arguments justifiant cette délibération. Il suffit de parler avec des passants, d’écouter les discussions en famille ou de circuler au sein du Conseil Général, pour entendre les mêmes remarques : « Y’en a marre… Les hivers sont de plus en plus rudes ; les printemps ressemblent à l’automne et les étés sont pourris. Tous les jours, on le voit à la télévision, il y a des catastrophes.»

  Et certains rajoutent : « On va finir par croire qu’il y a vraiment un changement climatique. »  

   Mais tout cela résulte d’impressions, d’insatisfactions et d’ambiance. Or dans l’analyse scientifique, la gestion publique et dans le prévisionnel, on ne peut pas se contenter d’impressions ou d’ambiance. Il faut des faits, il faut des chiffres, il faut des évolutions.

   Et des chiffres et des tendances, nous commençons à en avoir. Par exemple,  on sait que

Sur 122 espèces d’oiseaux communs dans le Nord-Pas-de-Calais, 30 espèces risquent d’augmenter et 92 sont en train de baisser, pour arriver peut-être à la disparition.  Augmentation des fauvettes, des chardonnerets, des tourterelles… Baisse ou disparition de la bécassine, du pinson et du rossignol. 

Une récente étude  sur 35 espèces de papillons, sur 10 ans,  a montré que 70% de ces lépidoptères nous quittaient pour aller se poser 250 kilomètres plus au nord.

Pour la flore, nous perdons définitivement, chaque année, plus d’une espèce de plante régionale… Et contrairement à ce qui transpirait dans un quotidien régional dernièrement, ce n’est pas uniquement dû à la fragmentation du territoire ou à de mauvaises pratiques agricoles.Le réchauffement climatique y est pour quelque chose. La meilleure preuve, c’est qu’à contrario, on voit apparaitre, chez nous, certaines espèces dites méditerranéennes.

Pourquoi tous ces phénomènes ? Simplement parce qu’il est prouvé qu’une augmentation de 2° sur un siècle, entraine une profonde variation de l’écosystème, du biotope et que du coup, les espèces animales modifient leur lieu de vie, leur couloir de migration et leur lieu de reproduction.

   Certains d’entre vous pourraient me dire : « Ce n’est pas le pinson, le papillon ou l’orchidée qui vont influer sur les politiques départementales ! »

   Soit, alors parlons du niveau de la mer qui a augmenté de 12 centimètres depuis 60 ans à Dunkerque… Ou de la température moyenne annuelle qui a augmenté de 1° sur 50 ans à Lille… Mais vous pourriez me répondre que tout ça, c’est dans le Nord…

    Soit. Alors rappelons que la pluviométrie annuelle a augmenté de 50%, en 40 ans, à Boulogne sur mer et le Pas-de-Calais est, avec le Nord, le champion de France en ce qui concerne les CATNAT, c’est-à-dire les déclarations de catastrophes naturelles.

   Tout cela pour dire, qu’on peut admettre ou refuser l’idée d’un changement climatique, personne ne peut nier qu’il y a un changement de notre environnement. Et pour pouvoir mesurer ce changement, pour pouvoir évaluer les impacts de ce changement sur notre région, il nous faut un tableau de bord, tableau de bord, objectif et indiscutable ; tableau de bord basé sur des données d’observations scientifiques ; tableau de bord pouvant se référer à des observations et des relevés déjà anciens.

   Ce que j’ai pris en exemple est issu de communications d’associations ornithologiques, de la DREAL, de Météo-France, d’Eden 62… Bref, d’un peu partout.

   Et dans le cadre de notre travail, au sein du Pôle Climat, il a semblé indispensable, pour tous les acteurs, de pouvoir faire un tableau de bord qui serait aussi une bibliothèque de données régionales et départementales, données pouvant même être des données locales et ces données étant à la disposition de tous. Une première approche de la démarche, nous amène à imaginer un tableau de bord avec plus de 300 types d’informations différentes.

   Nous faisons déjà partie du Pôle Climat, ce qui nous permet, depuis 2008, de travailler avec la DREAL, la Région, l’ADEME et le département du Nord. Dans le même esprit de dynamique collective, nous vous proposons de participer, physiquement, intellectuellement et financièrement à l’observatoire Climat. Ce qui sera, indéniablement, un outil supplémentaire dans l’aide à la décision.

   Proposition d’adhérer à la démarche, de signer la charte et la convention constitutive, en vous proposant de désigner monsieur Hervé Poher comme représentant officiel et monsieur Ludovic Loquet comme membre suppléant.

Hervé POHER

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Published by popo - dans CG: Environnement
21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 20:29

 

SRCAE  

Lille, le 21/06/2013

   Excusez-moi mais je vais essayer de faire de la philosophie à la petite semaine mais c’est sans doute moi qui ai la synthèse la plus délicate à faire… Du moins, pour moi… Avec mon état d’esprit, c’est délicat.

   En effet, envisager plus de sobriété et d’efficacité énergétique, cela semble admis et le consensus est possible;

 Imaginer les énergies de demain et construire un bouquet, cela semble presque incontournable et le compromis est probable.

   Par contre, essayer d’expliquer comment on trouve des sous et qui doit s’exprimer, coordonner et diriger… Là, le consensus et le compromis sont beaucoup plus aléatoires. On parle argent et pouvoir… Comme dans Dallas… D’ailleurs, Dallas, c’est demain soir sur TF1.

   Et on se retrouve avec le triptyque : Débats, pouvoir et argent. Débats parce qu’il faut débattre pour expliquer, sensibiliser, motiver. Pouvoir parce qu’il y a une évidence : vous pouvez avoir les plus belles idées du monde, elles ne valent rien si vous n’avez pas ce qu’on appelle « une once de pouvoir » ; je suis entouré de gens qui ont des idées !! De plus, depuis longtemps, et de façon plus aigüe depuis un demi-siècle, si vous n’avez pas l’argent, les idées restent des idées et l’utopie reste du rêve. Hélas !

   Parlons d’abord des moyens financiers.

   Tout le monde sait, tout le monde peut imaginer, tout le monde reconnait qu’une transition énergétique va couter en investissements, en nouveaux financements et en réorientations budgétaires.

Parce que de nouvelles options devront être prises,

Parce que de nouvelles politiques devront être mises en place,

Parce qu’à contrario, certaines politiques devront être réorientées et que paradoxalement, il y a des domaines où on réoriente, ça coûte. En disant réorienté, je suis prudent… Je ne m’engage pas sur le nucléaire…

   Alors, comment appréhender ce casse-tête ?

   Pour augmenter ses économies, il suffit de dépenser moins. Dépenser moins pour le citoyen… Cela veut dire réduire la consommation énergétique en aidant ou en incitant (réhabilitations, fiscalité incitative étendue à un plus grand nombre) … Alors, certes, économies pour les citoyens, mais dépenses ou manque à gagner pour la société !! Mais n’est-ce pas un passage obligatoire pour une transition ?

   Pour développer les énergies renouvelables, il semble souhaitable, voire indispensable, de créer des mécanismes incitatifs pour les acteurs du territoire… Et dans le mot acteurs, ont été évoqués les coopérative citoyennes mais aussi les collectivités, qu’elles soient territoriales ou locales. Avec comme pendant, bien entendu, que l’aide aux collectivités soit éco-conditionnée à une certaine vertu écologique dans ses politiques.

    Bien entendu, l’idée d’une fiscalité écologique a été évoquée : fiscalité avec ses différentes options : incitative, pénalisante ou compensatrice.  Avec l’idée, bien entendu, d’attribuer le produit de cette fiscalité aux politiques énergie-climat. On dit : « L’argent de l’énergie va à l’énergie… »

   Ce qui semble tout à fait logique, mais avec un bémol que je qualifierais « d’alerte » de ma part.  Je suis bien placé pour dire que ce type de raisonnement, on l’a déjà tenu ailleurs ; en particulier dans le domaine de l’eau, en disant : « Les redevances sur l’eau, doivent servir à l’eau. » Belle démarche en soi, mais cela n’a jamais empêché les gouvernements, quelle que soit leur couleur, de venir taper goulument dans les caisses des Agences de l’eau quand ces gouvernements ont du mal à boucler leur budget. Et avec l’argent qu’ils nous piquent, ils ne font pas de l’eau !!

   C’est une fiscalité déguisée très pratique et attention qu’on n’imagine pas la même chose avec l’énergie.

   D’ailleurs l’idée d’une fiscalité obligatoire directe supplémentaire n’a pas été franchement plébiscitée, c’est le moins qu’on puisse dire.

   Bref, au niveau des financements, cette transition étant par essence «  argentivore », la véritable question est : comment donner au citoyen l’envie d’aller plus loin ; comment donner aux collectivités l’envie de faire plus  et l’état ne doit-il pas réorienter financièrement certaines de ses politiques… Mais en parlant de l’Etat…

Aura-t-il l’audace d’aller jusque-là ?

Aura-t-il la volonté de révolutionner un ordre établi ?

Et aura-t-il les moyens d’avoir les moyens ?

   Au niveau de la gouvernance…

    Très naturellement, ce sujet a très peu suscité de propositions concrètes. Bien sûr, on a évoqué l’Europe, une Haute autorité de la transition Energétique, la mise en place de commissions infrarégionales…

   Mais si je dis que très naturellement, il n’y a pas eu pléthore de propositions, c’est simplement que dans notre société agitée et dans le doute, «  Quand on élève le totem des compétences, les collectivités adoptent une prudence de sioux … » Et c’est normal, le raisonnement et le réflexe  sont trop souvent financiers avant d’être philosophiques. On a beau parler d’énergie, on n’est plus au siècle des lumières.

   Et on ne pourra pas dire que cela n’a pas été évoqué… Parce que une personne en a au moins parlé : c’est moi.

   En disant que le terme « Transition » est la façon plus présentable de parler de « mutation », avec en filigrane « une révolution ». Et on se retrouve devant un problème simple : cette transition-mutation ou mutation-transition ne se fera pas sans la participation de tous, du consommateur lambda au producteur gamma ; du citoyen untel à la collectivité untelle… Et les collectivités ne peuvent pas faire autrement que d’inaugurer, d’accompagner et d’amplifier ce mouvement

Parce que c’est elles qui ont la maitrise sur les documents d’urbanisme et c’est essentiel,

Parce que c’est elles qui sont au contact de la population et c’est important,

Parce que c’est elles qui représentent des territoires petits ou plus grands, territoires qui permettent d’inventer et d’innover… Et c’est indispensable.

   Permettez-moi de rappeler que le pouvoir législatif, là-haut, n’a de sens que si les gens d’en bas appliquent intelligemment les lois.

   Et n’oublions surtout pas certains barreaux de l’échelle… Et une échelle où il manque trop de barreaux, ça devient des barres parallèles. Et ça, ce n’est pas pratique pour monter.

   En conclusion : Parler d’argent, de taxe, d’impôt, c’est très difficile et ça ne plait à personne… Même pas à moi… Mais n’est-ce pas un passage obligé ?

   Parler de compétences, de droit à l’expérimentation, d’innovation, ce n’est pas forcément naturel dans un pays à forte tendance jacobine… Mais n’est-ce pas un passage obligatoire ?

   Bref, le débat ne fait que commencer… Et je suis sûr qu’il sera plein d’énergie.

   Et pour terminer, je voudrais remercier les services de la Région pour 2 choses :

La première, c’est pour le travail qui a été fait, avec la pression, avec l’urgence… ce n’était pas facile mais vous avez suivi.

La seconde parce que vous nous avez donné une magnifique leçon de français avec toutes les subtilités de la langue française. En effet, dans la synthèse des débats, à un certain moment, il est écrit :

 «  Discussion passionnée et peu propice à l’élaboration d’une perspective commune… »

Ce qui, chez moi, veut dire : « On n’est pas d’accord et on s’engueule. »

   Mais c’est vrai que votre façon de le dire est beaucoup plus élégante.

   Merci.

Hervé POHER

   

 

 

 

 

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Published by popo - dans CG: Environnement
3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 22:26

 

objectif2030

Arras, le 3 juin 2013.

     Je me dois de donner un avis sur 2 domaines pour lesquels j’ai une délégation : l’environnement et le climat

    Aussi, permettez-moi de vous poser une simple question : quelle différence évidente il y a-t-il entre le SRADT 1ère version et l’actualisation présentée aujourd’hui. La différence qui saute aux yeux, comme l’a remarqué Alain Wacheux, c’est d’abord l’orthographe. Avant, on écrivait SRADT ; maintenant, on dit SRADDT. Il y a un D en plus. C’est ce qu’on appelle la « Grenellisation ».

   Et pour être rapide, permettez que je ne fasse que 9 remarques, en déclinant le D.

D comme dépassé

   Si je dis cela, n’y voyez surtout pas une critique. C’est une simple constatation  et vous n’y êtes pour rien. Mais dans le domaine de l’environnement et dans le domaine du climat, le jour où vous actualisez vos connaissances et vos intentions, vous êtes déjà dépassé et vous êtes bon pour tout recommencer.

   Car ce qui était des questions  en 2006 est devenu des certitudes en 2013 ; et nous savons que nos pressentiments de 2013 seront nos inquiétudes de demain.  Dans le cadre de la détérioration de l’environnement et dans celui de la modification du climat, nous assistons à une formidable accélération du temps. Et pour ça, personne ne peut anticiper à outrance. Hélas !

D comme Dialogue

   Devant ces urgences environnementales, il était important que s’instaure un dialogue local, locorégional, régional et national. Et à ce sujet, permettez-moi, très sincèrement, de remercier la Région qui nous a toujours associé à ces démarches et à ses réflexions : dialogue et participation dans le cadre du Climat, dans le cadre de la transition énergétique, dans le cadre de ses politiques environnementales, sans oublier le dialogue permanent dans le cadre de la gestion du Parc Naturel des Caps et Marais d’Opale.

   Dans toutes ses démarches, la Région nous a toujours associés et elle n’était pas obligée de le faire. Cela montre une certaine notion du pragmatisme… notion qui n’est pas forcément partagée par les services de l’Etat.  

D comme Débat

   Parce que le sujet est d’importance et que ce n’est pas uniquement des courbes qui évoluent sur un papier… L’évolution du climat et l’environnement sont des sujets essentiels pour la région Nord-Pas-de-Calais. Et portent forcément à débat !

   Comment voulez-vous qu’il n’y ait pas débat quand on sait qu’on a mesuré la production des gaz à effet de serre pour toute la région Nord-Pas-de-Calais ; qu’on a découvert que la moitié de ces gaz est produite par l’industrie ; et que dans cette moitié, la moitié est produite par une seule usine. C’est-à-dire qu’une seule usine produit à elle-seule un quart des gaz à effet de serre de toute la région… Là-haut, au nord du Nord !

   Oui, c’est problématique… Mais cette usine, c’est de l’industrie, de l’activité, des richesses locales, du travail pour des hommes et la vie pour des familles.

   Alors, il doit y avoir débat. On ne peut pas faire autrement.

D comme Département

   J’oserai reprendre une réflexion d’un vice-président du Conseil régional avec lequel je travaille souvent. Il me disait, l’autre jour : « Nous, Région, nous avons avec l’Etat des obligations de schémas d’où découlent des   programmes… mais dans bien des domaines, c’est vous, les départements, qui avez les compétences. » Et oui, nous sommes les éléments indispensables pour certaines politiques. Même si ce n’est pas, forcément, par ce volet-là que nous sommes le plus connus et reconnus. Mais tant que les compétences et nos volontés  seront ce qu’elles sont, nous serons incontournables :

L’aménagement foncier rural, avec tout ce que ça comporte, c’est nous.

Les espaces naturels sensibles, c’est nous ;

La gestion des terrains du Conservatoire du Littoral et des réserves nationales, c’est nous ;

la réglementation boisement, avec toutes ses composantes, c’est nous ;

les périmètres de protection agricole et des espaces naturels périurbains, c’est nous ;

les politiques de l’eau en accompagnement de l’Agence de l’Eau, c’est nous ;

La gestion des wateringues, c’est nous ;

et je me permets d’ajouter toutes les politiques à visée environnementale, rurale et agricole intégrées dans notre Agenda 21… sans oublier l’opération Grand Site des deux Caps dont nous sommes les leaders.

Et j’arrête là la liste de nos domaines d’intervention ; certains pourraient en être encore plus jaloux

  Mais, quand on parle de Trame Verte et Bleue, on est obligé de prendre en compte les politiques départementales.

   Quand on parle aménagement du territoire, dans un département de 6671 km², dont 70% de l’espace est composé de ruralité, vous ne pouvez pas vous passer des politiques départementales.

   Comment voulez-vous pratiquer une gestion économe du foncier sans passer par la case département ?

   Comment voulez-vous appréhender le problème de la périurbanisation sans faire appel aux compétences départementales ?

D comme Déception voire Désespoir

   Et la tentation est grande de tomber dans la sinistrose…

Quand on voit qu’à Daho, comme à Copenhague, les égoïsmes nationaux ont dominé les débats ;

Quand on sait que nous avons déjà perdu 99,9% de notre patrimoine naturel ; et que d’ici 2050, nous aurons perdu encore 50% du 0,1% qui nous reste ;

Quand on voit que le prix du gaz a augmenté de 80% depuis 2005 ;

Quand on regarde la liste de tous les produits qu’on retrouve dans l’eau dite « potable »… Et je parle en tant que Président de l’Agence de l’Eau ;

Quand on voit que dans notre région, le nombre de déclarations de catastrophes naturelles a été multiplié annuellement par 3 en 10 ans ;

Quand on sait que niveau de la mer augmente, inexorablement, de 2 à 4 millimètres par an, à l’écluse Tixier, là-bas près de Dunkerque.

   Il y a de quoi être inquiet, voire plus…

Alors « D comme Dynamique »

   Car pour ne pas tomber dans le catastrophisme, il faut réagir, essayer d’avancer et de modifier la marche des choses. Parce que les choses ne peuvent pas être inexorables…

   Et comme je l’ai dit, lors des réunions Rifkin : « Cette dynamique sera collective ou ne sera pas ». En disant collective, je désigne : l’Etat, toutes les collectivités territoriales, les collectivités locales, les forces vives de notre économie et le citoyen, urbain ou rural.

   Et c’est parce que cette dynamique ne peut être que collective que nous vous proposons autant de chef de file qu’il y a d’acteur. Chacun a sa pierre à apporter dans le cadre de cette mobilisation. Région, Départements, communes et EPCI, associations, industriels ou simples citoyens.

   Vous n’avez pas le choix  et nous n’avons pas le choix. Le diagnostic est partagé ; l’urgence devra être assumée par tous.

D comme Distillation

   Rassurez-vous, je ne vais pas vous parler de la fabrication du genièvre de Houlle. Non, je parle de la distillation des idées et des mots.

   En 20 ans, notre lexique s’est fortement enrichi de mots et de locutions qui n’étaient pas dans nos formats : Développement Durable ; Trame verte ; Transition énergétique ; Obsolescence programmée…  Toutes ces notions distillées de façon quotidienne finissent par s’inscrire dans les esprits, puis dans la pensée, et enfin dans les programmes.

   Dans ce domaine-là, plus qu’ailleurs, les mots finissent par forger les idées.

D comme Demain

   S’il y a bien un domaine où nous avons tous un même devoir, nous élus, décideurs et citoyens, c’est bien de préparer l’avenir, de préparer ou réparer la maison de demain et de former les maçons de demain parce que, comme vous  l’avez écrit, « la biodiversité est un bien commun. »

   Avec une évidence : dans le domaine de l’environnement, de l’impact de l’humain sur la nature et sur les futurs possibles, les nouvelles générations apprennent et comprennent beaucoup plus vite que nous.

   D’où les clubs Eden, d’où la sensibilisation à l’environnement, d’où la notion de développement durable…

Et je terminerai par « D comme Durable »

   Parce que les enjeux environnementaux sont peut-être plus aigus, chez nous, dans le Nord-Pas-de-Calais, qu’ailleurs… il nous faut simplement adopter 4 règles essentielles :

Il nous faut reconnaitre un état des lieux, fruit d’une histoire que nous assumons tous ; et il n’est pas brillant, notre état des lieux, mais c’est le nôtre.

Il nous faut afficher clairement la fragilité de nos écosystèmes ;

Il nous faut participer de façon volontariste à la lutte contre le changement climatique ;

Et il nous faut partir à la reconquête de notre biodiversité.

   En conclusion, après ces 9 D, permettez-moi de rappeler

Que le département n’est pas uniquement une collectivité qui fait du social ou de la randonnée. Nous faisons, nous aussi, de la prospective, de l’aménagement et du bien-être

Rappeler que dans le cadre des SRADDT, SRCAE et SRCE, les départements sont incontournables… Parce que, pour certaines choses, les départements représentent le bon niveau de subsidiarité. Pour être franc, nous avions même certains pouvoirs ou compétences qui n’étaient pas mis en œuvre et qui pouvaient être utiles… Dans le cadre d’une certaine idée du Développement Durable, nous avons comblé cette lacune.

 Et pour terminer, sachez que, dans le domaine de l’environnement, du développement durable, de la trame verte, de la lutte contre le changement climatique, nous serons toujours, à vos côtés, des partenaires attentifs, sérieux et volontaristes. Et quand nous ne serons pas à vos côtés, c’est simplement parce que nous serons devant.

   Car nous savons que « La dynamique sera collective pour que, nous l’espérons, la victoire soit, un jour, aussi collective. »

 

Hervé Poher

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17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 18:58

transition-copie-1

Arras, le 13 mai 2013.

   Emmanuel Cau ayant été long, je serai court… Au moins, il a montré qu’il ne manquait pas de motivation et… d’énergie. Mais, justement, avant de vous parler de l’énergie,  j’aimerai vous faire part de ma curiosité et vous faire, à l’occasion, un cours de sémantique ou de linguistique.

   En effet, nous sommes réunis pour parler aujourd’hui de « La transition énergétique : implication des acteurs. »

   Comme je suis un vieux qui veut rester dans le coup, je me suis amusé à taper, sur mon moteur de recherche, certains mots. J’ai d’abord tapé « Transition ».  Eh bien, savez-vous qu’il y a 2 définitions pour le mot transition. Première définition : «  la transition, c’est passer d’un état à un autre. » C’est clair, catégorique et cela a le mérite de ne pas présenter de subtilité. La seconde définition nous dit : « Transition : passage graduel d’un état à un autre ». Comme vous le voyez, c’est plus subtil, plus doux, plus modéré.

   Et je me permets de dire que nos décideurs, les responsables parisiens qui ont voulu ce débat, ont bien joué : en mettant le mot Transition, ils pouvaient satisfaire certains partisans de la ligne dure tout en satisfaisant les adeptes du « passage en douceur ».

   Ensuite, sur mon moteur de recherche, j’ai tapé : Acteur. Là aussi, 2 définitions. On dit que ce sont des mots polysémiques, qui ont 2 sens.

   Tout d’abord, un acteur c’est «  une personne qui joue un rôle essentiel dans une action ». Donc quelqu’un d’incontournable, d’obligatoire. Mais l’autre définition dit : «  Artiste dont la profession est de jouer des rôles. » C’est-à-dire qu’il fait semblant, qu’il parait, qu’il joue la comédie… Là aussi, la première définition est catégorique ; la seconde est plus subtile…

   Donc, quand vous reprenez le sujet de notre journée, « Transition énergétique, implication des acteurs » et que vous avez 2 définitions différentes par mot, vous voyez que le nombre de scénarii est multiple : ou on est volontariste en agissant ; ou on est volontariste en faisant semblant ; ou on est progressif, en agissant ; ou on est progressif en jouant la comédie…. Bref, des scénarii pour contenter tout le monde…

   Or, vous le savez, les scénarii ne sont pas si nombreux et dans le cadre de la crise énergétique, nous n’avons pas beaucoup de choix : il n’y a qu’un seul scénario possible.

   Car il ne faut jamais oublier quelques certitudes :

Certitude du dérèglement climatique. Je ne reviendrai pas dessus ; il suffit de lire les journaux et d’écouter la radio pour savoir que le processus est enclenché, qu’il a une fâcheuse tendance à s’accélérer et qu’il sera de plus en plus difficile de revenir en arrière.

Certitude qu’un jour ou l’autre, nous arriverons aux limites d’exploitation de la terre. On ne sait pas quand, mais on sait que cela arrivera. Même si on utilise des solutions intermédiaires… En ce moment, on va chercher du charbon en Colombie pour faire fonctionner les centrales électriques en Allemagne… Ca ne pourra pas durer, nous le savons.

Certitude que l’énergie sera de plus en plus chère… Et elle l’est déjà, chère. Actuellement, on voit dans le CIAS que j’ai créé, dans ma commune, des couples de retraités qui viennent à l’épicerie sociale, simplement parce qu’ils ne peuvent pas terminer le mois. Tout cela  à cause des factures d’eau et d’énergie. Pour beaucoup d’entre nous, cela peut sembler bizarre. Moi, je fais partie d’une génération qui n’a pas connu ces problèmes : Mes parents, quand ils recevaient leurs factures d’eau et d’électricité, ne les regardaient même pas. C’était tellement peu cher !! Maintenant, ce n’est plus pareil et ce sera de pire en pire.

Certitude que nous sommes à un changement de société, que la société est en mutation. La société de Jules César n’était pas la même que celle de Napoléon III qui, elle-même était différente de celle de Charles-de-Gaulle qui elle-même sera différente de celle de nos enfants. Mais on est sûr d’une chose : l’énergie sera au centre de cette nouvelle société

   Et cette nouvelle société sera faite de quoi ? Elle sera faite de nouvelles productions, nouvelles innovations, nouvelles constructions et nouvelles précautions. Tout sera nouveau et tout sera différent. Nous sommes à un moment de changement sociétal et quand je vous dis : innovations, productions, constructions et précautions… Cela veut dire que tous les pans de la société seront touchés et que tous les composants de la société seront les acteurs de cette révolution. Tous acteurs : industriels, producteurs d’énergie, collectivités, états et citoyens… Tout le monde ensemble… Car cette révolution sera collective.

   Alors, si je voulais être provocateur, la réunion d’aujourd’hui n’a pas de raison d’être : Il y a une révolution ; tout le monde doit être acteur ; tout le monde doit s’impliquer… Et nous n’avons pas le choix.  

 

 

 

 

 

 

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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 18:56

Rifkin lille

Lille le 15 mai 2013.

    « Ce que peut nous apporter Rifkin, à nous, Conseil général du Pas-de-Calais ? »

   C’est bien simple : nous venons consulter un endocrinologue.

   Je m’explique. La société ou la région, c’est comme un organisme vivant, avec ses changements, ses évolutions et ses révolutions. 

   Un être vivant a d’abord une naissance… Et bien souvent la naissance est la pire des épreuves, la plus grande révolution de sa vie. Puis, il va changer, évoluer, se modifier et un enfant de 5 ans n’a rien à voir avec un nouveau-né. Puis il va changer, à nouveau, comme cela jusqu’à une première révolution : la puberté qui est une révolution physique et intellectuelle. Et puis après la puberté, l’être vivant va encore changer pour arriver, après un long moment, à l’andropause… je dis volontairement andropause sinon on m’aurait qualifié de sexiste. Et pour continuer ainsi jusqu’à la fin de sa vie…

   Eh bien notre société est en pleine période de puberté… Je dis puberté car l’andropause à une connotation plus triste : la société est en train de changer, d’évoluer, de se révolutionner… Nous le savons, nous le sentons, nous le voyons… Et parfois, devant une puberté qui peut être agitée, il faut demander l’avis de spécialistes. Et en particulier d’endocrinologues. Bref, nous demandons l’avis de monsieur Rifkin. Mais on sait déjà la réponse qu’il va nous faire. Il va nous dire simplement: « C’est vous qui êtes à côté de l’organisme en pleine puberté ; c’est vous qui le connaissez le mieux ; c’est vous qui devez l’accompagner dans ce moment très spécifique et parfois difficile. Bref, c’est vous qui devez trouver les solutions. » Monsieur Rifkin va nous dire que c’est à nous de trouver les solutions pour notre région. Et nous savons qu’il a raison.

   Et ces solutions-là, je l’ai déjà dit, nous devrons les trouver tous ensemble : la dynamique sera collective ou ne sera pas. Industriels, économistes, collectivités locales et territoriales, citoyens. Tout le monde.

   Et pour ce qui est de nos collectivités, permettez-moi de dire certaines choses… Même si cela ne fera pas plaisir à certains. De par la loi, de par leur fonctionnement, de par l’histoire, nos collectivités territoriales sont de grosses machines, un peu lourdes, avec une force d’inertie importante. Et il faut bien l’avouer, et j’en assume la responsabilité comme les autres, ce n’est pas chez nous que nous sommes le plus inventifs ; nos structures ne sont pas habituées à l’innovation ; nous n’avons pas l’habitude de manier le rêve et de côtoyer l’utopie. C’est peut-être dur, mais c’est une réalité.

   Alors, il faut, sans arrêt, être stimulé, titillé et poussé au mouvement.

   Je vais prendre le cas du département du Pas-de-Calais. Quand les mots de « Développement durable » sont arrivés, le réflexe naturel a été de dire : « C’est quoi ce truc-là ? ». Mais certains ont dit alors : « On ne sait pas, mais nous allons en mettre dans nos politiques. » Nous l’avons fait et petit à petit, le développement durable, l’idée de développement durable, l’inscription du développement durable s’est installée dans nos politiques. Nous avons même fait un Agenda 21 et  le développement durable fait partie de nos réflexes car à force d’utiliser les mots, on finit par changer les esprits.

   Quand il y a eu le lancement du débat sur le changement climatique, certains, chez nous, on dit : « On ne s’occupe pas de ça ! Ce n’est pas de notre compétence et ça va nous emmener on ne sait où ». Nous avons dit : « On y va quand même ! » et nous sommes autour de la table pour discuter du changement climatique. Et dans ce dossier comme dans d’autres, je tiens à remercier la région qui nous associe à certaines dynamiques. Elle n’était pas obligée de le faire.

   Quand la notion de « Trame verte et bleue » est apparue,  on a entendu : « C’est quoi, encore ce nouveau truc ? ». Et puis, au fil du temps, en donnant des avis sur les SCOT et sur les PLU, nous avons commencé à parler de trames vertes et bleues… C’était devenu une évidence. Très naturellement.

   Une dernière chose : n’oubliez pas d’utiliser les intercommunalités comme territoire d’expérience. Elles sont à taille humaine. Dans l’intercommunalité que j’ai présidée, nous avons inventé plein de choses qui ont été reprises par le département.

   Tout cela pour dire que la révolution est proche pour notre société et notre région, mais qu’elle doit s’accompagner d’une révolution intellectuelle pour nos collectivités. C’est inévitable ; c’est incontournable ; c’est indispensable.

   Et nous n’avons pas le choix : nous devons être tous ensemble les acteurs de cette révolution. Je le répète : la dynamique sera collective ou elle ne sera pas !

   Et c’est tous ensemble que nous pourrons réussir cette révolution industrielle, économique, sociale et surtout, comme l’a dit tout à l’heure monsieur Langlet, cette révolution qui doit être avant tout une révolution pour l’humain.      

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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 13:55

Poher Cuvillier

Lille le 07/12/2012 

Toute la matinée, vous avez entendu parler du climat, du changement climatique et de tout ce qui pourrait l’accompagner. Et vous devez avoir une baisse d’énergie… Par hypoglycémie et non pas par rupture de caténaire… aussi je ferai court.

   Mais pour illustrer ce qui a été dit et les problèmes qui se posent aux citoyens, laissez-moi vous livrer trois anecdotes.

Première anecdote. Il arrive, dans cette période que certains fassent les magasins. Et en particulier, les magasins faisant partie d’une grande chaine de bricolage. Je ne cite pas de marque. Et savez-vous ce qu’il y a, dans ces magasins, toujours en tête de gondole, ce qui se vend le plus en ce moment, ce qui est proposé en priorité… Ce sont les boudins de porte. Je suis allé voir… Et c’est incroyable ce que le génie humain peut créer dans la déclinaison des boudins de porte ! Et si les propriétaires de ces magasins les mettent en vente, c’est qu’il y a un marché ! Ils ne sont pas désintéressés… Et si on vend autant de boudins de porte, c’est qu’il y a des fuites d’énergie… A méditer !!

   Deuxième anecdote. Le 3 novembre, au plus fort des inondations, le ministre Frédéric Cuvillier et le Préfet du Pas-de-Calais sont venus à Guînes pour apporter leur soutien à la population. J’ai eu l’honneur de les recevoir et, à un moment, le Préfet m’a demandé : « Monsieur Poher, quel est votre principal problème ? » A ce moment-là, j’ai dit au chauffeur de s’arrêter et j’ai montré au Préfet et au ministre quelque chose de parlant. Nous étions sur le premier banc du marais de Guînes ; il y avait des maisons et entre les maisons, un terrain libre… Une magnifique piscine, avec 40 à 50 centimètres d’eau et des ballots de paille qui flottaient. Et à l’entrée de ce terrain, il y avait un panneau : Terrain à vendre, constructible… Et je n’en suis pas responsable, le marais est constructible depuis le 16ème siècle. Et j’ai dit au Préfet : « Voilà un des  problèmes des élus locaux. »

   Et pour terminer : Depuis ce matin vous entendez parler de SRCAE, SRADDT… Et ce SRCAE et ce SRADT, nous allons, élus et citoyens, les voir traduits dans les SCOT et dans les PLU, et les PLU intercommunaux.

   Et figurez-vous qu’il y a un coin du Pas-de-Calais où on a mis 108 réunions pour sortir un SCOT, qui a reçu, à juste titre, un avis négatif des services de l’Etat et de la Région. C’est normal : dans ce SCOT, 5% de la population consommait 25% des terres que l’on souhaiterait consommées pour toute la région. 108 réunions, avec une ambiance spéciale. J’y étais. C’était un mélange de « le défilé des Thermopiles » avec du « Pearl Harbor » et un peu du « Retour des morts vivants. » Ambiance un peu spéciale où certains, dont j’étais,  disaient qu’il y avait eu le Grenelle, que le SRCAE allait arriver et qu’il fallait arrêter de faire des bêtises et qu’il était plus que temps de réparer nos erreurs d’aménagement du territoire. Je suis aux alentours de Calais et en tant qu’élu, j’ai laissé la péri-urbanisation s’installer de façon anarchique. C’est une erreur. Et les autres disaient qu’ils ne connaissaient pas le SRCAE, que le Grenelle, ils n’y étaient pas et qu’ils voulaient faire ce bon leur semble dans la commune. Bref, ces réunions tournaient au pugilat…

   Oui, c’était un pugilat…

1)      Mais s’il y a eu pugilat, c’est que certains, les raisonnables, ont quand même dit qu’on ne pouvait pas laisser faire n’importe quoi.

2)      Et s’il y a eu pugilat, c’est bien parce que les autres, les non raisonnables, n’avaient pas entendu le message. Et certains ont osé dire qu’ils voulaient garder une certaine façon de gérer le territoire… Pour quelques-uns, gestion par défaut, par lâcheté ou par intérêt électoraliste.

3)      Et s’il y a eu pugilat et que le projet a été retoqué, c’est bien parce que les non raisonnables ont gagné sur les raisonnables.

   Alors cela pourrait être décourageant. Mais non. Messieurs, continuez à réfléchir, à travailler et nous, localement, nous travaillons et nous ferons passer les messages. C’est cela qui est important.

   Et il faut y croire car je vous rappelle que «  De la saine obstination nait la raison et de la répétition nait la compréhension. »

   Bon appétit.

Hervé POHER 

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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 13:52

 

CAP-CLIMAT (1)

Lille le 7/12/2012 

Pour chacun des intervenants, le temps est compté ; et pour le confort de l’auditoire, les redondances ne doivent pas être de mise, si possible… D’autant que beaucoup d’entre vous connaissent bien le sujet du jour : les problèmes environnementaux, les gaz à effet de serre, le dérèglement climatique… Et même, les nouvelles constructions.

   Alors, plutôt que de vous infliger un listing d’actions ou de bonnes intentions départementales, permettez-moi de vous livrer une seule et simple réflexion sur la période que nous vivons… Parce qu’elle est très significative.

   Durant le week-end, sur la plupart des chaines de télévision, vous avez un zapping, c’est-à-dire des extraits de certaines émissions qui auraient pu vous marquer chaque jour de la semaine. Et en fonction de notre rendez-vous d’aujourd’hui, j’ai fait mon propre zapping des 8 derniers jours. Et je l’ai fait sans tricher sur un seul sujet. Je vous le livre.

·         Point n°1 : Depuis plus d’un mois et particulièrement toute la semaine dernière,  l’ensemble des médias, audios ou écrits a parlé de la transition énergétique, de la constitution du comité de pilotage pour mener la réflexion, des avis des uns et des autres sur ce type de démarche, sur le but de cette démarche et sur les acteurs de cette démarche. Je me garderai bien d’émettre un jugement quelconque mais ce qui me semble vraiment important, c’est qu’on en parle, qu’il y ait un vrai débat et qu’on sensibilise la population.

·         Point n°2 : Toujours la semaine dernière, sur un radio d’information nationale, toute une journée a été consacrée aux conséquences sociologiques, politiques et économiques de l’apparition d’un nouveau type de citoyens : le « rurbain », c’est-à-dire ces personnes, ces familles qui ont décidé d’aller habiter à quelques dizaines de kilomètres de la grande ville. Et par l’intermédiaire de flashs de 10 minutes, tout au long de la journée, les spécialistes ont rappelé, disséqué et expliqué le phénomène de la périurbanisation avec ses conséquences sur l’aménagement du territoire, sur le fonctionnement des rurbains, sur les conséquences familiales et financières que la périurbanisation a entrainé. Et, bien entendu, ils ont évoqué les conséquences directes ou indirectes sur l’environnement. Et pour finir, Ils formulaient des préconisations qui, à vrai dire, ne nous sont pas inconnues, le SRCAE étant passé par là. Et, sincèrement, tous ces spécialistes osaient dire des choses qui dérangent un tant soit peu.

·         Point 3 : Le lendemain, plusieurs reportages télévisés étaient ciblés, une fois de plus, sur le problème de la précarité énergétique, et en particulier sur ce processus, de plus en plus courant, qui fait que des personnes vivant à la limite du seuil de pauvreté, basculent dans la précarité uniquement à cause du coût de l’énergie. Quand on est responsable d’un centre d’action sociale ou d’une épicerie sociale, on peut attester que, depuis 3 à 4 ans, le type de public ayant besoin d’aide a évolué. Et le coût de l’énergie y est pour beaucoup.

·         Point 4 : Le jour suivant, c’est la clôture de la conférence de DOHA… Qui ne semble pas être une franche et belle réussite… Comme la conférence de Copenhague. Et de rappeler que les signataires de l’accord, à Doha, ne représentent que 15% des émissions de gaz à effet de serre. Et que, comme d’habitude, les plus gros pollueurs ont refusé de signer.   

·         Point 5 : 24 heures après, on rediffuse sur la 5,  le film de Yan-Arthus Bertrand, « Home »… Et ce film se termine avec une phrase : « En 1 heure, le soleil envoie sur terre autant d’énergie que la terre en consomme en 1 mois. »  

·         Point 6 : on annonce, il y a 48 heures, que le prix du gaz va augmenter de 2,4%... Ce qui fait une augmentation de 80% depuis 2005…

·         Point 7 : Le même jour, j’apprends que la commune où j’habite est classée en catastrophe naturelle parce qu’il est tombé en 5 semaines ce qui tombe, normalement en 9 mois et parce que, au fil des décennies, les gens ont fait un peu n’importe quoi dans l’aménagement du territoire. Et j’en assume aussi toute la responsabilité, étant depuis 20 ans un élu local.

   Alors pourquoi vous avoir parlé de ce zapping. Simplement pour constater

-          Que l’environnement, l’énergie et le changement climatique deviennent, certains diraient « Enfin »… deviennent des sujets de préoccupation sociétale majeure ;

-          Que l’information, la communication et la sensibilisation sont devenus des outils incontournables pour orienter cette troisième révolution industrielle que nous allons vivre ;

-          Qu’on ne pourra pas se passer d’une mobilisation générale : citoyen, collectivités, états, décideurs et usagers ;

-          Et qu’on ne fera pas l’économie d’une remise en cause de beaucoup de nos fondements sociétaux.

   Ce n’est que le 5ème Cap Climat. Je crois qu’il y en aura encore beaucoup d’autres mais le principal, c’est que la volonté soit là et une volonté sans ostracisme et sans égoïsme. Et vous le savez tous, cette volonté-là, celle qui assume et qui avance, cette volonté-là n’est pas forcément la monnaie la plus universelle. Mais le principal, c’est de le savoir et de tout faire pour que ça change.

   C’est bien pour cela que nous sommes ici aujourd’hui. Du moins, je l’espère.

   Merci de votre attention.

Hervé POHER 

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THEMES ABORDES

Hervé Poher             

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Les textes édités correspondent à des lettres, des interventions, des discours écrits ou à des retranscriptions d'enregistrements. Bien entendu, les opinions et options, éditées dans ce blog, n'engagent que l'auteur.   

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