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AVERTISSEMENT:




Nous vous proposons différentes photographies qui n'ont qu'un seul but: vous livrer de belles images du Pas-de-Calais, quelques images du monde et quelques clins d'oeil humoristiques. Ces photos ont été copiées sur le web et restent la propriété des gens de talent qui les ont faites.

ITINERAIRE...

1989

- Election au Conseil Municipal de Guines

1992

- Membre de la liste régionale

1994

- Elu Conseiller Général du Canton de Guînes

1995

- Elu Maire de Guînes

1997

- Elu Président de la Communauté de Communes des Trois-Pays (CCTP)

 - Suppléant du député Dominique Dupilet

1998

- Vice-Président du Conseil Général

- Président d'Eden 62

2000

- Nommé élu référent pour l'Opération Grands Sites des Caps

2001 Réélu

- Maire de Guînes

- Conseiller Général

- Président CCTP

2002

- Suppléant du député Jack Lang

2004

- Membre de la liste régionale

- Elu président du Comité de Bassin de l'Agence de l'eau Artois-Picardie (--> 2014)

2004

- Elu président du Pays de Calais (-->2006)

2005

- Elu président de la Conférence Sanitaire du Littoral (-->2009)

2007

- Suppléant du député Jack Lang

- Démission du poste de maire

2008 Réélu

- Conseiller Général

- Adjoint à Guînes

- Président de CCTP

- Président Agence Eau

2011 Réélu

- VP du Conseil Général

- Président du Comité de Bassin de l’Agence de l’eau

- Membre de la liste sénatoriale

2012 :

- Candidat aux législatives

- Elu Président du Parc Naturel

2013

- Sénateur du Pas-de-Calais 

- Démission de la CCTP

- Démission du CM de Guînes

2014 Réélu

- VP du Conseil général

- Président du Parc

2015

- Arrêt du Conseil Général

- Arrêt  Eden

-Arrêt Parc Naturel

2017

- Arrêt du Sénat

 

PHOTOS

 

Poher (19)      

Poher (7)

Poher (18)     

Andre-et-Gilbert     

Contrat-avenir.jpg   

En-assembl-e.jpg

GB     

Inauguration-Petit-Prince.jpg      

Langelin-maire-honoraire.jpg

election 2007    

Ardres     

Conservatoire 2

Poher herve (6)     

2004 fete de la randonnee    

Bouquehault     

Kluisbergen     

Poher (14)     

tour     

99 Inauguration ADSL

MDR             

repas vieux      

jardin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

21 mai 2020 4 21 /05 /mai /2020 08:15

« Héloïse sait bien que la barbe fleurie

N’est pas le résultat de ce qu’on en dit. »

23/05/2020: Comment les Héloïse sont entrées dans la grande histoire.

Pièce n°9 pour confiné : « De l’utilité d’être manchot. »

Année 800, Aix la Chapelle.

 

LE NARRATEUR :

C’est à Aix la Chapelle, durant l’année huit cent,

Que se passe notre histoire. Depuis trente-deux ans,

Charlemagne règne en maître, sur un énorme empire.

Il voulait réformer…Depuis, on a vu pire !

 

CHARLEMAGNE : ¨

Ministre Héloïse, te voilà donc quand même !

Comme à ton habitude, tu m’amènes des problèmes ?

 

HELOÏSE :

Je n’y peux rien, Seigneur ! C’est votre volonté

De vouloir, à tout prix, créer et réformer.

Dans une société qui est bien installée,

Tous les conservateurs se plaisent à critiquer.

 

CHARLEMAGNE :

La critique est facile, gérer c’est difficile !

Je crois que mon empire est peuplé d’imbéciles.

Ils inventent des histoires, toujours à mon sujet :

Je bois bien trop de vin ! Je suis un débauché !

Et je fais disparaître mes ministres enrhumés !

J’emploie des gens au noir, pour ne pas déclarer !

Je monte même des magouilles avec des usuriers….

Non ! C’est vraiment usant et j’en suis irrité.

La critique des médiocres finit par me lasser

 

HELOÏSE   :

Mais, Seigneur, c’est une chance d’être toujours critiqué.

 « Dites du bien, dites du mal, le tout c’est d’en parler ! »

Et de ce côté-là, vous êtes plutôt gâté.

 

CHARLEMAGNE :

Pour la publicité, je n’ai rien à redire.

On ne parle que de moi au sein de mon empire.

Mais tous ces opposants, aux cerveaux limités,

Commencent à me sortir par les deux trous du nez.

Mais venons-en au fait. Je suis pris par le temps.

Quelgugus, mon barbier, arrive incessamment.

 

HELOÏSE   :

Je serai brève, Seigneur. Juste un rapport succinct

Sur ce qui va très mal et sur ce qui va bien. 

 

CHARLEMAGNE :

Commencez, Héloïse, par les bonnes nouvelles !

 

HELOÏSE   :

Sire Duruc est tombé la tête dans sa poubelle.

 

CHARLEMAGNE :

La poubelle recevra l’ordre de la nation !

 

HELOÏSE   :

Mais Duruc s’est fait mal, il s’est blessé au front !

 

CHARLEMAGNE :

Dans un concours d’idiots, Duruc serait champion.

Et en plus, il est sale comme un vieux chef saxon.

Une ordure comme Duruc blessé par une poubelle,

C’est indéniablement la meilleure des nouvelles.

Ensuite !

 

HELOÏSE   :

……………Dame Gertrude a beaucoup de vapeurs.

Certains disent, méchamment, qu’elle ne sent pas la fleur.

 

CHARLEMAGNE :

Mais, si je comprends bien, elle doit sentir mauvais ?

C’est normal ! Elle ne sait pas comment se laver.

 

HELOÏSE   :

Dernière nouvelle, enfin. Les impôts rentrent bien,

Et surtout la gabelle. Les coffres sont presque pleins.

 

CHARLEMAGNE :

Les gens sont mécontents ?

 

HELOÏSE   :

…………………Bien sûr, c’est un impôt !

 

CHARLEMAGNE :

Mais j’en ai le besoin !

 

HELOÏSE   :

…………………Pour eux, c’est toujours trop !

 

CHARLEMAGNE :

Mais comment peut-on faire, dans ce pays radin

Pour oser des réformes et les mener à bien ?

L’empire est fatigant, avec trop de peuplades.

                                  

HELOÏSE   :

Oui, en diversité, vous avez la pléiade.

 

CHARLEMAGNE :

Héloïse, continue.

 

HELOÏSE   :

……………………..Je me dois, oh Seigneur

De vous alerter sur un risque de malheur.

 

CHARLEMAGNE :

Un malheur ! Qu’est ceci ?

 

HELOÏSE   :

……………………………..Au sujet de l’école

Qu’il nous faut réformer. Déjà du temps des Gaules,

Tous nos prédécesseurs s’y étaient embourbés.

L’école, ça fait sauter les ministres trop zélés.

L’éducation est une spécialité bizarre.

Quand on veut réformer, ça fout un vrai bazar.

 

CHARLEMAGNE :

Mais qui donc ne veut pas de ma carte scolaire ?

 

HELOÏSE   :

Tout le monde la critique…Elle n’a pas l’heur de plaire !

 

CHARLEMAGNE :

Et les nouveaux programmes ! Ça, c’est intelligent !

 

HELOÏSE   :

Ils ne plaisent pas du tout au groupe des enseignants !

Les précepteurs sont contre. Ils disent que, maintenant,

On oublie que la foi, c’est le plus important.

        

CHARLEMAGNE :

La foi ! Et quoi encore ! S’ils continuent comme ça,

Je vais leur imposer l’éducation d’état.

Mais quel est ce pays où, quand on veut changer,

On se heurte toujours au clan des mal lunés.

 

HELOÏSE   :

C’est pas partout pareil ! Seulement l’éducation !

 

CHARLEMAGNE 

Mais je n’accepte pas toutes leurs motivations!

J’ai créé une école, pour aider la culture ;

On y enseigne l’histoire, la foi et la droiture.

J’ai formé tous les gens qui doivent y enseigner ;

Je leur donne des moyens pour qu’ils puissent travailler.

Et quand je parle réforme, ils veulent défiler !

Le bordel intégral, c’est leur spécialité.

Ce pays m’horripile, m’exaspère et m’embête ;

Ce pays est foutu. Héloïse……….. On arrête !

 

HELOÏSE   :

Arrêter quoi, Seigneur ?

 

CHARLEMAGNE :

………………..De vouloir réformer !

Je ne vois pas pourquoi je me fatiguerais !

Puisque le peuple franc est heureux dans sa boue,

Je l’y laisse volontiers et vais planter mes choux.

Mais où est Quelgugus ? Il est bien en retard !

C’est un barbier sérieux…Son absence est bizarre.

 

HELOÏSE   :

Justement, Monseigneur, j’ai une mauvaise nouvelle.

Je n’osais l’annoncer car elle n’est pas de celles

Que vous aimez entendre. Quelgugus n’est pas là

Car, dans un accident, il a perdu ses bras !

 

CHARLEMAGNE :

Non, mais vous déraillez !  Mon barbier préféré !

 

HELOÏSE   :

Hélas, seigneur ! C’est vrai. Alors qu’il s’en venait,

Pour vous raser la barbe, il fut accidenté.

Un chariot plein de bois, conduit par un homme saoul

Le fit trébucher et il passa sous les roues.

 

CHARLEMAGNE :

Quelle horreur ! Le pauvre homme !

 

HELOÏSE   :

 ……………………………..Transporté au palais,

Dans un état critique, il y fut amputé,

Car ses deux bras étaient par trop dilacérés.

 

CHARLEMAGNE :

Mais qui va me raser ? C’était un bon barbier !

 

HELOÏSE   :

Si vous voulez, Seigneur, je veux bien essayer.

 

CHARLEMAGNE :

Pas question, Héloïse ! Vous êtes trop maladroite.

Et ce jour, pour mourir, n’est pas une bonne date !

Ca ferait trop plaisir à tous les précepteurs

Qui espèrent en secret, que m’arrive un malheur.

Si en plus de l’école, vous me tranchez le cou,

Mon destin national restera un peu flou.

 

HELOÏSE   :

Seigneur, je suis peinée d’entendre de tels propos !

 

CHARLEMAGNE :

Ce n’est rien, Héloïse. Je réfléchis tout haut….

Mais je suis embêté. Par qui me faire raser ?

C’est le genre de travail qu’on ne peut pas bâcler.

Dans tout mon entourage, je n’en connais pas un

Qui ait assez d’adresse et un bon tour de main

Pour pouvoir me raser, sans risques pour mon cou.

 

HELOÏSE   :

Le sieur Bertrand DULAC est assez à mon goût.

 

CHARLEMAGNE :

Tous vos libertinages ne m’intéressent pas !

Je n’ai aucune envie d’accéder au trépas.

Alors…. J’ai décidé de ne plus me raser !

Les risques seront moindres…Je serai rassuré !

 

HELOÏSE   :

Mais Seigneur, votre barbe va devenir énorme !

Il faudra bien quelqu’un pour lui donner une forme.

 

CHARLEMAGNE :

C’est comme l’enseignement ! Il ne faut rien toucher.

Même si ça ne va pas, il faut bien l’accepter.

Moins on remue les choses et plus ils sont contents.

C’est pareil pour ma barbe qui poussera longtemps.

 

HELOÏSE   :

Seigneur, vous êtes un sage. Et dans des décennies,

On dira « Charlemagne à la barbe fleurie ».

 

CHARLEMAGNE :

Je ne sais vraiment pas ce qu’on dira de moi ;

Mais pendant des années, ma barbe poussera !

Et comme j’ai décidé d’arrêter les réformes,

On dira : « Charlemagne savait manier les hommes ! »

23/05/2020: Comment les Héloïse sont entrées dans la grande histoire.

EPILOGUE DE : DE L’UTILITE D’ETRE MANCHOT.

 

LE NARRATEUR : 

Eh oui, c’est comme ceci que se construit l’histoire.

Bien sûr, je vous l’accorde, c’est difficile à croire.

Et pourtant, Charlemagne avait la barbe fleurie.

Vous pouvez essayer…ça peut changer la vie.

 

Charlemagne a laissé, pendant de longues années,

Sa barbe s’enrichir et même s’embroussailler.

Ce fut un grand empereur, conquérant, cultivé,

Mais il n’a plus revu le profil d’un barbier.

 

Héloïse, la ministre, après cet épisode,

Voulu continuer, en changeant de méthode

A faire une réforme du groupe des enseignants.

Dans une échoppe de verres, c’était un éléphant !

 

Elle fut donc limogée pour trop d’acharnement.

Charlemagne avait dit : « Il faut prendre le temps,

Le temps de discuter avec nos adversaires.

Et si ça râle, il est urgent de ne rien faire ».

 

Quelgugus, quant à lui, fut un homme honoré.

Il avait tous les droits et toutes libertés.

Ce qu’il avait subi était don du destin ;

C’était comme une idole, avec les bras en moins.

 

Ce qui veut dire, mes chers, que pour pouvoir régner,

Il ne faut surtout pas vouloir tout réformer.

Héloïse a payé pour vouloir tout changer,

Quelgugus fut aimé car il était barbier.

 

Cette histoire un peu folle est pleine d’enseignements :

Si un jour, vous voulez être au gouvernement….

Surtout pas de réformes car adieu les cadeaux !

Faites celui qui se barbe et devenez manchot.

 

23/05/2020: Comment les Héloïse sont entrées dans la grande histoire.

Toutes ces histoires écrites pendant le confinement

Sont réservées, bien sûr, à mes petits-enfants.

Même s’ils sont un peu jeunes pour saisir les tenants,

Ils comprendront tout ça quand ils seront plus grands.

                                                                Papy Poher

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Published by popo - dans contes pour petits
20 mai 2020 3 20 /05 /mai /2020 09:56

« Charlotof découvrit que la célébrité

N’est pas toujours issue d’une langue bien maniée. »

22/05/2020: Comment les Charlotte sont entrées dans la grande histoire

Pièce n° 8 pour confinés : « De l’utilité de zozoter. »

Moscou, année 1917.

 

LE NARRATEUR :

La révolution russe a marqué notre histoire.

Lénine et ses compères construisaient la victoire.

Pour tous les bolcheviques, ce n’était pas aisé

Car le grand chef avait des problèmes pour parler.

 

LENINE :

Camarade Charlotof, toi qui es philosophe,

Il faudrait me prouver que tu as bien l’étoffe

D’une révolutionnaire capable de trouver

Des arguments valables qui pourraient soulever

Un monde martyrisé, voulant se libérer

Du joug des Romanov, tyrans insupportables,

Montrant une arrogance souvent inacceptable,

Qui, grâce à la sueur du peuple des moujiks,

S’enrichissent sur le dos de nos services publics,

Que nous avons bâtis, durant des décennies

Pour la plus grande gloire de notre mère patrie,

Car la Russie se doit d’être le seul étendard

Des peuples qui résistent aux visées des barbares

Qui sont à nos frontières et qui veulent imposer

Des idées d’exploiteur qu’il nous faut condamner,

Car en les acceptant, nous serions des esclaves

De ces dégénérés, d’origine moldave,

Ce qui est impensable pour un libérateur

Qui n’aspire qu’à construire la nation du bonheur.

                 

CHARLOTOF :

Dites-moi, camarade. Sans vouloir vous vexer,

J’ai du mal à comprendre vos phrases alambiquées.

                

LENINE :

 

Oui, je sais, très souvent, on m’a fait remarquer

Que mes phrases sont trop longues et jamais ponctuées,

Déformation pénible que je tire de l’enfance

Et qui fait que j’ai la très fâcheuse tendance

A vouloir terminer avant de commencer,

Ce qui, en politique, pourrait bien me gêner,

Car comme j’ai toujours peur d’oublier mes idées,

Je dis tout d’un seul coup dans des phrases rallongées.

 

CHARLOTOF :

Camarade, je dois dire que c’est la première fois

Que je vois un leader qui parle comme cela.

 

LENINE :

Je vais te raconter pourquoi j’ai cette manie

Résultant d’un défaut compliquant toute ma vie

Car quand j’étais enfant, j’avais un vrai problème

Avec les syllabiques et avec les phonèmes

Que je n'arrivais pas à dire correctement

Donnant à mes paroles des sons incohérents

Ce qui, tu en conviens, peut compliquer la vie.

 

CHARLOTOF :

En terme très savant, on parle de dysphasie !

 

LENINE :

C’est cela, mon amie. Mais en plus, je souffrais

D’un bégaiement tenace et puis, je zozotais.

Mes copains rigolaient et ma mère pleurait,

Voyant que je traînais une image de taré.

 

CHARLOTOF :

Avoir une dysphasie, avec un bégaiement,

Devait être pénible…. Surtout en zozotant !

 

LENINE :

J’en fus traumatisé et bien sûr complexé,

Si bien que mes parents, voulant me faire soigner

M’emmenèrent de force chez un orthophoniste

Qui, de suite, m’obligea à apprendre une liste

De phrases incohérentes et dures à prononcer

Mais qui n’avaient qu’un but : me forcer à parler

En exerçant ma langue à dire des mots idiots,

Tout en reprogrammant les neurones du cerveau,

Qui, en étant sincère, fonctionnèrent beaucoup mieux

Même si, tu peux le voir, mes dires sont ennuyeux.

Et j’ai dû répéter, un bon millier de fois

Des phrases que, bien souvent, je ne comprenais pas,

Mais au bout de quatre ans, je les eus en horreur,

Détestant chaque mot qui faisait mon malheur.

Les effets furent terribles ; j’en devins obsédé

Par ces mots imbéciles, trop souvent répétés.

                 

CHARLOTOF :

Quel genre de phrases était-ce ?

 

LENINE :

 …………………………………. Des bêtises à pleurer !

Je vais te les citer et tu pourras juger.

 « Le roi Eloi n’aboie que trois fois dans le mois »

 

CHARLOTOF :

Et quel en fut l’effet ?

 

LENINE :

 ………………………. Je déteste les rois

Et je ne supporte plus la bidoche qui aboie.

 « La princesse, qui paresse, caresse des fesses d’abbesse »

 

CHARLOTOF :

Je devine les effets !

 

LENINE :

…………………………. J’exècre les princesses,

J’abhorre les abbesses et ne touche pas les fesses.

« Le tsar tartare part tard car César, star notoire,

Gloire des anars, amarre tard son lard de bâtard »

 

CHARLOTOF :

 L’effet est prévisible !

 

LENINE :

…………………….. J’ai en horreur les tsars,

Les anars et les stars. Par contre, j’adore la gloire !

Le lard ne me va pas ! Je mange du pain de mie,

Le bâtard me donnant, une sorte d’allergie.

« La mince junte du prince feinte, évince et rince l’absinthe »

 

CHARLOTOF :

On peut imaginer !

 

LENINE :

 ………………………. Je honnis tous les princes

Et je ne supporte pas les gens qui sont trop minces.

L’absinthe est une boisson qui ne me convient pas,

Et je m’astreins à ne boire que de la vodka

Même si mon médecin, me l’a déconseillé.

 « L’altier potier rentier héritait en entier

De la tune d’une fortune, opportune, en agrumes »

Cette phrase ne se comprend que si on a un rhume.

Elle est trop difficile… Il faut savoir la faire !

 

CHARLOTOF :

 Le résultat sur vous ?

 

LENINE :

 …………………………. La fortune m’exaspère,

Et les potiers m’ennuient. Je hais tous les agrumes

Et si on parle de tune, je vole dans les plumes.

 « Partons, car le patron poltron parle pognon »

 

CHARLOTOF :

C’est presque une évidence !

 

LENINE :

……………………………… Les patrons sont des cons !

Voilà, je t’ai cité quelques phrases imbéciles

Qui font que je ne suis pas toujours très habile

Dans l’élaboration d’un discours bien pensé

Et c’est bien pour cela que je t’ai fait mander

Car tu es philosophe et tu sauras me dire

Ce que je dois trouver pour abattre l’empire.

                     

CHARLOTOF :

Je crois, cher camarade que le travail est fait.

Tu m’as livré, ce soir, tous les principaux traits

Qui feront l’ossature d’une nouvelle politique.

                      

LENINE :

Ah bon ! Où vois-tu ça ?

 

CHARLOTOF :

 ………………………. Il faut que je t’explique.

Tu dois être crédible dans tes orientations.

Il faut que l'on puisse dire "Lénine n'est pas un con !"

Tu dois donc te baser sur toutes les répulsions

Dont tu as hérité de ton éducation.

Il faut d’abord occire l’ensemble des patrons

Qui veulent vous exploiter et gagner du pognon.

Puis il faut interdire les immenses fortunes ;

De même, tu dois proscrire le lard et les agrumes.

Il faudra supprimer le tsar et les princesses 

Et être vigilant sur les fesses des abbesses.

On ne devra jamais consommer de l’absinthe

Et tu décréteras la déchéance des princes ;

Le goulag pour tous ceux qui mangent des steaks tartares,

La stérilisation pour les pères de bâtards ;

Tu feras fusiller les étudiants anars

Car ils ont trop tendance à se prendre pour des stars.

Il faudra enfermer des milliers de rentiers

Et faire décapiter tous ceux qui sont potiers.

 

LENINE :

Cette idée ne sera pas appréciée du peuple.

 

CHARLOTOF :

Un dirigeant ne peut se plier à la meute.

Tu dois être sévère, dur et impitoyable.

Tu dois éradiquer la caste des notables.

Un bolchevique ne doit pas avoir de remords,

Ou s’il en avait un, c’est un bolchevique mort.

                      

LENINE :

Mais j’ai peur d’être pris pour un vrai dictateur ?

 

CHARLOTOF :

Tu en auras la force, le courage et l’honneur.

Tu as été forgé par un orthophoniste

Qui a fait que ta langue et que tes mots existent.

Alors, sois comme tu es… Haïssant les pervers !

Sois pour le peuple russe, un révolutionnaire.

 

LENINE :

Je n’aurais jamais cru qu’en zozotant autant,

J’aurais un tel destin…  En tous cas, c’est parlant.

22/05/2020: Comment les Charlotte sont entrées dans la grande histoire

EPILOGUE DE : DE L’UTILITE DE ZOZOTER.

 

LE NARRATEUR :

Bien sûr, tous les grands hommes n’ont pas le même parcours.

Un destin national se construit, jour à jour

Et il n’est pas courant qu’un trouble orthophonique

Donne les orientations d’une œuvre politique.

 

Pourtant, Lénine avait des troubles de la diction

Qu’il avait soignés par la rééducation.

Cela lui a donné beaucoup d’a priori

Qui ont eu un impact sur toute la Russie.

 

Charlotof fut sacrée « Ame grise du Kremlin ».

Pour tous les bolcheviques, elle montra le chemin

De la révolution et de la vraie justice.

Le peuple peut aimer un boucher qui pratique.

 

Car, quand on veut lutter contre certaines idées,

Il faut savoir tuer et vouloir épurer ;

De tous temps, on l’a fait, sans même le regretter

Sauf quand il a fallu sacrifier les potiers.

 

Dans une révolution, il arrive bien souvent

Qu’on perde des repères et, sans discernement,

On massacre et on viole, au nom du peuple roi.

On ne fait que changer de tyran et de loi.

 

Lénine a pu garder sa façon de parler.

Il faisait des discours aux phrases démesurées.

Le peuple admiratif ne le comprenait pas.

C’est comme ça qu’on invente les critères de la foi.

 

Si un jour vous voulez devenir un leader,

Sachez être violent et maniez les rancœurs ;

Et pour être l’objet de la vénération

D’un peuple, n’usez pas de la ponctuation.

 

Lénine l’avait bien dit : « Un révolutionnaire

Doit avoir un langage qui ne sera pas clair.

Si un peuple comprend le discours d’un tyran,

Il n’aura pas l’envie d’aller plus de l’avant.

Un moujik ne veut pas d’une bonne éducation ;

Le savoir est nuisible à la révolution »

 

22/05/2020: Comment les Charlotte sont entrées dans la grande histoire

Toutes ces histoires écrites pendant le confinement

Sont réservées, bien sûr, à mes petits-enfants.

Même s’ils sont un peu jeunes pour saisir les tenants,

Ils comprendront tout ça quand ils seront plus grands.

                                                                Papy Poher

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19 mai 2020 2 19 /05 /mai /2020 10:20

« Sieur Paulux était bien un petit artisan

Qui mit en évidence l’ingratitude des grands. »

21/05/2020: Comment les Paul sont entrés  dans la grande histoire

Pièce n°7 pour confinés : « De l’utilité d’avoir de grandes oreilles. »

 

Thèbes, 325 avant JC

 

LE NARRATEUR :

En Egypte, trois cent vingt-cinq avant Jésus Christ.

Pour tous, c’est un grand deuil et on prie Osiris ;

Le pharaon est mort. Le guide de la nation

Nous a quitté trop vite : c’était Tout Ankh Amon.

 

CEFALUS :

Mesdames et Messieurs, je vous prie d’excuser

Cette émotivité qui me pousse à pleurer.

Mais le moment est grave, il faut bien l’avouer !

Je vais en quelques mots essayer d’expliquer.

Je m’appelle Céfalus, intendant du palais.

C’est moi qui règle tout ce qui doit être réglé.

Je suis le responsable du palais, de sa vie,

Du bon fonctionnement et des cérémonies.

Mais ce jour est bien triste pour toute la nation,

Car nous venons de perdre le Roi Tout Ankh Amon.

C’était un grand seigneur, puissant et généreux,

Qui chérissait son peuple et adorait les dieux.

Nous l’avons, comme toujours, enseveli avec

Des bijoux, des statues et avec des fruits secs,

Car pour pouvoir aller dans l’au-delà, il doit

Avoir, rien que pour lui, des aliments de choix.

Mais, dans la pyramide, nous avons enfermé

Comme c’est la tradition, les serviteurs zélés.

Mourir avec le Roi, c’est un très grand honneur !

Suivre son pharaon, c’est toujours un bonheur.

 

PAULUX :

Excusez, Céfalus ! Vous m’avez convoqué.

 

CEFALUS :

Peut-être ! Mais qui êtes-vous ?

 

PAULUX :

……………………….Moi, Paulux  de Philae.

 

CEFALUS :

Et que me voulez-vous ?

 

PAULUX :

………………………Je veux être payé.

 

CEFALUS :

Etre payé de quoi ?

 

PAULUX :

 

 …………………Mais d’un travail bien fait !

 

CEFALUS :

Ah, j’y suis ! C’est donc vous, grand organisateur

De la cérémonie qui eut lieu, tout à l’heure.

La foule était venue ; les scribes étaient présents ;

L’ensemble était parfait ! Et j’en suis très content.

 

PAULUX :

Votre grandeur me flatte. Pour un tel événement,

Il fallait bien poser « petits plats dans les grands ».

 

CEFALUS :

Expression très bizarre que je ne connais point !

Cela doit être issu d’un langage plébéien.

Alors, mon cher ami, combien donc vous doit-on ?

 

PAULUX :

J’ai amené la liste…

 

CEFALUS :

…………………….Ah !La note ! Oui, c’est bon !

 

PAULUX :

Ça fera une somme, exprimée en lingots,

De cinquante trois coupes, arrondies au zéro.

Je dois vous signaler, car c’est mon rôle ici,

Que j’ai bien ristourné ; c’est un vrai prix d’ami !

 

CEFALUS :

Nous allons regarder. N’en soyez pas vexé !

Mais un bon intendant recalcule ce qu’il paye.

J’ai toujours pour principe de vérifier les listes.

C’est ce que devraient faire certains de nos ministres.

 

PAULUX :

Vous pouvez contrôler !

 

CEFALUS :

…………………………..C’est ce que je vais faire.

J’espère que votre liste est suffisamment claire.

Alors, vous avez donc, enseveli, là-bas

Quarante beaux miroirs venus de Dolépha ,

Six cent neuf coupelles d’or, des urnes de parfum,

Et trente statuettes à l’effigie d’un chien.

Cinquante jarres d’huile, un monceau de fruits secs,

Trois représentations d’un ibis au long bec,

Une superbe barque et des outres de vin,

Et un coffret rempli de très vieux parchemins.

 

PAULUX :

Ça, ce fut difficile car le coffre était lourd.

 

CEFALUS :

Mais l’argent avancé était votre débours !

Alors, je continue. Vous avez enfermé

Les dix meilleurs soldats de la garde personnelle,

Les cinquante-deux servantes qui étaient les plus belles.

 

PAULUX :

Oui, je n’ai pas compris, pourquoi un tel critère ?

 

CEFALUS :

Pharaon a le droit d’avoir ce qui lui sert !

Pour un si long voyage, au fond de l’horizon,

On ne peut pas, surtout, donner des laiderons !

La présence de ces femmes, qui sont toutes si belles,

Sera, pour Pharaon, un plaisir visuel.

 

PAULUX :

Pour ce qu’il en fera !

 

CEFALUS :

……………………….Mais ne vous trompez pas !

L'esprit de pharaon reste dans l'au-delà

Et il profite encore des plaisirs de la vie.

Pouvoir se parfumer, se mettre dans un lit,

Et pouvoir admirer les plus beaux des atours,

Pouvoir, comme un grand roi, faire se lever le jour.

La mort n’est qu’un passage à nul autre pareil,

Mais ce passage est long quand on est immortel.

 

PAULUX :

Je n’ai pas bien compris !

 

CEFALUS :

…………………………….C’est pas grave, mon ami !

Seuls les gens importants comprennent ce que je dis.

Et je continue donc. En plus de ces vestales,

Vous avez enfermé, toujours dans cette salle,

Le plus vieux précepteur….

 

PAULUX :

…………………….Ce fut très étonnant !

 

CEFALUS :

Non, c’était très logique. Il avait fait son temps !

Il avait enseigné pendant bien trop d'années

Et son enseignement semblait fort démodé.

Ensuite, vous avez mis deux cent onze serviteurs,

Et …Mais, c’est anormal !

 

PAULUX :

…………………………ça y est ! Le malheur !

Il y a dans cette note, un seul chiffre douteux

Et bien évidemment, ça a sauté aux yeux !

 

CEFALUS :

Dites-moi, mon ami ! Mais il nous en manque un !

Ils étaient deux cent douze, si je me souviens bien !

Comment peut-il se faire qu'un serviteur zélé

Ne soit pas notifié comme étant enfermé ?

 

PAULUX :

Je suis bien embêté…

 

CEFALUS :

………………………Qui ne le serait pas ?

 

PAULUX :

Je vais vous expliquer….

 

CEFALUS :

…………………………Oui, je n’attends que ça !

 

PAULUX :

Voilà, c’est un peu bête. Nous avons donc rempli

L’ensemble de la chambre avec ce qui fut dit.

Comme on fait d’habitude et toujours en derniers,

Nous avons fait entrer les serviteurs zélés.

Mais la chambre était pleine ou bien était petite,

Et nous réalisâmes, et cela tout de suite,

Que tous les serviteurs, étant tous intégrés,

Il nous en restait un qu’on ne pouvait caser.

 

CEFALUS 

Mais il fallait bourrer, tasser et l’enfourner !

 

PAULUX :

Nous avons essayé ! Mais ce fut infernal !

Il était trop bizarre, au physique spécial.

 

CEFALUS :

Au physique spécial ?

 

PAULUX :

 ……………………Mais oui, votre grandeur !

Un physique très gênant pour un bon serviteur.

J’en ai déjà connu, mais jamais de pareil !

Il a sur les côtés, de gigantesques oreilles.

 

CEFALUS :

Vous vous foutez de moi !

 

PAULUX :

………………………..Non ! Je n’oserais pas !

C’est pire qu’un éléphant, les voiles en haut du mât,

Plus larges que les portes, plus hautes que l’obélisque.

 

CEFALUS :

Mais mon pauvre Paulux, vous devenez mystique !

 

PAULUX :

On a tout essayé pour pouvoir l’intégrer.

 

CEFALUS :

Mais ces fameuses oreilles, il fallait les couper !

 

PAULUX :

Et on y a pensé ! Mais on n’a pas trouvé

De ciseaux assez grands pour pouvoir charcuter !

 

CEFALUS :

Vous me racontez donc, une histoire incroyable.

Soit c'est une invention, soit vous êtes incapable !

Comment pourrais-je croire, qu’un serviteur zélé

Ait des oreilles si grandes qu’on ne puisse l’enfermer !

 

PAULUX :

 

Sur la tête d’Osiris, c’est la pure vérité !

 

CEFALUS :

Et bien, si c’est comme ça, vous serez moins payé !

Le contrat notifiait un chiffre spécifique.

Et comme il en manque un !

 

PAULUX :

……………..Le reste, c’est pour ma chique !     

21/05/2020: Comment les Paul sont entrés  dans la grande histoire

EPILOGUE DE : DE  L’UTILITE D’AVOIR DE GRANDES OREILLES

 

LE NARRATEUR :

Vous semblez ahuris, voire même dubitatifs.

Notre propos n’est pas ni fantasque, ni poussif !

Ce qui vient d’être dit, et ça, non romancé

N’est le reflet que de l’étonnante vérité.

 

D’ailleurs, il est noté, chez la perfide Albion,

Que le secret de la tombe de Tout Ankh Amon

Ne serait révélé et livré aux lecteurs

Que si l’histoire rendait hommage au serviteur.

 

Nous le faisons ce soir. Sisdepic, c’est son nom,

Avait toujours voulu servir pour Pharaon.

Il travailla beaucoup, se donnant au labeur ;

Il voulait intégrer le groupe des serviteurs.

 

Il y est parvenu, malgré son handicap :

Il avait sur la tête comme des omoplates,

Des oreilles gigantesques, plus grosses que des choux-fleurs,

Et pour les nettoyer, il lui fallait des heures.

 

Ses oreilles l’ont sauvé ! Elles étaient bien trop grandes

Pour pouvoir faire partie de la fameuse offrande.

Avec le pharaon, il devait de mourir,

Mais, grâce à ses oreilles, il préserva l’avenir.

 

Comme quoi, même un défaut qui doit vous ennuyer,

Peut vous sauver la vie et être un beau trophée.

Sisdepic s’exila du coté de Marseille

Et devint musicien, car il avait l’oreille.

 

Cefalus refusa de payer la facture.

Paulux prétexta qu’il avait été pur,

Qu’il était commerçant et bien connu à Thèbes,

Et qu’il était le seul à faire les pompes funèbres.

 

Rien n’y fit ! Cefalus resta intransigeant.

C ‘est ce qu’il faut bien faire, vis à vis de ces gens

Qui profitent trop vite du désarroi ambiant

En vendant, clefs en main, le plus bel enterrement.

 

La mort est un commerce et le fut de tout temps !

Même chez les pharaons, les rapaces ont des dents !

Oui, mais en attendant que la mort vous appelle,

Montrez comme un emblème vos énormes oreilles !

21/05/2020: Comment les Paul sont entrés  dans la grande histoire

Toutes ces histoires écrites pendant le confinement

Sont réservées, bien sûr, à mes petits-enfants.

Même s’ils sont un peu jeunes pour saisir les tenants,

Ils comprendront tout ça quand ils seront plus grands.

                                                                Papy Poher

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18 mai 2020 1 18 /05 /mai /2020 10:13

« Margautis aurait bien voulu changer l’histoire

Mais Homère n’avait pas très envie de la croire. »

20/05/2020: Comment les Margaux sont entrées  dans la grande histoire.

Pièce n°6  pour confinés : « De l’utilité d’être dur d’oreille. »

Athènes, en l’An 850 avant JC

 

LE NARRATEUR :

Tout prés d’Athènes….Huit cent cinquante avant notre ère.

Nous allons voir comment, le dénommé Homère

A conçu l’Odyssée. Il était dur d’oreille….

Mais ce lourd handicap fait parfois des merveilles.

 

MARGAUTIS :

Homère ! Où est Homère ? Il faut que je le vois !

Ce que je viens d’apprendre me laisse encore baba.

Il faut absolument que je puisse lui narrer

Cet incroyable scoop que les augures ont fait.

Cela va chambouler ses critères de la gloire

Et va pousser Homère à modifier l’histoire

D’un Ulysse qui n’est pas, tout ce que l’on disait.

Et Homère va devoir transformer l’Odyssée.

Homère, Ah, te voilà !

 

HOMERE:

…………………….Qu’est ceci? Qui va là ?

Je ne vois plus bien clair, punition d’Athéna,

Et depuis quelques temps, malgré mon ORL,

J’ai une fâcheuse tendance à être dur d’oreille.

 

MARGAUTIS:

C’est moi ! Tu me connais ! Car je suis Margautis,

La fille qui a gagné le grand concours des miss.

Je suis la dernière fille du maçon Abélatre.

 

HOMERE:

Oui, c’est vrai, dans le temps, j’étais un peu bellâtre. 

 

MARGAUTIS:

 Je n’ai pas dit cela! Tu as très mal compris !

Oui, je sais que tu as de gros problèmes d’ouïe.

Le vieil augure m’a dit, il y a quelques jours :

 « Méfie-toi car Homère devient un peu trop sourd. »

Mais il m’est impossible de ne pas te narrer

L’incroyable découverte qui vient d’être annoncée.

On vient de retrouver, en creusant une tombe,

Le testament d’Ulysse …Et c’est une vraie bombe !

 

HOMERE:

Pourquoi veux-tu que je me fasse teinter en blonde?

 

MARGAUTIS:

Non, ce n’est pas cela, mais tout le pays sait

Qu’Homère doit inventer l’Iliade et l’Odyssée.

Ecoute, c’est passionnant ! Tu vas devoir revoir

Tous les aboutissants de ta fameuse histoire……..

Ulysse était tout seul, au milieu de la mer,

Isolé sur une île, et ne savait que faire.

 

HOMERE:

Mais pourquoi avait-il des poids et des altères?

 

MARGAUTIS:

Pour calmer Athéna, il tua un dindon………

 

HOMERE:

C’est une vraie crapule, ce Dieu Poséidon!

C’est un type pas réglo ; il est même un peu fourbe.

Il est capable de tout, même de voler ma gourde.

 

MARGAUTIS:

Après le sacrifice, en scrutant l’horizon,

Ulysse se dit « Où vais-je ? Car telle est ma question ? »

 

HOMERE:

Mais non ! Ce n’est pas ça ! Pas Télémaquestion !

Son nom est Télémaque, je sais que j’ai raison !

 

MARGAUTIS:

Comme il faisait fort chaud, il trouva un chapeau……..

                   

HOMERE:

A quoi ça peut servir de trouer des rideaux ?

Avec de la jugeote, on fabrique un radeau.

Ça, c’est une bonne idée : se construire un radeau!

 

MARGAUTIS:

C’est ce qu’il fit après, en coupant des troncs d’arbres.

Et il tissa une voile avec ses poils de barbe.

C’était très ingénieux car Ulysse n’est pas sot!

 

HOMERE:

C’est vrai qu’elle est sexy, la môme Calypso !

Elle le sait, cette chienne… Son charme ira très loin.

 

MARGAUTIS:

Et pour se sustenter, il fit rôtir un chien ………

 

HOMERE:

Pourquoi avait-il peur d’avoir des acariens ?  

Tu as du mal comprendre. D’après mes souvenirs

C’est chez les Phéaciens qu’il manqua de mourir.

 

MARGAUTIS:

Pour se faire un couteau, il aiguisa un os………….

 

HOMERE:

Elle s’appelle Nausicaa, c’est la fille d’Alcinoos!

 

MARGAUTIS:

Et il pria Eole, car il voulait partir………..

 

HOMERE:

C’était une pouffiasse, poussée par son désir !

Cette histoire est connue depuis la nuit des temps,

Et le sexe est toujours motifs d’égarements.

 

MARGAUTIS:

Eole lui répondit:” Conduis donc toi en homme”

 

HOMERE:

Ça, c’est une pratique du pays de Sodome ?

Pourtant, je le croyais au pays des Cicones.

 

MARGAUTIS:

Ulysse, un peu perdu mais bouillonnant de rage……….

 

HOMERE:

Ce n’est pas le moment de plonger à la plage !

D’autant qu’il me souvient, qu’il n’aimait pas la nage.

Ce n’est pas comme les gens du peuple des Lotophages!

 

MARGAUTIS

Ne voyant pas comment résoudre son problème………..

 

HOMERE:

C’est sûr, contre le soleil, un badigeon de crème….

Sinon la peau vieillit et on attrape des cloques.

N’était-il pas sur l’île de ce fameux cyclope ?

 

MARGAUTIS:

De partir au plus vite, il croyait faire son deuil……..

 

HOMERE:

Non ! C’est avec un pieu qu’il lui a crevé l’œil !

 

MARGAUTIS:

Et pourtant, il voulait, simplement s’en aller !...........

 

HOMERE:

S’empaler sur un pieu ! Qu’elle mouche l’a donc piqué ?

Il aurait mieux valu essayer de filer

Car Polyphème était, totalement enivré.

 

MARGAUTIS:

Son radeau était là, sur le bord du lagon…………

 

HOMERE:

Comment ça il voulait acheter un beau caleçon!

Je commence à douter de ta compréhension !

En vrai, il arriva sur l’île des Lestrygons !

 

MARGAUTIS:

Et un jour, il se dit : «  Je dois me décider »………….

 

HOMERE:

Mais elle a tous les vices, la fameuse Circé !

 

MARGAUTIS:

Alors, plein de courage, il tira le radeau…………..

 

HOMERE:

Non, c’est invraisemblable ! Encore des rideaux ?

Qu’elle est l’utilité ? C’est vraiment un blaireau !

D’autant qu’ils furent, alors, transformés en pourceaux !

 

MARGAUTIS:

Et il partit confiant, au plus loin de la mer………

 

HOMERE:

Il faut bien éviter les plaisirs de la chair

Sinon on peut sombrer dans les bouches de l’Enfer.

 

MARGAUTIS:

Après une tempête, il retrouva la terre.

Il erra quelques jours, allant de-ci, de-là,

Cherchant, à chaque instant, de quoi faire un repas.

Un soir, il s’endormit dans un champ de luzerne……….

 

HOMERE:

Ne jamais écouter le beau chant des sirènes.

 

MARGAUTIS:

Puis, une fois réveillé, il ne resta pas là

 

HOMERE:

Je ne vois pas Ulysse marcher en youpala !

Ce n’est plus de son âge, d’autant qu’il arriva

Dans les pays étranges de Charybde et Scylla!

 

MARGAUTIS:

Quand il avait fort soif, il buvait l’eau des flaques…………..

 

HOMERE:

Retourne à sa baraque ? Mais non, c’était Ithaque.

 

MARGAUTIS:

Et pour pouvoir manger, il se mit à chasser………..

 

HOMERE:

Manger des échassiers ?.....Il était chez Eumée.

 

MARGAUTIS:

Se dirigeant toujours vers le soleil levant …………..

 

HOMERE:

Avoir une rage de dents, pour lui, c’est désolant !

Ça peut nous affaiblir, ce n’est pas le moment,

Car il doit corriger tous les vils prétendants !

 

MARGAUTIS:

Il finit par trouver les portes de la cité…………

 

HOMERE:

Ce n’est pas le moment de vouloir uriner!

 

MARGAUTIS:

Et un jour de marché, il ouvrit une échoppe.

 

HOMERE:

Oui! C’est ça son prénom! Sa femme, c’est Pénélope !

 

MARGAUTIS:

Et devint commerçant, spécialiste en bijoux

 

HOMERE:

Pourquoi avait-elle peur d’attraper le mildiou ?

Je ne comprends pas bien. C’est quand même un peu fou !

Elle a toujours été fidèle à son époux !

 

MARGAUTIS:

Sa vie se termina, comme un simple marchand.

 

HOMERE:

J’ai tout enregistré avec discernement.

 

MARGAUTIS:

Non, ce n’est pas possible! Mais tu n’as rien compris !

J’ai tout fait pour que soient évités les ennuis.

Je viens de t’annoncer qu’Ulysse n’avait jamais

Accompli toutes les choses que tu veux raconter.

                  

HOMERE:

Oui, je te remercie. Tout ça vient confirmer

Que j’ai de bonnes raisons d’inventer l’Odyssée.

                   

MARGAUTIS:

Mais cette histoire d’Ulysse n’a rien de bien réel.

 

HOMERE:

Je m’en vais à Athènes pour voir un ORL.

20/05/2020: Comment les Margaux sont entrées  dans la grande histoire.

EPILOGUE DE : DE L’UTILITE D’ETRE DUR D’OREILLE.

 

LE NARRATEUR : 

Et oui, heureusement qu’Homère entendait mal !

Car dire la vérité est, peut-être normal,

Mais pour pouvoir créer une si belle épopée,

Il vaut mieux s’éloigner de la réalité.

 

Ulysse n’avait pas eu d’aventures remarquables.

Il s’était échoué, un beau jour, sur le sable

D’une île, près de la Grèce, pays de ses désirs.

Bien sûr, il s’employa à tout faire pour partir.

 

Grâce à un grand radeau et poussé par le vent,

Il mit le pied, bien vite, sur ce cher continent.

Margautis l’a bien dit : il devint un marchand

Et ne fut plus jamais ce roi resplendissant.

 

Homère n’a pas compris le déroulement des choses.

Ou il n’a pas voulu comprendre…C’est autre chose !

Il est parfois utile, pour pouvoir inventer

D’être un peu dur d’oreille, ça peut toujours aider.

 

Pour pouvoir faire rêver en créant des légendes,

Il faut interpréter l’histoire et ses offrandes.

Car si on se limite à une réalité,

La belle légende sera sans pulsions ni attraits.

 

Bien sûr, si on faisait une véritable enquête

Sur le voyage d’Ulysse, on se sentirait bête.

Il n’a pas fait tout ce qui nous est raconté.

Mais le plus important, c’est qu’il a fait rêver.

 

Alors, ne cherchez pas toujours la vérité !

Homère l’a bien compris et il l’a appliqué.

C’est pas beau de mentir et nous sommes bien d’accord,

Mais travestir un peu, ça fait rêver encore.

20/05/2020: Comment les Margaux sont entrées  dans la grande histoire.

Toutes ces histoires écrites pendant le confinement

Sont réservées, bien sûr, à mes petits-enfants.

Même s’ils sont un peu jeunes pour saisir les tenants,

Ils comprendront tout ça quand ils seront plus grands.

                                                                Papy Poher

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17 mai 2020 7 17 /05 /mai /2020 18:36

« Apolline travaillait chez un très grand savant

Et la science, grâce à elle, fit un pas en avant. »

19/05/2020: Comment les Apolline sont entrées dans la grande histoire

Pièce n°5 pour confinés : « De l’utilité d’être sale. »

Syracuse, année 237 avant Jésus Christ.

 

LE NARRATEUR :

C’est en deux cent trente sept, avant l’ère chrétienne,

Tout prés de Syracuse, que se déroule la scène.

Archimède, le savant, n’avait aucune notion

Du processus de la saponification. 

 

ARCHIMEDE :

Apolline, que faites-vous ? Je vous sens agitée.

Je ne vois pas pourquoi vous êtes si énervée.

Et une vie d’expériences m’a appris que les femmes

Qui sont trop excitées, peuvent provoquer un drame.

 

APOLLINE :

Mais c’est bien votre faute ! Vous êtes insupportable !

Etre votre boniche est une fonction pendable !

Je suis une faible femme qui ne peut pas tout faire

Et je réclame pour moi un vrai droit d’inventaire.

Les machos, y’en a marre ! Vous êtes des exploiteurs.

Les mâles n’ont jamais su apprécier leur bonheur.

 

ARCHIMEDE :

Mais qu’ai-je donc encore fait ?

 

APOLLINE :

………………………………….Pas plus que d’habitude !

Mais sûrement pas moins ! Vous êtes ma turpitude.

                       

ARCHIMEDE :

Calmez-vous Apolline ! Je ne vois pas pourquoi

Vous vous traumatisez !

 

APOLLINE   :

………………………….. ..Ah ! Il ne le voit pas !

Vous êtes comme tous les hommes, un monstre d’égoïsme

Ou alors, c’est plus grave…C’est bien du crétinisme !

Depuis plus de vingt ans, je m’occupe de vous,

Je suis plus qu’une servante, je suis une vraie nounou.

Je m’occupe de la bouffe, du linge, de la maison,

Et vous n’avez jamais de considération.

Les femmes ont bien le droit de sentir le respect

Pour tout leur dévouement et le travail bien fait.

Mais, vous croyez, peut-être, que le sexe féminin

N’aime pas les mercis ? Vous n’êtes pas très malin !

 

ARCHIMEDE :

Apolline, chère amie ! Vous êtes, pour moi, une mère.

Si vous n’étiez pas là, ma vie serait austère.

Tous mes bons souvenirs sont attachés à vous.

Mais un savant comme moi, n’a pas les yeux à tout.

Et je dois reconnaître que votre aide m’est précieuse.

Et je suis désolé de vous voir malheureuse.

 

APOLLINE :

Si je suis importante, vous pourriez faire quand même

Un minimum d’efforts pour régler les problèmes.

 

ARCHIMEDE :

Des problèmes ? Je les traite par les mathématiques.

Et j’ai des jouissances qui sont purement psychiques.

 

APOLLINE :

Mais la vie n’est pas faite uniquement de calculs !

Vous ne pensez qu’à ça…Cela est ridicule.

Ce n’est pas le mental qui peut nourrir son homme

Sauf si votre cerveau se contente de pommes !

On n'est pas du même monde et pour vous, c'est pratique

Et quand nous protestons, on nous traite d’hystériques.

Vous prétextez toujours les charges du travail

Disant que pour les femmes, la fatigue est normale.

Mais je vais inventer un groupe original

Qui sera le garant de mon droit syndical.

 

ARCHIMEDE :

Et que sera le but de ce groupe de femelles ?

 

APOLLINE :

Changer les fondements de la vie actuelle !

Nous réclamons les droits les plus élémentaires :

Le droit de travailler ou même de ne rien faire,

Le droit d’avoir accès à l’épanouissement,

Le droit de décider quand on veut des enfants…

Bref, nous voulons les droits que nous ont pris les hommes.

 

ARCHIMEDE :

Et vous appellerez ça : féminisme…en somme.

 

APOLLINE  :

Ça, c’est une bonne idée ! En tous cas, nous serons,

Pour les mâles dominants, des nouveaux aiguillons !

 

ARCHIMEDE :

Mais pour qu’un groupe existe, il vous faut un programme.

 

APOLLINE  :

Bien sûr, mais nous l’avons : c’est défendre les femmes.

 

ARCHIMEDE :

Ce programme est léger et sans grande consistance.

 

APOLLINE :

Vous auriez préféré qu’on garde le silence ?

 

ARCHIMEDE :

Je ne comprends pas bien pourquoi une telle colère.

Toutes les femmes sont choyées, on fait tout pour leur plaire.

Nous travaillons très dur pour nourrir nos enfants,

Les hommes ont toujours su porter le dévouement

Jusqu’à se sacrifier.

 

APOLLINE :

……………………….Vous voulez rigoler?

L’homme est un être abject, incapable de penser

Que la vie d’une famille, c’est aussi le dîner,

La lessive, le ménage, les enfants à soigner,

Les courses et la vaisselle…. Tout ça, c’est pour bibi !

 

ARCHIMEDE :

Mais qu’ai-je à voir avec cette affreuse litanie ?

 

APOLLINE  :

Vous êtes pire que les autres car vous vous dites savant !

Vous êtes un bordélique et ce qui est rageant

C’est que vous trouvez ça tout à fait naturel.

Je n’ai jamais connu un fainéant pareil !

En plus, vous êtes très sale et vous sentez mauvais.

 

ARCHIMEDE :

Apolline, sincèrement, là vous exagérez !

 

APOLLINE :

Mais c’est la vérité ! Vous êtes un vrai crasseux.

 

ARCHIMEDE :

L’eau n’est pas ce que j’aime.

 

APOLLINE :

……………………………….C’est déjà un aveux !

 

ARCHIMEDE :

Mais mon refus de l’eau est purement scientifique.

Se laver trop souvent serait peu bénéfique.

La peau n’est pas conçue pour être décapée

Par des produits bizarres qui sont mal tolérés.

Le sébum a toujours été une protection ;

Et il est bien prouvé que la transpiration

Permettait de mouiller tous les pores de la peau.

Pourquoi donc se laver ? C’est bien plus écolo

De baigner dans sa crasse.

 

APOLLINE :

…………………………….Vous êtes insupportable!

 Je rends mon tablier !

 

ARCHIMEDE :

……………………..Soyez donc raisonnable!

 

APOLLINE :

Je suis bien décidée. Avoir servi vingt ans,

Sans repos, ni congés, travaillant tout le temps

Chez un ours mal léché, me dégoûte à jamais

Des hommes et du ménage.

 

ARCHIMEDE :

…………………………Apolline, s’il vous plait,

Ne soyez pas hargneuse. J’ai tant besoin de vous.

Je cède à vos désirs.

 

APOLLINE :

……………………….Et vous cédez sur tout?

 

ARCHIMEDE :

J’essaierai de tenir le maximum de choses.

 

APOLLINE :

Vous avez intérêt, sinon, je vous explose !

Vous allez commencer par aller prendre un bain !

Et avec du savon

 

ARCHIMEDE :

 …………………Vous voulez donc ma fin ?

Ce sera un supplice, je risque d’en mourir !

 

APOLLINE :

Vous aviez dit que vous vouliez me faire plaisir.

 

ARCHIMEDE :

Mais ça, c’est inhumain…Une descente aux enfers !

 

APOLLINE :

Si vous refusez ça, je retourne chez ma mère.

 

ARCHIMEDE :

Mais votre mère est morte depuis plus de quinze ans !

 

APOLLINE :

 Mais je vous interdis de critiquer Maman !

 

ARCHIMEDE :

Je ne critique pas ! Je dis qu’elle est partie.

 

APOLLINE :

Je l’avais toujours dit…Vous êtes vraiment pourri !

Vous servir de ma mère pour faire un tel chantage,

C’est comme si vous m’aviez fait subir un outrage.

 

ARCHIMEDE :

Pardonnez, Apolline, de cette maladresse.

Et comme je vous ai fait une vague promesse,

Je vous confirme, ici, que je prendrai demain,

Ce que vous exigez…… c’est à dire un bon bain.

Mais à une condition : Je veux bien me laver

Mais sans aucun savon……. J’ai peur de me gratter.

 

APOLLINE :

Si cela peut aider à vous faire prendre un bain,

Je veux bien l’accepter…c’est toujours mieux que rien.

 

ARCHIMEDE :

Et puis un autre vœu ; je voudrais m’amuser

Pendant le temps du bain, avec tous mes jouets,

Mes bateaux, mes canards et tous mes trucs en bois…

Tous ces petits objets qui viennent de mon papa…

S’il vous plait ! Apolline….

 

APOLLINE :

 ……………………………..Si vous le désirez.

Moi qui rêve de parler comme une femme libérée,

Je pense, très honnêtement, que je suis mal barrée.

Les hommes ont bien compris comment nous faire flancher,

Car si les grands savants s’amusent comme des bébés,

Le réflexe féminin sera de materner.

 

19/05/2020: Comment les Apolline sont entrées dans la grande histoire

 

EPILOGUE DE : DE L’UTILITE D’ETRE SALE.

 

LE NARRATEUR:

Archimède était sale, tout le monde le savait.

Sa crasse était, pour lui, le meilleur tablier.

Il avait en horreur toutes les sortes de savons

Et le principe de la saponification.

 

Pourtant, le lendemain, respectant sa promesse,

Il prit un bain complet, mais troublé par le stress,

Il oublia dans l’eau, les jouets qu’il aimait.

Et dans le cas présent, le hasard a bien fait.

 

Car c’est en sortant de la fameuse baignoire

Qu’il eut comme un réflexe. En se penchant pour voir

Où étaient son canard, ses cubes et ses bateaux,

Il eut l’idée de les enfoncer plus, dans l’eau.

 

Son cerveau s’éclaira…Le principe était né.

Archimède est depuis, un savant vénéré.

Ce principe, qui n’est pas uniquement physique,

A eu des conséquences qui nous sont bien pratiques.

 

Apolline, quant à elle, fonda un syndicat

Pour les femmes rebelles qui ne se soumettent pas.

Elles voulaient ne plus être de vulgaires quidams ;

Ce groupe a pris ce nom : Encore Dignes les Femmes.

 

Les meetings d’EDF étaient très électriques

Mais leur programme était un peu trop éclectique.

Elles voulaient tout en vrac : ne plus faire la vaisselle,

Ne plus faire les courses et moins de bagatelle,

Avoir le droit de vote, pouvoir gagner des sous,

Et en plus, exigeaient de faire pipi debout.

 

Bref, elles contestaient tout ce qui les opprimait.

Elles voulaient qu’on leur donne, enfin, l’égalité.

Ces revendications furent, bien sûr écoutées

Mais elles mirent quelques siècles avant d’être appliquées.

 

Leur combat fut tellement l’image de l’énergie,

Que le nom d’EDF fit de nombreux petits.

Comme quoi, même pour les femmes qui veulent la parité,

Le meilleur des atouts, c’est de bien patienter.

 

Quant à notre savant, qui se voulait crasseux,

Il faut bien reconnaître qu’il a été chanceux :

Sans un canard en bois qui ne s’enfonçait pas,

Nous n’aurions jamais eu ce célèbre… « Euréka ».

 

19/05/2020: Comment les Apolline sont entrées dans la grande histoire

Toutes ces histoires écrites pendant le confinement

Sont réservées, bien sûr, à mes petits-enfants.

Même s’ils sont un peu jeunes pour saisir les tenants,

Ils comprendront tout ça quand ils seront plus grands.

                                                                Papy Poher

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17 mai 2020 7 17 /05 /mai /2020 15:09

« Mathilde était Marquise et férue de culture

Mais face au roi Soleil, la partie fut bien dure. »

18/05/2020: Comment les Mathilde sont entrées  dans la grande histoire

Pièce n°4 pour confinés : « De l’utilité d’être incompréhensible. »

Paris, An 1665

 

LE NARRATEUR :

L’année mille six cent soixante-cinq, à Paris.

Louis, le quatorzième, roi des plus érudit,

Décide de créer un très grand festival.

Et une pauvre Marquise se croyait impartiale… !

 

LOUIS XIV :

Bonjour, je suis le roi, le maître des merveilles.

On m’appelle Majesté ; certains me nomment Soleil.

Ma modestie en souffre, mais je suis conciliant. 

Et ce titre un peu fort …… Ca fait plaisir aux gens.

Je suis un vrai esthète, aimant tous les beaux-arts,

La musique, le théâtre et même le billard.

Mon siècle sera connu, comme celui des artistes.

 Et c’est modestement que je vous y invite.

 

MATHILDE :

Majesté, me voilà !

 

LOUIS XIV :

…………………..C’est pas trop tôt, Marquise !

 

MATHILDE :

Majesté, circuler dans Paris à sa guise

N’est pas chose facile. Tous ces embouteillages

Nous compliquent la vie. Voyez, je suis en nage !

 

LOUIS XIV :

Oui, je sais, chère Marquise, car un grand roi sait tout.

Pourtant, c’est les vacances ; on est en plein mois d’Août.

Nos très chers parisiens sont partis dans les champs

Pour voir les provinciaux et nourrir les manants.

 

MATHILDE :   

Mais c’est là, justement que se pose un problème !

J’en parlais, tout à l’heure avec Madame la Reine.

Les parisiens ont tous besoin de s’aérer ;

Notre ville est fort sale et bien trop polluée.

Ils partent donc en carrosse, en voiture ou à pieds.

Et pour tous ceux qui restent, la ville est libérée.    

 

LOUIS XIV :

Ah ! Paris libéré !

 

MATHILDE :   

……………..Mais pas pour cette année !

En effet, Majesté, vous avez eu l’idée

De faire un festival pour tous les comédiens.

Et l’objectif visé est largement atteint !

La plupart des théâtres jouent à guichet fermé.

Eh bien, figurez-vous, je vais vous étonner !

Car tous les spectateurs nous viennent de la province.                             

 

LOUIS XIV :

C’est pas bien ?

 

MATHILDE :    :

…………….Si ! Pour nous le profit n’est pas mince !

Mais comme les provinciaux sont arrivés en vague,

La ville est asphyxiée par des embouteillages.

 

LOUIS XIV :

Interdisons Paris à tous les provinciaux !

 

MATHILDE :   

Je pense, Majesté, que c’est encore trop tôt.

Il faut laisser aux autres, les notables et les maires

Le choix de ces mesures par trop impopulaires.

Et il faut être bon. Nos pauvres provinciaux

Sont des analphabètes et dont le bas niveau

Ne peut se relever, qu’en fréquentant Paris.

 

LOUIS XIV :

Je crois que vous avez de la jugeote, pardi.

 Mais vous disiez, tantôt, que pour le festival

La foule était venue comme dans un carnaval ?

 

MATHILDE :   

En effet, Majesté ! C’est un énorme succès.

Toutes les salles sont pleines et les gens débordés.

 

LOUIS XIV :

Vous, la grande spécialiste de la culture en vrac

Donnez-moi votre avis sur les plus beaux spectacles.

Molière doit être heureux.

 

MATHILDE :   

……………………….S’il se contente de peu !

 

LOUIS XIV :

Et pourquoi cet avis ?

 

MATHILDE :   

……………………….C’est plutôt un aveux !

 

LOUIS XIV :

Qu’est-ce à dire ?

 

MATHILDE :   

……………….Soyons franc, Molière ne me plait pas

 

LOUIS XIV :

Molière est un auteur que personne n’égalera !

Pourquoi le mépriser ?

 

MATHILDE :   

………………….Il est trop populaire !

Il passe sa vie à faire une chose et son envers.

Et tous ces personnages, trop caricaturaux

N’ont aucun intérêt dans de tels scénarios.

 

LOUIS XIV :

Je ne vous comprends pas !

 

MATHILDE :   

……………………..Mais où est le message ?

Il faut transcender l’âme par l’aura de l’image.

Quand une introspection est quasiment biblique

L’amour arrive à tout, mais deviendra cosmique.

Il est très important de maintenir ce lien !

 

LOUIS XIV :

Sans vouloir vous vexer, moi, je n’y entends rien !

 

MATHILDE :   

Mais votre Majesté, pour moi, c’est évident

Car le fil de l’histoire nous oriente sur le temps.

Sentir la force instable d’une métaphore sublime,

Trouver la liaison phare d’un sentiment ultime,

Voilà ce qui nous pousse vers un peu plus d’extase.

 

LOUIS XIV :

Je veux bien ! En tous cas, j’ai pas compris la phrase !

 

MATHILDE :   

Une pièce doit être un moment d’obsession,

Comme un souffle d’enfer, détruisant la passion.

Le cas subliminal d’un comédien muet

Nous amène à sentir le principe du passé.

 

LOUIS XIV :

Dites-moi, ma chère Marquise ….. Ça vous arrive souvent ?

Je suis inquiet pour vous !  J’appelle mon chambellan !

Il faut que les médecins vous tapotent les tempes !

 

MATHILDE :   

Mais, votre Majesté, je suis très bien portante.

 

LOUIS XIV :

Alors, expliquez-moi ce tout nouveau langage.

 

MATHILDE :   

C’est celui qu’on emploie pour rester à la page.

Tous les gens qui se targuent de faire de la culture

Discourent comme je le fais….

 

LOUIS XIV :

……………………………….Et ce n’est pas trop dur ?

 

MATHILDE :  

La faille de l’être intime, au-devant du soleil

Met bien en évidence les limites du ciel.

Et c’est la symphonie qui peut nous mettre en transe.

 

LOUIS XIV :

Ça y est ! C’est parti ! Voilà qu’elle recommence !

 

MATHILDE :   

Mais, votre Majesté, si vous voulez comprendre

Admirer, adhérer et surtout bien entendre

Tout ce que le théâtre, dans sa forme la plus pure

Peut vous émerveiller…..

 

LOUIS XIV :

………………………..Et c’est ça, la culture ?

 

MATHILDE :   

Majesté, je vous sens un tantinet rebelle.

 

LOUIS XIV :

C’est normal quand j’entends des âneries pareilles !

Vous me parlez culture et je ne comprends rien.

Quand vous usez d’un terme, je ne sais d’où il vient.

Avouez, chère Marquise, que même les provinciaux

Doivent, en vous entendant, vous traiter de BO-BO !

 

MATHILDE :   

Majesté, je m’excuse. J’ai été bien trop loin.

 

LOUIS XIV :

C’est d’accord, chère Marquise, mais n’y revenez point !

Les pièces de Molière, au festival, c’est….

 

MATHILDE

…………………………………………Off !

 

LOUIS XIV :

Festival off ? Serait-ce encore un nouveau terme ?

 

MATHILDE :   

Une onomatopée qui me vient de la ferme ;

Les serfs l’utilisent pour dire que ce n’est rien.

Ce terme fait partie du langage très commun.

 

LOUIS XIV :

Quand je parle de Molière, vous me répondez off !

Serait-ce à dire, Marquise, qu’il n’a pas bien l’étoffe

Pour être le premier de tous mes comédiens ?

 

MATHILDE :   

On aime ou on n’aime pas ! A chacun son chagrin !

 

LOUIS XIV :

Mais je vais m’énerver ! Vous me rendez furieux !

Vous avez inventé un langage soyeux

Qui vous donne l’air fringant…intello…cultureux 

Et qui est réservé à des gens trop précieux

Mais qui ne veut rien dire ou dire si peu de chose

Qu’on en oublie, parfois, ce qu’est vraiment la prose.

Vous n'aimez pas Molière et Molière vous le rend !

Molière est mon auteur et je suis son servant !

Alors, vous préférez les spectacles modernes 

Avec ce charabia qui nous donne des cernes !

 

MATHILDE :   

Mais, votre Majesté, vous devez être conscient

Qu’il faut savoir user du langage de son temps.

 

LOUIS XIV :

Si être de mon temps, c’est devoir divaguer

Comme un de mes soudards un peu trop aviné ...

S’il faut pour être compris par mes loyaux sujets

Que je répète cent fois tous ces mots compliqués !

Alors, moi je dis non. Trois fois non à tous ceux

Qui font de la culture et se prennent au sérieux !

Votre langue imbécile ne mérite que ma lame.

Molière est un génie ! C’est moi qui le proclame !     

 

 

18/05/2020: Comment les Mathilde sont entrées  dans la grande histoire
EPILOGUE DE :  DE L’UTILITE D’ETRE INCOMPREHENSIBLE

 

LE NARRATEUR :   

S’il y a dans cette salle beaucoup de parisiens,

Je tiens à préciser que je n’y suis pour rien !

L’auteur a voulu être, dans son délire verbal

Un peu trop incisif, voire caricatural.

 

Quoique pour être honnête, beaucoup de « parigots »

Ont tendance à toiser la province de haut !

Tout ce qui ne vient pas du centre de Paris,

Est pour ces intellos, éminemment petit.

 

Et pour tous ces gens-là, la province serait bien

Un lieu de randonnée et une réserve d’indiens.

Encore faudrait-il que tous ces champions en thème

N’oublient pas que Paris, en France, n’est qu’un cinquième.

 

Et s’il y a dans la salle, beaucoup de provinciaux,

Je tiens à préciser que la province, c’est beau !

N’ayez pas de complexes ! Vous êtes bien plus heureux

Que tous ces franciliens qui ont un teint terreux !

 

Si vos enfants ne peuvent aller dans ces lycées

Tant connus et prisés par des bo-bo branchés,

Ne vous inquiétez pas ! Le bénéfice est mince ;

Beaucoup de nos grands hommes venaient de la province.

 

Et pour les cultureux, ceux qui connaissent tout,

Qui pensent que la culture vole au-dessus de nous,

Qu’ils fassent très attention car le public est fier !

La critique est comprise quand le langage est clair.

 

Vanter ce qui est IN, toujours vouloir choquer,

Dénigrer le classique pour sembler innover,

Vouloir philosopher dans un langage abscons,

Ca ne rend pas plus fort…mais ça vous rend très con !

 

Les critiques parisiens, ceux qui décident tout,

Et qui pensent, de bonne foi, que le classique c’est mou,

Devraient bien se méfier, car pour faire la culture

Il faut un vrai public et qui s’amuse…c’est sûr.

 

Mais le bon roi Louis n’a jamais bien compris

Le langage cultureux d’une élite avertie.

Tant mieux pour le théâtre, tant mieux pour l’avenir !

Molière nous a laissé des moments de plaisir.

 

18/05/2020: Comment les Mathilde sont entrées  dans la grande histoire

Toutes ces histoires écrites pendant le confinement

Sont réservées, bien sûr, à mes petits-enfants.

Même s’ils sont un peu jeunes pour saisir les tenants,

Ils comprendront tout ça quand ils seront plus grands.

                                                                Papy Poher

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16 mai 2020 6 16 /05 /mai /2020 14:34

« Louise était une louve qui s’est trop dévouée

Et l’histoire lui a pris les enfants qu’elle aimait. »

17/05/2020: Comment Louise, la louve italienne, est entrée dans la grande histoire

Pièce n°3 pour confinés : « De l’utilité d’avoir de l’eczéma. »

Italie, 773 avant Jésus Christ.

 

LE NARRATEUR :

En sept cent soixante treize, juste avant Jésus Christ

Dans une région perdue, au centre de l’Italie,

Une louve dépitée vint à la LPA :

Ligua Protectionem  Lupus Animalia.

 

LE HIBOU :

Greffier, faites donc entrer le dernier des plaignants.                  

Pour pouvoir l’écouter, il me reste peu de temps.

La justice a besoin, pour pouvoir s’exprimer

D’un minimum de temps…  Or, je dois m’en aller.

 

LE HERISSON :

La plaignante est une louve qui vient des Sept Collines

 

LE HIBOU :

Dites-moi, chère madame, quel problème vous taquine ?

Essayez de faire vite car la nuit va tomber

Et pour un noctambule, c’est l’heure d’aller voler.

 

LOUISE, LA LOUVE :

Vous êtes un vrai hibou, car pour la langue de bois,

Vous êtes bien le champion du mot qui ne va pas !

Taquiner est un verbe qui semble bien trop doux,

Car je suis en furie, prête à mordre partout.

Mon taux d’adrénaline est monté au zénith !

 

LE HIBOU :

Expliquez, calmement, tout ce qui vous irrite.

Mais faites-le tout de suite car je suis très pressé.

Un juge, même un hibou, ne peut pas traînasser.

 

LOUISE, LA LOUVE :

Ce n’est pas une colère, c’est une folie furieuse !

Je viens vous dénoncer une injustice odieuse.

J’espère que vous saurez vous montrer juste et bon.

 

LE HIBOU :

Si j’en crois les pratiques, telle est bien ma fonction.

Mais ne vous perdez pas dans trop d’explications.

Allez tout droit au but ! Je fais bien attention.

 

LOUISE, LA LOUVE :

Voilà, je vais vous dire les causes de mon courroux.

Je suis une vieille louve, au caractère très doux,

Qui a toujours vécu là-bas dans le Latium.

La meute que je menais, fréquentait peu les hommes.

                       

LE HIBOU :

Ce n’était pas plus mal, car les hommes sont râleurs.

En plus, ils n’ont jamais une bonne notion de l’heure.          

 

LOUISE, LA LOUVE :

Dites-moi, cette manie de toujours minuter….

Dans votre profession, ça pourrait vous gêner ?

                       

LE HIBOU :

Madame, j’ai l’expérience et je sais être juste.

La justice peut se rendre en quatre ou cinq minutes.

Les gens se font toujours des idées erronées

Sur tous les artifices dont nous devons user.

L’instruction d’un dossier n’est pas si compliquée ;

Parfois même, il suffit d’avoir un peu de nez.

 

LOUISE, LA LOUVE :

Vous voulez me faire croire que les choses sont bâclées !

 

LE HIBOU :

Je n’ai pas dit cela ! Mais pour vous parler vrai,

La machine de justice peut parfois se gripper.

Les juges trop tatillons perdent, bien souvent, du temps

A chercher des indices qui n’en sont pas vraiment.

C'est ce que le public appelle "Chercher des poux"

Pour l’efficacité, on choisit des hiboux.

Mais si nous en venions à ce qui vous amène.

Vous avez commencé à parler d’un problème ?

 

LOUISE, LA LOUVE :

Je disais donc, hibou, qu’il y a des années,

J’étais une simple louve occupée à garder

Mes petits louveteaux ; j’étais une mère comblée.

Mais un jour de printemps, au détour d’un chemin,

Nous tombâmes sur un groupe de cinq ou six humains.

Une femelle pleurait et un mâle la grondait.

Par terre, étaient assis deux superbes bébés.

 

LE HIBOU :

Mais que venaient donc faire ces humains, sur vos terres ?

 

LOUISE, LA LOUVE :

En les observant bien, la chose devint très claire.

Ils venaient, en famille, pour raison de santé.

 

LE HIBOU : Pour raison de santé ?

 

LOUISE, LA LOUVE :

………………………Oui, car pour les bébés,

Il leur fallait trouver un traitement spécial,

Traitement, sans nul doute, des plus original.

Ces bébés, qui étaient de véritables jumeaux,

Présentaient, tous les deux, une maladie de peau.

Leurs corps étaient couverts d’un terrible eczéma…

Même à mon pire ennemi, je ne le souhaite pas.

Leur peau était couverte de croûtes et de macules.

Et comme ils se grattaient, ils avaient des pustules.

Et la peau arrachée saignait à qui mieux mieux.

Un œdème des paupières leur clôturait les yeux.

Bref, c’était une horreur et ces pauvres enfants

Pleuraient en permanence, toujours en se grattant.

                                            

LE HIBOU :

L’eczéma est connu comme une sale maladie

Qui est invalidante et empoisonne la vie.

Mais je ne comprends pas ce qu’ils venaient chercher

Comme remède spécifique, au fin fond d’une forêt.

                      

LOUISE, LA LOUVE :

Le remède, c’était moi !

 

LE HIBOU :

………………………… Vous n’êtes qu’un animal !

 

LOUISE, LA LOUVE :

Justement, c’était une prescription médicale.

La faculté a dit qu’il fallait les baigner

Et les nourrir matin et soir, avec du lait.

Et le lait de la louve, c’est connu, est meilleur.

                       

LE HIBOU :

Pourriez-vous écourter car je vois tourner l’heure.

 

LOUISE, LA LOUVE :

Les parents sont partis, en laissant les bébés…. 

Et moi, en voyant ça, je fus scandalisée.

Comment une maman, qui soit digne de ce nom,

Peut-elle abandonner ces deux petits garçons ?

 

LE HIBOU :

Les hommes sont inhumains, pire que des animaux !

Oser abandonner des enfants…. Quels salauds !

 

LOUISE, LA LOUVE :

N’écoutant que mon cœur, je les ai emmenés

Et je les ai gardés, les nourrissant de lait

Comme pour mes petits loups. Ils ont beaucoup aimé !

Et cela a duré pendant dix-huit années.

 

LE HIBOU :

Et pour leur eczéma ?

 

LOUISE, LA LOUVE :

 ……………………..Il disparut bien vite.

Mon lait s’est avéré une vraie thérapeutique.

Au bout de quelques mois, la peau redevint rose,

                       

LE HIBOU :

Mais pour votre colère, il y a bien une cause ?

 

LOUISE, LA LOUVE :

Justement, j’y arrive ! Je les ai élevés

Comme si c’était des loups….Je les ai adoptés.

Ils ont grandi bien vite, c’était de beaux garçons.

Et le chef de la meute leur donnait des leçons.

Ils chassaient comme des loups, courraient plus vite que nous

Leur repas préféré était du vieil hibou,

Plumé et macéré dans de l’huile d’olivier.

 

LE HIBOU :

Madame, je vous en prie ! Je ne peux cautionner

De tels agissements. Le hibou n’est pas fait

Pour servir d’aliment !

 

LOUISE, LA LOUVE :

 ………………………En tous cas, ils aimaient !

 

LE HIBOU :

Madame, je suis outré. C’est bien la première fois,

Qu’on me dit que l’on mange les gardiens de la loi.

 

LOUISE, LA LOUVE :

Justement, ils ont dit, en ayant fondé Rome,

Que la justice avait, toujours, nourri son homme.

 

LE HIBOU :

C’était une boutade ! Du moins, je veux le croire.

Bouffer de la justice, c’est trop blasphématoire.

Mais terminez l’histoire.

 

LOUISE, LA LOUVE :

 ………………………….Il y a quelques mois,

Des hommes sont arrivés et sont venus chez moi.

Ils ont pris les enfants que j’avais élevés.

D’après ce qui est dit, dans le livre sacré

Ces deux gamins devaient être les fondateurs

D’une ville rayonnante et qui serait le cœur

D’un grand empire romain.

 

LE HIBOU :

……………………………..Vous n’en savez pas plus ?

 

LOUISE, LA LOUVE :

Ils les ont appelés : Romulus et Remus.

 

LE HIBOU :

Cela ne me dit pas pourquoi vous fulminez ?

 

LOUISE, LA LOUVE :

Mais ces deux grands garçons que j’avais adoptés

M’ont été retirés……. On me les a volés !

Pour moi, c’était tout comme mes petits louveteaux.

Ils étaient si gentils, si féroces et si beaux.

J’étais une vraie nourrice, aimante et si fidèle,

Que les loups m’appelaient : l’assistante maternelle.

Alors, je suis outrée de voir le peu de cas

Que ces voleurs d’enfants, ont osé faire de moi.

Je suis une vraie mère, qui a fait son devoir

Et ce rapt d’enfants me pousse au désespoir.

                       

LE HIBOU :

Madame, il se fait tard. Je vais donc résumer

L’objet de la demande. Vous avez élevé

Deux enfants très humains, mais que vous adoriez.

Il y a quelques temps, les deux furent kidnappés.

Vous voulez donc saisir le hibou que je suis,

Pour que justice soit faite. Ai-je bien tout suivi ?

 

LOUISE, LA LOUVE :

C’est exact et il faut, au plus vite, me venger.

 

LE HIBOU :

Mais, Madame, la justice n’est jamais fort pressée !

17/05/2020: Comment Louise, la louve italienne, est entrée dans la grande histoire

EPILOGUE DE : DE L’UTILITE D’AVOIR DE L’ECZEMA.

 

LE NARRATEUR :

La justice a souvent été très critiquée,

Parfois avec raisons, il faut le concéder.

Chacun de nous connaît des cas où les juges n’ont

Pas su bien nous convaincre qu’ils sont des hommes d’action.

 

Le hibou n’a jamais fait la moindre instruction.

Pour lui, la louve n’avait pas tout à fait raison.

Elever des humains, n’était pas naturel…..

Pourtant la louve était assistante maternelle.

 

Ce qui est très injuste, et cela j’en conviens,

C’est bien l’indifférence qu’ont montrée les humains.

Ils auraient pu, quand même, être reconnaissants

Avec cet animal qui fut une vraie maman.

 

La louve a transformé ces deux bambins en hommes

Romulus et Remus furent fondateurs de Rome.

L’histoire est incomplète car elle ne signale pas

Le facteur essentiel que fut cet eczéma.

 

Alors, n’oubliez pas que les démangeaisons,

Sont des preuves objectives d’une tendance à l’action.

Celui qui est couvert de pustules et de croûtes,

Sera un bâtisseur, il n’y a aucun doute.

 

Quant à vous, qui voulez que la justice soit claire,

Perdez vos illusions, sans être trop sévère.

La justice se devrait d’avoir de l’humanisme,

Mais elle doit s’adapter souvent au réalisme.

 

Car en matière de loi, les juges sont obligés

D’être des serviteurs de notre société.

On dit que la justice est parfois imparfaite,

Mais c’est la société qui perd souvent la tête.

 

Qu’un hommage soit rendu à ces femmes d’exception

Qui sont de vraies mamans, mais par procuration.

Qu’un hommage soit rendu à tous ces hommes de loi

Qui veulent que la justice n’épargne pas les rois.

 

Et honte à ceux qui croient qu’ils peuvent y échapper,

Car quand on crache en l’air……La gueule va se mouiller !

Et tant pis pour tous ceux qui ne reconnaissent pas

Que les grands de ce monde ont tous de l’eczéma.

 

17/05/2020: Comment Louise, la louve italienne, est entrée dans la grande histoire

Toutes ces histoires écrites pendant le confinement

Sont réservées, bien sûr, à mes petits-enfants.

Même s’ils sont un peu jeunes pour saisir les tenants,

Ils comprendront tout ça quand ils seront plus grands.

                                                                Papy Poher

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15 mai 2020 5 15 /05 /mai /2020 18:45

« Victor était très fier d’être un bon helvétique

Mais il devint célèbre en étant alcoolique. » 

16/05/2020: Comment les Victor sont entrés dans  la grande histoire.

Pièce n°2 pour confinés : « De l’utilité d’être alcoolique. »

Berne, année 1905 

 

LE NARRATEUR

« C’est en mille neuf cent cinq qu’un tout jeune allemand

Qui allait devenir un des plus grands savants

S’énerva un peu trop contre un appariteur

Qui trouvait dans l’alcool des raisons de bonheur. »

 

EINSTEIN :

Non, ce n’est pas possible ! Dites-moi que je rêve !

Je sens que mon cerveau s’englue dans un malaise !

Mon avenir est foutu…Je suis déshonoré.

Après une telle erreur, je suis comme cisaillé.

La mort sera plus douce que la honte où je suis

Et plus rien ne pourrait m’attacher à la vie.

 

VICTOR :

Bonjour, Monsieur Einstein……. Vous n’avez pas l’air bien ?

N’auriez-vous pas envie d’un petit verre de vin.

 

EINSTEIN :

Non, mon pauvre Victor, je crois que c’est la fin.

Je vais agoniser, ici, seul comme un chien.

 

VICTOR :

Dans ces cas-là, je pense qu’une rasade de cognac

Peut vous remettre en place quand vous êtes patraque.

Pourquoi parler de fin ? Vous n’avez pourtant pas

L’aspect d’un moribond qui marche vers le trépas !

 

EINSTEIN :

Pour ceux qui vont mourir, l’aspect importe peu

Et je te laisse le soin de me fermer les yeux !

Mon ami, tu seras pour ce dernier moment,

L’unique dépositaire de mon seul testament.

Je te confie ma femme, ma paire de lunettes,

Mon chapeau tyrolien et mes plus vieilles chaussettes,

Mon vélo à trois roues, ma tondeuse à gazon,

La machine à café et ma pelle à charbon,

Mes ciseaux à bouts ronds pour les poils des oreilles,

Une édition d’« Alice aux pays des merveilles ».

En bref, je te laisse tout…Tout ce que j’aimais bien.

Là où je vais aller, je n’ai besoin de rien.

 

VICTOR :

Allez, il ne faut pas vous sentir dépressif !

Quand on réfléchit trop, cela devient nocif….

D’abord, je dois vous dire que vous êtes fort gentil,

 Mais je n’ai pas besoin de tout votre fouillis.

Moi, je suis passionné par les grands crus d’Alsace.

Ma cave en est remplie et je n’ai plus de place.

 

EINSTEIN :

 Même pour un beau vélo ?

 

VICTOR

 

…………………………Mais que pourrais-je faire

D’un vélo à trois roues…

 

EINSTEIN :

………………………….Mais il est tout en fer !

 

VICTOR :

Et alors ! Je n’ai pas le sens de l’équilibre !

Pour moi, monter sur un vélo est impossible.

 

EINSTEIN :

Forcé, mon cher Victor ! Car tu es souvent saoul !

La boisson est néfaste pour se tenir debout

Tu commences le matin et tu finis le soir.

Et les gens ironisent, car tu es toujours…. noir.

 

VICTOR :

Ne soyez pas méchant, vous devez me comprendre.

Ma femme m’a quitté pour un mari plus tendre,

Mon chien a la pelade et je prends du bidon….

Et pour me consoler, j’abuse de la boisson !

On va boire un bon coup, ça va vous réchauffer.

L’alcool permet souvent de se décontracter.

 

EINSTEIN :

 Mais comment veux-tu que je puisse boire quelque chose ?

 

VICTOR :

Mais avec du pinard, on voit la vie en rose !

 Mon père disait toujours que le jus de la treille

Etait le seul moyen pour que ma mère soit belle.

Alors, vous essayez ?

 

EINSTEIN :

 ……………………….Je n’en ai pas envie.

 

VICTOR :

 Mais pour boire un bon vin, nul n’a besoin d’envie !

 

EINSTEIN :

Tu as, mon cher ami, une forte propension

A trouver des raisons qui poussent à la boisson

 Je n’ai pas ce penchant, je suis un buveur d’eau.

 

VICTOR :

Je l’aurai deviné………Vous n’êtes pas rigolo !

Et là, je suis à jeun !

 

EINSTEIN :

 ……………………...Mais c’est encore heureux !

Il est juste dix heures et il serait honteux

Que tu sois déjà saoul. De toute façon, ceci

Nous éloigne un peu trop de mes propres soucis.

 

VICTOR :

Mais quels sont ces soucis ?

 

EINSTEIN 

:……………………………Je suis déshonoré.

Je crois que la planète, entière, va se gausser.

Moi qui étais connu comme un savant notoire,

Je n’ai qu’une solution…..Devenir un clochard 

Ou bien de disparaitre. Je suis trop ridicule

Pour rester un savant ….Tout ça pour un calcul

Que j’ai très mal transmis à une revue sérieuse.

Je vais traîner, à vie, une infamie affreuse.

 

VICTOR :

Mais vous êtes dépressif ! Moi, je vais vous soigner

Pour retrouver la pêche, rien ne vaut le rosé.

 

EINSTEIN :

Mais tu vas m’énerver avec tous tes remèdes !

Je suis désespéré et même avec ton aide,

Il sera impossible de rester comme avant.

 

VICTOR :

Mais personne ne conteste que vous êtes très savant.

Vous inventez des trucs que j’ai jamais appris.

Par contre, où je suis fort, c’est en œnologie.

 

EINSTEIN :

 Inventer n’a de sens que si on est connu.

Et pour moi, l’avenir me semble un peu foutu.

Jamais, je ne pensais chuter sur une bêtise.

Et ma célébrité n’est vraiment plus de mise.

 

VICTOR :

Dites-moi donc ce qui vous préoccupe à ce point ?

 

EINSTEIN :

Te rappelles-tu ce jour, qui n’est pas si lointain,

Où j’ai eu, brusquement une illumination.

J’avais enfin trouvé les termes de l’équation

Qui nous aurait permis d’avoir, à tout jamais,

De l’énergie facile….C’est E = M C.

J’étais sûr de mon coup car j’étais inspiré……

Je devais, au plus vite, la faire publier.

Hélas, quand j’ai ouvert cette fameuse revue,

J’ai cru que je souffrais d’un accès de berlue.

Je voyais imprimé, juste là, sous mes yeux,

Une formule inconnue : E= MC2

Je ne sais pas comment j’ai fait une telle erreur.

Une faute d’inattention a causé mon malheur ;

 Comment ai-je pu ainsi rater une transcription ?

Je n’ai plus qu’à périr en buvant du poison.

                     

VICTOR :

Monsieur Einstein, vous me voyez très embêté.

Je crois que je me dois de tout vous avouer.

Le soir où vous avez trouvé votre équation,

Vous étiez éneré, bien plus que de raison.

Alors, pour vous calmer, je vous ai conseillé

 D’aller vous aérer……ce que vous avez fait.

 

EINSTEIN 

Bien sûr, je m’en souviens. J’étais devenu fou !

Et vous, mon cher Victor……. Vous étiez un peu saoul.

 

VICTOR :

Je dois le reconnaître. Cela m’arrive souvent.

Mais j’ai trop de soucis, …

 

 EINSTEIN :

…………………………Oui, je sais, c’est navrant.

 

VICTOR :

Alors, comme vous n’étiez plus présent au labo,

J’ai voulu être utile ….

 

EINSTEIN :

 ………………………J’ai peur de vos propos !

 

VICTOR :

C’est moi qui ai voulu recopier la formule.

Mais comme je la voyais dans une forme ridicule….

 

EINSTEIN :

Mais que voulez-vous dire ?

 

VICTOR :  

 :………………………….Je voyais tout en double !

 

EINSTEIN :

Bien sûr, vous étiez paf !

 

VICTOR :     

…………………………..Comprenez donc mon trouble

Je voyais bien EE= MMCC.

Et en plus, mes lunettes avaient les verres cassés.

Comme cela me semblait un tantinet bizarre,

J’ai voulu rectifier, en mettant au hasard,

Une formule bâtarde…..

 

EINSTEIN :

 …………………….Mais c’est mon équation !

 

VICTOR :

Moi, j’ai fait pour un bien …..Je n’ai pas eu raison ?

 

EINSTEIN :

Je sens que je vais vous arracher les deux yeux !

Saboter ma formule, mais c’est un crime odieux !

 L’avenir est écrit.Après avoir pleuré,

 Je vais, sans état d’âme, user d’un pistolet.

 

VICTOR :

 Pourquoi un pistolet ?

 

EINSTEIN :

………………………Mais pour vous trucider !

 

VICTOR :

Allez, monsieur Einstein, vous dramatisez tout !

On va tout arranger, en buvant un bon coup.

 Les formules, ça se changent…ça peut s’améliorer !

C’est comme une bonne bouteille….

 

EINSTEIN :

……………………………………Vous êtes vraiment fêlé !

Mais comment voulez-vous, que dans quelques années,

On puisse dire qu’un savant, qui avait des idées,

A pondu des calculs ne tenant pas debout,

Tout ça parce qu’il avait un appariteur saoul !

 

VICTOR :

Allez, il ne faut pas, toujours dramatiser !

On va tout arranger ! L’alcool, ça vous remet.

 

 

16/05/2020: Comment les Victor sont entrés dans  la grande histoire.

EPILOGUE DE : DE L’UTILITE D’ETRE ALCOOLIQUE.

 

LE NARRATEUR :

L’histoire est bien cocasse, surtout quand vous savez

Que l’équation d’Einstein, ce E=MC,

N’était pas la formule qu’il fallait conserver.

Comme quoi, parfois, l’alcool a d’excellents effets.

 

L’appariteur a su, en changeant les données,

Trouver la vraie syntaxe. Il fallait y penser.

Et vous avez appris, car vous étiez sérieux

Que la formule était E=MC2.

 

Einstein s’était trompé dans son raisonnement.

Ce n’est pas très facile de bien tenir son rang

Quand on est un savant que tout le monde admire,

Mais rester inconnu peut parfois sembler pire.

 

Malgré son désespoir, Einstein se consola

Mais pendant quelques jours, il but de la vodka.

Quand il fut dessaoulé, il reprit ses calculs

Et se sentit, d’un coup, totalement ridicule.

 

En effet, la formule qui était modifiée

S’est avérée la bonne ….. Il en fut mortifié.

Le plus injuste fut que le brave alcoolique

Ne fut pas vénéré comme un vrai scientifique.

 

Et pourtant, c’est l’alcool qui a tout provoqué :

La vision dédoublée d’un bonhomme aviné

A permis à la science d’avancer d’un grand pas.

Et la plupart des gens ne le soupçonne pas.

 

Pourtant dans notre monde, les gens qui ont tendance

A se saouler beaucoup, ont bien souvent la chance

D’avoir des intuitions qui vont tout chambouler

Et tous les bons savants ont l’esprit embrumé.

 

Alors, un bon conseil pour tous ces étudiants

Qui rêvent de devenir le plus grand des savants :

Entraînez-vous à boire ! Cela peut vous servir.

Un foie comme une éponge est un gage d’avenir.

16/05/2020: Comment les Victor sont entrés dans  la grande histoire.

Toutes ces histoires écrites pendant le confinement

Sont réservées, bien sûr, à mes petits-enfants.

Même s’ils sont un peu jeunes pour saisir les tenants,

Ils comprendront tout ça quand ils seront plus grands.

                                                                Papy Poher

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15 mai 2020 5 15 /05 /mai /2020 08:49

« Le prénom d’Alexandre viendrait d’Alexandrus ;

Fouillons un peu l’histoire afin d’en savoir plus. »

 

 

 

 

 

15/05/2020: Comment les Alexandre sont entrés dans la grande histoire.

 

 

Pièce n°1 pour confinés : " De l’utilité d’être difforme"

Océan pacifique, Année 630.

 

LE NARRATEUR :

 En l’année six cent trente, sur une île perdue,

Vivait une peuplade, totalement inconnue.                           

 Les gens de cet îlot étaient, tous, consanguins…                                   

Ce qui les affublait d’un physique bien vilain.

 

L’ANIMATEUR :

 Mesdames et Messieurs, un très sincère bonsoir.                               

Vous êtes venus nombreux pour écouter et voir                              

Nos deux grands candidats au poste de youkou,                              

Le youkou étant l’homme qui décide de tout.                               

Nous avons donc, ce soir, la chance de recevoir                            

Les deux chefs de tribus, candidats au perchoir.                           

Monsieur Alexandrus, leader des Grandes Oreilles,                           

Parti qui ne veut pas lâcher un peu d’oseille.                                

Monsieur Sordutipi, leader des Gros Bidons,                            

Qui, lui, est pour piquer un peu plus de pognon.                           

Je tiens à rappeler les règles de ce débat :                            

Il vous est interdit de jeter des crachats ;                             

Vous n’avez pas le droit d’user de la machette                            

Et avec le gourdin, ne tapez pas la tête.                        

Vous avez, tous les deux, le même temps de parole ;                             

Et pendant ce débat, vous pouvez boire la gnôle.                           

Si vous avez envie de faire un gros besoin,                           

Nous vous autorisons à le faire dans vos mains,

Mais il est interdit de le jeter, ensuite,                            

Sur l’autre candidat, sous peine de poursuite.                              

On a trop souvent vu des leaders politiques                               

Noircir leur adversaire quand il est trop critique.                               

Vous aurez, à la fin, un mot de conclusion                             

Qu’il faudra, si possible, faire dans la concision.                              

Nous allons commencer…Monsieur Alexandrus                              

Les Paquiens vous attendent ; il faut nous en dire plus.

 

ALEXANDRUS :

Bonjour aux électeurs, chers Paquiens, chères Paquiennes.                              

Il nous faut arrêter de nier les problèmes.                             

Nous ne pourrons jamais aménager notre île

Sans oser des réformes qui semblent difficiles                              

 Il faut absolument donner à l’entreprise                              

 Les moyens de lutter, en période de crise.                             

 Il faudra accepter de libéraliser                           

 La pratique du troc……

                         

SORDUTIPI :

…….Arrête de déconner !                       

Si tu commences comme ça, la discussion est close !                       

Tu vas tous nous barber avec ta sinistrose !

 

L’ANIMATEUR :

 Messieurs, je vous en prie. Veuillez rester corrects !                             

 Sachez montrer que les grands leaders se respectent.

                               

SORDUTIPI :

Mais respecter ce chantre du grand capitalisme,                    

Serait la preuve que nous souffrons d’infantilisme.                   

Il voudrait nous faire croire que ce cher patronat                      

Est capable de régler tout ce qui ne va pas.                    

 Mais s’il pouvait le faire, tout le monde le saurait !

Or, l’ouvrier ne veut plus être un exploité.                       

 Jouer au libéral, c’est un truc très tendance….

 

ALEXANDRUS :

Dans le monde actuel, c’est notre unique chance !

 

SORDUTIPI :

Et le service public ? Tu le jettes aux orties ?                       

Je ne peux pas souscrire à de telles inepties.                       

La classe dirigeante est faite de Longues Oreilles                       

Et elle n’a qu’un seul but : garder toute son oseille !                      

Vouloir nous entraîner dans un monde libéral,                      

C’est être le jouet du très grand capital !

 

ALEXANDRUS :

 Arrête de tenir ces théories fumeuses !                           

 On est partis tout droit dans la tombe que tu creuses.

 

L’ANIMATEUR :

Messieurs, je vous en prie. Veuillez rester corrects !                             

Sachez montrer que les grands leaders se respectent.

 

ALEXANDRUS :

Mais respecter ce chantre d’un vrai collectivisme,                          

Serait la preuve que nous souffrons d’obscurantisme.                           

La mondialisation est bien incontournable                         

Et vouloir le nier serait irresponsable.                             

On ne pourra jamais empêcher les Suko                            

 D’envahir nos étals avec leurs noix de coco !

 

SORDUTIPI :

Mais ils cassent les prix ! Ce sont de vrais salauds !                      

Comment veux-tu lutter ? Ils travaillent tous au noir !                        

Ils travaillent soixante heures et sans aucun espoir                        

D’avoir une promotion. C’est de l’esclavagisme….

 

ALEXANDRUS :

 Moi, je dirais, plutôt, que c’est du pragmatisme.                               

Pour que le troc soit fait, dans un esprit serein,                              

Il faut qu’on puisse baisser tous les prix de revient !                               

C’est comme pour nos pirogues... Elles sont beaucoup trop chères !                              

Nos prix ne sont pas ceux que le client espère.                               

Dans un marché ouvert à la compétition,                              

On ne fait pas le poids….

 

SORDUTIPI :

 ……………………….Malgré tes gros nichons !                      

 Je ne sais pas comment, un leader politique                       

 Peut dire tant de bêtises ? …..  Ça devient dramatique !

 

L’ANIMATEUR :

Messieurs, je vous en prie. Veuillez rester corrects !                           

 Sachez montrer que les grands leaders se respectent.

 

SORDUTIPI :

Mais vouloir supprimer tous nos acquis sociaux

Pour pouvoir écouler quelques noix de coco,                       

C’est un principe pensé pour tous les exploiteurs….                      

En oubliant que c’est le sang des travailleurs.                     

Et si Alexandrus devenait le youkou,                      

On devrait vénérer celui qui a des sous.

 

ALEXANDRUS :

Tu devrais arrêter de caricaturer !                            

Quand on veut être youkou, il faut bien s’adapter                              

A une économie qui peut évoluer                           

Et il ne sert à rien de vouloir résister                            

A une mutation nécessaire du marché.

 

SORDUTIPI :

La résistance doit être menée sur tous les fronts.

Et nous devons lutter contre ces parangons                        

Vous avez deux idoles : l’oseille et les curetons !                       

Et toi, tu n’es que le représentant légal                      

De tous les exploiteurs du très grand capital.

 

L’ANIMATEUR :

Messieurs, je vous en prie. Veuillez rester corrects !                             

Sachez montrer que les grands leaders se respectent.

 

ALEXANDRUS :

 Nous ne pourrons jamais trouver des points d’accord.                             

Quand on se cache la vue, on n’est pas le plus fort.                              

Ça semble une évidence, pour le problème social,                             

Mais c’est la même chose, dans le domaine fiscal.

 

SORDUTIPI :

Avoue qu’il faudrait bien augmenter les impôts                    

De ceux qui font du beurre avec les noix de coco !                  

Cela me semble logique d’imposer la fortune                        

De ceux qui en profitent pour se faire de la tune.

 

ALEXANDRUS :

Trouver un consensus serait un fol espoir.                              

Même pour imaginer l’image du territoire,                               

Nous n’avons jamais eu la même vision des choses.                               

Et pourtant, il faudrait……

 

SORDUTIPI  :

………………………...Là aussi, je m’oppose                        

A cette idée idiote de monter des statues.                        

Des âneries comme ça, je n’en ai jamais vues !

 

ALEXANDRUS :

Mais c’est une volonté pour tout l’île de Pâques                              

De se confectionner une image de marque !

 

SORDUTIPI :

Mais tu veux reproduire l’aspect d’un vrai paquien,                        

Alors que, tu le sais, nous sommes bien trop vilains.                        

Nous sommes dégénérés, difformes et mal foutus,                       

On a de grandes oreilles et on est bas du cul.                        

Une statue doit être un modèle de beauté                       

Et c’est une idiotie de reproduire du laid.

 

ALEXANDRUS :

Tu n’as jamais bien su avoir une vision                               

Du sens de notre histoire….

 

SORDUTIPI :

…………………………...Ton histoire est bidon !

 

ALEXANDRUS :

Jamais je n’oserai, dire dans un tel débat,                              

Toutes les vérités que je pense sur toi !

 

L’ANIMATEUR :

Messieurs, je vous en prie. Veuillez rester corrects !                               

Sachez montrer que les grands leaders se respectent.

 

SORDUTIPI :

Vous avez vu comment le gang des exploiteurs                      

Se permet de traiter le pauvre travailleur !

                         

Je refuse de céder au diktat du pognon.                       

Le peuple souverain saura donner raison                         

A ceux qui le défendent. J’en suis persuadé !

 

ALEXANDRUS :

Tu parles comme le leader du parti des Longs Nez !                              

Il faudrait bien, qu’un jour, vous puissiez reconnaître                               

Qu’il est indispensable de voir et puis d’admettre                              

Que le monde a changé et qu’il est bien connu                              

Qu’il est souvent utile d’ériger des statues.                               

Alors, si nous gagnons ces fameuses élections,                               

Nous ferons des statues et à notre façon !

 

SORDUTIPI :

Avec des grandes oreilles ?

 

ALEXANDRUS :

…………………………. Oui, comme celles des paquiens.

 

SORDUTIPI :

Mais nous sommes mal foutus !

 

ALEXANDRUS :

………………………………. Mais cela ne fait rien !                        

Pour nous, toutes ces statues seront le vrai symbole                        

D’un monde qui évolue. Et les oreilles énormes                        

Montreront que nous sommes à l’écoute de la terre….                        

Comme quoi le capital n’est vraiment pas sectaire.

 

SORDUTIPI :

Mais je n’accepte pas ce raisonnement bourgeois !                        

Faire des statues si laides…. Mais, c’est n’importe quoi !                        

Vous n’avez jamais fait grand cas des travailleurs.                       

Et vous serez punis par tous les électeurs !

 

L’ANIMATEUR :

Messieurs, je vous en prie. Veuillez rester corrects !                               

Sachez montrer que les grands leaders se respectent.

15/05/2020: Comment les Alexandre sont entrés dans la grande histoire.

EPILOGUE DE : DE L’UTILITE D’ETRE DIFFORME.

 

LE NARRATEUR :

La suite de cette histoire est facile à trouver.                                  

Les paquiens et paquiennes sont tous allés voter

En mettant dans les urnes deux sortes de cailloux;                                  

Le sieur Alexandrus fut élu comme youkou.

 

Quant à Sordutipi, sa défaite fut amère.

Il n’avait pas compris que l’électeur préfère

Un élu qui rassure et qui n’est pas grossier.

Le chef de la tribu doit être policé.

 

Alexandrus fut l’homme de la situation.

Il le réaffirma, dans une déclaration.

Il plaça son mandat sous l’œil du réalisme

En voulant imposer un vrai libéralisme.

 

Il décida, alors, d’appliquer ses idées…….

Ce qui, pour un élu, n’est jamais obligé.

Il libéralisa l’achat des noix de coco,

Oubliant de sauver tous les acquis sociaux.

 

Le marché des pirogues se trouvant au plus mal,

Il supprima, d’un coup, la construction navale.

Le cours de la jeunette atteignant des sommets,

Il fit la promotion des femmes un peu âgées.

 

Enfin, pour s’affirmer, car il était têtu,

Il décida de faire ériger des statues.

Bien sûr, elles ressemblaient à peu près aux paquiens.

Mais les sculpteurs ont pris des modèles moins vilains.

 

D’ailleurs, sur l’île de Pâques, on admire ces merveilles,

De grandes statues de pierre avec des grandes oreilles.

Mais vous verrez aussi qu’elles ont un très grand nez…

Faire une majorité, vous oblige à céder.

 

Car afin de lutter contre les Sordutipistes,

Il fallut réunir, dans une même liste,

Tous les petits partis du peuple des paquiens,

Et les Longs Nez furent ceux qui tendirent la main.

 

Comme quoi, un déformé peut servir de modèle.

Comme quoi la politique est source de problèmes.

Comme quoi les grands leaders savent bien se respecter

A condition, bien sûr, qu’ils ne puissent pas parler

15/05/2020: Comment les Alexandre sont entrés dans la grande histoire.

Toutes ces histoires écrites pendant le confinement

Sont réservées, bien sûr, à mes petits-enfants.

Même s’ils sont un peu jeunes pour saisir les tenants,

Ils comprendront tout ça quand ils seront plus grands.

                                                                Papy Poher

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23 mars 2020 1 23 /03 /mars /2020 22:24
23/03/2020: La vengeance de l’abominable MD... / Conte pour Héloïse

Je devais offrir le tome II des Contes de Grand-père à tous mes petits-enfants, en juin prochain. Mais tout le monde est confiné et les journées peuvent paraitre longues. Alors, je mets les histoires en ligne. Ça leur fera passer un peu de temps… Bisous aux 9.

Papy Guînes

La vengeance de l’abominable MD

Un conte pour Héloïse

    Mai 2012. Et nous voilà de retour dans la principauté de Ralacasquette qui, comme tout le monde le sait, est un petit pays situé entre le Grodurkistan et la Malotimpan. Depuis que Superpulco avait débarrassé cette contrée de la dictature de Marcel Duvieubourg, le calme régnait, le peuple semblait rassuré, délivré. Un peu triste, certes, mais libre. Il faut dire qu’on n’avait, dans toute l’histoire du monde, jamais connu de dictature aussi rude, aussi impitoyable, aussi sanguinaire que celle de MD. Pensez-donc : obliger tout un peuple à regarder du football toute la journée… Torture atroce, supplice inhumain…

 

    C’était presque un crime contre l’humanité et le peuple y avait perdu sa joie de vivre. Heureusement, Superpulco était intervenu et avait rétabli la justice et la paix. MD avait dû fuir et Superpulco était repartie dans son pays, là-bas, au loin, où d’autres aventures l’attendaient.

    Mais, trois mois plus tard, un étrange phénomène se produisit à Ralacasquette. Tous les jours, dans chacune des maisons de la cité, il y avait un vol…

23/03/2020: La vengeance de l’abominable MD... / Conte pour Héloïse

Et pas n’importe quel vol : on volait toujours la dernière crème au chocolat. Oui, je dis bien, la dernière crème au chocolat.  Le nouveau gouvernement de Ralacasquette avait, après la révolution, déclaré que la crème au chocolat devenait le plat national et que chaque habitant du pays devait en manger au moins une par jour. Non seulement, c’était une obligation bien agréable mais, en plus, cela faisait travailler les usines de cacao, grande richesse du pays.

 

Et du coup, chaque habitant gardait des crèmes au chocolat dans son réfrigérateur.  Et chaque habitant mettait, le soir avant d’aller se coucher, de façon presque religieuse, une crème au chocolat au frais, pour le lendemain matin. Mais depuis début avril, chaque matin, les habitants de Ralacasquette, je dis bien tous les habitants, découvraient, avec horreur, que la crème sacrée avait disparu.

23/03/2020: La vengeance de l’abominable MD... / Conte pour Héloïse

    Dans un premier temps, Joseph Grobidon, appelé, Jo Grobid, nouveau chef de l’Etat, avait ordonné l’urgence sanitaire, décrété le couvre-feu, obligé les gens à être confinés et à rester chez eux. Rien n’y faisait : les crèmes au chocolat continuaient de disparaitre

23/03/2020: La vengeance de l’abominable MD... / Conte pour Héloïse

 Les frontières furent fermées et la loi martiale fut proclamée : des centaines de crèmes disparaissaient toutes les nuits. Un crédit de 325 milliards de crados (le crados, c’est la monnaie de Ralacasquette) fut débloqué mais le ministère des finances demanda, quand même, de ne pas tout dépenser. Les militaires allaient, chaque jour, chercher des millions de crèmes au chocolat et en déposaient 2 paquets de douze devant chaque maison. Rien n’y faisait : tous les matins, les réfrigérateurs étaient vides.

23/03/2020: La vengeance de l’abominable MD... / Conte pour Héloïse

   Jo Grobid décida de lancer un appel à la population en faisant un grand discours. Qui dura 5 heures… A la fin, tous les gens dormaient. Finalement, devant le manque d’enthousiasme de la population, Hector Tueux, conseiller tortueux du président suggéra : « Oh incomparable Joseph Grobidon. Devant un tel mystère et voyant la pénurie de crèmes arriver, je pense qu’il serait sage de demander de l’aide.

23/03/2020: La vengeance de l’abominable MD... / Conte pour Héloïse
  • De l’aide ? A qui ?
  •  
  • La seule personne qui peut nous aider, c’est Superpulco, la déesse révolutionnaire.
  •  
  • Mais tu n’y penses pas ! ça va nous couter trop cher !!! Superpulco consomme beaucoup trop de citrons et le citron, ça coûte cher !
23/03/2020: La vengeance de l’abominable MD... / Conte pour Héloïse
  • Nous n’avons pas le choix, magnifique président. Elle seule peut nous sauver. Vous devez l’appeler avant que le pays ne sombre dans l’agonie et l’enfer. Déjà, les hôpitaux sont surchargés par des milliers de gens en manque de crèmes au chocolat. »

   Le président dut reconnaitre que son conseiller avait raison.  Il convoqua sa secrétaire et lui dicta un télégramme.

 

   « Sommes embêtés -stop - Sommes très embêtés -stop – Sommes horriblement embêtés – stop- Avons besoin d’aide – stop- Superpulco doit intervenir car sommes embêtés – stop »

 

    Héloïse reçu le télégramme à midi, au moment de la pause déjeuner. Elle avait trouvé un nouveau travail dans un restaurant caucasien où on ne servait que du Schmorl-Bezeff (voir le conte pour Margaux) avec un verre de quogardefan (voir le conte pour Paul). Inutile de dire que ce restaurant était connu dans tout le pays et que ce n’est pas là qu’il fallait aller pour maigrir…

23/03/2020: La vengeance de l’abominable MD... / Conte pour Héloïse

Dès qu’elle reçut le télégramme, Héloïse s’enferma dans les toilettes, mit 3 gouttes de pulco sur sa langue, se transforma en Superpulco et, après être sortie par la fenêtre, s’envola à travers les airs en direction de Ralacasquette.  Au fond d’elle-même, elle était heureuse de cet appel au secours car le métier de serveuse n’était pas très excitant et l’action lui manquait. Superpulco allait pouvoir enfin refaire des exploits.

 

   Arrivée devant le palais gouvernemental, elle aborda la sentinelle qui l’avait de suite reconnue.

 

« Mon brave… Allez me chercher un responsable »

 

Au bout de 5 minutes, le brave revint accompagné de Hector Tueux.

 

« Enchanté de vous revoir, Superpulco !  Nous avons besoin de vous ».

 

   Et là, de lui expliquer le problème des crèmes au chocolat, l’état de dépendance du peuple, l’engorgement des urgences à l’hôpital et la polémique qui commençait : pourquoi le gouvernement n’avait-il pas acheté des crèmes au chocolat en avance ?

 

   Superpulco était intriguée. L’économie du pays était en train de décliner à vitesse grand V. Elle demanda à Hector Tueux de l’informer des derniers événements et de voir si, dans le fonctionnement du pays, quelque chose avait changé dernièrement.

23/03/2020: La vengeance de l’abominable MD... / Conte pour Héloïse

   Ce qui avait changé ? Apparemment rien… Sauf peut-être l’ouverture d’un nouveau magasin : un magasin de guili-guili. Devant l’air étonné de Superpulco, Hector Tueux expliqua : « Du temps de la dictature de MD, les gens ne riaient plus. Regarder du foot toute la journée, ça n’a rien de joyeux. Du coup, ils ont perdu l’habitude de rire. Et quand Marcel Duvieubourg a été renversé, tous les gens, tout le peuple étaient tristes, affreusement tristes, tristement tristes.

 

Et le gouvernement ne savait plus quoi faire. Que voulez-vous faire avec des gens qui ne rient plus, qui n’ont pas d’envie, qui n’ont pas d’entrain. Nous étions dans une impasse. La seule chose qui pouvait faire sourire le peuple, c’était de manger des crèmes au chocolat. Et c’est à ce moment-là qu’est arrivé un commerçant étranger, avec un drôle d’accent. Il s’appelle Celmar Bourduvieux. Et il nous a proposé d’ouvrir un commerce de Guili-Guili… C’est-à-dire un commerce de chatouilles pour faire rire les gens.

  • Et comment ça marche, demanda Superpulco très intriguée.
  •  
  • C’est très simple. Il propose plusieurs tarifs : 2 crados pour des chatouilles sous les bras… 2 minutes : 3 crados pour la plante des pieds ; 5 crados pour les cotes ; et le summum, c’est 10 crados pour les 3 en même temps.
  •  
  • En même temps ? Mais ce n’est pas possible de tout chatouiller en même temps !
  •  
  • Si car Bourduvieux a une armée de poulbots. Les poulbots, ce sont des employés, tous pareils, copies conformes, petits, pas souriants, avec une couette sur le côté de la tête… Ils parlent une drôle de langue… On dirait du chinois et la seule chose qu’ils savent faire, c’est faire des chatouilles… Et maintenant que vous me le demandez… C’est vrai que tous nos problèmes ont commencé après l’arrivée de Celmar Bourduvieux… Mais le peuple avait tellement besoin de rire. »

Immédiatement, Superpulco comprit le processus et une évidence lui sauta aux yeux :  Celmar Bourduvieux, c’était Marcel Duvieubourg mais avec les syllabes mélangées. Et les poulbots étaient ses serviteurs. Etant de petite taille, ils pouvaient se glisser partout et du coup, volaient toutes les nuits les crèmes au chocolat des braves gens.

 

   Ni une, ni deux, Superpulco se précipita au magasin de guili-guili. En la voyant entrer, Celmar s’écria : « Non !!! Pas elle, pas elle !!! ».

23/03/2020: La vengeance de l’abominable MD... / Conte pour Héloïse

Il sortit son pistolet à eau et aspergeât Superpulco, pensant naïvement que du pulco trop dilué n’avait plus de puissance. En même temps, des poulbots, venus de tous les côtés, sautaient sur notre héroïne, la chatouillant partout. Les poulbots ne savaient faire que ça. Mais, en plus de tous ses pouvoirs, Superpulco avait une qualité remarquable : elle n’était pas chatouilleuse. Et dans une bataille de guili-guili, c’est un atout essentiel.

23/03/2020: La vengeance de l’abominable MD... / Conte pour Héloïse

   Très rapidement, elle se débarrassa des poulbots. Elle les attrapait les uns après les autres par la couette et les balançait dans le tout-à-l’égout situé devant le magasin. Celmar Bourduvieux, quant à lui, était caché derrière son comptoir, enfoui sous un tas de plumes d’autruche. Tout le monde sait que les plumes d’autruches sont très utiles pour faire des guili-guili. Mais grâce à son pouvoir de vision transperçante, Superpulco le trouva facilement.

23/03/2020: La vengeance de l’abominable MD... / Conte pour Héloïse

   « Alors, MD, je te retrouve sur mon chemin ! Qu’as-tu encore manigancé, espèce de tyran aux poils raides.

  • Je n’ai rien fait Madame ! Ce n’est pas moi ! C’est l’autre
  •  
  • Il n’y a pas d’autre ! Tu es un menteur et, en plus, tu es un voleur !  Et tu voles les crèmes au chocolat de pauvres gens qui n’ont que ça comme régal ! Avoue-le et dis-moi pourquoi ? »

   Marcel regarda Superpulco en baissant la tête. Il vit de suite qu’elle ne plaisantait pas et qu’elle était prête à lui faire subir des choses atroces :  

  • Je voulais punir ce peuple d’ignares, d’analphabètes et mollassons … Comment peut-on vivre sans regarder du football ? Sans adorer les gardiens, sans vénérer les entraineurs ? C’est impossible, inconcevable, inacceptable ! Sans le ballon rond, la vie ne vaut pas la peine d’être vécue et ce peuple imbécile ne mérite pas de crème au chocolat.
  •  
  • Et pourquoi donc s’étonna Superpulco.
  •  
  • Parce que la crème au chocolat doit être réservée à l’homme supérieur et aux maitres du monde… C’est-à-dire aux footballeurs !
23/03/2020: La vengeance de l’abominable MD... / Conte pour Héloïse

   Superpulco le regarda d’un air étonné et ajouta : « Tu es vraiment fêlé de la tête, mon pauvre !!! ». Elle lui asséna un grand coup de poing sur le nez, un grand coup de pied au derrière et un grand coup de tête sur le front.  Marcel fut projeté dans un carton de guili-guili en plastique. Superpulco s’écria « Pénalty réussi ! ». Avec son rayon laser, elle lui brula tous les cheveux, lui boucha les oreilles avec de la pâte à modeler et lui colla la bouche en y introduisant un reste de raclette datant de 1853… Reste qu’elle avait trouvé dans le restaurant où elle travaillait.

 

   Ainsi arrangé, Marcel fut enfermé dans un sac à patates et Superpulco attacha le sac à la queue d’un éléphant d’Asie qui partait vers l’Afrique. Ainsi, Ralacasquette fut débarrassé, une nouvelle fois de l’affreux tyran MD. Le calme revint dans la principauté et les braves gens purent, à nouveau, déguster des crèmes au chocolat… Sans regarder du football !

 

   Bien entendu, Superpulco fut à nouveau décorée de l’ordre du Grachoune Emplumé, distinction la plus haute dans la principauté et libérée des festivités locale, elle put, à nouveau, repartir vers son pays et redevenir la gentille Héloïse que tout le monde connait. Mais, allez savoir pourquoi, de cette aventure, elle avait gardé une envie : se faire une couette sur le côté, tous les jours. Ce qui la faisait ressembler à un poulbot.

 

   Tiens, au fait, les services nationaux de la principauté de Ralacasquette ont mis 24 jours à déboucher le tout-à-l’égout… Bouché par des centaines de poulbots que Superpulco y avait enfouis. Les poulbots, ça a le poil raide et le poil raide, ça bouche les tuyaux…

 

Ne cherchez pas

un magasin

de guili-guili,

il n’existe que dans nos cœurs…

Fin de l’histoire

Papy Guînes

23/03/2020: La vengeance de l’abominable MD... / Conte pour Héloïse

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23 mars 2020 1 23 /03 /mars /2020 19:20

Je devais offrir le tome II des Contes de Grand-père à tous mes petits-enfants, en juin prochain. Mais tout le monde est confiné et les journées peuvent paraitre longues. Alors, je mets les histoires en ligne. Ça leur fera passer un peu de temps… Bisous aux 9.

Papy Guînes

23/03/2020: Sous le règne de la reine Véfairpipi, reine de la Haute Egypte... / Conte pour Charlotte

Sous le règne de

la reine Véfairpipi,

reine de la Haute Egypte.

 

conte pour Charlotte

  Le Caire, an 4215 avant JC, JC voulant dire Jésus Christ ou Jolie Charlotte selon l’époque. La nuit était tombée sur la ville endormie. Pas un bruit, pas un murmure. Le silence était de plomb… Silence ordonné par la divine reine Véfairpipi.

 

   De temps en temps, quand même, on pouvait percevoir un battement d’aile de chauve-souris. Parfois, on entendait les hurlements des coyotes qui avaient élu domicile au pourtour de la ville. Quelquefois, on pouvait ouïr le « gloup » d’un goujon avalant un moucheron à la surface de l’eau. Et bien souvent, le barrissement des éléphants royaux de la magnifique reine Véfairpipi déchirait le silence.

23/03/2020: Sous le règne de la reine Véfairpipi, reine de la Haute Egypte... / Conte pour Charlotte

Bref, quand on dit que le silence régnait, c’est faux ! C’était la cacophonie nocturne habituelle et il y avait tellement de bruit que les pauvres cairotes (habitants du Caire) n’arrivaient plus à dormir. Mais la reine avait décrété que « la nuit, il n’y a pas de bruit ». Donc, en plein milieu du vacarme ambiant, les cairotes disaient : « Il n’y a pas de bruit… C’est la reine qui l’a dit. »

23/03/2020: Sous le règne de la reine Véfairpipi, reine de la Haute Egypte... / Conte pour Charlotte

   Cette nuit-là, dans les ruelles de la vieille ville, se glissait un vieil homme avec de vieux vêtements, de vieilles chaussures et une vieille canne. Il faut bien dire qu’au Caire, à l’époque, tout était vieux. Cet homme, tordu et malingre s’appelait Jean Bonde et était officiellement vendeur de cigares. Mais en réalité, c’était un espion au service de la sublime reine Véfairpipi. Son matricule était 007 et, tout le monde le reconnaissait : Jean Bonde 007 était un espion remarquable… Mauvais vendeur de cigares mais bon espion.

23/03/2020: Sous le règne de la reine Véfairpipi, reine de la Haute Egypte... / Conte pour Charlotte

   Et par cette nuit noire parsemée de cris d’animaux, il allait à la rencontre de la cheffe de la police cairote : la fameuse Charlotte Holmes. Il avait reçu une mission, mission qualifiée importante, essentielle, vitale pour la royauté et cette mission, il devait l’accomplir avec l’aide de Charlotte Holmes. C’était un ordre de la lumineuse Véfairpipi qui pensait que les enquêteurs ne seraient pas trop de deux pour résoudre cette énigme. En effet, de braves gens avaient signalé qu’une odeur pestilentielle émanait de l’entrée de la pyramide de Khéops. C’était l’une des trois pyramides à côté du Caire et beaucoup de cairotes avaient pris l’habitude d’aller piqueniquer le dimanche, près de cette pyramide.

23/03/2020: Sous le règne de la reine Véfairpipi, reine de la Haute Egypte... / Conte pour Charlotte

   Mais depuis quelques semaines, on ne pouvait plus s’asseoir auprès de la pyramide car une odeur terrible vous agressait dès qu’on s’en approchait. Odeur repoussante, odeur insoutenable, un mélange de tout à l’égout, de viande avariée et de crotte de lapin russe… Qui d’après les spécialistes ont une odeur très caractéristique… Les crottes, pas les lapins !

23/03/2020: Sous le règne de la reine Véfairpipi, reine de la Haute Egypte... / Conte pour Charlotte

Lorsqu’il se trouva en face de Charlotte, 007 demanda « Tu veux un cigare, Tartare » « Préfère un raton, Tonton ». C’était le mot de passe et sans le mot de passe, ils n’avaient pas le droit de travailler ensemble. La loi de la merveilleuse Véfairpipi était stricte : si un espion ou un policier ne connaissait pas le mot de passe, il était mis au repos. Or, il est important de savoir que ce mot de passe changeait tous les jours de la semaine et qu’en plus, il était composé de deux parties. Le lundi, c’était : « J’ai vu une croute de nez » ; à quoi on répondait « A la surface du potage. » Le mardi, c’était : « Mon orteil sent le camembert » suivi de « Et j’ai la queue en tirebouchon ». Etc. Etc. Et nous arrêtons là la divulgation de tous ces mots de passe car ceux-ci doivent toujours rester secrets. Ordre de la transcendantale reine Véfairpipi.

 

   Après s’être chaleureusement tiré le lobe de l’oreille (c’est comme ça qu’on se salue chez les cairotes), ils entamèrent leurs discussions afin de déterminer une stratégie. Comment allaient-ils trouver l’origine de cette odeur ?

 

    « Le meilleur moyen, affirma Jean Bonde 007, c’est d’avoir un chien, un bon chien renifleur

 

  • Pourquoi un chien ? Pourquoi pas une chienne ? Et l’égalité, tu en fais quoi ? »

 

    A ce stade de notre récit, il faut avouer que Charlotte Holmes faisait partie d’une secte secrète « Les amazones girls », secte qui voulait l’égalité des droits, l’égalité des salaires, l’égalité des chances, bref l’égalité de tout entre les hommes et les femmes, et cela dans toute l’Egypte.  

23/03/2020: Sous le règne de la reine Véfairpipi, reine de la Haute Egypte... / Conte pour Charlotte

Et pour revendiquer cette égalité, elles faisaient régulièrement des actions d’éclat : elles s’enchainaient à l’une des obélisques de Louxor ; elles donnaient des cacahuètes à manger aux crocodiles du Nil… Si bien que ceux-ci étaient malades ; elles mettaient des signes de reconnaissance partout dans les rues du Caire : des sigles cabalistiques dessinés au henné, de grands ronds avec le sigle FAM au milieu (FAM voulait dire Femme Avant les Mecs) ; elles déposaient les bouses de buffles devant le palais de l’incomparable Véfairpipi… Bref, elles faisaient tout pour qu’on les remarque.

 

    Connaissant l’engagement de Charlotte, Jean Bonde n’insista pas et balaya sa remarque : « Chien ou chienne… Peu importe. Le principal, c’est le flair. »

 

23/03/2020: Sous le règne de la reine Véfairpipi, reine de la Haute Egypte... / Conte pour Charlotte

 On alla chercher un énorme chien, de la race des bergers de Louxor. Chien affreux, avec des oreilles qui trainaient par terre, avec des yeux tombants, une queue en tirebouchon et des poils frisés à l’envers… Ne demandez pas ce que c’est « frisé à l’envers », c’est une spécialité cairote. Ce chien s’appelait Hercule.

 

   « Pendant que j’examine l’entrée de la pyramide avec le chien, toi, Charlotte, , tu vas monter tout en haut pour voir si tu aperçois quelque chose. Charlotte ne semblait pas emballée, voire un peu gênée. « Tu ne veux pas faire le contraire ? » demanda Charlotte. « Non, l’odeur est trop forte. Seul un espion aguerri comme moi peut affronter de telles catastrophes. Allez, monte ! »

 

   Et à contre-cœur, Charlotte commença à grimper sur la pyramide. Jean Bonde, quant à lui, un masque sur le nez (il en avait en réserve chez lui… lui) entra avec Hercule en laisse dans le premier couloir de la pyramide. Immédiatement, même avec le masque, il fut assailli par l’odeur, atroce, terrible, inimaginable, terrifiante. Mais, surtout, immédiatement Hercule se précipita vers un mur, mur où était gravés quelques hiéroglyphes. « Ce ne sont que des graphitis ! » s’écria Jean Bonde Mais Hercule insistait, refusait de bouger, collait son museau sur le mur, faisait le poireau. (Pour les initiés, c’est à partir de cette histoire là qu’une vieille anglaise a inventé le personnage d’Hercule Poireau… Qui devint Poirot.)

 

   Jean Bonde, agent 007, formé dans les plus grandes écoles d’espion, diplômé   entre autres de la faculté des menteurs, truqueurs et affabulateurs, parlaient 22 langues… Dont l’égyptien ancien.

23/03/2020: Sous le règne de la reine Véfairpipi, reine de la Haute Egypte... / Conte pour Charlotte

   Après avoir noté les différents dessins sur un parchemin, il sorti de la pyramide et commença la traduction. Mais au fur et à mesure de son avancée, il blanchissait, se sentait mal à l’aise et sentait la colère monter en lui.

 

    Jean Bonde 007 était catastrophé, atterré, déprimé. Ce qu’il venait de découvrir était terrible, une déception atroce pour lui et, sans doute, une information qui fera trembler toute la société cairote. La traduction des fameux hiéroglyphes était une bombe…

 

   Il s’approcha de Charlotte qui venait de redescendre et lui dit : « Dis-moi, toi qui es cheffe de la police, n’aurais-tu pas, dans le temps fais quelques bêtises ? »

 

   Charlotte devint toute rouge et baissa la tête. « Non, dit-elle, ou peut-être des petites bêtises, des minuscules bêtises… Et de toute façon, ce n’a jamais été grave ! »

 

  • Quoi ! Pas grave ! mais tu es inconsciente ! Même les murs de cette pyramide portent les traces de ton forfait et de ta bêtise. Tu sais ce qu’ils disent ces hiéroglyphes ? »  

 

  Charlotte fit non de la tête. « Eh bien voilà ! Il est écrit, en vieil égyptien :

 

 La petite Charlotte,

Qui est dame cairote

Tout en étant bigote

A fait trois petites crottes

Au fond de sa culotte.

Et du coup… ça cocotte. »

23/03/2020: Sous le règne de la reine Véfairpipi, reine de la Haute Egypte... / Conte pour Charlotte

    Charlotte Holmes n’était vraiment pas fière et si le sol n’était pas aussi dur, elle serait rentrée sous terre tellement elle avait honte.

 

   « Explique-toi ! s’écria Jean Bonde. Qu’est-ce-que ça veut dire ? "

 

    Au bord des larmes, Charlotte expliqua : « Depuis quelques mois, avec les Amazone girls, nous faisons des actions terroristes, un peu partout, en réclamant l’égalité pour tout. Dernièrement, nous sommes venus ici, en manifestation et en réclamant le droit de faire pipi debout, comme les hommes. Et pour marquer le coup, on a décidé de faire pipi à l’entrée de chaque pyramide. Moi, j’étais chargée de faire pipi debout à l’entrée de Khéops. » Charlotte se mit à sangloter « Et alors ! s’écria 007 » De grosses larmes coulaient sur les joues de Charlotte « Alors, je suis entrée dans la pyramide mais quand j’ai voulu faire pipi debout, j’ai fait trois petites crottes qui sont tombées dans ma culotte… » « Et alors » « Alors, rajouta Charlotte , j’ai enlevé ma culotte et je l’ai laissée là. »

 

   007 était catastrophé. « Et quelqu’un t’a vue faire ? demanda-t-il

 

  • Oui, le gardien de la pyramide. Le grand-père qu’on appelle Papy russe parce qu’il vient du Sibérie »
23/03/2020: Sous le règne de la reine Véfairpipi, reine de la Haute Egypte... / Conte pour Charlotte

    Voilà l’explication. Papy russe avait vu faire Charlotte et de rage, avait gravé dans le mur une série de hiéroglyphes permettant de dénoncer la vilainie pratiquée par cette militante maladroite.  

 

   « Non mais tu te rends compte de la gravité de ton geste !!  s’écria Jean Bonde. L’adorable Véfairpipi va être furieuse et ta punition risque d’être terrible. »

 

« Je t’en supplie, Jean Bonde, ne dis rien à la sublissime Véfairpipi. Je te promets… Je ne le referai plus ! »

 

  • Tu promets que tu ne feras plus jamais de petites crottes ?
  • Oui, je promets… Je n’en ferai que des grosses ! » dit-elle en riant.

  

Jean Bonde comprit qu’elle voulait faire une blague mais qu’elle serait maintenant raisonnable. La contestation oui ! la revendication oui ! mais les crottes non ! En tous cas pas dans le couloir des pyramides.

 

   Et dès ce jour, le couloir fut nettoyé, le hiéroglyphe fut effacé et les cairotes purent, enfin, retourner piqueniquer au pied de la pyramide.  Ils y mangeaient, faisaient la sieste pendant que les enfants jouaient et les jolies jeunes filles se faisaient dorer au soleil du Nil. C’est depuis cette période qu’on dit que les cairotes sont cuites.

 

   Jean Bonde, agent 007, partit vers d’autres aventures et Charlotte Holmes repris son activité de cheffe de la police. Mais Hercule qui, lui aussi, connaissait la vérité, avait fait comprendre qu’il pouvait tout dire… Du coup, les services de la trop belle Véfairpipi lui ont livré 30 kilos d’os jusqu’à la fin de sa vie…

 

Ne cherchez pas un chien

avec des poils frisés à l’envers…

Il n’existe que dans nos cœurs.

Fin de l'histoire

Papy Guines 

23/03/2020: Sous le règne de la reine Véfairpipi, reine de la Haute Egypte... / Conte pour Charlotte

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23 mars 2020 1 23 /03 /mars /2020 18:58

Je devais offrir le tome II des Contes de Grand-père à tous mes petits-enfants, en juin prochain. Mais tout le monde est confiné et les journées peuvent paraitre longues. Alors, je mets les histoires en ligne. Ça leur fera passer un peu de temps… Bisous aux 9.

Papy Guînes

23/03/2020: La folle épopée du grand chef  qui s’appelait Paul Méchant Prout... /conte pour Paul

La folle épopée

du grand chef

qui s’appelait

Paul Méchant Prout

Histoire pour Paul

   Et nous voilà revenu au Pays des gens bizarres… Vous savez, ce pays où les gens bizarres habitent dans des endroits bizarres et portent des noms bizarres. Et dans ce pays des gens bizarres, il y avait une tribu d’indigènes qui était encore plus bizarres que les autres habitants bizarres du Pays des gens bizarres : c’était la tribu des Vieux Croutons qui râlent. Ils avaient leur propre langue, leur propre calendrier, leur propre façon de compter… Bref, ils étaient vraiment bizarres.

 

   Et aujourd’hui, nous allons vous raconter l’aventure de ce grand chef, chef qui a marqué l’histoire universelle, chef qui s’appelait « Paul Méchant Prout ». Drôle de nom me direz-vous mais nom qui reflétait, hélas, la réalité : Jour et nuit, il faisait des prouts, des tas de prouts, des milliers de prouts, des millions de prouts et, du coup, autour de lui, ça ne sentait pas très bon. Ce qui, au fil des ans, avait permis de raffermir son autorité car personne n’osait l’approcher de trop près… A cause de l’odeur. Et tout le monde disait « Autour de lui, ça sent le chef ! » … Evidemment, pour des raisons pratiques, les gens l’appelaient PMP.

   Il était donc le chef de la tribu des Vieux Croutons qui râlent. Son père s’appelait Grolion et sa mère Cérumen endiablé. Et il avait un frère, Rototo mouillé et deux sœurs, Grokako Pustuleux et Grosse Moumoule parapide, deux jolies demoiselles par ailleurs.

23/03/2020: La folle épopée du grand chef  qui s’appelait Paul Méchant Prout... /conte pour Paul
23/03/2020: La folle épopée du grand chef  qui s’appelait Paul Méchant Prout... /conte pour Paul
23/03/2020: La folle épopée du grand chef  qui s’appelait Paul Méchant Prout... /conte pour Paul

    Un jour de décembre de l’afordun 2560 (traduction : année 2560) avant le Chronos, jour où le thermomètre était descendu à moins 60 droméres (traduction : 60 degrés), Grolion décida d’aller chasser le morbusson (sorte de bison à 6 pattes). Il n’y avait plus de viande dans la réserve et l’hiver risquait d’être rude.

23/03/2020: La folle épopée du grand chef  qui s’appelait Paul Méchant Prout... /conte pour Paul

Les morbussons vivaient au nord de la contrée du Zoubirakan, à quelques 120 goutrils (traduction : distance égale à 1,235 kilomètre) du village. Grolion était parti très tôt le matin et avait emporté un arc, des flèches, un futouble (traduction : futouble) et plusieurs décogaques, ce qui pourraient être très utiles car le morbusson est un animal très rapide. Cérumen endiablé n’était pas très rassurée de voir son mari partir si loin mais c’était toujours difficile de l’empêcher de faire ce qu’il avait décidé de faire. En plus, les réserves de nourriture étaient au plus bas.

 

   Le soir venu, après 56 kimertans (traduction : heures) d’attente, Grosse Moumoule parapide, qui tenait compagnie à Cérumen endiablé, commença à s’inquiéter. Même en ayant parcouru 240 goutrils aller-retour pour atteindre et revenir du pays des morbussons, son père aurait dû être rentré. L’inquiétude gagnait et l’angoisse montait. Vers 85 kimertans, elle décida d’aller alerter son frère Paul Méchant Prout. Même quand il partait chasser au loin, Grolion ne restait jamais absent aussi longtemps.

 

   Après avoir écouté sa sœur, PMP sut, tout de suite, que la situation était grave et que son père avait été surement victime soit d’un accident, soit d’un enlèvement. La seconde hypothèse était la plus plausible : la tribu des Vieux Croutons qui râlent était en guerre depuis des aforduns (traduction : des siècles) avec la tribu des Sauciflards qui crient, tribu qui ne respectait rien et qui osait contester le pouvoir de PMP. Et cette guerre durait depuis des générations et était, il faut le reconnaitre, sans mercis.

 

   PMP décida de convoquer son gouvernement en urgence : le ministre des confitures, le ministre des pommes de pin, la ministresse des poules et canards et enfin, le grand chambellan du Camenbert, responsable en chef des armées d’attaque…

23/03/2020: La folle épopée du grand chef  qui s’appelait Paul Méchant Prout... /conte pour Paul

Car au pays des Vieux Croutons qui râlent, il y avait des armées d’attaque et des armées de défense et toutes ces armées étaient équipées de façon différente : des frondes et des décogaques pour l’attaque, des arcs, des futoubles et surtout des robitamerts (traduction : robitamerts) pour la défense. Après deux kimertans de réunion, il fut décidé d’envoyer les meilleurs éclaireurs afin de retrouver Grolion ; deux venaient des armées de défense, deux étaient issus des armées d’attaque. PMP se joindrait à eux : c’était un minimum car c’était lui le chef et, en plus, Grolion était son père.  

 

   Dans la tribu des Sauciflards qui crient, on ne se doutait pas des préparatifs guerriers des Vieux Croutons qui râlent. D’ailleurs, ils faisaient la fête : ils fêtaient la capture de Grolion… Capture qui n’était pas prévue d’ailleurs.

23/03/2020: La folle épopée du grand chef  qui s’appelait Paul Méchant Prout... /conte pour Paul
23/03/2020: La folle épopée du grand chef  qui s’appelait Paul Méchant Prout... /conte pour Paul

   En effet, 10 kimertans avant, les deux chasseurs Saucissonsec et Saucissonàlail avait découvert, à quelques goutrils du camp, un sauvage, pétrifié de froid, avec des glaçons tombant de son nez et de ses oreilles, ne pouvant plus bouger et comme transformé en statue. Il avait dû être surpris par une brusque baisse de la température. En effet, une dépression venue du Foubienlekan avait fait baisser la température jusque moins 280 dromères, ce qu’on n’avait pas vu depuis des aforduns. C’était probablement de début du changement climatique. Les deux chasseurs avaient trouvé un contravert (sorte de brouette) à trois roues, avaient chargé l’inconnu changé en statue et l’avaient ramené au camp.

23/03/2020: La folle épopée du grand chef  qui s’appelait Paul Méchant Prout... /conte pour Paul

Mais là, Saucissondesardennes, le chef, avait, de suite reconnu, Grolion, le père de Paul Méchant Prout. Et, après avoir réuni tout le peuple sur la place du village, Saucissondesardennes avait déclamé : « Ah, Ah ! Oh Oh ! Peuple vénéré. J’ai une grande nouvelle à faire. Nous avons capturé un de nos ennemis ! Et pas n’importe lequel : Grolion, le père de PMP, PMP le fourbe, PMP le vaurien, PMP l’affreux » Et d’un seul coup, Saucissondesardennes s’écroula par terre et fit des soubresauts en criant « Je le hais ! je le hais ! Je le hais ! ». C’est sûr, Saucissondesardennes n’aimait pas beaucoup PMP.

 

    Après cinq minutes de convulsions, Saucissondesardennes reprit ses esprits, se releva et ajouta : « Nous allons pouvoir enfin faire souffrir cet abominable PMP en faisant souffrir son abominable père : nous allons l’obliger à faire caca debout, à manger des crottes de nez et à sucer les pieds d’un forgubalon (espèce d’hippopotame) mal lavé.

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Mais nous allons d’abord fêter cette formidable capture en faisant, tous ensemble, la danse sacrée et en buvant du quoguardefan. Et à la fin, nous mettrons des valibagoux (fourmis géantes) dans la culotte de Grolion et nous regarderons la nature faire son œuvre. »

 

   A la perspective de danser, de boire du quoguardefan jusqu’à l’ivresse et d’imaginer les valibagoux en train de grimper sur Grolion, le peuple rentra en transe. Et ils se mirent à danser, danser encore, danser toujours… Et boire, boire encore et boire plus. Si bien qu’au bout de quelques kimertons, toute la tribu des Sauciflards était saoûle : hommes, femmes, enfants… Et même les chiens… Tout le monde était ivre mort !!!

 

   Pendant ce temps-là, PMP et les 4 guerriers s’approchaient du camp des Sauciflards. Arrivés à destination, ils s’allongèrent sur la crête d’une colline pour observer les faits et gestes des membres de la tribu des Sauciflards qui crient. Tout de suite, ils s’aperçurent que leurs ennemis mortels avaient bu un peu trop de quoguardefan. Précision : le quogardefan est une boisson universelle qu’on peut trouver sous différentes versions, blonde, brune, ambré, triple, sans alcool… Bref, ça ressemble à de la bière mais ce n’est pas de la bière ; c’est meilleur que la bière !

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   PMP prit son courage à deux pieds, car ses deux mains étaient déjà pleines. Il dit à ses hommes de charger deux contraverts de foin, d’y mettre le feu et de les envoyer vers le village. Cela pourrait créer une diversion. Et PMP aurait peut-être le temps d’aller délivrer Grolion.

 

   Dans un premier temps, tout se déroula comme prévu : les deux contraverts en flamme avaient créé la panique dans le camp et les membres de la tribu étaient tellement saouls qu’au lieu d’arroser l’incendie avec de l’eau, ils l’arrosaient avec du quogardefan qui, comme tout le monde le sait, est une boisson très riche en alcool… Si bien que, plus ils arrosaient, plus l’incendie s’amplifiait. Et pendant ce temps, PMP et ses guerriers avaient trouvé la cabane où était enfermé Grolion.

   Mais au moment de le libérer de ses dorméfacts (traduction : chaines), Saucissondesardennes fit irruption dans la cabane « Je m’en doutais, s’écria-t-il. Paul Méchant Prout, tu as tous les vices. Tu es un voyou, une crapule, un lâche… » Mais Saucissondesardennes avait dit un mot de trop : on pouvait critiquer PMP, le traiter de tous les noms mais on n’avait pas le droit de le traiter de lâche car PMP était très courageux… Tout le monde le savait. « Si c’est comme ça, je te défie en duel et celui qui gagnera pourra décider de l’avenir de Grolion. »

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Sachant que la tribu était trop saoule pour pouvoir faire une bataille en bon et due forme, le duel s’imposait. « D’accord, répondit Saucissondesardennes mais c’est moi qui fixe les règles du duel. » « Et quelles sont les règles ? demanda PMP. » « La première manche sera une bataille d’injures ; la deuxième, une bataille de trogardiflette et la dernière sera le supplice du fermier hindou ».

 

   Précision : le supplice hindou consistait à enfoncer des haricots verts dans les narines de son adversaire jusqu’à temps que celui-ci étouffe. Pourquoi s’appelait-il supplice du fermier hindou ? Personne ne le sait… d’autant qu’il n’y a pas de haricots verts chez les hindous. Seconde précision : la trogardiflette est une sorte de ragout, mijoté durant 24 heures et on y met des morceaux de forbugalon, des sarbolimans et une pincée de colcopriffe. C’est un plat adoré par la tribu des Sauciflards qui crient.

 

   Les règles étant fixées, tout le monde se retrouva sur la place du village ; un ring fut construit avec quelques planches de bois. Puis, d’un côté s’assirent les quatre guerriers, de l’autre l’ensemble de la tribu qui était, avouons-le, encore en train de cuver son alcool.  Saucissonentranche , parce qu’il était le plus âgé de la tribu, fut désigné comme arbitre. « Que le combat commence. Première manche : les injures. » « Espèce de forbugalon reniflard » ; « Va-t’en grosse troufinette à ressorts » ; « Je te vomis, valabagoux sans oreilles » ; « Et toi, résidu de zerbophyle crasseux » … Les injures pleuvaient, la tension montait et les spectateurs étaient époustouflés par la dureté des mots. Finalement, Saucissondesardennes cria « Espèce de laborgiton crotté ! ». Toute la foule se leva pour applaudir cette injure magistrale et, du coup, Saucissondesardennes fut déclaré vainqueur de la première manche.  

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23/03/2020: La folle épopée du grand chef  qui s’appelait Paul Méchant Prout... /conte pour Paul

   Deuxième manche. Les morceaux de viande volaient dans tous les sens : et vlan, un morceau dans l’œil, paff un autre sur le nez, crac un troisième en plein milieu du front. Le combat était terrible et les deux adversaires s’envoyaient des morceaux de trogardiflette sans retenue et avec violence. Presque à bout de force, PMP prit, de désespoir, une louche et envoya une bonne quantité de sauce à la figure de Saucissondesardennes. Celui-ci s’effondra presque étouffé. PMP fut déclaré vainqueur de la deuxième manche. Tout allait se jouer dans la troisième…

 

   La tension était extrême, le silence était intense, la sueur coulait sur les visages et on aurait pu entendre voler des valibagoux. Mais les valibagoux ne volaient pas. Troisième manche : le supplice du fermier hindou. Chacun des combattants avait devant lui un énorme tas de haricots verts et, chacun à son tour, enfonçait un haricot dans le nez de l’autre.

 

   PMP avait un avantage sur son adversaire : il avait un grand et gros nez, si bien qu’il avait des narines beaucoup plus grandes que celles de Saucissondesardennes. Très rapidement, celui-ci fut à bout de souffle alors que PMP avait, quant à lui, déjà emmagasiné trois sougerifols (environ 3,564 kilogrammes) dans ses narines. A contre-cœur, Saucissonentranche déclara : « Après ce combat sans pitié mais selon les règles du pays, je déclare PMP grand vainqueur. »

 

   Tous les membres de la tribu des Sauciflards qui crient étaient catastrophés. Non seulement ils avaient mal au crane parce qu’ils avaient trop bu mais, en plus, ils avaient mal au cœur parce qu’ils venaient de se rendre compte que leur chef avait des petites narines… Or les grands chefs ont toujours des grandes narines et, même, des grandes oreilles.

23/03/2020: La folle épopée du grand chef  qui s’appelait Paul Méchant Prout... /conte pour Paul

   PMP, ses guerriers et Grolion étaient repartis libres et très fiers d’avoir été, une fois de plus, les meilleurs. Quand ils arrivèrent au village des Vieux croutons qui râlent, Cérumen endiablé et Grosse Moumoule Parapide se mirent à chanter pendant que Rototo Mouillé entamait, avec les autres membres de la tribu une danse de joie autour d’un feu géant.

 

   Mais, au Pays des gens bizarres, tout le monde connait la fantastique, la merveilleuse et l’incroyable épopée de Paul Méchant Prout qui a libéré son père en asphyxiant le vilain Saucissondesardennes.

 

   Surtout ne cherchez pas

un chef aux grandes narines,

Il n’existe que dans nos cœurs…

                                                                                                                                                                   Fin de l'histoire

                                                                                                                                                               Papy Guînes

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23 mars 2020 1 23 /03 /mars /2020 16:35

Je devais offrir le tome II des Contes de Grand-père à tous mes petits-enfants, en juin prochain. Mais tout le monde est confiné et les journées peuvent paraitre longues. Alors, je mets les histoires en ligne. Ça leur fera passer un peu de temps… Bisous aux 9.

Papy Guînes

23/03/2020: Le secret du Schmorl-Bezeff...   / Conte pour Margaux

Le secret

du Schmorl-Bezeff

Conte pour Margaux

   Paris, le samedi 24 novembre, au restaurant « Le petit cuisinier ». Comme tous les samedis, le restaurant était plein : des étrangers anglais, indiens, africains, des chinois, des russes et même quelques provinciaux. Bref, la foule des grands jours et le personnel était débordé, le chef cuisinier ne sachant plus où donner de la tête.

 

   « Et ces messieurs dames… Ils ont choisi leur repas ? ». Georges, le serveur du restaurant était venu prendre la commande d’une petite famille grenobloise montée à Paris pour le week-end.  Il y avait là Papa, Maman, louise, Margaux et la petite dernière Charlotte. Tour Eiffel, Arc de Triomphe, bateau-mouche, musée de l’Homme… La journée avait été chargée et, du coup, tout le monde était, un tantinet, fatigué. Un bon repas et un peu de repos ne feraient pas de mal.

 

   Paris, le samedi 24 novembre, au restaurant « Le petit cuisinier ». Comme tous les samedis, le restaurant était plein : des étrangers anglais, indiens, africains, des chinois, des russes et même quelques provinciaux. Bref, la foule des grands jours et le personnel était débordé, le chef cuisinier ne sachant plus où donner de la tête.

 

   « Et ces messieurs dames… Ils ont choisi leur repas ? ». Georges, le serveur du restaurant était venu prendre la commande d’une petite famille grenobloise montée à Paris pour le week-end.  Il y avait là Papa, Maman, louise, Margaux et la petite dernière Charlotte. Tour Eiffel, Arc de Triomphe, bateau-mouche, musée de l’Homme… La journée avait été chargée et, du coup, tout le monde était, un tantinet, fatigué. Un bon repas et un peu de repos ne feraient pas de mal.

23/03/2020: Le secret du Schmorl-Bezeff...   / Conte pour Margaux

   « Oui monsieur. Ce sera un steak-frites pour tout le monde. Une bière, un verre de rouge et, exceptionnellement trois cocas ». Georges était bien content d’enregistrer une commande aussi simple mais il ne s’attendait pas à vivre un des épisodes les plus difficiles de sa vie.

 

   Car immédiatement après que le père ait parlé, les trois filles levèrent timidement le doigt. « Qu’est-ce qu’il y a encore, les filles ? » demanda le chef de famille. « On ne peut pas avoir autre chose que du steak ? » demanda Louise. Georges, sentant les complications arriver, proposa d’emblée : « Oui, on a des saucisses, du poulet ou du jambon… Tout cela avec des frites ». 

 

   Louise opta pour la saucisse ; Charlotte, quant à elle, demanda du jambon. Seule Margaux restait muette, la tête baissée, l’air buté. « Alors Margaux, s’écria Papa. Tu veux quoi avec tes frites ? ». Margaux ne répondit pas, semblant bouder de plus en plus. « Alors Margaux, décide-toi ! » Papa commençait à s’énerver ; Georges à s’impatienter et Maman, sentant la tension monter demanda : « Alors, Margaux… Tu te décides ? » « Je voudrais avoir du schmorl-bezeff ». Et comme un silence pesant s’était installé, elle rajouta « Avec de la sauce pankotti ».

23/03/2020: Le secret du Schmorl-Bezeff...   / Conte pour Margaux

   Ne voulant pas paraitre dépassé, Papa dit à Georges « OK, monsieur. Mettez donc une saucisse-frites, un jambon-frites et du schmorl-bezeff avec de la sauce pankotti. »

 

   Georges, un peu étonné, partit vers la cuisine, pensant que le chef saurait, lui, ce qu’est le schmorl-bezeff. Au bout de quinze minutes, Georges revint avec tous les plats...  Sauf un.

 

« Et où est le schmorl-bezeff de ma fille ? »

 

  • Pardon, monsieur, dit timidement le serveur. Je m’excuse nous ne savons pas ce que c’est que le schmorl-bezeff ».   
  • Comment ça ! Vous ne connaissez pas le schmorl-bezeff ?!!
  • Non… Désolé… Nous ne connaissons pas ce plat-là.

 

Mais d’où sortez-vous ? Tout le monde connait le schmorl-bezezff 

23/03/2020: Le secret du Schmorl-Bezeff...   / Conte pour Margaux
  • Et bien moi, je ne connais pas le schmorl-bezezff …

  

Et Margaux commenca à pleurer « Je veux du schmorl-bezeff… Je veux du schmorl-bezeff »

 

  • Tais-toi s’écria papa.
  • Oui, tais-toi rajouta le serveur qui commençait à devenir tout rouge.
  • De quel droit vous parlez ainsi à ma fille ! Je vous interdis de parler comme cela à ma fille ! Mais je vais vous éclater le nez, espèce de vieille taupe bigleuse et mal lavée ! »

  

C’est vrai que Georges avait de très grosses lunettes et était particulièrement mal rasé. Mais était-ce une raison pour le traiter de vieille taupe bigleuse ?

 

   N’y tenant plus et sentant la colère le déborder, Papa s’écria « Appelez-moi le patron ! » « C’est ça rajouta Margaux. Appelez le patron ». Tous les clients du restaurant regardaient et écoutaient, avec curiosité, la scène opposant la tribu Poher à ce serveur ignorant et énervé.

23/03/2020: Le secret du Schmorl-Bezeff...   / Conte pour Margaux

   Le patron Gérôme Anfut, originaire de la Martinique, arriva de suite, essayant de calmer les esprits. « Schmorl-bezeff… Nous allons chercher. Ne vous impatientez pas, messieurs dames… Nous allons trouver … Ou quelque chose qui y ressemble. »

 

« Pas question s’écria Margaux. On veut du vrai schmorl-bezeff ! » Et elle prit à pleine main la saucisse posée devant Louise, saucisse qu’elle envoya au travers de la figure du patron. Celui-ci, dans un mauvais réflexe prit le plat de radis et l’envoya vers Louise mais les radis atterrirent sur la tête de Constance qui, ni une ni deux, prit le tas de frites et l’envoya sur Georges. Mais, au passage, quelques frites, mal intentionnées sans doute, tombèrent sur le chapeau d’une brave dame qui déjeunait à la table d’à côté…

23/03/2020: Le secret du Schmorl-Bezeff...   / Conte pour Margaux

 Madame la vicomtesse de Sadégratte de la Chatouille, offusquée qu’on ose arroser son si beau chapeau avec des frites envoya son plat de champignons en l’air et le tout retombât sur la tête d’un milliardaire russe venu incognito à Paris. Bref, ce fut la mêlée générale et au bout d’un quart d’heure tous les clients se battaient et le restaurant n’était plus qu’un champ de ruines…   

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Constance arrachait avec rage les cheveux d’une vielle anglaise qui était venue manger du veau mariné au Pastis, accompagné de pommes pourries, spécialité du restaurant ; Vincent tapait avec une bouteille de vin sur les fesses de la Vicomtesse de Sadégratte de la Chatouille… Qui semblait aimer cela ; Margot mordait, à pleines dents, dans le mollet du patron qui hurlait de douleur ; Louise était grimpée sur les épaules du serveur et lui enfonçait des frites dans les narines en criant « Espèce de crapaud mal-foutu… » ; quant à Charlotte, debout sur la table, elle tirait sur les oreilles du milliardaire russe. C’était un combat fantastique, homérique, pire que la seconde guerre mondiale.

23/03/2020: Le secret du Schmorl-Bezeff...   / Conte pour Margaux

  Au bout d’un quart d’heure, la police arriva et essaya de séparer les belligérants. « Que ce passe-t-il ici ? s’écria le lieutenant Duneumin ». « Lieutenant ! On me reproche de ne pas savoir ce que c’est que le Schmorl-bezeff ! » « Quoi !!! Vous ne savez pas ce qu’est du schmorl-bezeff, s’écria le policier… Puis se tournant vers Vincent… C’est quoi du schmorl-bezeff ? »… On n’était pas sortis de l’auberge.

 

   Et au bout d’un quart d’heure, Le lieutenant Duneumin décida d’embarquer tout le monde au commissariat… Commissariat du 5ème arrondissement où, ce n’était un secret pour personne, on employait des méthodes d’interrogatoire un peu spéciales.

 

   Dans la première salle, en entrant à droite, les personnes qui y étaient enfermées devaient supporter le bruit d’un robinet qui coule goutte à goutte…

23/03/2020: Le secret du Schmorl-Bezeff...   / Conte pour Margaux

Et cela pendant des heures. Evidemment, au bout d’un moment, ces personnes ont une furieuse envie de faire pipi et on les en empêche… Sauf si elles avouent leur forfaiture. Dans la salle de gauche, on oblige les gens à écouter tout un opéra enregistré par la fameuse chanteuse Martina Poherola, chanteuse hyperconnue car elle chante faux, archifaux ; certains osent même affirmer qu’une casserole chante mieux qu’elle. La salle du fond est occupée par un grand matelas sur lequel les suspects sont attachés.

23/03/2020: Le secret du Schmorl-Bezeff...   / Conte pour Margaux

Ensuite, un nain, avec de grandes oreilles, un nez tordu, des boutons plein la figure et des canines de vampire, chatouille la plante des pieds de ces pauvres gens avec une plume d’oie du Canada. Pourquoi un nez tordu et des canines de vampires ? Parce que dans toute histoire, il faut un peu de monstrueux… Et qu’il faut toujours faire peur aux prisonniers. Bref, dans ce fameux commissariat, les méthodes d’interrogatoire sont très peu conventionnelles.

23/03/2020: Le secret du Schmorl-Bezeff...   / Conte pour Margaux

   Toute la famille Poher fut enfermée avec le robinet du goutte à goutte. Mais tous les membres de la famille restaient unis dans l’épreuve et chantaient d’une même voix : « Allons enfants de la patrie, le schmorl-bezeff est arrivé… ».

 

   Le personnel du restaurant fut enfermé, quant à lui, dans la salle d’opéra et au bout de 10 minutes, ils avaient l’impression de devenir tous fous. Gilbert criait « La torture, le bucher, la mort plutôt que d’écouter Martina Poherola ! ».

23/03/2020: Le secret du Schmorl-Bezeff...   / Conte pour Margaux

   Quant aux autres clients, c’est dans la salle du nain qu’ils furent rassemblés. Et c’est de là que vint la solution. En effet, au bout d’une heure de chatouillis à la plume, le milliardaire russe s’écria : « Mais qu’est-ce-que vous voulez enfin ! »  

 

On lui expliqua le problème du Schmorl-bezeff. Il éclata de rire et ajouta : « Il suffisait de le demander… Moi, je vais vous donner la recette… C’est un plat de chez moi, là-bas en Sibérie. »

23/03/2020: Le secret du Schmorl-Bezeff...   / Conte pour Margaux

   Tout le monde fut réuni dans la grande salle du commissariat et Wladimir Chépasquilfoulaba commença ses explications : « Le schmorl-bezeff est un plat sibérien que l’on donne à manger aux travailleurs quand il fait fort froid. On prend deux voltramiques bien dodus que l’on fait revenir avec du Jinoufard bien glacé. Quelques rondelles de matiplafortin qu’on aura laissées imprégner dans du koldamer. Une pincée de boulok, une cuillère de zobimak. Le tout au four pendant deux heures. Et vous obtenez un Schmorl-bezeff délicieux… Encore meilleur si vous ajoutez de la sauce pankotti ».

23/03/2020: Le secret du Schmorl-Bezeff...   / Conte pour Margaux

   « Alors, voilà ! s’écria Margaux. Ce n’est quand même pas si compliqué que cela ! ». Tout le monde se regardait ; Wladimir, content de lui, se disait que la Russie, qui avait inventé le Schmorl-bezeff, était un grand pays et le chef cuisinier se demandait s’il n’était pas tombé dans un asile de fous.

 

   Sur ce, tout le monde fut renvoyé et Constante, marquée par cet épisode douloureux car elle avait perdu beaucoup de cheveux dans la bataille, décida que le Schmorl-bezeff serait, désormais, le plat dominical de la famille… Seul problème, à Grenoble elle n’arrivait pas à trouver du zobimak… Ce qui était quand même bien embêtant car le Schmorl-bezeff manquait d’un peu de fumet… Mais Margaux était ravie.

 

  Surtout ne cherchez pas

la recette

du Schmorl-bezeff,

Elle n’existe que dans nos cœurs…

                                                                                                                                     Fin de l'histoire

                                                                                                                                             Papy Guînes

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23 mars 2020 1 23 /03 /mars /2020 14:27

Je devais offrir le tome II des Contes de Grand-père à tous mes petits-enfants, en juin prochain. Mais tout le monde est confiné et les journées peuvent paraitre longues. Alors, je mets les histoires en ligne. Ça leur fera passer un peu de temps… Bisous aux 9.

Papy Guînes

23/03/2020: Mademoiselle Sourire, madame Grinchon  ou Grand-mère Braillou... / Conte  pour Apolline

Mademoiselle Sourire,

madame Grinchon

ou Grand-mère Braillou

Histoire pour Apolline

   Dans un village d’Italie, il y avait une petite fille qui s’appelait Enillopa… Aimable, souriante, toujours gentille, toujours serviable. Elle se tenait bien à table, rangeait toutes ses affaires, travaillait bien à l’école et aidait beaucoup ses parents dans la petite maison. C’était un cas unique en Italie… Même un cas unique au monde. Jamais de cris, jamais de pleurs et elle était tellement agréable que tout le quartier avait donné à Enillopa le surnom de Mademoiselle Sourire. Bref, c’était un ange, une perfection et un rêve pour tous les parents.

23/03/2020: Mademoiselle Sourire, madame Grinchon  ou Grand-mère Braillou... / Conte  pour Apolline

   Mais par une chaude soirée d’août, alors que l’orage approchait, Enillopa, alors âgée de 6 ans, décida d’aller jouer dehors. « Ne sors pas ! Tu vas être trempée » cria sa mère. Mais, allez savoir pourquoi, Enillopa fit semblant de ne pas entendre. Il arrive souvent que des enfants deviennent sourds quand ils ne veulent pas obéir…

 

    Mais de la part d’Enillopa, cela était très étonnant. Quelque chose la poussait au dehors, une envie presque irrésistible, un besoin plus fort que la recommandation de Maman. Elle sortit discrètement, sans que Maria, la maman, ne la voit. Une fois dehors, sous la pluie, elle regarda dans la rue et vit, juste devant la maison, une ombre, une ombre qui bougeait. Enillopa s’approcha et découvrit, d’un seul coup, une vieille dame avec de longs cheveux gris, une robe en loque, un chapeau pointu et des mains bizarres… C’était la dame aux doigts crochus.

23/03/2020: Mademoiselle Sourire, madame Grinchon  ou Grand-mère Braillou... / Conte  pour Apolline

« Bonjour Enillopa. Comment vas-tu ? » demanda la vieille dame.

 

« Je vais bien Madame. Mais qui êtes-vous ? » répondit la petite fille.

 

« Je suis la dame aux doigts crochus… Je travaille chez Amazon et je m’occupe des petits bébés… C’est-à-dire que c’est moi qui livre les bébés quand ils sont commandés sur Internet. »

23/03/2020: Mademoiselle Sourire, madame Grinchon  ou Grand-mère Braillou... / Conte  pour Apolline

« Mais je croyais que les bébés naissaient dans le jardin… Dans les choux pour les garçons et dans les roses pour les filles ! »

23/03/2020: Mademoiselle Sourire, madame Grinchon  ou Grand-mère Braillou... / Conte  pour Apolline

« Eh bien, c’est faux… Le jardin, c’est Amazon… C’est ça le modernisme ! »

23/03/2020: Mademoiselle Sourire, madame Grinchon  ou Grand-mère Braillou... / Conte  pour Apolline

« Mais que venez-vous faire ici ? » demanda Eniloppa.

« Je dois t’avouer que je suis bien embêtée… Vois-tu, il y a quelques années, il y a 6 ans exactement, le jour de mon anniversaire, j’ai fait la fête… Un peu trop la fête… J’avais bu beaucoup de vin, de champagne, de bière, de vodka… Et j’en passe. Du coup, j’étais un peu saoule et je ne savais plus ce que je faisais. Or, le soir de cette fameuse journée, je devais livrer une petite fille à la princesse d’Italie, là-bas, à Rome. Et je me suis trompée de maison ! »

23/03/2020: Mademoiselle Sourire, madame Grinchon  ou Grand-mère Braillou... / Conte  pour Apolline

« Oh, mon dieu ! » s’écria Enillopa « C’est terrible ! Vous vous êtes trompée de maison ? »

 

« Et oui, ma pauvre fillette… Au lieu de mettre le bébé devant la porte du château, je l’ai déposé devant une petite maison… J’étais trop saoule et je ne voyais plus très clair. »

 

« Et alors ? » demanda Enillopa qui commençait à être inquiète.

 

« Alors, mon patron vient de découvrir ma bêtise et je dois réparer. Et Amazon m’a dit : « Si tu ne retrouves pas ce bébé, tu es mise au chômage et avec tes doigts crochus, tu auras du mal à retrouver du boulot… Alors, je dois réparer mon erreur… Or le bébé livré par erreur, c’est toi Enillopa et c’est pour cela que je suis là. »

 

« Oh ! s’écria la petite fille. Mais qu’allez-vous faire ? »

 

« Eh bien, je vais t’emmener pour te rendre à la princesse. »

 

« Mais je ne veux pas aller chez la princesse. Je veux rester avec ma maman. »

23/03/2020: Mademoiselle Sourire, madame Grinchon  ou Grand-mère Braillou... / Conte  pour Apolline

Et Enillopa partit en courant. La dame aux doigts crochus était très en colère et d’un seul coup, elle brandit son bâton… « Puisque c’est comme cela, je te jette un sort : à chaque fois que tu seras contrariée, tu ne pourras pas t’empêcher de faire le museau, de bouder et de ronchonner. Et tous les gens t’appelleront désormais Madame Grinchon ! ». Un éclair sortit du bâton de la vieille sorcière et frappa Enillopa sur la tête. La petite fille s’arrêta, s’assit sur une marche devant la maison et se mit à bouder. Maria, qui avait entendu du bruit sortit.

 

« Alors Enillopa… Que fais-tu dehors… Tiens, tu boudes ?... Tu ne vas pas devenir une mémère Grinchon quand même ? »

 

Et plus Maria parlait, plus Enillopa boudait. Au bout d’un moment, Maria décida de ne plus faire attention au mauvais caractère de sa petite fille, d’autant que c’était bien la première fois que cela se produisait. Et comme Maria ne faisait plus attention à Enillopa, celle-ci boudait de plus en plus.

23/03/2020: Mademoiselle Sourire, madame Grinchon  ou Grand-mère Braillou... / Conte  pour Apolline

Et elle prit l’habitude de bouder pour tout et n’importe quoi : On mangeait du jambon, Enillopa se mettait à bouder ; on jouait aux cartes, Enillopa boudait à nouveau ; on allait promener, elle boudait ; on faisait plein de choses, elle boudait ; on ne faisait rien, elle boudait. Et tout le monde dans le village commençait à l’appeler Madame Grinchon. Bref, elle boudait sans arrêt. Mais à force de bouder, elle attrapa de grosses rides sur le front… Et ce n’était vraiment pas beau.

 

Après quelques semaines, alors qu’elle partait à l’école, Enillopa tomba nez-à-nez avec la dame aux doigts crochus. « Alors, Enillopa, es-tu contente d’être devenue une grosse boudeuse ? » « Non » s’écria Enillopa et elle se mit à bouder. « Alors, as-tu changé d’avis ? Veux-tu que je t’emmène voir la Princesse ? ». « Non » s’écria à nouveau Enillopa et elle bouda encore plus. « Tant pis pour toi, déclara la vieille dame. Tu étais devenue Madame Grinchon… Maintenant, je vais te transformer en Grand-mère Braillou. » Et la Dame aux doigts crochus tapa, avec son bâton, sur la tête de la petite fille qui se mit aussitôt à pleurer.

23/03/2020: Mademoiselle Sourire, madame Grinchon  ou Grand-mère Braillou... / Conte  pour Apolline

Et elle prit l’habitude de pleurer pour tout et n’importe quoi : On mangeait du jambon, Enillopa se mettait à pleurer ; on jouait aux cartes, Enillopa pleurait à nouveau ; on allait promener, elle pleurait ; on faisait plein de choses, elle pleurait ; on ne faisait rien, elle pleurait. Et tout le monde dans le village commençait à l’appeler grand-mère Braillou. Bref, elle pleurait sans arrêt. Mais à force de pleurer, elle attrapa de gros yeux … Et, en plus des grosses rides, ce n’était vraiment pas beau.

 

Au bout de quelques mois, tout le monde dans le village commençait à dire : « Vous avez vu Enillopa ? Avec ses gros yeux et ses grosses rides, elle attrape une drôle de tête. » Et c’est vrai qu’elle avait une drôle de tête. En plus, comme elle pleurait en permanence et en grande quantité, l’eau des larmes coulait dans la rue et le conseil municipal avait dû faire une réunion en urgence pour parler du risque d’inondation.

 

D’ailleurs, un jour, Monsieur Locadi, le maire, vint voir Maria et Enillopa afin de parler de ce problème des inondations. Et comme on parlait des inondations, Enillopa se mit à pleurer. Au détour de la conversation, monsieur le maire révéla une chose : « Tiens, au fait. J’ai eu la visite d’une vieille femme à la mairie. Elle travaillait, soi-disant pour Amazon et elle voulait savoir si Enillopa était bien inscrite sur le registre d’état civil et si elle était bien la fille de Maria. J’ai bien sûr confirmé. » En entendant cela, Enillopa se mit à pleurer encore plus.

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Trouvant que tout cela commençait à bien faire, Maria piqua un coup de colère, décrocha son téléphone et appela Amazon. Après 2 longues heures d’explication au téléphone, Amazon reconnut que l’erreur de livraison était bien de leur faute et que la dame aux doigts crochus avait été un peu loin en punissant Enillopa et en la transformant en Grand-mére Braillou.

 

Le lendemain, la dame aux doigts crochus sonna à la porte de la maison de Maria. « Bonjour Madame. Je suis le service après-vente d’Amazon… Pourrais-je voir mademoiselle Enillopa ». Maria se méfiait. « Qu’allez-vous faire encore à ma petite fille ? Vilaine sorcière … » « Je viens m’excuser madame. Je viens réparer mes erreurs… J’ai été trop sévère avec la petite Enillopa. Et Amazon m’a dit qu’ils allaient me licencier. Alors, je n’ai pas le choix. »

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 Malgré sa méfiance, Maria appela Enillopa. Mais en voyant la vieille sorcière, Enillopa se mit évidemment à pleurer. Mais la dame aux doigts crochus se fit toute douce et dit : « Ne pleure pas petite fille. Les enfants qui pleurent sans arrêt ne deviennent pas beaux. Mais les enfants qui sourient éclairent toujours le monde… Tu es la fille d’une princesse, tu es donc, toi-même une princesse… Mais tu veux rester ici, auprès de Maria qui est, sans doute une autre princesse… Eh bien, c’est d’accord et je veux que tu redeviennes une Mademoiselle sourire ».

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 Et la dame aux doigts crochus tapa avec sa baguette, une fois sur la tête d’Enillopa qui d’un seul coup retrouva le sourire. « Cela fera une bonne leçon pour vous deux, s’écria Maria. Pour vous madame aux doigts crochus. Simplement pour vous rappeler qu’on ne doit pas boire trop d’alcool… Sinon on fait des bêtises… Et pour toi Enillopa… Pour te démontrer qu’une petite fille qui pleure toujours attrape des rides, des gros yeux et n’est plus très jolie… Avez-vous compris la leçon ? ».

 

  Toutes les deux hochèrent la tête et ainsi se termina cette drôle d’aventure. La dame aux doigts crochus repartit travailler chez Amazon et Enillopa redevint une petite fille souriante. Mais, allez savoir pourquoi, il y eut une indiscrétion et tout le village apprit la véritable histoire d’Enillopa. Même Gaston, son petit copain qui a des croûtes sur le bidon, eut pitié d’elle et lui pardonna sa période de mauvaise humeur…

 

A partir de ce jour, dans tout le village, les gens l’appelaient non pas Mademoiselle sourire mais Mademoiselle La Princesse sourire…

 

Surtout ne cherchez pas l’adresse de la dame aux doigts crochus …

Elle n’existe que dans nos cœurs…

                                                                                                                                                                               Fin de l'histoire

                                                                                                                                                                                    Papy Guînes

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Published by popo - dans contes pour petits
23 mars 2020 1 23 /03 /mars /2020 14:00

Je devais offrir le tome II des Contes de Grand-père à tous mes petits-enfants, en juin prochain. Mais tout le monde est confiné et les journées peuvent paraitre longues. Alors, je mets les histoires en ligne. Ça leur fera passer un peu de temps… Bisous aux 9.

Papy Guînes

23/03/2020: Un papy au pays des dinosaures.... / Conte pour Mathilde

Un papy au pays

des dinosaures

Conte pour Mathilde

   Les petites fées sont comme tout le monde : elles ont des papas et des mamans et elles ont même des papys et des mamys…Eh oui, elles vivent aussi dans une famille.

 

   Mathilde, la petite fée aux yeux bleus, était bien fatiguée après avoir aidé Lotard et son chien Claquemur à sauver le monde et à repeindre la nature (voir épisode précédent). Le magicien Lotard avait cru qu’il avait fait cela tout seul… Mais les 3 petites fées, Cloé, Roxane et Mathilde l’avaient bien aidé, discrètement, en cachette, sans que le bon magicien ne s’en rende compte. C’est normal, il avait besoin d’un coup de main : les couleurs sont parfois difficiles à trouver et le monde est tellement grand. Et du coup, Mathilde était fatiguée. Ses yeux se fermaient, sa tête était lourde et elle avait une furieuse envie de dormir.

 

   Elle dit à ses 2 amies : « On n’est pas loin de Guînes… Je vais aller me reposer chez ma Mamy et mon Papy. Je suis trop fatiguée. Je vous retrouverai plus tard. » Elle mit ses ailes en route et elle partit chez Papy et Mamy Guînes. Ses grands-parents furent très heureux de voir leur petite-fille. « Que tu as l’air fatiguée s’écria Mamy » « C’est vrai que pour un chien galleux, tu n’as pas l’air très tonique ! » ajouta Papy. Ce Papy-là ne pouvait pas s’empêcher de taquiner ses petits-enfants. « Les chiens galeux, ça doit toujours être en forme… A mon avis, tu manges trop de frites et de bonbons. »

23/03/2020: Un papy au pays des dinosaures.... / Conte pour Mathilde

Mais Mathilde était trop fatiguée pour entendre les blagues de son grand-père. Du coup, elle commença à faire la tête et à bouder, à bouder encore et à bouder encore plus. Et comme il continuait à la taquiner, elle s’énerva d’un coup. « Arrête, Papy ! Tu m’embêtes. Je suis trop fatiguée… Va plutôt embêter tous les autres dans l’espace et au pays des dinosaures ! »

23/03/2020: Un papy au pays des dinosaures.... / Conte pour Mathilde

   Mathilde était tellement fatiguée qu’elle avait oublié qu’elle avait des pouvoirs magiques… Et d’un seul coup, Papy disparut, s’évapora dans un nuage de fumée… Il était parti pour le pays des dinosaures. « Mais qu’as-tu-fait Mathilde ?  Papy a disparu ! » s’écria Mamy. « Il faut le retrouver… C’est lui qui fait les confitures et le pudding au pain! » .

 

   Mathilde se rendit compte qu’elle avait fait une bêtise : Une fée ne doit jamais utiliser ses pouvoirs magiques quand elle est en colère ou fatiguée. « Ne t’inquiète pas, Mamy ! Je vais le retrouver… Je vais aller le chercher… ». Mais Mathilde était bien embêtée car elle ne savait pas trop bien comment on allait au pays des dinosaures, si c’était dangereux et dans quel coin du pays des dinosaures, elle allait pouvoir retrouver Papy…  

23/03/2020: Un papy au pays des dinosaures.... / Conte pour Mathilde
23/03/2020: Un papy au pays des dinosaures.... / Conte pour Mathilde
23/03/2020: Un papy au pays des dinosaures.... / Conte pour Mathilde

    Ne sachant pas trop quoi faire, elle décida d’aller prendre conseil auprès du magicien Lotard. Un magicien doit connaitre le pays des dinosaures… C’est normal : c’est un magicien.

 

   Discrètement, elle sortit de la maison de Guînes et s’envola pour retrouver Maitre Lotard. Maitre Lotard était à la plage… En train de se faire bronzer… Et, en plus, il mangeait une glace à la vanille… Ce qui n’était pas très bon pour son régime !

23/03/2020: Un papy au pays des dinosaures.... / Conte pour Mathilde

« Maitre Lotard. J’ai un gros problème, murmura Mathilde, et vous seul pouvez m’aider ». « Que se passe-t-il, petite fée Mathilde ? ». Et Mathilde lui expliqua sa fatigue, sa colère et le papy envolé pour le pays  des dinosaures.

 

« Eh bien dis donc… Tu t’es mise dans un drôle de pétrin…  Et moi, je dois te l’avouer, je suis bien ennuyé : je connais tous les pays mais pas celui des dinosaures… Et pour trouver ce pays-là, il faut avoir de l’intuition et du flair… »

23/03/2020: Un papy au pays des dinosaures.... / Conte pour Mathilde

« Mais du flair… Claquemur en a plein ! s’écria Mathilde ». Quand il entendit son nom, Claquemur, le petit chien savant de Lotard, ouvrit un œil, dressa une oreille et commença à bouger la queue. Il aimait bien qu’on parle de lui.

 

« Tu as raison, petite Mathilde. On va demander à Claquemur de retrouver ton Papy. »

23/03/2020: Un papy au pays des dinosaures.... / Conte pour Mathilde

« Écoute-moi bien Claquemur. Tu vas essayer de retrouver le papy de Mathilde. » Claquemur fit bouger sa queue pour dire qu’il était d’accord. « Et si tu le retrouves, tu auras un gros os avec de la moelle. » La queue de Claquemur bougea encore plus car il était encore plus d’accord. « Il est perdu au pays des dinosaures. » Là, d’un seul coup Claquemur se sauva et se cacha sous un tas de coquillages, en tremblant et en criant « Aie, Aie…. ».

 

« Je crois que Claquemur a un peu peur… Il va falloir qu’on l’accompagne au pays des dinosaures. » ajouta Lotard. Devant l’air affolé de Mathilde, Lotard la rassura en lui expliquant qu’avec tous ses pouvoirs magiques ajoutés à ceux de Mathilde, il pouvait paralyser tous les dinosaures du monde. 

 

  Lotard prononça alors la formule magique : « Abracadabra ; Au pays lointain tu iras ; les dinosaures tu combattras et le papy retrouveras. » Et tous les trois disparurent dans un grand nuage de fumée… Et ils se retrouvèrent tous les trois, allongés dans l’herbe d’une prairie embrumée.

23/03/2020: Un papy au pays des dinosaures.... / Conte pour Mathilde

C’est vrai que le pays des dinosaures pouvait faire peur : de grandes montagnes avec des volcans en éruption ; de gros nuages noirs ; une forêt épaisse avec, en permanence, des cris de bêtes qui se battaient et qui hurlaient à la mort… De quoi donner la chair de poule… Nos trois héros se relevèrent, tout tremblant. Claquemur s’agrippa à la cheville de Lotard, car en fait, il n’était pas très courageux… Et Mathilde, que l’on pensait beaucoup plus brave se cacha dans la poche du magicien. « C’est une drôle d’armée de combattants ! » s’écria, en riant, Maitre Lotard. « Allez ! On y va. » Et Maitre Lotard se dirigea vers la haute montagne qui crachait du feu car il savait que les dinosaures aimaient bien vivre au pied des volcans. En effet, autour des volcans, la terre est bien plus fertile et l’herbe est beaucoup plus verte qu’ailleurs… et les dinosaures adorent l’herbe bien verte… Si les dinosaures étaient là, Papy serait là.

 

Après 2 heures de marche, ils arrivèrent à l’entrée d’une grotte, au pied du volcan. « Il ne peut pas être bien loin » remarqua Lotard. « Qui ça » demanda Mathilde , « Ouaf, Ouaf » s’écria Claquemur…  Ce qui, en langage chien voulait dire la même chose.  En disant cela, Lotard pensait à Papy mais Mathilde et Claquemur pensait surtout au dinosaure.

 

A peine entrés dans la grotte, un bruit terrible se fit entendre, un bruit terrifiant, un ronflement énorme et du coup, les murs tremblaient, des pierres se détachaient du plafond, les stalactites tombaient et les stalagmites ne montaient plus. Bref, on aurait pu croire que c’était la fin du monde. Claquemur, tout tremblant s’était réfugié sous la toge de Lotard et Mathilde s’enfonça encore plus dans la poche. Lotard, immobile, attendait la suite des événements. Il n’attendit pas longtemps car d’un seul coup, surgissant de l’obscurité, une tête de dinosaure apparut et ses gros yeux fixèrent le magicien, d’un air méchant.

23/03/2020: Un papy au pays des dinosaures.... / Conte pour Mathilde

Lotard, n’écoutant que son courage, regarda l’animal fixement et s’écria « Attends un peu, sale bête. Je vais te réduire en poussière ! ». A ce moment-là, le dinosaure dit d’une petite voix : « Pourquoi tu me traites de sale bête ? Tu n’es pas un mec gentil, toi ! » « Mais tu parles comme moi ! » s’écria Lotard. « Bien sûr que je parle comme vous et, je dirais même que je parle mieux que vous, car moi, je suis un être délicat et raffiné … Moi, par exemple, je ne dis jamais de gros mots et je ne fais jamais de faute de français. »

 

    Incroyable… Lotard était complétement sidéré. Qu’un dinosaure comprenne et parle le langage humain était quelque chose d’inimaginable. « Alors, si tu parles comme nous, peux-tu me dire où se trouve Papy, un monsieur qui vient d’arriver ici, venant d’un autre monde. » « Ah, s’écria le dinosaure. Tu viens récupérer ce malotru, ce bonhomme râleur, cet animal malhonnête… » « Animal malhonnête… Notre Papy ? » s’étonna Mathilde qui avait sorti la tête de la poche.  « Bien oui ! Animal malhonnête car depuis qu’il est arrivé, il n’arrête pas de pester, de maugréer, de m’injurier et de dire des « prout, zut, crotte de bique, merde…. Et j’en passe. C’est une horreur ; Or comme je ne supporte pas les gros mots, car je suis un être délicat et raffiné, je l’ai enfermé dans une salle de la grotte, derrière un rocher. » « Vous ne l’avez pas mangé ? » s’étonna Mathilde. « Sachez demoiselle, répondit la bête, que les dinosaures ne mangent que de la verdure… Et votre Papy, ce doit être de la vieille viande, tout dure et qui sent le moisi… Or moi, qui suis un être délicat et raffiné, je ne mange que du bio, de la production locale et en circuit court, c’est-à-dire produit sur le terrain. Et votre Papy, je ne sais pas d’où il vient…

23/03/2020: Un papy au pays des dinosaures.... / Conte pour Mathilde

 

En plus, il n’arrête pas de dire des gros mots ! Et je ne supporte pas les gros mots !» Et l’animal repoussa un cri féroce qui fit trembler toute la grotte.

 

« Eh bien, justement, mon cher dinosaure. » Lotard s’exprimait lentement, avec délicatesse. « Comme vous êtes un être délicat et raffiné, comme votre culture n’a d’égal que votre amabilité légendaire et comme nous voulons respecter votre tranquillité, nous sommes venus spécialement récupérer le Papy de mademoiselle Mathilde… Car nous savons qu’il peut être grossier, râler tout le temps et embêter son monde… Comme vous êtes un dinosaure délicat et raffiné, nous allons vous en débarrasser et nous allons le ramener dans notre monde. » « Voilà une bonne idée… Je vous le rends tout de suite, ce vieux machin malpoli ! »

 

A peine le rocher déplacé, Papy passa la tête et dit en regardant le dinosaure « Qu’est-ce qu’il me veut ce gros animal bêbête qui a tout du chien galeux… » Devant l’œil méchant du dinosaure, Mathilde s’écria « Papy, tais-toi » ; Lotard, voyant le risque de colère « dinosaurienne », ajouta « Allez, on s’en va tout de suite » et Claquemur conclut en criant « Ouaf, Ouaf ! » 

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Ni une, ni deux, après un coup de baguette magique, nos quatre compères disparurent dans un nuage de fumée et retombèrent sur terre.

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Bien revenu à lui, Papy s’écria : « Bon dieu ! C’était quoi ce truc ? Je lui aurais bien cassé la figure à ce gros dinosaure en carton-pâte. Vous m’en avez empêché… Bande de chiens galeux ! »

 

« Tais-toi Papy » s’énerva Mathilde « Si tu continues, je t’envoie au pays des… » Et là, Claquemur lui mordit la jambe pour éviter qu’elle ne redise une grosse bêtise. Et Lotard rajouta « C’est bien la première fois que je donne raison à Claquemur quand il mord quelqu’un… Et pendant que tu y es Claquemur, donne un coup de dent à Papy : cela lui apprendra à injurier les dinosaures ». Et Papy partit en courant en criant « Arrête ! Espèce de chien galeux ! ».

 

Surtout ne cherchez pas un dinosaure

délicat et raffiné…

Il n’existe que dans nos cœurs.

                                                                                                                                                             Fin de l'histoire

                                                                                                                                                                    Papy Guînes

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Hervé Poher             

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