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AVERTISSEMENT:




Nous vous proposons différentes photographies qui n'ont qu'un seul but: vous livrer de belles images du Pas-de-Calais, quelques images du monde et quelques clins d'oeil humoristiques. Ces photos ont été copiées sur le web et restent la propriété des gens de talent qui les ont faites.

ITINERAIRE...

1989

- Election au Conseil Municipal de Guines

1992

- Membre de la liste régionale

1994

- Elu Conseiller Général du Canton de Guînes

1995

- Elu Maire de Guînes

1997

- Elu Président de la Communauté de Communes des Trois-Pays (CCTP)

 - Suppléant du député Dominique Dupilet

1998

- Vice-Président du Conseil Général

- Président d'Eden 62

2000

- Nommé élu référent pour l'Opération Grands Sites des Caps

2001 Réélu

- Maire de Guînes

- Conseiller Général

- Président CCTP

2002

- Suppléant du député Jack Lang

2004

- Membre de la liste régionale

- Elu président du Comité de Bassin de l'Agence de l'eau Artois-Picardie (--> 2014)

2004

- Elu président du Pays de Calais (-->2006)

2005

- Elu président de la Conférence Sanitaire du Littoral (-->2009)

2007

- Suppléant du député Jack Lang

- Démission du poste de maire

2008 Réélu

- Conseiller Général

- Adjoint à Guînes

- Président de CCTP

- Président Agence Eau

2011 Réélu

- VP du Conseil Général

- Président du Comité de Bassin de l’Agence de l’eau

- Membre de la liste sénatoriale

2012 :

- Candidat aux législatives

- Elu Président du Parc Naturel

2013

- Sénateur du Pas-de-Calais 

- Démission de la CCTP

- Démission du CM de Guînes

2014 Réélu

- VP du Conseil général

- Président du Parc

2015

- Arrêt du Conseil Général

- Arrêt  Eden

-Arrêt Parc Naturel

2017

- Arrêt du Sénat

 

PHOTOS

 

Poher (19)      

Poher (7)

Poher (18)     

Andre-et-Gilbert     

Contrat-avenir.jpg   

En-assembl-e.jpg

GB     

Inauguration-Petit-Prince.jpg      

Langelin-maire-honoraire.jpg

election 2007    

Ardres     

Conservatoire 2

Poher herve (6)     

2004 fete de la randonnee    

Bouquehault     

Kluisbergen     

Poher (14)     

tour     

99 Inauguration ADSL

MDR             

repas vieux      

jardin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

18 septembre 2006 1 18 /09 /septembre /2006 00:00




Séance plénière du CG. Arras

Nouvelles énergies 18.09.06

Mon cher collègue.

 

    Vous évoquez là ce qui sera l’un des chapitres du futur agenda 21 du département, si notre assemblée accepte d’aller dans cette démarche.

 

   Je vous rappelle le processus que notre assemblée a adopté : Dans un 1er temps, nous devons adopter le plan stratégique départemental. Bien entendu, nous vous proposerons, au sein de ce PSD, que nous mettions en place l’élaboration d’un Agenda 21, dont le principe général est de faire entrer notre collectivité dans une démarche de développement durable.

 

   Les économies et les énergies renouvelables seront, bien évidemment, un des chapitres de cet agenda. Avec pour principe général que si nous voulons inciter les populations ou les acteurs publics à s’orienter vers ces nouvelles énergies, il faut d’abord que nous montrions l’exemple. On peut très bien imaginer que tous nos bâtiments départementaux (collèges, maisons départementales, centres routiers ou autres) soient, au fil du temps, équipés de capteurs solaires pour les chauffe-eau, sachant que dans ce domaine spécifique, la technique est bien au point et que le retour sur investissement peut être très rapide. On pourrait avoir la même démarche pour les chaudières, biomasse et filière bois.

 

   Pour les éoliennes, le problème est plus compliqué. En effet, vous savez sans doute que depuis l’accident du Portel, les règles d’installation de ces équipements ont été durcies et on ne peut plus installer des éoliennes comme on veut. Mais dans tous les cas où cette démarche sera possible, il est évident que le CG aura intérêt à utiliser cette énergie, en s’orientant vers des mini éoliennes.

 

   Je me permets de compléter votre suggestion, par une proposition qui pourra être inscrite dans notre Agenda 21 : Que tous nos bâtiments soient équipés de récupérateurs d’eau de pluie, pour l’utilisation, actuellement autorisée, dans les espaces verts, les garages et les toilettes.

 

   En résumé, toutes les idées sont bonnes à prendre, il suffit de les formaliser et de les acter dans une démarche globale du CG.

Hervé Poher

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Published by Hervé POHER - dans Conseil Général
22 mars 2006 3 22 /03 /mars /2006 00:00



Intervention CROSS ( Lille) du 22 Mars 2006

 

                                                      Monsieur le Directeur.

 

   Je siège au Cross en tant que Maire de Guînes, mais ne voulant pas souffrir d’un dédoublement de la personnalité, je tiens à rappeler que je suis vice-président du Conseil Général du Pas-de-Calais, chargé de la santé, et Président de la Conférence sanitaire du bassin Littoral. De plus, je tiens à préciser que je suis insensible au poujadisme local et hermétique au corporatisme. Je ne représente que les gens qui m’ont élu.

 

   Tout d’abord, permettez-moi de dénoncer la façon dont les choses se sont mises en place. Installer une conférence fin Novembre, recevoir les documents début Janvier pour donner un avis mi-Février, ce n’est pas très sérieux et, je dirais même, que c’est dangereux. On ne peut pas donner un avis correct en si peu de temps. De plus, Monsieur Abdelatif, vous l’a signalé : on se pose des questions sur la représentativité. Dans cette conférence, le corps médical n’était même pas représenté. Un premier ministre a inventé le terme de gouvernance et j’ai même entendu ce mot gouvernance à l’intérieur de l’hôpital. Oublier les médecins, ce n’est pas correct et ce n’est pas réaliste.

 

   Cela dit, nous avons donné notre avis et nous avons expliqué pourquoi il nous était impossible, juridiquement, humainement et politiquement, de voter ce texte. Certaines réponses ont été données. Vous vous doutez bien qu’elles ne nous satisfont pas entièrement, mais, au moins, ce sont des réponses. De plus, je me pose la question de l’utilité du Projet Médical de Territoire. Est-ce une vraie démocratie sanitaire ? Serons-nous écoutés ? Je tiens à signaler que la démocratie a des dangers. Avant, l’ARH était une dictature. Maintenant, on a mis en place une pseudo démocratie. Il faut faire attention car quand on donne la possibilité de parler, il faut qu’on ait l’impression d’être écouté, sinon cela peut créer beaucoup de frustrations. Et cela peut devenir très dangereux.

 

   Alors, le SROSS a été revu. Moi aussi, je tiens à rendre hommage à Mr Delaetere et à ses collègues qui ont fait un travail remarquable. Mais il manque dans ce document un signe fort : le signe d’un rattrapage sanitaire, le signe d’une discrimination positive. Oui, je sais, ceci est évoqué dans le préambule… Mais ce n’est qu’un vœu. Or ce rattrapage est nécessaire, je dirais même plus, est indispensable. Et ce ne sont pas les conférences ou les professionnels qui le réclament : c’est la population car c’est son dû et que ce ne serait que justice. Dans un autre lieu, j’ai accusé un Préfet de non-assistance à personne en danger. Les dernières dotations par tête d’habitant ne sont, hélas,  pas très encourageantes.

 

   Alors, pour toutes ces raisons, ne voulant pas bloquer la machine et ayant la naïveté de croire un peu en la démocratie sanitaire, je m’abstiendrai sur le vote de ce document.

 

Résultat du vote : Pour : 8

                            Abstentions : 20

                            Contre : 1

Hervé Poher

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Published by Hervé POHER - dans Conseil Général
24 octobre 2005 1 24 /10 /octobre /2005 20:09

geluck
 

Article publié dans le journal de Jack Lang

 

UN COMBAT À MENER……….

 

        Il n’y a pas une semaine, sans que vous ne soyez informés du mauvais état sanitaire de notre région, des vicissitudes de nos hôpitaux et des problèmes de financement de notre chère Sécurité Sociale.

    Et c’est vrai que notre système de santé n’est pas en forme et plus encore, dans la Région Nord/ Pas de Calais. Nous avons les plus mauvais indices sanitaires de France (mortalité la plus haute, morbidité la plus forte, espérance de vie la plus courte) et paradoxalement, nous avons moins de médecins qu’ailleurs, moins de moyens qu’ailleurs et moins d’espérance qu’ailleurs ! Alors, depuis des années, vos députés réclament, vos conseillers généraux et régionaux protestent, les associations se plaignent et le corps médical se désespère.

    On nous dit que la médecine coûte cher, que les malades ne sont pas raisonnables ou que les médecins exagèrent… Le vrai responsable, c’est la maladie elle-même. Les progrès de la médecine et de la technologie ont fait que faire un diagnostic et se soigner coûte bien plus cher qu’avant. Mais le résultat est évident : nous sommes mieux soignés. De plus, nous sommes dans une société où la médecine est devenue un secteur marchand dans un monde libéral, un secteur de business dans un monde d’affaires et où certains n’ont aucun scrupule à faire de magnifiques profits. Ce n’est pas pour rien que certains grands groupes financiers rachètent, à tour de bras des établissements de soin.

   C’est pourquoi, nous devons tous nous battre : Pour que notre Région obtienne, enfin, un rattrapage sanitaire, pour que le CHRU de Lille accepte de se déconcentrer et de travailler pour et avec tous les hôpitaux de la région, pour que nos hôpitaux soient équipés et performants, pour que nos étudiants en médecine restent chez nous et pour garder ce système de soin qui est, peut-être coûteux mais qui est original et performant.

    La côte d’Opale a des atouts : un bassin de vie bien défini, des hôpitaux de qualité, du personnel médical et paramédical performant, des réseaux qui se mettent en place…… Nous devons réclamer, auprès des décideurs régionaux et nationaux le droit à la santé, comme n’importe quel autre français.

    C’est un des grands combats des années futures, pour notre région. Elus, professionnels, citoyens : Tous mobilisés pour une même cause, et dans le domaine de la santé, de la souffrance et de la maladie, la cause est toujours noble.

Hervé Poher

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Published by Hervé POHER - dans Conseil Général
12 septembre 2005 1 12 /09 /septembre /2005 10:22

politique santé    

Arras, séance plénière    

 Monsieur le Préfet.

A la lecture du document que vous nous avez transmis, je dois vous avouer que je suis resté particulièrement dubitatif devant une phrase que certains estampilleraient de « très diplomatique », que d’autres rangeraient dans la catégorie des propos qui n’engagent à rien, et que moi je qualifierais de d’écrits à caractère sibyllin. 

En effet, page 50, il est noté : «  La démarche de rapprochement des établissements de santé publics et privés. Il s’agit d’une mission particulièrement complexe qui nécessite de la patience et de la disponibilité ».Point

Avouez, Monsieur le Préfet, que cette phrase n’amène aucuns renseignements sur les objectifs et la stratégie de l’Etat. Or il est noté le mot mission ! Et je me permettrai de dire que cette phrase est incomplète. Vous auriez dû écrire «  De la patience, de la disponibilité et de la transparence ».

Permettez que je rapproche cela de votre intervention lors de la Commission Permanente du 11 Juillet dernier. Le Président Dupilet vous avait demandé de faire le point sur le Plan HOPITAL 2007. Votre réponse, sans doute préparée par l’ARH, n’évoquait que le problème des relations tumultueuses entre l’Hôpital public d’Arras et un grand groupe financier, et quand je dis financier, soyez assuré, Monsieur le Préfet que c’est bien de façon volontaire que j’utilise ce mot.

Vous nous avez affirmé que :

Premièrement : Les subventions dans le cadre du plan Hôpital 2007 n’étaient pas assujetties à une coopération public-privé.

Deuxièmement : Que la COMEX, commission exécutive de l’ARH, avait voté, à l’unanimité, pour le projet de l’hôpital d’Arras, créant ainsi un campus sanitaire public–privé.

Je dois vous avouer, Monsieur le Préfet, que ces 2 affirmations sont, pour nous, très surprenantes et démontrent, soit un changement d’orientation évident, soit, de la part de l’ARH, une propension à la navigation à vue.

Je m’explique. Pour la première affirmation disant que les subventions ne sont pas assujetties à une démarche de coopération……..C’est un changement de cap qu’il est important de souligner. Nous participons à toutes les instances décisionnelles régionales et beaucoup de mes collègues font partie des conseils d’administration des hôpitaux. Nous avons donc une certaine pratique des stratégies de l’ARH. Et l’ARH ne faisait jamais de cadeaux. C’était toujours donnant/donnant.

Ici, je t’aide à combler le déficit, si tu raisonnes en bassin de vie. Là, je t’aide à t’équiper si tu remplies un contrat d’objectifs. Là-bas, je t’aide à construire un nouvel hôpital si tu entames une démarche de coopération public-privé.

Cette façon de faire a toujours été appliquée par l’ARH et n’est pas critiquable en soi. La pression financière étant, bien souvent, un argument pour faire évoluer les choses.

Or, vous nous annoncez que la règle du donnant/ donnant ne s’applique plus. C’est une évolution sensible qu’il faudra notifier à tous les hôpitaux…..Au sujet d’Arras, cela signifie que La Générale de Santé gardera sa subvention de 4 millions d’euros …. Même si elle a rompu les discussions avec l’hôpital, même si elle veut faire une OPA sur une clinique, même si elle prolonge cette OPA par une autre OPA sur le groupe Mercier. Quand on est fortement subventionné par l’Etat, ça aide pour faire une OPA….

Pour en terminer sur ce premier point, Monsieur le préfet, permettez-moi de dire que de ne plus conditionner les subventions à certaines obligations, est très louable en soi … Encore faudrait-il avoir le courage de l’afficher et je n’ose imaginer que les financements sans conditions ne soient réservés qu’aux structures privées .

Ensuite, vous nous avez annoncé que la COMEX avait donné un avis favorable au projet de l’hôpital d’Arras…. Là, Monsieur le Préfet, je ne comprends plus. Un avis favorable au mois de juin ne peut que nous satisfaire…Mais alors expliquez-nous pourquoi, lors du CROSS du 4 Mai, la DRASS, L’ARH, les représentants des Caisses d’Assurance Maladie….Bref, tous les services de l’état ont voté contre ce même projet !....Respectant ainsi les consignes de l’ARH et affichant ouvertement qu’elle soutenait la sécession et le coup le force de la Générale de Santé. Que s’est-il passé vers la fin du printemps ? Pourquoi l’ARH a-t-elle changé, complètement d’avis ?

Je n’ose croire, Monsieur le Préfet, que cette volte-face n’ait été provoquée par l’intervention de certains élus, par la mobilisation du Conseil Général et de la tempête médiatique qui en fut la conséquence.

Pour en terminer avec ce second point, permettez-moi de dire que favoriser l’hospitalisation privée est une philosophie en soi, parfaitement défendable, même si ce n’est pas la notre ; encore faudrait-il avoir le courage de l’afficher et je n’ose imaginer que l’ARH soit une alliée inconditionnelle et secrète des grands groupes financiers qui boursicotent avec la santé des gens.

En résumé, Monsieur le Préfet, l’offre de soins et le système de santé sont des dossiers majeurs pour la Région Nord/Pas de Calais. Et si nous voulons continuer à essayer de mettre en place ce rattrapage sanitaire indispensable, en y intégrant la notion de service public et en conservant une certaine éthique qui dit que la santé n’est pas uniquement un secteur marchand, il faut que l’Etat joue cartes sur table.

Tous les autres partenaires sont clairs :

Les élus et les collectivités demandent le maintien d’un service public fort et performant, qui peut et doit cohabiter et coopérer avec le secteur privé.

La Générale de Santé est claire, puisqu’ elle vient de révéler ses objectifs: être propriétaire de 25% des établissements de soins d’ici quelques temps. Et les moyens financiers, ils les ont et, en plus, on leur en donne !

Il faudrait que la position de l’Etat soit claire. Cela vous éviterait des phrases sibyllines ; cela ne nous ferait, sans doute pas plaisir mais, au moins, nous aurions une idée de ce qui nous attend.

Monsieur le Préfet, tout à l’heure, vous avez parlé de la qualité du dialogue entre l’état et les collectivités. Pour qu’il y ait dialogue, il faut être deux minimums et pour que ce dialogue soit de qualité, il faut que chacun soit honnête vis à vis de l’autre. Dans le N/PDC, la santé de nos concitoyens ne peut se permettre des non-dits….. La clarté des orientations des politiques publiques et la transparence des décisions ont été et seront toujours un devoir pour tout gouvernement.

Il serait sain, Monsieur le Préfet, l’appliquer dans le domaine de la santé

Hervé Poher

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Published by popo - dans Conseil Général
12 septembre 2005 1 12 /09 /septembre /2005 00:00



Séance plénière au CG. Arras : Rapport des services de l’Etat

 

                                                Monsieur le Préfet.

 

A la lecture du document que vous nous avez transmis, je dois vous avouer que je suis resté particulièrement dubitatif devant une phrase

    - que certains estampilleraient de « très diplomatique »,

    - que d’autres rangeraient dans la catégorie des propos qui n’engagent à rien,

    - et que moi je qualifierais de d’écrits à caractère sibyllin.

 

En effet, page 50, il est noté :

 «  La démarche de rapprochement des établissements de santé publics et privés. Il s’agit d’une mission particulièrement complexe qui nécessite de la patience et de la disponibilité ».Point

 

Avouez, Monsieur le Préfet, que cette phrase n’amène aucuns renseignements sur les objectifs et la stratégie de l’Etat. Or il est noté le mot mission ! Et je me permettrai de dire que cette phrase est incomplète. Vous auriez du écrire «  De la patience, de la disponibilité et de la transparence ».

 

Permettez que je rapproche cela de votre intervention lors de la Commission Permanente du 11 Juillet dernier. Le Président Dupilet vous avait demandé de faire le point sur le Plan HOPITAL 2007. Votre réponse, sans doute préparée par l’ARH, n’évoquait que le problème des relations tumultueuses entre l’Hôpital public d’Arras et un grand groupe financier, et quand je dis financier, soyez assuré, Monsieur le Préfet que c’est bien de façon volontaire que j’utilise ce mot.

 

Vous nous avez affirmé que :

-         Premièrement : Les subventions dans le cadre du plan Hôpital 2007 n’étaient pas assujetties à une coopération public-privé.

-         Deuxièmement : Que la COMEX, commission exécutive de l’ARH, avait voté, à l’unanimité, pour le projet de l’hôpital d’Arras, créant ainsi un campus sanitaire public–privé.

 

Je dois vous avouer, Monsieur le Préfet, que ces 2 affirmations sont, pour nous, très surprenantes et démontrent, soit un changement d’orientation évident, soit, de la part de l’ARH, une propension à la navigation à vue.

 

Je m’explique. Pour la première affirmation disant que les subventions ne sont pas assujetties à une démarche de coopération……..C’est un changement de cap qu’il est important de souligner. Nous participons à toutes les instances décisionnelles régionales et beaucoup de mes collègues font partie des conseils d’administration des hôpitaux. Nous avons donc une certaine pratique des stratégies de l’ARH. Et l’ARH ne faisait jamais de cadeaux. C’était toujours donnant/donnant.

 

-         Ici, je t’aide à combler le déficit, si tu raisonnes en bassin de vie.

-         Là, je t’aide à t’équiper si tu remplies un contrat d’objectifs.

-         Là-bas, je t’aide à construire un nouvel hôpital si tu entames une démarche de coopération public-privé.

 

Cette façon de faire a toujours été appliquée par l’ARH et n’est pas critiquable en soi. La pression financière étant, bien souvent, un argument pour faire évoluer les choses.

 

Or, vous nous annoncez que la règle du donnant/ donnant ne s’applique plus. C’est une évolution sensible qu’il faudra notifier à tous les hôpitaux…..Au sujet d’Arras, cela signifie que La Générale de Santé gardera sa subvention de 4 millions d’euros …. Même si elle a rompu les discussions avec l’hôpital, même si elle veut faire une OPA sur une clinique, même si elle prolonge cette OPA par une autre OPA sur le groupe Mercier. Quand on est fortement subventionné par l’Etat, ça aide pour faire une OPA….

 

Pour en terminer sur ce premier point, Monsieur le préfet, permettez-moi de dire que de ne plus conditionner les subventions à certaines obligations, est très louable en soi … Encore faudrait-il avoir le courage de l’afficher et je n’ose imaginer que les financements sans conditions ne soient réservés qu’aux structures privées ?

 

Ensuite, vous nous avez annoncé que la COMEX avait donné un avis favorable au projet de l’hôpital d’Arras…. Là, Monsieur le Préfet, je ne comprends plus. Un avis favorable au mois de juin ne peut que nous satisfaire…Mais alors expliquez-nous pourquoi, lors du CROSS du 4 Mai, la DRASS, L’ARH, les représentants des Caisses d’Assurance Maladie….Bref, tous les services de l’état ont voté contre ce même projet !....Respectant ainsi les consignes de l’ARH et affichant ouvertement qu’elle soutenait la sécession et le coup le force de la Générale de Santé. Que s’est-il passé vers la fin du printemps ? Pourquoi l’ARH a-t-elle changé, complètement d’avis ?

 

Je n’ose croire, Monsieur le Préfet, que cette volte-face n’ait été provoquée par l’intervention de certains élus, par la mobilisation du Conseil Général et de la tempête médiatique qui en fut la conséquence.

 

Pour en terminer avec ce second point, permettez-moi de dire que favoriser l’hospitalisation privée est une philosophie en soi, parfaitement défendable, même si ce n’est pas la notre ; encore faudrait-il avoir le courage de l’afficher et je n’ose imaginer que l’ARH soit une alliée inconditionnelle et secrète des grands groupes financiers qui boursicotent avec la santé des gens.

 

En résumé, Monsieur le Préfet, l’offre de soins et le système de santé sont des dossiers majeurs pour la Région Nord/Pas de Calais. Et si nous voulons continuer à essayer de mettre en place ce rattrapage sanitaire indispensable, en y intégrant la notion de service public et en conservant une certaine éthique qui dit que la santé n’est pas uniquement un secteur marchand, il faut que l’Etat joue cartes sur table.

 

Tous les autres partenaires sont clairs :

 

-         Les élus et les collectivités demandent le maintien d’un service public fort et performant, qui peut et doit cohabiter et coopérer avec le secteur privé.

-         La Générale de Santé est claire, puisqu ‘elle vient de révéler ses objectifs: être propriétaire de 25% des établissements de soins d’ici quelques temps. Et les moyens financiers, ils les ont et, en plus, on leur en donne !

-         Il faudrait que la position de l’Etat soit claire. Cela vous éviterait des phrases sibyllines ; cela ne nous ferait, sans doute pas plaisir mais, au moins, nous aurions une idée de ce qui nous attend.

 

Monsieur le Préfet, tout à l’heure, vous avez parlé de la qualité du dialogue entre l’état et les collectivités. Pour qu’il y ait dialogue, il faut être deux minimum et pour que ce dialogue soit de qualité, il faut que chacun soit honnête vis à vis de l’autre. Dans le N/PDC, la santé de nos concitoyens ne peut se permettre des non-dits….. La clarté des orientations des politiques publiques et la transparence des décisions ont été et seront toujours un devoir pour tout gouvernement.

Il serait sain, Monsieur le Préfet, l’appliquer dans le domaine de la santé. 

Hervé Poher

 

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Published by Hervé POHER - dans Conseil Général
3 septembre 2005 6 03 /09 /septembre /2005 00:00






Réunion de la Fédération Ps 62, en présence de François Hollande

INTERVENTION WINGLES , le 03/09/05

                                                      
                         Mes chers camarades.

 

 On m’a demandé de rédiger une ordonnance concernant notre système de santé. Je l’ai donc fait ; elle ne coûte pas cher…..du moins pour l’instant.

Permettez-moi de rappeler quelques constantes :

-         La santé est une valeur importante de notre société

-         Lorsque l’on fait un sondage, les français répondent toujours que la santé est le système auquel ils sont le plus attachés.

-         Quand on vous parle de santé, on ne vous parle que d’équilibre budgétaire, de finances et, surtout, de déficit. On accuse les malades qui ne sont pas raisonnables ; on accuse les médecins qui ne font pas attention ; on accuse les cotisations qui ne rentrent pas. C’est vrai que c’est un peu tout ça…Mais le vrai responsable, c’est la médecine elle-même. Se soigner coûte de plus en plus cher mais le résultat est qu’on vit de plus en plus vieux.

 

Pourtant la santé est malade

-         Dans son fonctionnement

-         Dans ses finances

-         Par ses inégalités

 

Avant de rédiger l’ordonnance, nous avons, avec le groupe de travail, fait un diagnostic et nous avons relevé 4 types d’inégalité.

 

Tout d’abord l’inégalité sociale.

·        La médecine est devenue une activité rentable, commerciale et source de profits. Et on assiste de plus en plus à une privatisation de celle-ci avec ce terme horrible de « dépassements d’honoraires ». Soyons francs, mes chers camarades, les gens défavorisés n’ont pas les mêmes possibilités que les autres pour se soigner ! Et l’on voit de plus en plus la montée en puissance de grands groupe financiers qui s’impliquent dans le système de soins. Et ils osent dire qu’ils font du service public !! Non, ils font du pognon. Il faut avoir le courage de le dire. Si vous avez une cirrhose du foie, si vous avez une maladie de longue durée, si vous êtes un clochard, les cliniques ne vous prennent pas.

·        Et que faire pour les étrangers en situation irrégulière ? Les médecins ont prêté le serment d’Hippocrate qui nous oblige à soigner tout le monde, sans discrimination.

·        Inégalités pour les  personnes âgées qui bien souvent, ne peuvent plus se payer une mutuelle et n’ont plus accès au système de soins.

·        Inégalités, enfin, vis-à-vis des pathologies mentales, encore considérées comme de la sous-médecine.

 

Ensuite, nous avons relevé des inégalités géographiques.

Je prendrai un exemple….au hasard. Le Nord/Pas de Calais n’est pas premier partout. Mais il y a bien un domaine où nous sommes en tête.

Nous avons l’espérance de vie la plus faible de France.

Nous avons le taux de morbidité le plus haut de France.

Nous sommes les premiers pour : les cancers de la gorge, du poumon, cancer du sein, cancer de l’intestin et cancer de l’utérus. Nous sommes encore les premiers pour les maladies cardiovasculaires et les cirrhoses du foie. Et enfin, mes chers camarades, nous sommes les premiers pour les suicides….surtout chez les jeunes.

 

Et, paradoxalement, nous sommes plus malades et nous avons moins de moyens pour se soigner. Et lorsque l’on demande aux spécialistes pourquoi il y a des poches de pathologies, Calais, Boulogne, Lens, Liévin….ils vous répondent qu’ils ne savent pas, mais que lorsqu’on prend la carte du chômage et celle des pathologies, elles se superposent exactement ! Sans commentaires.

 

Inégalité de moyens. Un seul chiffre : Nord/pas de Calais, 4,5 millions d’habitants, 1 CHRU. La région parisienne, 11 millions d’habitants, 11 CHRU….Et pourtant, nous avons réclamé. Mais personne ne nous entend. Serait-on des bâtards d’anglais ; serait-on des bâtards de flamands ?

 

Inégalité financière, enfin. L’acte II de la décentralisation a permis aux Conseils Régionaux de participer à la politique de santé, en siégeant à l’ARH. Mais à condition de mettre de l’argent sur la table. Il semble évident que les régions riches pourront plus s’impliquer que les régions pauvres. Le Nord/Pas e Calais ne pourra pas mettre autant que la Région Ile de France, que la Région PACA, que la Région Rhône Alpes et le différentiel va donc s’accroître.

 

J’ai donc rédigé une ordonnance avec 10 commandements :

1er commandement : Sortir d’une logique entièrement financière. La médecine n’est pas uniquement un problème d’argent, c’est aussi un problème de volonté. Et il faut rappeler au corps médical que la médecine n’est pas uniquement une boite à sous.

Ensuite, il faut défendre le service public, quitte à le réformer ! Il faut le rendre aussi performant que le privé.

Il faut développer les actions de prévention et instituer la prévention comme un acte médical à part entière. Il faut même rendre certains dépistages obligatoires.

Il faut développer la médecine scolaire et la médecine du travail.

Il faut développer les actions d’accompagnement social et psychologique, par les médecins et par les associations. «  Parler, ça ne coûte pas cher, mais ça peut rapporter gros ».

Il faut réclamer cette péréquation qui est notre dû. C’est une question de justice. Martine Aubry nous l’avait donné ; Raffarin nous l’a reprise.

Il faut prendre des mesures pour inciter, voire obliger les médecins à s’installer dans les régions en manque de personnel médical.

Il faut développer les structures pour handicapés, pour les malades souffrant de la maladie d’alzeihmer ou de toutes les pathologies dues à la vieillesse. Et j’ajouterai, les structures d’aide psychologique et psychiatrique, surtout à destination des jeunes.

Il faut demander à l’Etat d’être logique. On ne peut pas lutter contre le tabac et l’alcool et empocher les taxes dans le budget général de l’Etat.

Il faut enfin, que le Parti Socialiste, affirme haut et fort que le travail, l’éducation, le logement et la lutte contre la pauvreté sont, quand même les meilleurs médicaments et qu’avec tout ça, on peut guérir presque tout.

 

Voilà l’ordonnance que nous avons rédigée. Bien sur, elle peut paraître utopique, mais je tiens à vous rappeler, mes chers camarades :

-         Que sans l’utopie, il n’y aurait pas de Parti Socialiste

-         Et pour la trois centième fois que le progrès n’est que l’accomplissement des utopies.

 

Hervé Poher

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20 juin 2005 1 20 /06 /juin /2005 10:19

Stéthoscope POHER

Arras Séance plénière 

La nouvelle loi de santé publiqueamène une recentralisation des politiques sanitaires. Le CG doit se positionner, dans le cadre de ses  compétences sur ce qu’il veut garder, introduire ou continuer  en contractualisant avec l’Etat. 

Depuis 1983, les Départements étaient responsables : de la lutte contre la tuberculose, de la politique vaccinale, de la lutte contre les MST, sauf  le SIDA, de la lutte contre la lèpre, de la lutte contre les cancers, prévention et dépistage.

Toutes ces compétences ont été exercées, sauf la lèpre qui est, quand même une pathologie très rare sur notre territoire. La dernière action phare a été la création d’OPALINE 62, association chargée du dépistage du cancer du sein, avant de s’intéresser, dans un deuxième temps à d’autres pathologies cancéreuses.

Parallèlement à ces politiques obligatoires, le CG s’est investi dans des politiques volontaristes par l’intermédiaire de la Promotion de la Santé et, depuis 2000, dans le cadre des PRS, faisant partie du volet sanitaire du contrat de plan.

Je tiens à signaler que l’investissement des 2 conseils généraux et la mise en place des PRS/PTS sont reconnus comme exemplaires au niveau national et international. C’est d’ailleurs, en se servant de l’exemple du N.PDC que le gouvernement a imaginé une partie de la nouvelle loi de santé publique.

Le Cg doit se déterminer avant Août 2005 sur son implication dans certaines compétences qui étaient des compétences obligatoires (tuberculose, vaccinations et dépistage du cancer.

Et devra définir, avant fin 2006, s’il continue ses politiques volontaristes.

Dans un souci de coordination et d’efficacité, nous avons consulté nos partenaires de la Région et du Conseil Général du Nord. D’un commun accord, nous avons constaté que l’état sanitaire de notre région et la persistance de mauvais indices sanitaires, obligeaient les collectivités territoriales à rester des acteurs de prévention.

Nous vous proposons donc, dans un premier temps : Comme cela est demandé dans la loi du 13 Août 2004, de conserver l’exercice de 3 compétences , c'est-à-dire la lutte contre la tuberculose, les vaccinations et le dépistage des cancers ; le maintien de ces 3 compétences devant se faire après la réalisation d’un état des lieux et une négociation avec l’Etat quant aux compensations financières.

De soutenir la demande de l’ADF qui veut faire reporter la date limite en fin d’année

Et dans un deuxième temps, avant fin 2006, nous vous proposerons le maintien de certaines politiques issues de notre action dans le cadre de la Promotion de la Santé et des PRS, politiques volontaristes, mais redéfinies pour être plus en phase avec nos compétences obligatoires.

Hervé Poher

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20 juin 2005 1 20 /06 /juin /2005 10:15

médecin POHER     

  Arras, séance plénière.

   Le problème de la désertification médicale en milieu rural n’est pas spécifique du Nord Pas-de-Calais. D’autres régions sont plus durement touchées que nous, même si notre région a quelques particularités.

 Cette désertification résulte de la conjonction de plusieurs processus :

1er processus : L’instauration de l’idiotie appelée Numérus Clausus.

Partant du principe, pas totalement faux mais totalement absurde, que «  Plus il y a de médecins, plus on dépense »,  le gouvernement a instauré, dans les années 70, un numérus clausus, c'est-à-dire qu’on limitait de façon drastique le nombre d’étudiants en médecine. Etant donné la longueur des études de médecine et l’âge de la retraite des médecins étant fixé à 65 ans, nous sommes, depuis 2 à 3 ans en plein dans la vague de départ en retraite des premiers médecins « numéruclausés ». Ceci était prévisible : Pour pallier à ce départ, toutes les études ont montré qu’il fallait, au minimum former, 7500 médecins par an, pour toute la France. Entre 70 et 2000, le numérus clausus était fixé à 3000 par an. Donc dès le départ, il nous manque 135.000 médecins.

Je vous rappelle que dans cette enceinte, depuis plus de 10 ans, nous réclamons la suppression ou l’élargissement du numérus clausus. Mais notre revendication légitime n’a jamais atteint les oreilles des technico-financiers qui fixent les orientations.

Une augmentation du chiffre d’étudiants en médecine vient d’être, en plusieurs vagues, décrétée. Mais comme, il faut 8 ans minimum pour former un médecin, nous savons que la période 2000- 2020 sera très difficile pour tous. Permettez-moi de dire que ceci est le résultat de l’imprévoyance de certains et d’une gestion strictement financière de la santé.

2ème processus : A la fin des années 90, partant du même principe idiot que  «  plus il y a de médecins, plus on dépense », on a créé, pour un temps limité, le MICA, possibilité, pour les médecins de partir en retraite de façon anticipée, avant l’âge de 65 ans. Or, cette mesure qui n’aurait pu être qu’un gadget, a rencontré un succès inattendu, amenant beaucoup de praticiens à arrêter avant la fin.

3ème processus : Beaucoup de médecins, formés à Lille ou à Amiens, vont s’installer ailleurs que dans le Nord Pas-de-Calais . Les raisons en sont diverses et variées mais le phénomène est réel et malgré, tous nos efforts, a une fâcheuse tendance à s’accentuer.

4ème phénomène : Plus sociétal, celui-là. Les contingences liées au métier de médecin en milieu rural, c'est-à-dire, la disponibilité, les gardes et des horaires élastiques, font que les nouvelles générations de praticiens préfèrent s’installer en ville, où ils gagneront peut-être moins d’argent, mais où ils auront un confort de vie plus agréable. Permettez-moi de regretter, à titre personnel, cette nouvelle mentalité.

5ème phénomène : pour l’anecdote et parce que je sais que certains esprits pervers de cette assemblée se feront un plaisir de me le mettre dans le nez… Quand on voit que certains médecins, installés en milieu rural, abandonnent leur métier, pour faire de la politique…. Où va la France !

Bref, le constat est là : nous manquons et nous manquerons de plus en plus de médecins.

Le CG peut-il ou doit-il s’impliquer dans la mise en place de mesures essayant de lutter contre ce phénomène en milieu rural ?. Je pense que OUI. Et cela pour 2 raisons.

La première est que le maintien de la ruralité et le développement rural, sont des priorités pour le CG du PDC. La seconde est que dans toutes nos politiques, nous essayons de faire un maillage et un bon aménagement du territoire. Or, l’aménagement du territoire, ce n’est pas uniquement des bâtiments ou des routes, c’est aussi des hommes et des professions.

Comment peut-on s’impliquer ?

   Je pense que dans un premier temps, il serait intelligent de se concerter avec la Région, qui, de par la loi, est plus impliquée que nous, dans le domaine sanitaire. Ensuite, il serait possible, dans le cadre du FARDA, d’imaginer une aide financière uniquement sur les investissements, attribuée aux EPCI, dans le cadre de la création de cabinets de groupe, et en souhaitant certaines conditions d’exercice conformes à la notion de service au public et en conformité avec le code de déontologie. Dans ce domaine, tout est à imaginer.

Si vous m’en donnez le mandat, je vous propose, en concertation avec le président de la 5ème commission et le président du FARDA, et en liaison avec la Région, d’étudier les possibilités d’intervention du CG. Tout en étant bien conscient, mes chers collègues: que nous ne ferons pas de miracle et que le nombre de dossiers éventuels sera, de toute façon, limité.

Hervé Poher

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20 juin 2005 1 20 /06 /juin /2005 10:10

Hopital Arras

Arras séance plénière. 

Ce qui se passe, depuis quelques jours à ARRAS, est une caricature. 

Caricature d’une déviance ultralibérale tant redoutée et tant dénoncée, il y a quelques jours encore, lors de la campagne électorale.

Caricature de la déréglementation et de la dérégulation de notre système sociétal avec disparition de la notion de puissance publique, de service public et d’intérêt commun.

Caricature, enfin, du mépris hautain qu’ont certains grands groupes financiers, vis-à-vis des décisions collégiales visant un aménagement sanitaire intelligent du territoire.

Pour ceux qui ne sont pas au courant de ce qui se passe à ARRAS, permettez que je résume les faits.

   Depuis des années, l’Agence Régionale d’Hospitalisation, bras armé de l’état pour ce qui est des installations sanitaires, préconise la concertation et, si possible, une alliance et des projets communs, entre l’hospitalisation publique et l’hospitalisation privée. Cette démarche est compréhensible, louable et est basée sur le pragmatisme.

   Partout, dans la région, les hôpitaux et les cliniques privées ont entamé des discussions et ont essayé de créer une dynamique collective. Mais, le temps passant, il s’avère que les dés sont, dès le départ bien, souvent pipés. 9 fois sur 10, l’hospitalisation privée ne voit pas l’intérêt et ne veut pas se compromettre avec l’hôpital public.

   C’est ce qui s’est passé à ARRAS

   C’est ce qui s’est passé à CALAIS

   C’est ce qui se passera ailleurs.

   Et très sincèrement, les autorités de l’Etat jouent, dans ces dossiers, bien souvent, un double jeu.

   A Arras, la Générale de Santé est propriétaire d’une clinique, la Clinique BON SECOURS. Et les discussions, pour un projet commun, se faisaient à 3 : L’hôpital, la Générale de Santé et un troisième établissement, la clinique Sainte Catherine qui est indépendante.

   La Générale de Santé a rompu les discussions et a décidé de construire, seule, un nouvelle clinique sur le terrain des Bonnettes.

   Malgré cette défection prévisible, l’hôpital et la clinique Sainte Catherine ont élaboré, à 2, un projet de regroupement, les privés de la clinique acceptant de transférer leur matériel sur le campus de l’hôpital, où était créé un grand centre de diagnostic et de traitement du cancer.

   Ce centre est nécessaire à ARRAS.

   Ce centre est nécessaire à l’Artois.

   Ce centre peut correspondre à l’un des objectifs du SROSS III, en cours d’élaboration.

Mais, bien entendu, une telle entente était contraire aux ambitions et aux intérêts de la Générale de Santé.

La demande de transfert de matériel a été déposée au CROSS et a été examinée le 4 Mai dernier. Et figurez-vous que, paradoxalement, les 3 dossiers de transfert avaient reçu un avis négatif des services instructeurs de l’Etat : Alors que c’était des dossiers intelligents, alors qu’on avait enfin trouvé un consensus entre le public et le privé, alors que cela répondait exactement aux recommandations de l’ARH.

A cette réunion du 4 Mai, après quelques discussions et quelques interventions, et contre toute attente, la commission a donné un avis favorable au transfert sur le campus hospitalier. Mais, je tiens à préciser que tous les services de l’Etat ont voté contre, affichant ainsi, qu’ils voulaient privilégier les projets de la Générale de Santé.

   Nous pensions le dossier gagné ; nous pensions la notion de service public sauvegardée ; nous pensions la mécanique enclenchée.

   Hélas ! Nous étions, une fois de plus, très naïfs.

Pour éviter une alliance Hôpital- Clinique Sainte Catherine, la Générale de Santé a contacté les actionnaires de ST Catherine et leur a proposé de racheter l’établissement. Ce grand groupe, étant propriétaire des 2 cliniques, l’alliance public-privé deviendrait, ipso facto impossible.

La Générale de Santé, ayant été battue par la décision du CROSS, elle contre-attaque en mettant des millions d’Euros sur la table. Et de plus, si la Générale gagne cette bataille, elle pourra bénéficier, pour la construction de sa nouvelle clinique de 3 millions d’Euros donnés, généreusement par l’ARH, dans le cadre du plan HOPITAL 2007.

En résumé, dans le dossier arrageois, l’argent risque d’être plus fort que la défense des principes et que les décisions souveraines.

Alors, mes chers collègues, permettez-moi de donner mon avis personnel.

J’ai honte.

J’ai honte de vivre dans une société où la médecine, la santé, la douleur et la mort sont devenues des valeurs, uniquement, marchandes.

J’ai honte de vivre dans une société où les termes « Bien être et santé » ont été remplacés par les termes «  finances et profits ».

J’ai honte de vivre dans cette société où, sciemment, on procède au dépeçage de ce qui était l’un de nos fleurons sociétal : une médecine, certes coûteuse, mais accessible à tous, équitable et performante. Parce que tout le monde le sait, dans cette enceinte et ailleurs : le public et le privé ne font pas la même médecine. Pour les uns, c’est la santé des gens quels qu’ils soient ; pour les autres, c’est la rentabilité avant tout.

Ce qui se passe dans notre région, ne fait que refléter la philosophie générale qui tend à s’imposer partout dans le pays. Or c’est contraire à notre histoire ; c’est contraire à nos intérêts et c’est contraire à ce devoir de solidarité que nous avons tous, vis-à-vis de nos populations défavorisées.

Faut-il pour cela quitter les instances qui gèrent la politique sanitaire ?

Très sincèrement, je pense que NON :

Parce qu’il faut encore être présent pour rappeler ce qu’est l’égalité républicaine devant la santé.

Parce qu’il faut encore être actif pour essayer de préserver un véritable service public.

Parce qu’il faut pouvoir dénoncer les profiteurs qui, sans vergogne et avec la bienveillance de certains, essayent de faire main basse sur la santé.

Permettez, pour en terminer, que j’en appelle :

Aux autorités de l’ETAT. Vous ne pouvez pas laisser perpétrer un tel hold-up. La collaboration public-privé, OUI ! L’hégémonie d’un privé, uniquement motivé par la rentabilité, NON !

J’en appelle au centre Hospitalier d’Arras et à tous les gens qui y travaillent, médecins et employés : continuez votre combat ; vous êtes dans la vérité.

Et j’en appelle, enfin, aux actionnaires de ST Catherine, qui sont des médecins :

N’oubliez pas pourquoi vous avez fait médecine.

N’oubliez pas pourquoi vous êtes devenu médecins.

N’oubliez pas que vous avez prêté le serment d’Hippocrate.

N’oubliez pas que la médecine n’est pas uniquement une boite à sous.

Ce qui fait la grandeur du métier de médecin, c’est l’abnégation, le dévouement et la solidarité.

Je sais que tout à l’heure, certains me diront que mon appel est vain, dans un monde qui, inéluctablement, va vers le chacun pour soi ; que notre société est, ainsi devenue, plaçant l’argent avant l’honnêteté, la droiture et les principes ; qu’il est démodé de jouer les DON QUICHOTTE ou les CYRANO et que ma colère est sans doute inutile….Mais comme il est écrit dans une des plus belles pages de notre littérature :

      «  Mesdames et Messieurs, c’est bien plus beau, lorsque c’est inutile. »

 

Hervé Poher

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20 juin 2005 1 20 /06 /juin /2005 00:00

ch-arras.jpg



Séance plénière du CG. Arras 

HOPITAL ARRAS le 20/06/05

 

 

                                 Le Président, mes chers collègues.

 

Ce qui se passe, depuis quelques jours à ARRAS, est une caricature.

Caricature d’une déviance ultralibérale tant redoutée et tant dénoncée, il y a quelques jours encore, lors de la campagne électorale.
Caricature de la déréglementation et de la dérégulation de notre système sociétal avec disparition de la notion de puissance publique, de service public et d’intérêt commun.
Caricature, enfin, du mépris hautain qu’ont certains grands groupes financiers, vis-à-vis des décisions collégiales visant un aménagement sanitaire intelligent du territoire.

 

Pour ceux qui ne sont pas au courant de ce qui se passe à ARRAS, permettez que je résume les faits.

 

   Depuis des années, l’Agence Régionale d’Hospitalisation, bras armé de l’état pour ce qui est des installations sanitaires, préconise la concertation et, si possible, une alliance et des projets communs, entre l’hospitalisation publique et l’hospitalisation privée. Cette démarche est compréhensible, louable et est basée sur le pragmatisme.

 

   Partout, dans la région, les hôpitaux et les cliniques privées ont entamé des discussions et ont essayé de créer une dynamique collective. Mais, le temps passant, il s’avère que les dés sont, dés le départ bien, souvent pipés. 9 fois sur 10, l’hospitalisation privée ne voit pas l’intérêt et ne veut pas se compromettre avec l’hôpital public.

 

   C’est ce qui s’est passé à ARRAS

   C’est ce qui s’est passé à CALAIS

   C’est ce qui se passera ailleurs.

 

   Et très sincèrement, les autorités de l’Etat jouent, dans ces dossiers, bien souvent, un double jeu.

 

   A Arras, la Générale de Santé est propriétaire d’une clinique, la Clinique BON SECOURS. Et les discussions, pour un projet commun, se faisaient à 3 : L’hôpital, la Générale de Santé et un troisième établissement, la clinique Sainte Catherine qui est indépendante.

   La Générale de Santé a rompu les discussions et à décidé de construire, seule, un nouvelle clinique sur le terrain des Bonnettes.

   Malgré cette défection prévisible, l’hôpital et la clinique Sainte Catherine ont élaboré, à 2, un projet de regroupement, les privés de la clinique acceptant de transférer leur matériel sur le campus de l’hôpital, où était créé un grand centre de diagnostic et de traitement du cancer.

 

   Ce centre est nécessaire à ARRAS.

   Ce centre est nécessaire à l’Artois.

   Ce centre peut correspondre à l’un des objectifs du SROSS III, en cours d’élaboration.

 

Mais, bien entendu, une telle entente était contraire aux ambitions et aux intérêts de la Générale de Santé.

 

La demande de transfert de matériel a été déposée au CROSS et a été examinée le 4 Mai dernier. Et figurez vous que, paradoxalement, les 3 dossiers de transfert avaient reçu un avis négatif des services instructeurs de l’Etat

-         Alors que c’était des dossiers intelligents

-         Alors qu’on avait enfin trouvé un consensus entre le public et le privé.

-         Alors que cela répondait exactement aux recommandations de l’ARH.

 

A cette réunion du 4 Mai, après quelques discussions et quelques interventions, et contre toute attente, la commission a donné un avis favorable au transfert sur le campus hospitalier. Mais, je tiens à préciser que tous les services de l’Etat ont voté contre, affichant ainsi, qu’ils voulaient privilégier les projets de la Générale de Santé.

 

   Nous pensions le dossier gagné ; nous pensions la notion de service public sauvegardée ; nous pensions la mécanique enclenchée.

 

   Hélas ! Nous étions, une fois de plus, très naïfs.

 

Pour éviter une alliance Hôpital- Clinique Sainte Catherine, la Générale de Santé a contacté les actionnaires de ST Catherine et leur a proposé de racheter l’établissement. Ce grand groupe, étant propriétaire des 2 cliniques, l’alliance public privé deviendrait, ipso facto impossible.

La Générale de Santé, ayant été battue par la décision du CROSS, elle contre attaque en mettant des millions d’Euros sur la table. Et de plus, si la Générale gagne cette bataille, elle pourra bénéficier, pour la construction de sa nouvelle clinique de 3 millions d’Euros donnés, généreusement par l’ARH, dans le cadre du plan HOPITAL 2007.

 

En résumé, dans le dossier arrageois, l’argent risque d’être plus fort que la défense des principes et que les décisions souveraines.

 

Alors, mes chers collègues, permettez moi de donner mon avis personnel.

J’ai honte.
 J’ai honte de vivre dans une société où la médecine, la santé, la douleur et la mort sont devenues des valeurs, uniquement, marchandes.
J’ai honte de vivre dans une société où les termes « Bien être et santé » ont été remplacés par les termes «  finances et profits ».
J’ai honte de vivre dans cette société où, sciemment, on procède au dépeçage de ce qui était l’un de nos fleurons sociétal : une médecine, certes coûteuse, mais accessible à tous, équitable et performante. Parce que tout le monde le sait, dans cette enceinte et ailleurs : le public et le privé ne font pas la même médecine. Pour les uns, c’est la santé des gens quels qu’ils soient ; pour les autres, c’est la rentabilité avant tout.

 

Ce qui se passe dans notre région, ne fait que refléter la philosophie générale qui tend à s’imposer partout dans le pays. Or c’est contraire à notre histoire ; c’est contraire à nos intérêts et c’est contraire à ce devoir de solidarité que nous avons tous, vis-à-vis de nos populations défavorisées.

 

Faut-il pour cela quitter les instances qui gèrent la politique sanitaire ?

 

Très sincèrement, je pense que NON :
 Parce qu’il faut encore être présent pour rappeler ce qu’est l’égalité républicaine devant la santé.
 Parce qu’il faut encore être actif pour essayer de préserver un véritable service public
 Parce qu’il faut pouvoir dénoncer les profiteurs qui, sans vergogne et avec la bienveillance de certains, essayent de faire main basse sur la santé.

 

Permettez, pour en terminer, que j’en appelle :
 Aux autorités de l’ETAT. Vous ne pouvez pas laisser perpétrer un tel hold-up. La collaboration public-privé, OUI ! l’hégémonie d’un privé, uniquement motivé par la rentabilité, NON !
J’en appelle au centre Hospitalier d’Arras et à tous les gens qui y travaillent, médecins et employés : continuez votre combat ; vous êtes dans la vérité.
 Et j’en appelle, enfin, aux actionnaires de ST Catherine, qui sont des médecins :

 

N’oubliez pas pourquoi vous avez fait médecine.
N’oubliez pas pourquoi vous êtes devenu médecins.
N’oubliez pas que vous avez prêté le serment d’Hippocrate.
N’oubliez pas que la médecine n’est pas uniquement une boite à sous.

 

Ce qui fait la grandeur du métier de médecin, c’est l’abnégation, le dévouement et la solidarité.

 

Je sais que tout à l’heure, certains me diront que mon appel est vain, dans un monde qui, inéluctablement, va vers le chacun pour soi ; que notre société est, ainsi devenue, plaçant l’argent avant l’honnêteté, la droiture et les principes ; qu’il est démodé de jouer les DON QUICHOTTE ou les CYRANO et que ma colère est sans doute inutile….Mais comme il est écrit dans une des plus belles pages de notre littérature :

      «  Mesdames et Messieurs, c’est bien plus beau, lorsque c’est inutile. »

Hervé Poher

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23 juillet 2004 5 23 /07 /juillet /2004 00:00



Représentant le CG. Préfecture Arras

 Monsieur le Préfet,

 

Puis-je me permettre de dire "la boucle est bouclée". En effet, je pense avoir été un des premiers élus à vous avoir accueilli dans le Pas-de-Calais, fin 2001. Vous étiez venu à Guînes inaugurer, une nouvelle Mairie, une maison de l'enfant et une classe maternelle. Cela nous avait d'ailleurs posé des problèmes car nous nous étions trompés sur l'orthographe de votre prénom. Mais je vous rassure … tout est rectifié.

 

            Je ne sais pas si vous vous rappelez de ce que je vous avais dit ? Je vous avais prévenu que le département du Pas-de-Calais était un département difficile, parce qu'il s'y passait toujours quelque chose et que la population et les élus étaient exigeants, très exigeants.

 

            Maintenant que vous partez, je pense pouvoir dire que je ne m'étais pas trompé.

 

            Il s'y passe toujours quelque chose ; vous avez été servi. Comme l'a rappelé le sénateur maire d'Arras, entre Metaleurop, la Comilog, la légionellose et les réfugiés… que de dossiers.

 

            Et les élus sont exigeants. Et je vais essayer de vous expliquer pourquoi.

 

            Un département, c'est comme un être vivant ; il y a l'inné et il y a l'acquis.

 

            Notre inné, c'est nos origines : imaginez un mélange de celte, avec un peu de saxon, ajouté à des flamands, des espagnols, des anglais… le tout avec une bonne pincée de polonais, d'italiens et de portugais… vous pouvez comprendre qu'on ait du caractère. Et notre acquis : c'est notre histoire… et je ne parle même pas des guerres : on les a toutes eues.

 

            C'est tout ce qui arrive depuis des années, dans tous les domaines et qui fait que nous avons souvent, de façon injustifiée, j'en conviens, l'impression d'être des mal-aimés et si vous prenez notre inné et notre acquis, vous pouvez comprendre que dans le Pas-de-Calais, nous ayons la révolte à fleur de peau.

 

            Avec une constante, Monsieur le Préfet, qu'il faut nous reconnaître : nous sommes toujours respectueux de l'Etat, de ses représentants et des lois. ; et je me suis laissé dire que ce n’est pas comme cela, partout en France.

 

            Voilà ce que je voulais vous dire, Monsieur le Préfet.

 

Alors, je vous dois vous offrir un cadeau de la part du Conseil Général… cela vous rappellera la bonne ville d'Arras.

 

Mais j'ai deux autres cadeaux, Monsieur le Préfet.

 

En effet, il m'est insupportable d'imaginer que bientôt, vous n'allez boire que du calva. Alors, je suis allé, ce matin, vous acheter une bouteille de Houlle… et puis, dernier cadeau, tout à fait inutile et strictement personnel… c'est un petit viking… comme cela, vous le mettrez sur votre bureau ou votre bibliothèque et en le regardant vous penserez à certains élus du Pas-de-Calais, qui attaquaient à coup de hache et dont le cri de guerre était "par Thor et par Odin" et qui, malgré tout, avaient de l'estime pour Monsieur Cyrille Schott.

 

Hervé Poher

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Published by Hervé POHER - dans Conseil Général
22 juin 2004 2 22 /06 /juin /2004 00:00

       


Séance plénière du CG. Arras

 

Monsieur le Préfet, Chers Collègues,

 

J'ai parcouru, avec quelque attention, le rapport d'activités des services de l'Etat et je dois vous avouer, Monsieur le Préfet, qu'à la fin de cette lecture, j'étais troublé, voire frustré, avec le désagréable sentiment d'une accumulation de non-dits.

 

Je m'explique :

 

Lorsqu'on lit ce rapport, on a une impression de continuité et de sérénité, malgré quelques épisodes de stress bien compréhensibles. Tout le monde sait que le poste du Préfet du Pas-de-Calais n'est pas de tout repos. La continuité des services de l'Etat, personne n'en doute et personne, dans cette enceinte, n'oserait mettre en cause la motivation et le sérieux de tous vos services.

 

Par contre, la sérénité n'est, sans doute, pas le terme approprié surtout dans le cadre des relations avec les collectivités territoriales.

 

Vous le savez, Monsieur le Préfet, dans le microcosme des élus, on ne parle que de "restriction budgétaire, de désengagement et de période de vaches maigres".

 

La plupart des élus, ont, désormais, la fâcheuse certitude que, dans beaucoup de domaines, on assiste à un non-engagement de l'Etat voire, ce qui est pire, un désengagement de l'Etat. Et dans une période où l'on parle de décentralisation, avouez que ceci est plutôt fâcheux, je dirais même contrariant.

 

Permettez que je prenne 5 petits exemples significatifs, tirés du quotidien d'un élu local et départemental.

 

1er exemple : les réserves naturelles

 

EDEN 62, outil du département, est gestionnaire, pour le compte de l'Etat, des deux réserves naturelles du Pas-de-Calais. Celle de Oye-Plage et celle de la Baie de Canche.

 

Dans le contrat initial, il avait été notifié que pour gérer ces réserves, nous pourrions bénéficier :

 

        d'une dotation financière annuelle
d'un accès privilégié, aux emplois aidés, l'aspect social de la démarche ayant été vivement souhaité par l'Etat.

 

Quel constat faisons-nous ?

 

Ø  tout d'abord, nous n'avons obtenu aucune faveur pour l'obtention de CES ou de CEC et cela commence à nous poser de sérieux problèmes

Ø  ensuite, on nous annonce une diminution de la dotation annuelle de 30 % pour le fonctionnement et pas un centime d'euro pour l'investissement.

 

Vous le savez, Monsieur le Préfet, la gestion des ressources naturelles coûte, beaucoup plus, que ce que l'Etat nous donne. Mais cette démarche était acceptée par le Conseil Général, car ces réserves ont une valeur patrimoniale et symbolique inestimables.

 

Mais quelque soit la conjoncture, il y a, quand même, des limites inférieures à ne pas franchir.

 

Permettez, Monsieur le Préfet, que sur ce sujet, je sois alarmiste.

 

 

2ème exemple : l'Office National des Forêts

 

Lorsqu'on examine le fonctionnement et les financements de l'ONF, nous sommes surpris de constater que le Conseil Général a fortement participé aux investissements et que nous avons financé à 70 % le Programme d'Accueil dans les forêts domaniales.

 

Or, il est de notoriété publique que l'ONF a des revenus, tirés de l'exploitation du bois et des droits de chasse.

 

Où vont ces revenus ? Soit disant dans le Midi de la France, par solidarité après la tempête de l'année 1999.

 

Etant donné l'implication du département et la timidité financière de l'ONF, donc de l'Etat, j'ose reposer la question d'un éventuel transfert de gestion, dans le cadre de la décentralisation.

 

Permettez-moi, Monsieur le Préfet, que dans ce dossier, je sois pragmatique.

 

3ème exemple : le problème des politiques locales

 

L'élu local que je suis, s'est engagé dans des projets intégrés dans un Contrat de Développement Rural avec des financements de l'Etat, de la Région, du Département et parfois de l'Europe.

 

Après accord de tous les partenaires, des dossiers ont été lancés, voire des projets commencés… Et depuis peu, on m'annonce que des accords sont toujours valables, que les dossiers sont toujours éligibles, mais qu'au lieu d'avoir 70 %, nous n'en aurons plus que 30.

 

Comprenez, Monsieur, que lorsque le projet est presque terminé, cela nous pose des problèmes de financement.

 

Permettez-moi, Monsieur le Préfet, que dans ce dossier, comme beaucoup d'élus locaux, je sois très inquiet.

 

 

4ème exemple : les politiques de prévention sanitaire

 

Depuis 4 ans, le Conseil Régional et les deux Conseils Généraux ont travaillé avec l'Etat et d'autres partenaires pour mettre en place les PRS et les PTS. Ceci se faisait en parfaite coordination, dans la transparence et dans le consensus. Cette façon de faire avait un atout majeur : chacun était maître de :

   

ses politiques

ses engagements financiers

et ses décisions

 

Dans son projet de loi sur la santé publique, l'Etat a prévu la création d'un GIP, présidé par le Préfet, avec un directeur nommé par l'Etat et avec une majorité de membres désignés par l'Etat. Et on nous demande de participer à ce GIP, siégeant au sein de la structure, mais surtout en apportant nos financements.

 

Cette formule est franchement inacceptable, d'autant que la participation de l'Etat ne risque pas d'augmenter.

 

Permettez-moi, Monsieur le Préfet, dans ce dossier d'être réaliste.

   

5ème exemple : la santé (le plus grave)

 

J'ai la douloureuse responsabilité de représenter le Conseil Général au sein du comité de réflexion pour la mise en place du SROSS 3ème génération.

 

La première réunion s'est déroulée jeudi dernier.

 

            Monsieur le Directeur de l'ARH a fixé, dès le départ, et c'était son rôle, les conditions incontournables de notre réflexion.

 

            "Imaginer une couverture sanitaire efficace en intégrant la pénurie de médecins qui va s'aggraver et en intégrant des restrictions budgétaires obligatoires".

 

            Bref, nous devons être justes et créatifs, sans avoir les hommes ou les moyens.

 

            Mais ce qui m'a le plus choqué, Monsieur le Préfet, c'est qu'à aucun moment, les responsables et techniciens de l'ARH n'ont prononcé les termes "médecine équitable et efficace et amélioration de l'état de santé de nos concitoyens". Pour eux, ce n'est pas un critère essentiel : quand on parle de maladie, de souffrance et de mort, ils vous répondent "enveloppe budgétaire".

 

            Croyez bien, Monsieur le Préfet, qu'en disant cela je ne mets pas en cause les gens qui travaillent à l'ARH. Ils ne font que leur travail et ils ne font que respecter des directives venues de plus haut.

 

            On ne peut pas leur en vouloir. Leur démarche est administrative et réglementaire. La nôtre est politique et humaniste.

 

            Bref, comme dit la publicité, nous n'avons pas les mêmes valeurs.

 

            Il est vrai que si nous avions intégré la dimension "état de santé" dans notre démarche, cela nous obligeait à parler de sous-médicalisation, de rattrapage sanitaire, donc de moyens supplémentaires donc de péréquation. Et soyons francs, Monsieur le Préfet, il aurait été indécent de réclamer une péréquation alors que le gouvernement vient de nous la supprimer.

 

            Dans ce domaine, comme dans celui de l'assurance maladie, une gestion strictement comptable amène bien souvent à des injustices et à des rancoeurs. Et l'injustice, quand on parle de maladie, c'est inacceptable.

 

            Permettez-moi, Monsieur le Préfet, que dans le domaine de la santé publique, nous soyons un tantinet rancuniers.

 

            En résumé, Monsieur le Préfet, dans la plupart des domaines, nous assistons à :

 

une frilosité de l'Etat,

des hésitations de l'Etat,

et, bien souvent, à un recul et à un désengagement de l'Etat.

 

Nous avons, des perspectives de l'action gouvernementale, une vision floue, une vision troublée, voire une vision limitée.

 

Et étant donné le manque criant d'ophtalmologistes dans le département, vous aurez beaucoup de mal à nous rendre une perception visuelle rassurante pour l'avenir.

 

Hervé Poher

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19 mai 2004 3 19 /05 /mai /2004 18:53




Conférence de presse/ article 62

Questions à Hervé POHER, Vice-président du Conseil Général du Pas-de-Calais, chargé de la Santé.

   Le Conseil Général a lancé un programme de dépistage du cancer du sein en association avec les Caisses d'Assurance Maladie à destination des 180 000 femmes du Pas-de-Calais âgées de 50 à 74 ans. Où en est-on de cette campagne ?

La campagne a démarré fin octobre 2003, au 31 octobre 2004, 90 000 femmes auront reçu une invitation à participer au dépistage, soit par envois systématiques, soit à leur demande. L'objectif a été atteint.


   Environ 20 000 d'entre elles ont effectué la mammographie et plus de 4 000 ont répondu en indiquant qu'elles avaient bénéficié récemment de cet examen : elles seront donc réinvitées au terme des deux ans. Nous sommes pour la première année à 25 % de participation. L'objectif est de dépasser 50 %.


   A ce jour, la quasi-totalité des radiologues publics et privés pratiquant la mammographie dans le département ont intégré le dispositif : 96 au total sur 45 sites radiologiques, permettant ainsi une accessibilité au dépistage sur tout le Département.


   Le nombre de dossiers (700 par semaine) reçus à OPALINE62 est sans cesse croissant, mais étant donné l'échelonnement des invitations, le taux de participation de la campagne ne pourra s'étudier qu'à distance.

  Dans le Nord Pas-de-Calais, la mortalité due au cancer du sein est de 30 % supérieure à la moyenne nationale. Des explications ? Comment toucher le public dit «  précarisé » ?

   A propos du taux de mortalité élevé, les études menées sur les causes de survenue du cancer du sein ont révélé comme facteurs favorisants :
 . L’âge (2 cancers sur 3 interviennent après 50 ans)
 . Certaines pathologies bénignes qui sont donc à surveiller
 . Des antécédents familiaux bien précis, de cancer du sein  

   On peut également citer :

 . des facteurs hormonaux
 . des facteurs environnementaux


   La nature de la plupart de ces facteurs de risque ne permet pas une prévention avant la survenue du cancer, par contre la connaissance que nous avons de la manière dont se développe la maladie donne toute sa place au dépistage précoce et organisé par la mammographie, puisqu'elle permet de découvrir de petites lésions asymptomatiques.

 

   Concernant le taux de mortalité significativement élevé de notre département, il n'y a pas à notre connaissance de réponse univoque, on ne peut qu'agir pour améliorer le diagnostic précoce en favorisant une large participation au dépistage et une prise en charge de qualité.  

 

 

 

 

Le programme s'adresse à toutes les femmes mais celles qui sont en difficulté y accèdent moins facilement et doivent pouvoir bénéficier de stratégies adaptées, grâce à l'action des relais médico-sociaux et des services sociaux qui sont au plus près de leurs préoccupations et peuvent mettre en place des interventions ciblées : des actions de ce type sont menées dans le cadre des Programmes Territoriaux de Santé.

Hervé Poher

 

 

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10 décembre 2000 7 10 /12 /décembre /2000 00:00






Séance plénière CG / INONDATIONS   2000

 

 

                                                     Monsieur le Préfet.

 

  Ayant chaussé des bottes, trop petites d’ailleurs, pendant plus de 3 semaines, vous comprendrez que je me doive d’intervenir au sujet des inondations.

 

   Non pas que la commune de Guînes ait été la plus touchée, loin s’en faut et nous avons limité les dégâts. Mais ce qui nous est arrivé est une toute petite illustration de ce qui se passe de façon de plus en plus répétée et de façon de plus en plus importante dans la vallée de la Lys, la vallée de la Hem, la vallée de la Liane et dans l’audomarois… et j’en oublie sans doute.

 

   Si je me permets d’intervenir, c’est qu’une fois de plus, la commune dont je suis maire va détenir, pour cette année le record départemental de pluviométrie. Il est tombé en 6 semaines ce qui tombe, normalement en 6 mois.

 

   Monsieur le Préfet, vous le savez, il n’y a rien de plus angoissant, pour les gens , de voir, jour après jour, l’eau qui monte, quand ce n’est pas heure après heure ou minute après minute.

 

   Et quand quelqu’un est angoissé, il devient agressif et cherche des coupables.

 

   Les uns disent que les autorités sont imprévoyantes ; d’autres affirment que les élus sont inefficaces ; d’autres, enfin, vouent à l’enfer les agriculteurs ou les responsables des wateringues.

 

   Aussi, permettez-moi de réaffirmer une évidence : dans les phénomènes d’inondations qui nous touchent de plus en plus souvent, nous sommes tous responsables.

 

·        Nous, les élus, nous sommes responsables parce que nous aimons trop le goudron et que la tendance, bien naturelle, d’un élu local, c’est d’aménager, de construire et de bâtir ou de laisser bâtir dans des endroits inappropriés.

·        Le monde agricole est responsable parce que, dans un souci de productivisme, normal est compréhensible, on draine les champs dans des régions humides et on supprime les haies dans les plaines ou sur les collines.

·        Le particulier est responsable quand il n’entretient pas ses fossés prés de chez lui ou, pire, quand il les bouche pour agrandir son jardin ou faire un parking.

·        Le citoyen, enfin, est responsable parce qu’on ne peut pas nier qu’il y ait une importante modification du climat.

Un exemple : Dans le calaisis, la pluviométrie annuelle a grimpé de 200 mm/ m² en 30 ans, c'est-à-dire que nous avons gagné 200 litres par m².

Avec une pluviométrie supérieure à 1000 litres par m² et par an, sur un bassin versant de 18000 hectares, faites le calcul… C’est impressionnant !!!!

 

   Si je vous dis cela, Monsieur le Préfet, c’est pour qu’on arrête d’accuser les autres.

 

   Nous sommes tous responsables ; nous devons l’assumer et nous devons trouver des solutions.

 

   Nous venons de vivre une période difficile de notre vie collective et ces périodes de crise permettent, bien souvent de tester les rouages de notre société.

 

   Et même, s’il est plus facile de critiquer, je voudrais, aujourd’hui remercier des gens :

 

·        Remercier les services de l’Etat (Sous-préfecture, Gendarmerie ou autres) qui sont toujours à l’écoute des élus et qui savent nous épauler quand nous sommes désemparés. Ca arrive !

·        Remercier les services de la voirie départementale, toujours prêts à intervenir quelque soit l’heure ou le lieu.

·        Remercier l’Institution Interdépartementale des Wateringues, organisme cher au Président Huguet, qui a travaillé 24 heures sur 24, pendant des semaines.

·        Remercier le service des voies navigables qui a su s’adapter et créer un maillage de communication garant d’une meilleure efficacité.

 

   Bien sûr, Monsieur le Préfet, vous vous doutez bien que tout ne s’est pas fait dans le calme, la sérénité et le consensus général… Et s’il coulait de l’eau, à l’extérieur, dans certaines réunions, il coulait de l’adrénaline. Certains soirs, les éclairs étaient dans le ciel, mais les coups de tonnerre étaient dans les portables !!!

 

   Mais une fois la période critique passée, je me dois d’être honnête : tous les acteurs ont œuvré pour que ça se passe le moins mal possible… Et je suis sûr que c’est la même chose dans tout le département.

 

   Je voudrais aussi remercier des gens, toujours contestés, souvent vilipendés et qui ne méritent pas ces critiques. Je veux parler des administrateurs des sections de wateringues.

 

  Ces hommes font-     Ce qu’ils peuvent

-         Comme ils peuvent

-         Avec ce qu’ils peuvent.

 

   Toutes ces personnes dirigent, avec la meilleure volonté du monde, des structures qui sont complètement archaïques, dépassées, voire obsolètes.

 

   Les sections de wateringues ont été créées par un décret de Louis Philippe… Si l’on veut plus d’efficacité, il est essentiel de revoir les statuts,le fonctionnement et le financement de ces structures, car vous le savez, Monsieur le Préfet, elles n’ont pas les moyens de leurs ambitions.

 

   Mr le Préfet, nous savons que pour vous, la lutte contre les inondations est une priorité. Vous l’avez affirmé dès votre arrivée et l’avenant au Contrat de Plan montre que l’Etat est décidé à s’investir fortement. Le Conseil Général est prêt à accompagner cette démarche. Il faut maintenant que tous les acteurs se mobilisent.

 

   Mr le Préfet. Vous comme nous connaissons les procédures :

-         faire des études

-         Obtenir des autorisations administratives

-         Trouver des maîtres d’ouvrage

-         Finaliser les financements.

 

   Mais quand les gens ont les pieds dans l’eau, et à certains endroits, plusieurs fois par an, ils ne peuvent pas comprendre que le cheminement décisionnel puisse prendre plusieurs mois, voire des années.

 

   Dans ce dossier, Monsieur le Préfet, il faut faire les choses bien, mais il faut faire les choses vite.

 

   Quand l’Etat a la volonté, quand les collectivités ont la volonté, des maîtres d’ouvrage, ça se trouve, des financements, ça se trouve.

 

   L’ensemble des acteurs de ce département est prêt à travailler, à s’investir et à trouver des solutions.

 

   Nous comptons sur vous, Mr le Préfet, pour fédérer les volontés, pour utiliser les motivations et pour amener des réponses à des gens angoissés.

 

   Cette démarche nous devons la faire, le plus rapidement possible, car c’est pour la sécurité de nos concitoyens, pour la pérennisation de notre environnement et, permettez-moi d’ajouter, pour la quiétude de beaucoup d’acteurs locaux, qui dans certains coins du département, deviennent franchement allergiques à l’eau !!!

 

  Mr le Préfet. Si vous voulez trouver un dossier consensuel pouvant réunir

-         La volonté de l’Etat

-         La volonté de la Région

-         La volonté du Département

-         La volonté des élus locaux

-         La volonté des habitants

 

   Ce dossier, c’est celui des inondations et soyez sûr, Mr le Préfet, que nous sommes tous prêts à nous mouiller.

Hervé Poher

 

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4 avril 2000 2 04 /04 /avril /2000 10:05

PRS santé Poher

 

Arras, Conseil Général, colloque sur les PRS 

Permettez-moi, au nom du Président HUGUET, de vous souhaiter la bienvenue au sein du Conseil Général du Pas-de-Calais.

Et si je vous souhaite la bienvenue, de façon aussi sincère, ce n’est pas parce que je suis un Vice-Président bien élevé…C’est simplement que votre présence ici est, pour nous, porteuse de nombreux symboles.

C’est un symbole, car ici, vous n’êtes pas à la DRASS,  vous n’êtes pas à la DASS, ni au CHU, ni à la Préfecture…Vous êtes dans un bâtiment où siègent des élus. Cela veut simplement dire que la santé ne doit pas être, ne peut plus être un domaine uniquement réservé aux médecins, une problématique uniquement réservée aux spécialistes, une gymnastique financière uniquement réservée aux techniciens. C’est aussi un problème humain où les élus ont le droit et le devoir de s’impliquer, de comprendre et de participer.

C’est un symbole, aussi, parce que dans ce bâtiment, Mesdames, Messieurs, on ne sait pas utiliser le langage médical et on n’aime pas utiliser le langage technocratique. Non, nous, quand on parle santé, on parle : « maladie, douleur, souffrance » mais je dois avouer que nous avons du mal parfois à nous comprendre. Car, dans ce domaine très spécifique qu’est la santé, il est indispensable de parler deux langues : celle des chiffres qui est purement intellectuelle et celle de la solidarité qui est purement affective. Mais l’idéal serait de trouver une langue commune.

 

Symbole enfin, parce qu’ici, vous êtes dans le Pas-de-Calais et que cela nous donne l’impression (à tort ou à raison l’avenir nous le dira) que nous avons enfin été entendus et peut-être écoutés. 

Permettez-moi de rappeler ce que fut notre démarche et pourquoi nous avons revendiqué de façon extrémiste, peut-être, mais légitime !!

L’élaboration d’un CPER est un exercice bien spécifique dans la vie d’une collectivité : on doit faire le bilan de notre territoire, voir ce qui marche et ce qui ne marche pas, imaginer les solutions et les remèdes adéquats. Bref, nous faisons, à l’échelle d’un territoire, ce que le praticien fait au lit du malade : signe, diagnostic, traitement.

Pour notre région et plus encore, pour notre Département quels sont les signes : espérance de vie la plus basse de France, taux de surmortalité les plus haut de France De plus lorsque l’on regarde la répartition géographique des pathologies, certains parlent de bassin de vie, nous nous voyons des bassins de mort.

Quelles en sont les causes ?

Vous les savez, elles sont de deux types : Tout d’abord  notre mode de vie et nos types de travail, ensuite  nos habitudes culturelles et parfois notre environnement.

Et tout cela, dans un fonctionnement social où la prévention est très peu présente … mais ce n’est pas typique de notre région…la prévention ne fait pas partie de la culture française.

La deuxième cause, un sous-équipement sanitaire : incontesté parce qu’incontestable, inexpliqué parce qu’inexplicable, injustifié parce qu’injustifiable.

Nous avons donc réclamé, en toute logique, un traitement qui nous permette de dire : « Nous sommes enfin des français comme les autres »

Tout d’abord en réclamant un rééquilibrage sanitaire : soit par la création d’un CHR multipolaire du Pas-de-Calais (c’était légitime : un seul CHR pour 4,5 millions d’habitants, c’est un cas unique en France) soit en obtenant un traitement inégalitaire, au profit du Pas-de-Calais, avec une surdotation hospitalière et une …… décentralisation du CHRU de Lille. Cette deuxième solution a été inscrite, noir sur blanc dans le CPER ;

Pour nous, c’est un progrès. Mais nous serons vigilants. Il est essentiel que la signature de l’état, en bas de ce document, ne soit pas une signature virtuelle ! .

Mais si l’on veut revendiquer légitimement, un rattrapage sanitaire, il faut savoir faire des efforts dans d’autres domaines.

C’est pourquoi le Conseil Général du Pas-de-Calais a décidé de s’investir, de façon volontariste dans les actions de prévention, secteur dans lequel nous étions jusqu’alors presque absents.

27, 5 millions de francs seront consacrés à l’accompagnement des PRS. Cela s’ajoutera aux 35 millions que nous consacrerons à l’action sanitaire sur des publics défavorisés ou la prévention de l’alcoolisme.

Le rattrapage sanitaire est pour nous une priorité mais notre participation aux PRS est notre signe de bonne volonté.

Encore faut-il que ces cinq PRS soient mis rapidement en place. La population ne comprendrait pas que, connaissant les mauvais indices sanitaires, nous n’ayons pas agi immédiatement !

Encore faut-il que ces cinq PRS soient fonctionnels le plus vite possible, car vous le savez les effets de la prévention ne seront évidents que dans quelques années.

Encore faut-il que tous les acteurs jouent le même jeu, en même temps et avec les mêmes règles.

C’est pourquoi, il faut que nous soyons : réceptifs, cohérents, coordonnés, complémentaires

et efficaces.

Réceptifs car il faut laisser au citoyen acteur un pouvoir d’imagination et d’initiative. Dans un domaine aussi vaste que celui de la santé, et plus encore dans la prévention, la vérité n’est jamais unique et personne n’est détenteur du St Graal.

Cohérents parce qu’un but commun, réfléchi et expliqué nous donnera plus de force d’impact, d’efficacité, donc de résultats.

Coordonnés parce qu’il faut arrêter d’avoir chacun ses idées, ses politiques et ses actions. Ce poujadisme sanitaire nous amène à pratiquer une politique de guichet, d’une efficacité toute relative. Or, dans le domaine de la toxicomanie, du cancer ou de la précarité, la relativité est un défaut impardonnable !

Complémentaires aussi car il nous faut allier la science du médecin, la gestion du technicien et la volonté de l’élu. Nous parlons tous de la même chose, mais si nous parlons la même langue, nous pourrons y arriver.

Efficaces enfin car vous, comme nous, serez jugés sur nos décisions, nos actes et nos résultats.

Mais pour obtenir des résultats, pour créer une dynamique, pour garder la motivation de tous les acteurs, il nous faut : raccourcir les processus décisionnels et savoir faire sauter  certains verrons administratifs, s’adapter aux contingences socio-économiques des territoires et montrer qu’il y a une unité d’objectifs et cela quel que soit le niveau d’instruction des dossiers.

            C’est l’enjeu de la territorialisation. C’est l’objectif que l’on doit se donner : il nous faut conjuguer le scientifisme, du pragmatisme et l’utopie.

            Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, nous avançons aujourd’hui dans un grand chantier est : Médicalement justifié, Humainement indispensable, politiquement incontournable

Elus, Techniciens, Médecins…nous sommes tous dans le même bateau et nous avons tous le même but : la santé des autres.

Alors, il nous faut apprendre à se comprendre, à travailler ensemble, à créer les chemins de la réussite. Le bilan sera collectif, mais il sera aussi individuel…car lorsque chacun d’entre nous regardera son passé, il faut qu’il puisse dire : j’ai sauvé une vie,  j’ai sauvé un espoir, j’ai sauvé un enfant… J’ai donc fait mon boulot.

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, je terminerai cette introduction par une citation que je rappelle à chacune de mes interventions dans cet hémicycle parce qu’elle est essentielle pour le médecin, essentielle pour la politique, essentielle pour l’homme

Cette citation est «  Le progrès n’est que l’accomplissement des utopies »

Hervé Poher

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Hervé Poher             

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